Going grey – ou comment je m’assume sans coloration

C’est un sujet un peu différent que je vais aborder aujourd’hui dans cet article. Particulier car je vais vous parler de …teinte de cheveux !  J’avais brièvement évoqué ce point en début d’année 2018, d’ailleurs.

Je ne sais pas si vous avez remarqué que, sur les réseaux sociaux, dans les médias, on voit de plus en plus de personnalités arborer leurs cheveux gris. 
Ici, en France, nous avons l’exemple de Sophie Fontanel qui a fortement médiatisé sa transition coloration/cheveux blancs:

 

Mais, comme souvent, ce qui paraît simple chez les personnes célèbres et autres stars n’est pas tout à fait le reflet de la réalité des gens  « normaux », les gens comme vous et moi. C’est pourquoi il me semble judicieux aujourd’hui de partager ici mon expérience. Jeunes ou moins jeunes, déjà confrontées aux cheveux blancs (et oui, je m’adresse aux femmes en particulier ici) , peu importe. Les cheveux blancs, on n’y échappe pas.

No more lovely brunette
Pour ma part, les premiers cheveux blancs sont apparus très tôt: j’avais 22 ans, j’étais encore étudiante et je peux dire que ça fait bizarre de trouver ces….intrus dans une chevelure très brune (je suis châtain foncé, à l’origine). Bizarre, certes, mais quand on vient de s’engager dans la vingtaine, il faut bien avouer que ça ne stresse pas plus que ça. On pense qu’on a tout le temps d’aviser.
Sauf …si les cheveux blancs prolifèrent. Et là, les colorations commencent. Je me teins les cheveux depuis l’âge de 25 ans, à peu près.

La seule photo où vous verrez un peu mes cheveux au naturel 
- 18 ans - (et oui, je sais, c'est de l'argentique)

 

Vers la trentaine, le blanc a continué à s’étendre. Je me suis coupée les cheveux, je les ai laissés pousser. Bref, longs ou courts, ils étaient toujours teints. Avec des colorations plus ou moins tenaces, selon les moments.

30 ans - 

Puis, à la quarantaine, je me suis aperçue qu’il devenait de plus en plus difficile de faire durer une couleur. C’est vers ce moment que j’ai réfléchi. Je me suis dit que, non, je ne me teindrais pas les cheveux toute ma vie. Je ressentais déjà très fortement la pression sociale qui pouvait peser sur les femmes.
Un homme a le droit d’avoir les tempes argentées (« c’est tellement sexy! ») puis d’avoir ces cheveux gris. A une femme, on fera remarquer: « tu te négliges », « ça fait sale, pas net », « si tu veux séduire, alors là, c’est mort ».
Et comme le fait de m’incliner devant les diktats divers n’a jamais fait partie de ma personnalité, j’ai définitivement pris la résolution de stopper les colorations dès que je me sentirais prête.

 

De 40 à 50 ans, mes cheveux étaient couverts de teinture

Tout juste la quarantaine

 



Entre 41 et 45
 
47 à 49

 

Se sentir prête, voilà bien la pierre d’achoppement de tout le processus.
Vieillir, on ne va pas le cacher, n’est pas si simple. S’accepter encore moins.
Mais se rendre compte qu’au sujet du corps des femmes, le point de vue est masculin, dévalorisant, sexiste, trop souvent, voilà qui a de quoi fortement énerver.

Quand je suis arrivée aux alentours de la cinquantaine, j’ai fait comme beaucoup : j’ai eu la trouille, les pétoches, les chocottes, les jetons.
Ce n’est pas l’âge le plus cool pour une femme: il existe un tas de transformations dues aux hormones qu’on a du mal à envisager quand on a 20 ou 30 ans.  Non, ce n’est pas cool mais on y arrive – avec de la persévérance et pas mal de patience.

 

2017 – t’as 50 ans, baby ! 

J’ai laissé passer mon anniversaire, je me suis peu à peu habituée à cette nouvelle dizaine (50 ? mais c’est vieux, ça, non?bah, finalement, c’est kif kif la fin de la quarantaine !  ). Et en novembre de l’an dernier (2017, donc), j’ai pris la décision; j’ai arrêté les teintures. Il m’a fallu passer par la case « chevelure bicolore » jusqu’à ce que je les fasse couper une fois puis une autre fois encore afin d’accélérer la transition. Je ne suis pas Sophie Fontanel et je n’ai pas eu le courage de garder mes cheveux longs ou mi-longs pour achever ce « going grey ». Mais j’étais décidée et – qui l’eût cru? – enthousiaste. D’un autre côté, j’avais aussi des doutes puisque je suis en reconversion professionnelle et en recherche d’emploi. Est-ce mes cheveux argent allaient bien passer auprès des employeurs? C’est encore une interrogation qui subsiste.
Ce qui est un peu idiot, je l’avoue : on m’embauchera pour mes compétences, mon dynamisme, ce que je peux apporter à une entreprise, pas pour ma date de naissance ou la teinte de ma tignasse (que j’espère laisser repousser).

