T’as pas vu ma pop #7

Comme nous avons pu le voir la semaine dernière,  les héros pop s’engagent dans des aventures très différentes les unes des autres. Il semblerait pourtant que ces héros soient  reliés entre eux par un fil conducteur, un ou des éléments communs. Tous se définissent quasiment par leur grand point faible – ou, du moins, leur faiblesse relative. De plus, quasiment tous choisissent  de refuser la puissance/le pouvoir à la fin de leurs aventures.
C’est le cas de Frodon qui jette l’anneau dans la Montagne du Destin -plutôt que de devenir un nouveau Sauron, ce qui était quand même sacrément badass. Idem pour Luke Skywalker qui ne se laisse pas tenter par le côté obscur, préférant abandonner le combat contre Dark Sidious/Palpatine. On sait ce qui arrive: Vador, ne pouvant supporter de voir son fils souffrir devant ses yeux, s’empare alors de Palpatine, rendu vulnérable  et le jette dans le générateur de l’Etoile Noire et youpi!  triomphe de l’amour!Quant à  Harry Potter refuse la Baguette de Sureau et l’immense pouvoir qu’elle confère.

Le héros pop est donc un exemple – malgré lui, dirait-on. « Il ne veut pas le pouvoir pour lui-même », se disent ceux qui sont autour de lui. « Aidons-le. »  De là, naissent les communautés héroïques (La Communauté de l’Anneau, l’Ordre du Phénix, etc..). Car on touche ici à l’élément fédérateur. Ce qui est une faiblesse devient alors LE point fort du héros pop.

On voit que dans le récit pop, on a commencé par « croire à » (=une prophétie, un mythe, une légende) pour « croire en » (accorder sa confiance; former une communauté). Le héros doit à présent faire croire (en lui).

Récemment, les récits de héros pop mettent en avant un personnage  que tout le monde pourrait devenir. Le héros pop reflète la croyance des autres plus qu’il n’est marqué comme un être unique en son genre. En cela, beaucoup de récits ressemblent étrangement aux romans d’apprentissage (ou d’éducation), ceux qu’on appelle  le Bildungsroman.

Le héros pop est alors confronté à différents schémas qui vont définir son récit:

  • Il souffre. C’est Frodon, tout en abnégation, en figure doloriste (sauf lorsqu’il s’en prend au malheureux Sam en se comportant comme un vrai tyran – ou en diva pop – il fait sa rockstar -; là, c’est Sam qui lui vole la vedette et devient le  héros à temps partiel)
  • Il est courageux. Modeste, issu de nulle part, voilà notre héros qui se découvre des ressources insoupçonnées! C’est Bilbo version Peter Jackson qui affronte l’affreux Azog dans Le Hobbit au cinéma. Bien sûr, ce n’est pas nouveau…
  • Il a un pouvoir mais le connaît mal/ou ne sait pas le maîtriser. Jack Frost sait refroidir l’air, pas assez pour figer Pitch, le Croquemitaine.

Autre cas de figure: il n’est héroïque que par défaut. C’est un héros accidentel.
C’est suite au décès de son frère (jumeau, c’est plus pratique!) que Jack Sully est amené à remplacer celui-ci – et à devenir le sauveur de Pandora, dans Avatar.
Mais, à la base, Sully n’est que l’avatar – celui de son frère.
De même, Shrek est un remplaçant. Il doit sauver une princesse à la place de Lord Farquaad.

Dernière piste: il voyage dans le temps. Et, oui le voyage temporel! On sait dès le début que le héros a accompli sa mission, reste à trouver le bon orage magnétique, la bonne machine temporelle pour que ledit héros réalise son destin.
C’est Terminator où l’on vient du futur (qui n’est pas folichon, entre nous).
Ce schéma a été largement pillé par les auteurs de SF (je ne citerais pas toutes les références, vu le grand nombre), accompagné de son leitmotiv: le paradoxe temporel.

