L’as-tu lu ou le liras-tu? Les faits durables – Emmanuèle Jawad

 

 

Poète, Emmanuèle Jawad creuse la langue jusqu’à obtenir une prose trouée, lacunaire, allégée des vides du discours. Touchés par ce travail de fragmentation, les mots éclatent de polysémie, ils s’entrechoquent et se frottent les uns aux autres dans un crépitement de significations. L’histoire qu’ils délivrent a trait à l’emprise du genre, aux stratagèmes à déployer pour s’en déprendre. Elle s’illustre de faits aléatoires et têtus, aux effets durables. « RÉPERTORIER LES ÉVÉNEMENTS DE SON TEMPS N’ENTAME EN RIEN LA FICTION »

les faits durables rassemblent :

des faits ,des effets, les effets de …

C’est donc un recueil de poésie dont je vais parler aujourd’hui – recueil que j’ai reçu après avoir participé à l’opération Masse Critique de Babelio.
 Je remercie Babelio et les éditions iXe que j’ai eu le plaisir de d’apprendre à connaître.
A propos de la poésie du XXIème siècle:
« Héritière de la poésie de la fin du 20e siècle, diverse, innovante, libre, la poésie de cette première décennie du 21e siècle se montre dynamique, agitée. Elle échappe aux courants, mais laisse entrevoir des tendances : celle d’un renouveau du lyrisme et celle d’une poésie d’expérimentationproche des arts plastiques. Elle tente d’exprimer la réalité du monde sensible.Tout comme les surréalistes et les grands noms du 20e siècle comme Char, Ponge, Michaux, certains poètes contemporains conçoivent encore leur art comme une expérimentation audacieuse sur le langage au service du sens. Le lecteur est invité à décrypter patiemment le texte pour comprendre son sens. (Christian Prigent, Anne-Marie Albiach, Valère Novarino, Jean Daive…)
b. Entre les contraintes et les libertés
Ils poursuivent le travail de recherches formelles, (parfois ludique) qui consiste à créer un espace d’observations et d’innovations pour le langage.  « 

 

Emmanuèle Jawad décortique le langage, la phrase, pour mieux la reconstruire, s’exprimer, dire (ici: dire les faits).

Pas de rimes ni de ponctuation, ici, mais des listes, des énumérations, des juxtapositions audacieuses. On pense à Tristan Tzara (dadaïsme), aux surréalistes, aux  Calligrammes d’Apollinaire, ou aux poètes de l’OuliPo. Il y a une grande liberté: blancs typographiques, mots isolés sur la page, déconstruction, collection de faits divers.

C’est une lecture déconcertante car nous sommes nombreux à avoir été formatés selon le modèle « j’ai lu et analysé de la poésie à l’école ». Mais, une fois le moment de surprise dépassé, la découverte des mots d’Emmanuèle Jawad est intéressante.
J’ai accompagné ma lecture de sa voix, lisant certains de ses poèmes. L’idée était bonne: une fois dits, une fois le rythme posé, les mots prennent tout leur sens.

Parce que j’aime découvrir, aller vers de nouveaux territoires, parce que j’aime la poésie en général, j’ai largement apprécié ce recueil.

Ma note (c’est impossible de donner un avis noté mais je vais faire comme si…):
4/5

Pour ceux/celles qui ont envie:

  • de découvrir une autre forme de poésie
  • de s’initier à la poésie du XXIème s.
  • de se laisser surprendre
  • d’aller au-delà des apparences

Un conseil:

  •  l’écouter,  pas seulement  lire.

 

«la voix d’une tonalité grave ne l’autoriserait à s’exprimer publiquement un trouble visuel se dégage : les épaules larges le torse sans poitrine apparente la pilosité légère au-dessus de la lèvre supérieure son déplacement»

«des contestations empruntent les voies urbaines TunisLecaireLisbonneLondresMexicoTelAvivNewYork»

«L’enquête révèle que les convois d’animaux empaillés furent dans un premier temps expédiés par la victime au musée de la Chasse et de la Nature par erreur…»

► Emmanuèle Jawad lit des extraits des Faits durablesPour l’écouter, cliquer ici.

► une recension sur le site de la revue web libr-critique

 une autre de Alain Helissen

« Le parcours d’écriture tente ainsi de se faire peu à peu, au regard des écritures qui balisent, sous une pluralité de formes, le champ poétique contemporain, dans leur lecture assidue et l’exploration de ces écritures travaillées par la radicalité et l’expérimentation, d’autres traversées par un réel plus intimiste que social et critique ou se situant encore à leur jonction.
L’écriture, dans ses recherches et ses tentatives, ne peut se faire que dans la fréquentation des écritures d’aujourd’hui, qu’au regard de ces pôles de références dans le domaine poétique : pôle dans une visée objective radicale dont l’écriture poétique rejoint une forme de minimalisme neutre, dans une recherche de langue plate travaillée par les faits et pôle vers un réel se portant dans une désarticulation formelle où la désarticulation du monde peut alors faire corps avec celle du langage. »
(Emmanuèle Jawad, Traces de ces flux, dossier « Ecrire aujourd’hui », Diacritik, 2016)
les faits durables, ixe, 2012
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L’as-tu lu ou le liras-tu? Le complot du Trident – Tristan Koëgel

Tristan KOËGEL, Le complot du trident.
192 pages.
Editions Didier Jeunesse (4 octobre 2017).

