365 jours d’écriture – Voyage en train

essais2

Quand reviendra l’équinoxe,
sur une mappemonde enchantée
nous ferons des voyages.

Oui, nous irons là
où l’astrolabe nous mènera
vers des aurores embellies
au milieu de villes boréales
loin sur la ligne d’horizon.

 

Et de gare en gare,

roulent nos vies,

parlent nos envies.

Nous repartirons en quête
des Pégases et
des licornes argentés
autour de la pleine lune;
leurs colliers de clochettes
tintinnabulant.

 

Je te dirai mon orient,
et puis, les mythes ondoyant.
Nous dînerons avec Mélusine,
et ses naïades vertes et limpides
aux fontaines moussues.

 

Dans chaque gare,

un destin, un dessein,

un hasard, un départ.

Nous dessinerons les ourses douces,
danseuses des chariots du ciel.
Dans un autre wagon, nous verrons
le feu de Wotan, la barbe de Merlin,
les anneaux perdus et la Terre du Milieu.

 

Pour enrouler les rondes
et enchanter le monde,
nous irons parler
aux mille sages
là-bas aux antipodes.

 

De longues heures aux lentes journées,

de locos en cahots

De trains à grande vitesse

aux anciens tortillards

sans hâte, arrivée – départ. 

Nous la verrons,  la sphère bleue,
L’orange, a dit le poète.
Nous roulerons dans nos rêves
Dans nos mots
Sur nos pages
Et puis
Nous inventerons le reste.

« Un train qui roule »

 

Nous ferons des voyages

Peu importe notre âge

Il est temps, partons

 

« la vie s’écoule »

 

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Note : entre guillemets, tirés de « Automne malade », Guillaume Apollinaire (Alcools, 1913).