Music is might #10

 

Music is might est une série d’articles faisant des liens entre des chansons )ou des vidéos qui, a priori, n’ont rien à voir entre elles; parlant de liens émotionnels, d’ univers musicaux découverts ou à découvrir. Quand la musique fait sens…

Le titre est une référence à JK Rowling qui dans Harry Potter utilise le  slogan  « Magic is might ». En français, l’allitération en « m » est malheureusement perdue (la traduction est « la magie est puissance », chap. 12 des « Reliques de la mort »

Connue à nouveau grâce à une pub pour le parfum, « Child in time » de Deep Purple apparaît sur le fameux album « In rock » – nous sommes en 1970, Deep Purple quitte peu à peu ses sonorités psychédéliques pour alimenter ce qui va être bientôt le hard rock.
L’intro est très reconnaissable grâce au clavier de Jon Lord. Un chef d’oeuvre doublé d’une chanson contestant la guerre du Vietnam:

Mais voilà…Quelques années plus tôt, Vince Wallace
compositeur de jazz, aujourd’hui complètement inconnu a écrit un titre nommé « Bombay calling » (1962).

 

Ce titre a donc été  repris/plagié totalement par It’s a beautiful day en 68:

 

 

Ian Gillian de Deep Purple reconnaîtra en 2002 sa filiation avec le « Bombay calling  » de It’s a beautiful day – il ne connaît pas la chanson originale de Vince Wallace.

Le créateur original, Vince Wallace a tenté de prouver le plagiat par It’s a beautiful day mais n’a jamais eu gain de cause (il s’exprime à ce sujet dans cette lettre)

Pourtant,  la petite histoire ne s’arrête pas là! En 1970, It’s a beautiful day sort l’album « Marrying maiden« , avec, comme premier titre un « Don and Dewey » complètement calqué sur…..

….ce morceau de Deep Purple , « Wring that neck » (album « The Book of Taliesyn » de 68/69) . 

Plagieur plagié ou presque, les deux groupes en ont beaucoup ri.  Il reste que Vince Wallace n’a pas ri autant et n’a pas profité de cette gloire, lui….Et il reste non crédité quand « Child in time » passe en boucle.

Si vous voulez écouter d’autres morceaux de Deep Purple inspirés de…., cette vidéo est bien faite (et évidemment, je ne l’ai trouvée qu’en finissant d’écrire cet article, je ne l’ai pas …plagiée ^_^):

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Premières lignes #28janvier

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, ma lecturothèque .

Ce sont des premières lignes assez fameuses, cette semaine, puisque ce sont celles du début du premier Harry Potter:

« Mr and Mrs.Dursley, of number four, Privet Drive, were proud to say that they were perfectly normal, thank you very much. They were the last people you’d expect ti be involved in anything strange or mysterious, because they just didn’t hold with such nonsense »

Ce qui est notable avec cet incipit, c’est que Rowling donne d’entrée de jeu le ton de ce qui va suivre – et c’est là tout son art (on le retrouve dans ses livres non-Potteriens comme les aventures du détective Cormoran Strike, par ex.).

Harry Potter et la pierre philosophale –  Harry Potter and the sorcerer’s stone aux USA –  Harry Potter à l’école des sorciers, en français est sorti il y a donc 21 ans en anglais, 20, en version française (Gallimard étant le premier éditeur étranger à le publier).

Roman d’apprentissage, « Harry Potter » introduit dès le premier tome les éléments qui seront développés par la suite. Le point de vue adopté, sauf pour le premier chapitre, est celui du jeune Harry, orphelin, abandonné. Le thème des « enfants abandonnés » est récurrent dans Harry Potter avec S.Rogue, Voldemort, et le jeune Harry, sans oublier son parrain, Sirius. Tous trouveront leur « famille », leur maison à Poudlard où ils n’auront de cesse de retourner.

Classique de la littérature de jeunesse, Harry Potter va au-delà du public enfantin. Et si beaucoup ont grandi avec (bonjour les trentenaires!), beaucoup d’autres l’ont découvert à l’âge adulte; quand d’autres encore le découvrent via les films.
Etre fan de Harry Potter, ce n’est pas seulement accumuler les chapeaux pointus et les bibelots sur les étagères (ça l’est aussi!), cela va au-delà: c’est réenchanter le monde.