Dans le port d’Ostie, le trafic maritime est bloqué par un navire inconnu.
Publius et son neveu Lucius enquêtent. Ils ne vont découvrir à son bord que des cadavres, morts de la peste. À leur cou, un pendentif en forme de trident. Rome est menacée et la peste n’est que le premier fléau infligé à la ville et à ses habitants.
Une enquête haletante débute pour le duo…

 

Rome est menacée par la peste. Refusant de croire à une malédiction, Publius et son neveu Lucius mènent l’enquête,

« Les dieux sont contre vous, Romains ! Vous êtes trop arrogants ! Vous ignorez la mer ! Vous la croyez soumise de bout en bout à vos légions ! La terre s’est ouverte à Pompéi et maintenant, la peste ! Qu’y aura-t-il d’autre demain pour vous punir ? Neptune aux cheveux bleus, le dieu qui fait trembler la terre, le souverain des flots, Neptune, oui ! C’est lui qui vous accable ! Personne ne peut soumettre cette mer, ni les terres qui la bordent, ni les hommes qui y vivent ! Neptune vous accable ! »

Situé après la mort de l’empereur Titus, « Le complot du trident » est un roman qui se lit très bien (personnages comme intrigues sont passionnants), au style vif. Une agréable lecture qui permet au lecteur de remonter le temps.  On ne s’y ennuie pas un moment. Le roman sort en librairie le 4 octobre 2017.

Titus:

Il meurt de la peste le 13 septembre 81, à peine deux ans après son intronisation. Ses énigmatiques derniers mots sont « Je n’ai commis qu’une seule erreur ». Ils font toujours aujourd’hui l’objet de spéculations de la part des historiens.

Un deuil unanime accueillit sa disparition, et le titre de « délices du genre humain » lui fut décerné et lui est resté attaché. Ce souvenir a définitivement effacé dans la mémoire collective le premier Titus, capable de débauches, de cruautés et d’arbitraire despotique. La postérité retiendra surtout le Titus mûri et métamorphosé par sa fonction.

 

Pour:

  • les jeunes et les moins jeunes (le public visé: 9/13 ans)
  • ceux qui aiment visiter l’Antiquité
  • et tous les autres…

Ma note : 4/5

Merci à NetGalley et aux éditions Didier Jeunesse pour cette lecture!

TBTL : Un livre qu’on devrait étudier à l’école

C’est jeudi, c’est TBTL!

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

De retour cette semaine avec le TBTL pour un sujet qui est (un peu; beaucoup) d’actualité. Un livre qu’on devrait lire à l’école….

 

En abordant ce thème, j’ai demandé l’avis de quelqu’un qui est encore très concerné par les cours (entrée en 1ère cette année pour ma fille).

Sa réponse m’a aidée à préciser mon choix puisque nous avons parlé d’un livre qu’elle a étudié l’an dernier et qui lui avait plu, en raison de son thème : « Qu’est-ce que l’être humain? Qui est humain? … »
Je veux parler de « Zoo ou l’Assassin philanthrope » pièce de Vercors (« Le silence de la mer ») qui avait adapté lui-même son roman pour le théâtre: « Les Animaux dénaturés ».

On ne naît pas homme, on le devient. Telle pourrait être la morale du procès de Douglas Templemore, impliqué dans « un scandale sans précédent dans toute l’histoire de la justice britannique ». Sous le procès hilarant de cet « assassin philanthrope » se cache, outre la satire du colonialisme, la question philosophique fondamentale : qu’est-ce qu’un homme ? Anthropologues, paléontologues, zoologistes et médecins sont appelés à la barre pour en débattre. Le retentissement du Silence de la Mer a quelque peu occulté les autres ouvres de Vercors, dont la redécouverte s’impose. Richesse du contenu, efficacité du style et humour ravageur l’inscrivent dans la lignée de Voltaire : l’intrigue de  » Zoo ou l’Assassin philanthrope  » est celle d’un conte philosophique drolatique alliant satire et réflexion morale. La confrontation de la version romanesque ( » Les Animaux dénaturés « , 1952) et de la forme théâtrale permet une étude précise du travail de réécriture et de la spécificité du genre dramatique. Quant à l’argument anthropologique servant de cadre à l’investigation philosophique, il permet, tout en s’amusant, d’acquérir les rudiments nécessaires à l’étude de toutes les sciences humaines.

 

 

« Tous nos malheurs proviennent de ce que les hommes ne savent pas ce qu’ils sont, et ne s’accordent pas sur ce qu’ils veulent être ». Cette citation met en lumière deux éléments sur la définition de l’homme pour Templemore. D’une part, les hommes n’ont pas l’intuition de ce qu’ils sont et d’autre part, c’est à eux de se définir mais ils n’y parviennent pas car chacun ou presque détient sa propre définition de l’homme.

