Premières lignes — 25 mai

Premières lignes (je suis en retard, en retard )

 » J’ai  une histoire à vous raconter. L’idée me trotte dans la tête depuis un bon bout de temps, et cette fois, je me lance, mais je vous préviens, la route risque d’être cahoteuse. Je  me suis encore jamais attaqué à pareil ouvrage, alors j’y vais à l’aveuglette, sans carte, comme qui dirait, et je sais pas trop , dans ce qui l’est arrivé , ce qui vaut de figurer dans mon récit. « 

M.R Carey a déjà signé à  l’Atalante « Celle qui a tous les dons » (The last girl), que j’avais eu du mal à terminer, moyennement emballée par les zombies. Cette fois, il s’agit d’une  trilogie post-apo,  sans zombies, qui commence avec « Le livre de Koli« . Nous suivons donc le jeune Koli, qui vit dans l’un des villages d’une Angleterre située dans un futur dévasté par les guerres et le changement climatique. Narré à la 1ère personne, ce pseudo-journal intime va nous permettre d’entrer dans la vie de cette communauté de survivants pour qui les végétaux sont devenus des ennemis (la flore ayant luté, elle dévore les êtres humains). Les villageois sont donc retranchés derrière des palissades, se plaçant également sous la protection de Remparts spécifiques,  i.e plusieurs personnes  occupant un rôle et utilisant un « tech » bien précis afin de défendre le village  (Rempart Feu, Rempart Flèche, Rempart Mémoire ou encore Rempart Couteau). Mais il semblerait que ces rôles de prestige (la classe sociale dominante, en fait) qui sont répartis lorsque les jeunes gens entrent dans l’âge adulte, sont toujours dévolus à la même famille… Etrange…
Koli arrive à l’âge où la cérémonie de passage va déterminer sa vie future. Lui aussi aimerait devenir un Rempart -et, si possible, être aimé et se marier avec celle dont il vient de tomber amoureux. Sauf que… cette caste lui est refusé. Il va apprendre bien des secrets sur cette famille. Des secrets qui vont lui attirer de gros ennuis. Et le début de son émancipation.

Nous suivons avec intérêt l’évolution de Koli, en immersion totale et découvrons avec lui ce qui se passe au-delà de la palissade.
J’ai été totalement embarquée par ce premier tome, grâce à une traduction impeccable de Patrick Couton, par une narration parfaite, des rebondissements bien placés, une gestion du suspense et une mise en place de l’univers tout à fait excellente.
Un très bon premier tome. Je ne peux que le conseiller.

— le second m’attend, d’ailleurs —

Le Livre de Koli par Carey

 

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Premières lignes — 1er février

Premières lignes 

 »  » Au sud de la Cornouaille, au nord de l’Ibérie, de l’autre côté du Golfe d’Aquitaine, se trouvaient les Isles Anciennes qui s’étendaient du Croc de Gwyg, arête de roche noire battue par les déferlantes de l’Atlantique, à Hybras, le Hy-Brasill des premiers chroniqueurs irlandais : unr île aussi grande que l’Irlande elle-même.
Hybras comptait trois villes éminentes : Avallon, Lyonesse et l’antique Ys, elles-mêmes entourées de nombreux bourgs fortifiés, de vieux villages gris, de châteaux aux maintes tours et de manoirs ceints de charmants jardins. « 

Madouc, d’après le prénom de la princesse changelin, vient clôturer le cycle de Lyonesse, entamé avec Le jardin de Suldrun suivi de  La perle verte. 
Une fois de plus, Jack Vance nous entraîne dans un récit haut en couleurs dans ce troisième tome. La jeune Madouc, qui pourrait paraître une enfant quelque peu autoritaire et ….difficile, devient de plus en plus passionnante à suivre. Déjà, elle ne manque pas d’inventivité pour faire tourner en bourrique les personnes de la cour où on s’ennuie copieusement, surtout lorsqu’on est une fille puis une jeune femme. Madouc veut grimper dans les arbres, monter à cheval, se promener comme elle le souhaite. Mais la reine Sollace lui impose la compagnie de jeunes filles nobles ennuyeuses qui empêchent la princesse à demi fée de s’amuser comme elle le désire. Pire : ces jeunes donzelles se moquent de Madouc qui ne connaît pas son père. (quoi, une princesse bâtarde ?!). La jeune fille est vexée mais elle a de la ressource.
Très vite, Madouc va trouver des solutions… Et, entraînant dans son sillage le garçon d’écurie qu’elle se permet de faire Sire Pompom, elle part à la recherche de ses parents. Elle trouvera rapidement sa mère, la fée Twisk. Seulement, il y a un hic : Twisk ignore qui est le vrai père de Madouc. Elle a connu trois hommes dans des circonstances assez rocambolesques (l’imagination de Jack Vance ne connaît pas de bornes surtout quand il y même de l’érotisme). Madouc doit donc retrouver ces trois hommes et avec un sort, les capturer. Il s’en suit une série d’aventures toujours plus réjouissantes les unes que les autres.
Ce dernier tome est une réussite ; Madouc efface le triste souvenir de Sudrun, un personnage qui avait été quelque peu maltraité (et trop vite oublié). Madouc, elle, est une jeune femme qui garde une place centrale. Et c’est totalement bien fait. Cette fois, on peut oublier les points négatifs que j’avais notés au sujet des personnages féminins. Madouc est certainement le plus bel exemple d’un personnage fort. Glyneth était déjà intéressante ; il est dommage qu’elle n’apparaisse pas dans ce dernier tome.
On retrouve par contre les manigances des magiciens, les complots du roi Casmir pour se débarrasser d’Aillas (trop peu présent, je trouve) et le dénouement. Bien sûr, on saura enfin qui est le véritable père de Madouc et c’est savoureux.

