Premières lignes — 11 janvier

Premières lignes 

 » Peu après la mort d’Hippolito dont il était l’élève, Vishbume sollicita un poste similaire d’apprenti auprès du sorcier Tamurello mais essuya un refus. Il offit alors de vendre un coffret contenant des objets qu’il avait emportés de chez Hippolito. Tamurello y jeta un coup d’oeil et ce qu’il vit éveilla suffisamment son intérêt pour qu’il paie le prix de Vishbume. « 

La perle verte est le second tome de la trilogie Lyonesse, débutée avec Le jardin de Suldrun . Une fois encore, Jack Vance entame le roman par un flash-back qui nous relate les origines de la vapeur verte, issue des machinations des sorciers (Tamurello, Desmeï, Vishbume) ainsi que la façon dont celle-ci se transformera en une perle bien ennuyante…
Puis, nous retrouverons à nouveau Aillas, plongé dans les complexités de la politique. Il doit faire face aux attaques des Skas, sur lesquels il a une revanche à prendre puisqu’il a été leur esclave dans le premier tome. De même, le roi Casmir, père de l’infortunée Suldrun, continue ses manigances afin d’exercer son autorité sur toutes les Isles Anciennes. Lui aussi, Aillas aimerait bien le confondre…voire prendre une légère revanche.
Mais, au cours de ce tome, Aillas apprend aussi peu à peu à connaître son fils Dhrun qui a grandi auprès des fées et pour qui le temps ne s’est pas écoulé de la même façon que les humains. Ainsi, le père et le fils n’ont que peu de différence d’âge, ce qui trouble bon nombre de gens.
Quant à Casmir, il ne comprend plus le sens de la prophétie qui prétend que le fils de Surldrun règnera sur les Isles Anciennes. Il ne connaît à sa fille défunte que la jeune princesse Madouc, une étrange fillette. Lorsqu’il apprend qu’elle est en fait une enfant fée, il préfère garder le secret et envoyer des espions afin de découvrir la vérité… trouvera-t’il ? Le roi Casmir est retors et son réseau d’espionnage paraît bien rôdé.
Tout se complique. Les intrigues se resserrent.
Et pourtant..
Pourtant, j’ai trouvé à la relecture, que ce roman n’était  pas forcément le plus passionnant des trois, malgré les péripéties qui se succèdent. Il me semble que j’avais déjà eu la même remarque lors de ma première lecture.
Aillas lancé à la poursuite de la jeune noble ska, Tatzel, est peu crédible. On se demande pourquoi il semble aussi obsédé par la fille de son ancien geôlier. D’ailleurs, il a quand même très vite oublié son grand amour, Suldrun. A ce sujet, la pauvre Suldrun reste le personnage le plus maltraité de cette saga puisque Vance se débarrasse vite d’elle et que personne ne semble la pleurer.
Tatzel ne fait pas long feu non plus — c’est à se demander à quoi elle sert, en fin de compte. Servir de love interest à Aillas ? On a du mal à le croire.
Quant à Shimrod, le magicien, et à ses démêlés avec Mélancthe, l’avatar de la sorcière Desmeï, ce n’est guère plus passionnant mais plus plausible, car la sorcellerie est en oeuvre. Même si Shimrod est un peu amoureux de Mélancthe,  il est surtout sous l’effet d’un charme, plus que sous l’effet de ses charmes.
Il reste que les personnages féminins de type Mélancthe (même si elle n’est pas « réellement humaine »), ou de type princesse Suldrun ou même Tatzel, restent des figures particulièrement passives — et fades. On aimerait qu’elles agissent, non qu’elles se laissent porter par les événements ou se laissent contrôler par autrui (i.e : des hommes).
(– à noter : je passe sur les phrases paternalistes, à la limite misogynes et bien datées, que j’avais déjà notées il y a fort, fort longtemps lors de ma première lecture, du type : « je vous aime, vous ne m’aimez pas,  dois-je vous prendre par la force ? »… — ).
Là résident donc pour moi les points faibles, notables surtout dans La perle verte. Pour le reste, le monde des fées, les artefacts magiques, l’aspect conte, les trames entrecroisées toujours bien menées, les incursions dans les  univers extra-dimensionnels comme Tanjecterly, tout cela est délectable. Et pour nuancer ce que je disais ci-dessus, le personnage de Glyneth qu’on a appris à connaître dans le premier tome, est loin d’être une petite chose passive…
Un tome un peu plus  en demi-teinte qui ne s’essouffle pas, pour autant.
pp5221-1986

Merci aux éditions Le Livre de Poche Imaginaire 

Le Cycle de LyonesseLa Perle verte (Lyonesse, Tome 2)

Résumé : Il régnait alors, sur les terres des Isles Anciennes, chaos et infortune. Aillas de Troicinet, désormais roi de l’Ulfland du Sud, devait guerroyer contre les Skas, qui jadis l’avaient réduit en esclavage, et contre l’ambition du roi Casmir, qui rêvait toujours d’étendre son empire au-delà de Lyonesse. Mais, selon une ancienne prophétie, seul le fils de Suldrun parviendrait à unifier l’ensemble des Isles Anciennes ; Suldrun qui, avant de disparaître, n’avait enfanté qu’une fille… Cependant, le monde de la magie menaçait de peser sur l’issue des conflits : la malice de la sorcière Desmëi s’était concentrée sous la forme d’une perle verte, semant luxure, envie et mort.

 

2 réflexions sur “Premières lignes — 11 janvier

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