Premières lignes — 16 mars

 Premières lignes ( toujours en retard en ce moment)

« Madame Rachel Lynde habitait à l’endroit précis où la route principale d’Avonlea plongeait dans un petit vallon planté d’aulnes et de fuchsias, et traversé d’un ruisseau qui prenait sa source dans les bosquets de la vieille propriété des Cuthbert ; il était connu pour ses méandres impétueux au début de sa course à travers bois, et ses sombres secrets de trous d’eau et de cascades ; mais une fois arrivé au vallon des Lynde, ce n’était plus qu’un ruisselet  paisible et discipliné, car même un cours d’eau n’aurait pu passer devant la porte de Madame Rachel Lynde sans égard pour la bienséance et les bonnes manières ; sans doute avait-il conscience qu’elle était là, assise derrière sa fenêtre, l’oeil attentif à tout ce qui défilait, enfants et ruisseaux, et que si elle remarquait la moindre chose étrange ou déplacée, elle ne trouverait pas le repos avant d’avoir découvert le pourquoi et le comment »

Bizarrement, je n’avais jamais lu « Anne de Green Gables «  (aussi appelé « La maison aux pignons verts » dans une ancienne traduction en français ). Il m’a fallu la série ( les trois saisons complètement avalées tant elles sont addictives) et surtout cette très belle édition ( chez Monsieur Toussaint Louverture ) et nouvelle traduction pour que je m’y plonge. Et je n’ai pas été déçue. Bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher de faire des parallèles avec la série que je venais de voir peu de temps auparavant ( un des problèmes quand on fait la manoeuvre « voir l’adaptation puis lire le livre », l’inverse posant d’autres soucis 😉  ). Par contre, j’ai réellement apprécié le style de Lucy Maud Montgomery, plein de poésie et de descriptions sans doute un brin surannées mais qui collent tout à fait avec l’ambiance et le contexte du roman. Les personnages sont excellents, également. Au passage, le casting de «  Anne with an E » respecte assez bien les différents caractères — sauf pour ceux et celles qui sont de pures inventions. C’est sans doute le seul reproche que j’avais fait à l’adaptation : de donner un ton XXIème siècle carrément improbable pour une histoire qui se déroulait fin XIXème en Nouvelle Ecosse ( le roman a été publié en 1908). Je veux bien que des libertés soient prises, qu’Anne ait un es prit ouvert pour son temps puisqu’elle est décrite comme étant particulièrement originale et imaginative mais je ne crois pas une minute que toute une petite communauté adopte ses idées, ni ses amies. Disons que les discours sur, au hasard,  le consentement, la place de la femme, l’homosexualité, et j’en passe, tels qu’ils sont traités — et avec les mots utilisés — relèvent purement de notre époque même si les problématiques existaient. Les scènes de la série en deviennent parfois très étranges, mais peu crédibles et cela reste mon seul reproche.
C’est en cela que le roman sonne évidemment plus juste : il a le ton de son époque non sans évoquer avec discrétion certaines questions — mais certainement pas les mêmes. Il reste néanmoins très agréable à lire. Je serais ravie de lire la suite qui vient d’être publiée chez le même éditeur sous le titre « Anne d’Avonlea ». 

 

Anne de Green Gables par Montgomery

Résumé : Nouvelle traduction de « Anne, la maison aux pignons verts ».
Cheveux désespérément roux, visage constellé de taches de rousseur, Anne Shirley est une petite fille curieuse, pleine d’énergie, souvent perdue dans ses pensées, parfois d’une gravité solennelle, sans aucun doute intemporelle. Difficile de résister à ce petit bout d’humanité de onze ans parfaitement imparfaite, héroïne d’une série de romans qui a su conquérir des millions de lecteurs à travers le monde, Anne de Green Gables, écrit par Lucy Maud Montgomery, et dont le premier tome parut en 1908. Orpheline à l’esprit vif, à l’imagination sans bornes et qui adore employer de « grands mots », Anne se retrouve par erreur chez Marilla et Matthew Cuthbert qui attendaient un garçon pour les aider à la ferme. Féministe involontaire, romantique impénitente, elle est impulsive, dramatique, maligne, drôle, et telle une authentique naïve, elle va bousculer le calme et la monotonie de la vie à Green Gables, en semant partout joies et rêveries, en dénichant la beauté dans les moindres recoins, en ne s’exprimant qu’en points d’exclamation, même dans « les affres du désespoir ». Parce que l’existence d’Anne a aussi une face sombre, hantée par la mort de ses parents et les abandons, qui lui donne son énergie folle, parfois hallucinée, et qui rend son idéalisme et son indignation si poignants et si convaincants. Si le regard d’Anne transcende le monde sur lequel il se pose, Anne de Green Gables, c’est la transformation magique, presque mystique, que seul l’amour peut opérer sur les hommes et les femmes. C’est l’histoire d’une petite fille qui parvient à se faire aimer de tous (Josie Pye exceptée), et de nous les premiers.

 

 

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