Daniel Garber et la lumière — L’été de l’art

Daniel Garber,( 1880 -1958 ), est un peintre impressionniste américain, spécialisé dans la peinture de paysage et membre de la colonie d’artistes de New Hope en Pennsylvanie. En plus de sa carrière de peintre, il a enseigné à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts pendant plus de quarante ans.

Premières lignes – 26 juillet

Premières lignes

« Assise à l’intérieur d’un salon de thé londonien, deux élégantes regardent avec un léger dédain une silhouette plantée sous la pluie.  » C’est ce vieux minable avec son sifflet ! » dit l’une. un feutre cabossé rabattu sur les yeux, l’homme tente de se faire entendre : « J’suis un antéchrist! ».

Cet essai, je voulais le lire depuis longtemps. (et voilà Masse Critique et Babelio qui me permettent de le lire). Pourquoi ? parce que j’en avais entendu parler encore et encore. Pop culture, musique, histoire du XXème siècle, Sex Pistols etc…

C’est donc avec plaisir que j’ai ouvert « Lispstick traces – une histoire secrète du vingtième siècle » de Greil Marcus, un essai qui mêle des éléments historiques, sociologiques, culturels et du rock dans une tentative qui se veut originale.
Mais — car il y a un « mais » dans l’affaire » tenant surtout au sous-titre, la fameuse « histoire secrète du vingtième » — le résultat n’est pas réellement à la hauteur des ambitions de l’auteur.
Le livre démarre avec mouvement punk , la première vague originelle de 75/77 en Angleterre, et en particulier la figure de Johnny Rotten/John Lydon, leader des Sex Pistols. De fil en aiguille, l’auteur en vient à le relier de manière plus ou moins limpide, à des différents courants intellectuels européens ou comme le dadaïsme, la pensée de Karl Marx, les situationnistes, Guy Debord… Greil Marcus développe ensuite l’idée qu’il existe un rapport invisible entre ces différents mouvements qui partirait de certaines hérésies du Moyen Age telles que l’Anabaptisme de Jean de Leyde à Munster, une secte protestante.
En gros, c’est le fil conducteur qui est développé tout au long du livre. Pourquoi pas même si c’est, je dois dire, un peu tiré par les cheveux et surtout, très souvent, peu convaincant. A la limite, cela pourrait être intéressant, car l’auteur est très documenté : le livre est bourré de références (livres, anecdotes, etc…)…. malheureusement souvent obscures, et répétitives.
Ce qui concerne la musique (la pop, le punk), est assez connu (du moins, je n’ai pas appris grand chose, pour ma part, mais je connais assez bien le sujet). Par contre, tout est entremêlé de digressions philosophiques, vaguement sociologiques (de loin, de très loin), sans qu’une structure nette ne s’en dégage. En fait, il n’est pas si facile d’écrire un essai clair… Et à cet exercice, Greil Marcus est à côté de la plaque ; il se noie dans des paragraphes qui, parfois, n’ont pas de sens.
Bref, une jolie déception au bout du compte. Comment disait Malcolm McLaren au sujet des Sex Pistols, qu’il avait largement créés, déjà ? The great rock’n’r roll swindle ? Je ne pense pas que les Pistols étaient une grande escroquerie mais ce livre, « Lipstick Traces », par contre…. 😭

Résumé : Il y a une figure qui apparaît et réapparaît tout au long de ce livre. Ses instincts sont fondamentalement cruels ; sa manière est intransigeante. Il propage l’hystérie, mais il est immunisé contre elle. Il est au-delà de la tentation, parce que, malgré sa rhétorique utopiste, la satisfaction est le cadet de ses soucis. Il est d’une séduction indicible, semant derrière lui des camarades amers comme Hansel ses miettes de pain, seul chemin pour rentrer chez soi à travers un fourré d’excuses qu’il ne fera jamais. C’est un moraliste et un rationaliste, mais il se présente lui-même comme un sociopathe ; il abandonne derrière lui des documents non pas édifiants mais paradoxaux. Quelle que soit la violence de la marque qu’il laissera sur l’histoire, il est condamné à l’obscurité, qu’il cultive comme un signe de profondeur. Johnny Rotten/John Lydon en est une version ; Guy Debord une autre. Saint-Just était un ancêtre, mais dans mon histoire, Richard Huelsenbeck en est le prototype.»
Lispstick traces – Greil Marcus – Folio

La délicatesse de Whooli Chen – L’été de l’art

Whooli Chen est une illustratrice basée à Taïwan. Elle a déjà travaillé pour des couvertures de livres et, ce que j’ignorais, la collection Kids de H&M 2020.

