Premières lignes — 28 septembre

Premières lignes 

« Comme il remonte la Cinquième Avenue à minuit, Spofforth se met à siffler. Il ignore le nom de l’air, et il ne s’en soucie guère ; c’est un air air compliqué, un air qu’il siffle souvent lorsqu’il est seul. Il est torse nu et ne porte pas de chaussures ; il a pour unique vêtement un pantalon kaki. Il sent sous ses pieds la surface usée des vieux pavés. Bien qu’il avance en plein milieu de la vaste avenue, il distingue les hautes herbes et l’ivraie qui, de chaque côté, ont poussé aux endroits où les trottoirs, depuis longtemps fissurés et défoncés, attendent des réparations qui ne se feront jamais. »

A ne pas confondre avec le classique « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » (qu’il faut lire, d’ailleurs), L’oiseau moqueur, dystopie de Walter Tevis, l’auteur du Jeu de la dame est un très bon roman, qui rappelle par ses thèmes 1984, Farenheit 451 ou Le meilleur des mondes. On pensera également à la série des Robots d’Asimov. 
En effet, depuis des siècles, les êtres humains ont perfectionné les robots et ont fini par leur confié la planète/ le pouvoir/leurs vies. Plus de guerres, plus de pauvreté, plus de famines…Tout le monde est heureux et vit sous l’influence de drogues (très Le meilleur des mondes, là, même si ce n’est pas le soma qui est consommé mais les sopors). Fini les problèmes dus à l’attachement, à la famille, aux liens : une loi régit ce qui touche à l’intimité. L’amour, non, ça n’existe plus mais il reste la pornographie  (« sexe vite fait, bien fait »). Le travail manuel et technique a été confié aux robots/androïdes. Ou aux prisonniers sous les ordres des robots. Car, oui, désobéir équivaut à des travaux forcés et à l’emprisonnement. Il est hors de question de se rapprocher des autres, de se regrouper ou de vivre en couple. D’ailleurs, la procréation est inutile : tout le monde avale des contraceptifs sans le savoir depuis des années.

Les efforts intellectuels appartiennent au passé. Les maximes du type  » Pas de questions, relax », « Dans le doute, n’y pense plus » régissent la vie des humains qui paraissent vivre comme sortis de Brazil, le film. Décidément, le début des années 80  (1981 pour le roman, 1985 pour Brazil) envisageait le futur de la même façon. Et parfois, tout ça résonne étrangement en 2022…
Car les écrans ne sont pas bannis : même s’il s’agit de télé, ils sont envahissants et diffusent des programmes totalement ineptes…
Et les livres ?  A l’inverse de Farenheit, ils existent toujours mais plus personne ne sait lire. On a oublié.
Jusqu’au jour où un homme, Paul, professeur à l’université, propose ses services au doyen Spofforth car il a appris à lire tout seul dans un livre trouvé par hasard (les livres ne sont pas si bien cachés que ça, ils sont oubliés). Robert Spofforth est le doyen de l’université mais c’est le chef, disons-le : il dirige le monde. C’est le robot le plus perfectionné qui existe, un classe 9.  C’est aussi le clone d’une humain qui a vécu il y a longtemps et dont il voudrait retrouver les souvenirs enfouis.
Mais Spofforth n’est pas humain ; il ne peut pas se reproduire, il ne peut pas mourir non plus. Il va exercer son pouvoir : il refuse que la lecture soit enseignée, ce serait un crime. Il demande à Paul Bentley de décrypter les textes qui figurent sur de vieux films muets.
La vie de Paul change.
Il se prend au jeu. Découvre des concepts. Et quand il finit par rencontrer Mary Lou, une femme étrange qui habite dans le zoo, sa vie  bascule. Celle de Mary Lou aussi. Celle de Spofforth, on le verra ensuite, va changer.
Ce roman est brillant de bout en bout : suivre les personnages, leur apprentissage, leur évolution.
Il y a peut-être quelques longueurs vers le milieu avec un événement qui casse le rythme mais je n’ai pas trouvé cela très gênant.
J’avais beaucoup apprécié le Jeu de la dame, eu plus de mal avec L’homme tombé du ciel mais j’ai retrouvé l’alchimie qui m’avait attirée dans le 1er dans celui-ci. De la bonne SF

 « J’éprouvais un certain plaisir à découvrir les choses que les livres pouvaient dire à l’intérieur de mon esprit… Je ne me suis arrêté qu’après avoir appris tous les mots des quatre livres. Plus tard, j’ai mis la main sur trois nouveaux livres, et ce n’est qu’alors que j’ai vraiment su que l’activité à laquelle je me livrais s’appelait « lire ». « 

