L’automne en images et en musique – 8

C’est d’une  découverte musicale dont je vais vous parler cette semaine avec un groupe qui a été pour moi un véritable coup de coeur, il y a quelques années et qui a finalement sorti son 1er album cette année.

En 2015 était déjà sorti un album de reprises mais cette fois, ce sont des compositions originales – et c’est à écouter !

Il était une fois trois filles, trois amies de longue date qui avaient grandi en Seine-St-Denis et qui avaient suivi une formation classique….Il était une fois LEJ (Elijay).

En 2013, trois copines décident de fonder un groupe. Grâce à leur musique atypique, elles remportent un concours organisé par le groupe Tryo, qui leur permet de se produire sur scène avec le groupe lors du Festival des Nuits de Champagne en octobre 2013. L.E.J. (prononcé Elijay) est né. 

LEJ en acoustique (avec les derniers titres) :

Ce qui les a fait connaître :

La reprise de Hanging tree (Hunger Games) :

Parmi les dernières chansons, « Acrobates » ou « La marée », on ne peut qu’admirer la précision et l’originalité des paroles (signées en collaboration avec le slammeur Ozarme), la qualité des compositions et l’interprétation, encore plus aboutie. L’album s’appelle Poupée Russes. Le trio  LEJ est en tournée actuellement.

 

La marée:

extrait des paroles:

« Étrangère à ce que je vois, ça me renvoie dans mes tranchées
Je ne comprends plus rien malgré toutes mes études
Pourtant cartésienne mais, au-dessus du vide, penchée
L’optimiste pourrait disparaître dans le triangle des Bermudes
Bras tendus, boulets aux pieds, je bascule à cause de lests
Debout, seule, et déboussolée, bercée par une chanson de geste
En tête de proue, en proie au doute
J’enlève la cape de bonne espérance
Et si mes rêves clandestins dans la soute
Étaient en train de quitter la France?

Mes livres sont vierges mais leurs pages sont cornées
Je ne distingue plus le nord du sud
Mes livres sont vierges mais leurs pages sont cornées
Les abscisses sont désordonnées »

 

Acrobates :

« Assieds-toi, je t’invite, j’ai un jeu qui pourrait te plaire
Repoussons nos limites, si tu n’choisis pas je te ressers (x2)
Dis-moi c’que tu préfères
Être le sosie officiel de Trump
Ou le sous-officier d’Hitler?
Dis-moi, et tant pis si tu te trompes
Oui, dis-moi c’que tu préfères
Bouffer d’la terre, tomber de haut
Ou attendre patiemment la guerre
Et qu’ils bafouent nos idéaux?

La vie défile vite, on s’épuise à trop s’battre
Viens, on défie l’vide, acrobates  « 

 

Un très bon cru que cet album, décidément.
Et vous, vous connaissiez LEJ ? Envie de les écouter ?

 

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Premières lignes #11novembre

En ce 11 novembre, non, je ne vais pas citer des Premières Lignes en relation avec l’Armistice. Je vais parler …de brumes :

 » Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l’appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur des déchets de poisson. Il avait oublié qu’il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13 ème arrondissement. « 

Pour les fidèles,  dès les premières lignes, on reconnaît le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, qu’on avait laissé en Islande dans le tome précédent: Temps glaciaires.

 

Cette fois, après un retour délicat en France, le commissaire va se pencher sur une affaire étrange qui va menacer de faire exploser son équipe (sédition au sein de la Brigade !) – une affaire de venin… et d’araignées recluses  (arachnophobes, ne craignez rien, j’ai pu lire sans problèmes les passages en lien avec les araignées alors que je suis gravement atteinte ^^) – ou bien parle-t’on d’une autre forme de réclusion ? La question restera longtemps en suspens…

Si vous avez déjà lu Fred Vargas, vous retomberez vite sous le charme de son écriture circulaire : on avance doucement, comme si de rien n’était, dans l’enquête – qui est, une fois de plus, brillante ! . Et si vous ne l’avez jamais lue, alors, prenez le temps de vous laisser capter par les brumes et les bulles gazeuses qui errent dans le cerveau du personnage d’Adamsberg.

