Libre choix

 

Pour commencer 2018, j’ai choisi de parler d’un livre dont j’ai discuté assez souvent avec mes proches récemment (ça les fera sourire ) :

Été 1914, dans la campagne anglaise. La gentry de Rye reçoit pour un pique-nique sur le gazon fraîchement tondu. Les ombrelles et les chapeaux sont de sortie et c’est l’occasion pour Beatrice Nash, 23 ans, récemment débarquée dans la petite ville pour y prendre le poste de professeur de latin, de faire plus ample connaissance avec toutes les personnalités locales. Béatrice est orpheline de mère, et a grandi auprès de son père, un universitaire qu’elle a accompagné dans ses voyages et secondé dans ses travaux. Décédé un an plus tôt, il l’a laissée sous la tutelle de sa famille bien-pensante alors qu’elle souhaite mener une vie indépendante loin de ces collets-montés qu’elle déteste. Elle est chaperonnée par Agatha Kent qui l’a prise sous son aile : une Anglaise excentrique comme on les aime avec une bonne dose d’humour, quelques idées progressistes et une grande habileté diplomatique. Agatha a deux neveux : Daniel, qui rêve de lancer un journal de poésie à Paris, et son cousin Hugh, timide étudiant en médecine, qui courtise la fille un peu écervelée de son patron. Tous deux adoptent d’emblée la nouvelle venue. Et bientôt Hugh rougit un peu trop souvent en sa compagnie…
Mais Béatrice veut rester célibataire et devenir écrivain : deux choix difficiles pour une jeune fille instruite et sans le sou dans la société misogyne et conservatrice de ce début du siècle. Surtout, l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne vient bouleverser la petite communauté. Des réfugiés belges sont recueillis à Rye et les hommes s’engagent : Daniel, le colonel Wheaton et son fils, Snout, le petit-fils des tsiganes qui vivent en marge de la ville, et Hugh, que Béatrice voit partir avec un sentiment qu’elle peine encore à nommer….

 

 

« L’été avant la guerre » est un beau pavé écrit par une autrice née en Angleterre mais vivant aux USA depuis de nombreuses années. Il y est question de thèmes tels que: la condition de la femme,la guerre 14/18, la condition des réfugiés , le viol , l’homosexualité , les classes sociales etc…
J’ai envie de dire que cela fait beaucoup car, même si le livre est épais, il est compliqué de tout aborder sans se perdre. Et c’est ce qui arrive au fil d’une narration qui est tout à fait limpide, pourtant. L’intrigue en elle-même est simple, la romance est présente, même si elle est évacuée en quelques pages à la fin du roman .
C’est dommage car  le parti-pris du ton adopté par Simonson très austenien séduit vite. La galerie de personnages est bien décrite – même les plus mesquins d’entre eux.
Je suis restée très ambivalente en refermant ce livre. Il me semble que le désir de mettre en avant la nostalgie d’une autre époque (« ah, c’était mieux avant »), d’évoquer un certain charme suranné à la Downton Abbey touche à un passéisme peu réaliste (c’est aussi mon bémol pour la série).

Pour autant, il serait dommage de passer à côté de cet agréable roman même si le dénouement des  dernières pages est assez mal conçu.

Pour faire un lien autre que Jane Austen et Downton Abbey:

Margaret Powell a été domestique dès l’âge de 14 ans et a publié ses mémoires en 1968. Ce livre a été une grande inspiration pour les séries « Downton Abbey » et « Upstairs Donwstairs« .

Même époque, la série d‘Anne Perry qui commence avec « Avant la tourmente » (10/18).
Avant d’être une reine du polar, Anne Perry est surtout une habile romancière qui décrit avec justesse la société anglaise (cf. série des Monk et des Pitt, même éditeur).