Les dossiers de la pop : The Walking Dead

 

Voilà un article en lien avec le thème de la pop culture. Mes autres articles sur la pop sont rassemblés sous la thématique « T’as pas vu ma pop » sur ce blog.

 

C’est au moment où les fans de la première heure ont commencé à déserter la série que j’ai commencé à sérieusement m’y intéresser. Alors que la série TV s’éloigne considérablement de l’histoire initiale ( une refrain déjà connu et vu chez …. Game of Thrones, par ex. ), voilà un  article sur l’une des séries les plus marquantes de ces dernières années : The Walking Dead.
 Mon but n’est pas de spoiler mais je peux le faire puisque je parle de manière générale. Si vous avez envie de découvrir la série ou de la reprendre

 

Résumé rapide

« En 2003, Robert Kirkman s’ attelle avec Tony Moore au dessin à un nouveau projet de série : The Walking Dead. Il s’agit de l’histoire d’une communauté de survivants dans des États-Unis infestés par les zombies.  Au départ, le projet est fraîchement accueilli par les dirigeants d’Image Comics. Mais, année après année, ses ventes aux États-Unis augmentent régulièrement. En 2010, c’est même l’un des romans graphiques les plus vendus aux États-Unis. Un succès qui doit notamment à l’adaptation de la bande dessinée en série télévisée. »

Tout commence ainsi :
« T
he Walking Dead se déroule dans un monde envahi par les morts-vivants. L’origine du phénomène demeure inconnue. Rick Grimes, shérif adjoint, se réveille à l’hôpital après un long coma de plusieurs mois. Il découvre grâce à Morgan Jones que la population entière a été ravagée par une épidémie d’origine inconnue, qui est envahie par les morts-vivants. Parti sur les traces de sa femme Lori et de son fils Carl, Rick arrive à Atlanta où, avec un groupe de rescapés, il va devoir apprendre à survivre et à tuer tout en cherchant une solution ou un remède. »(source)

Le zombie est tout neuf et il a faim

C’est ce qui frappe dans les épisodes des saisons 1, 2 et même 3. Les zombies, rapidement appelés   » rôdeurs « (walkers) sont particulièrement actifs. Ils ont un aspect « frais »  et si cela semble un brin dégoûtant, c’est une réalité qui colle bien avec le déroulement de l’histoire : l’épidémie vient juste de frapper et les morts qui marchent sont de  » jeunes morts. L’évolution est visible au fil des saisons : leur aspect se détériore de plus en plus et pour les plus anciens, ils sont de plus en plus lents. Mais de plus en plus nombreux…


Les épisodes des premières saisons sont marqués par des scènes de cannibalisme, des moments bien gore qui peuvent s’expliquer par la faim des rôdeurs. De même que le nouveau vampire a un besoin impérieux de sang (cf. Anne Rice, Stephenie Meyer, Deborah Harkness), le zombie nouveau a la dalle et il a besoin de chair fraîche – et si possible humaine! Comme il cherche à tout prix à se nourrir, on voit des morts vivants s’en prendre aussi aux animaux – ce qui donne lieu à ce type de dialogue :   » Ce gros dégueulasse s’est fait une marmotte pour le déjeuner » (Daryl, en vérifiant le contenu de l’estomac d’un rôdeur). Si les rôdeurs ont faim, le spectateur, lui, beaucoup moins…

Les personnages attaqués par les rôdeurs dans les saisons 1 et 2 connaissent des morts violentes et peu ragoûtantes. Par la suite, ils seront préparés et combatifs, jusuqu’à devenir de véritables guerriers, pour certains, et sauront d’autant mieux se défendre.

La confusion: K.O dès le départ

L’apocalypse, à défaut du ciel,  est tombée sur la tête des personnages de The Walking Dead. Ils ne s’y attendaient pas. Tout est question de soudaineté. Et les personnages sont sonnés, en état de choc pour beaucoup d’entre eux. Ils fuient un monde qui n’a plus ni queue ni tête. Ceux qui ont pu survivre tentent de se rassembler mais peu d’entre eux sont prêts pour la survie. Ils ne savent pas se battre, ni prendre des décisions radicales.

Ce qui ressemble à un campement familial dans la première saison va vite changer d’atmosphère.
Ils s’aperçoivent alors que, pour survivre, il va leur falloir apprendre à vivre en groupe et changer leurs propres codes.

On le voit dès les deux premières saisons: rester isolé et survivre n’est pas donner à tout le monde. Seuls quelques uns ont l’expérience pour le faire (Daryl; Michonne, par ex.).



(Michonne)

Pour les autres, se retrouver seuls équivaut au suicide. De là naît l’importance du groupe, qui va se développer dans les saisons suivantes, de la famille au sens élargi du terme. Sans structure, les humains deviennent fragiles, désespérés, à la merci des rôdeurs et d’autres monstres qui sont eux aussi des humains.

Car les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Et c’est bien là le thème récurrent de la série (et de la BD) : les rôdeurs ne sont pas les pires monstres. La monstruosité est dans l’humanité.
Les personnalités violentes trouvent leur place dans ce nouveau désordre du monde. On voit  Merle Dixon, le grand frère de Daryl,  s’épanouir. Shane Walsh, le partenaire de Rick, n’hésite pas à tuer pour aboutir à ses fins.
Au fil des saisons, on tombe régulièrement sur des caractères psychopathes ou aussi tordus ; le Gouverneur, personnalité sadique et ambigü et bien sûr, Negan , l’un des meilleurs méchants de l’histoire des séries (un dossier très intéressant sur les Méchants de The Walking Dead). 