C’est un final en beauté. Une des raisons qui donne envie de lire et de relire le cycle de Lyonesse. 

Merci encore au Livre de Poche imaginaire

Le Cycle de Lyonesse, tome 3 : Madouc par Vance

Résumé :  Les Isles Anciennes.
Une contrée magique et dangereuse, où sagesse et vertu devaient sans cesse en découdre face à la sorcellerie malfaisante des immortelles forces des ténèbres. La paix précaire qui s’y était établie menaçait de prendre fin, sous le poids toujours croissant des rivalités opposant l’infâme roi Casmir et Aillas, souverain de Troicinet. Et dans ces bruits de guerre et de souffrance, Madouc, la jeune et malicieuse princesse qu’on avait fait passer pour la fille de Suldrun, détenait à son insu le secret de l’ultime victoire.
Dernier acte de l’immense trilogie de Lyonesse, sommet d’inventivité et d’aventures, Madouc a été récompensé en 1990 par le World Fantasy Award du meilleur roman.

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Premières lignes — 11 janvier

Premières lignes 

 » Peu après la mort d’Hippolito dont il était l’élève, Vishbume sollicita un poste similaire d’apprenti auprès du sorcier Tamurello mais essuya un refus. Il offit alors de vendre un coffret contenant des objets qu’il avait emportés de chez Hippolito. Tamurello y jeta un coup d’oeil et ce qu’il vit éveilla suffisamment son intérêt pour qu’il paie le prix de Vishbume. « 

La perle verte est le second tome de la trilogie Lyonesse, débutée avec Le jardin de Suldrun . Une fois encore, Jack Vance entame le roman par un flash-back qui nous relate les origines de la vapeur verte, issue des machinations des sorciers (Tamurello, Desmeï, Vishbume) ainsi que la façon dont celle-ci se transformera en une perle bien ennuyante…
Puis, nous retrouverons à nouveau Aillas, plongé dans les complexités de la politique. Il doit faire face aux attaques des Skas, sur lesquels il a une revanche à prendre puisqu’il a été leur esclave dans le premier tome. De même, le roi Casmir, père de l’infortunée Suldrun, continue ses manigances afin d’exercer son autorité sur toutes les Isles Anciennes. Lui aussi, Aillas aimerait bien le confondre…voire prendre une légère revanche.
Mais, au cours de ce tome, Aillas apprend aussi peu à peu à connaître son fils Dhrun qui a grandi auprès des fées et pour qui le temps ne s’est pas écoulé de la même façon que les humains. Ainsi, le père et le fils n’ont que peu de différence d’âge, ce qui trouble bon nombre de gens.
Quant à Casmir, il ne comprend plus le sens de la prophétie qui prétend que le fils de Surldrun règnera sur les Isles Anciennes. Il ne connaît à sa fille défunte que la jeune princesse Madouc, une étrange fillette. Lorsqu’il apprend qu’elle est en fait une enfant fée, il préfère garder le secret et envoyer des espions afin de découvrir la vérité… trouvera-t’il ? Le roi Casmir est retors et son réseau d’espionnage paraît bien rôdé.
Tout se complique. Les intrigues se resserrent.
Et pourtant..
Pourtant, j’ai trouvé à la relecture, que ce roman n’était  pas forcément le plus passionnant des trois, malgré les péripéties qui se succèdent. Il me semble que j’avais déjà eu la même remarque lors de ma première lecture.
Aillas lancé à la poursuite de la jeune noble ska, Tatzel, est peu crédible. On se demande pourquoi il semble aussi obsédé par la fille de son ancien geôlier. D’ailleurs, il a quand même très vite oublié son grand amour, Suldrun. A ce sujet, la pauvre Suldrun reste le personnage le plus maltraité de cette saga puisque Vance se débarrasse vite d’elle et que personne ne semble la pleurer.
Tatzel ne fait pas long feu non plus — c’est à se demander à quoi elle sert, en fin de compte. Servir de love interest à Aillas ? On a du mal à le croire.
Quant à Shimrod, le magicien, et à ses démêlés avec Mélancthe, l’avatar de la sorcière Desmeï, ce n’est guère plus passionnant mais plus plausible, car la sorcellerie est en oeuvre. Même si Shimrod est un peu amoureux de Mélancthe,  il est surtout sous l’effet d’un charme, plus que sous l’effet de ses charmes.
Il reste que les personnages féminins de type Mélancthe (même si elle n’est pas « réellement humaine »), ou de type princesse Suldrun ou même Tatzel, restent des figures particulièrement passives — et fades. On aimerait qu’elles agissent, non qu’elles se laissent porter par les événements ou se laissent contrôler par autrui (i.e : des hommes).
(– à noter : je passe sur les phrases paternalistes, à la limite misogynes et bien datées, que j’avais déjà notées il y a fort, fort longtemps lors de ma première lecture, du type : « je vous aime, vous ne m’aimez pas,  dois-je vous prendre par la force ? »… — ).
Là résident donc pour moi les points faibles, notables surtout dans La perle verte. Pour le reste, le monde des fées, les artefacts magiques, l’aspect conte, les trames entrecroisées toujours bien menées, les incursions dans les  univers extra-dimensionnels comme Tanjecterly, tout cela est délectable. Et pour nuancer ce que je disais ci-dessus, le personnage de Glyneth qu’on a appris à connaître dans le premier tome, est loin d’être une petite chose passive…
Un tome un peu plus  en demi-teinte qui ne s’essouffle pas, pour autant.
pp5221-1986

