Premières lignes #18août

Changement radical de ton et de genre cette semaine et même de langue, tiens, puisque je vous emmène faire un tour en Angleterre, dans la région des Cotswolds pour ces Premières Lignes : 

« A mild damp winter was edging towards spring when Agatha Raisin motored slowly homeward to the villageof Carsely after a long holiday. She persuaded herself that she had had a wonderful time far away from this grave of a village. She had gone to New York, then to Bermuda, then to Montreal, and then straight to Paris, and so on to Italy, Greece and Turkey. »

 

Agatha Raisin enquête, tome 3 : Pas de pot pour la jardinière par Beaton

Jusqu’ici,  je n’avais pas encore essayé la série de M.C Beaton, Agatha Raisin. Je me disais toujours « plus tard, plus tard » et vu l’état de ma PAL, ça peut se comprendre. Mais je suis tombée un peu par hasard sur une diffusion d’un des épisodes de l’adaptation en série à la TV… et c’était tellement bien fichu et décalé que Monsieur et moi-même sommes partis à la recherche des oeuvres de Ms. Beaton.
Et cette dame a écrit énormément de romans !   Si les Agatha Raisin sont traduits en français, beaucoup d’autres séries qu’elle a publiées sous ses autres pseudonymes (et elle en a pas mal) sont inconnus ici. Son autre série-phare, Hamish McBeth, écrite avant Agatha Raisin commence à être éditée en France. J’ai d’ailleurs lu Qui va à la chasse, une succulente enquête en Ecosse, totalement décalée une fois de plus (merci  la tradition de l’humour à la Wodehouse, Tom Sharpe, David Lodge)

Hamish Macbeth, tome 2 : Qui va à la chasse par Beaton

Agatha Raisin se situe à peu près dans la même veine. On pense suivre une enquête tranquille dans un village tout aussi tranquille des Cotswolds (cette superbe région d’Angleterre) mais petit à petit, tout déraille. Les gens ne sont pas ceux que l’on pense. Ils ont la langue bien pendue – et acérée. A commencer par notre Miss Marple délurée qui traque aussi bien les criminels que les célibataires du coin, Ms. Raisin.
M.C. Beaton a elle aussi une plume bien affûtée et tisse des dialogues comme personne.
Et l’enquête n’est pas bâclée pour autant. Bref, une bonne histoire, des personnages bien campés, une écriture acérée: je comprends pourquoi les enquêtes d’Agatha ont autant de succès, c’est totalement mérité !

Agatha Raisin and the Potted Gardener (English Edition) par [Beaton, M.C.]

 

Résumé : Au retour de ses vacances, Agatha Raisin rencontre Mary Fortune, jardinière émérite qui a pris la place qu’elle convoitait dans le cœur de son voisin, James Lacey. Mais avant qu’elle n’ait le temps de l’évincer, la séductrice est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs.

 

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Le monde étrange et sombre d’Abigail Larson – L’été de l’art #38

Je savais que j’allais parler de cette illustratrice un jour ou l’autre puisque je la suis sur Deviant Art et Instagram depuis quelques années maintenant. Et que j’aime beaucoup ce qu’elle fait…

Abigail Larson est donc une illustratrice:

Beetlejuice tribute

« Abigail’s strange and macabre illustrations have been shown in galleries in many cities throughout the US and Europe, including New York City, Los Angeles, London and Paris. She’s worked with DC Comics, IDW Publishing, Titan Comics, Image Comics, Universal, Pelican Books, 3DTotal, SYFY, and Sideshow Collectibles.In 2016 she won the Hugo Award for « Best Professional Artist. »Her fully-illustrated version of H.P. Lovecraft’s « The Cats of Ulthar » was released in November of 2016, and her tarot deck « The Dark Wood Tarot » will be released by Llewellyn Publishing in 2020. » (source)

Le retour de Perspéphone

 

 

 

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Premières lignes #11août

N’ayant pas encore trouvé le courage – ni l’envie – de me plonger dans un roman post-apocalyptique, le thème du mois d’août pour le challenge HMSFFF ( trop de zombies pour moi dans cette sélection, les créatures que j’aime le moins avec les vampires ), je me suis tournée vers un roman que je cherchais depuis quelques mois et que je ne pensais pas,  ou plus trouver… Finalement, la médiathèque a exaucé mon souhait ! Premières lignes tout de suite :

« Ces derniers temps, mes nuits sont courtes.
Le robinet couine et pleure son eau glacée dans la cuvette de céramique. Mes doigts frissonnent. J’asperge mon visage avant de me regarder dans le miroir. Mes cernes sont lourds, les lèvres abîmées, mes traits affaissés. J’essaie de sourire et mon reflet se tord. « 