Lire Vargas, c’est une gourmandise. On a l’impression à chaque fois de retrouver des potes (la Brigade, mais aussi Mathias, l’un des « évangélistes » rencontré pour la première fois dans « Debout les morts » qui vient ici donner un sacré coup de main ), on attend, on hésite et la magie opère au fil de dialogues décalés, d’idées saugrenues et de personnages fantasques.  Un exemple :

«  »- Raconte-moi cette femme qui t’a offert une araignée morte.
– Les hommes offrent bien des manteaux de fourrure. Quelle idée. Imagine-toi serrer dans te bras une femme qui porte soixante écureuils morts sur le dos.
– Tu vas porter ton araignée sur le dos ?
– Je l’ai déjà sur les épaules. Louis. » (dialogue Adamsberg/Veyrenc)

Mais si le commissaire peut paraître toujours aussi perché (le « pelleteur de nuages »), l’affaire dont il est question est ficelée avec brio – et fort bien documentée. Que dire de plus ? Il faut lire Fred Vargas !

 

 

«- Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais
dans quelles brumes avez-vous perdu la vue?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse?»
  • Editions Flammarion
  • Hors collection – Policier et thriller
  • Paru le 10/05/2017
  • Genre : Policiers, thrillers

 

Les Livres de Jakób – Olga Tokarczuk

 

Le livre est dense. C’est même plus une fresque qu’un roman. Olga Tokarczuk nous emmène dans un vaste voyage tout en lançant un véritable défi littéraire au fil des 1000 et quelques pages numérotées à rebours . On se laisse embarquer lentement car il faut être patient pour venir à bout de cette odyssée inspirée. Mais le jeu en vaut largement la chandelle ! Passionnant !

 

Olga Tokarczuk à propos de son roman :

« Comment vous est venue l’idée d’écrire sur le faux messie Jakob Frank ?

O.T :C’est le contexte historique dans lequel Jakob Frank a vécu qui m’a d’abord fascinée. Une époque où les Lumières prennent leur élan et engendrent de nouvelles visions de la société. Le système de croyances frankiste constitue un condensé assez chaotique, extrêmement fluide, voire explosif, de divers types d’hérésies. Il pousse ses racines dans un passé plus ou moins lointain, au-delà des marges du christianisme ou du judaïsme. Son origine première se situe dans le gnosticisme [mouvement religieux des premiers siècles du christianisme, persuadé de l’imminence de la fin du monde]. Or, il y a longtemps que je m’intéresse à ce thème. Un autre aspect, qui n’a rien de secondaire, tient au fait que Frank représente une figure complexe d’un immense intérêt psychologique » (source)

 

Résumé : Hérétique, schismatique, Juif converti à l’islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, magicien, tour à tour misérable et richissime, Jakób Frank a traversé l’Europe des Lumières comme la mèche allumée d’un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n’y avait qu’un pas – et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant très simple : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect de tous.

 

La vie de ce personnage historique est tellement stupéfiante qu’elle semble imaginaire. Un critique polonais dit qu’il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l’écrire. On y retrouve les tragédies du temps, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l’on peine, l’étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu’on raconte aux petits enfants, les mariages où l’on danse, les rires et les premiers baisers.

 

Cette épopée universelle sur l’émancipation, la culture et le désir est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l’oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu’elle soit religieuse ou philosophique.

 

Ainsi que le dit le père Chmielowski, l’autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».

Les Livres de Jakób, par Olga Tokarczuk,
traduit du polonais par Maryla Laurent,
Noir sur Blanc, 1040 p., 29 euros.

Prix Nike 2015 (Pologne)

Prix Transfuge 2018 du Meilleur roman européen

Finaliste Prix Femina étranger 2018

 

Merci à Net Galley et aux éditions Noir et Blanc pour cette lecture. 