Merci aux éditions Le Livre de Poche Imaginaire 

Le Cycle de LyonesseLa Perle verte (Lyonesse, Tome 2)

Résumé : Il régnait alors, sur les terres des Isles Anciennes, chaos et infortune. Aillas de Troicinet, désormais roi de l’Ulfland du Sud, devait guerroyer contre les Skas, qui jadis l’avaient réduit en esclavage, et contre l’ambition du roi Casmir, qui rêvait toujours d’étendre son empire au-delà de Lyonesse. Mais, selon une ancienne prophétie, seul le fils de Suldrun parviendrait à unifier l’ensemble des Isles Anciennes ; Suldrun qui, avant de disparaître, n’avait enfanté qu’une fille… Cependant, le monde de la magie menaçait de peser sur l’issue des conflits : la malice de la sorcière Desmëi s’était concentrée sous la forme d’une perle verte, semant luxure, envie et mort.

 

Premières lignes — 20 décembre

Premières lignes 

 » Par un triste jour d’hiver, où la pluie tombait à verse sur la ville de Lyonesse, la reine Sollace ressentit les premières douleurs de l’enfantement. Elle fut conduite à la salle de travail et prise en charge par deux sages-femmes, quatre servantes, le médecin Balhamel et la vieille toute ridée nommée Dyldra, qui possédait une grande science des herbes et que d’aucuns tenaient pour sorcière. Dyldra était là par la volonté de la reine Sollace, qui trouvait plus de réconfort dans la foi que dans la logique.
Le roi Casmir fit son apparition. Les soupirs de Sollace devinrent des gémissements et elle planta ses doigts crispés dans son épaisse chevelure blonde. Casmir regardait depuis l’autre bout de la pièce. (…) Il s’adressa à Blahamel :
 » Quels sont les signes ?
— Sire, il n’y en a pas encore.
— Il n’existe pas de moyen de deviner le sexe ?
— A ma connaissance, aucun. « 

