On remet le cover ? #2

Il n’y a rien de plus frustrant, en musique, que d’écouter la reprise d’un morceau très bizarrement fichu. Certains ont su faire des hits avec des covers, d’autres restent dans l’anonymat le plus complet (et parfois, ce n’est pas un mal). Mais découvrir des reprises faites avec intelligence, brio ou humour, c’est un peu comme tomber sur une pépite.
Alors, on remet le cover ?

Après un  tour du côté de Spider-man, c’est vers un tout autre genre de cover que je me suis tournée cette fois.

Rage Against the Machine (RATM pour les intimes) a fêté ses 25 ans d’existence l’année dernière. Avec des morceaux coup de poing, le groupe de fusion a marqué les années 90.
Ce morceau, particulièrement, a été un vrai succès….

 

 

Le groupe Brass against the Machine a pour principe de reprendre les titres de RATM avec leur section de cuivres et ….ça fonctionne !

Avec Sophia Urista au chant :

 

Alors, oui, on remet le cover ?

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L’as-tu lu ou le liras-tu ? Allô, Major Tom ? – David M.Barnett

 

 

 

Être tout seul, loin des autres et de leurs problèmes, voilà qui convient très bien à Thomas Major. Aussi, lorsque par un curieux concours de circonstances, le jour de la mort de David Bowie, l’occasion se présente à lui d’être le premier homme à aller sur Mars, il n’y réfléchit pas à deux fois. Sauf qu’il ne s’attendait pas à ce que ce voyage improbable mène sur sa route Gladys et sa famille.Gladys, avec l’âge, perd un peu la tête. Pourtant, quand elle reçoit un coup de fil de Tom Major, elle mesure bien sa chance  : parler à un vrai astronaute  ! Ses deux petits-enfants ne croient bien sûr pas un mot de cette histoire. Mais alors qu’ils sont en difficultés et risquent de tout perdre, un petit coup de pouce venu de l’espace pourrait bien changer la donne.Car, si sous ses airs grognons Tom est en fait un homme abîmé par la vie, la rencontre déroutante avec cette famille est sur le point de bouleverser sa vision du monde.

L’auteur, David Barnett a 46 ans lorsqu’il apprend le décès de David Bowie ; son personnage, Tom, aussi. Pourtant, « Allo, Major Tom ?  » n’est pas un roman au sujet de Bowie. C’est un roman qui parle d’un personnage grincheux et quelque peu décalé (Tom Major), le futur « 1er homme sur Mars » et d’une famille atypique (certains diront dysfonctionnelle), les Osmerod. Gladys, la grand-mère, vit dans le passé, oubliant régulièrement le présent; James, 10 ans, son petit-fils, est victime de harcèlement  et Ellie, sa petite-fille de 15 ans, tente de faire vivre sa famille avec le salaire de plusieurs petits boulots tout en continuant d’aller à l’école.
Je n’en dirais pas plus sur le lien qui va se créer entre Tom et les Osmerod sous peine de trop en dévoiler.

Ce livre parle autant de solitude, de tristesse que d’affection, d’amitié et finalement, d’espoir, le tout sur un ton aigre doux mais comique.
L’auteur fait de multiples références à la pop culture – non seulement Bowie mais aussi Star Wars et bien d’autres clins d’oeil amusants voire même nostalgiques.
On ne s’y ennuie pas. Et finalement, on se laisse prendre par la tendresse sous-jacente que diffuse Barnett au travers de ses personnages.

 

A noter que David Barnett est aussi l’auteur de la série steampunk Gideon Smith – non traduite en français à ce jour. Dommage, non ?

 

#Allô,majorTom? #NetGalleyFrance

Premières lignes #20mai

 

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

Je reste dans le domaine du policier, cette semaine, avec un tome des enquêtes de Monk d’Anne Perry

– Ce n’est pas beau à voir, monsieur.
Le policier secoua la tête et fit un pas en arrière pour permettre au commissaire Monk, le chef de la brigade fluviale de la Tamise, de gravir les marches du quai. Hooper, qui avait déjà amarré leur barque, suivait ce dernier de près.