Je l’ai découverte avec l’illustration de ce chat :

Pour H&M Kids :

Son Instagram

Behance

Premières lignes – 19 juillet

Premières lignes d’un deuxième tome assez attendu (je vous invite à relire les Premières Lignes du tome.1 tant la construction est intéressante)

 » Fie mettait trop de temps à trancher la gorge de la fille. Ce n’était pas le geste en sou ; depuis qu’elle avait pris la tête de sa bande de Corbeaux, voilà trois semaines, Fie avait accordé la charité à plusieurs reprises. Tavin lui avait dit, la lune précédente, que malheureusement tuer devenait plus facile à la longue. Trop de vies s’étaient achevées au bout de sa lame pour qu’elle le nie.

Non, si ça coinçait à présent, c’était à cause de la pécheresse elle-même. « 

Merciful Crows, tome 2 : L'aigle impitoyable par Owen
L’Aigle Impitoyable T.2

Résumé :

L’alliance improbable de la cheffe d’un clan de parias et d’un prince rebelle contre une reine impitoyable !
Désormais chef des Crows, Fie espère que le Prince Jasimir tiendra sa promesse en protégeant sa caste. Mais le jour où une fumée noire envahit le ciel pour annoncer la mort du roi Surimir, elle comprend que le pire est à venir. Car la Reine Rhusana est prête à tout pour s’emparer du trône laissé vacant, y compris à semer la mort. De nouveau menacés, les Crows sont forcés de se cacher ou de fuir le pays pour lui échapper.

Fie, elle, est déterminée à l’empêcher de nuire. Mais pour contrecarrer ses plans, elle doit plonger au cœur des secrets anciens des Crows, des secrets qui pourraient sauver son peuple… ou mettre le monde à feu et à sang.

Ce deuxième et dernier tome, (il s’agit d’une duologie et c’est très bien ainsi), L’Aigle Impitoyable débute trois semaines après la fin des événements du premier tome de Merciful Crows. La bande des Corbeaux bénéficie à présent d’une protection de la part d’Aigles (menée par une femme forte, Lakima). On retrouve Fie, devenue cheffe. Elle accompagne Pa dans l’un des sanctuaires afin qu’il y trouve une place… Et là, peu à peu, la vérité sur la réelle nature de Fie se dévoile peu à peu. Car qui est-elle ? L’autrice nous a bien fait sentir dès le premier tome que cette jeune personne avait des capacités un peu spéciales. Avec ce deuxième tome, elle nous révèle lentement de nouveaux éléments sur les dieux morts de Sabor ainsi que la naissance des castes (Hiboux, Grues, Moineaux, Aigles, Mouettes, Cygnes, Corbeaux, et j’en oublie puisque le nombre total est de 12, un beau chiffre magique). C’est donc un deuxième tome encore plus détaillé, plus intéressant, que nous livre Margaret Owen.
Et ce n’est pas tout : tout au long des pages, on va de rebondissements en rebondissements. Le jeu politique est assez présent avec le renversement du roi (le père de Jasimir, le prince rencontré dans le premier tome) et le coup d’état de la « sorcière » Rhusanna.
Et puis, il y a l’histoire d’amour entre Fie et Tavin, bien mise à mal au milieu de toutes ces péripéties. Même si on peut se douter de certains retournements, c’est extrêmement efficace… (chut, je me tais).
Malgré certaines scènes assez dures, comme dans le premier volume, l’humour est toujours bien présent. Les personnages gagnent en épaisseur et en maturité à l’exemple de Fie.
Une fois encore, il n’y a guère que le jeune âge des personnages qui empêchent de classer cette série dans la fantasy adulte tant les thèmes ou les scènes sont peu classées « jeunesse » (j’ai presque envie de dire « tant mieux » car cela évite certaines niaiseries qu’on peut lire ici et là).
Un deuxième tome particulièrement réussi, donc.
Si j’avais bien aimé le premier, celui-ci m’a convaincue du talent de Margaret Owen. Merciful Crows, une série fantasy YA à découvrir que je conseille !

Fie – dessins de l’autrice sur son Tumblr
Rhusanna

Et bien sûr, il rejoint le Challenge de l’Imaginaire.

Trois petits airs (et puis c’est tout)

Pour commencer, les (très bons) Måneskin qui, non seulement ont gagné l’Eurovision (même si je ne l’ai pas regardée cette année) mais surtout, ont signé un album brillant, pop souvent rock et souvent bien 70’s. On entend pas mal d’influences mais ce n’est pas très grave, ça s’écoute bien.