Ainsi s’ouvre la trilogie de Lyonesse, avec ce premier tome qui paraît  de prime abord consacrée à une princesse nommée Suldrun, fille du sévère roi Casmir et de la reine Sollace, souverains d’un royaume des Isles Anciennes.  Les Isles Anciennes ? Il s’agit d’un ensemble de terres situées quelque part entre l’Irlande, la Bretagne, l’Aquitaine et la Galice. Elles auraient disparu, à la manière de  l’Atlantide. En début de volume, on trouve un arbre généalogique qui rattache les familles des Isles Anciennes au roi Arthur, dont il serait donc un lointain descendant.  La référence à Avalon est présente et la magie aussi ainsi que diverses créatures des légendes et de la mythologie celtiques. Comme dans tout conte de fées, c’est avec la naissance de la princesse que tout débute ; Jack Vance y place même une sorte de sorcière, la vieille Dyldra,  qui est censée porter malheur au bébé à naître.
En grandissant, Suldrun ne trouve l’épanouissement que dans la solitude de son jardin (d’où le titre : Le Jardin de Suldrun). Autour d’elle, les complots et les manigances politiques vont bon train. Son père Casmir cherche à la marier afin d’agrandir sa puissance et de créer des alliances. Il se met en guerre contre plusieurs royaumes dont celui du Troicinet.
De même, au Troicinet, le prince Aillas connaît malgré lui bien des déboires et au cours d’un voyage en mer, son cousin le flanque par-dessus bord, croyant se débarrasser de lui. Aillas dérive, ne se noie pas. Il est recueilli et sauvé par Suldrun. Les deux jeunes gens se connaissent de vue (les Isles Anciennes sont un tout petit monde). Mais ils ont bien grandi depuis le jour où ils se sont croisés, enfants.
Arrive ce qui doit arriver dans tout conte : les deux jeunes gens tombent amoureux, se marient en secret,  connaissent des dangers (le roi Casmir découvre le pot aux roses, emprisonne Aillas). Suldrun tombe enceinte et refuse d’avouer à son père qu’elle a eu un enfant !
Beaucoup de misères, beaucoup de rebondissements.
Finalement, l’histoire d’Aillas et Suldrun n’occupe qu’une petite partie du roman. Car Jack Vance nous permet également de suivre les manigances des magiciens/sorciers qui font la pluie et le beau temps. On suit aussi des fées dans leur royaume, des histoires de changelins, ces enfants échangés contre des enfants-fées à la naissance. Le livre fourmille de personnages et de rebondissements, d’aventures et de magie, de machinations, de créatures souvent très cruelles (ex: l’ogre ne se contente pas de manger les enfants, il viole les jeunes filles pubères). Mais on ne reste jamais dans le drame.  Car l’humour ne manque pas. La féerie est présente partout.
Une chose est certaine : on ne peut pas s’y ennuyer.
C’est du Jack Vance inventif, créativité, truculent.
Un premier tome ébouriffant qui donne envie de lire les suivants.

Le Jardin de Suldrun (Lyonesse, Tome 1)
Pour moi,  ce n’est pas une découverte  mais une relecture que j’ai faite grâce au Livre de  Poche Imaginaire. 
Je ne dirais jamais assez combien  il faut lire Jack Vance 😉 C’est fascinant.

Résumé : Autrefois, sur des îles aujourd’hui englouties sous les flots de l’océan Atlantique, s’étendait une contrée où le royaume de Faërie vivait en harmonie avec celui de la chevalerie, un monde de magnificence, d’aventure et de sombre magie. De ces Isles Anciennes, jadis, les ancêtres d’Arthur Pendragon s’étaient élancés pour atteindre les côtes de l’Angleterre. Là vivait Suldrun, une princesse dont la beauté mélancolique déchaînait toutes les convoitises et pourrait servir l’ambition sans limite de son puissant et malfaisant géniteur, le roi Casmir de Lyonesse. Et, un beau jour, elle vit surgir des eaux déchaînées le corps presque sans vie du prince Aillas de Troicinet…

 

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Widjigo – Estelle Faye

 

 » Basse-Bretagne, mars 1793
A chaque pas, la vase accrochait les semelles cloutées des Bleus qui devaient libérer leurs pieds de son étreinte dans un concert de chuintements liquides évoquant des sanglots. Avec la marée descendante, la côte empestait l’algue et la pourriture, en accord avec ce printemps malade où la jeune Révolution s’enlisait dans la guerre civile et le sang. Au-delà des écueils laissés à découvert, l’océan moutonnait, fouetté par le noroît. le vent gerçait les lèvres des hommes et portait les embruns jusqu’à la colonne de soldats. A l’horizon, une barre de nuages d’encre tranchait entre le gris des vagues et celui du ciel. Une tempête approchait. « 

Le Wìdjigò est l’équivalent du Wendigo en algonquin .
 » Le windigo ou wendigo est un être surnaturel qui appartient à la tradition spirituelle des Premières nations de langue algonquienne en Amérique du Nord. On le décrit comme un monstre puissant animé du désir de tuer et de manger ses victimes. Dans la plupart des légendes, les humains se transforment en windigos à cause de leur cupidité ou d’une faiblesse. Différentes traditions autochtones considèrent les windigos comme dangereux en raison de leur soif de sang et de leur capacité à ensorceler des personnes ou des communautés autrement saines. La légende du windigo illustre principalement les dangers de l’isolement et de l’égoïsme, ainsi que l’importance de la communauté. » (source)

