« Tu sais, je ne suis pas raciste, mais… »

Cela faisait longtemps que ça couvait.

C’est le fait d’entendre – si souvent – quelqu’un commencer sa phrase par : « Tu sais, je ne suis pas raciste, mais…. »
Et c’est le « mais » qui a provoqué l’overdose. C’est con, une overdose de « mais ».
Ce sont des phrases. Par ci, par là. Et évidemment, ce n’est jamais « fait pour blesser », « ne le prends pas pour toi », MAIS...

Oui, mais quoi?
Etant ado, j’ai commencé par entendre: «  Hum, tu es brune et ton père…mais enfin, il serait pas un peu arabe? Ou c’est un juif? »
Je passe sur l’ineptie (brun -teint mat – cheveux frisés = juif – ou arabe ).
J’étais jeune. Une gosse ou presque et honnêtement, je n’en avais rien à faire de la couleur des gens. Je ne savais pas que c’était mal d’avoir un père qui n’entrait pas dans les « critères ». Un parent blanc mais

Je n’habitais plus en province. Je pensais être débarrassée du manque d’ouverture d’esprit.
Mais – et oui,il y a toujours ce MAIS – j’ai entendu un jour : « Pousse-toi espèce de bougnoule! » Et là, j’ai compris que la personne s’adressait à moi.
Ce ne fut pas la dernière fois.
Ok. Donc allons-y comme ça.

Il y a seize ans, j’ai eu un enfant. Avec un noir! Je voulais très fort cet enfant.
Et ça a recommencé – autrement:
« Quelle chance, tu vas avoir un/e beau/belle métisse…. »
Stupeur. Ne dit-on pas plutôt « Cool, tu vas avoir un enfant« ?

Je n’avais pas fini.
J’ai vécu longtemps seule avec ma fille. Ce furent les : « Oh, elle est à vous, cette petite métisse? » « D’habitude, je…mais qu’elle est belle! »
– et elle est à vous, votre connerie? Ou vous avez reçu un entrainement spécial pour ça?
Ainsi de suite.
Franchement, est-ce que je dis à une maman :  » Oh, le bel enfant! il est à vous cet enfant blanc? » (remplacez par la couleur de votre choix).

Je pourrais en aligner d’autres – aussi péjoratifs, aussi blessants. Ce serait inutile.

 

Alors pour en finir – même si je sais que c’est loin d’être le cas:
Non, ma fille n’est pas accoutumée naturellement à la chaleur parce qu’elle a un père antillais.
Non, elle n’est pas plus douée qu’un(e) autre pour la musique ou la danse en raison de ses origines.
Non, je ne suis pas anormale parce que je vis avec un compagnon qui a 20 ans de moins que moi et non, je ne suis pas une...cougar.
Les remarques sur les couples atypiques me font glousser, à présent.

J’en conclus que, dès que quelqu’un a des propos haineux à faire passer, il commence sa phrase par: »Je ne suis pas raciste/homophobe/misogyne/antisémite/sexiste/macho/islamophobe, etc… » suivi du fameux « mais…. »

Récemment, suite à une polémique télévisuelle, j’ai lu  sur un réseau social qui n’est pas FB:« Moi, je ne suis pas homophobe mais, quand même, les pédés... ».
Jamais ça ne s’arrête.

Pour les gens qui sont friants de cette formulation, j’ai un truc:
lorsque vous commencerez une phrase par ces mots « je ne suis pas…mais …. » ,avant d’accuser les: (la liste est longue) migrants, SDF, tziganes, musulmans, gays, noirs, chômeurs – bref…, tentez de remplacer le mot en question par une catégorie de personnes à laquelle vous appartenez: » hétéro au lieu d’homo, femme, blanc », j’en passe et demandez-vous à quel moment ça vous gêne.

Je vais finir avec cette citation de Morgan Freeman qui résume assez bien ma pensée:

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Une réflexion sur “« Tu sais, je ne suis pas raciste, mais… »

  1. Il été arrêté à la douane alors que tous les autre sont passés parce qu’il paraissait un peu… quoi au fait ? et en Angleterre, à Leicester, on l’a pris pour un indien !! Il s’est fait traité par les arabes de « sale juif » et « d’arabe » par les Français, c’est génial d’être très brun, frisé et barbu !

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