Premières lignes — 28 février

 

Premières lignes 

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« Entrée pour le Premier Jour du Cinquième Mois de l’An où l’Albatros est arrivé dans les Salles du Sud-Ouest.
« Quand la Lune se leva dans la Troisième Salle Nord, je me rendis dans le Neuvième Vestibule pour assister à la jonction des trois Marées. C’est un phénomène qui survient seulement tous les huit ans. « 

J’avais encore en tête l’univers de Jonathan Strange & Mr.Norrell quand j’ai commencé ce nouveau roman de Susanna Clarke (que j’attendais avec une impatience certaine). Cette fois, on quitte le monde du Roi Corbeau pour aborder un étrange palais immense empli de statue où les marées et les nuages rythment la vie du narrateur dont on ignore tout… Très vite, pourtant, Susanna Clarke nous plonge dans un monde onirique un brin inquiétant car cette Maison n’est sûrement pas ce qu’elle semble être et le personnage principal, Piranèse, non plus. Et c’est remarquable.
Il y a  un véritable exercice de style fait d’indices cachés tout au long du roman, entremêlés d’archives qui mettent les lecteurs sur la piste (ou pas). A ces ingrédients, il faut ajouter une bonne dose de suspense, de mystère et une construction imparable. La longueur du livre est la bonne (Jonathan Strange. m’avait paru souvent un peu long).

Bref, c’est mon premier gros coup de coeur de l’année (même s’il est sorti en 2021 en France). Une merveille à lire.

Piranèse par Clarke

Résumé : La maison où vit Piranèse n’est pas un bâtiment ordinaire : ses pièces sont infinies, ses couloirs interminables et ses salles ornées de milliers de statues. Au coeur de cette architecture monumentale est emprisonné un océan, mais Piranèse n’a pas peur, il vit pour explorer ce labyrinthe. Dans son journal, il dresse de rigoureux rapports de ses errances.
L’Autre vit aussi dans cette cité enfouie. Piranèse lui rend visite deux fois par semaine et l’aide dans sa recherche du Grand Savoir. Mais, au cours de ses expéditions, Piranèse découvre un jour des preuves de l’existence d’un troisième habitant. Une terrible vérité commence à se dévoiler, révélant un monde totalement différent de celui qu’il connaît.

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Dakha Brakha – artistes d’Ukraine

 

C’est le moment de soutenir des artistes ukrainiens ou, peut-être, d’apprendre à les connaître. Je pensais avoir fait un article sur ce groupe mais, apparemment, non (ou alors, je l’ai laissé au brouillon). Il s’agit d’un quatuor du nom de Dakha Brakha (le « kha » se prononce à peu près comme le « j » en espagnol mais on ne vous en voudra pas de dire « daka braka »).  Leur nom provient de l’ukrainien (qui est bien une langue à part entière) et veut dire « donner » et « prendre ».

Formé de trois femmes et un homme en 2004, le groupe a démarré au Théâtre Dakh à Kiev (Centre d’arts contemporains, une pépinière d’artistes à découvrir). A la base, ce sont des   acteurs-musiciens  devenus les ambassadeurs autonomes d’une Ukraine attachée à ses racines comme à l’ouverture musicale. Ils ont mêlé le folklore à des influences diverses et des instruments divers. Tout cela crée un beau mélange.
Ils ont tourné dans le monde entier (dont la France) et en sont à leur sixième album.

J’avais découvert leur musique il y a un peu plus de 2 ans (avant le confinement) et je dois dire que j’adore. Je ne les lâche plus, depuis.