 

 50 et quelques mois – gray is beautiful 

Finalement… ils sont beaux ! Et beaucoup plus sains.

 

Ce que j’ai envie de dire, pour terminer, c’est qu’il n’y a pas de « bonne façon » de faire. Se teindre, ne pas se teindre, les deux sont o.k. Car le principal, c’est de se sentir le mieux possible, c’est de se sentir soi-même, c’est de choisir ce qui convient le mieux. Quant au regard des autres, il est tel qu’il est.

Oui, il y a des remarques parfois.
Par exemple, on m’a demandé si j’avais fait une couleur « silver » parce que c’est tendance (cette rigolade!) ou si j’avais fait des mèches. On m’a aussi demandé si je n’avais pas peur pour mon couple puisque je vis avec quelqu’un de plus jeune que moi.
J’ai répondu aussi franchement que possible: si quelqu’un pense que je suis trop vieille, il le pensera de toute façon, que j’ai les cheveux gris, verts ou noirs.
Oui, je sens les regards aussi parfois.
Et ça ne change pas grand chose à ma vie. Je suis heureuse de ma démarche parce qu’elle me correspond.

 

12 réflexions sur “Going grey – ou comment je m’assume sans coloration

  1. Ben moi je t’applaudis des deux mains et des deux pieds parce que flûte pour les jugements. Les cheveux blancs personne n’y coupera, autant les accepter. Tout comme sa silhouette. C’est bien que Sophie Fontanelle ait médiatisé le truc pour donner confiance à celles, qui, comme toi, ont envie de l’assumer. Parce que bon sang on fait ce qu’on veut ( et parfois ce qu’on peut avec ce qu’on a) non mais sans blague et ça ne nous empêche pas d’être belles et de sentir jeunes, même à 50 ans ! Nanmého ! ❤

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  2. blonde jeune j’ai continué avec des mèches afin de « masquer » l’âge. Désormais, 50 ans en 2017, j’ai aussi fait le choix du naturel. Désormais blonde cendré 😉 j’assume mes cheveux avec ce mélange de blond et de blanc!! plus obligée de bloquer une matinée pour « rester jeune »,tout est dans la tête et non sur la tête!! 😉

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  3. Thanks for posting this. I’m just lazy — I saw how much trouble my mother took over coloring her hair and just decided there was nothing that made it worth it. The last five years or so (I’m 49) the salon people have been asking about color and I just say straight out, why would I do that to myself? So I’m greying. But I’m not at the stage where I’m fully silver; I’m still about 2/3 brunette. Looking forward though!

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  4. Bien parlé. Cette couleur vous va bien, c’est homogène et en adéquation… 🙂
    Pour ma part, la prise de conscience de mon âge réel et de mon apparence dans l’oeil d’autrui, ne m’ est apparue que lorsqu’une personne d’âge mûr s’est levée pour me laisser sa place, dans le tramway (à plus de 50 ans). J’ai eu alors un choc d’incompréhension.
    Je n’ai jamais porté trop attention à mon apparence. Bien que mes anciennes collègues m’avaient données quelques conseils, quand j’avais décidé de m’installer dans un quartier réputé plus « chic ». J’assume et même depuis « le Hobbit » mon personnage d’identification est « Radagast Le Brun ».
    Aussi les cheveux ont toujours été naturels, excepté entre 53 et 57. La coiffeuse ne comprenait pas alors, que je veuille garder mes cheveux blancs avec juste une légère teinte colorée.
    Trop de perte de temps, trop de potins, trop de revues débilitantes, je fuis les salons de coiffure. La coupe et le coiffage d’une demi-heure, tous les 4 à 6 mois,me suffisent. L’arrivée de la mode du blanc m’a fait revenir volontiers, sans état d’âme, à ma teinte antérieure, avec quelques flocons de neige en plus.
    La chute vertigineuse de ma vision, mes capacités physiques fluctuantes et surtout les « jokes » de la mémoire immédiate me tracassent bien plus.

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  5. As she died on 2018 January, today I was trying to find knowledges about her, then I discovered that sentence, about a recent book of hers « No Time to Spare »: Thinking About What Matters Ursula K. Le Guin on the absurdity of denying your age: “If I’m ninety and believe I’m forty-five, I’m headed for a very bad time trying to get out of the bathtub.”
    Si tu connais ses écrits j’accepte volontiers tes lumières…

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