J’avais beaucoup entendu parler de ce roman YA à sa sortie (avril de cette année) puisque la maison d’édition (Editions Lynks) avait alors fait un gros travail de teasing. Avec une superbe couverture créée par Miesis , qui ne pouvait qu’attirer l’oeil, je dois dire que j’avais vraiment envie de savoir ce que ce roman avait dans le ventre. D’un autre côté, j’avais aussi peur d’être déçue…

Les Nocturnes par Corsac

De quoi parle donc Les Nocturnes ? Résumé tout de suite avant de dire ce que j’en ai pensé :

Résumé : Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su… Aurions-nous quand même été jusqu’au bout ?

Un nom, un bloc, une couleur d’uniforme : Rouge ou Vert. Ce sont les seules informations dont disposent les deux-cent-cinquante pensionnaires de la Croix d’If, entrés dans l’institut sans le moindre souvenir et sans opportunité de sortir.
Natt Käfig est un Rouge du bloc 3A. Il est le dernier à avoir vu Laura, une Verte, avant sa mystérieuse disparition. Il se fait approcher par un groupe d’élèves… Qui sont ces « Nocturnes » qui ont besoin de son aide et qui pensent que Laura avait découvert les raisons de leur présence dans l’institut ? Rouges et Verts vont devoir collaborer pour percer le secret de la Croix d’If et échapper à l’administration. Y parviendront-ils en apprenant qu’ils sont prisonniers pour des motifs différents ?

Avec un résumé intrigant à souhait, on s’attend à découvrir de sombres secrets dans cet institut perdu au milieu de nulle part et, surtout, on s’attend  à haleter tout au long de la lecture. Certes, on est tenu en haleine, mais en raison de la grande révélation : on est vite fixé sur ce qui distingue les Verts des Rouges – et c’est bien trouvé. J’apprécie beaucoup ce genre de trouvaille : l’autrice ne cherche pas à être la plus originale qui soit (à ce sujet, le roman m’a fait penser à Caïn, de Dario Alcide)  mais elle vise juste, elle est bien renseignée et sait mettre en place un système, des personnages qui trouvent leur place et évoluent de façon cohérente. Et ça fonctionne !
L’atmosphère devient de plus en plus sombre, de plus en plus pesante. Le danger finit par se situer au sein de l’institut, lorsque les Verts et les Rouges, livrés à eux-mêmes, commencent à se battre entre eux pour des raisons que je ne vais pas révéler ici.
La fuite devient la seule solution…
Mais l’extérieur est-il plus accueillant ? Quel est le danger ? Les autres ? Eux-mêmes ? Car si ces jeunes adultes se sont retrouvés un jour dans cet institut, privés de leurs souvenirs, n’était-ce pas parce qu’ils le souhaitaient ? N’était-ce pas pour oublier une partie d’un passé traumatisant et traumatique ?
Les questions posées,  comme dans Caïn, même si le thème diffère,  sont ici aussi cruciales.

J’ai passé un bon moment avec Les Nocturnes et j’ai particulièrement apprécié le développement des personnages (avec un bonus pour celui de La Chouette).
Tess Corsac est une jeune autrice. J’espère sincèrement qu’elle continuera sur cette voie car elle nous promet de bonnes surprises dans ce cas.

Tess Corsac – Les Nocturnes
Editions Lynks – 16, 90€

 

 

Note de la semaine du 15 août 2019 (après écriture de cette critique)

En parlant des éditions Lynks, justement, j’ai été un brin étonnée, cette semaine. Les éditions avaient proposé aux  personnes possédant un compte Insta, un compte Babelio, Booknode, un blog  de se manifester si intéressé.e.s par un service de presse pour un roman à paraître bientôt. Je l’ai fait, le résumé du roman m’intéressait (en même temps, je ne demande jamais quand je ne suis pas emballée). Mais, comme pour « Les Nocturnes », j’ai reçu une fin de non-recevoir.
Pas de souci, bien sûr. Sauf que le ton était légèrement infantilisante : on  me conseillait de « continuer à faire de jolies photos « (de livres), mais sans prêter attention à la qualité de mes critiques ici sur le blog. Visiblement, vendre des livres pour certains, c’est chercher de l’audience, de la visibilité à tout prix : les fameux « influenceur et influenceuses », même si le terme tend à perdre de sa crédibilité dans le web marketing – on parle de plus en plus « de personnes inspirantes » par ex.
De même, je tiens à préciser à aussi qu’on ne vend pas des livres comme on vend des carottes ni des choux (c’est très joli, les choux et les carottes en photos, ceci dit). C’est même la base du marketing littéraire. J’ai bien l’impression que certain.e.s ont loupé le coche, du coup…
Comment dire… si promouvoir des  auteurs et autrices consistent à collectionner de « zolies photos » ( le terme a hérissé ma fibre de photographe) sur instagram, voilà une maison d’éditions qui a une étrange façon d’envisager la littérature et de traiter ses auteurs.
Bon, ce n’est pas très grave pour moi, j’ai beaucoup de livres à chroniquer mais je m’interroge sur de telles pratiques. Je lisais un post du maison d’éditions ce matin (Les Moutons Electriques, pour la citer, vu la qualité de ce qu’ils font) qui disait en substance qu’ils étaient des éditeurs et non des publieurs. (« car nous sommes des éditeurs, pas des « publieurs ».. » sur FB ) C’est bien toute la différence.

