TBTL – Un livre jeunesse

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

Cette semaine, place aux livres jeunesse!
Un livre jeunesse (peu importe l’âge, album, roman, BD, manga…)

 

En fait, c’est un thème qui tombe bien puisque, la semaine dernière, je suis revenue de la médiathèque avec une pile de BD sous le bras (enfin, dans mon sac, vu la hauteur de ladite pile…).
J’avais très envie d’emprunter les séries annexes de l’un de mes héros d’enfance, Thorgal.
L’enfant des étoiles adopté par les vikings, je l’ai découvert lors de la première publication dans le journal de Tintin.

La magicienne trahie

J’ai du lire à peu près toute la série principale – fan du dessin de Rosinski, enchantée par les idées de Van Hamme au scénario.
Cette fois, c’est à la série parallèle Louve que je me suis attachée, intriguée par les développements apportés par un nouveau scénariste et….un nouveau dessinateur. (pour résumer, j’ai fait ma curieuse).
Louve

Louve prend pour personnage principal la fille de Thorgal et de sa femme Aaricia. C’est le deuxième enfant du couple (l’aîné est Jolan qui a aussi sa série). Née lors d’une période troublée (mais c’est toujours le cas dans la famille Thorgal), Louve a le pouvoir de communiquer avec les animaux.

Louve est la fille de Thorgal. Elle a grandi sans son père, parti peu  après sa naissance et disparu pendant plusieurs années. La petite fille a développé dès l’enfance des pouvoirs mentaux hérités de Thorgal. Elle est capable de comprendre et communiquer avec les animaux.

Aaricia, la femme de Thorgal, est une princesse viking. Il y a bien longtemps, elle a accepté de tout quitter pour suivre l’homme qu’elle aime. Mais elle a souhaité revenir auprès des siens pour élever ses enfants.

Désormais seules au sein d’une communauté qui ne les accepte plus, Louve et Aaricia vont vivre de nouvelles aventures écrites par le scénariste Yann pour le dessinateurRoman Surzhenko.

 

Le dessin est dans la lignée de Rosinski. Bien sûr, il n’est pas identique et, parfois, on sent bien le changement de dessinateur. Mais à part pour les tatillons (j’en suis, pour le graphisme^^), ce n’est pas vraiment dérangeant. Surzheko fait un beau travail sur ces albums.

Ci-dessous: dessin de Roman Surzheko pour « La jeunesse de Thorgal »: 

Il est à noter que toutes les couvertures sont toujours dessinées par Rosinski
(comment dire? on peut s’apercevoir de la différence quand même, mais je chipote)

 

 

Autre point: le scénario.

Yann est un scénariste que je connais bien en BD. La première fois que j’ai lu son nom dans Spirou, c’était pour la série dessinée par Conrad: les Innommables.

Pourtant, dans cette série parallèle qu’est Louve, j’ai trouvé que, même si l’histoire développée est très bien construite, il s’en dégage une sensation de remplissage. Bien sûr, tout cela a pu arriver à la fillette puisque l’action prend place lorsque Thorgal est absent dans l’histoire.
Il existait en effet un vide qui a été comblé avec cette série. Mais le fait de revoir  des personnages croisés lors d’épisodes précédents – et tant aimés par les fans de Thorgal – donne une impression de fan service. On retrouve donc    la Gardienne des Clés (j’ignore pourquoi la Gardienne est servie à toutes les sauces! Serait-ce parce que Madame est fort sexy? …On peut se demander) – ou  Vigrid, le « petit dieu » déjà rencontré (blond, métamorphe, le casting est parfait, apparemment).



la Gardienne des Clés

 



Vigrid

 

Même si on s’embarque pour de nouvelles aventures, il y a comme un sentiment de déjà-vu un peu embarrassant. Mais cela n’est-il pas dû au fait que, Louve est une série annexe,  à la limite du  reboot (et on voit ce que ça donne parfois au cinéma…) ? 


Je n’ai pas lu la série parallèle axée sur Kriss de Valnor mais j’ai bien envie d’y jeter un coup d’oeil . 

Sympa, donc mais pas forcément aussi prenant que la série principale. Je pense que les lecteurs les plus jeunes accrocheront plus facilement que moi aux aventures de Louve.

Bonnes lectures!



 La ,naissance de Louve



Louve par Rosinski - Arachnea









Louve est publié aux éditions du Lombard. Il y a actuellement 7 tomes.

