Premières lignes — 31 mai

Premières lignes

« En France, et à vrai dire, un peu partout en Occident, voire dans le monde, on aime les séries britanniques; bien sûr, nous regardons surtout des séries américaines parce qu’elles sont plus les nombreuses, les plus en en vue, parce que certaines sont très novatrices. Mais nous aimons les séries britanniques. Nous les aimons parce qu’elles sont souvent réussies, bien produites, et très bien interprétées, tout particulièrement les séries historiques. « 

L'Angleterre en série par Deroide

L’Angleterre en séries est un petit livre attractif (les illustrations sympas) qui aborde trois séries anglaises : The Crown, Dowtown Abbey et Peaky Blinders et prétend les décortiquer pour analyser les XXème siècle au travers de leurs épisodes. Cela m’a paru intéressant, de prime abord. C’est bien pour cette raison que je l’ai emprunté à la bibliothèque, ayant regardé les 3 séries. Enfin, j’en suis à la fin de la saison 4 pour the Crown (mon enthousiasme a sérieusement diminué, j’avoue) ; j’ai vu et revu Downtown Abbey car, même si la série comporte de nombreux défauts, dont une terrible indulgence envers l’aristocratie très peu crédible, la série reste bien écrite et bien interprétée ; et je visionne lentement Peaky Blinders en ce moment (je dois en être à la saison 4).

Découpé en quatre grandes parties (personnages historiques ; la représentation des moments-clés du XXe siècle ; groupes sociaux et communautés en Angleterre ; la British touch ), le livre est aussi truffé d’anecdotes historiques et également de « secrets » de tournage (qui sont souvent bien connus, mais ce n’est pas très grave). La présentation est claire, aérée, bien illustrée. Tout est fait pour que le sujet soit attractif…
Mais au final, il y a un hic. Car non seulement on n’apprend rien, mais à part énumérer quelques informations historiques que l’on peut retrouver n’importe où (à peu près dignes de la wikipedia), cet ouvrage n’apporte vraiment rien. C’est assez triste quand on lit que l’auteur est agrégé d’Histoire et enseignant…
Un livre assez inutile au final. Dommage.

Résumé éditeur :

Les trois séries so British préférées des Français enfin décryptées ! En France, on aime les séries anglaises parce que l’histoire des Britanniques au XXe siècle, au fond, c’est aussi la nôtre : deux guerres mondiales, une industrie florissante, l’émancipation des femmes… Et quoi de mieux que d’analyser ce siècle riche en événements grâce à trois séries désormais cultes, qui se démarquent par leur succès international, leur production irréprochable, et leur charme incontestable ? Vous aurez bien sûr reconnu les maîtres et valets de Downton Abbey, les gangsters de Peaky Blinders, et les royals de The Crown ! Dans cet ouvrage richement illustré, retrouvez vos personnages préférés des familles Crawley, Shelby et Windsor, et plongez avec eux au coeur d’une époque inoubliable, où les majestueuses tenues du tea time se mêlent à la rigueur de l’étiquette de la famille royale et aux fumées des usines de Birmingham.

Ioanis Deroide
Boris Zaïon (Illustrateur)EAN : 9782412052983
160 pages
Éditeur : FIRST (27/02/2020)

Premières lignes – 24 mai

Premières lignes, cette semaine : on va au Nord (et on remonte le temps) :

Il ne s’agit pas d’un roman mais d’un essai, signé Jóhanna Katrín Friðriksdóttir, paru aux éditions Autrement qui tente d’explorer la place de la femme dans la société viking via les récentes découvertes archéologiques ainsi qu’au travers de l’étude des textes (sagas, edda).

