T’as pas vu ma pop (Les origines) # 6 – Glam, psychédélique et 70’s

On a vu la semaine dernière que les années 50 et 60 apportaient leur lot de tribus stylées, les sixties ayant permis une véritable explosion de la musique pop.

La deuxième moitié des années 60 voit un basculement dans le rock et le psychédélisme     qui connaît un pic entre 67 et 69 dans l’art pictural et la musique. Affiches, posters, pochettes de disques, tout est à la sauce psychédélique.

La littérature n’est pas en reste (à lire le très dense « Acid test » de Tom Wolfe). Les artistes n’ont de cesse d’ouvrir leurs portes de la perception (the doors of perception – qui inspireront si bien Jim Morrison et cie).

« Le terme « psychédélique » apparaît au grand jour en 1966, avec la sortie du disque The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators, élaboré par The 13th Floor Elevators, groupe texan considéré aujourd’hui comme l’archétype du groupe psychédélique.

13th Floor elevators: 

See Emily play – Pink Floyd (1967):

Electric Prunes – Had too much to dream last night :

 

A la fin des années 60, la pop psychédélique, que l’on qualifie de plus en plus de « pop-rock » se perd peu à peu. Certains groupes se tournent vers le folk, d’autres vers le funk et bien sûr, vers le rock. (je ferais un dossier à part sur toute cette mouvance prochainement).

 

Les Beatles initient  un tournant en 1967 avec  Sergent pepper’s , l’ album où ils jouent  la fanfare en satin fantaisie. Vers le début des années 70, l’un des rejetons du rock psychédélique fait parler de lui: le glam rock. Emblématique de la culture pop, cette branche du rock célèbre les vêtements recherchés, l’androgynie, et un certain retour au rock plus dur.

Nick Kent écrit à ce sujet:

« En 1970, plusieurs événements ont déjà sonné le glas du rêve utopiste des 60’s: la séparation lamentable des Beatles, les exploits sordides de la famille Manson, les morts successives de Jimi Hendrix et Janis Joplin. Aussi, lorsque, en 1971, Jim Morrison rejoint les deux derniers cités, il devient évident que la glorieuse révolution contre-culturelle que lui et d’autres prophétisaient n’aura pas lieu. Les rues anglaises se mettent à grouiller d’une nouvelle sous-culture skinhead inquiétante, tandis que les musiciens rock s’égarent dans d’interminables jams soporifiques. Puis, à la fin de la même année, le glam commence à scintiller sur ce paysage culturel morose. « 

Là où la pop avait versé dans le rock progressif (Yes, Genesis, King Crimson), le glam rock est en quelque sorte le précurseur de ce que sera le punk quelques années plus tard.

Le précurseur du genre, David Bowie:

La figure de proue du glam, c’est Marc Bolan avec le groupe T. Rex (Ze groupe glam):

 Velvet Goldmine , le film de 1999 est intéressant à regarder pour sa  vision du glam – sans compter qu’on y voit Ewan McGregor ainsi que Jonathan Rhys Meyers dans leurs jeunes années (beaux et sexy):

On touche le fond du bocal à paillettes avec Gary Glitter:

Les femmes ne sont pas en reste – Suzi Quatro

qui précède tout juste les exploits des Runaways.

Si les tenues jouent sur l’androgynie, les stars de l’époque ne sont pourtant pas ouvertement gay. Iggy, Mick Jagger, David Bowie surfent sur une ambiguïté bi, pas forcément assumée. Seule star glam des années 70 à affirmer son homosexualité, Jobriath déclare : « I am the true fairy of rock’n’roll ». Il est la 1ère pop star gay:

 

 

 

Face au rock prog qui se donne de grandes ambitions, le glam a un côté WTF

  • nom stupides
  • paroles simplistes
  • allures étranges
  • mélodies simples et joyeuses (les fameuses sonorités pop, car majoritairement composées avec des accords majeurs – plus fun que le mode mineur qui est plus utilisé dans le blues et donc, dans le rock)
  • provocation
  • un certain mauvais goût (voir ci-dessous Sweet en 1973):

On voit que le lien entre le camp et le glam rock est étroit (j’avais parlé du camp dans un autre article).

Une fois de plus, l’attitude, le style, le décalage, le too much  se retrouvent dans la pop culture.

En 1973, un groupe de jeunes agités révolutionne la scène new-yorkaise alors que le glam rock secoue encore Londres. Empruntant au glam, les tenues et les attitudes, les New York Dolls préfigurent le punk.

D’ailleurs, les Dolls et les Sex Pistols ont ce point commun: un certain Malcolm McLaren qui sait y faire en matière de marketing et de relooking… Et si McLaren échoue avec les tenues de cuir rouge des New York Dolls, il réussira fort bien avec son grand projet (ou est-ce la grande escroquerie du rock’n’roll – the great rock’n’rol swindle?) : the Sex Pistols. Mais ceci est une autre histoire…de la pop culture.

 

Pour aller plus loin:

« L’histoire de quarante ans de musique à travers les yeux de Richie Finestra, un producteur de disques qui tente dans les années 70 de faire renaître de ses cendres son label en trouvant de nouveaux sons et de nouveaux talents alors qu’il traverse sa crise de la quarantaine. Drogue, sexe, punk et disco deviennent son quotidien… »

 

Les New York Dolls revus pour la série Vinyl:

3 réflexions sur “T’as pas vu ma pop (Les origines) # 6 – Glam, psychédélique et 70’s

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