30 Day Movie Challenge – Jour 12

Jour 12 – Un film que vous aimez bien par un réalisateur que vous n’aimez pas habituellement

Et c’est là que je sèche complètement car soit je n’ai pas assez vu de films dudit réalisateur (je me suis arrêtée dans la torture ^^) , soit j’ai vu les films et je n’en ai pas à sauver (je pense à jean-Luc Godard; je sais, classique, mais j’ai essayé encore et encore: je ne peux pas).

J’en étais à ce point de ma réflexion lorsque j’ai pensé à un réalisateur dont le 1er court-métrage m’avait carrément fait faire un bond alors que j’étudiais l’espagnol. Pour illustrer le cours (et au sujet des surréalistes), notre prof nous avait projeté …Un chien andalou (pour qui ne l’a pas vu, attention aux premières images: le film est en noir et blanc et muet, mais il est ….flippant dès le début!)

Donc, Luis Buñuel. Quand on étudie l’espagnol, on passe rarement à côté. Mais j’ai aussi vu d’autres films (que mes profs n’auraient pas montré en cours, je pense à Belle de Jour)

Pour moi, (et même si j’aime les surréalistes en littérature, ou certains, en peinture), Buñuel, je ne pouvais pas. Basta.

Sauf ce film : (amis du noir et blanc, bonsoir !) :

Los Olvidados (1950)

« El Jaibo, un adolescent des rues, s’échappe de la maison de correction et retrouve ses compagnons d’infortune dans leur bidonville de la banlieue de Mexico. Avec Pedro et d’autres enfants, il tente d’attaquer Don Carmelo, un aveugle cruel qui survit en jouant de la musique dans les rues. Quelques jours après, Jaibo tue, en présence de Pedro, le jeune homme qu’il accuse de l’avoir dénoncé. À partir de ce moment, les destins de Pedro et du Jaibo sont tragiquement unis. »

Il est d’ailleurs repassé en 2012 au Festival des 3 Continents , à Nantes (très bonne fiche sur le site).

 

Publicités

Diversité d’une banlieue

Deux journalistes ont passé un an à Clichy-Sous-Bois (93). Elles ont fait ce que beaucoup ne font pas (et certainement pas d’ordinaire, les medias): elles se sont promenées, elles ont parlé avec les gens, elles ont pris des photos.

Elles ont découvert autre chose que des immeubles (que ceux du Chêne Pointu): elles ont vu les familles, les avenues, etc…

S’il est vrai que, comme elles le soulignent, prendre ce temps a été un « luxe » pour elles (mais le but était d’écrire un livre), elles disent que leurs confrères journalistes ne sont pas à blâmer mais bien le système. Et parlent de la banlieue protéiforme car s’il existe des banlieues, « LA banlieue n’existe pas ».

Elles ne brossent pas un tableau idyllique mais raconte simplement le quotidien, l’importance d’accoler le mot « normalité » à celui de « banlieue ». Joséphine Lebard et Bahar Makooi disent que les gens, ceux qu’on appelle les banlieusards,  perçoivent souvent les « autres » comme des personnes venant d’un autre milieu, d’une autre classe sociale (très simplement, ce distingo si net entre : Paris et ….banlieue par ex. ), d’où les incompréhensions (et ce qui peut suivre).

Au sujet des idées préconçues que tout le monde peut avoir, l’une d’elle précise: « Il faut être prêt à les remettre en question ». Appréhender la banlieue, « la meilleure façon de traiter la banlieue, c’est d’accepter le doute, c’est d’accepter de ne pas avoir tout bon ».

Vous pouvez les écouter ici .

« On vient d’un territoire qui mérite la peine d’être connu » ajoutent les deux journalistes qui ont grandi elles-mêmes en banlieue parisienne.

Deux jours par semaine, durant un an, les deux jeunes femmes se plongent dans la vie ordinaire des Clichois. Elles viennent de publier le récit de leur expérience immersive dans un livre intitulé Une année à Clichy, la ville qui rêvait qu’on l’oublie, paru chez Stock. Rencontre avec deux journalistes amoureuses du 93.

Un autre projet :

Dix ans après les émeutes qui avaient ébranlé les grandes villes de l’hexagone en 2005,  l’artiste protéïforme  JR nous ramène en banlieue avec son métrage Les Bosquets, qui devrait sortir en salles dans le courant de l’année.

Plutôt que de ressasser pêle-mêle des poncifs anxiogènes dès que l’on parle des cités, comme « la précarité » ou « l’intégration », JR, connu pour son engagement auprès des jeunes de banlieue, pose l’art comme manifestation de la révolte. Une manière de signaler les citoyens issus de banlieues comme partie prenante de la société, et cet espace toujours mis au ban en 2015 comme creuset de créativité.

Montfermeil (93), est l’espace scénique de cette oeuvre à la fois cinématographique et plastique. Le musical  réunit le ballet de New York, et les musiciens Hans Zimmer, Pharrell Williams et Woodkid.

Le film a été sélectionné au festival indépendant Tribeca de New York.

C’est de cette manière que j’aime les banlieues: pas parce que j’y ai, finalement, toujours vécu, si je dois généraliser et non pas parce que je les idéalise. Mais je me dois aussi d’être honnête. Intellectuellement honnête, au-delà des émotions. Je connais les soucis, les problématiques ( des expériences vécues ou si proches de moi, de mon travail, parfois).

Je refuse de ne voir que  les clichés anxiogènes, je ne supporte pas de revoir encore les mêmes images tellement « clichés »  qui ne font qu’aggraver la psychose et attisent la haine de l’autre. Je les aime pour leur pluralité, leur façon d’être diverses, différentes et uniques en leur genre. Pour ma part, je pourrais parler aussi  du 93 , la Seine St Denis, donc – que je connais le mieux, il est vrai, pour y avoir vécu longtemps  et surtout, travaillé au contact des gens, pour y avoir des amis, pour y avoir connu une solidarité réelle. Mais je peux également parler des « quartiers » comme on aime les appeler – « quartiers sensibles » dit-on – situés autour d’autres grandes villes dans lesquelles j’ai vécu ou vis encore.
Rester au contact des gens. Passer du temps. Voir plus loin …. C’est dans cet esprit que je pense qu’il faut les aborder.
Diverses, variées, changeantes, plurielles, voici ce que sont entre autres, nos banlieues. A l’image de l’humanité, non?

 

J’allais presque oublier de dire que c’est ainsi que j’aimais les photographier et écrire sur elles.