 

 

 

Le commandant Monk a déjà vu la mort. Trop souvent de près. Mais le meurtre de ce Hongrois, retrouvé dans un entrepôt du bord de la Tamise, s’avère aussi cruel qu’atypique. Doigts disloqués, lèvres découpées, cadavre transpercé d’une baïonnette et entouré de dix-sept bougies éteintes dans le sang… Tout évoque un rituel glaçant qui place d’emblée ce crime loin des mobiles habituels. Tandis que sa femme Hester essaie d’aider un homme surgi de son passé qui se trouve mêlé à l’affaire, Monk tente de pénétrer la petite communauté hongroise londonienne, repliée sur elle-même. Et alors que le premier meurtre rituel se mue en une série terrifiante, il va lui falloir combattre la défiance, l’hostilité et les menaces de ceux qu’il est censé protéger.

 

Je connais la série des Monk (à ne pas confondre avec la série TV) depuis le premier tome paru en France « Un étranger dans le miroir ». Cette série suit le parcours de William Monk, devenu amnésique à la suite d’un accident etd’Hester Latterly ancienne infirmière revenue de la guerre de Crimée dans les années 1850/60.
A ce jour, 23 tomes sont parus chez 10/18.
Si les premiers tomes sont axés sur l’amnésie de Monk, la lutte d’Hester pour s’imposer dans le milieu médical et les procès menés par l’avocat Olivier Rathbone, leur ami, les tomes les plus récents s’attachent à la nouvelle carrière de Monk au sein de la brigade fluviale, à son couple formé avec Hester et au garçon des rues qu’ils ont plus ou moins adopté, Scuff.
Malheureusement, lors de ces derniers tomes, il y a une constante chez Anne Perry dont le lecteur se passerait bien : d’incessants retours dans le passé qu’elle a déjà évoqués (parfois, décrits exactement de la même manière, si bien qu’on a l’impression désagréable d’un copier/coller), des digressions et des redites inutiles pour l’intrigue.
Une fois encore, c’est ce qui se passe avec ce dernier tome en date. On a envie de suivre Monk, Hester et Scuff dans leurs aventures mais ces longueurs lassent rapidement.
Un conseil : lisez les premiers tome de la série, vraiment passionnants, très bien renseignés historiquement et mieux, faites-en de même pour l’autre série policière d’Anne Perry, les enquêtes de Pitt.

Quant à Anne Perry, j’avais découvert son histoire dans le film de Peter Jackson « Créatures Célestes (Heavenly Creatures) » qui relate un fait divers qui a secoué la Nouvelle-Zélande dans les années 1950. On y découvre que  la tueuse adolescente Juliet Hulme est devenue la romancière Anne Perry. Aucun de ses amis, et encore moins son éditeur, n’était au courant, paraît-il. Le film vaut vraiment la peine d’être visionné.

 

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L’as-tu lu ou le liras-tu ? Pour que je sois la dernière – Nadia Murad

La vie de Nadia Murad a basculé le 15 octobre 2014, lorsque les djihadistes de Daech sont entrés dans le petit village de Kocho, en Irak. Ce jour-là, après avoir rassemblé tous les habitants de cette communauté yézidie dans l’école, les terroristes les ont méthodiquement tués ou kidnappés. L’horreur avait été programmée : les hommes qui refusaient de se convertir à l’islam devaient rejoindre dans les fosses les femmes jugées trop vieilles pour servir. Et parmi elles, la mère de Nadia Murad.
La jeune Yézidie est emmenée à Mossoul avec des milliers d’autres jeunes fi lles pour y être vendue. Servante, esclave sexuelle, elle devient la prisonnière de combattants de l’État islamique, jusqu’à sa fuite miraculeuse, grâce à l’aide d’une famille irakienne sunnite.
Nadia Murad, meurtrie par la disparition de tant des siens et par ce qu’elle a subi, vit aujourd’hui en Allemagne. Malgré les humiliations, elle a décidé de prendre la plume pour tout raconter. Pas pour elle, puisqu’il est déjà trop tard, mais pour tous les Yézidis et pour toutes les autres femmes victimes de violences.
Aujourd’hui, Nadia Murad n’a qu’un seul souhait : « Être la dernière fille au monde à avoir à raconter une histoire pareille. »
Ce livre est son histoire.