Leur site web

Lena, Irina , Nina et Marko sont  sur Instagram — et actifs en ce moment, à cause de l’actualité.  (DakhaBrakha)

Arts d’hiver — 35

« Eduard Zentsik est un peintre estonien primé qui a exposé son travail sur la scène internationale, notamment en Russie, en Estonie, à Monaco et aux États-Unis. Il explore le mysticisme, le symbolisme et les images du subconscient, transformant les rêves en compositions percutantes, pleines de figures intrigantes, de combinaisons de couleurs fascinantes et de jeux de flou et de clarté. « 

Instagram 

FB 

 

 

Premières lignes — 21 février

 

Premières lignes

« Nous ne sommes pas contre vous, nous sommes avec vous. En fait, nous sommes bâtis pour vous, tout comme vous êtes bâtis pour nous, afin que nos faibles petites jambes puissent pendre sur votre poitrine et nos queues sur vos dos. Exactement comme vous portez si souvent votre progéniture quand elle est faible. C’est une joie. Semblable à une promenade.
Vous serez libres. Vous aurez un lit. Vous aurez un robinet et une étagère. Nous vous complimenterons si vous faites les choses assez vite et si vous ne faites pas les difficiles. Nous masserons vos jambes et masserons vos pieds, à vous, à tous les Sams et à toutes les Sues, et vous, les Sams, vous avez intérêt à bien vous tenir.
Vous nous appelez extraterrestres, bien que nous habitions votre monde depuis des générations. « 

La monture par Emshwiller

Je viens donc de terminer la lecture de « La Monture » (The mount ») roman dystopique de Carol Emshwiller édité chez Argyll. Paru en 2002, il n’avait jamais encore été traduit  (la traduction est de Patrick Dechesne et est à saluer). Ce roman a reçu le Prix P. K. Dick en 2003.
Ceci dit, le roman est court, se lit plutôt bien (je n’ai pas ressenti de mal, pour ma part), et dès les premières pages, j’ai été happée, sentant que tout démarrait bien… 
Mais avant tout, un point sur l’intrigue et sur les thèmes.

Résumé : Charley est un humain, mais Charley est surtout un animal apprivoisé.
Sur une Terre devenue leur monde d’accueil, les Hoots, des extraterrestres herbivores, ont transformé les humains en montures. Charley, jeune garçon sélectionné pour ses mensurations et ses capacités reproductives, est destiné à devenir l’une d’entre elles ; mieux encore, il est entraîné quotidiennement car promis à un futur dirigeant hoot, celui qu’il appelle Petit-Maître.
Cependant, sa rencontre avec Héron, son père libre et réfugié dans les montagnes, va chambouler son être, ses certitudes, sa destinée.

L’ouverture du livre se fait par la voix d’un Hoot, donc. Puis nous suivrons par la suite le point de vue de Charley (Smiley, son nom de monture) qui a 11 ans au début du livre, 13 à la fin. C’est donc un point de vue de pré-adolescent, presque encore enfant, assez naïf, peu cultivé (les humains savent rarement lire et écrire et quand ils ont appris, ont peu l’occasion de le faire). L’angle est biaisé aussi par le fait que Charley considère son état de servitude comme un bienfait. Lorsqu’il est libéré par son père, Héron et va vivre ensuite chez les Sauvages (les Humains qui refusent de servir de montures et vivent dans la nature) , Charley n’a qu’un souhait : retrouver le confort, la vie quotidienne même si c’est pour servir de monture, subir les brimades et vivre emprisonné. On suit  donc la complexité de son développement lors de sa vie hors du conditionnement des Hoots.  Son langage se précise ainsi que sa pensée (magnifiquement retranscrit par l’autrice ; j’ai pensé un peu dans un autre ordre d’idée à « Des fleurs pour Algernon » pour l’exercice littéraire).
De fait, Charley se trouve à un âge charnière : l’adolescence. Ses idées s’aiguisent. Il n’est pas le seul car il s’est enfui avec celui qui est destiné à devenir son maître, le Hoot : Petit-Maître, lui-même un enfant (on peut assez logiquement penser que tous deux sont plus ou moins du même âge ou, du moins, qu’ils sont au même stade de développement). Lui aussi, loin de la société Hoot, va prendre ses distances. Il va même muscler ses jambes et marcher ! (là, bémol : on se demande pourquoi les Hoots n’y ont jamais songé avant, ces petits paresseux, plutôt que de s’embêter à asservir des couillons d’humains, mais bon…).
Les thèmes tournent autour des relations  de maître à esclave, de dominant à dominé, bien sûr mais aussi du fait de grandir, de s’affranchir ou pas de son éducation, de trouver sa propre voie, d’aller vers l’Autre. La violence tient une grande part,  avec un étrange côté freudien,  tant que j’y pense (la relation entre Charley et Héron ; Charley qui veut à tout prix tuer son père,. .. je n’en divulgue pas plus).
Mais ce qui touche aux révoltes contre l’oppresseur (les Sauvages s’organisent contre les Hoots) se conclut par des issues assez dérangeantes.
On en arrive au côté dérangeant du roman : la fin. J’ai longtemps réfléchi. Est-ce vraiment si  complexe que cela ? Est-ce vraiment vouloir sortir de la zone de confort que les lecteurs auraient préférée ? Ou tout simplement une porte de sortie facile, considérée comme un peu mièvre et aisée ?
Finalement, cette conclusion adopte un parti-pris, « coupons la poire en deux, il n’y a ni méchants, ni gentils, tout le monde va s’aimer ».  Et c’est le choix de Charley, qui est très jeune, qui a été endoctriné et qui ne va pas non plus tout rejeter d’un coup. C’est le choix de Petit-Maître qui se trouve dans la même situation.

