Premières lignes — 8 novembre

Changement de genre pour les premières lignes, cette semaine (donc, je quitte la SF)

 » Le Viking que mon frère m’a offert pour mon anniversaire, il était grand et musclé. Même sans être expert en Vikings et sans avoir lu le Grand Livre des Vikings du docteur Kepple, n’importe qui aurait pu dire : lui, c’est un Viking. « 

Il s’agit d’un premier roman, signé par un auteur canadien, Andrew David MacDonald. 
On le trouve ici chez Nil éditions, sous le titre « Je suis une Viking » (When We Were Vikings »). Ecrit à la première personne, le roman nous permet d’entrer dans le quotidien de Zelda, 21 ans, une jeune femme neuro-atypique, décrite dans le livre comme étant atteinte de SAF, le syndrome d’alcoolisation foetale (à ce sujet, il y a ce très bon reportage sur Arte).
Zelda habite avec son frère aîné, Gert, qui, apparemment, n’est pas atteint par le même syndrome même si, au fil des pages, on peut vraiment en douter vu ce qui lui arrive.
De même, on peut aussi s’interroger si Zelda n’est pas plutôt une personne à haut potentiel (peut-être avec un léger autisme Asperger) que victime de SAF. Mais ça n’est pas très grave puisque le personnage de Zelda reste parfaitement cohérent, ainsi que ses relations avec les autres, son frère, son amoureux et ses amis traités comme elle « d’attardé.e.s » (la société est formidable envers les handicaps invisibles — je sais de quoi je parle…. )

J’ouvre ici une parenthèse rapide un peu plus perso, en lien avec le handicap en général  (vous êtes libre de lire ou non 😉 ).  Le handicap invisible et la santé mentale en France sont deux sujets dont il est encore très difficile de parler sans être stigmatisé (travail, vie personnelle, vie sentimentale, j’en passe) et hélas, parfois, rejeté. D’ailleurs, j’ai tenu un blog il y a env. 15 ans sur le sujet, que j’ai  fermé au vu de plusieurs commentaires et messages privés parfois très offensants — et encore, c’était avant les réseaux sociaux ! .Dans ce premier blog, donc, il y était question de ce que je vivais, de mon quotidien, et donc, aussi de santé mentale et de handicap invisible. Mentionner cela a constitué une étape importante pour moi et n’a pas été toujours facile. Rendre visible un aspect avec lequel je devais vivre depuis des années et qui, à cette époque, me faisait terriblement souffrir m’a permis à ce moment-là de souffler un peu, de m’exprimer et même d’échanger avec d’autres. Mais « santé mentale » , « handicap » (reconnu pourtant comme tel pour exercer un emploi dans mon cas) sont encore souvent des mots qui font peur. Et même si les documentaires, les émissions et les campagnes d’informations sont de plus en plus nombreuses, les vieux réflexes persistent (recul, peur, parfois harcèlement au sein de certains groupes, moqueries, assimilation avec « la folie » et ce qui va avec,  j’en passe). Parenthèse perso refermée.

Un roman comme « Je suis une Viking » est donc  important. Il est plein d’humour aussi. De tendresse. Et il évoque des thèmes de la vie quotidienne sans fard.  De plus, il reste sobre sur la question du handicap ; c’est réellement un soulagement de ne pas lire des platitudes de bons sentiments ou des bêtises mal agencées, sans parler des romans qui collent de manière totalement artificielle un personnage handicapé dans l’histoire pour donner bonne conscience à l’auteur (ce que je vois trop souvent ces dernières années et qui a pour effet de me faire refermer le livre).

Une bonne surprise pour un premier roman même si l’intrigue reste assez simple. Et les informations sur les vikings sont tout à fait bien documentées, au fait. L’auteur a dit qu’il n’y connaissait rien (mais ce n’est pas mon cas !).

Je suis une Viking par MacDonald

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

2 réflexions sur “Premières lignes — 8 novembre

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