 

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Les chats de Charles Wysocki – L’été de l’art #37

Il paraît qu’aujourd’hui marque la journée internationale du chat (je pense que c’est tous les jours, la journée du chat ^^). Pour rendre hommage aux matous et aux minettes, voici les chats de Charles Wysocki (1928-2002) un peintre américain connu aussi pour ses représentations faussement naïves de la vie campagnarde américaine. 

Frederick the Literate

 

 

« I especially like to inject a touch of humor into my work. So much of art today tries to reach for the profound or is painted for shock value. I see life on the lighter side, in much simpler and more basic forms. I personally feel that art should be fun for the artist as well as the viewer. But I work hard at doing my very best to make each painting both as simple and as interesting as possible. It’s difficult. I try. Children, bless their clear eyes, enjoy the simplicity in my work and this really thrills me each time. Art appreciation is not exclusively for adults. I am constantly surprised at how articulate youngsters are in expressing themselves, how clearly they see connections, both within the paintings and to life. » –Charles Wysocki

 

Mabel the Stowaway

Elmer and Loretta Hangin' Out

 

 

J’ai vu que l’illustration ci-dessous existait en poster (et pouvait se commander en ligne)

Charles Wysocki - Classic Tails -  Print Poster  (Overall Size: 18.5x35.5)  (Image Size: 14x31)

 

 

Charles Wysocki Cat Picture ALL BURNED OUT

Max in the Adirondacks

Monty, Minding the Stor

 

 

 

 

Et oui, c’est un livre aussi ….

 

Premières lignes #4août

Premières lignes pour un coup de coeur, cette semaine ❤️

« C’était le genre de vieille usine qu’on ne trouve que dans les pires quartiers des grandes villes; Des années de crasse et de pollution avaient terni ses briques autrefois rouges et tirant désormais sur le gris-brun. L’enceint extérieure était surmontée de torsades de barbelés acérés. Le métal avait rouillé et cédé à certains endroits sans jamais être réparé, comme si les propriétaires avaient décidé qu’à défaut de pouvoir repousser les cambrioleurs, ils s’efforceraient au moins de leur transmettre le tétanos. »

Ainsi débute le deuxième tome de la série Alex Verus, de Benedict Jacka, une série de fantasy urbaine, classée en Y.A en France (chez les adultes, en Angleterre). J’avais choisi totalement par hasard à la médiathèque le 1er tome Malédiction, et surprise ! ce livre est une pépite !
Les personnages sont intéressants, jamais manichéens. Le monde magique présenté ici est d’ailleurs peuplé de mages et créatures magiques qui ne cessent de surprendre le lecteur. L’action est vraiment bien menée (on est accroché du début à la fin, encore plus pour le deuxième tome que pour le premier). Et malgré des scènes plus sombres (combats, tortures, …), il y a beaucoup d’humour.
A ce jour, cinq tomes ont été traduits ici en France. Neuf sont parus en anglais (le dixième est annoncé pour septembre prochain).
Certains ont voulu y voir des liens avec Harry Potter, (?) mais, à part le fait qu’un monde magique soit évoqué, je ne vois vraiment pas le rapport. Nous avons ici des personnages adultes, une magie différente – et  le personnage principal est un devin, non un petit  sorcier à l’école.

Faut-il le lire ?
Oui, si on aime la magie, la fantasy, Londres, la mythologie, les intrigues  – et même si on est arachnophobe.