Le paradoxe temporel le plus connu est le paradoxe du grand-père selon lequel l’intervention tue l’aïeul de l’intervenant empéchant ainsi sa naissance… et donc son intervention. Ici, nous nous trouvons en face du paradoxe du premier type, mais l’auteur avance l’hypothèse d’une autocorrection du temps. En effet, le voyageur est voisin d’un architecte; malencontreusement, il empêche la naissance de ce voisin, mais les maisons réalisées par ce voisin, n’en sont pas moins dessinées par un autre architecte.

On pense à Barjavel (Le Voyageur imprudent); à Bradbury (Un coup de tonnerre),  à Vous les zombies All You Zombiesde Robert A. Heinlein, à  La Patrouille du temps de Poul Anderson, mais aussi à La Spirale du Temps (Yoko Tsuno) de Roger Leloup, à Valérian et Laureline qui sont des agents spatio-temporels,  à Thorgal (dans Le Maître des Montagnes). Je passe sur le nombre d’allusion dans Doctor Who.  Dernièrement, dans la saison 10 – épisode 3 « Thin Ice » dont voici un aperçu  ci-dessous, Bill,  qui accompagne le Docteur, pose à nouveau cette question « Et si…. » – et se fait gentiment tourner en dérision.

Londres, 1814. La ville entière s’est révélée pour la plus grande foire de givre depuis des décennies. Mais sous la Tamise glacée, les fêtards disparaissent, s’embrassent dans la glace et pénètrent dans les profondeurs où se cache un monstre terrifiant. Le docteur et Bill arrêteront-ils le massacre avant qu’ils ne soient entraînés dans les eaux glacées

Yoko Tsuno : La spirale du temps

Le héros ne change pas l’univers.Très souvent, il contribue à en maintenir sa cohésion. Cette idée en induit une autre: la préexistence du futur.
Nous faisons un tour sur nous-mêmes et nous projetons dans un avenir qui, s’il n’est pas une certitude, est susceptible de déjà exister.
Voilà qui a le mérite d’en séduire plus d’un….

Héros fédérateur, héros fort de sa faiblesse, la pop culture nous invite à nous pencher sur nous-mêmes, à nous réapproprier des codes, des histoires. Elle nous renvoie à notre propre humanité, et en cela, à nos différences, à nos singularités.
Elle nous réunit quand nous devenons fans (merci, les fandoms!);  elle nous montre que c’est en faisant un  atout de notre différence que nous en devenons héroïques. Pour conclure ce premier volet en 7 parties sur la pop culture, je  citerais R. Mèmeteau dont l’ouvrage m’a servi de guide-fil: « Une société de plus en plus normée finit donc fatalement par devenir une véritable machine à créer les stars ».

Je vous retrouve bientôt pour un autre volet et en attendant, je  vous souhaite une bonne semaine.

T’as pas vu ma pop? 1er volet

Introduction – part.1

La pop et le camp part.2

Come on, vogue! -icône pop –part.3

Pop culture: le monomythe- part.4

Prophéties part.5

Prophéties: Matrix, Harry Potter – part.6

Héros pop: croire ou ne pas croire part.7

Throwback Thursday Livresque : session de rattrapage et thème de la semaine

Chaque semaine nous partageons une lecture correspondant à un thème paru chez Bettie Rose Books. Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont on n’a plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à ses lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

Cette semaine, le thème est: le livre que j’aurais voulu écrire (mais quelqu’un l’a fait avant moi, donc dois-je m’y coller? )
Mais, puisque jeudi dernier, j’étais dans l’avion pour Berlin lors du TBTL (premières photos sur LeyArts, bien sûr), j’en profite pour faire une séance de rattrapage express? C’est donc non pas un TBTL mais deux que je vous donne aujourd’hui.

Il m’est difficile de me fixer sur un livre en particulier que j’aurais voulu écrire. Je dirais plutôt qu’il existe des livres dont j’aurais aimé avoir l’idée – mais rien ne me dit que je les aurais écrits de cette façon.