L’automne en images et en musique -7

On va parler bestioles cette semaine avec les dessins de Stan Manoukian:

« En 2007, Stan Manoukian ressent soudain le besoin de créer un projet totalement personnel : il se lance alors un défi, dessiner un monstre par jour pendant un an. Ce défi a ensuite continué pour devenir un véritable projet artistique : En 2009, ses monstres sont rassemblés dans Diary of inhuman species édité par Ankama. Mais Stan continue le projet, créant des illustrations de plus en plus grandes et complexes, établissant un style graphique et un bestiaire unique : il expose d’abord ses œuvres dans des expositions collectives aux USA puis s’expose à Paris à la galerie Glénat en 2015 pour une grande exposition personnelle intitulée Species.
En 2017, l’exposition Oddities consacre 10 années de monstres à la galerie Glénat. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus : ici

Et ici

Son instagram 

WIKI

Premières lignes #4novembre

On change de destination pour ces Premières Lignes : direction le Nord de l’Europe, cette fois! On embarque pour un recueil de nouvelles avec Katarina Mazetti (Le mec de la tombe d’à côté; Mon doudou divin; Les larmes de Tarzan, etc…) :

 » Comment a-t’on pu se retrouver aussi nombreux pour le repas de Noël ? Je n’en reviens pas. On ne devait être que quatre cette année. Et voilà qu’en regardant ma table, je voyais neuf personnes, plus un nourrisson en train de jacasser ! « 

Le ton est donné dès cette première nouvelle (Au diable Dowton Abbey !) : on va parler familles recomposées, ex- , enfants des ex, belle-famille (ancienne et nouvelle), couple, fin de couple…

Et si la première nouvelle est menée tambour battant, toutes ont un ton différent, jamais dénué d’humour. Parfois, (souvent), la nostalgie est de mise, la tendresse, le rire, la tristesse aussi. Car, en parlant divorces, l’autrice n’oublie pas de nous rappeler que le deuxième traumatisme le plus aigu après la perte d’un proche  est justement le divorce.

On rit, on est ému mais surtout, on apprécie chacune de ses mini-histoires, dont certaines se suivent.
Que dire de plus ? J’aime l’écriture de Mazetti depuis que j’ai lu Les larmes de Tarzan, en 2007, à sa sortie. J’ai lu tout ce qui a été traduit en français, romans pour adultes comme pour les plus jeunes. (Je suis un peu fan, quand même….)
Ces Petites histoires… sont encore une fois une réussite.

 

Résumé :
« On a toujours mille et une raisons de divorcer… et de le regretter !
Ces Petites histoires croquent avec délices les travers de chacun, la difficulté d’avoir envie des mêmes choses AU-DELÀ de cinq ans de vie commune, l’exigence d’exister AUSSI comme individu. Quelques portraits au vitriol : homme ou femme, divorcés, enfin seuls ! enfin libres ! mais… libres de quoi, déjà ? Car la vie est cruelle : une fois seul(e), pourquoi faut-il que ce qui nous agaçait le plus nous manque soudain ? Comme si le divorce était le meilleur moyen de se retrouver à gérer l’emploi du temps de 8 personnes une semaine sur deux…
C’est caustique et gouleyant, c’est Katarina Mazetti. »  (Gaïa)

 

 

 

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L’automne en images et en musique #spécial Halloween

Et oui, c’est Halloween !

Sélection musicale spéciale cette année encore. Vous pouvez retrouver les Halloween précédents ici , ici ou bien ici, sans oublier la sélection de livres. 
Et, bien sûr, en photos, sur mon autre blog LeyArts Photos

La suivante, on  ne s’en lasse pas ….

Très vintage pour celle qui suit puisque elle date des années 1930 :

Et enfin, cette chanson à l’humour noir qui est aussi ancienne (écrite en 1934) et qui relate comment le fantôme d’Anne Boleyn hante la Tour de Londres, sa tête sous le bras:

La playlist en entier est à écouter ici. 

(Chris Dunn illustrations) 

Premières lignes #28octobre

Cap au sud, cette semaine pour ces Premières Lignes ! Filons vite vers des températures plus clémentes ( c’est un effet placebo, je crois, dû au fait que j’écris cet article sans chauffage, avec 5°c dehors…. Je vais bientôt devoir taper avec des moufles!)