L'Oiseau moqueur par Tevis

 

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J’ai testé Stable Diffusion/Dream studio lite, une autre IA

Après Midjourney (qui me plaît beaucoup), j’ai testé une autre AI,  Stable Diffusion (Dreamdiffusionbeta). Si elle fonctionne un peu de la même façon (sur Discord, en entrant la commande Dream/ + ce qu’on veut – au lieu de Imagine/, pour Midjourney), j’ai trouvé les résultats un peu moins … précis. Du moins, ça me correspond un peu moins même si c’est toujours bluffant, à partir du moment où on a fait une commande précise. Midjourney est costaud, pour ça.
De même, on a droit à un certain nombre de résultats (que j’ai épuisé trop vite) avant de passer à la version payante. Voici quand même quelques exemples :

Je voulais faire une couverture d’E book avec une femme, une montagne, une ambiance brumeuse (pour l’ambiance, ça va, pour la femme, bof, bof)

J’ai tenté autre chose, mais pas mieux :

Ensuite, j’ai demandé un paysage écossais, au bord d’un lac, avec plusieurs personnages.

Pas convaincue, j’ai précisé : « 3 personnes près d’un lac écossais dans une ambiance mystérieuse, peinture à la manière de Constable » (c’est donc ce que j’ai entré comme commande)

J’ai eu aussi celle-ci comme variation :

 

Et comme je cherche toujours une idée d’illustration pour mon autre roman Y.A  (en fait, ça part un peu de là…), j’ai essayé « jeunes jouant aux jeux vidéo + dragons »  – et là, c’est devenu rigolo, mon erreur étant d’avoir précisé « couverture de livre » :

Bon, depuis j’ai fait une autre tentative avec Midjourney pour le même projet et c’est un peu plus concluant. Et si vous voulez voir quelle couverture de livre j’ai à peu près réussi à créer pour une éventuelle future (enfin, c’est à peu près certain, pour celui-ci)  auto édition dès que le roman aura subi ses dernières corrections, dites-le moi.

Cette vidéo explique comment on utilise Stable diffusion :

La prochaine fois, je teste l’autre AI, Dall-E, dont on entend beaucoup parler.

Premières lignes – 21 septembre

Premières lignes 

« Le grand Achille. Le brillant Achille, le bouillant Achille, le divin Achille… Comme les épithètes s’accumulent ! Nous ne l’appelions jamais par aucun de ces noms ; nous l’appelions « le boucher ».
Achille au pied léger. Voilà qui est plus intéressant. « 

Le silence des vaincues est un livre que je voulais lire depuis plusieurs mois – et pour cause : c’est une réécriture de la guerre de Troie, de point de vue de Briséis.
Je dois dire que j’ai un faible pour ce genre de réécriture (quand elles sont bien faites). J’ai aimé suivre Cassandre dans La trahison des dieux (malgré les défauts du roman de MZ Bradley) ou Andromaque dans Troie de David Gemmell (le personnage est formidable dans la trilogie de Gemmell).
Bien sûr, d’une autre façon, Le chant d’Achille est un roman remarquable. Mais Madeline Miller sait revisiter l’Antiquité comme personne…
Ici, on suit surtout Briséis qui sera le fil conducteur et le principal point de vue — hélas, pas le seul. Arrachée à sa vie, kidnappée, elle connaît le même sort que les autres femmes : elle devient le trophée d’Achille qui la regarde à peine, la met dans son lit et se sert d’elle. La guerre est déjà bien entamée et le camp des Grecs a eu le temps de s’installer sous les remparts de Troie. Il existe une organisation bien rôdée.
Les soldats et les chefs de guerre ont leurs « femmes »,  celles qu’ils ont réduites en esclavage en faisant des incursions dans les terres aux alentours. Ils les côtoient, les malmènent. Certains semblent mener un simulacre de vie domestique. On partage la cabane/la tente, des  enfants naissent. Les femmes exercent des « professions » : elles aident à l’infirmerie, à la cuisine, etc…
Et pourtant, ces femmes n’ont aucun statut, aucun droit. A tout moment, elles peuvent être données/vendues à un autre, blessées, violées, tuées.
Briséis, une jeune femme qui fut reine, connaît la même vie ainsi que ses camarades. Achille, quant à lui, est un monstre d’égoïsme. Et, à la fois, il est dépeint comme un fils qui recherche sa mère.
Le roman est assez immersif sans voyeurisme pour autant. L’autrice ne s’appesantit pas sur les viols, sans les nier non plus. C’est donc bien dosé : pas de descriptions malsaines. Mais la réalité des violences, le climat lourd, la présence de la guerre, tout cela reste présent.
L’importance du silence des femmes, du fait que Briséis n’a pas voix au chapitre, est bien rendu. Le seul bémol, à mon sens, réside dans le choix de l’autrice de basculer à un moment vers le point de vue d’Achille (alors qu’elle avait privilégié le point de vue de Briséis). L’effet n’est pas très cohérent et, surtout, n’amène pas grand chose au roman, au contraire. En gros, on n’a pas envie de savoir ce que pense ou ressent l’un des bourreaux, les indices nous étant donnés via le ressenti et la vision de Briséis.
C’est un peu dommage même si cela n’entrave pas la lecture.
Un bon roman, donc.

