Chenille écolo, ver des sables et tutti quanti

« La découverte d’une larve capable de dévorer le polyéthylène, l’une des matières plastiques les plus résistantes, utilisées dans de nombreux emballages, offre la perspective de bio-dégrader rapidement ce polluant qui s’accumule dans l’environnement, notamment les océans.

« Les déchets plastiques sont un problème environnemental mondial, surtout le polyéthylène, particulièrement résistant et qui très difficilement dégradable naturellement », explique Federica Bertocchini, une chercheuse au Centre espagnol de la recherche nationale (CSIC), auteur de la découverte de cette larve de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella), un papillon très répandu.

source

ici 

 

Quand j’ai pris connaissance de cette info, je me suis dit: « Elever des larves en masse pour manger nos déchets plastiques, c’est pas un peu dangereux? » . J’ai eu la vision apocalyptique de vers géants (merci Dune!) colonisant la planète. Au fil de l’interview avec la scientifique, j’ai apris qu’il s’agissait de larves de …papillons. Aussitôt, la Terre terrain de jeu de Shai-Hulud, s’est transformé en un joyeux bazar peuplé de papillons gigantesques (et de licornes sur fond d’arc-en-ciel, si possible).
Jusqu’au moment où les chercheurs déclarent: «  »L’une des prochaines étapes sera de tenter d’identifier ce processus moléculaire et de déterminer comment isoler l’enzyme responsable ».

Alors, mon rêve éveillé s’écroule. Pas de vers ni de papillons titanesques, adieu Dune, les arcs-en-ciel et les licornes ! J’ignore à quel moment les licornes ont débarqué dans mon délire, sûrement une relation avec la couleur ou un grand besoin de me changer les idées en ce moment…
Voilà, tout ça se résume à un bête enzyme sur du bête polyéthylène qui nous pourrit la vie et la planète.

Parfois, vu les circonstances actuelles, j’aimerais mieux vivre ici:

Je sais, je suis un brin  idéaliste.Juste un brin …

 

Mes chats ont plutôt ce genre d’attitude:

A très bientôt!

T’as pas vu ma pop? #2

Pop culture, pop art, pop music: tout ce qui fait émerge (en anglais : « to pop up », émerger, pousser, surgir) est-il soluble dans la culture?

La Pop culture ne se réduit pas à une vulgaire marchandise destinée aux masses consuméristes. Cette culture populaire demeure traversée par des contradictions et peut alimenter un imaginaire de révolte

Aujourd’hui, je vais m’intéresser à ce qui pourrait définir la pop en la comparant au style camp, une notion que nous n’employons pas ou peu en France. Il existe des similitudes entre les deux, même si l’un n’est pas synonyme de l’autre.

Le camp  englobe une esthétique et une attitude kitsch distanciées, pensées. Aux États-Unis, la culture camp est liée à la culture gay masculine et à l’art du travestissement.

Toutefois, un nombre important d’œuvres, d’artistes et de pratiques culturelles françaises exprime une sensibilité camp telle qu’elle a été décrite par les critiques culturels anglo-saxons.

Le camp repose sur le kitsch, le démodé, sur la création d’un personnage, sur l’absurdité de la morale et une vision comique du monde. Le camp semble incarné par des artistes homosexuels qui assument leur décalage avec les normes et le conformisme.

(wiki etc)

C’est Susan Sontag (romancière, écrivain, essayiste américaine; 1933-2004) qui en parle le mieux.En 1964, elle publie un article sur le « Camp » appelé à devenir le texte de référence. Alors,  Sontag elle-même faisait  cette distinction :

« Le « Pop Art » est plus sec et plus plat, plus sérieux, plus détaché de son objet, nihiliste en fin de compte. »

Notes on camp 

Il est intéressant avec le recul de pouvoir trouver plus de points de convergence que de différences, finalement. Car, depuis les années 60,  le camp a gagné en visibilité.  On peut citer de grands réalisateurs associés à cette sensibilité (John Waters, Pedro Almodóvar, par ex.) qui ont fait preuve d’une démarche délibérée dans ce sens.

Le pop art et le glam rock, avec Andy Warhol pour le 1er et David Bowie -pour le 2nd, ont élargi le champ d’investigation du camp.