Je respecte évidemment le choix de l’autrice.  Bien sûr, nous sommes dérangés mais ça, c’est le rôle de la littérature. Je considère également que Carol Emshwiller  a pleinement réussi son coup. J’encourage donc à lire ce roman, qui dérange même si quelques passages sont un peu bancals.

Pourtant je ne suis pas satisfaite de ma lecture à cause de la fin, sans doute (sûrement) parce que ce roman résonne trop d’échos d’esclavage… (et je me tairais parce que ça devient personnel mais nous avons tous et toutes  nos limites et des sujets qui nous touchent : j’ai détesté chaque mot des dernières pages  qui donnent la part belle aux oppresseurs).

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Premières lignes — 14 février

C’est peut-être la St Valentin mais il n’est pas question de romance dans les premières lignes qui vont suivre  – ah, oui, et comme je l’ai lu en anglais, premières lignes aussi en anglais, du coup :

 » Sometimes, in that split second when Ray Levine snapped a picture and lots the world in the strobe from his flashbulb, he saw the blood. He knew, of course, that it was only in his mind’s eye, but at times, like right now the vision was so real he had to lower his camera and take a good hard look at the ground in front of him. « 

 

« Résumé : Megan est une mère et une épouse modèle, qui cache une sulfureuse jeunesse – une vie excitante qu’elle a dû abandonner 17 ans auparavant.
Ray est un paparazzi qui regrette son statut de photo-reporter et sa gloire d’antan, volatilisés à la suite d’un drame 17 ans auparavant.
Broome est un commissaire obsédé par une vieille affaire : Stewart Greene, disparu à la sortie d’un club d’Atlantic City, 17 ans auparavant.
Une nouvelle disparition – même lieu, mêmes circonstances – et quelques photos anonymes vont venir réveiller les crimes passés et révéler, derrière les blanches palissades, l’envers du rêve américain. »