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Les cartes originales de Mahdieh Farhadkiaei – L’été de l’art

Mahdieh Farhadkiaei est une illustratrice, graphiste, concept artiste iranienne de Téhéran. Mahdieh est autodidacte ; elle a appris le dessin  en s’inspirant de ses artistes préférés.

Instagram 

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Premières lignes – 13 septembre

Premières lignes 

 » Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension ».

Attention, vous êtes prévenus  : en ouvrant L’Anomalie (prix Goncourt 2020), vous allez lire un excellent roman de Science-fiction aussi (mais pas que), même s’il se cache derrière une couverture Gallimard collection blanche (ou en Folio).
En fait, je pourrais dire : un excellent roman, tout court, mais il me semble important de préciser qu’il s’agit bien de SF surtout car, lorsque le roman d’Hervé Le Tellier (président de l‘Oulipo depuis 2019) a reçu le Goncourt, le terme « SF » a été prononcé du bout des lèvres.
Et pourtant, c’est bien cet « événement incroyable » qui sous-tend l’ensemble et se  trouve au centre  et bouleverse la vie des personnages.
Pour le reste, la construction du roman est un modèle du genre. Et pourtant, elle n’était pas simple (casse-gueule, est le terme). On suit 11 personnages.  Et aucun n’est inintéressant, aucun n’est laissé de côté, aucun n’est superflu. Chaque histoire est importante.
Leur point commun ? Ils ont tous pris le même vol Paris-New York un 10 mars 2021, un Boeing 787 d’Air France.  Il se trouve que le voyage a été mouvementé,  avec un orage de grêle et des turbulences très fortes… Il finit par atterrir mais l’avion est endommagé.
Seulement, il y a un hic : en juin 2021, le même avion (même vol, mêmes passagers à l’intérieur) surgit d’une cumulonimbus et veut se poser à New York. Les autorités américaines le dirige vers une base secrète.
De là, commence une véritable énigme.

C’est absolument succulent, bien mené, ingénieux avec des passages humoristiques. de plus, à partir du moment où « l’anomalie » trouve un début d’explication, le roman se lit comme un thriller. L’écriture n’est ni embrouillée, ni compliquée – au contraire, on dévore les pages.

Je ne peux que le conseiller : je me suis régalée.

« Aucun auteur n’écrit le livre du lecteur, aucun lecteur le livre de l’auteur. Le point final,, à la limite, peut être leur point commun »

 

L'anomalie par Le Tellier

Résumé : En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris – New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.
Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai

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Les animaux de Dahlov Ipcar – L’été de l’art

 Dahlov Ipcar peintre, illustratrice et autrice américaine ( 1917 – 2017) est également reconnue pour ses peintures d’animaux au style kaléidoscopique. Elle résida toute sa vie aux états-Unis, dans le Maine.

On peut trouver ses livres en France chez Albin-Michel

Livre : J’aime les animaux

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Livre : J’aime les animaux

 

 

 

J’ai testé Midjourney

Donc, j’ai fait comme un peu tout le monde ces jours-ci : j’ai pris un peu de temps entre écriture,  cours en ligne, blogging, photos, et surtout activités autour de l’écriture créative (en lien avec ma formation de formatrice – ici, page FB) pour tester Midjourney.

C’est quoi Midjourney ? 