 

 

1. Pour commencer par des généralités: « Camp » est un certain modèle d’esthétisme. C’est une façon de voir le monde comme un phénomène esthétique. Dans ce sens — celui du Camp — l’idéal ne sera pas la beauté; mais un certain degré d’artifice, de stylisation.

Camp? 

« Le « Camp » est fondamentalement ennemi du naturel, porté vers l’artifice et l’exagération. »
Susan Sontag, L’œuvre parle, p.307

 

On pense assez rapidement à Lady Gaga (avant elle, Madonna; dans une moindre mesure; Britney Spears). Mais Gaga fait plus fort, parodiant même Madonna (« Born this way » et « Express yourself » se ressemblent furieusement, quand même). Gaga serait-elle le summum de l’icône pop?  Même Britney et Mylène (chez nous) n’ont pas réuni autant de critères pop.

Lady Gaga affirme que sa seule ambition a toujours été de devenir une star. La musique et la dance ne sont que des moyens. Mais Lady Gaga s’adresse aux exclus et aux marginaux en leur proposant de devenir également des stars à travers elle. (Born this way)

 

La culture pop comme le style camp aime ce qui est populaire (et non ce qui est « élitiste », la culture dite « savante » qu’elle conteste). D’où les séries (Game of Thrones) , les comics, les blockbusters (Star Wars, en 1er).

« Camp », c’est un art qui se prend au sérieux, mais qui ne peut pas être pris tout à fait au sérieux car il en fait trop. On retrouve cette démesure, cette outrance dans la culture pop.

Gaga et ses tenues improbables car too much :

Bien vu aussi chez 2ne1 :

G-Dragon (Kwon Ji-yong), le Lady Gaga coréen ou presque, androgynie et confusion des genres à l’appui:

 

 

« L’élément essentiel du « Camp », naïf ou pur, c’est le sérieux, un sérieux

qui n’atteint pas son but. »

« En un sens il est tout à fait correct de dire: « C’est trop bon pour que ce soit « camp », ou « c’est trop important », c’est-à-dire pas assez en marge. »

 

Extravagance, décalage, quand je vois ceci: (les lits au milieu du pré, j’imagine)

je pense étrangement à cela:

 

Le mauvais, le raté devient  un canon camp. Et de là, le moche, le kitsch, à la limite du mauvais goût…

 » it’s good because it’s awful »

John Waters, réalisateur, dit ceci:

 »Whatever was camp has mutated into plain mainstream American humor . . . Kitsch, or camp, means something so bad it’s good. But what is so bad it’s good anymore? »

« Quoi qu’il ait été, le camp est maintenant totalement intégré à l’humour grand public américain»

Nous y sommes. John Waters… John Waters et Divine, « Pink Flamingos » en 1972 (je ne raconterais pas la fameuse scène de la crotte de chien) John Waters est l’illustration parfaite (ici, Hairspray-1988); Mauvais goût, outrance, et film-culte.

 

On se moque de la vérité, de la sincérité. Rien de plus insincère en musique que l’usage de l’auto-tune? Le son est uniforme, métallique et surtout, impersonnel.

Doit-on remercier Andy Hildebrand,  l‘inventeur? 
Les précurseurs tels que Cher en 1998:

T.Pain, peut-être (et depuis, on a de l’auto-tune ans tous les raps…):

Et pourtant, Kanye West remercie ici « Dieu et l’auto-tune »; signe des temps…

 

« On est séduit par le « Camp » quand on s’aperçoit que la sincérité ne suffit pas. La sincérité peut être ignorante, et prétentieuse, et d’esprit étroit. »
ibid, p.323

 

Ce qui compte, c’est la naïveté. « Le pur camp est toujours naïf ». La pop est naïve. Tellement 1er degré qu’on pense souvent que c’est du second!

Finalement, 2nd ou 1er, on s’aperçoit que la culture pop est surtout  efficace.
Ce qui compte, c’est l’intensité.

Se nourrir de kitsch, du has-been, du décalage qui s’impose.

Le camp ne jure que par le personnage. Merci, nous sommes à l’ère des télé-réalités, où il est si important de paraître, d’incarner un personnage et non pas d’être, d’évoluer (je ne suis pas sûre que cette réalité aurait pu s’imaginer dans les 60’s sinon sous forme de récit de SF).