L’ouvrage croise les sources et donne des éclairages intéressants mais ne cesse, d’ailleurs, de faire des allers et retours entre les fouilles archéologiques et les références aux sagas (avec un bémol pour les répétitions, trop nombreuses, des mêmes sagas : quand on les connaît un minimum, ça lasse et surtout, ça n’apporte pas grand chose).
La vie des femmes vikings est découpée selon les différents âges de manière chronologique : enfance, adolescence, mariage, maternité, … avec des petits ajouts passionnants sur les fameuses valkyries (en introduction, par ex.).
L’autrice parle aussi des femmes qui auraient tenu des rôles de combattantes et prend du recul avec ce qu’on peut voir en ce moment dans certaines séries (bonjour Vikings !). Certes, il est probable que quelques femmes aient combattu mais, à l’heure actuelle, rien ne permet d’affirmer que de nombreuses femmes étaient des guerrières.
De même, il semble que les femmes ayant détenu du pouvoir, reines ou autres, aient pu le faire car elles étaient : nobles et mariées. Même si le sort des femmes vikings pouvait être plus enviable que celui d’une grande partie des autres femmes de cette époque (et c’est vaste), cela ne concernait que les femmes libres, particulièrement dans la noblesse. On peut oublier ce qui arrivait au plus grand nombre d’entre elles : esclaves, servantes… comme on peut arrêter de se projeter des fantasmes de notre siècle.
Ce livre permet donc de remettre ces éléments dans leur contexte tout en laissant penser que certaines femmes (libres, donc) ont pu accéder à des postes de décision, de même qu’elles avaient, en général, la direction de leur foyer, commerce, entreprise, d’autant plus quand les hommes partaient en raids.


Un livre intéressant malgré les répétitions et facile à aborder. On en garde forcément une impression de flou et d’incertitude mais cela me semble normal puisqu’une grande partie de la vie des Vikings reste à ce jour peu documentée malgré les découvertes archéologiques. Il reste les sagas pour se laisser embarquer (très sympa à découvrir, surtout qu’il existe pas mal d’éditions bien faites maintenant). Les séries peuvent être sympas mais je pense qu’elles sont très idéalisées.

Les femmes vikings, des femmes puissantes par Friðriksdóttir

Pour aller plus loin :

A ce sujet, j’avais vu l’expo Nous les Vikings, en 2018 à Nantes — et j’ai quelques photos, malgré une luminosité un peu nulle (raison pour laquelle je n’ai jamais fait d’article sur mon blog photos). C’est une expo qui s’est promenée un peu partout et qui est plutôt pas mal. Manque de chance pour moi, il faisait super chaud, avec beaucoup trop de monde et je dois dire que je n’avais pas trop apprécié la visite (comme souvent pour les expos au Château de Nantes, toujours très sombres et mal fichues, sans parler de l’accueil rébarbatif et le manque de réductions, même quand on y a droit… hum... )

Nous, les Vikings - 2018

expo Vikings
expo Vikings
Vikings
Le mythe des casques à cornes
Le mythe des casques à corne
Expo Vikings
expo Vikings
Bijoux vikings

Plus sur les femmes vikings

Les femmes de l’art – 10

Helen Allingham, née Helen Mary Elizabeth Paterson, (1848 – 1926) était une peintre aquarelliste, illustratrice britannique de l’époque victorienne.  Sa grand-mère maternelle, Sarah Smith Herford, et sa tante Laura Herford, étaient toutes deux des artistes accomplies de leur époque. Helen Allingham a étudié l’art pendant trois ans à l’école de dessin de Birmingham (fondée en 1843) puis a suivi des cours à la Female School of Art, et enfin est acceptée Royal Academy School  à Londres, une école prestigieuse où sa tante, Laura Herford avait été la première à être admise.

Off Marketing
Self Portrait 1885

Foxgloves

From the Porch, Aldworth

In the Hayloft
In a Summer Garden

By the Terrace, Brocket Hall
The Fairy Bridges

Tig Bridge
Aldworth
Book page image
Happy England – illustré par Helen Allingham
Book page image
The homes of Tennyson – illustré par Helen Allingham

Premières lignes – 18 mai

Premières lignes

« Une grande et mince jeune fille de seize ans et demi, aux yeux gris sérieux et à la chevelure que ses amis qualifiaient d’auburn, était assise par une belle fin d’après-midi d’août sur le large seuil de grès rouge d’une ferme de l’Ile-du-Prince-Edouard, bien décidée à traduire quelques vers de Virgile.
Mais une après-midi d’août, avec les brumes bleutées voilant les pentes à moissonner, les murmures d’elfes du vent léger dans les peupliers et la splendeur dansante des coquelicots enflammés devant le sombre bosquet de jeunes pins au coin du verger, incitait plus à la rêverie qu’à la pratique des langues mortes. « 

La saga d'Anne, Tome 2 : Anne d'Avonlea par Montgomery

Voilà donc la suite d‘Anne (dont j’ai déjà parlé ), toujours dans la superbe édition de Monsieur Toussaint-Louverture , avec une nouvelle traduction. Et c’est un vrai bonheur.