C’est bien la curiosité qui a fait que je suis allée à la médiathèque emprunter « Ne t’éloigne pas/ Stay close » de Harlan Coben parce que ce n’est pas exactement le genre de polars dont je raffole : intrigues trop faciles à décrypter, style à l’avenant, etc…
Mais il faut dire qu’après avoir vu l’adaptation très…. déconcertante sur Netflix, je me suis demandé comment il était possible d’arriver à un résultat aussi bizarre. Pour ne pas tout révéler, dans la mini-série, l’intrigue est doublée de sous-intrigues emberlificotées qui ne servent à rien, desservie par des incohérences évidentes, par exemple :   vas-y que je rentre dans un commissariat de police comme dans un moulin ! et vas-y que j’oublie qu’il existe la vidéo-surveillance ; etc, j’en passe encore et des meilleurs. Les personnages principaux s’agitent dans tous les sens et se font voler la vedette par des personnages secondaires qui, eux non plus, ne servent à rien du tout, mais alors, vraiment à rien.
Au final, il se dégage une grande impression de gâchis, même si la mini-série a été numéro 1 sur la plateforme un peu partout.

J’ai quand même voulu constater si le roman dont était tirée la série contenait tous les défauts cités (enfin, certains, je n’ai pas tout listé, ce serait long) ou s’il en était autrement.
Et ma conclusion va être assez rapide : si « Ne t’éloigne pas » n’est ni le roman du siècle, ni même le polar/thriller de l’année, c’est loin d’être une mauvaise histoire. En fait, ça se lit bien (j’entends : facilement). Tous les éléments étranges qui parasitent la série n’existent pas, tout simplement. Ils ont été rajouté dans le scénario ! Ce qui est, on peut s’en rendre compte, une très, très mauvaise idée.

Juste pour le fun, parce qu’Armitage m’a fait trop rire avec ses faux tattoos. Enfin, à quel moment ça ressemble à des vrais ? On dirait qu’ils ont été faits la veille pour être aussi foncés. 

Le roman suit les points de vue des différents personnages, un moyen simple et efficace : Ray, le photographe (Richard Armitage dans la série — mais que diable est-il allé faire dans cette galère ? ). Puis Megan/Cassie (Cush Jumbo), le détective Broome (James Nesbitt, qui retrouve Armitage, bonjour le casting du Hobbit, tiens) et ainsi de suite, même avec deux antagonistes nommés dans le livre comme dans l’adaptation Ken et Barbie ( à noter que ces deux-là sont un peu plus approfondis dans le roman et moins caricaturaux mais tout aussi violents).


Par contre, et heureusement, l’intrigue va droit au but, sans se perdre dans des impasses comme : la fille aînée de Megan qui ferait connaissance lors d’une fête avec le premier jeune homme disparu  ; ou l’enlèvement rocambolesque de la même fille (qui a d’ailleurs l’air d’être la petite soeur de Megan, vu son âge…).

Si l’une est la mère, alors la seconde aura du mal à passer pour sa fille… 

Exit également les âneries sur la résolution de l’énigme « mais il y aurait un lien entre les différentes disparitions d’hommes depuis des années et je n’aurais rien vu alors que ça se passe à la même époque de l’année ? ». Bien sûr, c’est le détective qui trouve la réponse (genre : il fait son boulot).

Avec un minimum de cohérence apportée par Coben, l’intrigue se tient beaucoup mieux.
C’est pourquoi je me demande encore pourquoi  il a semblé nécessaire de créer un scénario aussi mal fichu avec des trous et des incohérences (j’ai encore lu un article où il en était question) alors que tout se tenait, à la base ?
Telle est la question.
En tout cas, le livre se lit…  sans problèmes. En anglais, aussi : et pourtant, j’avais une édition assez atroce avec des morceaux de traduction dans la marge (pour « aider », mais ça ne m’aide absolument pas, je comprends, merci, surtout quand c’est aussi simple). Pas de quoi devenir fan de ce genre de polars, mais rien à redire, en fait.

