Premières lignes – 20 mars

Premières lignes (et c’est le printemps)

 

 » Une pièce d’argent pour un conte en or.
C’est de cette manière que les histrions et les poètes apostrophent les passants. Il est rare qu’ils obtiennent plus d’une pièce de cuivre, mais la formulette est pour ainsi dire traditionnelle. Elle existait avant que leur congrégation déambule dans les rues avec un bandeau sur les yeux, avant les maisons. Certains disent avant même la création de la Cité. « 

 

Capitale du sud, tome 1 : Le Sang de la cité par Chamanadjian

Le sang de la cité est un premier volume et, originalité, non  seulement celui d’une trilogie Capitale du Sud mais d’une double trilogie. Son pendant est consacré à la Capitale du Nord et écrit par Claire Duvivier ( Un si long voyage). On peut dire que les éditions Aux Forges de Vulcain nous gâtent.
Guillaume Chamanadjian se consacre donc à Gemina,  assez inspirée de l’Italie. Dans cette cité-état,  de grandes Maisons aux noms d’animaux sont installées dans de vastes quartiers qu’elles n’entendent pas partager. Et tout débute par un retour en arrière ; une guerre gagnée par la Maison de la Caouane (la tortue). Le Duc Serviant la gagne et anéantit le Souffleur. Il  délivre aussi deux orphelins dont nous allons suivre la vie : Nox (pour Nohamux) et Daphné. Les deux enfants deviennent les protégés du Duc pour servir ses intérêts politiques.
Mais, comme dans L’assassin royal ou dans le Cycle de Syffe, nous ne l’apprendrons qu’au fil du livre puisque nous suivons essentiellement le parcours et le point de vue de Nox — et ses pérégrinations au sein de la Cité. C’est bien là la grande force de ce roman qui mêle les courses de Nox dans les ruelles, ses expériences culinaires (savoureuses). La Cité est particulièrement vivante avec les parfums, les saveurs, les dialogues.
On ne se perd pas dans des descriptions à n’en plus finir ou dans des considérations sur le pouvoir ; on vit ce qui se trame, on suit les pas de Nox ( une grande force du « show don’t tell » une fois de plus).
J’ai apprécié ce roman jusqu’au bout ; une fois plongée dedans, je ne pouvais plus en sortir…

Une vraie réussite et, pour moi, l’un de mes coups de coeur de cette année.

 

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