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Music is might #2


Music is might: est une série d’articles qui relient des chansons qui, a priori, n’ont rien à voir entre elles. Le titre est une référence à JK Rowling qui dans Harry Potter utilise le  slogan « Magic is might« . En français, l’allitération en « m » est malheureusement perdue (la traduction est « la magie est puissance », chap. 12 des « Reliques de la mort« .

 

Je commence par SHINee.  J’aime  bien SHINee – et la fait que ce groupe ait été cité par Obama me toujours fait sourire:

SHINee est l’un des groupes qui m’a ouvert les portes de la Kpop (j’ignore si SHINee a eu le même effet sur le président Obama, par contre).

Il y a peu de temps, en écoutant:  « Why so serious« , soudain, j’ai eu une réminiscence, un flash! Mais cela ne sonnerait-il pas comme….Extreme?

Extreme, souvenez-vous, c’est « More than words », mais c’est tout l’album Pornograffitien 1990.

Et, pour écouter les ressemblances, voici Extreme live avec « It’s a monster« :

SHINee live avec « Why so serious »:

J’ai fini par superposer les deux titres et oui, il y a bien une ressemblance. Amusant.

 

 

Premières lignes #3décembre

 

 

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

Pour ce Premières lignes de décembre, je fais d’une pierre deux coups (1ères lignes et chronique):

Premières lignes du T.1:

« After a year of slavery in the Salt Mines of Endovier, Celaena Sardothien was accustomed to being escorted everywhere in shackles and at sword-point. Most of the thousands of slaves in Endovier received similar treatment—though an extra half-dozen guards always walked Celaena to and from the mines. That was expected by Adarlan’s most notorious assassin. What she did not usually expect, however, was a hooded man in black at her side—as there was now.

He gripped her arm as he led her through the shining building in which most of Endovier’s officials and overseers were housed. They strode down corridors, up flights of stairs, and around and around until she hadn’t the slightest chance of finding her way out again. »

 

 

Le royaume d’Adarlan, d’où toute magie a été bannie, est gouverné d’une main ferme par un roi tyrannique. Keleana, membre de la secte des Assassins et opposée au pouvoir du roi, est emprisonnée dans les mines de sel d’Endovier depuis plus d’un an. Pour gagner sa liberté, Keleana doit représenter le prince Dorian dans un tournoi à mort dont l’unique survivant devra servir le roi pendant 4 ans. Mais les concurrents, l’un après l’autre, sont éliminés de façon mystérieuse et Keleana sent son tour venir. Manifestement, d’obscures forces magiques ressurgissent dans l’ombre de la cité et la jeune Assassineuse va devoir leur faire face… Heureusement, elle pourra compter sur l’aide de deux hommes : son entraîneur, le beau capitaine Chaol, et le prince Dorian en personne.

Ah, j’avais dit qu’on ne m’y reprendrait pas! Pourtant, j’ai replongé …
C’est de la fantasy  Y.A dont je parle. Je pensais être vacciné, saturée ( Six of crows – ressemblant tellement à un sous- Fils de Brumes, par ex) mais non (je suis simplement un peu maso ^^)
Comme si je n’avais pas lu assez de Cassandra Clare, Stephenie Meyer (contrairement à d’autres, je n’éprouve aucune honte à dire que: 1 – j’ai lu Twilight à sa sortie; 2- il y a des passages que j’aime bien – même si les vampires et moi…)… Non, j’ai remis ça… avec ce premier tome de la série « Throne of glass« , affreusement adapté en un « Keleana l’assassineuse« , en français. En fait, il n’y a pas d’assassineuse en version originale sinon une: « assassin » (assassine? femme-assassin? ça ne sonne pas mieux comme ça?)

Ce qui est intéressant avec ce livre, c’est qu’il s’agit du premier roman de Sarah J.Maas. Elle avait 16 ans lorsqu’elle l’a commencé (le titre en était  » La reine de verre »).
Et ce qui est encore plus étonnant, c’est qu’elle a eu l’idée de son roman en se basant sur Cendrillon (de la pantoufle de verre au palais, il n’y a qu’un pas).

Le résultat?
On sent que le roman a été relu et remanié. Certains éléments sont un peu immatures encore (la psychologie des personnages malhabile; les ficelles assez grossières).

