Wouf! Bonne année du Chien!

Ce vendredi sera marqué par le début de l’année lunaire – et donc par ce qu’on appelle le « nouvel an chinois« .

Je ne crois pas aux horoscopes en général – ni en particulier- mais j’aime bien les traditions et les fêtes qui entourent ce nouvel an  lunaire.

Chaque année, il y a des chansons plus ou moins officielles autour du signe de l’année: c’est le Chien (de Terre) cette année. Et M-Girls, ce groupe de Malaisie, nous livrent la chanson du Nouvel An qui s’appelle: Mr.Wang qu’on peut traduire par « monsieur prospère »

Ensuite, il y a ceci:

De façon plus traditionnelle:

Et pour célébrer le Chien:

En chinois (mandarin), on dira:  新年快乐 (xīn nián kuài lè) 
Gong chi fah chai », gong xi signifie « félicitations »

Voilà comment les prononcer (la vidéo est de 2013, donc ce n’est pas la bonne année):

J’en avais parlé l’année dernière, pour l’année du Coq, en coréen, on dira: « sae hae bok mani badeuseyo »

Comment saluer pour le Nouvel An lunaire en Corée:

Pour finir avec les traditions, voilà  une vidéo intéressante  qui montre les différents façons de fêter ce nouvel an (Corée, Vietnam, Chine):

Avant de terminer sur cette année du Chien, j’ai une petite anecdote à propos de « chien » en coréen. Quand je suis allée au concert de G-Dragon en septembre 2017, il a chanté l’un des titres de son dernier album, « Bullshit« . Or, les paroles de la chanson font, entre autres, une référence assez cryptée à une oeuvre du peintre américain Christopher Wool « Run dog run » , GD étant un grand amateur d’art.

Il y a donc un tas de jeu de mots et de sonorités sur le mot chien en anglais « dog » et en coréen « gae« . Le refrain imite plus ou moins l’aboiement (bow wow wow). A cette différence: sur scène, à Paris, GD l’a transformé en un « wouf! » repris en choeur par le public…. Un moment intense ou: comment nous avons aboyé au concert de G-Dragon!

La version de l’album avec traduction:

Where my dogs at? Que pasa?

In the dog’s house is mi casa.

My crew is full of fucking beggars, bullshit

Samba, roomba, cha cha, roar

Shake your tail and bribe your way

 

 

Sur ces mots, bonne année du Chien!

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Come to the dark side ….il y a des séries

 Come to the dark side, il y a des séries

Cela doit faire un an que je n’ai pas publié un article un peu fouillé consacré aux séries. Ou plutôt à une série.
Je me rattrape aujourd’hui, en abordant une série britannique qui, non seulement fait parler d’elle en début 2018, mais vaut le détour.

«Bonjour,  je suis James, j’ai 17 ans, et je suis presque certain d’être un psychopathe… »
Alyssa, 17 ans, est nouvelle à l’école. Les deux adolescents se rencontrent et s’aiment bien. Elle veut sortir avec lui puis l’invite à partir en road trip avec elle pour retrouver son père.

La série est courte ( 8 épisodes d’une vingtaine de minutes),on a donc vite fait de la terminer…tout en se disant à la fin qu’on aimerait qu’elle dure un peu plus longtemps.

Diffusée sur Channel 4 en octobre 2017, disponible sur Netflix depuis le 5 janvier 2018,  The End of the F***ing World  est un peu un OVNI – comme seuls les anglais savent le faire, peut-être. 

 

 

Adaptée d’un roman graphique de 2011 signé Charles S. Forman, la série propose une bande son détonante : »Voilà » de Françoise Hardy aux côtés de Spencer Davies Group « Keep on Running« , de Timi Yuro « I Apologize« . Les deux jeunes acteurs Jessica Barden (=Alyssa)   et Alex Lawter(James)  vu dans la saison 3 de Black Mirror sont excellents. Petit clin d’oeil à une autre série: Gemma Wheelan (Yara Greyjoy dans Game of Thrones) campe une flic au coeur un peu brisé.

James n’éprouve plus de sentiment depuis son enfance et  rencontre  Alyssa, décalée et rebelle. Ils ont 17 ans, ils cachent leurs fêlures et s’enfuient ensemble dans un périple anglais, superbement filmé. On assiste alors à leurs multiples rencontres avec des adultes plus mal fichus les uns que les autres (pervers sexuel, démissionnaire, on en passe…).Jusqu’à la quête du père idéalisé par Alyssa qui finit par ressembler à une caricature de l’adulte faussement cool.

Road movie ? Oui, mais sur le sol britannique, un point que relève Alyssa dès le début lorsqu’ils plantent la voiture du papa de James dans un arbre:

(James)- Tu crois qu’elle va exploser?
(Alyssa) – C’est pas un film! ….Si c’était un film, nous serions sûrement américains.
(Musique – générique du début)

 

Il aurait été facile de basculer dans le gore mais même la scène la plus sanglante ne se complaît pas dans l’apologie de la violence. Le cynisme noir n’est pas non plus de mise. La série garde un ton décalée tout en insufflant des notes d’humour et beaucoup d’humanité.

The End of the F***king World est un roman graphique, à l’origine signé Charles Forsman   que je vous invite à découvrir.

 

Bande son impeccable ( à écouter): 

Pour les références, on pense à:
– Bonnie  & Clyde
– Thelma & Louise – pour le côté road movie
Paris-Texas: un Paris-Texas inversé où ce n’est plus le père qui cherche sa femme et son fils mais la fille qui recherche le père.