Ce livre est à lire.
C’est à peine si on ose le chroniquer.
Ce n’est pas un roman, c’est un témoignage.

Je l’avais découvert lors d’une émission TV:

Nadia Murad nous raconte ici, avec simplicité, non seulement son parcours, mais surtout la vie des Yézidis, la montée de la violence envers la communauté yézidie, méconnue, victime des diverses politiques des uns et des autres.

C’est prenant, très intéressant (on apprend de nombreux éléments rarement abordés sur la religion des yézidis, par exemple), terrible et terriblement humain.

Il est difficile d’en dire plus tant ce récit est touchant.
Oui, c’est un livre nécessaire, c’est un livre à lire.

 

Merci à NetGalley et aux éditions Fayard pour cette lecture.

Note: sur ce site, de très belles photos de la communauté yézidie.

 

 

On remet le cover ? #1

 

 

Il n’y a rien de plus frustrant, en musique, que d’écouter la reprise d’un morceau très bizarrement fichu. Certains ont su faire des hits avec des covers, d’autres restent dans l’anonymat le plus complet (et parfois, ce n’est pas un mal). Mais découvrir des reprises faites avec intelligence, brio ou humour, c’est un peu comme tomber sur une pépite.
Alors, on remet le cover ?

Aujourd’hui, je vous invite à découvrir le/ les cover.s d’un thème bien connu: « Spiderman », chanté en France sous le titre « L’araignée »

La chanson a été écrite pour la série animée en 1967. Voici ce que ça donne:

En France, on a eu cette version, souvent détournée en « L’ araignée, l’araignée est tombée dans la purée » par certains enfants à la fin des années 70 et début 80:

Michael Bublé en 2001 nous livre cette version jazzy (utilisée dans le film de Sam Raimi de 2004):

Aerosmith a réinventé la chanson à sa façon:

Mais la version la plus sympa est certainement celle des Ramones en 95, présente en morceau caché  sur l’album  vinyle « Adios, amigos », qui est aussi leur dernier album:

En retour, Marvel rend hommage aux Ramones dans « Spider-Man Homecoming »  avec « Blitzkrieg pop »:

Come to the dark side, il y a aussi des séries – Girls (s.1 à 6)

 

#Girls (saison 1 à 6) 

J’avais entendu parler de cette série pour diverses raisons dont les polémiques auxquelles Lena Dunham, créatrice, réalisatrice et actrice de la série (à 31 ans, excusez du peu) a dû faire face.
Déclarations inappropriées (défendre un scénariste accusé de viol, c’est moyen), tendance au racisme hipster ( Lena serait victime de son milieu social : riche, parents influents, blanc….et c’est assez visible dans Girls, d »ailleurs). En fait, Dunham est plutôt une grande gueule  pro-femmes – elle a crée Lenny Letter – qui a le talent, la créativité de son côté et qui, de plus, ne rentre pas dans un moule « belle fille classiquement impeccable ».

« Avant même la diffusion du premier épisode de Girls, Lena Dunham déchaînait les passions. La créatrice de la série, 25 ans à l’époque, est portée au pinacle, descendue en flèche, adorée, méprisée. Selon les points de vue, la jeune femme est brillante, insupportable, intrépide, raciste, grosse, c’est un pur produit du népotisme ou la voix d’une génération –voire un mélange d’un peu tout ça. »

source

Girls, donc. C’est donc une série sur des « filles » qui deviennent des femmes.
Cela se passe à  New York, avec le lot qui accompagne cette partie de la vingtaine: travailler, trouver le job idéal, trouver l’amour, vivre une vie sexuelle passionnée ou épanouie, sortir, se cultiver…
Au début, le personnage de Hannah Horvath paraît indissociable de sa créatrice et Lena/Hannah semblent ne faire qu’un. On se demande à quel point la créatrice nous narre sa biographie.
Et puis, on se rend compte de l’importance de la satire derrière ce Friends féminin version 2010’s. Car la série a un véritable ton, malicieux, acerbe, bien vu, très bien pensé  et mis en scène,  qui s’accentue au fil des épisodes et des saisons. Et même si les reproches persistent (ils sont donc tous blancs et issus d’un milieu privilégié ? ), les personnages font mouche.