Le roman comme la pièce mène à  ce questionnement: « Est-il possible de trouver un ou plusieurs critères qui permettent de définir l’homme ? Mais qui décide de ce que peuvent être ces critères ? »

Le conte philosophique de Vercors  évoque des thèmes repris par Didier Daeninckx dans « Cannibale » (merci Montaigne dans « Des Cannibales » quand il vient à  s’interroger :les cannibales  sont-ils plus barbares que nous ? Nos coutumes sont-elles civilisées comme nous le prétendons ? Et quelle conduite tenir à leur égard ? ).
J’ai aussi fait un parallèle avec le roman de Karen Joy Fowler    « Nos années sauvages »
dans lequel la narratrice évoque sa soeur – une soeur vraiment pas comme les autres…

Qui est l’humain?  Comment le définit-on? Qui est « l’Autre »? Où commence la tolérance? , etc… autant de questions importantes à aborder à l’école…

Cannibale: 

« Didier Daeninckx, ému par un séjour en Nouvelle-Calédonie, retrace un épisode historique longtemps méconnu. « Cannibale » est un texte écrit sur commande à l’occasion des 150 ans de l’abolition de l’esclavage en 1998. Daeninckx y rappelle l’existence des « zoos humains » de la IIIe République via l’histoire de ce groupe de Kanaks échangés contre des crocodiles pendant l’exposition coloniale de 1931. Selon Daeninckx, ces événements préfigurent la révolution en Nouvelle-Calédonie dans les années 1980 ; d’ailleurs, le narrateur de « Cannibale » est en train de vivre cette révolution lorsqu’il raconte son histoire. »

Finalement, ma réponse pour aujourd’hui tient en 3 livres (5  si je compte les deux de Vercors et l’essai de Montaigne).

A bientôt et bonnes lectures!

L’as-tu lu ou le liras-tu?- « Les violettes de l’avenue Foch » Simon Liberati

« Aventures, portraits et rencontres avec : Marisa Berenson – Jean-Pierre Léaud – Carla Bruni-Sarkozy – Les drogués de la suite Overdose – Les fidèles de la Médaille miraculeuse – Benoît XVI – Satan – Kenneth Anger – Pierre Molinier – Jean-Jacques Schuhl – Oscar Wilde – Pierre Drieu La Rochelle – Louis Malle – Naomi Campbell – Islam Karimov – Le Dragon Eye – Edwige – Les rats du Montalembert – Cuki au BB gun – Renée Vivien – Jacques de Bascher – Malcom Lowry – Les amis d’Henri de Régnier – Pierre Le-Tan – Chloë Sevigny – Saint Tropez 78 – Patty Hearst – Francis Ford Coppola – Yves Saint Laurent… De 2013 à aujourd’hui, une quarantaine d’articles de fantaisie dont plusieurs inédits en français. Le press-book d’un monomane en reflet des Rameaux noirs, parus en août 2017. »
« Par goût personnel ou pour son activité de journaliste, S. Liberati aime autant fouiller les contre-allées de l’avenue Foch, le fourbi du siècle dernier, ses violettes, ses amazones, Colette et Renée Vivien, que New York 1990, les boîtes de nuit oubliées ou les boutiques de fripes. « 

 

Etonnamment, j’ai encore peu vu de chroniques de « Les violettes…. » alors que celles des « Rameaux noirs » (Stock) se multiplient. Pourtant, les deux livres se répondent.
« La vie rêvée d’un dandy »,  voilà comment on pourrait sous-titrer le livre de Simon Liberati.
La vie rêvée de Liberati et la vie réelle (ou fantasmée) se mélangent dans « Les violettes… » ; rencontres avec Colette et Renée Vivien, Henri de Régnier, cet écrivain-poète dandy du XIX ème qui est le fil rouge du livre – dès le prologue l’auteur nous avertit:

 

 

Aussi, Liberati est-il  ici un autre Henri de Régnier, un Rémy de Gourmont aussi. Un décadent qui parfois se trompe de siècle   (selon cette définition du décadent).

Il raconte ses contemporains, ses rencontres imaginaires ou imaginées, réelles ou pas. Il est bavard, descriptif, fourmillant de détails. Et on pioche allègrement dans ses références ou ses errances avec la délectation du lecteur qui veut connaître l’autre côté de l’histoire – la grande ou la petite.

Sans doute ce livre pourra en déconcerter plus d’un. Pour ma part, je me suis bien amusée à aller d’un article à l’autre, à retrouver les références, à remonter dans le temps. A fouiner dans les potins. Comme l’auteur.

 

Ma note: 2,5 /5

 

Pour ceux qui:

– veulent en savoir plus et les curieux

– pour les littéraires- et les autres –  en mal de décadentisme – ou en mal d’anecdotes

 

Merci à NetGalley et aux éditions Stock.