Ne t'éloigne pas par Coben

 

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Premières lignes – 8 février

Premières lignes 

« Un corbeau est posé sur la grande croix à l’entrée du cimetière. Aucun de ceux que j’aime ne repose dans ce cimetière. Aanaa n’y repose pas. Pourtant, je sens que j’ai perdu quelqu’un ici. Cela réveille de durs souvenirs des nuits de printemps, où j’étais assise là, dans l’angoisse du soleil de minuit à venir. Cela réveille des souvenirs de la nuit d’été rose, il y a un an, où, assise sur une hauteur surplombant Sermitsiaq et toutes les croix des morts, je pensais à la vie. « 

Itinéraire d’une jeune femme qui n’est à sa place nulle part ; et partout, le malaise demeure. C’est un peu en quelques mots ce que développe très habilement Niviaq Korneliussen dans La vallée des fleurs, un deuxième roman sensible qui prend aux tripes, au coeur, aussi.
On suit une jeune narratrice qui part de son foyer dans lequel elle ne sent pas à l’aise. Elle souffre encore du décès de sa grand-mère (aanaa) et vient de tomber amoureuse de Maliina. Son départ vers les études supérieures et ses débuts dans l’ailleurs (hors du Groenland), occupent la première partie (Eux). Très vite, elle comprend qu’elle n’est pas à sa place chez les Danois : choc culturel, malaise, incompréhension… Et puis, son amoureuse lui manque.
Elle apprend que la cousine de Maliina vient de se suicider. Dès lors, on comprend le lien entre les titres des chapitres qui sont autant de descriptions ou rapports de suicides et l’intrigue elle-même. La narratrice repart au Groënland, rate ses examens, retrouve son amoureuse et fait la connaissance de la famille de celle-ci qui l’accueille comme une fille. Cette fois, le récit oscille entre passé (la découverte de l’homosexualité de la narratrice, l’histoire de sa grand-mère et autres faits) et présent (la relation avec Maliina, les recherches sur les suicides). C’est la seconde partie : Toi.
Puis vient le retour  à la case départ : Groenland, dérapage, le malaise envahit tout. La narratrice a le mal de pays, le mal d’elle-même, le mal d’amour, le mal de tout. Elle rompt avec celle qu’elle aime, elle n’a plus d’attaches, plus rien qui la retient à son pays. Elle tente de partir, n’y parvient pas. Dans cette dernière partie, la plus maîtrisée, la plus émouvante, Korneliussen donne le meilleur d’elle-même et termine le roman de façon magistrale.

 « Il ne savait pas que c’était contre la lumière, et non contre l’obscurité qu’il fallait me protéger. « 

« Il y a des gens qui ne sont pas adaptés à la vie, je poursuis, tout comme il y a des personnes qui ne sont pas capables de jouir de la vie qu’après avoir été tout près de la mort, par exemple s’ils ont été renversés par une voiture. »

Je ne m’attendais pas à être happée par un roman aussi fort qui, malgré tout, comporte quelques petits passages un peu brouillons (personnages secondaires un peu inutiles, flashbacks plus ou moins bien faits). Mais ce sont des détails.
Autrice à suivre.
A noter que Niviaq Korneliussen a écrit ce roman en danois, cette fois et non en groenlandais, comme elle l’avait fait pour Homosapienne (que je n’ai toujours pas lu).

 

La Vallée des fleurs par Korneliussen

Merci à Babelio masse critique – et aux éditions la Peuplade 

Résumé : Elle vit à Nuuk, la capitale du Groenland. Elle est inuite, jeune, moderne et pleine d’humour. Elle est amoureuse de sa copine. Elle a été acceptée à l’Université d’Aarhus au Danemark et va enfin sortir du nid familial. Mais l’arrivée sur le continent réveille en elle une souffrance muette, une fêlure qui tue lentement le goût de vivre. Un événement tragique dans sa belle-famille la rappelle opportunément dans l’est du Groenland, au pied de la Vallée des Fleurs où, contre toute attente, la beauté des montagnes déclenche chez elle le début d’une rupture radicale. Elle, qui enfant avait sauté d’une fenêtre pour s’envoler, va chercher à retrouver à tout prix sa liberté perdue.

Après le succès international de Homo sapienne, Niviaq Korneliussen revient avec un chef-d’œuvre d’hypersensibilité et d’audace dans lequel elle aborde de front le difficile sujet des épidémies de suicide qui touchent son pays natal.