 

 »

Lena Dunham: Le débat sur la diversité ethnique dans la série, je le comprends complètement. Et dans la mesure où on peut approuver quelque chose qui est très, très critique à son égard, ben j’y ai totalement souscrit, tu vois ce que je veux dire?

(…)

C’est un peu les deux extrêmes. Il y en a d’autres comme: est-ce que c’est une série féministe, est-ce que c’est irresponsable de montrer la sexualité des femmes de cette façon-là, est-ce que ça sert ou dessert la cause des femmes– c’est le genre de trucs où je me dis «Bon, on se calme?».

 

Mais qui sont ces "dames"?

Girls a bouclé sa sixième et dernière saison l’année dernière.
Girls est donc ce genre de séries que j’aurais tendance à éviter : déjà, ça s’appelle « girls » – et tout titre comprenant le mot « fille » (girl) me file largement une crise d’urticaire. C’est un peu comme essayer de me vendre un roman en me disant  » c’est bien, c’est léger c’est de la chick-lit feelgood » : je m’enfuis en courant.
Ensuite, je ne fais pas partie a priori du public visé.
Une fois ceci posé, je suis venue à cette série parce que, comme je le disais, j’en avais souvent entendu parler, polémiques incluses. La deuxième raison tient presque de l’anecdote: je voulais voir Adam Driver (Kylo Ren) dans un autre rôle que le post-ado énervé. J’ai eu raison: Adam joue … Adam, un comédien un rien branle-la-guiche et  décalé qui est au début de l’histoire le petit-ami d’Hannah.

 

Hormis Adam Driver, la série exerce un charme de plus en plus accentué. Les épisodes nous montrent autant de scènes amusantes, tristes, quasi-réelles, absurdes aussi. Et la magie opère. On a envie de connaître la suite. Mais au-delà de ça, certains épisodes sont de vrais pépites, très intelligemment conçus. C’est le cas du 3ème épisode de la saison 6 aborde le cas épineux de la culture du viol  de façon subtile

« L’épisode propose au fond un commentaire large et ambitieux sur les mécanismes d’une culture prompte à excuser les hommes de pouvoir et les artistes. Lena Dunham trouve un moyen implacable de répondre à tous ceux qui protègent ces hommes qui ne se posent pas la question du consentement: en décortiquant les rouages d’un système. Au-dessus du bureau de Chuck trône un tableau de Woody Allen se pointant un pistolet sur la tempe. Impossible de ne pas le voir, même s’il n’est jamais mis en avant. Ce détail fait écho à la phrase de l’écrivain expliquant qu’il n’avait pas forcé les filles en pointant un pistolet sur leur tempe. Pourtant, cet épisode démontre bien qu’un homme n’a pas besoin d’un pistolet pour forcer une femme. Il existe d’autres armes -moins tangibles- qui deviennent tout aussi dangereuses. » (source)

 

Que ce soit pour des épisodes de ce genre ou pour d’autres plus légers, Girls mérite largement d’être visionnée.

Premières lignes #13mai

 

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

 

« Ce n’est qu’après coup que je pense au sac et aux serviettes ensanglantées roulées en boule. Ils sont trop volumineux pour que je puisse les enterrer, pourtant je ne peux pas les laisser là. J’aurais peut-être dû mieux me préparer. Davantage penser aux détails. Mais difficile d’être prêt pour quelque chose qu’on ne se serait jamais imaginé faire. »

C’est ainsi que débute « Là où elle repose« , polar de Kimberley McCreight, autrice d’un livre que j’avais vraiment apprécié « Amelia ».
Mais si avec « Amelia », McCreight avait su nouer l’intrigue de façon fort habile, reconstituant le parcours d’une ado et de sa mère, « Là où elle repose » se montre beaucoup plus faible. La narration use et abuse des analepses (flashbacks) plus ou moins utiles – souvent moins que plus, d’ailleurs. On se perd dans des détails du passé en se demandant en quoi ceux-ci vont servir l’intrigue  pour se rendre compte, qu’à part à égarer le lecteur (à dessein, peut-être), certains éléments sont quasiment superflus. C’est là que réside la faiblesse de ce roman qui aborde des sujets intéressants comme la loi du silence qui pèse sur les campus américains, par exemple.
Ainsi, en arrivant au dénouement – qu’on devine peu à peu -, on reste vraiment sur sa faim.
J’ai été assez déçue par ce roman, peinant même au cours de la lecture, entre les clichés familiaux et les détails sans intérêt. Dommage, fera mieux la prochaine fois, j’espère !