On peut percevoir aussi que, depuis lors, l’autrice a évolué, a affiné son écriture.
Certes, il est un peu difficile de trouver de la cohérence dans le comportement d’ une jeune femme (18 ans) , assassin impitoyable (il est question de sa soif de sang en début de roman), emprisonnée pendant une année dans des mines (et qui s’en sort tranquillement, avec seulement de la crasse et des ongles cassés), soudain propulsée à la cour du roi qu’elle déteste (il a conquis le territoire par le fer et le feu, et a sûrement provoqué indirectement la mort des parents) et qui ne pense plus qu’à participer aux différents bals et à porter des robes splendides.
On frise le ridicule à certains moments (attends, elle était pas impitoyable? et elle pense à sa manucure?).

Mais on peut y voir également une intéressante dichotomie du personnage principal: à la fois guerrière lorsqu’elle est dans l’action – rassemblant presque des valeurs dites à tort « masculines » et à la fois sensible – girly quand elle met en avant des valeurs soit-disant « féminines » . C’est une idée mais je ne suis pas sûre que Sarah J.Maas joue dans la finesse sur ce point (un peu trop de séparation caricaturale masculin/féminin à mon sens).J’ignore si elle a atteint son but: « « I’d love for some young woman to read [Throne of Glass] and feel empowered », (lors d’une interview). Mais c’est bien essayé!

Bref, cela ne veut pas dire que l’histoire est sans intérêt ni que l’auteure ne sait as nous accrocher malgré tout.

Même si un certain triangle amoureux suggéré vient parfois montrer un peu le bout de son nez. Effet Twilight again! Car, oui, ce premier volume se lit assez bien, finalement. Ce qui n’est pas le cas du deuxième….

Ma note personnelle:
L’un des personnages principaux est le chef des gardes qui se nomme: Chaol Westfall.
Dès le début du livre, mon cerveau a enregistré « Chanyeol » qui est un chanteur/rappeur/musicien et acteur sud-coréen.
J’ai donc visualisé un capitaine des gardes en Park Chanyeol !
(à savoir si cela a influencé ma lecture, c’est une autre histoire…)

 

Ce qu’on en lit

Tout cela reste très léger, quand même.

L’as-tu lu ou le liras-tu? Le sympathisant – Viet Thanh Nguyen

 

 

Je suis un espion, une taupe, un agent secret, un homme au visage double.

Ainsi commence l’hallucinante confession de cet homme qui ne dit jamais son nom. Un homme sans racines, bâtard né en Indochine coloniale d’un père français et d’une mère vietnamienne, élevé à Saigon mais parti faire ses études aux États-Unis. Un capitaine au service d’un général de l’armée du Sud Vietnam, un aide de camp précieux et réputé d’une loyauté à toute épreuve.
Et, en secret, un agent double au service des communistes. Un homme déchiré, en lutte pour ne pas dévoiler sa véritable identité, au prix de décisions aux conséquences dramatiques. Un homme en exil dans un petit Vietnam reconstitué sous le soleil de L.A., qui transmet des informations brûlantes dans des lettres codées à ses camarades restés au pays. Un homme seul, que même l’amour d’une femme ne saurait détourner de son idéal politique…

SYMPATHISANT n. m. : personne qui approuve les idées et les actions d’un parti sans y adhérer.

Enfin publié en France, le prix Pulitzer 2016 (mais aussi Edgar Award, Andrew Carnegie Medal, Dayton Literary Peace Prize) est un roman que l’auteur dit « avoir écrit pour moi ».
Né en 1971, Viet Thanh Nguyen, boat-people à 4 ans est  devenu  la sensation des lettres américaines à 45. Fils de tailleurs vietnamiens.  l’auteur grandit à  Buôn Ma Thuô. En 1975, ce sera la  première ville à tomber aux mains des communistes.

 « Mes parents venaient du Nord. C’étaient des catholiques qui, comme tant d’autres, ont été persuadés par les prêtres de leurs paroisses que, s’ils restaient là, les communistes les massacreraient tous. »
 Nguyen suggère que cette rumeur était peut-être amplifiée par la CIA, notamment par un certain colonel Lansdale, que Graham Greene prendrait plus tard comme modèle pour le personnage d’Alden Pyle dans Un Américain bien tranquille.

Hormis ses origines plurielles et sa vie aux USA, l’élément autobiographique s’arrête là.
Viet Thanh Nguyen signe ici un livre puissant, complexe, une satire bien vue de l’Amérique, aussi.

C’est une réussite!