J’aurais aimé avoir l’idée de Ténébreuse, des télépathes roux, bref, écrire quelque chose comme : « La tour interdite » même si, je le sais, ce n’est pas forcément un chef d’oeuvre (des répétitions, des longueurs; le style n’est pas toujours géant non plus). Mais il se trouve que je suis en amour depuis longtemps des romans de Marion Zimmer Bradley.

Vu que je n’arrête pas de le répéter à tous les coins de blogs, ça n’est pas une surprise.
Par contre, j’aurais voulu l’écrire avec le style de Pierre Bottero (Ewilan, Ellana):


Mais, bien sûr, tout ça serait encore mieux si j’avais eu les idées géniales de Brandon Sanderson. (la magie dans Fils-des-Brumes, par ex.).
C’est un exemple.
Mais ça ne m’empêche pas d’écrire – à la vitesse d’une tortue, certes.

Pour revenir au thème de la semaine dernière, j’avais un livre en tête (une série de livres, en fait). Il s’agit de choisir l‘OVNI  de ma bibliothèque.

C’est simple.  J’ai reçu en cadeau il y a plusieurs années un premier tome étrange, magnifique, et pas encore traduit en français, à ce moment-là.

L’auteur s’appelle Nick Bantock.

La série? Sabine et Griffon (publiés au Seuil, en France).

Les livres sont en réalité le récit d’une correspondance entre deux personnes qui se cherchent à travers le monde; on peut ouvrir les enveloppes, déplier les lettres.
Les illustrations sont à couper le souffle d’originalité, de beauté, de création.

Le premier tome est paru il y a déjà  25 ans (ouille! je viens de m’en rendre compte). En 2016, le tome « The Pharos Gate  » est sorti pour commémorer cet événement.

Vous pouvez en voir plus sur les vidéos. A découvrir, vraiment…

Voilà pour cette semaine. Bonnes lectures!

 

T’as pas vu ma pop #5

La semaine passée dans T’as pas vu ma pop, je me suis intéressée à la recette campbellienne – ou comment faire une bonne soupe au monomythe- avec la structure du Voyage du Héros (Ulysse nous aura bien aidés longtemps avant Bilbo et Luke Skywalker).

Aujourd’hui, entre les bagages et un rhume des foins carabiné, je vais continuer mon propre voyage – et le vôtre – en direction du mythe, de la croyance et de la prophétie. Ce sera un peu plus court pour les raisons évoquées sur ce blog.

Crois-en moi, crois-en toi: croyance et prophéties auto-réalisatrices

On entend souvent que la pop culture est un pillage continuel sans foi ni loi (si possible). Et aussitôt, certains se mettent à pousser de grands cris, tentant, en quelque sorte,  de comprendre la pop culture en dehors d’elle-même, et non pas en interne. Renvoyer la pop à ce qui ne peut pas être saisi, le moment, l’époque, l’instant, c’est vraiment chercher à s’arracher les cheveux – ou à enrager.

La pop culture pille la culture populaire, tranquillement, et fournit son propre mythe. En fait, elle opère un retour sur soi, une réflexivité plus qu’une révolution: une forme d’autoprophétie.
On observe le même scepticisme chez le chef d’orchestre  Leonard Bernstein (qui aimait le rock et la pop) en 1967 dans le documentaire« Inside pop » qui ne croit pas à la rébellion mais loue la créativité.

Prophétie, mais de quelle prophétie parle-t’on?

En premier lieu, de ce que Robert K.Merton nomme la prophétie autoréalisatrice.
Je rappelle ce qu’est une prophétie autoréalisatrice – selon Merton, il s’agit de:

 La prophétie auto-réalisatrice est une définition d’abord fausse d’une situation, mais cette définition erronée suscite un nouveau comportement, qui la rend vraie »

Si je reviens à notre Héros de la semaine dernière, je peux alors dire: « Bon, je ne vais pas me casser la tête pour inventer un quelconque motif à son aventure, il y a beaucoup plus simple »  Il y a longtemps, une prophétie raconte qu’il devait y avoir un Elu (tout se transpose au féminin, j’ai oublié de préciser). Comme par hasard, l’Elu est le héros de mon histoire mais voilà, il ne le sait pas encore – et c’est parti…
Tiens, ça ne vous rappelle pas un/des films? Un/des romans? Des jeux vidéo?

