Rattrapage Armitage

Je ne suis pas exactement ce qu’on pourrait qualifier de « fan de Richard Armitage ». En fait, je ne suis jamais une « très bonne fan ». Je suis des artistes depuis de longues, voire de très longues années, particulièrement des musiciens et aussi quelques acteurs et actrices. Gary Oldman étant ma référence absolue et à part avoir été un très gros/grand coup de coeur pendant longtemps, c’est vraiment quelqu’un que je trouve admirable.

Que puis-je donc dire au sujet du sieur Armitage ? Que j’ai dû le découvrir dans la série Robin Hood qui passait sur une chaîne française ( certainement sur France 4 ) dans les années 2010/2013. Il n’y a pas grand chose à ajouter : jouer un sale type en noir qui devient de plus en plus ambigu et sexy, franchement, qui dit mieux ? (ah, si, on en a un : Hook, dans Once Upon a Time, bien sûr).

A partir de là, on peut parler de « l’effet Hobbit » :
Armitage en Thorin, c’était, et ça l’est toujours en re-visionnant les films, d’ailleurs, un match parfait. Parce que le Thorin de Tolkien n’a vraiment pas grand chose à voir avec ce que Peter Jackson nous montre à l’écran, i.e une bande de nains rock’n’roll qui se baladent en Terre du Milieu pour aller botter des culs. Même si ça se termine mal, l’aventure est belle (et les films le sont tout autant).
Thorin devient un personnage complexe, bien plus que ne le laisse transparaître Tolkien. En même temps, le Hobbit de Jackson a bien changé et n’est plus ce petit conte moral destiné aux enfants. Il s’égare dans les méandres de la psyché et ne se contente plus de brosser le portrait de nains aux bonnets de couleurs sortis droit des légendes. Le Thorin de Tolkien est un être revanchard, qui aime l’or par-dessus tout ( ce vice qui le perdra) et se montre particulièrement grognon. Ceci dit, Armitage en Thorin a marqué les esprits.

Mais depuis le Hobbit, j’avoue que j’ai du mal à trouver un film ou même une série où Richard Armitage est crédible. Berlin Station, peut-être ? Seulement, la série a tendance à tourner en rond et à utiliser les mêmes ficelles au fil des saisons, donc mon intérêt a vite diminué. Je vais passer sur ce film inepte avec une tempête (Black Storm /Into the Storm)😕


Bref, j’en viens à ce qui m’occupe aujourd’hui : mon (gros) rattrapage Armitage via Netflix, avec The Stranger ; Brain on fire ; The Pilgrimage. J’en ressors pour l’instant avec un sentiment assez mitigé.

Je ne vais pas décortiquer les films et séries mais simplement dire ce que j’en ai pensé, assez rapidement. Je ne suis pas certaine que tout soit très bien argumenté dans ce petit fatras mais voilà en vrac un résumé de mon rattrapage :

Je commence par ce qui m’a le moins plu et qui, à mon avis, n’est pas vraiment une réussite (cette litote !) : The Pilgrimage.

 » ça parle de quoi ? » : Dans l’Irlande du XIIIème siècle, un groupe de moines entreprend une mission périlleuse pour livrer une précieuse relique à Rome.  Ils commencent un pèlerinage forcé à travers une île déchirée par des guerres tribales et devenue la proie des envahisseurs normands. Le point de vue adopté est celui d’un jeune novice accompagné par un affranchi muet, suite à un passé sombre. 

Les points forts :
un casting bien fichu : Tom Holland,  Jon Bernthal ( très crédible même sans un mot),  Stanley Weber (le Comte St Germain dans Outlander; et aussi le fils de Jacques Weber, d’ailleurs).
de superbes paysages
un effort pour varier les langues : on passe du gaélique au français (moderne, à l’époque, c’est assez peu crédible, mais bon, on n’aurait pas compris grand chose) et à l’anglais.

Les points faibles :
Mais où sont les femmes ? la réponse est : il n’y en a aucune. Et vraiment, c’est un point qui continue de me troubler…
Trop mais vraiment de tortures et de violence. Insoutenable parfois.
L’intrigue est vite bâclée.
La conclusion, de même.
Pas beaucoup de moyens et ça se voit.
Les personnages ont tendance à être presque tous caricaturaux, à commencer par Raymond De Merville (Richard Armitage).

pilgrimage_still


Au sujet de Richard Armitage, alors ?

On l’entend beaucoup crier en français, de façon assez compréhensible, je confirme. Pour l’anecdote, j’ai même souri en entendant hurler un « bâtard(s) !  » (singulier ou pluriel, je ne me souviens plus), très convaincant. Presque prononcé avec l’accent de nos quartiers.😂 Mais je suis mesquine…
J’ai été assez vite lassée de le voir vociférer. Un peu, ça va, trop, c’est caricatural. (mais le film l’est, de toute façon).
Donc, pas convaincue et assez dégoûtée par ce que j’avais vu sur l’écran.

J’ai persévéré et j’ai donc regardé Brain on fire

« ça parle de quoi? »

Une journaliste du New York Post, Susannah Cahalan (Chloë Grace Moretz), dit commencer à avoir de graves problèmes de santé, comme les convulsions et entendre des voix. Comme les semaines passent, son état se détériore et passe rapidement de la violence à la catatonie. Après de nombreux diagnostics erronés et un hôpital, un médecin donne enfin le diagnostic et l’espoir de reconstruire sa vie.

Le film est basé sur le livre de Susannah Cahalan qui relate sa propre expérience (et donc une maladie peu connue).