Ma note : 4/5

Extraits:

« Oh, le nuoc-mâm ! Comme il nous manquait, chère tante, comme plus rien n’avait de goût sans lui, comme nous regrettions ce « grand cru » de l’île de Phu Quoc, avec ses cuves remplies des meilleures anchois pressés ! Les étrangers aimaient dénigrer ce condiment liquide et âcre, à la couleur sépia très foncée, pour son odeur supposément atroce, ce qui donnait un autre sens à l’expression : «  Ça ne sent pas bon ici », car c’est nous qui ne sentions pas bon. de même que les paysans de Transylvanie arboraient des gousses d’ail pour repousser les vampires, nous nous servions du nuoc-mâm pour tracer une frontière avec ces Occidentaux incapables de comprendre que ce qui ne sentait vraiment pas bon, c’était l’odeur nauséabonde du fromage. Qu’était le poisson fermenté comparé au lait caillé ? »

« Je peux comprendre votre situation, monsieur. À force de sourire, mes fossettes me faisaient mal, et j’avais hâte d’en arriver à la dernière et inévitable manche. Mais je devais encore disputer la deuxième, histoire de profiter de la même couverture morale bouffée aux mites que celle qu’il avait déjà remontée sur son menton. Vous êtes de toute évidence quelqu’un de respectable, un homme de goût et de valeurs. Tournant la tête à droite et à gauche, je montrai la maison proprette qu’il lui fallait payer.. Sur les murs en plâtre, il y avait, outre deux ou trois geckos, quelques objets décoratifs : une horloge, un calendrier, un manuscrit chinois et une photo colorisée de Ngo Dinh Diem à une époque plus fastueuse, quand il n’avait pas encore été assassiné pour s’être considéré comme un président et non une marionnette américaine. Aujourd’hui, les catholiques vietnamiens vénéraient le petit homme au costume blanc comme un saint, mort évidemment en martyr, les mains ligotées, le visage maculé de sang, un Rorschach de sa cervelle tapissant l’intérieur d’un véhicule blindé américain. Son humiliation, saisie par une photo qui avait fait le tour du monde, comportait un sous-texte aussi subtil qu’Al Capone : On ne déconne pas avec les États-Unis d’Amérique. »

Merci aux éditions Belfond et à NetGalley pour cette lecture.

 

PRIX DU MEILLEUR LIVRE ETRANGER 2017

MacArthur Foundation Fellowship, “Genius Grant », 2017
Lauréat de l’Association for Asian American Studies Award for Best Book in Creative Writing (Prose) 2017
Prix Pulitzer 2016
Prix Edgar 2016
Andrew Carnegie Medal for Excellence in Fiction 2016
Prix Dayton Literary Peace for Fiction 2016
Asian/Pacific American Award for Literature (Adult Fiction) 2015-2016
California Book Award for First Fiction 2016
Prix Center for Fiction First Novel 2015

 

TBTL – Un livre court

 

 

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Jeudi 30 novembre : Le livre le plus court de ma bibliothèque

 

Parmi les livres les plus courts bien cachés  rangés dans ma bibliothèque, il y a ce recueil de nouvelles de O.Henry :

 » Les personnages d’O. Henry. sont portés par des passions simples, comme celle du tabac, de la confidence facile » ou, comme dans Le Profil magique, par celle de l’argent… On voit là une Américaine, aussi riche qu’avare, s’éprendre à la folie de la jeune dactylo qui officie dans le « Remingtorium » de son hôtel. Pour l’absurde raison que son profil grec lui rappelle… celui qui orne le dollar d’argent! »

« O. Henry, c’est La Fontaine égaré dans un western ou chatouillant du pied la fourmilière new-yorkaise. Ses contes sont des fables modernes… Soutenue par la bouffonnerie de l’inspiration, une moralité commune s’en dégage où il apparaît qu’O. Henry aura passé le meilleur de sa vie à illustrer Le rat des villes et le rai des champs. » (Antoine Blondin.)

Et qui est O.Henry? (je ne suis pas certaine que ce soit l’écrivain le plus connu..:

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Greensboro,Caroline du Nord , le 11/09/1862
Mort(e) le : 05/06/1910
Biographie :

, William Sydney Porter ,de son vrai nom, est un écrivain américain.
Il est orphelin de mère dès l’âge de trois ans et est élevé par sa grand-mère paternelle et sa tante. Son père, Algernon Sidney Porter, est médecin.

William lit beaucoup, mais quitte l’école à l’âge de 15 ans. Il s’installe au Texas et accepte toutes sortes de petits boulots, dont ceux de pharmacien, journaliste ou employé de banque. Etabli à Austin, il se marie en 1882. En 1884, il débute une chronique humoristique intitulée The rolling stone. Puis, il intègre le Houston Post où il est reporter et chroniqueur.