 

 

 

 

 

 

Le liras-tu ou l’as-tu lu? – Martin Diwo « Pour te perdre un peu moins »

Je remercie les Editions PLON pour cette lecture – ainsi que le site Net Galley

 

 

« Un garçon, une fille, une histoire universelle. Ils s’aiment, se déchirent, elle s’en va. Lui s’écroule. La jeunesse et l’innocence avec. Un roman qui frappe, âpre, enlevé, emporté, qui ne s’oublie pas. Une signature, une écriture, une voix, une époque, une génération.
« Pendant un temps, tout reste normal. On saute et on rebondit, on s’élance et on atterrit, pourtant la fin est proche, très proche. Lorsqu’on en prend conscience, qu’on réalise que l’on ne saute plus aussi haut qu’avant et qu’on peine à atteindre les sommets que l’on caressait du bout des doigts en se hissant sur la pointe des pieds, il est déjà trop tard. Le fil se détache, et il faudrait courir s’agripper là ou on le peut, mais on ne le fait pas, et on s’élance, certain que tout va rentrer dans l’ordre. La chute n’en est que plus douloureuse. Mort d’inquiétude à l’idée de heurter le sol qui, seconde après seconde, se rapproche, on hurle, on se débat, et plein d’espoir, on attrape le fil encore pendu à notre coeur, mais ce fil, ah ! ce fil, il n’est plus relié à rien. « 

 

Ma lecture: 
C’est une histoire d’amour. Mais c’est aussi son autopsie. Puisque la relation des deux jeunes gens vient de se terminer quand l’auteur entame son récit. Et, ainsi, nous allons pas à pas, suivant un mode souvent descriptif et incroyablement visuel (plans de cinéma), entrer dans cet amour qui n’est plus tout à fait.
Martin Diwo a bâti un étonnant collage, en jouant avec les atmosphères, les mots, les titres (belles références cinématographiques). Il s’insinue dans la peau, les émotions , les souvenirs de son personnage masculin en proie à un chagrin d’amour qui le submerge, nous entraînant dans une frénésie de mots, de juxtapositions, d’envolées, d’images, jusqu’à l’écoeurement parfois.
C’est parfois très beau (j’ai pensé au Solal de Cohen dans « Belle du Seigneur »rien que ça), parfois très long; peut-être quelques légères erreurs de jeunesse à trop vouloir manier la langue, mais on pardonnera facilement tant la volonté d’insuffler de la vie, du style est jubilatoire.
Histoire déconstruite, ce premier roman pourra parfois en déconcerter quelques uns. Mais le résultat est là: splendide.
C’est un livre que je recommande :
– pour l’amour des mots
– pour ce côté visuel 
– pour tous/toutes ceux/celles qui ont vécu un chagrin d’amour
– pour ceux/celles qui ont envie de lire différemment
 Ma note :4/5 (avec un petit coup de coeur pour cette rentrée littéraire)

 » Vous avez peur ?
– Oui. Peur de l’après. Peur, parce que mettre le mot fin à ce livre, c’est mettre le mot « fin » à notre histoire. Aujourd’hui, Elle existe grâce à l’écriture, mais après ? Après, Elle n’existera plus et ça, je ne sais pas si je suis capable de le supporter.
– N’avez-vous pas envie qu’il soit lu ?
– Vous savez quoi ? Je l’ignore. Enfin, il faudrait déjà que je le termine. Je ne sais pas si j’ai le courage d’écrire certaines choses. Celles que je vous confie par exemple. A vous, je peux les dire, mais au lecteur ? Nos conversations sont quand même très personnelles, non ? Et puis le but du livre n’est pas de déballer mes sentiments, c’est un roman, vous savez ? Enfin… un roman… en réalité c’est un double meurtre, un cri.
– Et ce cri, n’est-ce pas pour être entendu que vous l’avez poussé ?
– Ok je vois où vous voulez en venir. Vous pensez que j’ai écrit ce livre pour la faire revenir, c’est ça ? »

Il ne paraîtra que le 24 août, mais vous pouvez déjà le pré-commander.

 

Note:je viens de réaliser alors que je tape cette chronique que Martin Diwo est de la même famille que François Diwo. Beau talent….

Throwback Thursday Livresque: Continent

 

C’est jeudi, c’est TBTL!

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Aujourd’hui: Continent (un livre d’un continent différent du vôtre)

 

J’ignore si c’est le fait de m’être replongée dans mes vieilles éditions de SF (couvertures Presses Pocket dont je parle ici) ou si c’est une vague de nostalgie due à Valérian -(qui est, contrairement à ce que certains esprits un peu obtus propagent, un sacré bon film… – du moins si l’on sait y voir toutes les références de SF qui s’y cachent – on en reparle dans 10 ans, comme pour le « 5ème élément » )- mais quand j’ai cherché « un livre qui se déroule sur un autre continent« , une seule idée m’est restée: si on part, partons loin, sur des continents inconnus ….et extra-planétaires.

Direction la planète géante de Majipoor!
Le cycle de Majipoor est une série mêlant fantasy et science-fiction (science fantasy).

Le 1er tome a été publié en 1980.