 

Star Wars? Un enfant destiné à rééquilibrer la Force. Matrix? Un homme élu… Harry Potter? Un jeune garçon dont on a prédit qu’il devait tuer ….etc…

 

Star Wars: Prophétie de l’Elu

 

Prophéties chez Harry Potter

J’en reparle la semaine prochaine….

Pour aller plus loin:

 

Ramin l’enchanteur

Si vous suivez – ou pas – , si vous avez eu l’occasion de pencher une, voire deux, oreilles sur les musiques des séries « Game Of Thrones » (GoT) et Westworld, vous en êtes au même point que moi: Ramin Djawadi est un enchanteur!

Rien que le générique de GoT est une splendeur. Dois-je parler de Light of the Seven – finale de la saison 6 ?

Ramin – qui êtes-vous? 

Papa iranien, maman allemande, Ramin Djawadi est né en Allemagne en juillet 1974. Il a fait des études de musique au Berklee College of Music,dont il sort diplômé en 1998. (quand on regarde d’un peu plus près la liste des ex-élèves célèbres de cette école, excusez du peu !)

Une interview où Ramin en parle :

Il a ensuite attiré l’attention de Hans Zimmer (je le disais !) . Il a travaillé aux studios  Remote Control Productions, spécialisés dans mes musiques de films et créés par Hans Zimmer.

C’est une véritable fourmilière de talents – avec un magnifique décor, de surcroît!

Parmi les bandes sons sorties de RCP, on a : Pirates of the Caribbean   Shrek (tous), Iron Man, Gladiator, Kung Fu Panda, Mission: Impossible II, The Last Samurai, Batman Begins, Transformers, Hancock, Kingdom of Heaven, The Dark Knight, Madagascar, The Da Vinci Code, Inception, Sherlock Holmes les 2.  De même, les compositeurs de  Remote Control Productions ont travaillé sur les musiques de jeux vidéos comme :   The Sims 3, Gears of War 2, Call of Duty: Modern Warfare, Call of Duty: Modern Warfare 2, Crysis 2, Assassin’s Creed: Revelations, and Assassin’s Creed III…ouf!

Parmi les compositeurs qui  s’y trouvent, hormis Ramin Djawadi, on a  (on s’accroche à nouveau – y a du beau monde!): Henry Jackman (“Captain America: The Winter Soldier”), Heitor Pereira (“The Smurfs” Les Schtroumpfs), James Dooley (“Pushing Daisies”), James Levine (“Glee”), Geoff Zanelli (“The Pacific”), Atli Orvarsson (“Chicago Fire”), David Buckley (“The Good Wife”), Rupert Gregson-Williams (“Winter’s Tale”), Lorne Balfe (“Assassin’s Creed III”), Benjamin Wallfisch (“Summer in February”), Dominic Lewis (“Free Birds”), Matthew Margeson (“Kick-Ass 2”), Junkie XL (“Divergent”)and Michael Einziger of Incubus.

La carrière

Pour Ramin Djawdi, son mentor sera Klaus Badelt   , dont il a été l’assistant.
La 1ère bande-annonce composée seul est celle de Blade : Trinity. (2004)
Puis Ramin compose le thème célèbre de Prison Break. Le style de Djawadi est déjà très reconnaissable:

 

Dans les thèmes nés avant GoT, on note celui de The Strain, la série écrite (et tirée desromans de) Guillermo Del Toro :

En 2011, Ramin Djawadi est choisi pour composer la musique de Got -avec le succès que l’on sait. En 2016, il crée l’univers musical de Westworld, l’autre série de HBO .

