Premières lignes – 25 novembre

Quoi, moi, en retard ? Mais non, presque pas 😉

Voici mes premières lignes 

« Tour de Londres – mars 1554

Des courants d’air froid entraient par les fenêtres cruciformes de la tour Bell et les feux ne parvenaient guère à les combattre. la salle était éclairée par un soleil blafard qui seul filtrait à travers  les alcôves et par l’éclat tremblant des cheminées, qui baignaient les murs de pierre et le pauvre mobilier d’un désespoir grisâtre. Des lieux sans joie, mais la tour de Londres n’était pas conçue pour la joie. « 

Après avoir été un peu déçue par les aventures de Lady Trent (un schéma bien répétitif et une intrigue qui tire en longueur sans beaucoup de rythme malgré le thème des dragons), j’ai décidé de me lancer dans cet autre roman de Marie Brennan, Minuit jamais ne vienne, premier tome de La cour d’Onyx….et j’ai eu raison. Déjà, il y a la base historique, solide : l’action se déroule sous le règne d’Elisabeth 1ère ( la fille de Henry VIII d’Angleterre). C’est une période que j’affectionne et sur laquelle je me suis déjà bien renseignée. Pas de surprises, donc.
L’autre facette, c’est cette double cour, celle des faes (ah, le royaume de Faëry !), menée d’une main de fer par la reine Invidiana, la terrible reine fée qui a passé un pacte avec la reine humaine, Elisabeth. Le roman de Marie Brennan regorge de références au folklore  magique et aux créatures fantastiques. On y retrouve les brownies, les kelpies  mais aussi des créatures des eaux (et là, c’est un bonheur d’avoir lu Harry Potter et les animaux fantastiques, par ex). Le Père Tamise fait également son apparition, ce qui m’a fait penser à la Mère Tamise dans Les rivières de Londres de Ben Aaronovitch, un bon roman ado de fantasy urbaine où les créatures magiques côtoient les humains. Une fois de plus, la Chasse sauvage fait son apparition ( on ne compte plus les romans, les séries ou les jeux vidéos qui y font référence).
Tous ces éléments trouvent leur place dans l’histoire, étoffant l’intrigue de manière brillante sans la surcharger ni paraître inutiles.
Une autre élément, et non des moindres, à ajouter : la reine Invidiana tire son prénom de « invidia« , l’envie, une déesse romaine de l’envie et de la jalousie (invidere, en latin) qui devient plus tard l’un des sept péchés capitaux. Les révélations qui sont faites au sujet du personnage de la reine des faes prennent encore plus de sens – mais je n’en dirais pas plus sous peine de dévoiler une bonne partie de l’intrigue.  Le changement de son prénom lors de son accession au pouvoir, avec les autres conséquences liées au choix qu’elle a fait,  paraît également très logique (de :  suspiria :  le soupir, la respiration —  à invidia — l’envie).
Une intrigue qui est bien déroulée, d’ailleurs, sans baisse de rythme. La narration est parfois complexe : souvenirs de certains personnages et retours en arrière, il est plus prudent de bien faire attention aux dates qui sont données. Mais, en général, on ne s’y perd pas.
Les personnages, qu’il s’agisse des principaux ou des secondaires, sont suffisamment étoffés. Le roman se lit donc bien et est plus agréable que Lady Trent, à mon goût, avec des passages joliment poétiques.
Enfin, le titre fait référence au Faust de Christopher Marlowe, le contemporain de Shakespeare, espion, homosexuel, et hérétique, dont la mort est entourée de mystère. le personnage a souvent inspiré les auteurs ( on le voit apparaître par ex. dans le second tome  de Deborah Harkness : L’école de la nuit).

Les vers de Marlowe : 

 » Ô Faust !

Maintenant tu as à peine une heure à vivre sur terre,

Et après cette heure, tu seras damné peur toujours.