La vallée des fleurs de Niviaq Korneliussen
Traduit du danois par Inès Jorgensen
Éditions La Peuplade
384 pages, janvier 2022

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Le Malade Imaginaire — Molière 2022

Cette année, nous célébrons en France le 400 ème anniversaire de la naissance de Molière. 

Ce n’est pas rien, 400 ans, ni personne, Molière. De même qu’on parle de la « langue de Shakespeare » pour désigner l’anglais, on dit du français, « la langue de Molière » (les journalistes adorent ça, même si c’est aussi la langue de …bien d’autres !).

Pour fêter cet anniversaire, nous avons la chance de voir se multiplier les événements autour Jean-Baptiste Pocquelin dit  » Molière « dont un bon nombre de représentations #Molière2022.

Description de cette image, également commentée ci-après

Et par un heureux hasard, dû à Omicron, je suis allée au théâtre Graslin voir « Le malade imaginaire », la dernière pièce écrite par Molière, en 1673, jouée en février 1673 (Molière décède au bout de la 4ème représentation, ce qui ajoute à la légende).

Comme pas mal d’autres français et françaises, j’ai étudié au moins une pièce de Molière à l’école (au collège). Et justement, il s’agissait du Malade imaginaire, en 5ème. Mes souvenirs remontaient donc à mes…12 ans. Mais comme j’avais dû apprendre par coeur certains passages et que la pièce est vraiment formidable, je dois dire que tout m’est revenu assez vite.
Bien sûr, je n’ai pas étudié que celle-ci : il y a eu  Don Juan, plus tard, Les Femmes savantes et le Misanthrope  ( on aime bien Molière, à l’école). Sinon, j’ai lu ou vu, Le Bourgeois Gentilhomme (l’autre soir encore, à la TV, une mise en scène savoureuse de Jérôme Deschamps qui nous a bien fait rire) ; Les Précieuses Ridicules ou  L’école des femmes. 

Le Malade Imaginaire a ceci d’intéressant qu’il s’agit d’une comédie-ballet qui n’est presque jamais représentée dans sa totalité avec tous les intermèdes chantés et dansés :

La comédie de Molière était donnée initialement avec des intermèdes musicaux à la fin de chaque acte, y compris l’intronisation finale d’Argan à la médecine. Cléante et Angélique chantent une courte pièce au début du deuxième acte.

Marc-Antoine Charpentier a composé plus qu’une musique de scène,. Le jeune compositeur avait succédé à Jean-Baptiste Lully brouillé avec Molière. Charpentier fut obligé de remanier deux fois sa partition, nous laissant ainsi trois versions. Par la suite certaines parties de la musique ont été dispersées et n’ont été retrouvées qu’en 1980 dans les archives de la Comédie-Française

Le , à Paris au Théâtre du Châtelet, la pièce est montée pour la première fois dans sa création d’origine, avec la musique de Charpentier (première version H.495, qui dure plus d’une heure), dans une mise en scène de Jean-Marie Villégier, une chorégraphie de Francine Lancelot, William Christie à la direction des Arts Florissants.

Le , à Nantes au Théâtre Graslin, la pièce est montée une seconde fois dans sa version de comédie-ballet, avec la musique de Charpentier, dans une mise en scène de Vincent Tavernier, une chorégraphie de Marie-Geneviève Massé, avec Hervé Niquet / Nicolas André à la direction du Concert Spirituel.