Cette interview de Ramin Djawadi est un bon résumé (et il s’exprime sur sa façon de composer):

Les thèmes les plus connus actuellement

Game of thrones – générique ici version live( -début)

Westworld – générique

Les plus beaux thèmes dans GoT
(liste non-exhaustive):

 

King of the North – saison 1

Pay The Iron Price –  S 2

Valar Morghulis-s.3

Mhysa-saison 3

The Rains of Castamere – s.4 (avec les paroles de la chanson)

Let’s kill some crows – s.4

Dance of Dragons -saison 5

Blood of my blood – s.6

Light of the Seven  -saison 6

Winter has come –The winds of winter – saison 6:

En concert!

Ramin Djawadi et son orchestre sont en ce moment en tournée aux USA pour le  Game of Thrones live experience. 

Voilà ce que ça donne :

 

 

Bonne écoute!

Eau-De-Saule (suite) -partie 24

Je suis en retard (très!) pour mettre en ligne la suite de l’histoire.

Je sais que plus j’avance vers la fin et plus je tente de reculer l’inévitable : le mot: fin.
J’en faisais part il y a quelques jours à un ami qui s’est lancé dans cette folle aventure qui consiste à écrire un roman – et pour nous, il s’agit étrangement de fantasy. » Tout a déjà été écrit mais qu’est-ce que c’est dur parfois…surtout vers la fin! Il faut conclure… »
Eau-De-Saule
est né d’une idée simple; en l’occurrence, une sorte de fan-fiction autour du Hobbit (merci Professeur Tolkien!). Finalement, j’ai rapidement compris que l’histoire vivait dans un autre univers – loin des nains, des dragons et des hobbits, justement.

Bref. Voici – sans corrections superflues (hum…), la suite – chapitre 24: Festivités

 

Bonne lecture!

Le Conte des 3 Frères

Si vous connaissez Harry Potter, vous connaissez  » Le Conte des 3 frères ».

Il est  illustré dans le film  de cette façon :

En faisant du rangement sur mon autre blog, je suis retombée sur un passage d’une ancienne fan fiction que j’avais écrite il y a 8 ou 9 ans.
A un moment, le personnage principal chante une ballade qui reprend le Conte des Trois Frères. je me souviens avoir été inspirée par une autre auteur (autrice), Marion Zimmer Bradley dans le Cycle de Ténébreuse (« Reine des Orages », par exemple) qui cite une ballade qui porte malheur lorsqu’elle est chantée devant son frère.

 
J’avais à l’époque entendu des jeunes femmes chanter dans la rue en s’accompagnant à la harpe celtique et troubadour; de ce mélange est né ce qui suit:

A l’aube sur un chemin
Trois frères magiciens
Devisaient mais soudain
Ils virent un torrent malin.

« O frères, n’allons pas traverser
Au risque de nous noyer
Faisons un pont enchanté
Car nous sommes bons sorciers »    

 La Mort sur la berge opposée
Rageuse de se voir trompée
Et ses victimes lui échapper,
Tricheuse, se mit à parler.

« Messires, ce fut bien belle magie
Ma foi, elle mérite un prix
Parlez et vous obtiendrez
Le présent que vous désirez »

L’Aîné des frères dit « je vous crois, La Mort »
« Pour moi, vous parlez d’or »
« Je suis un homme vaillant
« Et je voudrais un Bâton puissant »

La Mort au bord du ruisseau
S’en fut quérir la branche d’un sureau
La transforma, l’enchanta
Et lui donna la baguette terrible
d’un sorcier invincible.

Le second frère avait le dessein
D’humilier la mort et obtint
D’elle, une pierre pour rappeler
A lui tous les trépassés.

Quant au dernier, le plus gentil,
Il se méfiait de la Mort et de sa perfidie
Il demanda l’objet qui le cacherait
Aux yeux de la Faucheuse à Jamais.

Réticente, elle était par pacte liée
Et lui tendit une Cape d’Invisibilité
Puis les trois frères laissa aller
Chacun d’eux leurs destinées.