En 1887, il est accusé de détournement d’argent par la banque où il travaille. Après trois ans de prison à Columbus (Ohio) il est relâché en 1901. Il part pour New York et embrasse une carrière d’écrivain.

La plupart de ses histoires se déroulent au début du XXe siècle, à New York.

 

En parlant de « livres courts », je me demandais quel pouvait être le roman/nouvelle le plus court – tout court. C’est Hemingway qui, en 1920  aurait écrit  le texte  le plus court du monde.  (il existe une controverse)

Relevant le défi lancé par ses amis d’écrire une nouvelle en 6 mots  il couche sur le papier son célèbre :

« For sale: baby shoes, never worn » (« À vendre: chaussures bébé, jamais portées »).

Hemingway considérait que ces 6 petits mots constituaient la plus belle histoire qu’il n’ait jamais écrite.

Très courte nouvelle aussi pour Bertold Brecht. L’auteur de L’ Opéra de quat’sous boucle sa nouvelle « Guerre dans les Balkans » (in Les crabes du nord et autres histoires) en 16 lignes:

«Un vieil homme malade allait par la campagne lorsqu’il fut attaqué

par quatre jeunes gaillards qui lui prirent son bien. Le vieillard poursuivit tristement son chemin. Mais au prochain coin de rue il eut la surprise de voir trois des brigands s’attaquer au quatrième pour lui prendre sa part. Cependant, au cours de la lutte, ce butin tomba par terre. Tout joyeux, le vieillard le ramassa et s’éloigna en toute hâte. Mais, dans la ville voisine, il fut arrêté et conduit devant le juge. Il y trouva les quatre gaillards, réconciliés pour l’accuser. La décision du juge fut la suivante: Le vieil homme devait rendre aux jeunes gars ce dernier bien qui lui restait. « Car autrement, dit ce magistrat juste et sage, les quatre drôles seraient capables de semer la discorde dans le pays.»

 

Bonnes lectures (courtes ou longues)!

Premières lignes #26novembre

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit.
Les premières lignes rendez vous créé par le blog, Ma lecturothèque .

 

Bonne pioche, cette semaine, puisqu’après avoir lu et terminé « La salle de bal » de Anne Hope, mes deux réservations à la bibliothèque sont (enfin) arrivée: Vernon Subutex 2 et 3. (ma chronique du 1er tome ici)

Mes premières lignes viennent donc de ce deuxième tome:

« Vernon attend qu’il fasse nuit et qu’autour de lui toutes les fenêtres se soient éteintes pour escalader les grilles et s’aventurer au fond du jardin communautaire. « 

A propos du tome 2:

« Le deuxième tome commence par un rapide rappel sous forme d’une liste de courts portraits des différents protagonistes présents au premier épisode, comme une série ferait le rappel de la saison précédente. Virginie Despentes accompagne le lecteur avant de le replonger dans la suite des aventures de Vernon Subutex, son héros et on lui en est reconnaissant. C’est très pratique. On peut s’y référer de temps en temps au cours de la lecture.

Dans ce deuxième tome, donc, on retrouve Vernon toujours dans la rue, et dans un drôle d’état. Depuis qu’il a été malade (grosse fièvre), l’ancien disquaire traverse des phases de lévitation où il perd totalement contact avec le monde réel. Installé dans une bâtisse abandonnée de la capitale, nichée derrière un jardin communautaire, « il débloque. Il a des absences. »

source

Intéressant: Vernon a trouvé refuge sur la butte Bergeyre (et pas Montmartre, comme je l’ai lu dans beaucoup – trop – de chroniques). La butte Bergeyre, c’est ce petit quartier du 19ème, située sur une colline près des Buttes-Chaumont.

 

 

Bonnes lectures! 

TBTL – Best friends

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Ah, les histoires d’amitié…
C’est une longue liste de romans que l’on pourrait citer.

Parmi les lectures d’enfance, immédiatement, j’ai pensé à celui-ci (aujourd’hui réédité en e-book) publié à l’origine à …la Bibliothèque de l’amitié – et oui, ça ne s’invente pas!

« O bohémienne mon amie » est un joli roman jeunesse signé par Jacqueline  Verly.
Il y est question de l’amitié entre deux fillettes dont l’une est une tzigane; thème éternel…vu les préjugés qui persistent envers les gens du voyage encore aujourd’hui…

Un autre roman jeunesse sur un autre thème: Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter.
Ce livre est un trésor – et un classique de la littérature jeunesse.

