Premières lignes – 6 juin

Premières lignes

 » Paris 1910

Paul Andret se tenait debout, face à son bureau, hésitant entre la colère et l’agacement. Sn regard allait des piles de documents — soigneusement classés dans leurs chemises de papier kraft — aux fiches qui reposaient là depuis la veille. « Signalement : taille 1,62 m, cheveux et sourcils châtain foncé, front bas, yeux pâles, teint sanguin, nez cave, légèrement sinueux. Signe particulier : auriculaire de la main droite amputé…. ». Bon, songea-t’il avec agacement, dans quelle catégorie je vais bien pouvoir ranger ce lascar ? Il posa la feuille qu’il venait de parcourir rapidement, lissant distraitement le papier du dos de la main.
Etait-ce vraiment ça qu’ils attendaient de lui ? Qu’il supporte la charge de travail de cinq hommes ? Qu’il prenne continuellement des décisions dont lui seul comprenait les conséquences ? Il soupira en redressant sa longue silhouette. »

Les brigades du steam par Barillier
Les Brigades du Steam

Avec ce roman, on croirait avoir remonté le temps jusqu’au début du vingtième siècle au temps du Tigre (Clemenceau) et des célèbres Brigades. Sauf que…ce n’est pas tout à fait exact. Nous nageons dans le steampunk (bien dosé, d’ailleurs) et voici des brigades …assez intéressantes.

Auguste est un jeune mobilard, tout juste débutant à la brigade d’Aix-en- Provence. Il va se retrouver affecté en binôme avec une « ancienne », Solange, une dure à cuire qui a subi une grave blessure et a perdu son co-équipier dans ce qui va s’avérer être un complot. De là, les aventures, les scène d’action et les combats s’enchaînent crescendo…
Et comment dire ? simplement ceci : la construction du livre est une réussite.
Le rythme est lent pour la mise en place (prologue puis les premiers chapitres pour la présentation des personnages) ; c’est tout à fait ce qui convient, ni plus ni moins.
Dès que le duo est réuni, peu à peu l’action s’intensifie, les scènes de combats ou de poursuites sont très bien décrites et ne ressemblent jamais à un fouillis indescriptible (comme trop souvent….).
Quant aux personnages, rien à dire, non plus : c’est un duo classique. Lui est un peu naïf mais pas crétin non plus. Elle a vécu le pire et ne veut plus de contacts avec les autres humains, dirait-on ; elle a perdu son meilleur ami. De plus, elle a dû endurer le sexisme et les remarques déplacées au sein des Brigades, étant l’une des seules femmes à exercer ce métier (nous sommes en 1910, c’est tout à fait pertinent).
Pour le côté steampunk, il n’est pas envahissant, peut-être un brin léger. Mais cela ne m’a pas dérangée. Au contraire, je préfère qu’il soit utilisé de façon subtile, de cette façon. J’ai parfois lu des romans complètement farfelus qui finissaient par ruiner leur univers à force d’en rajouter sur le côté « cuivre/vapeur » et autres inventions. J’ai donc trouvé qu’ici, cela fonctionnait bien, de manière très cohérente.
Je pense que le seul point qui est, peut-être, un peu faible, est le côté « complot » qui m’a paru quand même très simple. J’avais envie que les choses soient un tantinet plus complexes. Disons que, puisqu’il y a enquête, pour réellement entrer dans le côté policier, il aurait fallu que l’intrigue soit un minimum plus touffue (oui, les lecteurs et lectrices de polar aiment que ça soit ardu, je sais 😉 ).
Mais cela n’enlève rien à la qualité : du style, de la construction du récit, des personnages, de l’univers. Il y a une vraie recherche historique, également.

Un roman réjouissant que l’on referme en se disant  » et la suite? ». L’avenir prochain nous dira si la suite est pour bientôt.

Je voulais ajouter que j’avais déjà lu Les Foulards rouges de Cécile Duquenne et que j’en gardais un bon souvenir. Et, surtout, je tiens à souligner son travail avec son école d’écriture. A titre personnel, ses masterclasses m’ont permis de lever bien des freins et d’avancer depuis 2019.

Résumé : Solange Chardon de Tonnerre, membres de la treizième Brigade mobile de la ville d’Aix-en-Provence, est une inspectrice coriace.

Mais quand elle perd son coéquipier dans une explosion et qu’on lui remplace son bras par un bras mécanique, sa vie bascule.

Il lui faudra surmonter ces épreuves pour relancer l’enquête et faire preuve de patience avec le jeune Auguste Genovesi, une nouvelle recrue avec qui elle doit faire équipe.

Un grand roman steampunk dans le sud de la France, haut en couleur !

Collection Les Trois Souhaits
Actu SF

Livre papier
978-2-36629-478-1
Parution : 25 octobre 2019
Prix de vente : 19,90 €

Une réflexion sur “Premières lignes – 6 juin

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