Premières lignes – 25 novembre

Quoi, moi, en retard ? Mais non, presque pas 😉

Voici mes premières lignes 

« Tour de Londres – mars 1554

Des courants d’air froid entraient par les fenêtres cruciformes de la tour Bell et les feux ne parvenaient guère à les combattre. la salle était éclairée par un soleil blafard qui seul filtrait à travers  les alcôves et par l’éclat tremblant des cheminées, qui baignaient les murs de pierre et le pauvre mobilier d’un désespoir grisâtre. Des lieux sans joie, mais la tour de Londres n’était pas conçue pour la joie. « 

Après avoir été un peu déçue par les aventures de Lady Trent (un schéma bien répétitif et une intrigue qui tire en longueur sans beaucoup de rythme malgré le thème des dragons), j’ai décidé de me lancer dans cet autre roman de Marie Brennan, Minuit jamais ne vienne, premier tome de La cour d’Onyx….et j’ai eu raison. Déjà, il y a la base historique, solide : l’action se déroule sous le règne d’Elisabeth 1ère ( la fille de Henry VIII d’Angleterre). C’est une période que j’affectionne et sur laquelle je me suis déjà bien renseignée. Pas de surprises, donc.
L’autre facette, c’est cette double cour, celle des faes (ah, le royaume de Faëry !), menée d’une main de fer par la reine Invidiana, la terrible reine fée qui a passé un pacte avec la reine humaine, Elisabeth. Le roman de Marie Brennan regorge de références au folklore  magique et aux créatures fantastiques. On y retrouve les brownies, les kelpies  mais aussi des créatures des eaux (et là, c’est un bonheur d’avoir lu Harry Potter et les animaux fantastiques, par ex). Le Père Tamise fait également son apparition, ce qui m’a fait penser à la Mère Tamise dans Les rivières de Londres de Ben Aaronovitch, un bon roman ado de fantasy urbaine où les créatures magiques côtoient les humains. Une fois de plus, la Chasse sauvage fait son apparition ( on ne compte plus les romans, les séries ou les jeux vidéos qui y font référence).
Tous ces éléments trouvent leur place dans l’histoire, étoffant l’intrigue de manière brillante sans la surcharger ni paraître inutiles.
Une autre élément, et non des moindres, à ajouter : la reine Invidiana tire son prénom de « invidia« , l’envie, une déesse romaine de l’envie et de la jalousie (invidere, en latin) qui devient plus tard l’un des sept péchés capitaux. Les révélations qui sont faites au sujet du personnage de la reine des faes prennent encore plus de sens – mais je n’en dirais pas plus sous peine de dévoiler une bonne partie de l’intrigue.  Le changement de son prénom lors de son accession au pouvoir, avec les autres conséquences liées au choix qu’elle a fait,  paraît également très logique (de :  suspiria :  le soupir, la respiration —  à invidia — l’envie).
Une intrigue qui est bien déroulée, d’ailleurs, sans baisse de rythme. La narration est parfois complexe : souvenirs de certains personnages et retours en arrière, il est plus prudent de bien faire attention aux dates qui sont données. Mais, en général, on ne s’y perd pas.
Les personnages, qu’il s’agisse des principaux ou des secondaires, sont suffisamment étoffés. Le roman se lit donc bien et est plus agréable que Lady Trent, à mon goût, avec des passages joliment poétiques.
Enfin, le titre fait référence au Faust de Christopher Marlowe, le contemporain de Shakespeare, espion, homosexuel, et hérétique, dont la mort est entourée de mystère. le personnage a souvent inspiré les auteurs ( on le voit apparaître par ex. dans le second tome  de Deborah Harkness : L’école de la nuit).

Les vers de Marlowe : 

 » Ô Faust !

Maintenant tu as à peine une heure à vivre sur terre,

Et après cette heure, tu seras damné peur toujours.

Arrêtez-vous, ô vous, sphères du ciel toujours mouvantes,

Oh ! que le temps cesse, et que minuit ne vienne jamais ! »
(monologue )

Un roman qui se lit donc comme une enquête, ou comme pour la reconstitution historique, ou pour le côté surnaturel — ou pour tout cela à la fois. Pour les personnes aussi qui ont aimé le Roi-Corbeau de Susanna Clarke dans Jonathan Strange et Mr.Norrell. (il y a des parallèles à faire avec les fées de Clarke et celles de Brennan).

Pour ma part, j’ai très envie de lire le suivant.
(il faut juste ignorer la mocheté de la couverture qui n’est vraiment pas une réussite).

La cour d'Onyx, tome 1 : Minuit jamais ne vienne par Brennan

Résumé :

« Fin du XVIe siècle, l’Angleterre prospère sous le règne d’Élizabeth, première du nom et dernière monarque de la lignée des Tudor. Sous Londres s’étend le palais tentaculaire d’Invidiana, la reine des fae, qu’elle gouverne en maîtresse inflexible. Son pouvoir est le reflet ténébreux de la gloire éclatante dont s’entoure la dernière des monarques Tudor. Dans ce palais d’Onyx, les fae n’ont pas à craindre le fer et la foi chrétienne que les mortels utilisent contre eux pour se protéger de leurs méfaits. Depuis trente ans, les affaires des deux cours sont toutefois étroitement liées. Un pacte mystérieux, tragique peut-être, unit les deux souveraines. Car si, chez les mortels, rois et amours sont éphémères, les fae les jalousent pour les passions qui animent leur vie. Un courtisan humain et une fae en disgrâce découvrent peu à peu les alliances et les trahisons qui gangrènent les deux trônes. Ensemble, ils ont une chance de révéler la source du pouvoir d’Invidiana et, peut-être, de rétablir un peu de justice, d’harmonie et de confiance dans une société de haine et de violence. « 

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