Alex Verus, tome 1 : Destinée par Jacka

 

Alex Verus, tome 2 : Malédiction par Jacka

Résumé : Alex Verus vit à Londres et il est devin. Il peut voir le futur comme un faisceau de probabilités. Pour le commun des mortels, c’est un don impressionnant, mais pour les autres mages, c’est le bas de l’échelle des arts occultes. De toute façon, Alex a tourné le dos à cette confrérie. Trop de rivalités, de secrets, de complots, trop de morts… Sa seule ambition est de mener une existence sans histoires, caché dans sa petite boutique d’accessoires pour magiciens amateurs. Dans l’arrière-salle, il continue à faire un peu de marché noir, c’est risqué mais le commerce des vrais objets magiques lui permet de payer le loyer

 

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Visions de Dune par Simon Goinard – L’été de l’art #36

C’est en suivant l’actualité du prochain film Dune (version 2020) que je suis (re)tombée sur le travail de Simon Goinard autour de la série de Frank Herbert. Car, si ses illustrations ne sont pas en lien direct avec le développement du film, elles donnent une vision vraiment intéressante. 

Et, disons-le, c’est magnifique !

Les Fremen

 

 

 

Feyd Rautha:

Simon Goinard a travaillé pour de gros clients (Ubisoft, Walt Disney Company, Applibot Inc, Nexus Prod UK, ArenaNet/ NCsoft, Warner Bros, …)
Un aperçu :

 

 

Son site
Art Station

Premières lignes #29juillet spécial HMSFFF de juillet

Des Premières lignes consacrées au #HMSFFF challenge  aujourd’hui !
Le thème de ce mois de juillet était « Espace et temps » :

Un petit point sur la sélection de juillet

La sélection proposée était, une fois de plus, très sympa. Découvrir la sélection ressemble un peu à l’ouverture d’un paquet-cadeau: on a hâte !
J’avais déjà lu (de nombreuses fois) Fondation ; le cycle de Fondation entier a longtemps fait partie de mes relectures favorites, durant les années 90, avec Dune et Le Seigneur des anneaux. 

Cette fois, je ne me suis pas replongée dans les aventures de la psycho-histoire. Lu aussi La horde du contrevent  dont je ne suis définitivement pas fan. Ce roman est le type même du « soit on adore, soit on déteste ». Je passe mon tour….

Ah, et Replay ! Ce roman de Ken Grimwood avait été une très bonne surprise. Je l’avais trouvé par hasard à la bibliothèque et je n’avais pas été déçue. Car, pour voyager dans le passé, ça, on y fait des allers-retours. Je le recommande vivement, celui-ci et, si possible, j’en parlerai à nouveau.

 

Premières lignes x 2

Cette semaine, donc, double découverte et doubles premières lignes !
C’est par ici :

 » Je donnerai à mon rapport la forme d’un récit romancé. C’est ce que l’on m’a appris lorsque j’étais petit, sur ma planète natale, que la Vérité est l’affaire d’imagination. « 

Le décor est planté dès le début. Ce livre sera le récit d’une rencontre; entre un « étranger » et une planète, une civilisation, une culture, une société, les problèmes de compréhension des mœurs, politiques, comportements et langages. L’hermaphrodisme posant le plus de soucis à l’envoyé de l’espace.
Très souvent, La main gauche de la nuit m’a fait penser aux romans de Jack Vance – et ça, c’est mon point positif ! – avec sa richesse, sa diversité et souvent, ses chocs culturels (refrain bien connu: il faut lire Jack Vance).
Pourtant, je ne sais pas si je dois accuser la canicule qui a rendu mon cerveau complètement apathique, mais j’ai eu du mal avec ce roman au rythme lent, très intériorisé. Cela ne me dérange pas en règle générale mais cette fois, Ursula Le Guin a eu du mal à m’embarquer sur la planète Nivôse. Je pense qu’il faut prendre son temps, savourer ce livre pour bien l’apprécier. Je n’exclus pas une relecture, plus tard.

La Main gauche de la nuit (Le Cycle de Hain, Tome 4)

Résumé : Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n’y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains. Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l’un ou l’autre sexe.
Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle. L’Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l’Ekumen ?