Autrement dit, l’attitude, le style, le décalage -malgré lui, j’ai envie dire (la pop est naïve)– sont autant de points qu’on retrouve dans la pop culture.  (ou comment la culture punk est une culture pop…- la culture, hein, pas la musique!).
 Désormais, la star n’est plus la vedette au-dessus de tous,  mais la personnalité dans laquelle chacun doit s’identifier pour changer la culture, la pop, le monde.
« Une race dépourvue de préjugés, sans discrimination, mais dotée d’une liberté sans bornes », propose Lady Gaga.

 

Finalement, la pop culture est-elle celle de la masse? De l’uniformité? Ou bien a-t’elle une tendance  à intégrer les contre-culture? Les différences? N’a t’elle pas absorbé le style camp, entre autres?

Je vous invite à me suivre au pays de la pop la semaine prochaine…

J’ai un tableau consacré à la  pop culture sur pinterest.

 

 

Ce grand moment: l’Eurovision

C’était un samedi soir très musical à la télévision française : The Voice (la finale – quoique…je ne sais pas si on peut qualifier certaines prestations de « musicales » – pitié pour mes oreilles ) et l’Eurovision!
Ah, l’Eurovision…. C’est toujours un grand moment de paillettes/kitscherie/chansons improbables. Et le plus étonnant c’est qu’on finit toujours par se demander comment on atterrit devant ce programme.
En 2016, on double la partie de rigolade en suivant les passages à l’écran (de TV) et en les tweets relatifs aux candidats. Et là, j’ignore quel est le plus hilarant….

Il faut avouer que les commentaires sur twitter sont simplement à tomber par terre de rire.

Nous avons noté la candidate croate et son manteau/ciré

 

Un peu de résille en Arménie:

Le candidat russe s’est laissé pousser des ailes:

 

 

Un bon équilibre « jean déchiré/sex-appeal » chez le chanteur hongrois:

Pour la Pologne, ça n’a pas manqué: avec un peu  beaucoup plus de barbe, la ressemblance avec Thorin Oakenshield était quasi complète ….

Et nous avons eu un mélange étonnant d’Ilona Mitrecey/Miley Cyrus (version sage) avec la chanteuse autrichienne qui a chanté en …français! Bisounours -land

 

 

Pour mémoire, Ilona Mitrecey, c’était ça:(non, ne me remerciez pas ^^)

Mais le clou du spectacle revient à Måns Zelmerlöw et Petra Mede

 

Pour rappel, Måns Zelmerlöw  s’était également fait pardonner suite à des propos litigieux au sujet de l’hétérosexualité/l’homosexualité en participant à l’événément LGBT de l’année en Suède – une soirée organisée par le magazine QX – durant laquelle il avait poussé la chansonnette et était apparu totalement nu sur un boulet de démolition lors d’un clin d’oeil au clip Wrecking Ball de Miley Cyrus. Il s’était excusé de sa maladresse, ceci avec un certain  degré d’humour.

 

Vous aurez remarqué que le chanteur suédois ne s’est pas dénudé pour rien sinon pour une bonne cause: la lutte contre le cancer de la prostate.

Comment? Pour le plaisir des yeux?
Ah. Si vous le dites….

Note: Je n’ai toujours pas compris pourquoi l’Australie était représentée (la géographie a-t’elle changé à ce point?)
C’est un peu dommage que tant de chansons soient interprétées systématiquement en anglais: j’aimais beaucoup l’époque où on découvrait des langues peu entendues. (même si j’aime beaucoup l’anglais, j’ai regretté de ne pas écouter d’espagnol, de grec, d’allemand, de russe,  etc, etc…)
Ayant loupé le passage du Français, je l’ai écouté a posteriori: (pourquoi m’étais-je égarée sur The Voice qui était particulièrement dépressive, allez savoir…) Amir avait une sacrée pêche et la chanson était tout à fait honorable (je vais rajouter sournoisement: pour 1 fois).

Je n’ai toujours pas réalisé pourquoi le duo anglais ressemblait aux frères Winchester (Supernatural) version jeune mais puisque l’Allemagne avait envoyé un Pokemon et l’Autriche, Ilona/Miley, je ne cherche plus. 

Et cette fois, j’arrête et vous souhaite un bon (long) weekend.

 

  • merci à June et Yoda Bor pour les échanges via twitter d’hier soir

 

 

Ces trésors du net si kitschounets

Grâce à un collègue (en fait, je ne sais pas si je dois dire « grâce » ou « à cause » de lui, vous allez bientôt comprendre pourquoi), j’ai découvert un trésor de kitscherie 80’s et en musique, SVP!