 » Ce matin, Rino m’a téléphoné, j’ai cru qu’il  voulait encore de l’argent et me suis préparée à le lui refuser. Mais le motif de son appel était tout autre : sa mère avait disparu.
– Depuis combien de temps ?
– Quinze jours.
– Et c’est maintenant que tu m’appelles ? « 

Nous voici à Naples, durant les années 50. Elena Ferrante (cette énigme littéraire)  a su captiver des millions de lecteurs depuis 2011.
J’entendais encore récemment, une dame demander à la libraire si elle pouvait lui trouver une saga aussi passionnante et dixit la lectrice « facile à lire ».
De là, est né un dialogue assez intéressant entre deux lectrices et la libraire pour savoir si, réellement, le cycle de « L’amie prodigieuse »était une « lecture facile » , une lecture accessible au grand public ou bien de la littérature plus « soutenue ». Je ne trancherai pas sur ce point car, pour l’instant, je m’imprègne de ce premier tome qui met en place lieux, personnages, liens entre les personnes…

Si j’ai trouvé le début un peu fastidieux, le roman prend rapidement son rythme. J’ai un peu l’impression de me plonger à nouveau dans une suite familiale du type « La symphonie du hasard « lue il y a peu. On retrouve de nombreux ingrédients communs.
Quant à savoir si ce cycle saura me plaire autant, il est encore trop tôt pour le dire (à suivre, donc).

 

Résumé : Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l’école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. Elena, elle, est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l’envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des familles aisées. Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s’entraident ou s’en prennent l’une à l’autre. Leurs chemins parfois se croisent et d’autres fois s’écartent, avec pour toile de fond une Naples en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, non sans ruptures ni souffrances, à l’aube de l’âge adulte.
Formidable voyage dans Naples et dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu’au plus profond de leur âme.

Gallimard 

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Comment t’écrire adieu – Juliette Arnaud

 

 

Premier roman adultes de la chroniqueuse-comédienne Juliette Arnaud, « Comment t’écrire adieu »  retrace le deuil d’une histoire d’amour, ponctué par des morceaux de musique qui ont marqué l’auteure.

« Et vous, quelles chansons vous ont sauvé la vie ?

À 45 ans, Juliette se retrouve face à elle-même, avec le cœur déchiré et l’envie de rire de tout. Elle se repasse alors les 14 titres de sa bande originale, d’Étienne Daho à Dolly Parton, sans oublier Bruce Springsteen, 14 pop songs qu’elle a écoutées religieusement et dont elle connaît les paroles par coeur. Pourquoi sa vie chante-t-elle tout à coup si faux ? Qu’est-ce qui a mal tourné ? Elle a pourtant suivi à la lettre ce que les refrains suggéraient. Elle a scrupuleusement appliqué les adages de chacun des couplets.

À défaut de réponse, puisque R. est parti sans un mot, Juliette va s’y coller, à écrire adieu. Elle essaiera d’être drôle et elle sera sincère, pour comprendre, peut-être, que tout ce qui mène à la fin d’une histoire d’amour, on le porte en soi. « 

Que dire ? Il s’agit d’un récit plus que d’un roman. C’est truffé de souvenirs, de références et d’anecdotes. Le ton est proche de celui de la conversation.  On a l’impression d’entrer dans un journal de bord, dans un carnet où les souvenirs sont posés là, sur le papier, sans tentative de cohérence. Bref, c’est vite lassant. Dommage, l’idée était intéressante, le ton aurait pu rendre le récit vivant. Bien sûr, cela convient bien à une chronique . Ici, au fil des pages, on s’ennuie vite des propos décousus, sans fluidité (je passe sur cette manie d’ajouter le code postal au lieu évoqué par l’auteure…).
La nostalgie fonctionne assez bien avec les nombreux titres évoqués. Mais la nostalgie quand elle est récurrente, sonne assez comme un « c’était mieux avant » dont on se passerait bien.