Et pour terminer avec ce spécial HMSFF challenge, des premières lignes issues de l’autre roman que j’ai choisi de découvrir :

« Le 14 novembre 1971
La route de Long Valley qui défile sous mes pneus. Belle journée; soleil radieux, ciel bleu. Les lisses en béton blanc se succèdent de part et d’autre de la route. un cheval m’examine. Les verts pâturages de la région de Los Angeles. « 

Voilà un roman de Richard Matheson qui débute …à la manière de Matheson. Le point de vue est celui du personnage principal, le récit à la première personne (c’est aussi le cas dans Je suis une légende ou l’excellente nouvelle Journal d’un monstre). Matheson utilise une méthode redoutable : nous faire entrer dans l’intimité d’un personnage, généralement solitaire voire exclu, le développer, nous faire participer à son évolution et à ses aventures pour,  au final, brutalement le plonger dans le malheur. Ou presque.
Mais, si le procédé est diablement efficace dans Je suis une légende, il fonctionne moins bien ici. Le héros est vite plongé dans d’interminables atermoiements,  auto-apitoiements, et autres plaintes qui, même si compréhensibles de la part d’un homme tombé fou amoureux, ne font que ralentir la lecture. Le rythme en pâtit. Quant au dénouement, il est évident et provoque peu de surprise.
Bref, on s’ennuie pas mal. Je ne garderai pas en mémoire Le jeune homme, la mort et le temps (adapté au cinéma en 1980 sous le titre « Quelque part dans le temps « – Somewhere in time )  préférant d’autres romans et nouvelles de Matheson.

Le Jeune Homme, la mort et le temps par Matheson

Résumé : A trente-six ans, il n’a plus que quelques mois à vivre. Que peut-il faire face à son désespoir?
Le voici échouant dans un vieil hôtel au bord de la mer, où il trouve la photographie d’une jeune femme ravissante, qui fut actrice à la fin du XIXème siècle.
Il tombe amoureux du portrait et cherche à découvrir la vie de cette actrice qui, comme lui, ne s’est jamais mariée.
Et, peu à peu, cette curiosité passionnée devient un véritable lien, un véritable amour.
Mais comment va-t-il pouvoir rejoindre sa bien-aimée ?

 

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Premières lignes #21juillet

Premières lignes consacrées à un roman qui se situe dans les années 60/70  aujourd’hui

« Son prénom se prononçait « Jack-ah-ran-dah », évoquant ces lampions-citrouilles nommés « jack-‘o’-lantern », sur le même rythme. Le nom d’un arbre fleuri, flamboyant, d’Amérique Centrales, qui pousse à Los Angeles, et en espagnol on disait à l’origine : » Hawk-ah-rahn-dah ». C’était ses parents tout craché, d’appeler leur fille Jacaranda. « 

Sex & Rage par Babitz

Eve Babitz est une figure de la scène artistique des années 60/70. Son roman, Sex & rage, publié en 1979 est son deuxième livre traduit en France (seulement).
Derrière le personnage de Jacarandah, on devine sans peine le sien, celui d’une jeune femme qui posa nue à 20 ans pour une célèbre photo de Julian Wasser, sur laquelle elle affronte Marcel Duchamp aux échecs. 

Duchamp Playing Chess with a Nude (Eve Babitz), Duchamp Retrospective, Pasadena Art Museum, 1963

Mais ce n’est pas pour cette anecdote, ni pour ses relations avec Jim Morrison ou Harrison Ford, que Sex & Rage est un livre intéressant. C’est, avant tout, unroman d’apprentissage, écrit de façon nette et sans ornementation, servi par une très bonne traduction. Eve Babitz va à l’essentiel et on se prend au jeu. Intéressant.

 

A lire

  • si vous aimez les romans d’apprentissage, les années 60/70, les grandeurs et décadences diverses, la pop culture.
  • si vous avez aimé « Daisy Jones & The Six » ou si vous avez très envie de le lire

 

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Hamba kahle, Johnny Clegg

Adieu, Johnny Clegg

Johnny Clegg, on l’a tous écouté, entendu, que ça soit dans les années 80 ou depuis, puisque des titres comme Asimbonanga ou Scatterlings of Africa sont intemporels. Johnny Clegg est lié pour toujours à Mandela, à la fin de l’Apartheid, à l’histoire de l’Afrique du Sud – à une partie de l’humanité. Il nous rappelle sans cesse que lutter pour l’égalité, la justice, n’est pas vain. Et que le racisme est une honte et une connerie.

Johnny Clegg, on le sait peu, était aussi anthropologue, spécialiste de la culture zouloue.

Pour nous, il est surtout un formidable musicien, un incroyable performeur pour ceux qui l’ont vu sur scène – et je suis heureuse de dire que c’est mon cas.  Les frissons provoqués par Asimbonanga sur scène sont indescriptibles. Il y avait un monde fou ce jour de juin 1988 près de Nantes – on parle de 20 000  personnes. La tournée effectuée par Johnny Clegg et Savuka avait explosé tous les records en France.

Il restera une voix, un musicien, un artiste, plus simplement, un être humain. La musique demeure…