Arrêtez-vous, ô vous, sphères du ciel toujours mouvantes,

Oh ! que le temps cesse, et que minuit ne vienne jamais ! »
(monologue )

Un roman qui se lit donc comme une enquête, ou comme pour la reconstitution historique, ou pour le côté surnaturel — ou pour tout cela à la fois. Pour les personnes aussi qui ont aimé le Roi-Corbeau de Susanna Clarke dans Jonathan Strange et Mr.Norrell. (il y a des parallèles à faire avec les fées de Clarke et celles de Brennan).

Pour ma part, j’ai très envie de lire le suivant.
(il faut juste ignorer la mocheté de la couverture qui n’est vraiment pas une réussite).

La cour d'Onyx, tome 1 : Minuit jamais ne vienne par Brennan

Résumé :

« Fin du XVIe siècle, l’Angleterre prospère sous le règne d’Élizabeth, première du nom et dernière monarque de la lignée des Tudor. Sous Londres s’étend le palais tentaculaire d’Invidiana, la reine des fae, qu’elle gouverne en maîtresse inflexible. Son pouvoir est le reflet ténébreux de la gloire éclatante dont s’entoure la dernière des monarques Tudor. Dans ce palais d’Onyx, les fae n’ont pas à craindre le fer et la foi chrétienne que les mortels utilisent contre eux pour se protéger de leurs méfaits. Depuis trente ans, les affaires des deux cours sont toutefois étroitement liées. Un pacte mystérieux, tragique peut-être, unit les deux souveraines. Car si, chez les mortels, rois et amours sont éphémères, les fae les jalousent pour les passions qui animent leur vie. Un courtisan humain et une fae en disgrâce découvrent peu à peu les alliances et les trahisons qui gangrènent les deux trônes. Ensemble, ils ont une chance de révéler la source du pouvoir d’Invidiana et, peut-être, de rétablir un peu de justice, d’harmonie et de confiance dans une société de haine et de violence. « 

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L’automne en images et en musique – 33

Voilà cette semaine les oeuvres d’un graphiste/designer russe, Sergey Kyrmanov. 

Son instagram 
Sur Behance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Premières lignes – 17 novembre

Premières lignes (en retard)

Je bois un café en attendant que la chimie se diffuse dans l’organisme du patient, jetant de rapides coups d’oeil aux écrans de monitoring entre deux aspirations de liquide bouillant. Tout semble normal, respiration, température, fréquence cardiaque…. D’un mouvement de tête, j’indique à François, mon assistant, qu’il peut installer la sonde respiratoire ainsi que le cathéter, au cas où nous aurions besoin d’administrer des médicaments en urgence. dès que le dispositif est mis en place, je me saisis d’un scalpel tout en regardant les radios affichées sur le mur lumineux, derrière la table d’opération.

J’ai lu beaucoup de romans de Didier Daeninckxun auteur que j’apprécie pour pas mal de raisons. Il écrit de très bons romans noirs et polars ( Le géant inachevé, , Le facteur fatal   , Le Der des ders, Métropolice), des romans historiques ( Meurtres pour mémoire  et le célèbre – et très étudié en cours dorénavant – Cannibale).  J’ai aussi une raison très personnelle d’aimer les livres de Daeninckx : ils racontent ce qui a été ma banlieue, la Seine-St-Denis, pendant un peu plus de 20 ans. Et rarement un écrivain en a parlé aussi bien. La précision des descriptions me ramène dans des lieux que je visualise aisément ; les gens qu’il décrit me sont familiers (la nostalgie, camarade).
C’est encore un fois le cas avec Artana ! Artana ! (le cri d’alerte des guetteurs dans les cités à l’approche de la police). On y voit un vétérinaire établi en Normandie revenir dans la banlieue où il a passé sa jeunesse pour enquêter sur la mort du fils d’une amie. La ville qu’il redécouvre a bien changé — c’est logique, cela fait des années qu’il a coupé les ponts. Or, la ville en question, c’est Courvilliers, un savant mélange d’Aubervilliers (pour la description des lieux, c’est Auber), La Courneuve (la ville mitoyenne), St Denis et Bagnolet (tout ça est très proche géographiquement, la banlieue dite de la petite couronne). On y retrouve aussi un certain Boisy-en-France qui ressemble étrangement à Noisy-le-Sec.
Toute la première partie du roman se lit avec attention, comme une enquête : on a envie de savoir ce qui se cache derrière le meurtre de Rayan, là-bas, en Thaïlande où il avait fait sa vie et quels sont les liens avec certains élus locaux pas très nets. Car on en apprend  des vertes et des pas très mûres, mais guère surprenantes en fait, sur la vie politique locale. Le roman est censé se dérouler en 2016 et il sonne de façon très actuelle, évidemment. Pour autant, tout ce que Daeninckx dénonce n’est pas nouveau quand on s’est intéressé à la vie publique locale.