Estelle Faye nous entraîne donc dans un roman hanté par la figure du widjigo, dans les brumes glacées de Terre-Neuve, là où plusieurs personnages disparates se retrouvent, forcés de se serrer les coudes afin de ne pas perdre la vie ou ce qu’il leur reste de raison. L’autrice de fantasy entremêle deux histoires, présent et passé, liées entre elles par le personnage de Justinien de Salers, un nobliau breton retranché dans une tour biscornue battue par les vents. Quand en 1793, le jeune Jean Verdier, fraîchement promu lieutenant de l’armée républicaine nouvelle vient l’arrêter, il ne sait pas ce qui l’attend. Il va faire une rencontre d’une nuit plus qu’étonnante. Le vieux noble lui conte alors ce qui lui est arrivé en 1754, en Acadie, alors que, fuyant les dettes et des événements dont il n’est pas fier, sous l’emprise de l’alcool, déjà rincé et fini à 26 ans, il s’embarque pour une mystérieuse mission à Terre-Neuve. Il fera le voyage en compagnie d’une métisse, qu’il appelle souvent la Camarde, Marie (un très beau personnage féminin fort et inquiétant), du rescapé d’une ancienne exploration, le botaniste, Veneur, et d’un adolescent mutique, Gabriel. Après avoir fait naufrage, ils atteindront les côtes, mais ils ne sont plus que quelques survivants : leur petit groupe, incroyablement préservé, quelques autres personnages (coureur des bois, gabier, soldat anglais), un pasteur rigide, Ephraïm et sa fille adolescente, Pénitence. Alors qu’ils essaient de survivre, un prédateur inconnu s’en prend à eux, les tuant les uns après les autres.
On pourrait penser que l’histoire va tourner au récit d’horreur, cadavres déchiquetés, et bestiole se cachant dans les bois, attendant son heure jusqu’à la fin… Mais l’intrigue est bien plus maligne. Peu à peu, on découvre que le monstre en question n’est sans doute pas celui qu’on pense et que les personnages rassemblés sur cette terre désolée le sont peut-être à dessein. Que rien n’est dû au hasard. Qu’ils ont tous un lien.
La structure est habile, oscillant entre légendes ( à part le wendigo, les mythes liés aux Nations Premières, mais aussi la légende de la cité d’Ys), fantastique, quelques touches horrifiques et une vraie trame de thriller.
Quat aux personnages, ils sont tous finement dessinés, psychologiquement bien pensés (mention spéciale à Pénitence). La place de la nature, particulièrement le végétal, véritable force dans laquelle les enchantements semblent prendre vie, est un grand plus. Les thèmes varient entre la culpabilité, la rédemption, la justice, celui du monstre, bien sûr et tant d’autres encore…
Pour le reste, c’est une ambiance angoissante, brumeuse, mais captivante qui nous tient du début jusqu’à la fin du roman. Un récit hanté.

Note : j’ai été assez inspirée jusqu’à en faire une playlist  « bande son pour Widjigo » sur Y.T (avec des airs traditionnels de Terre Neuve, aussi mais pas que).

Merci aux éditions Albin-Michel Imaginaire pour cette lecture

Widjigo par Faye

 

résumé : En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer. Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. À l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune officier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire. Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres…

Autrice : Estelle Faye

Édition: Albin Michel Imaginaire

Publication : 29 septembre 2021

 

Premières lignes – 26 septembre

Premières lignes 

 » Les anciens dieux sont puissants, mais ils ne sont ni bienveillants ni indulgents. ils sont capricieux, aussi instables que le reflet de la lune à la surface de l’eau ou les ombres au sol par temps d’orage. Si tu persistes  à vouloir les invoquer, sois prudente : prends garde à ce que tu leur demandes et sois prête à en payer le prix. Et surtout, même si la situation est dramatique ou désespérée, ne prie jamais, au grand jamais, les dieux qui répondent à la nuit tombée.  » Estelle Magritte – 1642 – 1719