Majipoor est une planète gigantesque où des colons humains se sont installés après avoir quitté la Terre. Ce monde géant et fantastique sert de cadre à la série de romans écrits  par  Robert Silverberg.

Initié par « Le château de Lord Valentin », le cycle de Majipoor offre un cadre splendide et vaste (les continents sont gigantesques)

Les humains qui s’installent sur cette planète doivent composer avec les indigènes : les Piurivars, appelés communément changeformes ou métamorphes en raison de leur faculté à modifier leur apparence,

D’autres races extra-terrestres intelligentes arrivent sur Majipoor,  puisqe  les humains ne sont pas assez nombreux pour remplir les immensités de la planète :

-les Vroons, minuscules créatures possédant de nombreux tentacules, un bec et des yeux dorés ;

-les Skandars, géants hirsutes à quatre bras ;

-les Hjorts, à la peau grumeleuse couleur de cendre, à l’allure de crapaud et à la bouche remplie de cartilages masticatoires plutôt que de dents ;

-les Ghayrogs, créatures d’allure reptilienne, mais en réalité mammifères ovipares ;

-les Liis, une race à la tête large, à la peau noire et possédant trois yeux rouges ;

– les Su-suheris bicéphales

Géographiquement, Majipoor est formé de trois continents :

Alhanroel est le plus grand et le plus peuplé, Zimroel compte quelques grandes cités au milieu de forêts gigantesques tandis Suvrael, le continent du Sud, n’est qu’un vaste désert torride.

La géographie de Majipoor

version BD:

Dans le cycle de Majipoor, Silverberg nous fait découvrir un monde dépaysant tout en abordant des questions bien humaines (quête de l’identité, de soi-même; pacifisme; pouvoir et institutions, etc…)

« Avec Majipoor,  Silverberg a puisé dans l’histoire de l’humanité et dans sa culture ethnologique pour en tirer un monde incroyablement éloigné de la sf classique », argumente Gérard Klein dans sa préface au premier volume. En effet, institutions aristocratiques, magie et sorcellerie, bande de saltimbanques parcourant la planète, dès les premières lignes, le lecteur comprendra pourquoi l’ambiance médiévale de Majipoor, n’échappe à personne. Et qui dit médiéval, dit Fantasy. Et la SF dans tout ça ?

On compare souvent Majipoor à l’oeuvre d’un autre grand de la science-fiction, Jack Vance, qui cultive aussi depuis ses débuts, un goût marqué pour le dépaysement (cycle de Tschaï, (Le Chasch 1968, Le Wankh et le Dirdir en 1969, et le Pnume 1970), (source )

C’est aussi ce qui m’avait amené à lire « Le château de Lord Valentin » (et donc, à me faire happer par cet univers): étant tombée quasi en amour des romans de Jack Vance quand j’avais 14/15 ans, j’avais cherché un univers aussi passionnant. « Le Château de Lord Valentin » venait alors de paraître (nous sommes dans les années 80) et, logiquement, je m’embarquai alors pour un voyage direct pour Majipoor.
Entre fantasy et SF, le cycle de Silverberg est dense et intelligemment pensé.

Je ne peux que le recommander ( à lire aussi en BD).

 

Bonnes lectures et à bientôt!

Throwback Thursday: Fais-moi lire !

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Cette semaine, « fais-moi lire! »

Je peux comprendre que ce thème (conseiller 1 livre – 1 seul – à quelqu’un qui lit peu ou pas) peut faire peur. Il est beaucoup plus aisé à aborder quand on est habitué à le faire, grâce à sa formation initiale.
Par contre, il est illusoire de croire qu’on peut proposer un seul livre. Un truc très simple: toujours donner le choix au lecteur potentiel car, au final, c’est lui-elle qui doit en avoir l’idée et se dire « j’ai trouvé! ».
Ensuite, le plus important est d’écouter la personne qu’on a en face de soi (en écoute active ).
Et ceci, sans oublier de poser quelques questions, bien ciblées.
Alors, oui, c’est parfois ardu (et c’est pour ça que libraire ou bibliothécaire…comment dire…ça ne s’improvise pas^^).

En quelques mots:

Penser aux romans courts pour ceux qui fuient devant le nombre de pages.
(même si un roman court n’est pas forcément plus aisé, mais ceci est une autre histoire). Imaginons quelqu’un qui dit lire peu ou pas parce que « les livres, ça me fait peur quand c’est trop long et en plus, j’ai la flemme/(variante): j’ai pas le temps ».

Eviter de faire l’impasse sur les classiques (certains sont, contrairement aux idées reçues, très accessible).

Proposer plusieurs genres (penser: polars, SF, fantasy….mais aussi: BD, roman graphique, manga)

Eviter de se cantonner aux genres dits « faciles » (chick-lit, YA, jeunesse,  romance) – parce que ça ne l’est pas forcément (facile).

Penser à sortir du modèle « roman »: essai, autobiographies, théâtre (les dialogues se lisent bien pour ceux qui sont rebutés par les descriptions), poésie, etc….