En Allemagne, avant la guerre, deux enfants sont inséparables. L’un d’eux s’appelle Frédéric. Il est Juif. Lorsque Hitler prend le pouvoir en 1933, la situation de la famille de Frédéric devient de plus en plus difficile. Jusqu’à ce que le dictateur décide que les Juifs n’ont pas le droit de vivre : on les insulte, on les chasse, et bientôt, Frédéric est renvoyé de l’école.

Dans la même veine et du même auteur:

Autre amitié, autre roman à lire (et adaptation au cinéma à voir):

Paris. Rue bleue. Dans les années 60. Moïse, onze ans, mal aimé, supporte comme il le peut de vivre avec seul avec son père. Monsieur Ibrahim, le vieux sage, tient l’épicerie arabe et contemple le monde de son tabouret. Un jour, le regard de monsieur Ibrahim rencontre ce lui de Momo et, de conversation en conversation, la vie devient plus souriante, les choses ordinaires extraordinaire…

Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran est le récit rétrospectif d’une adolescence: celle de Moïse, deux fois abandonné, qui trouve en la personne d’un épicier soufi un initiateur à la sagesse et un guide sur le chemin de la vie. Ce texte, qui a fait l’objet d’une très belle adaptation cinématographique de François Dupeyron, est le lieu d’une réflexion sur l’amitié, la force de vivre, la tolérance.

 

Deux très beaux romans parlant d’amitié féminine, abordée de façon différente:

hez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui ‘la élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot

Le film est aussi une très grande réussite. Je conseille de lire le roman en anglais, si possible (The help – titre original).

Et, forcément, l’un de mes chouchous:

 

 

Au sud de l’Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d’une voie ferrée … Ninny, fringante octogénaire, se souvient et raconte à Evelyn, une femme au foyer à l’existence monotone, les incroyables histoires de la petite ville de Whistle Stop. Grâce à l’adorable vieille dame, Evelyn, qui vit très mal l’approche de la cinquantaine, va peu à peu s’affirmer et reprendre goût à la vie.

Et pour finir en images:

 Autumn Tag

Hey, merci très chère Fan Actuel pour ce tag! ça tombe bien parce que je toruve que l’automne est une superbe saison …enfin, la « 1ère partie de l’automne », celle qui apporte un peu de fraîcheur mais pas trop, une luminosité exceptionnelle, des couleurs à tomber raide – et pas la partie « winter is coming soon » avec les jours trop courts, le manque de luminosité et le froid (oui, je suis allergique à cette saison froide sans parler du fait que je suis sujette à la dépression saisonnière à cause du manque de lumière)
1) QUELLE EST VOTRE BOISSON CHAUDE PRÉFÉRÉE EN AUTOMNE?

 

Je ne suis pas très originale. Toute l’année, je bois du thé. Beaucoup.
J’ai été élevée au thé et j’en ai gardé l’habitude.
En ce moment, une jolie découverte à petits prix (oui, parce que le bon thé est souvent hors budget):Prix raisonnable, goût très correct – en vrac comme en sachets

 

2) QUEL EST LE VÊTEMENT QUE VOUS PRÉFÉREZ PORTER EN AUTOMNE ?

C’est le moment de commencer à superposer les couches de vêtements, ça!
Comment dire….depuis que j’ai pris du poids (ça s’appelle « ménopause is coming », du coup), je suis un peu limitée dans mes choix. J’aime beaucoup les couleurs sombres (je sais, le noir donne mauvaise mine, mais j’adore), les leggins avec une robe/tunique – (et mes jeans). Je mets juste un pull un peu moins sombre (ah, ah) par dessus.

3) QUELLE SENTEUR DE BOUGIE PRÉFÉREZ-VOUS EN AUTOMNE?

Pas de senteur particulière. Les bougies, c’est sympa quand ça ne fait pas suffoquer…

4) AVEZ-VOUS UN FILM FÉTICHE À REGARDER POUR HALLOWEEN ?

J’ignore qui a décrété à la maison que « L’étrange Noël de Monsieur Jack  » était un film d’Halloween mais il paraît que c’est LE film ,dixit fille – (elle devait avoir 3 ou 4 ans quand elle a vu ce film pour la première fois, elle en a 16).

5) EN QUI/QUOI VOUS DÉGUISER(I)EZ-VOUS POUR HALLOWEEN CETTE ANNÉE?

Il y a plusieurs années, en sorcière. J’adore les sorcières. Cette année, en rien de spécial.

6) QUEL EST VOTRE PLAT PRÉFÉRÉ EN AUTOMNE?