True romance – pour tout ce qui tourne mal (mais, en moins sanglant, ici)
Kalifornia
 Tueurs Nés (Natural born killers)

Retour en 2017: best of et bilan

 

2017, voilà une année toute en contrastes…Nous voilà à l’heure du bilan (ou pas!). 2017, année du Coq (2018 année du Chien). En 2017…..

J’ai suivi et participé à:

  • au TBTL de Bettie Rose Books  : à l’heure actuelle, j’ignore si je vais continuer. Tout dépend des thèmes, de mon temps, de mes envies. Je me lasse assez vite des rendez-vous récurrents, de la routine en général (alors, sur mon blog, je n’en parle même pas!); j’ai besoin de variétés, d’idées neuves – et je dois dire que faire un TBTL par semaine pendant un an est déjà presque un record!
  • aux Premières Lignes de la Lecturothèque
  • à des tags: celui de fin d’année de Petit Pingouin Vert , celui d’automne
    sur la musique,

Grâce à Fan Actuel, j’ai constitué un CV multi fandom (il manque le modèle de lettre de motivation mais j’y pense – ça m’aidera peut-être dans la recherche d’emploi ….)

J’ai créé et écrit:

  • ma propre section de chroniques littéraires: L’as-tu lu ou le liras-tu? puisque, jusqu’à présent, je chroniquais essentiellement des livres sur mon blog écriture même si la place manque un peu (la visibilité aussi). C’est un bon exercice pour moi, qui recommande souvent des livres oralement  (libraire un jour, ….) mais qui oublie de le faire à l’écrit- jusqu’à ce qu’on me dise: « mais fais-le! »
  • une série d’articles autour de la musique, toutes sortes de musiques, des liens entre des morceaux, des reprises, des inspirations.
  • une série d’articles sur l’art : L’été de l’art
  • des articles résumant ma semaine (interrompus mais j’y reviendrais peut-être): Minute, papillon!

J’ai aussi parlé de :

Comme chaque année, j’ai fait quelques  hommages aux disparus

 

La série d’articles dont je suis vraiment fière -encore à ce jour – , c’est: T’as pas vu ma pop

Et hop, bienvenue à  2018!
Ce n’est pas dans mes habitudes de prendre de bonnes résolutions. Mais j’ai déjà pris plusieurs décisions: comme celle de(re) faire du sport, des exercices physiques régulièrement, pas spécialement pour perdre ce  (satané) poids  mais pour me sentir mieux, surtout – dans ma tête aussi. Je le fais depuis novembre et je m’en félicite!

En général, mes décisions sont de l’ordre « ne pas attendre demain pour faire ce que j’ai à faire et savoir me faire plaisir« . C’est du B.A BA mais pas si simple. En 2017,  j’ai pu apprécier  le fait d’aller à deux concerts, d’aller danser, et d’autres moments agréables.
J’ai pris une autre décision un peu compliquée: arrêter de me teindre les cheveux. J’ai eu mes premiers cheveux blancs très jeune (23 ans) et je me rends compte que je me fais des teintures depuis que j’ai 25 ans à peu près. Ce qui me dérange en arrivant maintenant à la cinquantaine, c’est de devoir subir une pression sociale emplie de clichés et de diktats – sur les femmes en particulier. Je regarde souvent mes congénères (je fais des photos, donc…) et j’ai réalisé que peu de femmes ayant 40 ans passés osent arborer des cheveux gris – ou blancs. C’est plus courant chez les personnes de 75/80 ans. Et ‘est dommage car ce n’est pas moche du tout!Les plus jeunes cherchent à se décolorer les cheveux pour atteindre ce silver hair


Par contre, les hommes n’ont pas l’air d’avoir ce souci. On entend trop souvent cette réflexion:« c’est si sexy, les cheveux blancs chez les mecs! Oh, chez les femmes, ça fait vieux/grand mère » (etc..). Donc, c’est un vrai ras-le-bol que j’exprime.
Je sais que je vais passer par un moment où mes cheveux vont avoir une drôle de couleur (et moi, une drôle de tête) . Ils sont châtains actuellement avec la coloration, puisque je suis châtain foncé – brune – de base; et je les ai fait couper au carré – ce qui n’est pas pleinement satisfaisant,  la coiffeuse ayant négligé le fait que tous les cheveux ne sont pas lisses (les miens bouclent).

Voilà, détail capillaire mis à part, je vous souhaite une année 2018 riche en découvertes! Musicales, artistiques, littéraires, de toutes sortes!

A.

 

Beautés 2017

C’est fait: le TC Candler vient de publier les 100 plus beaux visages de l’année 2017, masculins et féminins.
Le TC Candler est un classement différent, prenant en compte un très grand nombre de pays, d’origines culturelles et ethniques, professions et degrés de popularité, i.e on n’y voit pas systématiquement un acteur américain blanc très populaire et sexy en tête de classement – comme si c’était la norme….

 

« TC Candler presents The Annual Independent Critics List of the 100 Most Beautiful Faces, which has been published, in various formats, every year since 1990… and in recent years has been seen by well over 100 million people from around the world.

