Premières lignes #30mars

Voici mes Premières lignes de la semaine :

« En s’éveillant dans le module, elle se souvint de trois choses. La première : elle voyageait dans l’espace large. La deuxième : elle allait prendre un nouveau poste. La troisième : elle avait corrompu un fonctionnaire pour obtenir un fichier d’identité falsifié. Même si aucune de ses informations ne constituait une nouveauté, elles n’assuraient pas un réveil agréable. « 

Depuis que j’ai lu Semiosis de Sue Burke, je suis presque complètement réconciliée avec la SF. Presque avec le fandom de la SF mais pas tout à fait. Je le suis sauf lorsque j’entends ( ou lis) avec effarement des phrases imbéciles du style  » la SF c’est bon, la fantasy c’est de la m…. » ou « il faut avoir une formation scientifique pour apprécier la SF » (maturité des gens et de  ce types d’assertions….heu ?  on la cherche encore ).  En outre, les personnes qui profèrent de telles âneries ont plus que des oeillères et ne font aucun bien au genre. Les littératures de l’imaginaire sont un ensemble, les fameux « mauvais genres« , peu importe qu’on en préfère certains ;  il n’y a pas lieu de cracher sur les autres  Bref.
Je vais donc parler d’un autre roman de SF qui m’a à peu près autant plu que Semiosis bien que différent. Un roman de SF, donc. Un space opera qui défie les codes : L’espace d’un an, de Becky Chambers (L’ Atalante).  Nous sommes invités à suivre Rosemary, une jeune femme qui commence une nouvelle vie à bord  la vie du Voyageur,  un vaisseau chargé de creuser des tunnels dans l’espace (d’où le terme ‘tunnelier »). Très vite, nous faisons connaissance avec les différents membres de l’équipage, tous d’espèces différentes : Sissix , une Aandriske, sorte de reptile  à plumes ; le Dr. Miam  un Grum amphibien doté de plusieurs mains/pieds ;  Ohan, paire Sianate à qui il faut s’adresser au pluriel puisque  son cerveau est l’hôte d’un neurovirus formant la deuxième partie du duo ; sans parler de Lovey, l’Intelligence Artificielle. Il y a aussi quelques humains assez remarquables : Jenks, le tech de petite taille amoureux de l’I.A, Kizzy, l’autre tech aux réactions plus que spontanées et parfois enfantines, Corbin, un ronchon aux préjugés spécistes, et le capitaine Ashby, amoureux d’une extra-terrestre. Tout le monde cohabite tant bien que mal, s’aime, se chamaille, souvent dans un joyeux bazar. C’est un peu Galactica, un peu Babylon 5, un peu Star Trek parfois, mais en plus déjanté, en plus optimiste aussi, malgré les conflits et l’extinction de certaines espèces. On fait le voyage avec eux et quel voyage !

Becky Chambers a le chic pour écrire des personnages attachants, aux histoires mouvementées. On a envie d’en savoir plus — et tant mieux, il y a deux autres livres situés dans le même univers que celui-ci (le tout est regroupé  dans la trilogie : Voyageurs, à l’Atalante, bien sûr). C’est fin, bien fait, rafraîchissant, marrant, émouvant et tendre (et pas neuneu du tout, contrairement à ce que j’ai pu lire). Oui, c’est à lire. 

L'espace d'un an par Chambers

 

Résumé : Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang… Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes. Loin de nous offrir un space opera d’action et de batailles rangées.

 

— Prenez soin de vous, restez chez vous, soyez patients, gardez le moral !  lisez et bon confinement !❤️ — 

Les autres premières lignes sont chez :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• La Voleuse de Marque-pages
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• La Booktillaise
• Les lectures d’Emy
• Songes d’une Walkyrie
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Prête-moi ta plume
• L’écume des mots
• Pousse de ginkgo
• Ju lit les mots
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Les lectures d’Ironnette

J’ajoute cette lecture au thème du mois de mars du HMSFFF challenge : les autrices et au Challenge de l’Imaginaire 

60422550_424507115049421_821092936908275712_n