La ville sans Juifs – Hugo Bettauer

Résumé : En 1922, Hugo Bettauer, journaliste, romancier, grand provocateur, imagine une étonnante satire politique. Alors que Vienne traverse une grave crise économique et sociale, les autorités arrivent à une conclusion imparable : pour sortir du marasme, il suffit de faire partir tous les habitants juifs.
Quatre-vingt-quinze ans plus tard, ce qui n’était à l’époque qu’une farce absurde et grinçante apparaît comme une terrifiante prophétie…
Sous-titrée au moment de sa parution « Roman d’après-demain », une véritable curiosité Vintage malheureusement toujours d’actualité.De l’université à la rue Bellaria, une véritable muraille humaine cernait le splendide et serein bâtiment où siégeait le Parlement. En cette matinée de juin, tout Vienne semblait s’être donné rendez-vous, à dix heures, là où allait se jouer un événement historique d’une portée imprévisible. Bourgeois et ouvriers, dames et femmes du peuple, adolescents et vieillards, jeunes filles, petits enfants, malades dans leurs fauteuils roulants, surgissaient pêle-mêle, criaient, discutaillaient politique et suaient abondamment. À tout moment, un nouvel exalté se mettait à haranguer la foule et sans cesse on entendait retentir le même slogan :
« Dehors les Juifs ! »

Hugo Bettauer a signé avec « La ville sans juifs » une véritable anticipation politique de l’Autriche. Ecrit en 1922, le roman préfigure la situation que l’on connaît (un mouvement populaire prend le pouvoir et chasse les Juifs, source de tous les problèmes, de Vienne.
On sait que l’antisémitisme connaissait une forte montée à Vienne depuis 1870:

Pourtant au même moment se développent les nouvelles formes de l’antisémitisme nourries par la longue crise qui commence en 1870. Deux mouvements se distinguent: le Christlichsociale, influencé par l’antijudaïsme religieux, et l’Alldeutschen, un mouvement pangermaniste. Hitler, qui séjourne à Vienne de 1907 à 1913, sera fortement influencé par ces deux mouvements. Selon Kershaw, « Vienne est l’une des ville européenne où l’antisémitisme était plus virulent »

Dans ce récit, Bettauer    nous conte de façon douce-amère une version de l’Histoire à venir, entre satire et humour. L’espoir est toujours présent (tout se termine bien). Malheureusement, l’auteur sera abattu par un partisan nazi quelques années après la parution de « La ville sans juifs ».

A lire aussi en lien :

A voir:

Le film « La ville sans juifs » adapté du roman en 1924 (film muet)

Extrait:

 

Merci aux éditions Belfond   

et à NetGalley

FORMAT
ISBN
PRIX

 

Enregistrer