Unlike many other annual publications, The Independent Critics List is not a popularity contest. It is not about the sexiest or the most famous. Rather, it aims to be a very international list and one that is inclusive of many cultures, lifestyles, professions and degrees of fame. The Independent Critics List intends to inform public opinion rather than reflect it. This list searches far and wide, listening to the hundreds of thousands of suggestions submitted every year, and tries to put together a list representative of the modern ideal of beauty. Aesthetic perfection is only one of the criteria. Grace, elegance, class, poise, joy, promise, hope… they are all embodied in a beautiful face.

Dozens of countries are represented on the list every year. That number seems to go up every year as the list grows and expands. Of course, lists are very subjective… you will disagree with some of the choices, but perhaps you will find a new favorite. Every year, this list is populated by some legendary beauties who never seem to fade, but it is also replenished with the freshest and most promising talent from around the world. »

 

Cette année, chez les femmes:

  • Nana (Im Jin-Ah) – chanteuse de After school et Orange Caramel – Corée du sud (#5 – ancien n°1 2014)
  • Sarah Gadon – actrice canadienne (#4)
  • Tzuyu (Chou Tzu-yu) – chanteuse de Twice, groupe coréen- Taïwan (#3)
  • Thylane Blondeau, 16 ans – mannequin française (fille de Véronika Loubry – ce qu’elle lui ressemble! – et de Patrick Blondeau) #2
  • Lisa Soberano – actrice et mannequin philippino-américaine #1

 

Chez les hommes:

 

A noter un bel hommage à Kim Jong-hyun #27:

 

Mon CV de fan – le CV multi-fandom

C’est l’article de Fan-Actuel qui m’a donné envie de faire un CV  de fan – ou, du moins, de le mettre à jour, puisque j’avais tenté de le créer au brouillon. Mais, comme « améliorer son CV »  tient une place importante dans ma vie, et ceci  à double-titre: en tant que demandeur-se d’emploi et depuis mon orientation vers  la formation et l’insertion professionnelle, le voilà.

Mais, dites-moi, en quoi « être fan de….  » développe-t’il des compétences professionnelles?

On peut illustrer la compétence professionnelle avec ce schéma
(c’est ce qu’on utilise dans la formation professionnelle):

 

 

(source : didapro – les notions de savoir, savoir-faire, savoir-être sont détaillées sur le blog à l’aide vidéos)

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Mais revenons à nos fandoms!
Que développe-t’on quand on est fan? Quelles compétences?
J’ai mis quelques exemples ci-dessous mais ceci ne constitue pas une liste complète, bien sûr:

Des Savoirs:

  •  navigation internet
  • création de blogs/de sites (ne serait-ce que la base)
  • photographie (le B.A- BA)

 

Des Savoir-faire:

  • utiliser un logiciel:
    – de traitement de textes, tableau, diaporama, etc..
    – de post-traitement (= « retouches de photos » selon la formule populaire ex: Gimp, Photoshop, Lightroom, etc..)
  • rechercher de la documentation (différents supports), d’où:-
    – identifier les sources
    – répertorier, classifier
  • perfectionner la maîtrise de langues étrangères ( l’anglais, souvent)
    – comprendre, lire, rédiger dans une langue étrangère
  • organiser : des voyages, des séjours, des rencontres entre fans
  • réaliser une estimation du budget (déplacements, voyages, achats, …)
  • réaliser des projets ( communauté de fans; lettres aux artistes, etc..)
  • rédiger (articles, messages sur les forums)
  • maîtriser l’utilisation des réseaux sociaux (de toutes sortes)

Des Savoir-être:

  • sens artistique
  • curiosité
  • ouverture d’esprit
  • capacité à anticiper et à plannifier (ex: gestion de projets)
  • réactivité
  • gestion du stress (votre artiste vient dans votre ville/votre pays; les fans hystériques et autres relous; les commentaires de rageux sur les réseaux sociaux; keep it cool!)

  • relationnel (autres fans, événements, accueil, etc..)
  • etc…

On en rajoutera beaucoup d’autres comme, par exemple, la capacité à jouer d’un instrument de musique (pour jouer les chansons de votre groupe préféré; le générique de votre série/anime favori) ou à chanter; la danse; le cosplay; la rédaction de fan-fictions; le fanart en général.

 

Passons à une ébauche de CV fandom (là non plus, je ne serais pas exhaustive- comment l’être? ) – c’est la partie fun de l’article:

DESSINS ANIMÉS, BD ,  MANGAS , ANIME, COMICS

Je suis devenue de Yoko Tsuno dès mon enfance – et de beaucoup d’autres BD (Thorgal, par ex). Mon rêve était alors de devenir dessinatrice de bandes- dessinées.
Puis sont arrivés les anime/manga avec Albator, Goldorak, Capitaine Flam…
J’étais une fan totale de Goldorak/Albator.
Je lisais en parallèle de temps en temps les Strange où j’ai découvert les X-men (Wolverine s’appelait Serval). A la même époque, le dessin animé Spiderman passait à la télé

 

Conséquences:
-Beaucoup de dessins (j’ai très tôt adopté un style manga )
-J’ai souvent reproduit les génériques (à la flûte à bec, puisque c’était obligatoire au collège – mais je me débrouillais pas mal)

Et surtout, j’ai découvert la SF…(donc j’ai lu – beaucoup)

Séries et films de SF:

Cosmos1999, Galactica (l’ancienne formule:Battlestar Galactica ou Battlestar Galactica 1978) ) et...Star Wars! Puis, Blade Runner, Dune, en série Babylon 5