Elle était prévenue, Adeline. Elle le savait par cette femme étrange de son village natal en France, un peu guérisseuse, un peu prêtresse sauvage, Estelle : on ne doit jamais rien demander aux dieux anciens. Surtout à la nuit tombée. Et pourtant, Adeline LaRue ne veut pas se marier, elle ne veut pas rester dans ce petit bourg paumé de la Sarthe, mener la même vie que son amie d’enfance Isabelle. Car au XVIIIème, quand on est fille de villageois, artisans, ou paysans (et cela durera encore longtemps), à part le mariage et les enfants, une vie de labeur, qui y-a t’il d’autre à envisager ?
Mais Adeline a envie d’autre chose. Elle veut être Addie, une jeune femme qui dessine, qui apprend, qui va aller jusqu’au Mans, tiens pourquoi pas ? Et peut-être plus loin, Paris, peut-être ! Pour cela, elle est prête à tout. Même à passer un pacte avec une ancienne divinité, un être qui répond à son appel dans un moment de désespoir, le soir de ses noces, un mariage qu’elle fuit. Un ancien dieu ou un diable, peut-être, lui apparaît, avec les traits de celui qu’elle dessine dans son carnet. Il est charmant et il lui accorde ce qu’elle veut. Très luciférien (« mais que désires-tu vraiment ? »), le diable adorable exige un paiement en retour (Faust, nous voilà !). Quoi donc ? Mais son âme, bien sûr.
V.E Schwab revisite donc le pacte faustien, dans un long (trop long) roman qui s’étend sur trois cents ans, suivant la jeune Addie, condamnée à rester jeune, mais à être toujours oubliée, invisibilisée. L’idée est intéressante mais bancale car parfois, on se demande jusqu’à quel point elle peut rester en vie puisqu’elle est tellement invisible. Or, la jeune femme a besoin de se nourrir, de se vêtir, de dormir. Elle souffre, saigne, etc… C’est donc toujours légèrement casse-gueule comme idée.
L’autre fil conducteur, à part les « aventures invisibles », est une suite d’oeuvres d’art (imaginaires) dans lesquelles apparaissent plus ou moins Addie au fil du temps. Là aussi, le concept est malin mais très peu développé à la fin, tant et si bien qu’on se demande en refermant le livre en quoi il a servi l’intrigue.
A ce sujet, d’intrigue, il n’y en a guère : Addie se contente de traverser rapidement l’Histoire avec un grand H. Elle survit, laisse peu ou pas de traces, ne peut pas nouer de véritables relations puisque tout le monde l’oublie aussitôt. Elle-même est un personnage assez volatile, inconsistant — et cela est totalement compréhensible et en accord avec le propos.
Le fil du passé ( ce qui est arrivé à Addie au cours des siècles) se juxtapose avec le présent (2014). Ici, les chapitres sont habilement interposés. L’intrigue du présent repose essentiellement sur une romance entre Addie et Henry, un jeune homme atteint de mélancolie ( dépression chronique, peut-on supposer). Henry présente la particularité d’être le seul personnage à remarquer Addie et à ne jamais l’oublier. Là aussi, il y a une raison (assez facile à deviner).
Quant au pacte en lui-même, on le retrouve régulièrement, grâce aux rencontres avec le beau démon, nommé Luc (pour Lucifer). Le personnage est un brin convenu (« bad boy » de l’enfer brun aux yeux verts qui va s’attacher à la damnée….mouais….).
J’avoue que j’avais beaucoup entendu parler de ce roman, en bien, voire en très bien. Au final, il se lit bien car le style est très agréable ( de belles descriptions d’une grande poésie) et puis, on a envie de savoir. Mais il est beaucoup  trop long pour raconter ….pas grand chose, en fait. Ou alors, il s’agit peut-être d’un brillant exercice sur l’inconsistance et je ne m’en suis pas rendue compte, mince… (et alors, chapeau !).

La vie invisible d'Addie Larue par Schwab

Donc, pourquoi pas mais sans doute pas une priorité de lecture.

Résumé : Une nuit de 1714, dans un moment de désespoir, une jeune femme avide de liberté scelle un pacte avec le diable. Mais si elle obtient le droit de vivre éternellement, en échange, personne ne pourra jamais plus se rappeler ni son nom ni son visage. La voilà condamnée à traverser les âges comme un fantôme, incapable de raconter son histoire, aussitôt effacée de la mémoire de tous ceux qui croisent sa route.Ainsi commence une vie extraordinaire, faite de découvertes et d’aventures stupéfiantes, qui la mènent pendant plusieurs siècles de rencontres en rencontres, toujours éphémères, dans plusieurs pays d’Europe d’abord, puis dans le monde entier. Jusqu’au jour où elle pénètre dans une petite librairie à New York : et là, pour la première fois en trois cents ans, l’homme derrière le comptoir la reconnaît. Quelle peut donc bien être la raison de ce miracle ? Est-ce un piège ou un incroyable coup de chance ?Embarquée dans un voyage à travers les époques et les continents, poursuivie par un démon lui-même fasciné par sa proie… jusqu’où Addie ira-t-elle pour laisser sa marque, enfin, sur le monde ?

Premières lignes – 12 avril

Des Premières lignes très efficaces :

« Le matin où les étrangers arrivèrent sur l’île, la Main de Sheltel fut la première à les voir.
Elle allait revêtir son masque quand, par la fenêtre, elle aperçut un point sombre à l’horizon. Un mirage, crut-elle ; un tremblement de la chaleur sur l’eau. La mer était vide, bien sûr. Rien ne venait jamais de l’océan.
Elle ne lança pas l’alerte. « 

Avant de commencer à parler de ce roman, je dois faire une petite digression. L’année dernière, quand j’ai appris que Folio SF lançait ce concours pour les 20 ans, j’ai — à peine — hésité et j’ai essayé de mettre les bouchées doubles pour peaufiner un des romans que j’avais mais qui nécessitait pas mal d’ajustements . Mais vu le confinement, les circonstances un peu exceptionnelles ( mon dos faisant des siennes aussi ), les choses ne se sont pas déroulées exactement comme prévu et je n’ai pas réussi à finaliser les corrections en temps et en heure. Un peu dépitée, je me suis donc résolue à leur faire parvenir un autre manuscrit, que j’aime aussi mais qui correspondait moins bien au concours, à mon avis. Moi aussi, j’ai patienté et malgré quelques rumeurs diffuses, je ne voyais rien venir… Jusqu’à ce que j’apprenne le nom de la personne puis du roman qui avait gagné le concours. Autant dire que j’avais hâte, dès les premiers retours, de lire cette histoire. — et non, je n’ai pas été déçue, suite plus bas 😉 —