Le deuxième titre vient du film de Léos Carax « Annette » que je n’ai pas (encore) vu. La musique est signée par les Sparks, un duo qu’on ignore trop souvent (mythiques, pourtant, les frères Mael). On y entend ici aussi Adam Driver (Kylo Ren, entre autres, mais je l’ai préféré dans un tas d’autres rôles) et Marion Cotillard. Toute la bande musicale du film est sympa à écouter, d’ailleurs.

Pour la troisième, j’ai choisi du récent. Parce que ce n’est pas tous les jours qu’Iron Maiden propose un nouveau titre (et bientôt un nouvel album). La vidéo est bourrée de clins d’oeil (pour les fans). Sinon, elle est plutôt bien fichue. La chanson est une construction Maiden assez classique, pas hyper originale, un tempo tranquille, mais qu’on retient assez bien, je trouve. Je pense que cela laisse présager du bon à venir (je suis optimiste).

Premières lignes – 11 juillet

Premières lignes

 » Avant

Me pincer et me dire JE SUIS REVEILLE une fois par heure.
Regarder mes mains. Compter mes doigts.
Regarder l’horloge ( ou la montre ), ne plus la regarder, la regarder de nouveau.
Rester calme et concentré.
Penser à une porte ».

Ce sont des premières lignes très reconnaissables, surtout depuis l’adaptation en série sur Netflix de ce thriller psychologique à tendance fantastique. A ce sujet, la série vaut vraiment le visionnage : c’est un succès.

Mais je vais parler du roman de Sarah Pinborough dont le titre originel était Behind her eyes et non Mon amie Adèle (les deux titres sont aussi évocateurs).
Nous suivons tout au long de ce thriller deux points de vue : celui de Louise, une jeune trentenaire, secrétaire médicale à temps partiel qui jongle entre sa vie plus si cool et l’éducation de son fils depuis qu’elle est divorcée et celui d’Adèle, de quelques années plus jeune, une très jolie femme qui va s’avérer être l’épouse de l’un des psy du cabinet dans lequel travaille Louise.
Un jour, Louise bouscule Adèle. Elles se lient d’amitié. Rien de très bizarre ? Un peu. Louise a flirté dans un bar avec David, le nouveau psy qui vient de s’installer au cabinet, sans savoir qu’il allait être son prochain boss et bien sûr, sans savoir qu’il était marié. Elle a eu un coup de coeur et se sent mal depuis qu’elle l’a vu au travail (jusqu’à se planquer dans les WC pour ne pas avoir à lui parler !). Pourtant, elle apprécie de plus en plus la compagnie d’Adèle qui vient d’emménager et qui semble très seule.
Peu à peu, elle commence à trouver que la vie — et la vie de couple — de sa nouvelle amie est très étrange.
Mais, à côté de cela, voilà qu’elle entame une liaison avec David ; plus qu’une liaison, il semblerait que Louise et David soient en train de tomber amoureux !
En alternant les points de vue et en faisant des flashbacks dans l’histoire d’Adèle, l’écrivaine tisse une intrigue passionnante qui fait douter à tout moment ; qui ment ? qui espionne qui ? qui manipule qui ?
Mais Mon amie Adèle n’est pas qu’un thriller, c’est aussi un roman fantastique. Le surnaturel opère via les rêves et la problèmes de sommeil des personnages : Louise souffre de terreurs nocturnes et de cauchemars à répétition. Adèle lui fournit une clé pour s’en guérir. A partir de là, c’est plutôt bien fait même si c’est parfois un peu bancal mais ça passe quand même assez bien et on se laisse prendre au jeu (et je n’en dirais pas plus sur les scènes de rêves pour ne pas détruire le suspens).
Evidemment, la surprise avait presque complètement fonctionné quand j’avais regardé la série (très fidèle, presque chapitre par chapitre). En lisant le roman, je connaissais le dénouement. Mais je dois dire que c’est très bien amené par m’autrice (et c’est ce que je souhaitais découvrir).
Une lecture que je conseille. Le roman se lit très bien.
Et la série est aussi très agréable à regarder avec un bon suspense.

Mon amie Adèle par Pinborough

Résumé : LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise… Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au coeur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?

Les illustrations de Sergueï Solomko – L’été de l’art

Sergueï Sergueïevitch Solomko (Сергей Сергеевич Соломко) dit « Serge de Solomko », (1867 à Saint-Pétersbourg –  1928 à Sainte-Geneviève-des-Bois) est un illustrateur, graphiste et aquarelliste russe qui vécut surtout en France.