La comédie-ballet dure donc 3h30 (avec un très beau prologue).  C’est cette version que nous sommes allés voir dimanche dernier et c’est aussi cette version qui a été filmée et qui passe ce soir sur France 4 (canal 14). 
Comme c’est un vrai régal, je vous invite à la regarder, à défaut d’avoir pu la voir au théâtre. Quelques images et quelques vidéos à suivre : 

Le prologue :

 » Argan se croit malade, toute sa famille subit les conséquences de son hypocondrie, et d’autres cherchent à en tirer le meilleur bénéfice. Tout se dénoue lorsque dehors, le carnaval se déchaîne et que se soulèvent les masques tristes… On a pu l’oublier mais Molière a inventé ce qui deviendra la comédie musicale : une œuvre d’art totale qui entrelace texte, musique, chant et danse. Le Malade imaginaire (1673) n’est donc pas une simple comédie mais une grande fête baroque. Neuf comédiens, huit danseurs, six solistes, dix-neuf instrumentistes et un chef portent la virtuosité inégalée de l’œuvre dont la partition musicale fut écrite par Marc-Antoine Charpentier. Décors en trompe-l’œil, costumes inventifs, vitalité débordante : cette version célèbre l’exubérance de Molière. »

Le prologue : un superbe carnaval

 

La fin :

Le Malade Imaginaire (programme à feuilleter)

Direction musicale Hervé Niquet / Nicolas André

Mise en scène Vincent Tavernier

Chorégraphie Marie-Geneviève Massé

Décors Claire Niquet

Costumes Erick Plaza-Cochet

Lumières Carlos Perez

 

Avec :

l’Orchestre du Concert Spirituel

 

Les comédiens des Malins Plaisirs : Pierre-Guy Cluzeau, Marie Loisel, Juliette Malfray, Jeanne Bonenfant, Laurent Prévôt, Quentin-Maya Boyé, Benoît Dallongeville, Nicolas Rivals, Olivier Berhault, Valentine Lansac et Félicie Philippot.

 

Les solistes du Concert Spirituel : Axelle Fanyo, Lucie Edel, Flore Royer, Blaise Rantoanina, Romain Dayez, Yannis François et Nicolas Brooymans.

 

Les danseurs de la Compagnie de danse l’Éventail : Anne-Sophie Ott, Clémence Lemarchand, Céline Angibaud, Olivier Collin, Robert Le Nuz, Artur Zakirov, Romain Di Fazio et Pierre Guilbault.

Arts d’hiver — 32

Un grand monsieur de l’illustration fantasy puisqu’il a dessiné la Terre du Milieu : David Thorn Wenzel. 

David Thorn Wenzel has been part of the fantasy art movement since the 1970’s when Middle Earth: The World of Tolkien Illustrated was released. He has continued to work on fantasy projects in the children’s book, trade book, and graphic novel markets throughout his career. Illustrations from his 1980s book, Kingdom of the Dwarfs as well as the cover art of The Hobbit, are in the permanent collection of the New Britain Museum of American Art Art and The Greisinger Museum, Switzerland as well as numerous private collections worldwide.

His early works reflected his interest in pen and ink combined with watercolor and were inspired by artists like Rackham and Dulac. These mediums and techniques were instrumental in creating the artworks for The Hobbit, a graphic novel first published in the early 90’s which has been revised and continues to be published worldwide under the oversight of J.R.R. Tolkien’s UK publisher. Wenzel began his career working for Marvel and D.C. comics, working on The Avengers and Savage Sword of Conan. Other notable titles include the graphic novel of The Hobbitand The Wizard’s Tale. Over the course of his career he has also illustrated numerous children’s books

Smaug the Destoyer Comic Art

Bilbo Baggins

Mr. Baggins relaxing in his chair Comic Art

Gandalf, Bilbo et les nains

 

Bilbo Appears Comic Art

Bilbo et les trolls :

Trolls Comic Art

Troll Scrum Comic Art

Thorin chez le roi des elfes :

Thorin and The Elven King Comic Art

Rivendell

The Warmth of Rivendell Comic Art

Thorin à Laketown

 

Thorin in Laketown, Page 92, The Hobbit Graphic Novel Comic Art

La communauté de l’anneau

The Fellowship of the Ring Comic Art

Gandalf

Gandalf watercolor By David Thorn Wenzel Comic Art

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