Conséquences:

  • J’ai encore ma collection de figurines Star Wars (la collectionite!)
  • J’ai écrit ma première fanfiction (vers 14 ans je crois), librement inspirée de Battlestar Galactica.
  • Lire lire encore lire et découvrir d’autres auteurs de SF, par ex. 
  • Un minimum de connaissances sur: la narration, la cinéma, le scénario, …
MUSIQUE
  • Stray Cats – 1982-84
    beaucoup de dessins, d’écriture – j’ai appris l’argot américain.
  • The Clash – 1982/83 ——-longtemps
    Et tout le mouvement punk en même temps.  C’est à partir de là que mon style vestimentaire est devenu original.
    Beaucoup d’illustrations car j’avais commencé à écrire des articles sur la musique (pas publiés, bien sûr).
  • The Stranglers- 1984—– 1990 ( je les écoute toujours mais le chanteur originel s’étant barré en 90, ça s’arrête là)
    Déclic: j’écris mon premier roman
  • Metallica – 1984—– aujourd’hui
    Beaucoup de pages écrites (une nouvelle, un fan-fic)
    Inscrite au fan-club officiel dans les années 90
    Concert
    Livre dédicacé
  • BigBang – 2016—
    Vive la Corée! Grâce à eux, j’ai quelques notions de coréen. (des notions vagues, le début de l’alphabet, etc..)
    Je reviens du concert de G-Dragon (le leader). Réseaux sociaux, etc…

Autres périodes rapides de fan :
– Madonna/Prince – 1986/88
Influence considérable sur ma garde-robe
– Iron Maiden – 1982(?) —-
Je suis plus « fan en continu » sans arrêter, mais sans obsession non plus.
–  Scorpions – 1984- 85

  • Beaucoup de coupures de presse, d’articles, de photos en stock = documentation
  • Livres
  • Concerts
  • Rédaction
  • Langues étrangères

PAYS

Japon – puis Asie en général
J’ai déjà raconté à quel point le Japon était présent à la maison quand j’étais enfant.
Il me reste des bases pas si mauvaises de japonais, une connaissance de la culture, de la littérature.
Des rencontres, bien sûr. Et l’envie d’aller là-bas.

Royaume – Uni:
Je dis souvent que j’ai été élevée grâce au thé dans le biberon.
C’est presque ça.
J’ai eu cette chance d’aller en Angleterre régulièrement depuis mes 4 ans.
Pratique: je lis l’anglais, je me suis rendue compte que je savais le parler encore pas trop mal (je ne pratique pas).
Donc, connaissance  de la culture, de la langue, des réalités aussi (l’Angleterre façon « thé, scones, Downton Abbey »  n’est pas ma vision du pays).

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LECTURES

J’ai deux univers de prédilection – et un tas d’autres en parallèle

Marion Zimmer Bradley – Ténébreuse
Les télépathes de Ténébreuse m’ont définitivement pris le coeur depuis de très nombreuses années.
D’où:
– fan fiction
– grosse influence quand j’écris
– collectionite

JK Rowling – Harry Potter
Contrairement à la « génération HP », j’étais adulte quand je suis tombée dedans.
Mais ça ne change pas grand chose. C’est Harry Potter qui m’a donné envie de me remettre à lire en anglais.
D’où:
– écriture de grandes fanfic (qui, parfois, mélangent allègrement les univers)
– un peu de collectionite (réduite par le manque de budget et d’espace)
– Un blog (clos à présent)
– participation à une encyclopédie HP.
fan art

et ici 

JEUX, MMORPG – 2010-2015

D’accord, je suis adulte et pourtant, j’ai longuement joué à…Dofus. J’aime beaucoup l’univers développé par Ankama. (ah, ces personnages; les quêtes aux noms improbables; les jeux de mots..)
Je joue de temps en temps sur la console à Minecraft (je suis devenue architecte grâce à Minecraft!).
– J’ai appris un tas de vocabulaire en jouant en ligne.
– Des rencontres virtuelles amusantes
– Réactivité, rapidité, une certaine habileté
– Créativité

 

 

Gary Oldman – 1986—-aujourd’hui
– collection d’articles, photos et de films
– réseaux sociaux, blogs, sites de fans
– échanges avec les fans en plusieurs langues

Alan Rickman – 2007—–
Une collection impressionnante de photos, heureusement numériques.
Un blog (clos)
Des textes et  des poèmes 

Richard Armitage – 2011 ou 12—-
Ah, ce fandom….

Je l’aime beaucoup. Même si je suis moins active (photos, blogs ), c’est grâce à lui que j’ai eu de très bons échanges (virtuels) ces dernières années. Je ne pourrais pas citer tous les blogs intéressants qui s’y rattachent ni toutes les personnes passionnantes.
Ce serait trop long.

 

 

 

Bref, être fan, ce n’est pas connaître les chansons par coeur pendant les concerts – pas seulement -, cela va bien au-delà.

 

TBTL : Un livre qu’on devrait étudier à l’école

C’est jeudi, c’est TBTL!

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

De retour cette semaine avec le TBTL pour un sujet qui est (un peu; beaucoup) d’actualité. Un livre qu’on devrait lire à l’école….

 

En abordant ce thème, j’ai demandé l’avis de quelqu’un qui est encore très concerné par les cours (entrée en 1ère cette année pour ma fille).