Un mot avant de lancer la vidéo (pardon , la chose – « that », dirait-on en anglais):

L’auteur s’avère être le fils de Patachou (ok, récapitulatif:  Patachou était une chanteuse française et une actrice, qui a chanté avec Brassens, entre autres. Pour complément, cliquez sur le lien).

Donc, Patachou a un fils, Pierre Billon en 1946.
Michel Sardou et Pierre Billon, qui se sont connus en 1963 dans les coulisses de l’ABC où jouaient leurs parents respectifs (Patachou, Fernand et Jackie Sardou), se retrouvent au printemps 1968.

A partir de là, effectivement, la carrière de Pierre va réellement commencer. Non seulement , il sera un des auteurs- compositeurs de Michel Sardou, arrangera de nombreuses chansons et réalisera des albums pour le chanteur, mais il va devenir chanteur à son tour. Première partie de Michel, il l’accompagnera aussi parfois à la guitare sur scène.Pierre Billon sera auteur-compositeur de nombreuses chansons (compositeur de « Etre une femme », par exemple).

En 1981, Pierre Billon va rejoindre l’équipe de leur ami commun : Johnny Hallyday.

Mais il écrit pour lui (paroles et musiques) et sort dès 1973 un album de compositions originales dont deux titres vont émerger  » La Groupie  » et surtout  » La Creuse « .
Il compose également des génériques de jeux télévisés (Le Juste Prix, Le Bigdil…- et oui….)
Et en 1984, il sort cette chanson qui ressort en 2009, visionnée plus de 1,5 million de fois et qui rencontre enfin , son succès!

La voici :
avec ses paroles
« J’me sens, comme une Bamba triste,
Comme une Marseillaise en mineur jouée par un flûtiste autodidacte, sans tact.
Comme un producteur gros cigare qui lit le score à l’envers, et en plus qui a perdu son chien policier celui qui lui touche le pied chaque fois que c’est le premier temps.

J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste.
J’me sens
comme un accord yougoslave auquel on aurait cruellement interdit l’entrée de la Belle Ferronnière
J’me sens
comme Pierre le preneur de son qui rit sans envie parce que le client lui dit « écoutons hydrophilement »

J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste.

J’me sens
comme un publiciste à Range Loden qui se dit plutôt mourir que Pluto Mickey.
J’me sens
comme un clip muet,
où les seuls mots intelligents viennent d’un académicien qui dit
« je flippe, je flashe, je suis cool et j’ai les moules ainsi que les boules maman »

J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste.
You feel definitly comme une bamba triste.
You feel definitly como una bamba triiiiiste.

J’me sens
comme un vendeur d’instruments de musique auquel on vient
de rapporter une guitare parce qu’elle sonne pas comme celle de Van Halen
J’me sens
comme les 4 saisons de Vivaldi après un compte donné très fort et en Allemand
« ein zwei drei vier »

J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste.
J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste »

 

Mais il y a une histoire derrière tout ça:

Pierre Billon raconte que la chanson a été inspirée par sa tristesse après son licenciement par Johnny Halliday. «Je me suis fais lourder avec une lâcheté sans comparaison: on m’amène une lettre comme quoi je ne faisais plus partie de l’équipe. Donc je m’en vais. Et je m’en vais franchement comme une bamba triste. Généralement les gens qui partent de chez Hallyday — les maîtresses, les femmes officielles ou les producteurs — se sentent revanchards et certainement amers de cette séparation, moi je me suis dit que j’allais faire un disque».

Voilà, voilà.

J’ai donc appris quelque chose aujourd’hui (enfin, en dehors de la somme de connaissances que je m’efforce d’ingurgiter chaque jour, et c’est du costaud).

Comme douce vengeance, j’ai filé à mon collègue le lien de « J’aime les licornes« ? Quoi, vous ne connaissez-pas ce monument de …folie et de …heu…créativité? (éloignez les enfants du PC): kitscherie bis:

 

Niess « Lady Butterfly » – 2016

(en remerciant Gaël, la chanson me tourne en boucle dans la tête).

 

Et les Shadoks pompaient…. Ga, bu, zo, meu?