….et si ça ne fonctionne toujours pas, se dire que ne pas lire, ce n’est pas une tare, ce n’est pas une honte ni une malédiction. (je pense aux nombreux d’analphabétisme, en France, par ex. ). Car, dire « tout le monde lit, même un peu » sous-entend que « tout le monde a appris à lire »…
Il est surprenant de constater que, malgré la scolarisation obligatoire, il y a beaucoup plus d’exemples de personnes qui savent lire mais très mal qu’on ne croit. Ceci génère de la honte mais souvent aussi un désir de lire (de savoir lire, mieux ou lire, tout simplement).

Quelques idées en vrac:

Classiques:

  • Le joueur d’échecs  (Stephan Zweig)

Nombre de pages : moins de 100.

L’histoire : Czentowicz, champion d’échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu’à l’entrée en scène de Monsieur B.

 

  • Exercices de style
    Raymond Queneau

 

Le narrateur prend le bus à une heure d’affluence. Il voit un jeune-homme s’énerver contre un voisin qui, dit-il, le bouscule dès que passe quelqu’un.

Littérature américaine:

Mon chien stupide/ John Fante

« Il était un chien, pas un homme, un simple animal qui en temps voulu deviendrait mon ami, emplirait mon esprit de fierté, de drôlerie et d’absurdités. Il était plus proche de Dieu que je ne le serais jamais, il ne savait ni lire ni écrire, et cela aussi était une bonne chose. C’était un misfit et j’étais un misfit. J’allais me battre et perdre ; lui se battrait et gagnerait. »

Un Fante, ça passe tout seul.

Romance et classique:

  • Le blé en herbe – Colette

« Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare ».
Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

Avec délicatesse, Colette excelle à évoquer l’éveil de la sensualité, la douloureuse initiation à l’amour et à la vie. »

 

Le fantastique abordé d’une autre façon:(nouvelles)

  • Les âmes secrètes -Julio Cortazar

Ces nouvelles traitent du thème du rêve, du double, du labyrinthe. « Les cinq textes […] révèlent la face démesurée, sublime et horripilante du quotidien

Impossible de résumer en deux lignes cet excellent recueil de nouvelles écrites par un Cortazar captivant (écriture limpide).

Le polar:

  • Six fourmis blanches – Sandrine Collette

Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches… Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

SF:

Barjavel, bien sûr

La liste pourrait être beaucoup plus longue mais je vais terminer ici.
En vous conseillant les propositions de mes collègues blogueuses (Tanuki ; June).

Bonnes lectures!

 

Minute papillon! #4

– Hey, minute, papillon! gronda l’Ours.
Un instant, Dame Papillon s’arrêta de voler pour  narrer sa semaine.
– Mieux que ça, Lady B.! Allez, je vous écoute! ajouta l’Ours en se tartinant une autre tranche pain avec le miel qu’il avait devant lui. Humpf, z’en voulez? fit-il après un instant de réflexion.
– Non, merci quand même. Tant de miel., j’aurais le vol lourd….
L’Ours haussa ses épaules de fourrure. Est-ce qu’il se préoccupait de ses bourrelets, lui?

-Le miel, c’est la vie! finit-il par grommeler dans barbiche.
-Vous disiez?
-Non, rien…
-Minute, papillon! Vous ne pouvez pas commencer à parler et puis, vous taire, ainsi, voyons, l’Ours…

 

Petite semaine, coupée par le 14 juillet, feux « boumboum » d’artifice et cie.

Du côté des lectures

Ravie d’en avoir terminé avec ma morosité. Je termine « Les vies de papier » de  Rabih Alameddine. Un livre qui donne envie de lire!

La citation suivante me correspond tout à fait…

Lu deux tomes de ce manga : Après la pluie de MAYUZUKI Jun

Koi wa Ameagari no You ni connaît au Japon un joli succès  ( critique et public confondus) , au point d’être prévue en anime à partir de janvier 2018. Un shojo agréable même si, à première vue, je n’étais pas fan du dessin.

Autre manga: Le maître des livres  de Umiharu SHINOHARA  ,
un seinen  qui fait aimer les livres

Cette semaine, je me suis (enfin) mise aux révisions des langues  (espagnol) – et au perfectionnement de mes..hum..notions en allemand et en portugais, avec l’application duolingo    

C’est vraiment bien fichu. Il faut simplement que je freine mon enthousiasme (sinon, je vais en commencer deux ou trois autres^^)

Côté écriture

Je songe sérieusement à boucler l’histoire commencée il y a …3 ans (avec des pauses, vu que j’ai  été en formation intensive en 2016). Eau-de-Saule est ici.
En ligne aussi la suite d’un poème

Photos

 

Beaucoup de photos de végétaux, de paysages aussi.

J’attends avec impatience le début de la saison 7 de Game of Thrones

 

Je vais finir en musique, avec ma (mes) découverte(s)  sonore(s):

Il s’agit du violoniste Ara Malikian. Je suis tombée par hasard sur l’une de ses reprises de Misirlou (l’air qu’on entend dans Pulp Fiction) et j’ai enchaîné…Sous le charme de sa musique.