Sa réponse m’a aidée à préciser mon choix puisque nous avons parlé d’un livre qu’elle a étudié l’an dernier et qui lui avait plu, en raison de son thème : « Qu’est-ce que l’être humain? Qui est humain? … »
Je veux parler de « Zoo ou l’Assassin philanthrope » pièce de Vercors (« Le silence de la mer ») qui avait adapté lui-même son roman pour le théâtre: « Les Animaux dénaturés ».

On ne naît pas homme, on le devient. Telle pourrait être la morale du procès de Douglas Templemore, impliqué dans « un scandale sans précédent dans toute l’histoire de la justice britannique ». Sous le procès hilarant de cet « assassin philanthrope » se cache, outre la satire du colonialisme, la question philosophique fondamentale : qu’est-ce qu’un homme ? Anthropologues, paléontologues, zoologistes et médecins sont appelés à la barre pour en débattre. Le retentissement du Silence de la Mer a quelque peu occulté les autres ouvres de Vercors, dont la redécouverte s’impose. Richesse du contenu, efficacité du style et humour ravageur l’inscrivent dans la lignée de Voltaire : l’intrigue de  » Zoo ou l’Assassin philanthrope  » est celle d’un conte philosophique drolatique alliant satire et réflexion morale. La confrontation de la version romanesque ( » Les Animaux dénaturés « , 1952) et de la forme théâtrale permet une étude précise du travail de réécriture et de la spécificité du genre dramatique. Quant à l’argument anthropologique servant de cadre à l’investigation philosophique, il permet, tout en s’amusant, d’acquérir les rudiments nécessaires à l’étude de toutes les sciences humaines.

 

 

« Tous nos malheurs proviennent de ce que les hommes ne savent pas ce qu’ils sont, et ne s’accordent pas sur ce qu’ils veulent être ». Cette citation met en lumière deux éléments sur la définition de l’homme pour Templemore. D’une part, les hommes n’ont pas l’intuition de ce qu’ils sont et d’autre part, c’est à eux de se définir mais ils n’y parviennent pas car chacun ou presque détient sa propre définition de l’homme.

Le roman comme la pièce mène à  ce questionnement: « Est-il possible de trouver un ou plusieurs critères qui permettent de définir l’homme ? Mais qui décide de ce que peuvent être ces critères ? »

Le conte philosophique de Vercors  évoque des thèmes repris par Didier Daeninckx dans « Cannibale » (merci Montaigne dans « Des Cannibales » quand il vient à  s’interroger :les cannibales  sont-ils plus barbares que nous ? Nos coutumes sont-elles civilisées comme nous le prétendons ? Et quelle conduite tenir à leur égard ? ).
J’ai aussi fait un parallèle avec le roman de Karen Joy Fowler    « Nos années sauvages »
dans lequel la narratrice évoque sa soeur – une soeur vraiment pas comme les autres…

Qui est l’humain?  Comment le définit-on? Qui est « l’Autre »? Où commence la tolérance? , etc… autant de questions importantes à aborder à l’école…

Cannibale: 

« Didier Daeninckx, ému par un séjour en Nouvelle-Calédonie, retrace un épisode historique longtemps méconnu. « Cannibale » est un texte écrit sur commande à l’occasion des 150 ans de l’abolition de l’esclavage en 1998. Daeninckx y rappelle l’existence des « zoos humains » de la IIIe République via l’histoire de ce groupe de Kanaks échangés contre des crocodiles pendant l’exposition coloniale de 1931. Selon Daeninckx, ces événements préfigurent la révolution en Nouvelle-Calédonie dans les années 1980 ; d’ailleurs, le narrateur de « Cannibale » est en train de vivre cette révolution lorsqu’il raconte son histoire. »

Finalement, ma réponse pour aujourd’hui tient en 3 livres (5  si je compte les deux de Vercors et l’essai de Montaigne).

A bientôt et bonnes lectures!

T’as pas vu ma pop #7

Comme nous avons pu le voir la semaine dernière,  les héros pop s’engagent dans des aventures très différentes les unes des autres. Il semblerait pourtant que ces héros soient  reliés entre eux par un fil conducteur, un ou des éléments communs. Tous se définissent quasiment par leur grand point faible – ou, du moins, leur faiblesse relative. De plus, quasiment tous choisissent  de refuser la puissance/le pouvoir à la fin de leurs aventures.
C’est le cas de Frodon qui jette l’anneau dans la Montagne du Destin -plutôt que de devenir un nouveau Sauron, ce qui était quand même sacrément badass. Idem pour Luke Skywalker qui ne se laisse pas tenter par le côté obscur, préférant abandonner le combat contre Dark Sidious/Palpatine. On sait ce qui arrive: Vador, ne pouvant supporter de voir son fils souffrir devant ses yeux, s’empare alors de Palpatine, rendu vulnérable  et le jette dans le générateur de l’Etoile Noire et youpi!  triomphe de l’amour!Quant à  Harry Potter refuse la Baguette de Sureau et l’immense pouvoir qu’elle confère.

Le héros pop est donc un exemple – malgré lui, dirait-on. « Il ne veut pas le pouvoir pour lui-même », se disent ceux qui sont autour de lui. « Aidons-le. »  De là, naissent les communautés héroïques (La Communauté de l’Anneau, l’Ordre du Phénix, etc..). Car on touche ici à l’élément fédérateur. Ce qui est une faiblesse devient alors LE point fort du héros pop.