À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un enfant en bas âge et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.

 

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Eurovision 2018

Hier, c’était le retour d’un rendez-vous qu’on ne peut pas manquer: l’Eurovision. Même si au fil des années, le nombre de prestations kitsch se tassent, il reste toujours un côté outrancier/décalé qui fait le charme de cette émission (parce qu’il faut le dire, sinon, on ne regarderait pas).

Et pourtant, les chansons contenant des messages se multiplient malgré la fameuse interdiction de parler de politique (ce à quoi on a envie de répondre : « mais tout est politique« ).

 

Cette année, le Portugal a accueilli le concours et nous a montré une fois de plus combien la langue portugaise était belle.

Cette année encore, il y a eu des surprises. Ainsi, la candidate anglaise SuRie voit un homme se précipiter sur scène et lui arracher son micro (mais où est la sécurité?):

L’année dernière, c’était un homme qui était monté sur scène pour….montrer ses fesses:

D’autres candidats se sont fait remarquer par leurs tenues. La chanteuse estonienne portait une robe absolument étonnante :

Eleni Foureira, la candidate chypriote, nous a livré un numéro très Shakir-esque mâtiné de Beyoncé:

On a eu droit à des petits flops, ces chansons molles qu’on ne retiendra pas. Les espagnols étaient bien mignons mais je dois dire que j’ai bloqué sur leurs paroles : « de mi mente viajera que sigue tus pies » avec le chanteur qui désignait les pieds de sa compagne….
C’est dans cet extrait:

Il y a eu aussi ces titres sur lesquels on a envie de danser même si on ne parle pas la langue. Et entre nous, c’est un vrai bonheur d’entendre les concurrents chanter dans leur propre langue :

Quelques touches gothiques sont venues agrémenter les tenues. Après le chanteur vampire Melovin, les « monstres » de la chanteuse finlandaise:

Et puis, parce que tout cela manque un peu de sel, il y a toujours la chanson à laquelle on ne s’attend pas. La preuve? la Hongrie a présenté la chanson metal/rock aux paroles  émouvantes puisqu’elle évoque le décès du père du chanteur (la chanson s’appelle « Au revoir, l’été« );

Le Danemark nous a envoyé des vikings. Visuellement, très beau:

Les danois ont inspiré déjà des parodies sur internet:

La victoire est allée à Israël, avec une chanson inspirée par #metoo. Je vous propose une version acoustique de Toy:

Et en cherchant sur You Tube, j’ai trouvé ce mix Tik Tok/Gangnam style: (avec un coréen  bien prononcé, par ailleurs) :

Et la France?
La chanson a une belle histoire:

Le duo Madame Monsieur a par ailleurs fait cette très belle reprise (Désenchantée):

Cette année encore, la bizarrerie de l’Eurovision a continué: l’Australie est toujours présente.
Et c’est Jessica Mauboy que j’avais vue dans le très sympathique film les Saphirs qui a représenté l’Australie. Si la chanson ne m’a pas marquée plus que ça, je recommande vivement le film  qui parle d’un groupe féminin aborigène (et de la ségrégation, etc..):

L’as-tu lu ou le liras-tu ? – Le petit livre de l’Ikigaï – Ken Mogi

 

 

Pourquoi les Japonais comptent-ils parmi les gens les plus sereins et les champions de la longévité ?
Grâce à l’ikigaï.
Comment prendre le même soin méticuleux pour faire prospérer sa vie que le jardinier pour tailler et faire croître son bonsaï ?
Grâce à l’ikigaï.
Comment mener une existence longue et heureuse, à la poursuite épanouissante d’une activité qui se suffit à elle-même ?
Grâce à l’ikigaï.