Pas d’inquiétude, je vais bien .  Enfin, trrrrrès fatiguée (j’ai les neurones en surchauffe) mais ça va. Et donc, je viens de vous parler en langage Shadok! Ga- bu- zo-meu, et vous?  Bien , je m’explique:

J’ai grandi en regardant les Shadoks. Enfin, pas que les Shadoks, mais quand j’évoque mes 1ers souvenirs télévisuels, à part « Bonne nuit les petits » (Nounours!) , il y a  les Shadoks.  Et je dois dire qu’ils m’ont fait rire et qu’ils continuent. Parce que c’est décalé, au 2nd degré et absurde.

La vidéo suivante (de 1993) relate la naissance de cet univers étrange:

Ce qui est dingue, c’est que cette émission a déclenché des querelles incroyables (je rappelle que la 1ère diffusion date de 1968). On dit parfois que la France a été divisée en 2 : les pro et les anti Shadoks.

Jean Yanne et Daniel Prévost s’en moquent:

Il y a quelques années, j’ai emprunté le coffret de l’intégrale en DVD à la médiathèque. (Les Shadoks : Édition intégrale 5 DVD comprenant les quatre séries (BU, ZO, MEU, BU GA) + un DVD bonus (de novembre 2006). Et je me suis régalée à regarder tous les épisodes dont je ne connaissais que le quart, à peu près.

Pourtant,  l’émission a été rediffusée! Et de nombreuses fois:

 

 

29 avril 1968 (ORTF 2ème chaine)
Rediffusions 1er juin 1970 (ORTF 1ère chaine)
11 novembre 1974 (ORTF 1ère chaine)
12 novembre 1979 (FR3)
1985 (Antenne 2 – Récré A2 Matin)
19 septembre 1988 (La Cinq)
29 janvier 2000 (Canal+)

(note: nous sommes d’accord: je n’ai pas vu les Shadoks en  avril 1968, j’avais 7 mois alors (révolutionnaire dans mon parc) mais en 70 et 74, sûrement. La télé était en  même en noir et blanc, oui, même si le « passage à la couleur s’est fait en 1967   , mais qui avait déjà une télé en couleurs ?  D’ailleurs, ça me fait penser à une vidéo de Cyprien dans laquelle il dit « quand j’étais petit je croyais qu’il y a très longtemps, la vie était en noir et blanc ». Et nous ne parlerons pas de l’état de ma chère dentition, June et Yoda – #privatejoke)

Revenons à nos Shadoks:

Ce sont de drôles d’oiseaux , avec de longues pattes, de toutes petites ailes, vivant sur une planète tordue. Ils sont bêtes, méchants. Ils construisent des machines qui ne fonctionnent pas. Comme leur planète est biscornue au possible (et qu’ils en tombent), ils décident de migrer vers une autre planète inhabitée: la Terre.

Mais voilà. Ceux qui ont du carburant et une fusée, ce sont leurs voisins , les Gibis, de drôles de bestioles portant des chapeaux-melon, intelligents, aimables et qui, comble de malchance, habitent une planète plate qui penche dangereusement(et ils tombent!)

Il leur faut donc partir. Vers la Terre.

De là, les Shadoks, envieux, vont décider de pomper le carburant des Gibis. Cela deviendra leur obsession « pomper, toujours pomper ».

On découvre au fil des épisodes  le monde Shadok, leurs particularités, leurs travers, leurs originalités : ils pondent des oeufs en fer, certains ont des pattes en haut… en gros, fidèles à leur devise : « Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué » !

Voyons cela en images (les 2 premiers épisodes qui sont très courts):

Les Shadoks ont un langage particulier: Ga-BU-ZO-MEU. Voilà ce que ça donne:

Voilà un exemple de leur logique:(notre préférée à Lord Chours et moi-même)

 

 

 

Il existe un jeu Shadok (dispo sur IOS et android) – et non, pour une fois, je n’ai pas testé celui-ci.

 

Enfin, il faut retenir les aphorismes et autres maximes Shadoks:

Les shadoks in English

 

Et puis….

A bientôt, je retourne à mes acronymes de future FPA (je vous laisse chercher la signification de celui-ci)

365 jours d’écriture – Nain monstrueux

essais2

Nain monstrueux! Voilà un thème pour lequel j’ai déjà un personnage: oui, le fameux Biafin  que j’avais allègrement mis en scène (et en délire) ici .
Je dois dire que je n’avais pas grand chose de plus dans mes brouilons. Mais Lord Chours, mon très cher, après avoir lu la…chose, m’a dit : «  Tu vas écrire la suite? ».
Voilà une suite des aventures du Nain Biafin.

