Premières lignes — 2 novembre

Premières lignes

« Il était 5h42, au matin du 1er mai 1983, dans l’ouest de l’Angleterre, et un mince filet de soleil pointait au-dessus de la crête. Toutefois, il faisait encore frais et presque noir dans la vallée peu, où un ruisseau limpide coulait en ligne droite puis décrivait un large coude avant un petit barrage, un kilomètre et demi en aval. (…) Une jeune femme sortit de la ferme en bâillant, les yeux mi-clos, encore plus ou moins perdue dans un rêve qui lui avait paru bien réel.
Susan Arshaw avait dix-huit ans depuis deux minutes, et un physique saisissant plutôt que réellement avantageux. Ses sourcils d’un noir corbeau contrastaient avec le duvet décoloré qui couvrait son crâne rasé. »

Le début, assez poussif, est trompeur : ce roman a plutôt tendance à foncer à 100 à l’heure et à accumuler les scènes d’action. Trop, même. Et c’est son principal défaut.
Le titre était pourtant prometteur : Les libraires gauchers de Londres (The Left-Handed Booksellers of London). J’avoue que pour une ancienne libraire, pas gauchère, mais ambidextre, le titre avait de quoi plaire !
Et le résumé est aussi assez séduisant : en 1983, Susan vit à la campagne. Elle part étudier l’art, à Londres et tenter de trouver enfin ce père qu’elle n’a jamais connu et dont s amère ne semble garder aucun souvenir (c’est un peu louche, ça, et pas très solide, mais, passons…). Mais, voilà, dès qu’elle commence à poser des questions à un type qui aurait dû être un pseudo « tonton » (possible ex de sa mère), de gros ennuis lui tombent dessus …et magiques ! Heureusement, elle fait la connaissance de Merlin, libraire gaucher et « homme de terrain », qui la tire de ce mauvais pas, puis de sa soeur, Viviane, libraire droitière, chargée des recherches.
Très vite, Susan va comprendre que son père n’est pas ou n’était pas un humain ordinaire et que le monde réel côtoie l’ancien monde peuplé de figures mythiques, pas toujours aimables…
Le rythme est trépidant, trop, je l’ai dit. On aimerait qu’à certains moments, l’auteur nous laisse souffler et fasse des pauses aussi pour ses personnages, prenne le temps de développer son univers. Car le monde ancien est très vite expédié. Et c’est dommage.
De même, si les personnages principaux sont vraiment attractifs (Merlin, Viviane, les libraires de la famille et cette jeune Susan qui ne doute de rien), leurs relations sont basiques (clichés?).
Pas mieux du côté des enjeux. Et c’est plus ennuyeux car, même si on devine assez vite qui est le « grand méchant », on se demande encore à la fin pourquoi il a agi ainsi. Tout cela reste assez flou.
Donc, pour résumer, il arrive des tas d’ennuis (assez graves) à nos personnages à une vitesse hallucinante sans qu’on comprenne le pourquoi. Le résultat ? un sentiment de frustration en fin de lecture…
L’idée était bonne : la couverture de la librairie, les livres, le métier de libraire. Mais rien de tout ça n’est exploité sauf en clin d’oeil du genre « on va ranger des livres pour se calmer les nerfs » ou « quand je stresse, je lis un livre » (heu..).
De plus, c’est le 1er tome d’une série : le second s’appelle :The Sinister Booksellers of Bath. Mais  comme par hasard, les éditions Leha ne font aucune mention d’un tome 2… (pas bien, ça,  Leha).
Je pense que ce roman ne me laissera pas un grand souvenir même s’il se lit bien.
Un conseil entre nous : si vous le trouvez en bibliothèque ou qu’on vous le prête/donne/offre, allez-y. Mais ne dépensez pas vos euros, vraiment.

Traduction : Florence Bury
Éditeur : Editions Leha
Nombre de pages : 584
Prix : 20€ (broché) / 25€ (relié)

Les libraires gauchers de Londres par Nix

 

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