Une semaine, voyagea le premier
Dans un hameau rencontra un sorcier
Il se querella, et avec la Baguette le tua
Puis à la taverne but et se vanta.

La nuit venue, il fut assassiné
Sa baguette puissante dérobée
Ainsi La Mort eut sa vengeance
Et eut le premier frère en récompense.

Le second frère rentra chez lui
Seul, il appela vite à lui
Celle qu’il avait aimée
Et qui s’en était trop tôt allée.

Hélas, il était trop tard pour sa belle
Les séparait un voile éternel
Le second déchiré de douleur cruelle
Préféra le repos éternel.

Ainsi la Mort eut sa seconde vengeance
et eut le second frère en récompense.

Puis la Mort chercha et fouilla
La terre entière et au-delà
Le troisième frère, point ne le trouva
Car caché à sa vue, il demeura.


Il vécut longue vie
A ses enfants la Cape transmit
Puis alla rejoindre la Mort
A son heure seulement
Et la Mort ne lui en voulut
nullement.

Ainsi finit l’histoire des frères
Antioch, Cadmus et Ignotus
Qui ne furent point sages, sauf l’un des trois. »

[Throwback Thursday] Il était une fois…

 

C’est en passant sur le blog de Tanukisan que j’ai repéré ce TBT Livresque
tiré de chez BettieRoseBooks

Cette semaine, le thème est :

Jeudi 26 janvier : Il était une fois..

 

En effet, ce thème m’a donné des idées. Le conte est une forme littéraire que j’apprécie depuis bien longtemps: contes de tous les pays, contes de Grimm, Perrault, Andersen, sans parler des diverses mythologies qui ont fourni des histoires à conter…
Je n’aurais nullement besoin de rappeler que le conte est à la source de la littérature fantasy (et du fantastique, de la SF, bref, et de l’Imaginaire, tout simplement).
Quand il est revisité, on voit qu’il donne de splendides histoires, des films, des séries, des romans (ce n’est pas Catherine Dufour qui me contredira, par exemple).

Mais aujourd’hui, il m’est revenu à l’esprit une série de livres qui parle de l’Imaginaire et du Merveilleux, ainsi que de certains de leurs créateurs.

Les chroniques de l’imaginarium, Tome 1 : L’archipel des rêves est le 1er tome d’une suite de 6 livres (j’en connais 2 traduits en français).

1917. C’est la guerre. Par une nuit pluvieuse, trois jeunes gens, Charles, Jack et John, sont convoqués par la police londonienne, suite à un crime inexplicable : on a tenté de dérober à la victime, un vieux professeur, Stellan Stigurdsson,  avec qui ils étaient en relation, l’Imaginarium Geographica. John apprend par un curieux bonhomme, Bert, qu’il est désormais le Conservateur de cet atlas des Terres mythiques et légendaires, ce qui n’est pas sans danger… Poursuivis par de terrifiantes créatures, mi-hommes mi-bêtes, les quatre compagnons prennent la fuite à bord du Dragon Indigo, dont la fille de Bert est le capitaine. Ils font voile vers l’Archipel des Rêves, le royaume de l’imaginaire, désormais en péril…

Jusqu’ici, rien de très novateur ( » de la fantasy ado, quoi! ») – et pourtant, non…
Parce que les 3 personnages ne sont pas n’importe qui: il s’agit de John R.R Tolkien, C.S Jack Lewis (Narnia) et Charles Williams. Les Inklings!

Entre les références ici et là, le mélange  entre le Pays des Merveilles d’Alice, le Pays Imaginaire de Peter Pan, la Terre du Milieu et le Monde de Narnia, nous voilà projetés au cœur d’un univers parallèle au nôtre à l’origine des histoires imaginaires  inventées. 

Bref, c’est agréable à lire, captivant – et il faut le dire, on se laisse complètement embarquer. Mon seul regret quand je l’ai lu en 2010/2011: que ça soit   déjà terminé et que la suite ne soit pas disponible tout de suite en français. Le site de l’auteur, James A.Owen st très bien fait et on peut y voir les très belles illustrations réalisées pour les livres.