C’est bien pour cette raison que j’ai pris tout mon temps cette semaine pour apprécier chaque ligne, chaque phrase d’un livre que j’ai dû lire des dizaines de fois, même si le premier et deuxième tome ne comptent pas parmi mes favoris.
Je suis certaine d’avoir commencé à mieux les apprécier lorsque j’ai fait l’effort il y a un peu plus de dix ans de les acheter en anglais…pour me rendre compte que je redécouvrais un cycle – et une auteure. Malheureusement, la traduction a voulu se faire très proche des enfants mais est souvent erronée, voire tronquée. Parfois, les noms de lieux, de sorts et de personnages  sont traduits, parfois non – et ceci sans raison évidente:
Petits exemples: pourquoi Mme. Pomfresh alors qu’elle s’appelle Pomfrey?
pourquoi Drago Malefoy quand il se nomme Draco Malfoy? Choix bizarres…( Et j’en passe car la liste est longue. )
Bref, peu importe que vous le lisiez en anglais ou en français, l’art de Rowling demeure.

Je remercie donc Petit Pingouin Vert pour m’avoir incitée à faire cette relecture ( relire tout Harry Potter en 1 an).

 

L’as-tu lu ou le liras-tu? Red Dragon T.1- Masahiro IKENO

 

La dynastie Qin a fondé le premier Empire en Chine, mais cette dictature laisse le peuple dans la misère… Liu Bang et Lu Wan, deux amis d’enfance issus de la classe populaire, décident d’allier leurs forces pour organiser une rébellion et prendre le pouvoir, l’un par sa force et l’autre par son intelligence. Ce sera le début d’une belle aventure pour nos deux jeunes héros !

Masahiro Ikeno, déjà connu en France pour Malicious Code, s’attaque ici à l’Histoire chinoise pour transformer des personnages légendaires en héros de shônen charismatiques.

Ou en images pour le résumé:

 

Pour un shônen historique, j’étais partante. De plus, la couverture est très belle – et je n’avais guère que ces deux éléments lors de mon choix. (Je pense que si j’avais pu avoir le loisir d’ouvrir le manga, de découvrir le trait, je l’aurais laissé; le dessin n’est pas ce que je préfère dans ce manga, loin de là).

La trame historique est vraiment intéressante, les scènes d’action sont bien menées, les rebondissements, bien gérés.
Pourtant, je n’ai pas été séduite: les antagonistes sont trop caricaturaux (on n’est pas chez One Piece!), le découpage reste très classique (c’est sûr qu’on ne va pas se perdre dans les cases…). enfin, je ne sais pas ce qu’a voulu faire le mangaka avec ses personnages féminins sexy à outrance,  mais ce n’est vraiment pas joli. Somme toute, un manga qui reste trop dans les codes du shônen et qui n’apporte pas d’originalité. Peut-être à réserver aux lecteurs les moins habitués de genre qui souhaiteraient le découvrir ?

Les points forts: contexte historique; traduction efficace; rebondissements; codes  du genre très respectés; scènes d’action bien gérées.

Les points faibles: finesse du papier (ça se plie à une vitesse…); manque d’originalité, sexualisation sans finesse des personnages féminins; dessin parfois « fouillis » et caricatural.

Si vous voulez découvrir les premières pages, c’est ici, grâce à Glénat. 

C’est grâce à  l’opération Masse Critique  de Babelio que j’ai pu faire cette lecture

T’as pas vu ma pop (le retour): vous avez dit « trilogie »?

 

Dans le premier volet de T’as pas vu ma pop, j’avais parlé de la structure narrative du Voyage du héros. 
Aujourd’hui, je vais aborder la construction en 3 parties de Star Wars….

 


Rappel du monomythe et du voyage du héros

Construite selon le modèle du Voyage du Héros de Joseph Campbell, l’oeuvre de Lucas se découpe en trois parties (et en 3 trilogies) dans lesquelles nous verrons que les duos  sont des constantes pour la narration.

C’est donc une narration en 3 trilogies de 3 épisodes chacune, chaque épisode étant construit en 3 actes.