 

Comment t’écrire adieu – Juliette Arnaud

Éditions Belfond – Collection Pointillés

ISBN:9782714479938

6 Septembre 2018

17€ / 144 pages

(merci à NetGalley et aux éditions Belfond )

Premières lignes #21octobre

 » Le livre relié de cuir n’avait rien de remarquable. Pour un historien ordinaire, il était, comme des centaines d’autres manuscrits de la Bibliothèque Bodléienne d’Oxford, usé et ancien. Mais je sus qu’il avait quelque chose d’étrange dès l’instant où je l’eus entre les mains ».

 

Ainsi débute une fantastique trilogie (All Souls trilogy) signée Deborah Harkness. Je ne vais pas vous mentir: pour ces Premières Lignes, c’est d’une relecture dont je vous parle aujourd’hui, puisque j’ai déjà lu la trilogie entièrement au fil des sorties des différents tomes. J’ai beaucoup d’affection pour cette trilogie même si je trouve que le rythme au sein des 3 livres est assez inégal, donnant parfois un sentiment de frustration au lecteur. Chaque roman est un beau pavé qui aurait souvent le mérite d’aller un peu plus à l’essentiel.

Ici, pas de gros bouleversement dans l’univers : il y a des vampires, des démons et des sorcières (les créatures) essayant de se fondre dans la masse des humains. 

Mais, malgré ses défauts, l’histoire inventée par Deborah Harkness reste fascinante.
J’en suis venue à relire Le Livre perdu des Sortilèges en regardant l’adaptation en série (A Discovery of Witches). Il est à noter que cette adaptation est particulièrement réussie, se concentrant de manière intelligente sur les points importants de l’histoire et nous évitant ces passages qui font lever les yeux au ciel (la relation entre Diana et Matthew : l’historienne devient complètement idiote quand elle tombe amoureuse du séduisant vampire….).

A la relecture, malgré les points faibles que je viens d’évoquer, j’ai trouvé la lecture plus fluide, peut-être parce que j’ai su me concentrer sur le principal, sachant lire en diagonale les passages niaiseux (Matthew/Diana). Je dois dire que je ne suis absolument pas fan des créatures vampiriques. Si je reconnais un talent évident à Anne Rice et à ses romans, je suis facilement dégoûtée par tout ce qui ressemble à un buveur de sang (et pourtant, oui, j’ai lu Twilight). Je suis plus intéressée par les sorcières et ce concept des démons.

Le roman de Deborah Harkness a su me séduire – et il continue à le faire, renforcé par le visionnage de la série que je ne peux que conseiller. Certes, ce n’est pas le roman du siècle, ni la trilogie qui révolutionne la fantasy mais cela reste une lecture plaisante.

 

Résumé : « Voici l’histoire d’un livre perdu.

Celui qu’une jeune femme emprunte un jour à la bibliothèque bodléienne d’Oxford, par une fin d’après-midi de septembre. Diana est une brillante universitaire, une historienne spécialisée dans l’alchimie au 17e. Lorsqu’elle demande à consulter un manuscrit médiéval, l’Ashmole 782, dans le cadre de ses recherches, elle ignore que le livre contient un grand secret capable de changer le monde, et qu’il est… ensorcelé. Mais Diana ne veut rien avoir à faire avec la magie. En dépit de ses origines : elle est la dernière d’une longue et puissante lignée de sorcières – un héritage qu’elle tient farouchement à distance, n’aspirant qu’à une vie ordinaire, une vie humaine.

Diana rend le livre sans l’avoir vraiment examiné. Pourtant il est trop tard. Sa découverte a réveillé tout un monde souterrain fantastique, et la jeune femme se retrouve bientôt confrontée aux membres des trois espèces qui convoitent de puis des siècles l’Ashmole782 et son secret : sorcières, démons et vampires. Parmi ces derniers, Matthew Clairmont, un énigmatique et éminent généticien. Un tueur, lui a-t-on dit.

Voici l’histoire d’un manuscrit maudit et d’un amour impossible. »

 

 

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