C’est  un système d’intelligence artificielle qui génère des des images à partir de textes entrés par l’utilisateur (donc, nous).
Sur le site officiel, ses créateurs se présentent comme « un laboratoire de recherche indépendant. Explorant de nouveaux mediums de pensée. Étendant les pouvoirs de l’imagination de l’espèce humaine ».
Le principe n’est pas très compliqué : on s’inscrit sur Discord (ok, je ne l’avais pas encore fait, c’est bizarre, ça). On rejoint rejoindre le serveur.  La version bêta de Midjourney est gratuite et mais limitée à 25 requêtes (que j’ai toutes utilisées). Elle fonctionne entièrement sur Discord,.
Une fois sur le serveur, il est assez facile de trouver les instructions pour débuter.
Puis, sur le canal dédié aux nouveaux venus (les fameux newbies), on écrit au robot sa demande. Pas très dur non plus : le « prompt » (c’est ainsi que ça s’appelle) commence par /imagine…. puis la description de ce qu’on souhaite comme image.
Le truc, c’est que plus la demande est spécifique, plus le résultat sera convaincant. La  réponse est assez rapide (1 mn env.).  On reçoit alors 4 images :

exemple : Harry Potter dans son bain

On nous propose alors  une  variation ou une amélioration d’une ou plusieurs images de l’ensemble. (U ou V avec le numéro de l’image). On peu aussi améliorer ou faire des variations des images des autres utilisateurs. Comme ce Harry Potter qu’avait demandé quelqu’un, j’ai fait une optimisation.

Après les 25 requêtes, on nous dit gentiment que c’est terminé et qu’il faut s’abonner : des sous, des sous !

Ou ces arbres de vie :

Variation et optimisation :

Il y a des demandes assez fun : j’ai vu hier « Terminator dans la Grèce antique », ou « Taylor Swift en sorcière ». Ou bien ce qui suit :  « Un chat avec des monocles blancs et un chapeau melon entouré par des tulipes flétries.  « ² (non, ce n’était pas ma requête!).

J’ai fait un essai avec des chats, arc-en-ciel, et un coucher de soleil, pour voir (mignon, mais pas assez précis) :

Puis, j’ai pensé à ce que je suis en train d’écrire, qui se déroule en Ecosse…L’IA a interprété ma demande assez fidèlement. Et pour inclure le  mot « meurtre » (c’est un roman policier), on voit des tombes. Pas bête…

Je vous montre d’autres résultats. Il y a de belles choses.

 

 

 

Voilà, si vous avez envie de tester, c’est ici : Midjourney 

Les illustrations art déco d’Ella Riemersma — L’été de l’art

 

Ella (Eelkje) Riemersma  (1903 – 1993 ) était une illustratrice néerlandaise. Elle a travaillé sous les signatures : ER, Ella R. ou Ella Riemersma en toutes lettres.  Son style bien que  personnel est typique de l’Art Déco qu’elle avait vu dans sa jeunesse.

 

— J’ai découvert ses illustrations récemment et je trouve qu’elles ressemblent beaucoup à celles de Manon Iessel (que j’adore). —

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from Zonneschijn, by Ella Riemersma

 

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Ella Riemersma Onze oude kinderliedjes 1923  ill a

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Premières lignes – 31 août

 

Premières lignes 

 » Ce fut à cause du vieux gibet que commença la dispute à plus de dix lieues d’Ormeshadow.
Le point de départ était la glorieuse ville de Bath.
 » Pourquoi devons-nous partir ? demanda Gideon à son père.
— Oui, s’interposa sa mère. explique à Gideon les raisons de notre départ.
–Nous allons nous installer chez mon frère, dans sa famille, à Orme shadow.
— Mais…
— Gideon, le voyage sera long. Du calme, fils.
— Effectivement, ajouta Clare. Du calme, fils.
Ce furent les derniers mots que prononcèrent les parents de Gideon avant l’arrivée au gibet. Le garçon avait l’habitude des silences entêtés de sa mère et ne s’en inquiéta pas., en dépit de leur proximité sur la banquette de la diligence bondée. « 

Dans ce court roman (ou longue novella, au choix), paru au Bélial dans la collection « Une Heure Lumière », le fantastique se met en place en pointillés au travers de contes et d’une légende familiale.
Et c’est une réussite.
Priya Sharma nous transporte dans l’Angleterre victorienne, alors que la famille Belman, après son départ de Bath, rejoint la ferme familiale à Ormesleep. Nous suivons Gideon, l’enfant du couple Belman, qui découvre une toute autre vie : campagnarde, rude, une vie qu’il ne comprend pas bien — et des secrets familiaux qui génèrent des tensions.
L’autrice lève le voile peu à peu sur les circonstances de ce retour à la campagne, installe un climat tendu tout en créant des personnages attachants. Le ton est juste, intimiste et même si le surnaturel n’apparaît que par touches légères, il trouve sa place. J’ai retrouvé un peu du plaisir que j’avais eu en lisant Pierre-de-vie de Jo Walton.
Ormeshadow 
a donc été une excellente surprise. Un très bon moment de lecture.

Ormeshadow par Sharma

 

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