 

Où l’on retrouve le nain Biafin, et quelques monstruosités:(attention jeux de mots non testés avant usage)

Une forêt, visiblement enchantée, plantée de très beaux arbres ; ça étincelle, ça verdoie, en gros: ça sent l’elfe.

Biafin: (chevauchant son lapin géant, Pluche et tentant de s‘orienter):

Mouais, j’suis toujours pas convaincu par l’idée de Train d’Huile, sur ce coup-là… Balancer des lutins bleus en renfort, quand même, c’était…(il s’arrête. Pluche a freiné des quatre fers, des quatre pattes, plus exactement, et un lapin qui freine brutalement, c’est un nain qui, après cabriole avant, se retrouve par terre. Et rageur, qui plus est, et commotionné. Bref).

Grognements, insultes (en langage nain impossible à retranscrire ici, le blog n’admettant pas les runes)

Mais par ma barbe, et celle de mes ancêtres, Pluche! (Biafin se frotte le fondement).

Une voix s’élève ( assez mélodieuse)

N’est-ce pas hilarant, mon bon?  Un gnome qui grommelle le derrière dans l’herbe fraîche!

Biafin (après un coup d’œil assassin):

Z’êtes qui, vous? Oui, le grand dadais sur le dada!

Un chevalier paré d’une armure brillante car astiquée récemment fait volter son destrier. Il s’adresse à son compagnon, un petit être des forêts, vêtu de brun et de vert, aux oreilles fort pointues si on regarde bien.

Le Chevalier Luisant:

Oh, le gnome sait parler! Je te l’avais dit, Elphonce, c’est positivement désopilant!

L’elfe ne répond pas. Il se contente de hocher la tête du haut de son âne.

Bien, bien. Je vais contenter le rustre.

Biafin ( entre ses dents ou dans sa barbe, c’est au choix)
Gnome et rustre, quel mal embouché, ce cavalier à deux balles! Je vais lui faire avaler ma pioche et le manche avec! (à l’adresse du chevalier): Je suis un Nain, Môssieur le philistin! Mon nom est Biafin, fils de (nous connaissons la suite et elle n’est guère à l’avantage de notre nain).

Le Chevalier Luisant (s’étouffant presque de rire):
Mais…c’est….(entre deux hoquets)….écoute donc, Elphonce!  Vraiment as-tu entendu chose plus ….terrifiante, ridicule, ….que dis-je…monstrueuse!(calmé soudainement, le chevalier se redresse) Oui, c’est le mot! Vous êtes un nain monstrueux, Biafain!

 Elphonce: (approuvant avec moult hochements de tête)
Coin! Coin!

Biafin (ébahi et énervé)
C’est Bia-fi-nn, crétin, c’est pas anodin pourtant! Et il a quoi, votre elfe, là? Un canard dans le gosier?

Le Chevalier luisant: (un peu embarrassé du coup)
Hum… C’est que… Nous étions en quête… Et malheureusement n’avons point abouti, une malédiction avons pris..

Biafin:
Pouvez pas jacter comme tout le monde? Et puis, c’est bien beau mais c’est quoi, votre petit nom?

Le Chevalier Luisant:(digne)
Prosper. Je suis le chevalier Luisant. Comme le ver.

Biafin (se massant les tempes)
La migraine me guette, là. Prosper Le Luisant Ver? Chevalier de la Table Illuminée ou bien?

Le Chevalier Luisant:
Que nenni. Je veux dire : non. Prosper Mais Rimé.

Biafin (avec un cri de rage et de désespoir – oui, comme dans Corneille):
Que les dieux me foudroient! Je sais pas, n’importe lequel, celui en charge des éclairs et des jeux de mots capillotractés! Rahhh! Bon, et la créature aux oreilles pointues à dos d’âne, c’est Elphonce sur son baudet?

Elphonce (approuvant):

Coin!

Biafin:
Mais quel est le sorcier à la sauce d’andouille qui vous refilé une telle malédiction? Celui des sortilèges littéraires? Le Nec-Roman?