On voit que dans le récit pop, on a commencé par « croire à » (=une prophétie, un mythe, une légende) pour « croire en » (accorder sa confiance; former une communauté). Le héros doit à présent faire croire (en lui).

Récemment, les récits de héros pop mettent en avant un personnage  que tout le monde pourrait devenir. Le héros pop reflète la croyance des autres plus qu’il n’est marqué comme un être unique en son genre. En cela, beaucoup de récits ressemblent étrangement aux romans d’apprentissage (ou d’éducation), ceux qu’on appelle  le Bildungsroman.

Le héros pop est alors confronté à différents schémas qui vont définir son récit:

  • Il souffre. C’est Frodon, tout en abnégation, en figure doloriste (sauf lorsqu’il s’en prend au malheureux Sam en se comportant comme un vrai tyran – ou en diva pop – il fait sa rockstar -; là, c’est Sam qui lui vole la vedette et devient le  héros à temps partiel)
  • Il est courageux. Modeste, issu de nulle part, voilà notre héros qui se découvre des ressources insoupçonnées! C’est Bilbo version Peter Jackson qui affronte l’affreux Azog dans Le Hobbit au cinéma. Bien sûr, ce n’est pas nouveau…
  • Il a un pouvoir mais le connaît mal/ou ne sait pas le maîtriser. Jack Frost sait refroidir l’air, pas assez pour figer Pitch, le Croquemitaine.

Autre cas de figure: il n’est héroïque que par défaut. C’est un héros accidentel.
C’est suite au décès de son frère (jumeau, c’est plus pratique!) que Jack Sully est amené à remplacer celui-ci – et à devenir le sauveur de Pandora, dans Avatar.
Mais, à la base, Sully n’est que l’avatar – celui de son frère.
De même, Shrek est un remplaçant. Il doit sauver une princesse à la place de Lord Farquaad.

Dernière piste: il voyage dans le temps. Et, oui le voyage temporel! On sait dès le début que le héros a accompli sa mission, reste à trouver le bon orage magnétique, la bonne machine temporelle pour que ledit héros réalise son destin.
C’est Terminator où l’on vient du futur (qui n’est pas folichon, entre nous).
Ce schéma a été largement pillé par les auteurs de SF (je ne citerais pas toutes les références, vu le grand nombre), accompagné de son leitmotiv: le paradoxe temporel.

Le paradoxe temporel le plus connu est le paradoxe du grand-père selon lequel l’intervention tue l’aïeul de l’intervenant empêchant ainsi sa naissance… et donc son intervention. Ici, nous nous trouvons en face du paradoxe du premier type, mais l’auteur avance l’hypothèse d’une autocorrection du temps. En effet, le voyageur est voisin d’un architecte; malencontreusement, il empêche la naissance de ce voisin, mais les maisons réalisées par ce voisin, n’en sont pas moins dessinées par un autre architecte.

On pense à Barjavel (Le Voyageur imprudent); à Bradbury (Un coup de tonnerre),  à Vous les zombies All You Zombiesde Robert A. Heinlein, à  La Patrouille du temps de Poul Anderson, mais aussi à La Spirale du Temps (Yoko Tsuno) de Roger Leloup, à Valérian et Laureline qui sont des agents spatio-temporels,  à Thorgal (dans Le Maître des Montagnes). Je passe sur le nombre d’allusion dans Doctor Who.  Dernièrement, dans la saison 10 – épisode 3 « Thin Ice » dont voici un aperçu  ci-dessous, Bill,  qui accompagne le Docteur, pose à nouveau cette question « Et si…. » – et se fait gentiment tourner en dérision.

Londres, 1814. La ville entière s’est révélée pour la plus grande foire de givre depuis des décennies. Mais sous la Tamise glacée, les fêtards disparaissent, s’embrassent dans la glace et pénètrent dans les profondeurs où se cache un monstre terrifiant. Le docteur et Bill arrêteront-ils le massacre avant qu’ils ne soient entraînés dans les eaux glacées

Yoko Tsuno : La spirale du temps

Le héros ne change pas l’univers.Très souvent, il contribue à en maintenir sa cohésion. Cette idée en induit une autre: la préexistence du futur.
Nous faisons un tour sur nous-mêmes et nous projetons dans un avenir qui, s’il n’est pas une certitude, est susceptible de déjà exister.
Voilà qui a le mérite d’en séduire plus d’un….

Héros fédérateur, héros fort de sa faiblesse, la pop culture nous invite à nous pencher sur nous-mêmes, à nous réapproprier des codes, des histoires. Elle nous renvoie à notre propre humanité, et en cela, à nos différences, à nos singularités.
Elle nous réunit quand nous devenons fans (merci, les fandoms!);  elle nous montre que c’est en faisant un  atout de notre différence que nous en devenons héroïques. Pour conclure ce premier volet en 7 parties sur la pop culture, je  citerais R. Mèmeteau dont l’ouvrage m’a servi de guide-fil: « Une société de plus en plus normée finit donc fatalement par devenir une véritable machine à créer les stars ».

Je vous retrouve bientôt pour un autre volet et en attendant, je  vous souhaite une bonne semaine.

T’as pas vu ma pop est une série d’articles en plusieurs volets (1 complet à ce jour, le second en publication, le troisième en réflexion) qui cherche à explorer et à analyser simplement la culture pop, dans toutes ses dimensions (société, philo, artistique, psycho, etc..). J’en ai eu l’idée après avoir lu plusieurs essais passionnants sur la pop culture, en écoutant des chansons, en rédigeant d’autres articles. Je n’invente rien, je me base sur des publications existantes – mais, parfois j’y ajoute mon grain de sel.

