Premières lignes – 1er novembre

Premières lignes (relecture )

 » Gaal Dornick, car tel était son nom, n’était qu’un jeune homme fraîchement débarqué de sa planète natale. Un provincial qui n’avait même jamais vu Trantor. Du moins, pas de ses propres yeux. Bien des fois, par contre, il av ait eu l’occasion de contempler la planète à l’hypervidéo. D’autres fois, un peu moins souvent, en regardant les actualités en tridi, fasciné par le formidable impact visuel de ces images, il avait assisté à un couronnement impérial ou à l’ouverture d’un concile galactique. Bien qu’il eût passé jusque_là toute son existence sur Synnax, une planète en orbite autour d’une étoile située aux confins de la Nébuleuse Bleue, Gaal Dornick  n’était pas totalement coupé du reste de la civilisation. Ce qu’il vous faut comprendre, c’est qu’à cette époque-là, dans la Galaxie, nulle planète ne l’était vraiment. « 

Fondation. Asimov  — 1951 (1957 en France)
Rien que ça.
En fait, le cycle de Fondation est loin d’être une découverte pour moi. Fan de SF depuis mon (très) jeune âge, j’avais l’habitude de le lire et de le relire, en alternance avec Dune (tous les tomes de Dune, pas que le 1er), ou dans un autre genre, Le Seigneur des Anneaux.
Mais cela faisait assez longtemps en fait que je ne m’étais pas plongée dans l’univers de la psychohistoire, cette science inventée par Hari Seldon, basée essentiellement sur les mathématiques (statistiques) tout en prenant en compte les grands courants sociologiques et historiques afin de prévoir l’avenir d’une société.
Grâce à la toute récente adaptation en série du cycle, j’ai eu envie de retrouver les livres, pas pour les comparer car j’ai bien compris que le show TV avait apporté de grandes libertés, assez intelligentes pour la plupart par ailleurs, mais plutôt pour retrouver l’univers d’Asimov.

Résumé : En ce début de treizième millénaire, l’Empire n’a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la Galaxie. C’est dans sa capitale, Trantor, que l’éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l’avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l’effondrement de l’Empire d’ici cinq siècles, suivi d’une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs…

L’histoire, en elle-même, se découpe en 5 parties, 5 nouvelles qui constituent autant d’étapes dans la naissance de la fondation (par Hari Seldon et Gaal Dornick ) puis dans son évolution. On ne suit donc pas un personnage principal tout du long ; on va apprendre à connaître brièvement plusieurs personnages importants . En premier, celui qui a inventé la psychohistoire, Hari Seldon et son « successeur », Gaal Dornick sont rapidement abordés dans la première nouvelle. Un peu trop vite, d’ailleurs. Puis, très vite, les années passent, nous abandonnons la gigantesque planète Trantor, centre de l’Empire, pour nous concentrer sur les problèmes que vont devoir affronter les exilés, partisans de Seldon, sur la petite planète Terminus. A chaque nouvel épisode, une crise survient.
On ne sait pas de quoi il s’agit car les faits semblent insignifiants. Ce n’est pas le cas, au contraire : chaque détail compte. Et comme lors d’une partie d’échecs, tout se joue finement, sans violence. Les personnages forts (tous des hommes, les femmes étant totalement absentes de ce futur) sont des pacifistes rusés. Asimov sait trouver des clés, mettre en situation des personnages malins comme Salvor Hardin ou Hober Mallow, le marchand.
Les thèmes sont bien vus, particulièrement pour l’époque, les années 50. Il suffit de les transposer pour s’en rendre compte : la science devenue religion, utilisée comme un force, le pouvoir du commerce, la disparition des techniques et de l’effacement de la mémoire qui contribuent à un « effondrement »…
Rien n’est jamais anodin.
De plus, le texte se lit bien.
Bien sûr, en relisant, j’ai noté les mêmes bémols qui me chiffonnent à chaque fois — mais visiblement, ça ne m’empêche pas de trouver que Fondation est un grand classique.
Je l’ai dit plus haut : aucun personnage féminin à ce stade. C’est lié au contexte : le roman a été édité dans les années 50 mais tout de même, imaginer le futur aurait pu être l’occasion de réfléchir à une autre société. On n’y trouve pas non plus d’espèces extra-terrestres. Rien que des humains, et des mâles.
La psychohistoire me paraît aussi quand même un peu light, sociologiquement parlant, dans ce premier tome (même si je connais la suite, mais faisons comme si je n’avais jamais lu le cycle).
Quant aux personnages, j’ai toujours trouvé dommage qu’Asimov ne les ait pas développés davantage (Dornick, Hardin).
Bref, c’est un premier tome d’introduction, pas le meilleur du cycle à mon sens, mais qui donne envie d’en savoir plus. Car, heureusement, la suite va se bonifier.

La série apporte une autre vision, bien différente, mais assez intéressante dans les premiers épisodes.
C’est une autre approche, pas du tout calquée  sur les romans et certaines personnes diront que ce n’est pas fidèle.  Je la trouve maligne par bien  des aspects  comme  le traitement des personnages qui changent de genre (Hardin, Dornick),  le fait de s’intéresser à la chute de l’Empire, l’idée du clonage des empereurs. Les personnages sont également beaucoup plus développés, ce qui est un bien. Leurs histoires sont plutôt assez bien pensées comme celle de Gaal Dornick. Par contre, les connexions entre Salvor Hardin et Dornick deviennent vite obscures pour finir en méli-mélo. Les romances sont omniprésentes et très vite, cela pèse sur l’intrigue. Et surtout, au fil des épisodes, on s’embourbe dans des histoires qui ne ressemblent plus à rien. C’est dommage car la série partait très bien sans compter que,
visuellement, c’est aussi très beau.