Par exemple, dans « Un nouvel espoir »:

  • 1er acte: c’est l’exposition  – on  installe l’histoire , les principaux personnages et le personnage qui la portera, le protagoniste.
    Au début, on rencontre Vader, Leia, Obiwan Kenobi, Luke Skywalker. On comprend très vite quel sera le but du protagoniste: Luke doit apprendre à utiliser la Force (ou non). Luke refuse en premier lieu et aussi reste-t’on dans ce premier acte d’exposition jusqu’à ce qu’il retourne sur Tattoine et trouve son oncle et sa tante assassinés (mésaventure suscitant la compassion du public qui en vient à s’identifier au héros). Là, on bascule dans la seconde partie.
  • 2ème acte: c’est le voyage du héros. Pendant cet acte,   les obstacles et les embûches  se multiplient et s’intensifient autour du personnage. Grâce à l’identification préalablement établie, le public ressent de la peur pour le protagoniste, mais aussi pour lui-même.

 

  • Le 3ème acte :  c’est le point culminant, le climax, et la solution. En effet,  c’est dans ce  troisième acte que se trouve le plus haut point de tension du drame (climax).  Avec la décision d’attaquer l’Etoile de la mort (l’étoile noire en VF), Luke détient la solution ( se confronter, utiliser la Force, rétablir la paix).

C’est une structure classique, mais efficace, qui est utilisée là.

Avant Star Wars, les trilogies telles que nous les concevons actuellement n’étaient pas de mise à Hollywood ( nous avons des exemples dans le cinéma français, par contre: Fantomas, la Trilogie marseillaise, les Bronzés – et oui !)
Dans le cinéma américain, il y avait des suites numérotées, comme pour le Parrain (1, 2 – le troisième sera réalisé après Star Wars, ce n’est pas un hasard). Mais on évitait à Hollywood, de produire des films découpés de cette sorte. Ainsi, « Autant en emporte le vent » (Gone with the wind), souvent diffusé à la télé en deux parties, est bien sorti sur les écrans en un long film de presque 4h!
Star Wars impose une autre structure : une structure en trois parties ou plutôt en: 1+2.
Cela signifie que le premier épisode se suffit à lui-même (Un Nouvel espoir; la Menace fantôme; beaucoup moins flagrant pour Le réveil de la Force qui appelle une suite). Les deux films suivants sont reliés, le second contenant un véritable appel à suivre.
La seconde partie reprend les éléments dans la première mais les intensifie. La structure scénaristique est plus complexe- ce qui fait que les seconds films sont souvent plus sombres, plus denses (L’empire contre-attaque). Les deuxièmes et troisièmes épisodes paraissent souvent ne former qu’un seul bloc narratif scindés en deux; c’est particulièrement visible avec L’empire contre-attaque et Le retour du Jedi. Il en est de même avec L’attaque des Clones et La Revanche des Sith, qui, de plus, sont séparés temporellement du premier film par une ellipse de plusieurs années.

Exemples:

la fin d’Un Nouvel Espoir – happy ending, tout aurait pu s’arrêter là. 

 

Fin de l’Attaque des clones (si, avec ça, on n’a pas compris que les ennuis ne faisaient que commencer!):

 Autre exemple d’un « à suivre » dans la scène finale de The Last Jedi :

Il est quand même intéressant de constater que la forme de la trilogie adoptée par Lucas servira pour de nombreux films. On ne compte plus les films en 3 parties qui sortent actuellement… à tort ou à raison. Une fois de plus, Star Wars a su influencer une partie de la pop culture, n’inventant pas grand chose puisque, avant lui, la littérature  fantasy avait connu son maître de la structure ternaire avec …JRR.Tolkien.
Pourrait-on dire alors, que Star Wars tient plus de la science fantasy que de la science fiction? Je vous laisse réfléchir sur cette idée et vous donne rendez-vous très bientôt.

 La prochaine fois, nous poursuivrons ensemble ce voyage  dans les étoiles et en compagnie de héros de la pop culture: des couples, des duos, des tandems, des jumeaux….