Les Chroniques de l’Imaginarium – T.1 et T.2
 James A. Owen (Auteur), Stan Barets (Traduction)

 

  • Broché: 328 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (17 mai 2010)
  • Langue : Français

 

 

 

Ecriture en musique – 2017

J’écris –  j’écris beaucoup, si bien que je suis moins présente sur mes blogs.

Voilà, petit à petit,  la suite d' »Eau-de-Saule » :il y sera question de la Fête à Lacustria …

Lien ici

A jour, également, la 2nde partie de la 1ère fan-fiction Harry Potter. 

Et toujours, « Les gants du magicien »,texte   court.

Ce que j’écoute en ce moment?

 

 

Come to the dark side….il y a des séries (aussi)

Oh, 2017 commence, et les séries pleuvent tranquillement.
et je « profite » – hum, je profite moyennement, disons que je fais contre mauvaise fortune bon coeur (râler et grogner ne serviront à rien)  –  d’un break dans ma vie pro pour les regarder.

Qu’ai-je donc vu?
#1 – Emerald City

Dira-t’on « énième adaptation du Magicien d’Oz » ou une façon de revisiter les personnages de L.Frank Baum?

Ici, Dorothy est latina (Adria Arjona) – elle est emportée par …une tornade au volant d’une voiture de police (avec le chien!). Elle  se retrouve dans le monde magique d’ Oz, où elle va,malgré elle, provoquer le bazar, sans s’étonner de se retrouver dans un monde « magique ».

Finalement, Emerald City est assez classique, y compris visuellement. (décors, costumes, compris)

Ma question reste: qui a t’il de nouveau? (et pourquoi « fantasy » rime-t’il si souvent avec « ennui » une fois à l’écran? – mais là, j’ai des réponses ^^)
Ni passionnant, ni nullissime. Mais souvent très « déjà vu ».

#2 – Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire

Ils sont trois : Violette, une fille de 14 ans à l’intelligence scientifique, Klaus, un garçon de 12 ans qui lit sans cesse et Sunny ( Prunille en VF), une petite fille qui mord tout ce qui passe à portée de dents. Ils ont été élevés par des parents extrêmement gentils qui disparaissent dans un horrible incendie.
Désormais orphelins, à la tête d’une immense fortune dont ils ne pourront jouir qu’à la majorité de Violette, les trois enfants sont placés chez divers membres de leur famille.
Malheureusement, la richesse des enfants a attiré l’attention du cupide comte Olaf, un parent éloigné, acteur et maître du déguisement.

On pense à Tim Burton, on pense à « Pushing daisies » avec cette série. Elle est très esthétique, noire ( l’humour!). Bref, belle, intelligente, bien fichue.
Pour résumer: au bout d’1 épisode, j’avais envie de continuer rapidement…

#3 – Taboo

Londres –  1814. James Keziah Delaney  est de retour pour assister aux funérailles de son père, après 10 ans passés sur le continent africain. Présumé mort, il revient transformé et enrichi de quelques diamants acquis illégalement.

Il hérite d’un lopin de terre de la Compagnie britannique des Indes orientales située sur la côte ouest-américaine, ardemment convoitée par l’Empire britannique et son rival  les nouveaux  États Unis,

Et, donc? …
J’ai vu les deux premiers épisodes. Cette série est  hantée.
Tom Hardy et Oona Chaplin ( femme de Robb Stark dans Game of Thrones) y composent deux personnages au passé obscur, sur un fond d’amour, de vengeance.
Bref, mystère, noirceur et j’allais oublier: Mark Gatiss y fait le Prince Régent.

Pour l’instant, Taboo et les Orphelins Baudelaire me suffiront. Sans compter que, dès cette semaine, certaines séries reprennent après la pause hivernale (Lucifer; Gotham, pour ma part).

Faites votre choix!