Ici, Vivladi pour un jeune public:

reprise de Life on Mars:

Et  Kashmir de Led Zep:

Autre jolie re-découverte: SID, groupe japonais dont les chansons ont souvent été choisies comme opening pour  les anime Black Butler (- c’est là que je les ai entendus pour la 1ère fois, en fan de Black Butler -) , Bleach, etc…

Kpop news

Cette semaine a été marquée par les teasers successifs d’EXO pour leur retour prochain. A raison de 20 secondes de clip par jour, avec un focus sur un membre du groupe, on peut dire que pour teaser, ça tease!

Quant à Black Pink, les quatre jeunes femmes sortent les versions japonaises de leurs chansons, avec les partie de rap en anglais.

Whistle donne ceci:

Voilà pour ma semaine.
Et la vôtre?

 

Minute, papillon! #2

– Hey, minute, papillon! gronda l’Ours.
Un instant, Dame Papillon s’arrêta de voler pour  narrer sa semaine.
– Mieux que ça, Lady B., je vous écoute! ajouta l’Ours en se tartinant une autre tranche pain avec le miel qu’il avait devant lui. Humpf, z’en voulez? fit-il après un instant de réflexion.

Une semaine en demi-teinte, en cette fin juin.
(oui, y’a des jours, comme ça…)


Evidemment, tout ça s’est ressenti sur:

Les lectures
Je suis dans ce genre de période où les livres me tombent facilement des mains. On pourrait presque dire que « je lis moins » (est-ce possible?).
Cette semaine, j’ai avancé (j’en vois qui font la grimace): La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (Joël Dicker) qui me paraît finalement plus agréable que je ne le pensais.
Mais…j’ai du mal à le finir.
A côté, je pioche des idées dans : Le Grand Livre de l’art-thérapie

Parlons art, parlons photo
Pas de sortie photos depuis le w.e dernier. Nous sommes allées faire quelques PDV au soleil couchant, Aly et moi.

Aly dans l’herbe (cette allitération!)

 

Ecriture, mon amie
Quelques idées et quelques finitions (fanfic’; autres textes). Pour le plus gros de la rédaction : lettre de motivation refaite pour une candidature, et cie.
Même le tag « concerts » est resté en plan (mais j’ai une bonne excuse, je vais y revenir).

Moins de lectures mais plus de film et de séries:

J’ai terminé hier The handmaid’s tale, l’adaptation du roman de Margaret Atwood en série. Juste: waouh!

Le w.e dernier, avec la Fête du cinéma (et la place à 4€ ), nous sommes allés voir tous les trois le Wonder Woman.
J’en garde:
les excellentes scène de combat, une bande-son réussie (qui m’a pété les oreilles, mais bon…), Remus Lupin en méchant (oups, David Thewlis).

Et ça tombe bien car cette semaine, lundi dernier, c’était le 20 ème anniversaire de la première parution de « L’Ecole des sorciers ». 

En grec ancien, quand même!

La communauté Potterhead – dont je fais partie – a rendu hommage à Ms.Rowling, à sa façon.

Hermione, tout ce qu’il fallait pour (presque) conclure ce résumé d’une semaine morose!

Et côté musique?

Toujours mon amour pour les musiques de films. Ici, parfait, pour WW:

Je finis avec les potins de la Kpop:

Voilà. GD, alias G-Dragon, de son vrai nom: Kwon  Ji-yong (en coréen : 권지용), est en tournée en Europe. Enfin. Le leader de Big Bang (ce groupe légendaire) vient nous voir. (ok, sans Big Bang, pour causes diverses, mais GD, quand même!)
Et…je vais le voir (Paris, septembre 2017, juste pour mon anniversaire). Si, si.

Du coup, j’ai quelques petits ajouts à faire au « tag concerts »

Sur le dernier album :

Et ce sera tout pour cette semaine (dans 1 semaine exactement,  ma fille Aly aura 16 ans)
Bon week-end!

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Throwback Thursday Livresque: « ce n’est pas ce que j’attendais! »

Le TBTL? Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

Cette semaine, le thème est : « Ce n’est pas ce que j’attendais! »

(un livre qui vous a laissé une jolie surprise ou au contraire une amère déception)

 

Sans constituer une grande ou une amère  déception, mais en correspondance avec le thème de cette semaine, voici parmi mes dernières lectures, ce qui m’a fait soupirer « non, mais, heu…c’est pas ce que j’attendais! ».Surprise, certes, peut-être pas comme je l’avais envisagé…
Effectivement, je suis arrivée au bout de la série de l’Epouvanteur avec ce tome 13 (La revanche de l’Epouvanteur)  que je suis depuis des années et qui, il faut le noter, avait tendance à s’attarder  un peu en chemin depuis plusieurs tomes (réflexion bien connue du lecteur impatient : » mais va-t’on en voir le bout? Pourquoi c’est si looooong?! »).