Ce qui est cool avec l’automne, c’est la possibilité de cuisiner les potirons, les potimarrons, les courges ( ceci n’est pas une insulte^^) de toutes sortes.
Donc, j’innove, je cherche des recettes légères et je fais des gratins.

7) QUELLE EST VOTRE ACTIVITÉ PRÉFÉRÉE EN AUTOMNE ?

Je n’ai pas l’impression d’avoir une activité particulière à part celle-ci: photographier (toujours).
Dès que les feuilles rougissent, je commence à faire la chasse aux beaux arbres autour de moi – et plus loin, parfois. Je cherche la lumière, les contrastes, les PDV qui m’inspirent puis je rentre et je fais le post-traitement (je ne compte plus mes heures). C’est une autre façon de créer (j’avais l’habitude de dessiner et de peindre étant enfant).

Voici ma première chasse aux couleurs de l’automne

Et la version pluie et boue:

reflection

8) UN PAYSAGE QUE VOUS TROUVEZ MAGNIFIQUE EN AUTOMNE ?

Peu importe du moment que la lumière particulière de la saison m’inspire.

 

9) UN CHANTEUR/GROUPE QUE VOUS ÉCOUTEZ PLUS EN AUTOMNE ?

Je ne suis pas une auditrice saisonnière. Je mentionnais mes marottes du moment – pur hasard!

10) QU’AIMEZ-VOUS EN AUTOMNE ?

Déjà dit ci-dessus: la luminosité; les couleurs; le fait que, logiquement, on ne crève plus de chaud et pas encore de froid; les anniversaires de mes proches (je suis entourée de personnes nées à cette saison); le fait de  ne plus mourir de chaud dans les transports (tram, bus et ma voiture qui n’a pas la clim’)

Pour finir, mes photos – d’ automne, de Nantes, et autres sont visibles sur mon autre blog.
J’ai préparé des calendriers que vous pouvez commander via mon blog, ma page FB, Instagram et twitter (allez, je fais un lot réseaux sociaux). Vous pouvez les voir ici

16 €  l’exemplaire (Nature ou Nantes) pour la France
Pour me contacter: leyartsphotos@hotmail.com

Profitez-en, dans à peu près 1 mois….c’est Noël!

 

L’as-tu lu ou le liras-tu? Mes pensées sont des papillons – Eveleen Valadon

 

« Cette maladie est quelque chose d’impalpable. Une pensée qu’on oublie, ça ne se raconte pas, ça ne se rattrape pas, comme les papillons ! Il n’y a pas de symptômes physiques. Cela ne se voit pas. C’est comme un déraillement, mais on en est conscient. On se voit flotter. On est soi et on est une autre. Cela ressemble à un dédoublement de personnalité.
Et cet autre, il faut le rencontrer, l’apprivoiser. C’est un enfant adopté. Tantôt, on l’accepte, tantôt on ne l’accepte pas. J’essaie de bien le recevoir, de ne pas me mettre trop en colère. Mais c’est un grand bouleversement. »

Eveleen Valadon a été diagnostiquée malade d’Alzheimer voici quatre ans. Ce livre raconte son combat contre une pathologie qu’elle se refuse à nommer. Elle a voulu nous dire, en son nom et en celui de tous les autres, qu’elle n’est ni démente ni agressive, et tordre le cou aux stéréotypes dont cette maladie est porteuse. Eveleen lutte pour retrouver la femme qu’elle n’a pas cessé d’être, et pour montrer à cet ennemi de l’intérieur qu’elle ne va pas se laisser effacer. »

 

 

Plus qu’un livre sur la maladie d’Alzheimer – qui n’est jamais citée de cette façon – ce récit relate le parcours de vie d’une femme autonome, active qui a eu de multiples expériences (voyages, expositions, enseignement).

Touchant et sincère, ce livre est un bijou, que l’on ait été en contact avec des malades « d’Alois » (le prénom de Mr.Alzheimer), ou non.
Mêlant le passé riche d’Eveleen et ses difficultés au quotidien, « Mes pensées sont des papillons » est d’une justesse très humaine.

ma note : 4,5/5

« – C’est une maladie qui fait peur?