Cette fois, nous retrouvons Anne un peu plus âgée (16 ans) qui se prépare à enseigner. Elle est restée à Avonlea auprès de Marilla, suite au décès de Matthew ; exactement ce qui n’arrive pas dans la série TV actuelle qui, bien que très sympa et très bien interprétée, se plaît à éviter les drames pour donner dans un feel-good joyeusement anachronique.
Ce tome deux se lit très bien sous la plume enflammée de poésie de Lucy Maud Montgomery qui, parfois, en oublie un peu la trame de l’histoire. D’ailleurs, contrairement au premier tome, l’accent n’est pas réellement posé sur une intrigue mais décrit dans chaque chapitre une anecdote. Les seuls arcs sont : l’histoire des jumeaux que Marilla et Anne vont « adopter », Dora et Davy, avec les bêtises de Davy (un écho à celles d’Anne dans le premier tome, d’ailleurs) ; les péripéties du club d’Embellissement de la ville mené par Anne, Diana et Gilbert (avec un très léger rapprochement entre Anne et Gilbert mais ce n’est vraiment pas une franche romance) ; l’histoire de Mr. Harrison qui se fait passer pour un célibataire — et de son perroquet virulent qui jure comme un charretier (mais, restons calmes, les insultes ne sont pas citées, quel dommage !). La seule histoire d’amour est celle qui va se recréer entre deux anciens amoureux dans un cadre proche de celui d’un conte de fées ; tout à fait propice aux états d’âme d’Anne ! Il y a même un mariage. Tout va bien, donc, mais je dois dire que c’est un peu …plat, évidemment.
Par contre, je trouve l’écriture assez admirable, peut-être encore plus soignée que dans le premier tome. Je crois que je vais guetter la sortie du tome 3 afin de voir où tout cela va nous mener. Pour info, j’ai emprunté ce deuxième tome à ma bibliothèque mais j’ai le premier chez moi tellement l’objet livre est magnifique : reliure, couverture, qualité du papier.

— Quant à la série, j’ai l’impression que, pour l’instant, rien n’avance. Encore une série arrêtée trop tôt ? ce serait bien possible… —

Lucy Maud Montgomery

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Les dossiers de la pop : un rattrapage Armitage

Je ne suis pas exactement ce qu’on pourrait qualifier de « fan de Richard Armitage ». En fait, je ne suis jamais une « très bonne fan ». Je suis des artistes depuis de longues, voire de très longues années, particulièrement des musiciens et aussi quelques acteurs et actrices. Gary Oldman étant ma référence absolue et à part avoir été un très gros/grand coup de coeur pendant longtemps, c’est vraiment quelqu’un que je trouve admirable.

Que puis-je donc dire au sujet du sieur Armitage ? Que j’ai dû le découvrir dans la série Robin Hood qui passait sur une chaîne française ( certainement sur France 4 ) dans les années 2010/2013. Il n’y a pas grand chose à ajouter : jouer un sale type en noir qui devient de plus en plus ambigu et sexy, franchement, qui dit mieux ? (ah, si, on en a un : Hook, dans Once Upon a Time, bien sûr).

A partir de là, on peut parler de « l’effet Hobbit » :
Armitage en Thorin, c’était, et ça l’est toujours en re-visionnant les films, d’ailleurs, un match parfait. Parce que le Thorin de Tolkien n’a vraiment pas grand chose à voir avec ce que Peter Jackson nous montre à l’écran, i.e une bande de nains rock’n’roll qui se baladent en Terre du Milieu pour aller botter des culs. Même si ça se termine mal, l’aventure est belle (et les films le sont tout autant).
Thorin devient un personnage complexe, bien plus que ne le laisse transparaître Tolkien. En même temps, le Hobbit de Jackson a bien changé et n’est plus ce petit conte moral destiné aux enfants. Il s’égare dans les méandres de la psyché et ne se contente plus de brosser le portrait de nains aux bonnets de couleurs sortis droit des légendes. Le Thorin de Tolkien est un être revanchard, qui aime l’or par-dessus tout ( ce vice qui le perdra) et se montre particulièrement grognon. Ceci dit, Armitage en Thorin a marqué les esprits.