Derniers jours d’un monde oublié par Vuklisevic

Édition: Folio SF

Parution: 01/04/2021

Résumé : Plus de trois siècles après la Grande Nuit, Sheltel, l’île du centre du monde, se croit seule rescapée de la catastrophe. Mais un jour, la Main, sorcière chargée de donner la vie et de la reprendre, aperçoit un navire à l’horizon. Il est commandé par une pirate impitoyable, bien surprise de trouver une île au milieu du Désert Mouillé.
Si la Main voit en ces étrangers une menace pour ses secrets, Arthur Pozar, commerçant sans scrupules, considère les intrus comme des clients potentiels, susceptibles d’augmenter encore, si possible, son immense fortune. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Qu’elle les mène à la gloire ou à la ruine, la sorcière, la pirate et le vieux marchand en seront les instigateurs, bien malgré eux.

Derniers jours d’un monde oublié se déroule sur une île, Sheltel ( en yiddish, un shtetl, c’est une petite ville ), une île totalement perdue sur l’océan ; un monde oublié. Ce monde fonctionne en circuit fermé depuis des siècles, basé sur un système bien huilé, même s’il est loin d’être parfait, sur des traditions et des rites fermement ancrés. La vie y est dure : certaines personnes ne peuvent survivre et doivent laisser leur place à d’autres. Mais tout a été pensé de longue date pour que cette société perdure.

L’île est ainsi dirigée par les Natifs, des êtres aux spécificités intéressantes; ce qui m’a fait penser parfois à La Cité des Anciens de Robin Hobb, dans les descriptions.
Deux autres communautés vivent sous la domination des Natifs et de leur Roi : les Dusties (inutile de préciser l’étymologie ) dans la ville de Dust, et les Ashim ( ashim ou hashim, en arabe « généreux, », entre autres, mais aussi « hashem » en hébreu), considérés comme les immigrés, sur l’île, qui ne font qu’emprunter un morceau de territoire. Les Dusties ont des droits plus importants que les Ashim.
Le Natif est censé être le souverain mais son pouvoir est contrebalancé par l’influence de la Bénie, une sorte de prêtresse qui veille sur les plus pauvres. Mais la Bénie se trouve elle-même sous la coupe d’un étrange personnage, un vieux marchand, du nom d’Arthur Pozar.

Et voilà qu’apparaît l’une des trois voix, des trois points de vue du roman qui se construit à la manière du Trône de Fer (par ex.) : un chapitre par point de vue (et oui, c’est efficace). Les deux autres appartiennent à la pirate ( qui aborde l’île, et espère enfin s’établir en paix à terre), Erika ; et à la sorcière, la Main. Cette dernière se nomme Nawomi et elle est certainement l’un des meilleurs personnages féminins, sinon le meilleur, de ce roman.

La sorcière, la pirate et le vieux marchand était le titre initial — et pourrait en constituer le sous-titre tellement il définit avec exactitude le récit de ces derniers jours. Ceci est la chronique de la chute d’un monde, et des atrocités qui vont y être attachées, fruits du désespoir ambiant et gestes de dernier recours de la part de certaines personnes. On accoste sur l’île et très vite, on y reste accroché, en haleine. Les pages défilent vite, sans une seule baisse de rythme. 350 pages qui ne se lâchent pas, entrecoupées d’extraits de journaux, de publicité très bien faits en guise d’incipits ( un peu à la Sanderson ou à la Hobb ). Le monde est riche et bien construit.

Les personnages sont, à mon avis, de très belles réussites.
J’ai particulièrement aimé le background de chacun et chacune, même celui des personnages secondaires (la capitaine Kreed, par ex. dont l’histoire donne un très bon éclairage sur l’univers auquel appartient l’île ).

C’est une belle découverte que j’ai faite, du genre coup de coeur, et s’il reste quelques petits points un peu faibles, ils sont mineurs ( ex: relater trop d’atrocités et de tortures accumulées desservent un peu le propos si bien qu’ on en arrive plus à l’écoeurement qu’à l’effet recherché.)