Music is might #9

Music is might est une série d’articles faisant des liens entre des chansons ou des vidéos qui, a priori, n’ont rien à voir entre elles; parlant de liens émotionnels, d’ univers musicaux découverts ou à découvrir. Quand la musique fait sens…

Le titre est une référence à JK Rowling qui dans Harry Potter utilise le  slogan  « Magic is might ». En français, l’allitération en « m » est malheureusement perdue (la traduction est « la magie est puissance », chap. 12 des « Reliques de la mort »

Cette fois, c’est Sunmi qui ouvre le bal pour ce 9ème Music is might. Sunmi est une artiste qui est souvent jugée comme extravagante mais cette fois, elle a été accusée littéralement de plagiat avec son nouveau titre « Heroine » . La réponse  de son label a été celle-ci: « Nous révélons sans équivoque que « Heroine » est à 100% une création originale sans aucune référence et sans aucun lien avec la chanson citée dans la controverse. ».

Ecoutez plutôt: « Heroine » de Sunmi

Cheryl Cole « Fight for your love »

Hum, je ne suis pas la seule visiblement à avoir fait le rapprochement.
Mais j’ai lu que plusieurs personnes , lors de la sortie de « Fight for your love« , avaient trouvé que Cheryl Cole s’était lourdement inspirée de Peter Cetera/Paul Anka « Hold me till the morning comes » (couplet, alors, parce que pour le reste…..):

Bon, si on disait plutôt qu’en musique, comme dans beaucoup d’autres arts, tout est question d’influences et que, souvent, le plagiat n’est pas voulu?

L’as-tu lu ou le liras-tu? Paris-Venise – Damien Oiseau

 

Roman vient de trouver un job sur le Paris-Venise, le train de nuit le plus en retard d’Europe. Un signe. Lui non plus n’est pas très en avance dans sa vie. À presque trente ans, décrocher ce poste de couchettiste ressemble à une consécration… Les trafics de clandestins, les douaniers avinés, les descentes de pickpockets venus piller la diligence : tout peut arriver dans ce théâtre ambulant. Même tomber amoureux.

Inspiré de faits réels, Paris-Venise confirme le talent de Florent Oiseau qui mêle admirablement humour et sensibilité.

 

C’est avec plaisir que j’ai découvert ce roman – et c’est avec plaisir que je l’ai lu. L’écriture est vive, avec des clins d’oeil à Frédéric Dard, parfois, au rap et au parler de ma banlieue (93, le héros habite à Bondy). J’étais soudain revenue en pays de connaissance ce qui a encore augmenté ma sympathie pour  ce livre.
De l’humour, il y en a – de l’amour aussi – et beaucoup de tendresse pour les humains, en règle générale comme beaucoup  (seuls?) de  gens confrontés aux galères savent en éprouver.

J’ai donc passé un bon moment, heureuse de découvrir un auteur. Auteur qui a vraiment le sens de la formule:

« Leur capitaine, pompier volontaire, une vraie machine. Impressionnant le type. Pas une phrase grammaticalement correctes à chaque prise de parole au micro, mais des triceps qui rendent le Bescherelle obsolète. »
« Le maquereau reconverti en vendeur de poissons, un poivrot qui refourguait du bar. La vie ne manquait pas d’humour. » (dans son précédent roman).

Ma note: 4/5

 

 

Merci aux éditions Allary  et à Netgalley pour cette lecture

 

 

T’as pas vu ma pop (le retour) – Les guerres de l’étoile

 

Si vous m’avez suivie lors de mes aventures au pays de la pop culture, vous savez alors que j’ai passé du temps dans le monde de Matrix, dans l’univers d’Harry Potter et, bien sûr, dans celui de Star Wars.
C’est de ce dernier dont je vais parler à présent, en m’appuyant sur des lectures que j’ai pu faire récemment (je mettrais mes références en fin d’article, promis).

 

Star Wars, quand il est sorti, n’avait certainement pas la prétention d’être autre chose qu’un film de divertissement. Car, même si en 1977, on ne parlait pas encore de public Young Adult, c’est bien à eux que se destinait le premier volet (les familles avec des gens de tous âges).
Les adolescents et les enfants ont très rapidement accroché à cette fameuse « Guerre des Etoiles« ,  les jouets et les produits dérivés étant apparus rapidement dans les boutiques. (mes figurines Star Wars datent de cette période, justement).