Mais depuis le Hobbit, j’avoue que j’ai du mal à trouver un film ou même une série où Richard Armitage est crédible. Berlin Station, peut-être ? Seulement, la série a tendance à tourner en rond et à utiliser les mêmes ficelles au fil des saisons, donc mon intérêt a vite diminué. Je vais passer sur ce film inepte avec une tempête (Black Storm /Into the Storm)😕


Bref, j’en viens à ce qui m’occupe aujourd’hui : mon (gros) rattrapage Armitage via Netflix, avec The Stranger ; Brain on fire ; The Pilgrimage. J’en ressors pour l’instant avec un sentiment assez mitigé.

Je ne vais pas décortiquer les films et séries mais simplement dire ce que j’en ai pensé, assez rapidement. Je ne suis pas certaine que tout soit très bien argumenté dans ce petit fatras mais voilà en vrac un résumé de mon rattrapage :

Je commence par ce qui m’a le moins plu et qui, à mon avis, n’est pas vraiment une réussite (cette litote !) : The Pilgrimage.

 » ça parle de quoi ? » : Dans l’Irlande du XIIIème siècle, un groupe de moines entreprend une mission périlleuse pour livrer une précieuse relique à Rome.  Ils commencent un pèlerinage forcé à travers une île déchirée par des guerres tribales et devenue la proie des envahisseurs normands. Le point de vue adopté est celui d’un jeune novice accompagné par un affranchi muet, suite à un passé sombre. 

Les points forts :
un casting bien fichu : Tom Holland,  Jon Bernthal ( très crédible même sans un mot),  Stanley Weber (le Comte St Germain dans Outlander; et aussi le fils de Jacques Weber, d’ailleurs).
de superbes paysages
un effort pour varier les langues : on passe du gaélique au français (moderne, à l’époque, c’est assez peu crédible, mais bon, on n’aurait pas compris grand chose) et à l’anglais.

Les points faibles :
Mais où sont les femmes ? la réponse est : il n’y en a aucune. Et vraiment, c’est un point qui continue de me troubler…
Trop mais vraiment de tortures et de violence. Insoutenable parfois.
L’intrigue est vite bâclée.
La conclusion, de même.
Pas beaucoup de moyens et ça se voit.
Les personnages ont tendance à être presque tous caricaturaux, à commencer par Raymond De Merville (Richard Armitage).

pilgrimage_still


Au sujet de Richard Armitage, alors ?

On l’entend beaucoup crier en français, de façon assez compréhensible, je confirme. Pour l’anecdote, j’ai même souri en entendant hurler un « bâtard(s) !  » (singulier ou pluriel, je ne me souviens plus), très convaincant. Presque prononcé avec l’accent de nos quartiers.😂 Mais je suis mesquine…
J’ai été assez vite lassée de le voir vociférer. Un peu, ça va, trop, c’est caricatural. (mais le film l’est, de toute façon).
Donc, pas convaincue et assez dégoûtée par ce que j’avais vu sur l’écran.

J’ai persévéré et j’ai donc regardé Brain on fire

« ça parle de quoi? »

Une journaliste du New York Post, Susannah Cahalan (Chloë Grace Moretz), dit commencer à avoir de graves problèmes de santé, comme les convulsions et entendre des voix. Comme les semaines passent, son état se détériore et passe rapidement de la violence à la catatonie. Après de nombreux diagnostics erronés et un hôpital, un médecin donne enfin le diagnostic et l’espoir de reconstruire sa vie.

Le film est basé sur le livre de Susannah Cahalan qui relate sa propre expérience (et donc une maladie peu connue).

Les points forts :
La prestation de Chloe Grace Moretz : c’est simple, on ne voit qu’elle ou presque. Elle est vraiment formidable.
La mise en scène sobre.
Tout est centré autour du personnage principal.
Les explications médicales sont claires et jamais lourdes.