 » Dans la fiction, les élus pactisent avec des caïds de la drogue pour conserver leur pouvoir. Si la démonstration n’était pas assez explicite, à la fin du « roman », il écrit : « En 2014, dans les villes comme Aubervilliers, Saint-Denis, Noisy-le-Sec, Bobigny, des têtes de liste aux municipales ont passé une alliance avec les bandits du secteur pour se faire élire ou se maintenir en place.
Il compose une galerie de personnages affublés de pseudo cousus de fil blanc. « Patrick Muletier », le maire de Courvilliers, « dont la plus grande des qualités a été d’épouser la fille du Commandeur », ressemble à s’y méprendre à l’ancien maire PCF d’Aubervilliers, Pascal Beaudet. Le Commandeur pourrait bien être le double de Jack Ralite.  » (source)

C’est sans doute ce qui m’a poussé à lire avec plus d’intérêt le roman qui s’effiloche un peu en cours de route. On perd de vue l’essentiel : la mort de Rayan, les retrouvailles avec sa famille et d’autres arcs plus intimistes qui auraient été intéressants à être développés. La fin est la plus décevante puisque tout paraît se « résoudre » en quelques pages  : une lettre de Rayan qui ne dit rien, finalement.

L’aspect documentaire a, à mon avis, trop pris le pas sur l’intrigue, ce qui donne un roman qui n’en est plus vraiment un. Il reste le style de Daeninckx que j’aime quand il veut se donner la peine d’écrire les gens et la cité, à la façon de Modiano : les énumérations de rues, l’importance de la géographie. Daeninckx est un vieux banlieusard : il habite le département depuis 65 ans, ça n’est pas rien. C’est un écrivain touché, ému, par ce qui se passe autour de lui. C’est ce qui rend son écriture sensible – et touchante.

Artana ! artana ! est un llivre qui parlera aux séquano-dionysiens, sûrement et aux curieux et curieuses mais qui ne tient pas toutes ses promesses quant à l’intrigue. Un bon documentaire, en fait. Pour les autres, mieux vaut se tourner vers se sautres oeuvres : il y a le choix, une bonne centaine.

Pour finir :

Une vidéo de Daeninckx qui parle des artistes d’Aubervilliers, de la créativité du 93 à Aubervilliers ; il y parle aussi de Norek, ex-flic et écrivain de polars ; on voit à quel point Daeninckx est passionné, ça fait du bien)

Un entretien avec Daeninckx

 

 

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Bones Hillman ( Midnight Oil ) – 1958-2020

C’est le genre d’article que tu n’as pas (jamais ?) envie d’écrire mais tu sens qu’il le faut.  D’ailleurs, c’est bien pour ça que j’ai laissé passer plusieurs jours avant de me décider à le faire. C’est nécessaire.
Je crois que c’est clair, je l’ai dit : Midnight Oil a toujours été un groupe spécial pour moi – j’en ai parlé il y a un peu plus d’un an maintenant . 
Je ne pensais pas que le jour où j’écrirais à nouveau à leur sujet, ce ne serait pas pour évoquer le nouvel album ( collaboratif,The Makarrata Project, tout juste sorti depuis peu) mais pour rendre hommage au bassiste/backing vocal, Bones Hillman décédé soudainement dimanche dernier. Bones Hillman était atteint d’un cancer : tout le monde l’ignorait, même les membres du groupe.  Rob Hirst, le batteur, a confié dans une interview émouvante :  « he was keeping a terrible secret from us » (- l’article n’est plus dispo gratuitement). 