Pourtant, le succès aidant, la taille du fandom s’est considérablement agrandie. Certains ont grandi avec Star Wars, comme, quelques années plus tard, d’autres grandiront avec Harry Potter. D’autres ont vu arriver une autre trilogie – la prélogie. les uns ont emmené leurs enfants voir les deux trilogies; certains emmènent les leurs voir la dernière trilogie depuis 2016. Trois générations se rassemblent dans les salles obscures.
Star Wars est devenu un phénomène. On a écrit, on a fait des romans, des comics, on a produit  des dessins animés, des fanfilms, écrit encore des fanfictions, et on a aussi beaucoup tenté de disséquer la saga, pour reprendre un mot assez impropre; le cycle, devrait-on dire.


bande annonce française originale

 

Star Wars est à présent une figure typique de la pop culture: les références pullulent.
Oh, attendez, j’ai écrit: pop culture? Pop culture, yeah!
C’est en préparant mes premiers articles sur le sujet que j’ai eu envie d’aborder l’univers de la galaxie lointaine, très lointaine au travers de quelques thèmes.

 

Je  n’ai pas pour but de donner mon avis  (je ne détiens aucune vérité universelle) ni de démontrer que telle trilogie est meilleure que l’autre, que les films Star wars actuels sont moins bien ou pas, que le canon est ou n’est pas respecté – non, je n’ai pas envie de me perdre dans ce genre de considérations que vous pouvez trouver à peu près dans tous les fils des réseaux sociaux. J’ai simplement envie de partager une exploration d’un univers assez fascinant qui est entré dans notre quotidien.
Mon propos  est toujours d’écrire sur la pop culture. Et sur Star Wars en particulier.
Je vous invite donc à me suivre dans les semaines à venir…

A très bientôt avec un nouveau volet de T’as pas vu ma pop !

Premières lignes #21janvier

 

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

Des premières lignes qui tiennent en une seule phrase, cette fois (prenez votre souffle):

« Au bord de la Tamise, à cinq kilomètres en amont du centre d’Oxford, à l’écart de l’endroit où les grands collèges Jordan, Gabriel, Balliol et deux douzaines d’autres s’affrontaient dans des courses nautiques, là où la ville n’était qu’un ensemble de tours et de flèches au loin, au-dessus des nappes de brouillard de Port Meadow, se dressait le prieuré de Godstow, occupé par de gentilles bonnes soeurs qui vaquaient à leurs saintes occupations, tandis que sur la rive opposée se trouvait une auberge baptisée La Truite. « 

Ainsi débute le premier roman de la première trilogie, préquelle de « À la Croisée des Mondes « , un livre attendu depuis 17 ans par tous ceux que Pullman a captivé auparavant.
On y retrouve des personnages connus (Lyra bébé, son daemon Pan, Lord Asriel, Mme. Coulter devenue blonde alors qu’elle était décrite comme brune, etc…) et des nouveaux dont Malcolm, le héros de cette aventure très humide.
En effet, fidèle à ses thématiques (religion, conservatisme religieux,  science, …), Pullman introduit ici un élément qui va accélérer l’intrigue: des pluies tellement abondantes qu’une bonne partie de l’Angleterre se retrouve sous les eaux. Ah, le déluge, décidément….

 

Course-poursuite à bord du canoë « La Belle Sauvage » à travers des paysages de plus en plus désolés, hors du temps (on y rencontre des fées, des fantômes, des dieux païens dont le Vieux Père Tamise    ),      La Belle Sauvage est un roman d’apprentissage de même que l’est la trilogie centrée sur Lyra, un récit de dérive le long d’un fleuve à la Huckleberry Finn.
L’univers de Pullman est toujours aussi enchanteur. Pourtant, il ne faut pas s’y tromper: si le roman est classé en jeunesse, il convient d’avoir une belle maturité pour comprendre réellement ce qui est en jeu. De même que dans La Croisée des Mondes, les thèmes abordés le sont subtilement et il serait un peu idiot de balancer Pullman en lecture imposée à des enfants ou à des pré-ados. En écrivant ceci, je pense à un tweet particulièrement insensé que j’ai pu lire cette semaine où un/une prof de de français traitait ses élèves  (je cite) d’assistés  parce qu’ils ne pouvaient pas aborder Les Royaumes du Nord …(je passe sur mon énervement face à cette absence de pédagogie, bien sûr et mon étonnement face à cette non-compréhension des propos de Pullman. )

On compare souvent Harry Potter et La Croisée des Mondes, Pullman et Rowling, en les opposant; il est bien plus agréable de se dire qu’après une (re)lecture des Harry Potter, on a le loisir de (re) lire A la croisée des mondes.
Une chose est sûre, c’est une réussite; Pullman nous laisse sur notre faim …afin de mieux apprécier le roman à venir, peut-être.