Les points faibles :
A trop vouloir aborder le positif et à ne pas s’appesantir sur les côtés sombres, on a du mal, en tant que spectateur à éprouver de l’empathie parfois et on reste dans le détachement.
Idem pour le parti-pris de rester centré sur le personnage principal : les autres personnages sont assez effacés (les parents, le petit ami) et pas forcément intéressants.
Au sujet de Richard Armitage, alors ?
Je vais me répéter : il crie beaucoup, en père mécontent. A un moment, j’aimerais que la frustration et la méfiance (envers les médecins ou le petit ami — ce cliché… ) s’expriment autrement. 🙄Donc, non, pas convaincue. Heureusement, le film était bien.

Et donc, à ce stade, j’étais un peu fatiguée. Mais je suis tombée sur The Stranger.

En version française, le titre est Intimidation, comme pour le roman d’Harlan Coben, que je n’ai pas lu, Coben n’étant pas ma tasse de thé. D’après les avis des personnes qui connaissent le livre, ce serait l’un des moins bons romans de l’auteur : ouille, ça commence mal, ça. Et puis, on connaît plusieurs adaptations de Coben, en France qui ne sont pas brillantes ( Une chance de trop et Juste un regard, par ex.)

« ça parle de quoi? »
Adam Price (Richard Armitage) mène une vie confortable. Avocat, il a deux fils, et son mariage semble sans faille. Mais son bonheur va voler en éclats lorsque « l’étrangère » (Hannah John-Kamen) lui dévoile un secret choquant au sujet de sa femme, Corinne (Dervla Kirwan). Or, celle-ci disparaît peu après. Et Adam ne va pas être la seule cible de cette femme mystérieuse ; d’autres secrets sont révélés peu à peu.

Richard Armitage et Hannah John-Kamen dans Intimidation, série créée par Danny Brocklehurst, d’après Harlan Coben.

Les points forts :
Simple et efficace : le principe des différents arcs narratifs (et ici, c’est bien mené)
Le casting: Siobhan Finneran, Anthony Head, Jennifer Saunders, Stephen Rea
Des épisodes assez courts (42 mn, c’est bien)
Les personnages sont tous plutôt bien développés.
L’ambiance dans la ville ajoute au suspense.
Les secrets : j’ai bien aimé cette histoire de façon générale mais si elle ne brille pas forcément par l’originalité

photo, Intimidation, Richard Armitage

Les points faibles :
La surenchère : en plus des secrets et la menace de l’Etrangère, on assiste à tout un tas d’histoires parallèles ayant un lien plus ou moins ténu comme : les histoires des adolescents qui sont allés à une soirée ; la drogue ; la tête de l’alpaga coupé (mais non, pauvre alpaga !) Au bout d’un moment, ça en rajoute mais ça n’apporte pas grand chose.
Beaucoup de ficelles sont assez grossières et on peut s’interroger sur la cohérence (j’ai quelques doutes aussi sur la vraisemblance : les enquêtes de police, par ex. 🙄)
Finalement, pour un thriller, j’ai découvert assez vite qui faisait quoi (ce n’est pas très complexe). Et la fin est carrément évidente à mon avis.

Il reste que la série se regarde assez bien et qu’on a hâte de connaître la suite.

Au sujet de Richard Armitage, alors ?
Et bien… Il campe un personnage très juste, convaincant, sans en faire trop (enfin!). J’ai vraiment apprécié ce qu’il a fait avec son personnage. Et non, je n’ai pas été déçue. 😉


J’ai en réserve Space Sweepers, à regarder. un film qui me fait bien envie (coréen et SF, ça me va tout à fait, ça). Le rattrapage n’est donc pas fini.