Le Chevalier Luisant: (un peu honteux, ou du moins, pas très fier)
Ma foi…Lui-même.

Biafin (d’un geste):
Non, pas de « coin »! Et pourquoi il cancane, celui-ci?

Le chevalier Luisant:
Disons que… le Nec-Roman en a eu assez de nous.

Biafin:
Pas étonnant! Il a dû vous virer de la Librairie En-T manu-militari, allez, zou, droit dans….(comprenant soudain). Ohhhh, non….(désespéré)

Le Chevalier Luisant:(intéressé)
Ah, vous connaissez les lieux?

Biafin:
Bien sûr. Tout le monde fuit l’affreux Nec-Roman comme la peste, lui et son étang maudit!

Le Chevalier Luisant:
Certes. Il en a eu marre…

Biafin:
La mare des Jeux de Mots-Dits. (se tournant vers son Pluche, le lapin géant): Et il a osé me traiter de monstre… Parfois, je me sens las, dans cette histoire, mais las….

Fin

Le « Coin, coin » est un clin d’oeil à un texte écrit à quatre mains avec Lord Chours où il était question d’elfe paumé, de fée délurée et de …canard.

365 jours d’écriture – Mini scène de théâtre

essais2
Un nain : Biafin
Un ours-garou: Grogn’h
Deux gobelins bandits: Oulôtre et Trossec

La scène se déroule dans la clairière d’une vaste forêt. On entend des bruits de bataille, des cris, des vociférations, des insultes, des armes de combat frappées les unes contre les autres.

Le Nain – Biafin (fils de Térébentin fils de Trod’cocahaine fils…)
(brandissant une pioche, 1,40m de fureur et de barbe en bataille)

-Tadah, tu es fait comme un rat, mon gars! Tu l’avais pas vue venir, celle-là!

1er Gobelin – Oulôtre (non, mais, Oulôtre est son prénom ; il n’y peut rien, le pauvre)

J’l’avais pas vue, tu peux parler! (il crache de façon malpropre) Sacrée foutue dent! M’en reste encore une p’tite dizaine pour croquer des p’tits nains bien tendres! Bah, ouais, ça s’bouffe aussi, pas vrai, Trossec?

2ème Gobelin – Trossec (s’esclaffant)
– Bien parlé, compère! Faut dire qu’on en a vu d’autres, nous autres! Le Gouffre de Helm, c’était d’la rigolade à côté de c’qu’on a fait….Ah, t’es mal tombé, mon pote! Tu vas goûter de ma rapière…

Biafin (Nain – en même temps, je ne vais pas vous le répéter à chaque fois)
-(murmurant) Bien, appelons à l’aide sinon je serais jamais à l’heure pour le goûter…(appelant d’une voix très puissante): Ô ami Ours, viens à la rescousse, montre-toi, ô change-peau des bois et à coup de pelle, assomme mes ennemis de ce pas!

Oulôtre (ricanant):
– Non? Il est sérieux, là? Il utilise cette vieille incantation des Magichiens? Cette formule toute moisie dont le père Merlaf lui-même n’ose plus se servir?

Trossec (sentencieux):

– Dumbeuldain, pas Merlaf!

Oulôtre:
– De quoi?

Trossec (insistant):

– Le Magichien, c’est Dumbeuldain, pas Merlaf.

Oulôtre (menaçant)
– Et ma main dans ta …

Bruits venant de la forêt derrière eux. Entre une créature immense, fort velue tenant dans son énorme main ce qui ressemble à s’y méprendre à une pelle à tarte (mais géante).

Trossec (interloqué)
– Tu vois ce que je vois? Mais c’est quoi, ce bestiau-là, le nain?

Biafin (tranquille)

– C’est mon ami Grogn’h.C’est  un ours-garou. Enfin, ça saute aux yeux, messieurs.
Bon, reprenons-nous?

Oulôtre: (à son comparse Trossec)
– Non, mais, t’as vu le …truc? Il manque plus qu’un dragon et on serait dans une sacrée daube, m’est avis.

Trossec:
– Ferme ton bec, toi. Des dragons, des dragons ! on en rajoute pas mal à leur sujet mais on n’en voit jamais la queue d’un, façon de causer, j’entends. Alors, la ramène pas à cause que tu sais tout passque  ton langage est une plaie pour la grammaire!