 

Gallimard 544 pages,
Collection Grand format littérature, Serie Romans Ado, Gallimard Jeunesse
Publication date: 16-11-2017

 

Music is might #8

Music is might est une série d’articles faisant des liens entre des chansons ou des vidéos qui, a priori, n’ont rien à voir entre elles; parlant de liens émotionnels, d’ univers musicaux découverts ou à découvrir. Quand la musique fait sens…

Le titre est une référence à JK Rowling qui dans Harry Potter utilise le  slogan  « Magic is might ». En français, l’allitération en « m » est malheureusement perdue (la traduction est « la magie est puissance », chap. 12 des « Reliques de la mort »

Ah, cette Kpop, j’ai l’impression que c’est inépuisable!
Il y a un groupe que j’aime bien (à part BigBang, EXO, SHINee, 2ne1) et c’est BAP (Bee Ai pee).

Et c’est en écoutant « No mercy » que c’est devenu une évidence. Le rythme! Le rythme!
D’ailleurs au début du titre, ils le chantent « BoumShack, BoumBoum Shack! » – et ça, c’est le rythme de….. –Boum Chack, Boumboum Shack- ….we will, we will rock you!

 

Mais vous pouvez en rythme chanter « C’est la Mère Michel qui a perdu son chat…. », je vous jure que ça colle parfaitement (je connais pas mal d’enfants qui l’on appris!)

Premières lignes #14janvier

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

 

Des premières lignes assez inattendues, cette semaine – et ceci pour plusieurs raisons: 1° : je n’avais absolument pas prévu de lire le livre qui suit (pour tout dire: il est au programme de français de ma fille, en 1ère)
2°: les premières lignes sont plus que surprenantes.

« La première fois que j’ai vu mon traître, il m’a appris à pisser. C’était à Belfast, au Thomas Ashe, un club réservé aux anciens prisonniers (…) »

Pour un incipit, c’est réussi.

« Antoine est un luthier parisien qui très vite, se prend d’amour pour l’Irlande. Fasciné par sa culture, ses paysages et par la chaleur des gens, le jeune français découvre l’Irlande du Nord, avec Belfast et sa grisaille, ses barbelés et ses tensions politiques. Il y rencontre des habitants qui deviendront plus tard ses amis. Tous font partie du mouvement républicain, et mènent comme ils le peuvent quelques actions pour le compte de l’IRA.

Au fil des contacts, Antoine y rencontre Tyrone Meehan , un homme dont il s’éprend d’amitié. Tyrone Meehan est à l’époque un éminent leader du mouvement républicain.

Au fil des ans, Antoine rend de plus en plus de visites à ses amis. Son enthousiasme pour la “cause” est tel, qu’il s’enflamme lui aussi pour le conflit en Irlande du Nord : il commence alors à participer à certaines actions.

Ces actes, ils les mènera durant plus de 25 ans, vraisemblablement appuyé par son ami Tyrone Mehaan… Jusqu’au jour où il apprend par la presse que son ami agissait en vérité depuis plus de 20 ans pour le compte du gouvernement britannique. « 

C’est la deuxième fois que je lis quelque chose de Sorj Chalandon . Et cette fois, cette manière de faire, archi-documentée, très journalistique m’a réellement gênée. C’est bien de fournir autant d’informations mais l’histoire, où est-elle?
On a peine à croire à une fiction tant le livre tient plus du récit, voire du documentaire plus que du roman.  (cf. les grèves de la faim, la dirty protest qui rappelle tant « Hunger », le film de Steve McQueen avec Michael Fassbender).
J’en suis ressortie mitigée….
A noter que Chalandon a écrit sur le même thème trois ans après « Mon traître »: « Retour à Killybegs » le point de vue de Tyrone Meehan (le traître).

Quant à Meehan, il est inspiré de Denis Donaldson, membre de l’IRA et du  Sinn Féin, abattu en 2006. Un proche de Bobby Sands – j’en reviens donc à « Hunger »: