Premières lignes – 9 novembre

Je vais peut-être réussir à bloguer à nouveau régulièrement, mon mal de dos affreux ayant tendance à se calmer (même si je dois faire gaffe et profiter de l’heure de sortie sous peine de crispation musculaire et autres blocages). Voilà pour cette semaine mes premières lignes

« Oural s’accouda aux créneaux de la forteresse, ses avnt-bras tatoués appuyés contre la pierre ocre et rugueuse, chaude de soleil. Le désert s’étalait depuis les remparts jusqu’à l’horizon tremblotant de chaleur. Difficile de s’imaginer qu’il y a encore quinze ans de cela une mosaïque de prés salés et de prairies inondées bordées de roseaux entourait la citadelle. La disparition des mers et des océans, par ricochets climatiques, avait métamorphosé cette région marécageuse en un chaos de roches basses, strié de crevasses, de sable fauve parfois vitrifié en coulures noires, et d’éboulis de terre rouge. »

Voilà un roman dont j’ai beaucoup entendu parler et que j’avais vraiment envie de lire. Le propos est très intéressant. On le comprend dès les premières lignes : les océans et les mers ont disparu suite à la catastrophe climatique. Les terres sont désolées, surchauffées et les pays sont incapables d’accueillir  des millions de réfugiés. C’est plus que du post-apo : c’est très actuel. La dimension fantastique s’installe alors : car les mers reviennent mais sous forme de marées fantômes accompagnées par tous les spectres des animaux marins avides de vengeance qui s’en prennent aux âmes des humains retranchés dans des bastions. Que faire ? Comment se protéger ? Certaines personnes ont développé des pouvoirs psi qui permettent de déployer de repousser ces revenants au moyen de « boucliers ». Considérés comme des êtres à part, ils sont précieux. Oural est l’un de ces exorcistes. Il a même tissé un lien spécial avec un dauphin fantôme.  La vingtaine, il mène une vie de privilégié et veille sur les habitants d’une citadelle comme un prince. Jusqu’au jour où un étrange navire pirate attaque le bastion et l’enlève. Son capitaine, Bengale, se révèle être un nécromancien. Il a un plan: sacrifier des âmes à un étrange Léviathan sous la banquise et rétablir les mers.

De là commence un long voyage et une histoire, celle des membres de l’équipage, mais aussi celle de Bengale et d’Oural à bord de ce Hollandais Volant d’un nouveau genre, mené par un capitaine Nemopost-apo. Mais les références sont nombreuses et l’image qui m’est revenue le plus souvent est celle du vaisseau de Day Jones dans Pirates des Caraïbes, un vaisseau qui, justement, guide les morts (le bateau de Bengale, le Naglfar transporte des âmes emprisonnées dans des cages).

D’ailleurs, le Naglflar est directement emprunté à la mythologie nordique. Il s’agit du « bateau des ongles »  et on retrouve cette notion dans « Mers mortes » –  qui est utilisé durant le Ragnarök (je me souviens qu’on en parle dans la Völuspa ).
Je pourrais encore citer d’autres références ; le Léviathan occuperait une large place (cachalot à la Moby Dick, créature à la Lovecraft ou serpent du Ragnarök comme Jörmungand ). 
A mon avis, tout ceci est très bien utilisé. L’histoire est bien faite, d’ailleurs et l’univers intéressant. On a vraiment envie de s’y plonger même si les créatures-fantômes sont effrayantes. L’aventure qui s’annonce dès les début paraît palpitante. Les deux personnages-clé, Oural et Bengale, sont plutôt bien définis et même si on sent immédiatement où l’autrice veut nous mener (ils vont être attirés l’un par l’autre  en dépit de leurs différences, de leur soi-disant répulsion etc, etc….), on n’a qu’une envie : savoir ce qui va se passer durant leur périple.
Sauf que….
(Et là déception.)
Le rythme retombe vite. Les récits des différents personnages qui viennent entrecouper l’action sont trop longs, bizarrement placés et franchement, mal agencés. Parfois, je me suis posée la question :  » A quoi servent-ils ? Pour le contexte ? Pour raconter le monde tel qu’il est devenu ?« . Le problème, c’est qu’il s’agit de monologues, et longs. Et, je vais le dire : ennuyeux. On en rajoute dans la souffrance humaine, dans la violence, dans la misère. Une fois, je veux bien, mais c’est encore et toujours les mêmes horreurs répétées à chaque récit.
Ensuite…
Les personnages :
ce n’est pas la première fois que je pointe le même point faible chez des romans Scrinéo, comme par hasard (j’ai eu  le même souci avec Rouille). Au départ, le roman a tout ce qu’il faut : l’histoire, l’univers. Le style est passable ou moyen. Mais les personnages ! A un moment, ce serait judicieux de donner de la cohérence dans leurs comportements, leurs actions. A un moment, il serait intéressant d’injecter un peu de maturité aux récits Young Adult et fantasy. Ce n’est pas parce que ce sont des romans qui s’adressent à un public plus jeune, qui mettent en avant des personnages plus jeunes qu’il faut bâcler l’écriture et la construction psychologique. Ici, le capitaine Bengale est censé avoir la trentaine, Oural la vingtaine, pourtant,  ils ont des attitudes immatures. On voit mal comment leur histoire d’amour peut évoluer aussi vite (le roman est malheureusement trop court pour bien développer une intrigue aussi riche).
Je ne parle pas du fait que le plus âgé ( Bengale) frappe le plus jeune (Oural) et que cela semble déclencher la fameuse attirance — je ne fais plus de commentaires, à ce stade. 😤🥴
J’ai failli refermer le livre lors de ce passage, d’ailleurs.

A un moment, en fantasy, en YA, il faut se poser les bonnes questions. Et quand on écrit des romances, aussi.

J’aurais aimé apprécier complètement cette histoire qui partait très bien — et dont j’ai adoré la fin, d’ailleurs. J’aurais aimé croire à ce lien entre Bengale et Oural. J’aurais aimé que les personnages aient une véritable épaisseur, que l’intrigue ne retombe pas comme des oeufs en neige mal battus. J’aurais aimé que tout le roman soit mieux développé.
Dommage.

Je le mets dans le challenge de l’Imaginaire.

 

Résumé : Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

 

Mers mortes par Wellenstein

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2 réflexions sur “Premières lignes – 9 novembre

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