Premières lignes – 10 mai

Premières lignes avec un choix un peu particulier cette semaine :

 » Tenir comme moi si peu de place dans le monde et vouloir faire le changement le plus considérable qui ait eu lieu encore dans l’ordre social (juin 1883) —

Mes efforts frappent les oreilles humaines aussi inutilement que les vagues de la mer frappent les rochers. Nous nous brisons inutilement, les vagues contre les récifs, moi contre les préjugés —

Il ferait bon de vivre si je n’étais seule ! Mais je me seule partout, seule dans la république, seule dans la vie privée » (1885)

Les phrases en exergue sont celles qui sont tirées des pages journal d’Hubertine Auclert, reconstitué par Nicole Cadène après un travail méticuleux. On connaît mal, peu ou pas, Hubertine Auclert (1848 – 1914). Et ce n’est pas étonnant car son journal a été oublié par l’Histoire ainsi que son travail, comme trop souvent les actes significatifs des femmes. Pourtant, elle fait partie de celles qui se sont battues pour acquérir le droit de vote. Trouvant que les mouvements de son époque ne sont pas avancer les choses, elle fonde la société «Le Droit des femmes » qui devient par la suite « Suffrage des femmes ». et même un journal, « La Citoyenne », pour revendiquer des droits politiques. Quand elle s’établit en Algérie pour quelques années avec son mari, Pierre Antonin Lévrier, elle observe les femmes du pays et note :

« Pour les étrangers, les fonctionnaires, les Israélites, les colons, les trafiquants, l’Arabe, moins considéré que ses moutons, est fait pour être écrasé. Le refouler dans le désert pour s’emparer de ce qu’on ne lui a pas encore pris, tel est le rêve. Les Français algériens, qui ont déclaré que le fanatisme rendait les Arabes incivilisables, s’obstinent à ne rien tenter pour les tirer de l’ignorance, si favorable à l’exploitation et à la domination. »

— Hubertine Auclert, Les femmes arabes en Algérie

Toute sa vie, Hubertine lutte contre les préjugés.

Son journal intime, intitulé ici Journal d’une suffragiste (chez Folio inédit Histoire) a été étudié, traduit et surtout, perdu. Nicole Cadène relate dans une longue et très intéressante introduction le récit de son enquête pour retrouver les pages manquantes et en faire une transcription fidèle.
J’ai lu toute cette partie ainsi que la postface avec beaucoup d’intérêt. Et je vous invite à en faire autant si vous vous intéressez aux femmes engagées. Le journal se lit rapidement.

Hubertine Auclert est enterrée au Père-Lachaise. Il existe à Paris (11ème) une place qui porte son nom.

Journal d'une suffragiste par Auclert

Hubertine Auclert
Nicole Cadene (Autre)EAN : 9782072901546
240 pages
Éditeur : GALLIMARD (18/02/2021) – Folio inédit Histoire


Pour l’anecdote : je cherchais des figures françaises de femmes actives en faveur du droit de vote. Si on trouve facilement des livres sur les suffragettes anglaises –– j’ai parlé de Sylvia Pankhurst il y a peu — j’étais un peu en panne avec les françaises.

Il est vrai que le droit de vote n’a été accordé aux femmes qu’en 1944 en France, le Sénat n’ayant eu de cesse de refuser l’adoption du projet de loi depuis 1919 :

  • 20 mai 1919: vote en faveur d’une proposition de loi pour le suffrage intégral des femmes
  • 21 novembre 1922 : Trois ans et demi après son vote à la Chambre, la proposition est rejetée au Sénat par 156 voix contre 134
  • 7 avril 1925 : la Chambre des députés adopte par 390 voix contre 183 une proposition de loi en faveur du suffrage des femmes lors des élections municipales et cantonales
  • etc….jusqu’en 1944

Et comme la date est un peu symbolique aujourd’hui : 10 mai 2021, j’en profite pour rappeler que le 10 mai 1981 marque l’élection du seul président qui aura nommé une femme premier ministre. Et comme je suis assez âgée pour me souvenir, même vaguement (j’avais 13 ans en 81) de ce qui s’est passé lors de cette élection, je me souviens par contre très bien à quel point Edith Cresson avait été discréditée, non pas parce qu’elle n’était pas compétente mais surtout parce qu’elle était une femme. Le gouvernement de Mme. Cresson comportait en 1991 six femmes ministres. Je dis ça, hein, je dis rien… Pour ces années-là, c’était déjà quelque chose.