Les points forts :
La prestation de Chloe Grace Moretz : c’est simple, on ne voit qu’elle ou presque. Elle est vraiment formidable.
La mise en scène sobre.
Tout est centré autour du personnage principal.
Les explications médicales sont claires et jamais lourdes.

Les points faibles :
A trop vouloir aborder le positif et à ne pas s’appesantir sur les côtés sombres, on a du mal, en tant que spectateur à éprouver de l’empathie parfois et on reste dans le détachement.
Idem pour le parti-pris de rester centré sur le personnage principal : les autres personnages sont assez effacés (les parents, le petit ami) et pas forcément intéressants.
Au sujet de Richard Armitage, alors ?
Je vais me répéter : il crie beaucoup, en père mécontent. A un moment, j’aimerais que la frustration et la méfiance (envers les médecins ou le petit ami — ce cliché… ) s’expriment autrement. 🙄Donc, non, pas convaincue. Heureusement, le film était bien.

Et donc, à ce stade, j’étais un peu fatiguée. Mais je suis tombée sur The Stranger.

En version française, le titre est Intimidation, comme pour le roman d’Harlan Coben, que je n’ai pas lu, Coben n’étant pas ma tasse de thé. D’après les avis des personnes qui connaissent le livre, ce serait l’un des moins bons romans de l’auteur : ouille, ça commence mal, ça. Et puis, on connaît plusieurs adaptations de Coben, en France qui ne sont pas brillantes ( Une chance de trop et Juste un regard, par ex.)

« ça parle de quoi? »
Adam Price (Richard Armitage) mène une vie confortable. Avocat, il a deux fils, et son mariage semble sans faille. Mais son bonheur va voler en éclats lorsque « l’étrangère » (Hannah John-Kamen) lui dévoile un secret choquant au sujet de sa femme, Corinne (Dervla Kirwan). Or, celle-ci disparaît peu après. Et Adam ne va pas être la seule cible de cette femme mystérieuse ; d’autres secrets sont révélés peu à peu.

Richard Armitage et Hannah John-Kamen dans Intimidation, série créée par Danny Brocklehurst, d’après Harlan Coben.

Les points forts :
Simple et efficace : le principe des différents arcs narratifs (et ici, c’est bien mené)
Le casting: Siobhan Finneran, Anthony Head, Jennifer Saunders, Stephen Rea
Des épisodes assez courts (42 mn, c’est bien)
Les personnages sont tous plutôt bien développés.
L’ambiance dans la ville ajoute au suspense.
Les secrets : j’ai bien aimé cette histoire de façon générale mais si elle ne brille pas forcément par l’originalité

photo, Intimidation, Richard Armitage

Les points faibles :
La surenchère : en plus des secrets et la menace de l’Etrangère, on assiste à tout un tas d’histoires parallèles ayant un lien plus ou moins ténu comme : les histoires des adolescents qui sont allés à une soirée ; la drogue ; la tête de l’alpaga coupé (mais non, pauvre alpaga !) Au bout d’un moment, ça en rajoute mais ça n’apporte pas grand chose.
Beaucoup de ficelles sont assez grossières et on peut s’interroger sur la cohérence (j’ai quelques doutes aussi sur la vraisemblance : les enquêtes de police, par ex. 🙄)
Finalement, pour un thriller, j’ai découvert assez vite qui faisait quoi (ce n’est pas très complexe). Et la fin est carrément évidente à mon avis.

Il reste que la série se regarde assez bien et qu’on a hâte de connaître la suite.

Au sujet de Richard Armitage, alors ?
Et bien… Il campe un personnage très juste, convaincant, sans en faire trop (enfin!). J’ai vraiment apprécié ce qu’il a fait avec son personnage. Et non, je n’ai pas été déçue. 😉


J’ai en réserve Space Sweepers, à regarder. un film qui me fait bien envie (coréen et SF, ça me va tout à fait, ça). Le rattrapage n’est donc pas fini.

16 réflexions sur “Rattrapage Armitage

  1. well, there’s always « My Zoe »– or did you see that already?

    I appreciated your effort to catch up (and there’s this inadvertent pun in English — « rattrapage » makes me think of « rat trap » which is sometimes how I’ve felt about fandom. I completely agree with you on The Hobbit, mostly on Pilgrimage, and not at all on Brain on Fire (I thought Moretz was a disaster). It’s really a situation where you have to pick out the very small jewels from the larger dross.

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  2. Wow, quite a catch up! It was interesting reading your impressions. 🙂
    I agree about Pilgrimage, I thought it was pretty bad, and for me Brain on Fire was OK but not great either. Of these I liked The Stranger best yet even that wasn’t the greatest (far too many red herrings) but yes, Richard was best in that one and had more to do in it as well. I haven’t seen Space Sweepers yet either.

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  3. I really enjoyed reading your impressions of the shows and films, and for the most part I do agree with you (although Berlin Station was not really my favourite show at all). Pilgrimage in particular was a film that looked as if it had been made „by the boys, for the boys“. And „Brain on Fire“ really didn‘t give Armitage any scope to show what he can do. I haven‘t seen „Spacesweepers“ yet, but I‘ll tune in here, should you write a review 🙂

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    • Thanks a lot, Guylty. I think « SPacesweepers » will be next — it’s on my Netflix list. Maybe Castlevania too, even if I’m not a big fan of vampires/blood. And I need to find time to write something longer, maybe (but I’m working on a novel at the moment and I’m quite busy ).

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  4. Rattrage que j’aurais aimé voir couvrir plus de pages…
    Mais vous nous avez promis une suite…
    Il serait plutôt à qualifier de survol rapide…
    Je suppose que vous n’étiez pas du tout enthousiaste, à développer vos ressentis sur des projets vides de sens…
    J’attends votre prose sur le théâtre avec impatience…

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