Les années 1900 marquent le pic de sa popularité ; il redouble d’activité, peint des aquarelles à thème historique et reçoit des maisons d’édition quantité de commandes graphiques. Il se lance dans les dessins de costumes et de bijoux, dessine des modèles pour la fabrique impériale de porcelaine et collabore avec la maison Fabergé. Il s’installe définitivement à Paris en 1910 mais continue à participer à la vie artistique russe en remplissant ses commandes et envoyant des œuvres à des expositions. Ses aquarelles sont reproduites en cartes postales.

Le cygne blanc
Vassilissa
La guerrière russe Nastassia Korolevitchna
La rencontre

Apraxine Korolevichna

Agence Lovecraft – T.1 — Jean-Luc Marcastel

Le roman dont je vais parler sortira début septembre mais il n’est jamais trop tôt pour préparer ses lectures de rentrée, surtout lorsqu’il s’agit d’aller faire une virée dans un univers lovecraftien en compagnie d’ados aux pouvoirs étranges poursuivis par des créatures monstrueuses…

Dans le premier tome de ce qui sera la trilogie de l’Agence Lovecraft, on suit Ryan, Marie et Sergueï, trois adolescents de différentes nationalités, qui ont à leurs trousses de mystérieux personnages qui visiblement ne leur veulent pas du bien ! Dès les premières lignes, nous sommes dans l’action : Ryan et son frère courent à perdre haleine dans les rues d’Innmousth. Si on est un peu familier des romans de Lovecraft, on frissonne déjà, en se demandant quelle horreur se cache derrière les secrets de cette ville. Avec Marie, le mystère s’épaissit : la jeune parisienne semble détenir un pouvoir très étrange et bien inquiétant. Quant à Sergueï, le jeune russe, il lutte pour s’échapper d’un lugubre laboratoire où des scientifiques ont voulu « étudier » sa soi-disant double personnalité. Les adolescents sont sauvés in extremis par un Terminator nouvelle version (« Viens si tu veux vivre », la référence est jolie) qui a les traits d’une jeune indienne…
Mais leurs ennuis sont loin d’être terminés. Le frère de Ryan ne peut les rejoindre. Il reste en arrière. Une fois hors de danger à bord d’un sous-marin très steampunk, le Nautilus V (et l’hommage à Jules Verne est là aussi bien placé) les jeunes gens découvrent que leurs sauveteurs constituent l’Agence Lovecraft, dirigé par le Dr. Sauvage.

De références à l’univers de Lovecraft ou à la pop culture, de scènes d’action en descriptions travaillées, porté par une écriture fine, le roman se lit presque d’une traite. Conseillé pour les plus de 13 ans, il est aussi très agréable pour les adultes, je confirme, surtout pour ceux et celles qui ont un jour lu Lovecraft et eut quelques (gros) frissons plus jeune. Cela a été le cas de l’auteur qui décrit comment lui est venue l’idée de ces romans. Et je dois dire que je me suis assez bien retrouvée dans cette description — sauf que je devais être un peu plus âgée quand j’ai abordé Cthulhu et Nyarlathotep (moi aussi, j’ai un faible pour le « Chaos Rampant »).

Un dernier point sur l’aspect purement livresque, cette fois, et non littéraire : l’objet est particulièrement beau. La couverture est soignée, ainsi que les dessins qui forment un magnifique décor. Les rabats sont illustrés et l’un deux contient un marque-page détachable ; les lettres ainsi que l’emblème de Cthulhu en rouge sont en relief.

Une idée de lecture fantastique que je recommande. Et j’ai assez hâte de lire les suivants.

Le roman sortira le 9 septembre 2021 chez Gulf Stream éditeur (mes voisins, puisqu’ils sont à Nantes 😉 ).
L’Agence Lovecraft. T. 1 – Le mal par le mal – Jean-Luc Marcastel

Résumé :

En des temps immémoriaux, d’effroyables formes de vie dominaient le monde. En sommeil lorsque l’espèce humaine est apparue sur Terre, elles n’attendent que l’alignement de certaines étoiles pour régner à nouveau…

Ryan, Marie et Sergueï ne se connaissent pas. Ils ont pourtant un point commun : ils sont dotés de pouvoirs effrayants convoités par de mystérieux individus. Pour leur échapper les trois adolescents acceptent l’aide d’une jeune fille qui travaille pour une obscure organisation : l’Agence Lovecraft. Dans la guerre secrète que ces membres se livrent contre un ennemi implacable et ses adorateurs, Ryan, Marie et Sergueï pourraient bien être les éléments décisifs qui feront pencher la balance… Mais de quel côté ?

Merci aux éditions Gulf Stream pour leur confiance.