Bon. C’est fait. Je ne sais pas ce que ça me fait. C’est bizarre. Et dans l’atmosphère actuelle, ce n’est pas génial, je dois le dire. Trop de tristesse, trop de haine un peu partout, trop de rancoeur, d’angoisses, d’anxiété.
Trop de.

Voici donc quelques photos et surtout de la musique pour ne pas oublier Bones Hillman. Pour ma part, je garde cette image en tête : celle prise au Grand Rex, en 2019. Une fugitive rencontre, une photo vite fait, un grand sourire, quelques paroles, une signature. Et un concert, bien sûr.

Peter Garrett et Bones Hillman 

Peter Garrett and Bones Hillman of Midnight Oil perform on stage at the Sound Relief Bushfire Benefit Concert on 14 March 2009 in Melbourne, Australia.

 « One country » – le backing vocal

Cette ligne de  basse sur « Truganini »

Ou sur « Feeding frenzy »

Les harmonies vocales sur « Outbreak of love »

Midnight Oil 1988

Portrait of Midnight Oil with Greenpeace ‘Acid Rain’ umbrella in 1988. L-R: Rob Hirst, Peter Garrett, Martin Rotsey, Bones Hillman, Jim Moginie.

Hommage à Bones, en musique et en images fait par des fans :

 

Le Grand Rex – 2019

L’automne en images et en musique – 32

Une graphiste célèbre, cette semaine, avec Paula Scher

Née en 1948 à Washington, Paula Scher étudie à la Tyler School of Art de Philadelphie et débute sa carrière comme directrice artistique chez CBS Records. Elle y réalise principalement des pochettes de disques. Parmi ses travaux les plus marquants : Eric Gale (Ginseng Woman), Boston (Boston),Earl Klugh (One on One), Leonard Bernstein (Poulenc Stravinsky) – mais aussi Springsteen pour le lettrage de Darkness of the edge of town. 

 

 

« C’est en faisant des erreurs que l’on apprend et que l’on se développe.
Il faut être mauvais pour devenir bon. » – Paula Scher

En 1984, elle s’associe à Terry Koppel et fonde Koppel & Scher puis rejoint le célèbre studio graphique Pentagram en 1991. Elle y conçoit identités visuelles, packaging et projets éditoriaux pour des clients prestigieux tels que le New York Times Magazine, l’American Museum of Natural History, le Musée d’art de Brooklyn ou encore la Children’s Television et le Public Theater de New York. Au début des années 80, elle devient l’une des principales figures du style « rétro » qui fait fureur aux Etats-Unis. Privilégiant la typographie, elle n’hésite pas à convoquer, dans ses différentes productions, les langages hérités des courants avant-gardistes qui ont marqué l’histoire de l’art et du graphisme dans la première moitié du XXe siècle. S’inspirant du Constructivisme, du Bauhaus et de De Stijl, elle donne naissance à un style où la rigueur formaliste se mêle à l’iconographie pop. (source) (source)

 

Paula Scher Herbert Matter Swatch

 Paula Scher, Public Theater

Paula Scher Public Theater

Paula Scher Public Theater

Paula Scher, Public Theater

 

 

Des logos :

 

Paula Scher citibank

Paula Scher Windows 8

 

Elle consacre  une grande partie de son temps à un projet artistique qui lui est plus personnel appelé MAPS et qui consiste en la création de cartes géantes non pas dans une démarche d’orientation pour mettre en scène des stéréotypes de notre société ou des représentations comiques des lieux cartographiés.