– Bien sûr, répond l’auteure. Parce que c’est considéré comme une dégénérescence. (…) L’envie (de sortir) est là mais là je suis dépendante. « 

 

 

Pour la petite histoire, j’ai dû m’accrocher pour lire attentivement ce livre (que j’ai effectivement aimé) puisque je l’avais sollicité chez Net Galley au moment du décès de mon père qui, certes, ne souffrait pas « d’Alois » mais d’une autre maladie neuro-dégénérative, Parkinson. Il est surprenant de capter le regard des autres et leurs réflexions lorsque l’un de vos proches est atteint de ce type de pathologie…
« Mais alors, il a perdu la tête? » , me disait-on , en particulier depuis une dizaine d’années – ou bien: « Oh, mais il ne se rend pas compte de ce qui lui arrive… », etc, etc..
Ce qui est terrible, c’est que votre parent entre alors dans la catégorie du malade, voire du zinzin, qu’il faut s’empresser de confier à des instances médicales qualifiées , une chose désincarnée, quasiment un objet….quand vous-même crevez d’envie de le voir, de lui parler, de lui dire, de nouer et renouer un contact qui vous échappe.

Mon père appelait la maladie de Parkinson qui le touchait depuis la fin des années 90 « James » ( le médecin qui a le premier mis en évidence cette  paralysis agitans était James Parkinson ).  De même, Eveleen Valadon parle d’Alois.
Pudeur,  certainement, mise à distance, aussi. Mais quand je lis certaines réflexions sur la combativité des malades, j’ai simplement envie de dire une chose: on ne combat pas ces maladies-là de même qu’un rhume ou une grippe – ou pire. On ne le combat pas un instant. On ne peut pas lutter. On ne peut que vivre avec, du mieux qu’on peut.
Car, au final, elles ne sont pas mortelles, en elles-mêmes.
Eveleen Valadon parle du fait qu’on n’a toujours pas trouvé de remède contre Alzheimer. Mon père a toujours espéré que la recherche médicale aboutisse pour ce qu’il appelait « ma pathologie ».
En attendant, les malades sont et restent des êtres humains, « pas des idiots » dit Eveleen Valadon dans son interview. Non, pas des idiots, ni de ceux qu’on laisse sur le bas-côté.
Des humains.

 

 

 

 

 

 

 

Merci à Net Galley et aux éditions Kero

L’as-tu lu ou le liras-tu? Droit devant toi – Henri Girard

 

 

Deux adolescents que tout oppose : l’un suit ses parents au fil des mutations de son père et ses relations familiales sont difficiles, l’autre est ancré dans la ferme paternelle et très proche des siens. Le premier cherche le bonheur dans l’adversité, le second grandit dans la sérénité. Une amitié puissante et exclusive unit pourtant les deux garçons. Mais quand de l’affection naît l’emprise, le drame n’est jamais bien loin. Sans savoir exactement où il plante ses racines ni s’il adviendra, la tension monte. Car la manipulation est une arme dangereuse, l’amour et le désir des détonateurs instables

Deux garçons, Harold (le narrateur) et Gilles; et une femme, Marie-Fleur.
Le ton est sérieux, réaliste et de plus en plus sombre pour ce court roman dont on a envie de savoir le dénouement au fil des pages.
Les points forts: le réalisme (détails bien trouvés) et la psychologie des personnages; netteté de l’écriture.
Les points faibles: Le narrateur est censé avoir 13 ans (usage de la 1ère personne) et s’exprime comme on le faisait dans les films ou les romans des années 50 (et encore, je  vise large…). Certes, l’auteur est un inconditionnel de la langue française mais tout cela a un goût de vieillot. Il en est de même pour la psychologie du jeune Harold: terriblement datée ( mais qui pense cela des femmes à l’heure actuelle? ).

Et finalement, c’est un peu lassant et en cela, c’est dommage.

Ma note: 3/5

 

Merci à NetGalley et aux éditions de la Rémanence .

Henri Girard

L’auteur:

Après avoir été comédien, recenseur de cimetière, agent d’assurance, vendeur d’abonnements chez France-Loisirs, laborantin dans une beurrerie, etc., Henri Girard se mit au travail — sérieusement, affirme-t-il — gagnant ses galons de « déhèrache » dans une grande entreprise.

Contraint de quitter sa Basse-Normandie pour Paris, il fit alors une rencontre déterminante avec celle qui le poussa à transformer ses quelques gribouillis qu’il jetait assez négligemment sur le papier en esquisse de roman, puis en « vrai » manuscrit présentable. Son premier, qu’il mit trois ans à achever, ne fut accepté que quatre ans plus tard par une maison d’édition indépendante, après plus de trente refus !

Il a reçu le prix du Rotary international 2016 pour Les Secrets du Club des Six et le prix de l’Association des écrivains bretons 2013 pour L’Arlésienne de Tidbinbilla.