Oulôtre:
– C’est la caverne qui se fout de la cavité, là! Tu t’es entendu? Même un orque sait mieux sa syntaxe que toi, ignorant!

Les deux gobelins se font face. Mais un grognement mêlé d’un feulement les arrête.

Oulôtre (tremblant)
C’est le dragon, ça y est!

Trossec:
– Triple buse d’abruti de gobelin! C’est le grand machin, là! L’ours-grogneur!

L’ours -garou (vers Biafin)
– Grogne, grogne….! Grrrrr!Groummmpf!

Biafin:
– Par ma barbe, j’ai oublié le manuel de décryptage de l’oursique version garou…. (il agite les mains, tentant de communiquer). Taper? Non. Boire? …Non….
Trossec (impatient):
– Bon, on y va? On attend quoi, là? L’hiver?

Biafin (continuant ses gestes ):
– Il vient. Non, on fait un temps mort. Une pause quoi.
Ours-garou:
-Groummmmpfffff! Grrrrrouuuuu!

Oulôtre (s’asseyant par terrre):
– Temps mort, on a dit, le Velu!

Trossec soupire et s’assied aussi. L’Ours-Garou fait de même sur une souche, sort un pot de miel de l’une de ses poches cachées dans sa fourrure et se met à manger.

Biafin (ravi):
– Voilà! Il avait besoin de se nourrir! J’ai trouvé!

Trossec (grognon):
– T’as trouvé walou! Ton poilu, il sait pas quoi faire et toi, tu sais pas lui causer. Bon, et pendant ce temps-là, y a pas de goûter pour nous.

Oulôtre (rêveur):
– On aurait dû faire « hobbit », non, parce que ça mange bien, le hobbit, ça festoie, ça petit-déjeune, tout ça, tout ça. Mais « gobelin », « bandit« , c’est le comble du naze. Tu crèves la dalle. A la limite, change-peau, comme çui-là, c’est pas mal aussi. Tu te tapes du miel mais c’est mieux que « elfe » où t’as droit à la verdure jusqu’à te rendre herbivore…

Trossec (pince-sans-rire):
– Genre « licorne » aussi.

Oulôtre :
– Je vois pas le rapport, là.
Biafin (depuis 5mn, essayant de passer un appel téléphonique sur son portable):
– Au lieu de partir dans des blagues tellement vaseuses qu’il va bientôt falloir des bottes pour avancer, vous pourriez pas vous rendre utiles? Pour une fois? Vous savez pas pourquoi y a si peu de réseau?

Oulôtre:
– Ah, mais là, tu vas galérer. Faut que tu chopes le réseau de Poudlard, direct, mon pote. C’est une question d’ondes et de co-existence des mondes magiques….

Trossec (qui se lève et l’interrompt):
– N’importe quoi! Faut pas écouter ce béotien! Le relais le plus proche est à Minas…

Oulôtre:
– Turlututu! J’en reviens pas, quel boulet! J’suis au bout d’ma vie, là! Depuis quand tu sais ça? Hein?

Trossec:
Môssieur sait mieux que moi, mais bien sûr, t’as raison, mec. Je tiens mes infos de Pikachu lui-même alors ….pouêt, pouêt

Biafin:

Silence! Je capte! (au téléphone): Oui? Votre Elfinesse? Votre Hautaine Elfique? Monsieur Train d’Huile? Oui, bien, merci, vous de même, votre Hauteur. Dites-moi, vous pourriez m’envoyer un traducteur d’oursique version garou à la Forêt interdite? Par magiréseau ou portail, c’est vous qui voyez. Non, pas tous…non….pas eux, s’il  vous….Oh. Il a raccroché.

Presque aussitôt, on voit apparaître un vieux bus à double étage peint en jaune dans lequel des voix s’élèvent des voix pointues :«  Lala, la schtroumpf la la, c’est le schtroumpf…. ». Le conducteur a des oreilles pointues d’elfe et un sourire brillant.

Trossec:
– Par le pouvoir du troll sidéral…Des lutins bleus? Et quoi d’autre? Un conducteur elfe?
Oulôtre:

– Sidéré je suis. Manquerait plus que le dragon, m’est avis.

Biafin (dépité):
– M’est avis aussi.

Fin de la scène

Note: Biafin et les autres sont nés de ma énième lecture du « Hobbit » (merci professeur Tolkien) et de mon imagination.

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