 

A voir : 

Premières lignes – 9 novembre

Je vais peut-être réussir à bloguer à nouveau régulièrement, mon mal de dos affreux ayant tendance à se calmer (même si je dois faire gaffe et profiter de l’heure de sortie sous peine de crispation musculaire et autres blocages). Voilà pour cette semaine mes premières lignes

« Oural s’accouda aux créneaux de la forteresse, ses avnt-bras tatoués appuyés contre la pierre ocre et rugueuse, chaude de soleil. Le désert s’étalait depuis les remparts jusqu’à l’horizon tremblotant de chaleur. Difficile de s’imaginer qu’il y a encore quinze ans de cela une mosaïque de prés salés et de prairies inondées bordées de roseaux entourait la citadelle. La disparition des mers et des océans, par ricochets climatiques, avait métamorphosé cette région marécageuse en un chaos de roches basses, strié de crevasses, de sable fauve parfois vitrifié en coulures noires, et d’éboulis de terre rouge. »

Voilà un roman dont j’ai beaucoup entendu parler et que j’avais vraiment envie de lire. Le propos est très intéressant. On le comprend dès les premières lignes : les océans et les mers ont disparu suite à la catastrophe climatique. Les terres sont désolées, surchauffées et les pays sont incapables d’accueillir  des millions de réfugiés. C’est plus que du post-apo : c’est très actuel. La dimension fantastique s’installe alors : car les mers reviennent mais sous forme de marées fantômes accompagnées par tous les spectres des animaux marins avides de vengeance qui s’en prennent aux âmes des humains retranchés dans des bastions. Que faire ? Comment se protéger ? Certaines personnes ont développé des pouvoirs psi qui permettent de déployer de repousser ces revenants au moyen de « boucliers ». Considérés comme des êtres à part, ils sont précieux. Oural est l’un de ces exorcistes. Il a même tissé un lien spécial avec un dauphin fantôme.  La vingtaine, il mène une vie de privilégié et veille sur les habitants d’une citadelle comme un prince. Jusqu’au jour où un étrange navire pirate attaque le bastion et l’enlève. Son capitaine, Bengale, se révèle être un nécromancien. Il a un plan: sacrifier des âmes à un étrange Léviathan sous la banquise et rétablir les mers.

De là commence un long voyage et une histoire, celle des membres de l’équipage, mais aussi celle de Bengale et d’Oural à bord de ce Hollandais Volant d’un nouveau genre, mené par un capitaine Nemopost-apo. Mais les références sont nombreuses et l’image qui m’est revenue le plus souvent est celle du vaisseau de Day Jones dans Pirates des Caraïbes, un vaisseau qui, justement, guide les morts (le bateau de Bengale, le Naglfar transporte des âmes emprisonnées dans des cages).

D’ailleurs, le Naglflar est directement emprunté à la mythologie nordique. Il s’agit du « bateau des ongles »  et on retrouve cette notion dans « Mers mortes » –  qui est utilisé durant le Ragnarök (je me souviens qu’on en parle dans la Völuspa ).
Je pourrais encore citer d’autres références ; le Léviathan occuperait une large place (cachalot à la Moby Dick, créature à la Lovecraft ou serpent du Ragnarök comme Jörmungand ). 
A mon avis, tout ceci est très bien utilisé. L’histoire est bien faite, d’ailleurs et l’univers intéressant. On a vraiment envie de s’y plonger même si les créatures-fantômes sont effrayantes. L’aventure qui s’annonce dès les début paraît palpitante. Les deux personnages-clé, Oural et Bengale, sont plutôt bien définis et même si on sent immédiatement où l’autrice veut nous mener (ils vont être attirés l’un par l’autre  en dépit de leurs différences, de leur soi-disant répulsion etc, etc….), on n’a qu’une envie : savoir ce qui va se passer durant leur périple.
Sauf que….
(Et là déception.)
Le rythme retombe vite. Les récits des différents personnages qui viennent entrecouper l’action sont trop longs, bizarrement placés et franchement, mal agencés. Parfois, je me suis posée la question :  » A quoi servent-ils ? Pour le contexte ? Pour raconter le monde tel qu’il est devenu ?« . Le problème, c’est qu’il s’agit de monologues, et longs. Et, je vais le dire : ennuyeux. On en rajoute dans la souffrance humaine, dans la violence, dans la misère. Une fois, je veux bien, mais c’est encore et toujours les mêmes horreurs répétées à chaque récit.
Ensuite…
Les personnages :
ce n’est pas la première fois que je pointe le même point faible chez des romans Scrinéo, comme par hasard (j’ai eu  le même souci avec Rouille). Au départ, le roman a tout ce qu’il faut : l’histoire, l’univers. Le style est passable ou moyen. Mais les personnages ! A un moment, ce serait judicieux de donner de la cohérence dans leurs comportements, leurs actions. A un moment, il serait intéressant d’injecter un peu de maturité aux récits Young Adult et fantasy. Ce n’est pas parce que ce sont des romans qui s’adressent à un public plus jeune, qui mettent en avant des personnages plus jeunes qu’il faut bâcler l’écriture et la construction psychologique. Ici, le capitaine Bengale est censé avoir la trentaine, Oural la vingtaine, pourtant,  ils ont des attitudes immatures. On voit mal comment leur histoire d’amour peut évoluer aussi vite (le roman est malheureusement trop court pour bien développer une intrigue aussi riche).
Je ne parle pas du fait que le plus âgé ( Bengale) frappe le plus jeune (Oural) et que cela semble déclencher la fameuse attirance — je ne fais plus de commentaires, à ce stade. 😤🥴
J’ai failli refermer le livre lors de ce passage, d’ailleurs.