Les femmes de l’art – 9

Chidinma Nnoli est une artiste née en 1998 au Nigéria. Elle est diplômée de l’université du Bénin et a exposé principalement au Nigéria. Sa première exposition personnelle a été inaugurée en mars 2021 à Lagos

« Faisant référence à des symboles et à des images tirés du christianisme, son travail tend un miroir à une société profondément religieuse, patriarcale et pleine de préjugés, qui semble vouloir abuser des femmes et les opprimer en permanence. L’œuvre de Chidinma Nnoli nous emmène également plus loin, vers des scènes de compagnonnage et de soutien qui font référence à ses propres expériences personnelles où elle a trouvé réconfort et libération dans une communauté de femmes partageant les mêmes expériences. L’exposition explore l’idée d’une communalité fondée sur des valeurs communes, une communalité qui permet des imaginations nouvelles et diverses de soi et une exploration de l’inconnu. » (source)

Instagram

Interview

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When purple hibiscuses fall Huile, Acrylique et feuille d'or sur toile 96 x 100 cm 2020

Premières lignes – 4 mai

C’est le jour où je devrais plutôt dire « May the 4th be with you » mais je ne vais pas parler de Star Wars pour ces premières lignes :

« C’était le milieu de l’hiver.
Un vent froid soufflait dans la rue, fouettant les maisons et faisant branler les fenêtres. le ciel nocturne était couvert, la température proche de zéro. ‘était l’aube, et le brouhaha en provenance des bars et des boîtes de nuit s’était s’était peu à peu calmé pour n’être qu’un murmure lointain. le seul bruit parvenant jusqu’à nous était le gémissement puissant du vent.

Dans le salon, il faisait bon. Variam était assis sur le canapé. Anne s’occupait de ses blessures, Luna faisait les cent pas à côté de la table et j’étais adossé au mur près de la cheminée, bras croisés et tête baissée. « 

J’ai déjà parlé de la série Alex Verus et de mon coup de coeur pour cette fantasy urbaine qui se déroule à Londres, avec un perso principal devin ( Alex )qui se débat dans des intrigues bien pourries au sein d’un conseil de mages occupés à établir un ordre plus ou moins bancal entre la Lumière et l’Ombre. Mais les « bons » ne le sont jamais vraiment et il n’y est en aucun cas question d’opposition franche entre « méchants » et « gentils » sorciers ( ou « Lumière » contre « Ombre »), ce qui donne le sel de la série de livres qui en compte 6 traduits en français (bientôt 12, je crois, en anglais).

Voici donc le sixième, « Dissimulation » : l’intrigue reprend exactement après les événements du tome précédent (je ne dirais rien mais ce fut mouvementé !). Cette fois, Alex va se retrouver mêlé malgré lui à un imbroglio impliquant une organisation plus que sinistre, un artefact magique que tout le monde recherche ( mages de l’Ombre comme mages de la Lumière). Il y a de l’action, des scènes de combat magique bien écrites et bien sûr, de l’humour. Une fois de plus, Alex Verus s’est engouffré dans les ennuis jusqu’au cou… Quant au Conseil, il est plus corrompu que jamais.

Un plus : pour le développement de la mage de terre, Caldera et l’humour. Un petit moins : pour les autres amis de Verus, laissés en retrait cette fois (Luna, Anne, Variam) et le gros flou autour de son ancien mentor, le sinistre Richard Drakh ( on se demande vraiment comment un type aussi puissant peut rester aussi discret — mais que fait-il donc depuis si longtemps alors qu’on nous annonce son retour ?). Mais ce sont des détails.

Tellement bien qu’une fois la lecture entamée, on n’a plus envie de le lâcher… Et j’attends le 7 avec une certaine impatience. Une série dont on ne parle pas assez, décidément.

Alex Verus, tome 6 : Dissimulation par Jacka

résumé :

Alex Verus ne s’est jamais entendu avec le Conseil qui préside la communauté des magiciens. Mais alors que son ancien mentor est de retour en Angleterre, Alex a désespérément besoin d’alliés. Et il est prêt à tout pour en trouver, même si cela implique accepter une mission pour les Gardiens qui ont la tâche de faire appliquer la Loi magique.

Alex forme une alliance improbable avec Caldera, sa nouvelle partenaire. Mais sa tentative de rentrer dans le rang se révèle dangereuse quand il se retrouve en possession d’un artefact que tout le monde convoite.

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