365 jours d’écriture – Drame

essais2

 

Un roi raconte un drame:

Aujourd’hui, je suis mort
Ou bien, était-ce hier?

Je ne sais pas. J’erre parmi les âmes, pâle ombre grise. Dans les Enfers du dieu Hadès et de sa si belle épouse Perséphone,

Moi qui fus roi, chef, vaillant conquérant, respecté de tous, craint de mes ennemis , moi, fils d’Atrée, égorgé tel un animal. O Hadès, entends ma plainte !
Je ne suis pas le héros accédant aux Champs Élyséens, comme les bienheureux.
Je n’ai pas subi une mort honorable, moi qui pensais périr au combat, l’épée et la lance à la main!

Non, non, hélas, mon destin était tracé. Issu d’une lignée maudite, je paie les fautes de mes ancêtres, et les miennes aussi.

Oui, je suis Agamemnon, d’Argos, le puissant roi de Mycènes.

Savez-vous mon histoire? Connaissez-vous mon drame?
Je ne suis point conteur, ni rhapsode qui narre les épopées.

Avec mon frère Ménélas, nous avions épousé les deux plus belles femmes après les déesses.
Mon épouse, Clytemnestre – qu’elle soit mille fois maudite ! –  avait le teint lumineux et l’esprit le plus vif. Digne d’un roi, j’en fis ma reine. Elle me donna quatre enfants.

Sa sœur Hélène était d’une si grande beauté qu’on dit qu’elle la tenait de la déesse Aphrodite elle-même. Je ne le sus jamais. Je ne faisais pas de sacrifices à Aphrodite mais à Arès pour la guerre, et à Poséidon, le dieu de la mer et l’Ebranleur du Sol. Les déesses ne m’importaient guère. Quel sot je fus.

Que disais-je? Je ne sais plus.

Je ne peux plus penser comme un vivant. Mon âme flotte et mes pensées s’éparpillent.

C’était avant. Avant que tout commence… J’avais un frère,  le faible Ménélas. J’ai bien essayé de le rendre dur et inflexible mais il n’a jamais eu ma poigne. Il fut choisi par Hélène pour devenir son époux.

Les prétendants s’étaient bousculés auprès de la belle reine de Sparte.

Ulysse aux mille ruses conseilla avec habileté que les célibataires fassent un pacte: protéger la vie et soutenir les droits de celui qui obtiendrait Hélène comme épouse.

O rusé Ulysse! Il n’était pas marié, alors, et pensait que les yeux de la belle se tourneraient vers lui. Ce ne fut pas le cas.

Mais nous étions tous liés. A la vie, à l’amour, à la guerre, à la mort.
Le jour où mon frère serait en danger, à l’instant même où l’on bafouerait son honneur,  les rois et leurs armées s’engageraient à ses côtés.

Mon frère gouvernait Sparte. J’étais roi de Mycènes. Nous étions puissants, mais une cité nous narguait, riche et prospère sur les rives orientales.
Cette cité s’appelait Troie. Son roi était un puissant monarque.

Et bientôt, le destin tissa ses liens. Le drame se nouait dans l’ombre.
Nous allions tous nous y précipiter.

Mais j’en perds le fil.

L’histoire se déroule encore et encore. Sans fin.
Tant de guerriers sont ici, à errer.

Sommes-nous devenus des héros? Personne ne sait. Nous sommes oubliés.

C’était une époque, de fureur et de guerre.

Mais à quoi bon…..

Je suis chez Hadès, tué par l’amant de ma femme.

 

 

Une réflexion sur “365 jours d’écriture – Drame

  1. c’est amusant, avec une amie on se demandait quel incipit était le plus accrocheur pour commencer un roman et j’avais proposé « aujourd’hui, je suis morte » ^^ on se retrouve !
    très bonne idée de reprendre les mythes grecs, je suis une grande fan🙂

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