L’Epouvanteur – ou en version originale «  The Wardstone Chronicles », littéralement « Les Chroniques de la Pierre des Ward » est une série de  treize tomes (+ deux autres hors-série)  publiés en France  chez Bayard jeunesse.  Jeunesse mais attention, horreur à l’honneur!   selon les scènes décrites par l’auteur, Joseph Delaney.

:  Pour résumer  A Chipenden, comté (largement inspiré du Lancashire)  d’une Angleterre habitée par diverses créatures de folklore comme les sorcières ou les gobelins. L’Épouvanteur est chargé de contrôler les manifestations du surnature, voire d’y mettre fin.  Au début de la série,  John Gregory –  l’Epouvanteur – prend un nouvel apprenti, Thomas J. Ward, le narrateur, qui devra apprendre à lutter contre les diverses manifestations de l’Obscur et du Malin.

 

La série suit donc l’apprentissage du jeune Tom, son évolution, la lutte contre les forces obscures. Il a 12 ans quand on fait sa connaissance dans le premier tome et 16, dans le dernier, alors qu’il s’apprête à devenir un Epouvanteur à part entière.

Comme d’habitude, j’ai écrit ce récit de mémoire en me servant au besoin de mon cahier et de mon journal. Pour le moment je ne suis qu’un apprenti, mais un jour, je serai l’Epouvanteur.
Thomas J. Ward
Au fil des romans, Delaney a su développer un univers particulier, qui se situe dans une Angleterre imaginaire ou ré-imaginée.
« Halloween est proche. Les serviteurs du Malin se rassemblent, venus de partout. À l’heure où Tom Ward et ses compagnons ont tant besoin d’être unis, les voilà tragiquement séparés par les choix douloureux qui leur sont imposés. Tom est censé accomplir un rituel barbare qui remet en question sa propre humanité. Alice s’apprête à user d’un sortilège susceptible de l’envoyer définitivement dans l’obscur. Quant à l’Épouvanteur, il découvre que son meilleur apprenti lui a dissimulé bien des choses au cours des dernières années.
Le délai est passé. Le Malin va resurgir. Tom saura-t-il aller au bout de la tâche pour laquelle il est venu au monde ? La mystérieuse pierre des Ward révélera-t-elle ses secrets?
Tom, Alice (son amie, sorcière n’ayant pas pour l’instant basculé dans l’Obscur – the Dark), Grimalkin (sorcière-tueuse rangée du côté de Tom et de l’Epouvanteur), et John Gregory (Epouvanteur en titre, vieillissant) se préparent à livrer l’ultime bataille contre le Malin.
Le Malin, c’est cette entité malfaisante (en V.O, Delaney le nomme: the Fiend) qui menace l’équilibre du monde humain.
Le dénouement est donc proche. La tension s’intensifie…et tout se conclue très rapidement, avec des revirements de situation qui, hélas, ne sont pas à la hauteur de la série. Peut-être le suspense né de l’attente est-il à l’origine de ce sentiment de frustration – que je ne suis pas la seule à avoir éprouvé, il reste que l’impression qui se dégage de ce de tome est celle d’un «  on termine vite fait et on passe à autre chose ». Car une suite est déjà en cours en Angleterre (les aventures de Tom Ward devenu Epouvanteur, « The Starblade Chronicles« ).
Attention – si vous désirez commencer la série ou la finir tranquillement, mieux vaut ne pas lire le paragraphe suivant ! –
Trop vite Alice se détourne de Tom – juste après l’avoir de nouveau embrassé, mais quel coeur d’artichaut …- , trop vite on apprend qu’elle est devenue une Pernicieuse (une sorcière de l’Obscur), sans comprendre réellement comment tout cela est arrivé. De même, la bataille est à peu près aussi vite expédiée que la Bataille des Cinq Armées dans le Hobbit (je me demande encore comment Peter Jackson a pu la développer autant …en fait, non, je ne me pose même plus la question!)
Très vite, John Gregory est tué dans cette fameuse dernière bataille. (« tiens, le corps demon maître, il était comme mon second père », j’exagère à peine) et très vite, on comprend qu’anéantir le Malin était une grosse bourde. grimalkin, que l’auteur semble particulièrement apprécier, disparaît du paysage presque aussi vite ( « je me barre pour combattre ailleurs« )
Comment dire? Je suis restée sur ma faim – et sur cette fin en demi-teinte.
Bien sûr, on peut envisager cette clôture de cycle comme une mise en bouche pour la suite, la trilogie à venir tant la chute  du roman … ne termine rien du tout, en fait.
Tom devient l’épouvanteur, mais cela, le lecteur le sait depuis le début puisqu’il est le narrateur de sa propre histoire.
Il reste que bon nombre de questions restent sans réponses.
J’en ai bien une (réponse): Joseph Delaney est malin comme son Malin, i.e démoniaque, puisqu’il nous allèche pour mieux nous accrocher (au cas où nous ne serions pas devenus addicts à ses histoires).
Finalement,  cette  petite déception – ou du moins, mon sentiment d’insatisfaction passager – est quasiment un mal pour un bien: je suis sûre d’avoir envie de lire les prochaines démêlées du nouvel épouvanteur!