Premières lignes – 21 septembre

Premières lignes 

« Mon père était roi et fils de rois. De petite taille comme la plupart des nôtres, il était bâti à la manière d’un taureau, tout en épaules. Ma mère avait quatorze ans lorsqu’il l’épousa, dès que la prêtresse eut confirmé sa fécondité. C’était un bon parti : de par sa condition de fille unique, la fortune de son père reviendrait à son époux. »

C’est avec grand plaisir que je me suis plongée dans ce roman qui revisite l’Iliade. Après avoir lu Circé il y a quelques mois, c’est donc Le chant d’Achille de Madeline Miller  (en traduction française, cette fois) que j’ai dégusté. Et une fois encore, c’est une réussite.
Le point de vue adopté est celui de Patrocle et c’est un choix judicieux. Car si l’on « connaît » Achille, on en sait peu sur Patrocle ( il n’y a pas tant d’informations que cela, d’ailleurs dans la mythologie et selon les auteurs, son histoire diffère).

Mais la grande force de Madeline Miller, c’est de montrer la vie quotidienne, l’intimité, les troubles et les doutes d’Achille et de Patrocle ; de décrire des scènes qui nous semble si proches, si vivantes qu’on a l’impression de se trouver au siège de Troie, près d’Ulysse et des autres. Un petit mot sur Ulysse en passant : comme j’ai lu Circé avant Le Chant d’Achille, j’ai remarqué que l’autrice avait une grande tendresse pour le personnage ( un petit faible 😉 ). Tous les autres personnages de l’Iliade sont ici bien présents, humains : ils paraissent agir devant nous (Agamemnon, pas vraiment sympathique ; Briséis, une figure féminine très intéressante ; Ménélas, plus consistant que dans certaines réécritures où il est parfois négligé ou décrit comme faible, Diomède et Ulysse, un sacré duo, etc etc…). J’allais oublier les personnages plus fantastiques comme le centaure Chiron absolument passionnant (je n’ose pas en dire plus). Et Thétis, la mère d’Achille, seul élément divin à être réellement présente parmi tous ces mortels.
Car Madeline Miller ne s’attarde pas sur la dimension divine : les dieux et les déesses sont bien là mais ils n’occupent pas la première place. L’invulnérabilité d’Achille (le fameux talon) n’est jamais évoqué. Il est seulement très rapide et voué à un destin exceptionnel. Cela lui confère un aspect plus accessible. Son histoire d’amour avec Patrocle — qui n’est pas laissée dans l’ombre mais totalement assumée — contribue à le rendre encore plus humain.
Un livre passionnant qu’il est difficile de lâcher une fois commencé !

Le chant d'Achille par Miller

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