Pour m’en parler, échanger, en savoir plus:

leyartsphotos@hotmail.com

Ou plus facilement: via la page FB

Instagram ou twitter

T’as pas vu ma pop? 1er volet

Introduction – part.1

La pop et le camp part.2

Come on, vogue! -icône pop –part.3

Pop culture: le monomythe- part.4

Prophéties part.5

Prophéties: Matrix, Harry Potter – part.6

Héros pop: croire ou ne pas croire part.7

T’as pas vu ma pop #5

La semaine passée dans T’as pas vu ma pop, je me suis intéressée à la recette campbellienne – ou comment faire une bonne soupe au monomythe- avec la structure du Voyage du Héros (Ulysse nous aura bien aidés longtemps avant Bilbo et Luke Skywalker).

Aujourd’hui, entre les bagages et un rhume des foins carabiné, je vais continuer mon propre voyage – et le vôtre – en direction du mythe, de la croyance et de la prophétie. Ce sera un peu plus court pour les raisons évoquées sur ce blog.

Crois-en moi, crois-en toi: croyance et prophéties auto-réalisatrices

On entend souvent que la pop culture est un pillage continuel sans foi ni loi (si possible). Et aussitôt, certains se mettent à pousser de grands cris, tentant, en quelque sorte,  de comprendre la pop culture en dehors d’elle-même, et non pas en interne. Renvoyer la pop à ce qui ne peut pas être saisi, le moment, l’époque, l’instant, c’est vraiment chercher à s’arracher les cheveux – ou à enrager.

La pop culture pille la culture populaire, tranquillement, et fournit son propre mythe. En fait, elle opère un retour sur soi, une réflexivité plus qu’une révolution: une forme d’autoprophétie.
On observe le même scepticisme chez le chef d’orchestre  Leonard Bernstein (qui aimait le rock et la pop) en 1967 dans le documentaire« Inside pop » qui ne croit pas à la rébellion mais loue la créativité.

Prophétie, mais de quelle prophétie parle-t’on?

En premier lieu, de ce que Robert K.Merton nomme la prophétie autoréalisatrice.
Je rappelle ce qu’est une prophétie autoréalisatrice – selon Merton, il s’agit de:

 La prophétie auto-réalisatrice est une définition d’abord fausse d’une situation, mais cette définition erronée suscite un nouveau comportement, qui la rend vraie »

Si je reviens à notre Héros de la semaine dernière, je peux alors dire: « Bon, je ne vais pas me casser la tête pour inventer un quelconque motif à son aventure, il y a beaucoup plus simple »  Il y a longtemps, une prophétie raconte qu’il devait y avoir un Elu (tout se transpose au féminin, j’ai oublié de préciser). Comme par hasard, l’Elu est le héros de mon histoire mais voilà, il ne le sait pas encore – et c’est parti…
Tiens, ça ne vous rappelle pas un/des films? Un/des romans? Des jeux vidéo?

 

Star Wars? Un enfant destiné à rééquilibrer la Force. Matrix? Un homme élu… Harry Potter? Un jeune garçon dont on a prédit qu’il devait tuer ….etc…

 

Star Wars: Prophétie de l’Elu

 

Prophéties chez Harry Potter

J’en reparle la semaine prochaine….

Pour aller plus loin:

 

Chenille écolo, ver des sables et tutti quanti

« La découverte d’une larve capable de dévorer le polyéthylène, l’une des matières plastiques les plus résistantes, utilisées dans de nombreux emballages, offre la perspective de bio-dégrader rapidement ce polluant qui s’accumule dans l’environnement, notamment les océans.

« Les déchets plastiques sont un problème environnemental mondial, surtout le polyéthylène, particulièrement résistant et qui très difficilement dégradable naturellement », explique Federica Bertocchini, une chercheuse au Centre espagnol de la recherche nationale (CSIC), auteur de la découverte de cette larve de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella), un papillon très répandu.

source

ici 

 

Quand j’ai pris connaissance de cette info, je me suis dit: « Elever des larves en masse pour manger nos déchets plastiques, c’est pas un peu dangereux? » . J’ai eu la vision apocalyptique de vers géants (merci Dune!) colonisant la planète. Au fil de l’interview avec la scientifique, j’ai apris qu’il s’agissait de larves de …papillons. Aussitôt, la Terre terrain de jeu de Shai-Hulud, s’est transformé en un joyeux bazar peuplé de papillons gigantesques (et de licornes sur fond d’arc-en-ciel, si possible).
Jusqu’au moment où les chercheurs déclarent: «  »L’une des prochaines étapes sera de tenter d’identifier ce processus moléculaire et de déterminer comment isoler l’enzyme responsable ».

Alors, mon rêve éveillé s’écroule. Pas de vers ni de papillons titanesques, adieu Dune, les arcs-en-ciel et les licornes ! J’ignore à quel moment les licornes ont débarqué dans mon délire, sûrement une relation avec la couleur ou un grand besoin de me changer les idées en ce moment…
Voilà, tout ça se résume à un bête enzyme sur du bête polyéthylène qui nous pourrit la vie et la planète.

