Thème : Fais-moi lire !

Fais-moi lire ! 

 

Je peux comprendre que conseiller 1 livre – 1 seul – à quelqu’un qui lit peu ou pas fasse un peu peur. Il est  plus aisé à aborder quand on est habitué à le faire, grâce à sa formation initiale.
Par contre, il est illusoire de croire qu’on peut proposer un seul livre. Il est plus simple de toujours donner le choix au lecteur/à la lectrice potentiel.le car, au final, c’est iel qui doit en avoir l’idée et se dire « j’ai trouvé ! « .
Le plus important est d’écouter la personne qu’on a en face de soi (en écoute active ).
Et ceci, sans oublier de poser quelques questions, bien ciblées.
Alors, oui, c’est parfois ardu. D’où : exercer le métier de libraire ou de bibliothécaire, ça ne s’improvise pas. Contrairement à certaines idées reçues, ça ne consiste pas à lire toute la journée, mais aussi à communiquer. Beaucoup. 

Quelques pistes : 

Penser aux romans courts pour ceux qui fuient devant le nombre de pages.
(même si un roman court n’est pas forcément plus aisé, mais ceci est une autre histoire, chut ). Par ex quand quelqu’un dit lire peu ou pas parce que  » les livres, ça me fait peur quand c’est trop long et en plus, j’ai la flemme/(variante): j’ai pas le temps « .

Eviter de faire l’impasse sur les classiques. Certains sont, contrairement aux idées reçues, très accessibles. De vraies mines d’or !

Proposer plusieurs genres. Donc penser : polars, SF, fantasy…. mais aussi: BD, roman graphique, manga…

Eviter de se cantonner aux genres dits « faciles »  par ex : chick-lit, YA, jeunesse,  romance, et surtout, feel good- parce que ça ne l’est pas forcément, facile).

Penser à sortir du modèle « roman » : essais, autobiographies, théâtre (les dialogues se lisent bien pour ceux qui sont rebutés par les descriptions), poésie, etc….

….et si ça ne fonctionne toujours pas, se dire que ne pas lire, ce n’est pas une tare, ce n’est pas une honte ni une malédiction. (je pense aussi aux nombreux cas d’analphabétisme, en France, par ex. ). Car, dire « tout le monde lit, même un peu » sous-entend que « tout le monde a appris à lire et le fait ». Ce n’est pas vrai.
Il est surprenant de constater que, malgré la scolarisation obligatoire, il y a plus d’exemples de personnes qui savent lire, mais très mal qu’on ne pense.  Ceci génère de la honte mais souvent aussi un désir de lire (de savoir lire, mieux ou lire, tout simplement).

Ne pas lire, c’est aussi ne pas lire des livres, papier ou numériques. Mais sans s’en rendre compte, nous lisons, régulièrement, sur l’écran (réseaux sociaux, j’en passe).

Quelques idées en vrac quand même 

Classiques (oui ça se lit bien aussi)

  • Le joueur d’échecs  (Stephan Zweig)

Nombre de pages : moins de 100.

L’histoire : Czentowicz, champion d’échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu’à l’entrée en scène de Monsieur B.

 

  • Exercices de style
    Raymond Queneau

 

Le narrateur prend le bus à une heure d’affluence. Il voit un jeune-homme s’énerver contre un voisin qui, dit-il, le bouscule dès que passe quelqu’un.

Littérature américaine (je suis bien fan)

Mon chien stupide –  John Fante

« Il était un chien, pas un homme, un simple animal qui en temps voulu deviendrait mon ami, emplirait mon esprit de fierté, de drôlerie et d’absurdités. Il était plus proche de Dieu que je ne le serais jamais, il ne savait ni lire ni écrire, et cela aussi était une bonne chose. C’était un misfit et j’étais un misfit. J’allais me battre et perdre ; lui se battrait et gagnerait. »

Un Fante, ça passe tout seul.

Romance et classique

  • Le blé en herbe – Colette

« Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare ».
Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

Avec délicatesse, Colette excelle à évoquer l’éveil de la sensualité, la douloureuse initiation à l’amour et à la vie. »

 

Le fantastique (nouvelles)

  • Les âmes secrètes -Julio Cortazar

Ces nouvelles traitent du thème du rêve, du double, du labyrinthe. « Les cinq textes […] révèlent la face démesurée, sublime et horripilante du quotidien

Impossible de résumer en deux lignes cet excellent recueil de nouvelles écrites par un Cortazar captivant (écriture limpide).

Le polar

Hormis les classiques de type : Agatha Christie (ça se lit très bien).

  • Six fourmis blanches – Sandrine Collette

Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches… Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

SF

 

 

Beaucoup, en SF ou en fantasy ! Et pas forcément des mochetés mal faites.
Pensons à Pierre Bottero (Ewilan), Erik Lhomme (Le livre des étoiles)
Asimov n’est pas compliqué à lire du tout. On aborde Fondation très facilement ou pourquoi pas, les Robots (on commence par des nouvelles, en plus).
Pour Tolkien, beaucoup se cassent les dents sur Le Seigneur des Anneaux, parce que : c’est lent, il y a des parties où ils chantent beaucoup, etc… C’est possible, je l’entends. Mais le Hobbit ? C’est court, bien fichu et l’aventure est très sympa, loin des lenteurs des trois films.
Ne pas oublier : Pierre Pelot qui a écrit des tas d’excellents romans.

 

 

La liste pourrait être beaucoup plus longue mais je vais terminer ici.
En vous conseillant les propositions de mes collègues blogueuses (Tanuki ; June).

Bonnes lectures !

 

9 réflexions sur “Thème : Fais-moi lire !

  1. J’aime énormément ta sélection.
    Ta remarque sur l’alphabétisation est également très vraie. Pour avoir accompagné des enfants qui ne savaient pas bien lire, je te rejoins totalement : ne pas lire n’est ni une tare ni une malédiction (et pleins de solutions existent… encore faut-il pouvoir y avoir accès !)

    Aimé par 1 personne

    • J’ai accompagné des adultes (dans le cadre de mon travail) qui soit, ne savaient pas lire, soit avaient tout oublié ou presque. C’est très intéressant. L’année dernière, j’avais mis en place une fausse bibliothèque dans la salle de formation et fait tout une animation autour du fonctionnement d’une médiathèque ^^ Le désir de lire est là….

      Aimé par 1 personne

  2. Pingback: [Throwback Thursday] Fais-moi lire ! – Tanuki no monogatari

  3. Pingback: Throwback Thursday Livresque #41 : Fais moi lire ! | BettieRose books

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