Premières lignes – 1er décembre

Premières lignes de ….décembre

« Je me mis à collectionner les lettres de suicide de ma soeur Eunice à l’âge de sept ans. je n’en ai jeté aucune, je les garde dans un pince-notes noir rangé dans le tiroir du bas de mon bureau. A part ça, on ne m’a pas permis d’emporter grand chose. Je les ai souvent relues ces derniers mois, en quête de réconfort, de sagesse, ou simplement d’une confirmation que j’avais fait le bon choix, pour nous tous. « 

Voilà l’exemple parfait de premières lignes importantes qu’il est bon de relire une fois qu’on a fini le roman en entier….
 Une Cosmologie de monstres est un roman particulier : angoissant, mais sans gore ou sans monstres  à la Lovecraft, même si la référence est présente tout du long — et bien gérée, d’ailleurs. Donc : pas d’horreur, pas de cris ni de hurlements. On n’est pas chez Stephen King ou chez Dan Simmons.
Avec ce roman, on retrouve la notion du fantastique : des touches d’irréel, une ambiance anxiogène, l’impensable qui intervient peu à peu dans le réel. Puis à un moment, tout bascule… Cela se fait en crescendo, de façon assez efficace.
La narration est aussi bien menée et permet de suivre l’histoire de la famille Turner avec, durant les premières parties, une certaine distanciation qui entraîne un sentiment de froideur ( pas de bol pour les gens qui aiment  à s’attacher aux personnages ). Par la suite, le récit se fait de plus en plus intimiste, adoptant le point de vue de Noah, le dernier de la famille, ce qui permet de créer l’illusion d’un « lien » — et surtout, ce qui permet à l’auteur de brouiller les pistes et d’orienter le lecteur à sa guise. Un procédé littéraire assez facile mais l’écriture est plus efficace qu’elle n’est subtile, ici : ce n’est pas un reproche puisque cela fonctionne. On a, en effet, envie de savoir et de s’attendrir, de prendre parti pour l’Ami de Noah ( = le monstre « gentil »).
Car, des monstres, on en croise : ils ne sont pas toujours ceux qu’on pense ( les Autres, ceux qui pourraient être issus de l’univers lovecraftien ), ils sont également bien humains ou appartenant à la vie des humains. Et cela peut être,  en vrac : l’influence d’une secte religieuse qui empêche Brin d’aimer Eunice, la soeur de Noah ; la dépression sévère dont souffre Eunice depuis son plus jeune âge ; la schizophrénie de la mère de Harry ; la tumeur dont meurt Harry, le père des enfants Turner, etc, etc….)
Là non plus, le thème n’est pas neuf mais il s’inscrit bien dans cette Cosmologie de monstres.
Finalement, le roman devient plus habile qu’on ne ne pense, au fil des pages et est bien plus qu’une simple histoire de maisons hantées et de monstres à gogo. C’est  surtout un regard parfois maladroit mais toujours touchant, justement, sur  les hauts et les bas des membres de la famille Turner (  par ex : homosexualité non-avouée puis vécue et assumée ; prédation sexuelle ; conformisme de l’âge adulte qui ne se trouve plus en adéquation avec les idéaux de l’enfance ; envie de vivre, tout simplement, de se trouver).  Sur la vie humaine, donc.

(Je comprends mieux la phrase de Stephen King sur le bandeau : « Un roman d’horreur signé John Irving ». C’est bien trouvé).

Une cosmologie de monstres par Hamill

Résumé :   La Famille Turner, de Vandergriff (Texas), se tient sur le seuil d’un monde terrifiant dominé par une cosmologie de monstres. Est-ce le leur ou est-ce le nôtre ?
« Dans Une Cosmologie de monstres, Shaun Hamill allie brillamment les univers angoissants de H.P. Lovecraft avec l’histoire contemporaine d’une famille menacée de destruction par des forces surnaturelles. Il réussit son coup, parce que ces braves gens pourraient être nos voisins. L’horreur ne fonctionne que lorsque nous nous attachons aux personnes concernées  ; nous nous attachons aux Turner, et leurs cauchemars deviennent les nôtres. La prose de Hamill est sobre, tout simplement belle. Voilà à quoi ressemblerait un roman d’horreur signé John Irving. J’ai adoré ce livre, et je pense qu’il vous plaira aussi. » Stephen King

 

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