A un moment, en fantasy, en YA, il faut se poser les bonnes questions. Et quand on écrit des romances, aussi.

J’aurais aimé apprécier complètement cette histoire qui partait très bien — et dont j’ai adoré la fin, d’ailleurs. J’aurais aimé croire à ce lien entre Bengale et Oural. J’aurais aimé que les personnages aient une véritable épaisseur, que l’intrigue ne retombe pas comme des oeufs en neige mal battus. J’aurais aimé que tout le roman soit mieux développé.
Dommage.

Je le mets dans le challenge de l’Imaginaire.

 

Résumé : Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

 

Mers mortes par Wellenstein

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Une série américaine à suspense

 

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Ces derniers jours, je crois que nous avons eu droit à la série à suspense la plus incroyable ( ces scénaristes, quand même, ils ont exagéré ! quelle lenteur pour ce dénouement 😉). 

Tous les regards étaient fixés sur les USA, et pour cause : on n’en peut plus de Trump, et ceci, même quand on habite en Europe.
Après, on ne va pas se mentir : même avec le départ du type aux cheveux oranges, tous les problèmes ne vont pas se régler, malheureusement. Et faire partir Trump, ce n’est ni dégager ce qu’on appelle le trumpisme, ni se débarrasser de tous les incompétents (on a notre lot ici, merci bien☹️) –  sans parler de tous les dictateurs du monde. Mais ça soulage.

Ce n’est pas non plus en finir avec une situation particulièrement anxiogène :  Covid 19 et tout ce qui va avec ; attentats ; guerres par-ci par-là sans parler de l’urgence climatique ( j’entends encore ce crétin de Trump crier « fake news », à ce sujet).

Quelques illustrations du très talentueux Michael de Adder 

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Le livre de John Lithgow aux succulents poèmes :

 

 

L’automne en images et en musique – 31

Maggie Wandevalle est une dessinatrice/peintre américaine qui utilise surtout l’aquarelle. Vous pouvez la retrouver sur :
FB 
Instagram 
Son site

Des cartes de voeux sont disponibles sur Etsy. 