L’ikigaï est la célébration du « faire » plutôt que de « l’avoir » ou même de « l’être ». Grâce à ce livre, vous aurez toujours « une excellente raison de vous lever le matin », et vous trouverez la plénitude à chaque étape de la vie.
Ken Mogi, neuroscientifique et auteur à succès japonais, nous livre les secrets de cette philosophie japonaise, en se fondant sur des recherches scientifiques passionnantes, des parcours incroyables et des expériences inédites.

Ce « petit livre  » aborde la notion d’ikigaï dont on parle beaucoup en ce moment. Qu’est-ce que c’est ?
Iki, en japonais « la vie ».
Gaï  littéralement « la réalisation de ce que l’on attend, de ce que l’on espère ».
Vivre en accord avec son Ikigaï, c’est donc réaliser ce que l’on attend de la vie. (« la raison d’être »)

L’auteur explique très bien les 5 piliers de l’ikigai:  commencer petit, se libérer soi-même, harmonie et durabilité, la joie des petites choses et être ici et maintenant.

 

C’est un petit livre qui plaira beaucoup aux personnes intéressées par la culture japonaise.
Pour ma part, je l’ai trouvé un peu long en terme de narration. On attend plus d’exemples précis alors que l’auteur se perd un peu en racontant des anecdotes, intéressantes, certes. Ce n’est pas à proprement parler un « guide de bien-être » (tant mieux, ils commencent à me sortir par les oreilles…).

Je pense que c’est une bonne première approche, qui nécessite un approfondissement si on veut mettre en pratique son ikigaï.

Merci à NetGalley et aux éditions Mazarine pour cette lecture.

 

Premières lignes #6mai

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

 

 » Un jour, je peux dire quand exactement, je connais la date avec précision, un jour je me trouve dans le hall d’un hôtel, dans une ville de province, un hall qui fait office de bar également, je suis assis dans un fauteuil, je discute avec une journaliste, entre nous une table basse, ronde, la journaliste …. »

Des premières lignes assez originales puisqu’il s’agit ici d’une seule première phrase que l’auteur étire sur trois pages. Un vrai morceau de bravoure, quasi-proustien.

Philippe Besson est l’exemple de l’auteur que je pense toujours avoir lu alors qu’il apparaît que non (ou alors, c’était l’un de ses premiers romans et je ne m’en souviens pas – ce qui est fort possible ! ).

L’écriture de Besson est sèche, courte,  durassienne (c‘est lui qui emploi l’adjectif, pas à son sujet). Et en cela, j’adhère, étant sensible et surtout, admirative du style de Marguerite Duras.

Ici, Besson écrit le livre de tous ses autres livres, en quelque sorte; l’origine, sans fioritures. Il contient les éléments des autres. C’est un livre sur l’absence, l’abandon, sur l’amour, sur ce qui s’est et ne s’est pas fait mais qui aurait pu. Un roman terriblement autobiographique puisque l’auteur retrace un passage de son adolescence ; un souvenir de jeunesse, un amour vécu en secret.

J’ai lu assez souvent dans des chroniques qu’il s’agissait d’un amour interdit  puisque l’action se déroule dans les années 80.
Je tiens à rectifier : ce n’est pas le propos. Et ce n’est pas exact non plus. L’action se passe en 1984, l’auteur a 17 ans, il sait quelle est son orientation sexuelle.
A ceux qui pensent que l’homosexualité était impossible en 84, je ne peux qu’apporter mon expérience: si on en parlait moins ouvertement, et d’une autre façon qu’à l’époque actuelle, être attiré.e par une personne du même sexe ou par les deux sexes n’avait rien d’impossible – mais c’est un autre sujet….
L’amour entre les deux garçons s’arrête à cause de la différence de milieu social.

Un livre court, bien écrit qui m’a fait remonter le temps dans ma propre adolescence (pour l’anecdote, l’auteur et moi partageons la même année de naissance). Lu rapidement, sans accroc, ce récit aborde des thèmes récurrents chez l’auteur qui en parle très bien dans cette vidéo :

 

 

 » J’écrirai également sur les rencontres qui changent la donne sur les conjonctions inattendues qui modifient le cours d’une existence, les croisements involontaires qui font dévier les trajectoires.  » P 37

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