Parfois, vu les circonstances actuelles, j’aimerais mieux vivre ici:

Je sais, je suis un brin  idéaliste.Juste un brin …

 

Mes chats ont plutôt ce genre d’attitude:

A très bientôt!

T’as pas vu ma pop #4

 

Cette semaine, il y sera question de mythe (avec le « yth », bien sûr).
Plus précisément, je vais vous parler du monomythe, qui a considérablement influencé les scénarios hollywoodiens, ces grands pourvoyeurs de pop culture.

Monomythe et pop culture

Monomythe?

Si je dis: « Star Wars »? Vous voyez à peu près de quoi je veux parler – oui, ce tout petit film, un truc obscur…

Maintenant, si je dis: Joseph Campbell?
Pour nous autres, européens, le monsieur est moins connu et moins étudié que Claude Lévi-Strauss ou Mircéa Eliade, par exemple. Depuis « Star Wars », nous sommes un peu plus familiers de ses théories, et pour cause.

Joseph Campbell:

Joseph Campbell, né le 26 mars 1904 à White Plains (New York)et mort le 30 octobre 1987 à Honolulu, est un mythologueaméricain, professeur, écrivain et conférencier, connu pour ses ouvrages portant sur la mythologie comparée et la religion comparée. Son apport principal est sa théorie du monomythe qui postule que les mythes, légendes et contes du monde entier, à de nombreuses époques, sont des expressions d’un schéma narratif unique, lui-même lié aux structures de la psyché humaine. Les théories de Campbell s’inscrivent en partie dans la lignée de celles du psychologue analytique Carl Gustav Jung. Peu influent et souvent critiqué dans le domaine des études mythologiques lui-même, Campbell devient cependant populaire grâce à ses ouvrages, conférences et émissions, et ses ouvrages sont employés par la suite comme guides d’écriture par les scénaristes

C’est avec  « The hero with a thousand faces » (Le héros aux mille visages)  – 1949 que Campbell se fait connaître hors des universités et enchante Hollywood.  Dans l’introduction du « Héros… » désormais célèbre, Campbell définit ainsi  le monomythe:

« Un héros s’aventure à quitter le monde du quotidien pour un territoire aux prodiges surnaturels : il y rencontre des forces fabuleuses et y remporte une victoire décisive. Le héros revient de cette mystérieuse aventure avec la faculté de conférer des pouvoirs à ses proches. »

Il s’agit donc d’une histoire simple, partagée par toutes les cultures qui peut être résumée de cette façon : le Voyage du héros.
On peut découper ce voyage en plusieurs étapes (17 dans la version originale de Campbell) mais les principales sont les suivantes:

  • 1 – Le Départ: le Héros connaît l’appel vers l’Aventure
  • 2 – l’Initiation: Il est transformé par ce qu’il vit
  • 3- Le Retour: Le Héros revient dans le monde, changé, et voulant partager ce qu’il a connu/gagné avec la communauté.

 

En images, les 17 étapes détaillées selon Campbell:

 

 

Et version Star Wars:

 

Quelques exemples d’étapes:

 

On peut constater qu’avec le modèle campbellien, on voit se dessiner un héros bien connu: celui qui se voue à la communauté (le type mort/renaissance) tandis que son antagoniste (l’Ennemi ultime!) est celui qui refuse  ce destin (je pense à Voldemort, soudainement) ou bien qui accapare le bien commun (Saroumane ).

« Le talent de Campbell est de dire tout ça avec une histoire de mythe bien juteuse par page avec en plus de nombreuses références à Nietzsche … » R.Mèmeteau – Pop culture p.94

Et Star Wars dans tout ça?
Il se trouve que George Lucas avait lu Campbell quand il était à la fac puis relu quand il finissait le script du 4 (1er volet de la trilogie originelle – 1977). Il en parle très bien dans le documentaire « The mythology of Star Wars » durant l’entretien avec Bill Moyers:

Lucas rencontre Campbell une fois la première trilogie terminée. Tout ce petit monde se retrouve dans le ranch de George et visionne les trois premiers épisodes (nous sommes en 1983 – heureusement, il n’existe que cette trilogie – oups, ai-je dit « heureusement »? ). Joseph Campbell est enchanté. Il devient fan. Il dit alors qu’il y a vu  » sa matière ».

A partir de cet instant, Campbell est littéralement découvert par le grand public américain.
Christopher Vogler, story consultant (consultant en histoires – je sais, ça fait étrange) chez Disney  connaît les livres de Campbell. Il écrit un mémo et le diffuse à ses collègues. Le mémo est lu et devient une référence en la matière. Très vite, Vogler est chargé de l’écriture du Roi-Lion (même si on voit plutôt l’inspiration du Roi-Lion chez Shakespeare, »Hamlet » mais bon…) et tant d’autres. En 1992, il publie le « Guide du scénariste ». Une recette du scénario à succès est née…

 

Depuis, Shrek effectue bon nombre de voyages avant de retourner dans son marais. Avant lui Bilbo (et Frodon) auront participé à des aventures, Néo a reçu l’appel via une pilule rouge, Harry Potter via une lettre portée par un hibou et j’en passe…Les mentors se nomment Gandalf, Dumbledore, Prof.Xavier, Yoda, Obiwan Kenobi, (toujours prêts à corrompre la jeunesse, ces pervers ^^).
Monomythe et pop culture, mythe et pop, croyances et pop?
Je continue avec vous cette exploration de la pop culture la semaine prochaine!