 

Carte de voeux Bearing Bunnies par Maggie Vandewalle 5 image 0

 

 

 

Carte de vœux Shroom Queen par Maggie Vandewalle 5 x image 0

 

Watercolor Print Moondance de Maggie Vandewalle. 8 x 10 image 0

 

Aquarelle Print A Wee Bit Miffed de Maggie Vandewalle. image 0

 

 

Carte de voeux après la parade par Maggie Vandewalle 5 image 0

 

Carte de voeux The Vanguard de Maggie Vandewalle 5 x image 0

La Belgariade – T. 1 – David et Leigh Eddings

J’avais déjà lu des romans de David Eddings il y a bien longtemps ; sans me tromper, je suis quasiment sûre qu’il s’agissait de la trilogie des joyaux. Je n’en garde pas de souvenir particulier ( ni en bien, ni en mal ). Par contre, je n’avais jamais lu ce classique de la fantasy qu’est la Belgariade. L’opération Masse Critique m’a permis de remédier à cela. Me voilà donc avec  « Le pion blanc des présages« , le premier des cinq tomes. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée : il y a de l’aventure, de l’humour, des péripéties, une prophétie, des dieux, un artefact magique, des sorciers, un élu, des personnages à la longévité exceptionnelle, une guerre en perspective. Tiens, tiens, cela me rappelle assez le Seigneur des Anneaux. Le début, particulièrement, avec une création du monde très tolkienesque.
Par la suite, l’histoire reste assez classique ( mais ce n’est pas un reproche, les formules éprouvées sont souvent les plus efficaces ) . On se déplace pas mal (vive les cartes), on rencontre d’autres personnages et peu à peu, on voit que le jeune homme promis à un destin prestigieux, Garion, est, pour l’instant, un benêt. Il continue à ne rien comprendre alors qu’il a tous les éléments en main. C’est sympa mais à la longue, cela peut être un peu lassant (ce running gag, il court, il court). 

Les dialogues sont bien fichus et plutôt amusants (je ne me suis pas non plus écroulée de rire, j’ai vu mieux, quand même). Les personnages sont également bien définis et leurs caractères se dessinent très vite. On en a besoin car ils sont assez nombreux mais on ne s’y perd pas pour autant. Le rythme est soutenu. C’est difficile de s’endormir sur le livre. J’ai très vite eu envie de savoir ce qui se passait ensuite.
Pourtant, peut-être parce que la Belgariade reste de la fantasy terriblement convenue, classique, qu’il y a eu tellement de romans plus originaux depuis sa création (les années 80), je n’ai pas non plus été emballée. Peut-être l’aurais-je été beaucoup plus si j’avais lu la série à sa sortie, c’est certain. En refermant le livre, je me suis dit que cela me plairait d’aller emprunter un jour les autres tomes à la bibliothèque, un jour, mais je ne suis pas pressée. Et je ne vois pas l’intérêt d’avoir la série chez moi non plus. C’est sympa, ça se lit bien. Mais on on touche les limites de la high fantasy, à mon sens. Malgré l’humour, ça reste manichéen. Et surtout, j’ai eu cette impression de déjà-lu sans ce petit quelque chose en plus (après, pour être franche, je préfère lire 10 fois la Belgariade que le Sorceleur/Witcher, particulièrement indigeste, à mon goût, mais ça c’est une autre histoire😉).
En gros, si vous aimez le Seigneur des Anneaux, ou La Roue du Temps  ça devrait passer, à mon avis.

 

La Belgariade, tome 1 : Le pion blanc des présages par Eddings

Résumé : Et les dieux créèrent l’homme, et chaque dieu choisit son peuple. Mais Torak, le dieu jaloux, vola l’Orbe d’Aldur, le joyau vivant; façonné par l’aîné des dieux, et ce fut la guerre. Le félon fut châtié; à Cthol Mishrak, la Cité de la Nuit, il dort toujours d’un long sommeil hanté par la souffrance. Le fleuve des siècles a passé sur les royaumes du Ponant. Les livres des présages sont formels : Torak va s’éveiller. Et justement l’Orbe disparaît pour la seconde fois. Que le maudit la trouve à son réveil et il établira son empire sur toutes choses. Belgarath le sorcier parviendra-t-il à conjurer le sort ? Dans cette partie d’échecs cosmique, il a réussi à préserver une pièce maîtresse : le dernier descendant des Gardiens de l’Orbe, désigné par les présages, mais qui n’est encore qu’un petit garçon. Un simple pion, et si vulnérable…