Une lecture que je conseille vraiment ( en plus, c’est un poche ! ) 👌❤️ 

L’ours et le Rossignol — Katherine Arden

 Voici tout de suite les premières lignes 

« L’hiver était déjà bien avancé en Rus’ septentrionale et l’air lourd d’une humidité qui n’était ni la pluie ni la neige. Les  paysages resplendissants de février avaient fait place à la morne grisaille de mars, et tous dans la maisonnée de PiotrVladimirovitch avaient la goutte au nez et la maigreur de qui s’est sustenté six semaines de pain noir et de chou fermenté. Mais personne ne pensait aux engelures ou aux reniflements ni même n’avait la nostalgie des bouillies et des viandes rôties parce que Dounia allait raconter une histoire. « 

Et des histoires, dans L’ours et le rossignol, il y en a beaucoup ; des contes qui se mêlent au réel, tant et si bien que les vieilles légendes deviennent réelles (ou l’ont-elles toujours été ?). Mais voilà… les mythes et les anciennes coutumes sont menacés par la montée fulgurante d’un christianisme qui ne supporte plus la concurrence.
Katherine Arden nous emmène dans une Russie semi-imaginaire, basée sur celle du 14ème (sous le règne d‘Ivan Kalita, pour info) quand la Russie était sous domination mongole (la Horde d’or et les différents khanats).
Le récit suit le schéma traditionnel et la jeune héroïne aurait pu être un peu ennuyeuse mais ça n’est pas le cas ! Il y a déjà une ribambelle de créatures fantastiques toutes plus attachantes les unes que les autres  : l’esprit de la maison, le domovoï en russe ; l’esprit des eaux, une sorte de naïade assez vorace, la roussalka; l’esprit des forêts, le liéchi .
Sans compter les membres de la famille de la jeune Vassia, qui sont autant d’atouts pour mettre en valeur un protagoniste féminin passionnant.
Le récit gagne en intensité (et même en horreur) au fil des pages pour se terminer sur un final impressionnant.
On referme le livre avec une seule envie, celle de poursuivre la suite des aventures de Vassia et des autres. Et ça tombe bien car il s’agit du premier tome d’une trilogie, dont le deuxième La fille dans la tour, est sorti et la troisième L’hiver de la sorcière  paraîtra ce mois-ci.

L'Ours et le Rossignol par Arden

Titre : L’ours et le rossignol
Cycle/Série : Trilogie d’une nuit d’hiver, tome 1
Auteur : Katherine Arden
Éditeur : Denoël
Date de publication : 2017
(paru en poche en Folio SF)

Et dans le challenge de l’Imaginaire

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Premières lignes #27janvier

Me revoilà avec les premières lignes d’un livre qui va aller grossir mon challenge de l’Imaginaire, fantasy oblige. D’ailleurs, vous allez très vite deviner de quoi il s’agit :

« Au fil des trois cents dernières années, les mestres de la Citadelle, qui tiennent les chroniques de Westeros, ont utilisé la Conquête d’Aegon comme pierre de touche. Naissances, morts et autres événements sont datés soit apC (après la Conquête), soit avC (avant la Conquête). Les véritables érudits savent qu’une telle datation est loin d’être précise. La conquête des Sept Couronnes par Aegon Targaryen ne s’est pas effectuée en un jour. « 

Et oui, Westeros, le trône de fer, les Targaryen ! mais cette fois, il ne s’agit pas d’un tome de la série mais de Feu et sang (Fire & blood) T.1 : GRR Martin se fait le chroniqueur de l’époque d’Aegon le conquérant, 300 ans avant les événements du Trône de Fer. Ce n’est donc pas un roman mais un livre d’Histoire, fictive, évidemment. On y apprend comment l’ancêtre de Daenerys a conquis le territoire et a soumis peu à peu les différents royaumes avec ses dragons, dans le sang (que de morts !) et le feu (le dragon est une bestiole incendiaire au cas où on l’aurait oublié depuis la saison 8 calamiteuse mais  tout à fait réaliste sur ce plan de la série TV).

C’est intéressant  mais je le trouve parfois un peu fastidieux : on peut écrire l’Histoire sans être aussi ennuyeux, en fait. Ce que j’aime dans l’écriture de Martin, ce sont les différents points de vue (tous ces personnages secondaires, jamais vus dans la série TV par ex. ), les pérégrinations  : le Trône de Fer est avant tout une série de roman très géographique, ce qu’on voit peu dans la version TV, on se promène beaucoup, on passe du temps sur les routes. Ici, à certains moments, on assiste à une énumération de faits, surtout quand il s’agit de batailles (et les combats à n’en plus finir me cassent les pieds, je dois bien l’admettre). Par contre, pour relater des détails, sur les Targaryen ou sur d’autres familles, sur la culture, les us et coutumes, là, le livre en devient captivant. Bien sûr, il faut être un minimum fan.

Feu et sang - tome 1

Les autres premières lignes sont chez :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Chronicroqueuse de livres
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• La Voleuse de Marque-pages
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• La Booktillaise
• Les lectures d’Emy
• Songes d’une Walkyrie
• Aliehobbies
• Rattus Bibliotecus
• Ma petite médiathèque
• Prête-moi ta plume
• L’écume des mots
• Chat’Pitre
• Pousse de ginkgo
• Ju lit les mots
• À vos crimes
 Mille rêves en moi