Le gouverneur

 

Où est notre humanité ? Où va notre civilisation ?

C’est à peu près le propos de Dale quand le groupe doit prendre une décision extrême face à un prisonnier: s’en débarrasser ou le laisser vivre.
Dale fait un réquisitoire émouvant en faveur de l’humanité à défendre, sur le fait de ne pas tomber dans la barbarie qui serait la fin de la civilisation

« [Andrea asks Dale how does he know they’re civilized people anymore]
Dale Horvath: You’re a civil rights lawyer. You fight with words, the power of ideas. Using a-a gun, that’s his way.
Andrea Harrison: You really want to debate about saving a guy who will lead his buddies right to our door?
Dale Horvath: That’s what a civilized society does.
Andrea Harrison: Who says we’re civilized anymore?  »

Dale Horvath: The world we knew is gone, but keeping our humanity? That’s a choice.

(source)

 

Survivre aux dépens de la civilisation ? Au risque de se perdre soi-même ?
On a vu que les codes changeaient dans des conditions extrêmes.
Certains vont devoir puiser en eux-mêmes (Carol, Maggie, Glenn, par ex.) ou faire appel à leur côté obscur (Rick – et au fil des saisons, de plus en plus obscur).



Rick Grimes 

 

C’est ce qui va opposer les adeptes de ce nouveau mode de (sur-)vie aux résistants pro-humanistes (Hershel Greene, profondément croyant, souhaite soigner les morts qui marchent, par ex.).

Mais au final, qui est civilisé, qui est le barbare ?
Imposer sa loi pour le plus grand Bien n’est-ce pas frôler la dictature ? 
Voilà ce que Rick déclare à son groupe :

Rick GrimesMaybe you people are better off without me. Go ahead. I say there’s a place for us, but maybe… maybe it’s just another pipe dream. Maybe… maybe I’m fooling myself again. Why don’t you… Why don’t you go and find out yourself ? Send me a postcard ! .Go on, there’s the door. You can do better ? Let’s see how far you get.

 [the group remains silent] No takers? Fine. But get one thing straight… you’re staying. This isn’t a democracy anymore.

 

Croire ou ne pas croire

[Carol tries to tell Carl that they’ll see Sophia again in Heaven]

Carol Peletier: You know, we’ll see Sophia again in heaven some day. She’s in a better place.
Carl Grimes: No, she’s not. Heaven is just another lie, and if you believe it, you’re an idiot.

La foi et, bien sûr, la religion, a une place importante dans tout ce qu’écrit Robert Kirkman. J’en prends pour exemple la série Outcast (comics aussi adapté en série). On n’y parle plus de zombies, mais de possession démoniaque. Exorcisme, religion, croire ou ne pas croire, rédemption, voilà des thèmes qui semblent hanter Kirkman.

 

Outcast is similar to The Walking Dead in that it is, as you’ve said, a dramatic take on a horror concept. What other similarities would you say the two comics share?

I think that both of them strive to be very real examinations of a very fantastical and unreal kind of situation. Although I would argue that demonic possession is certainly something that there’s evidence to support the possibility that it could be a real phenomenon — much more so than zombies. I think zombies are probably definitely never going to happen (Laughs). I think people may wish that they would. But they’re both stories about very real people against these horrific backdrops. That’s something that I really enjoy doing. (source)

 

Ainsi, dans the Walking Dead, on s’aperçoit très vite que se réfugier dans une église (et on ne dira jamais assez à quel point elles sont nombreuses dans le sud des USA) n’est pas une bonne idée. En entrant dans la petite église, (saison 2 – ép.1), Rick et les autres ne trouveront que quelques rôdeurs…. Alors que Carol prie dans l’espoir de retrouver sa fille, Rick s’adresse à une statue de Jésus en croix de cette manière:

« [Rick prays to the Jesus Christ statue while in the church]
Rick Grimes: I don’t know if you’re looking at me with what?
[Rick looks at the Jesus statue] Sadness? Scorn? Pity? Love?
[Rick sighs] Maybe it’s just indifference. I guess you already know I’m not much of a believer. I guess I just chose to put my faith elsewhere. My family, mostly. My friends. My job. The thing is, we… I could use a little something to help keep us going. Some kind of… acknowledgment. Some indication I’m doing the right thing. You don’t know how hard that is to know. Well, maybe you do. Hey look, I don’t need all the answers. Just a little nudge. A sign. Any sign will do. »

Face à des morts en marche, même les plus croyants se mettent à douter :

« [Rick reminds Hershel that he’s a man of faith]
Rick Grimes: You’re a man of God. Have some faith.
Hershel Greene: I can’t profess to understand God’s plan, but Christ promised the resurrection of the dead. I just thought he had something a little different in mind. »

 

Même si on croise des prêtres (le père Gabriel, par ex.) dans The Walking Dead et des personnes qui ont la foi, il semble bien que le monde tel qu’il est décrit par Kirkman soit dépourvu d’un Dieu (et rien que cette idée fait référence à la vision d’un chrétien déçu, plutôt qu’à celle d’un réel athée). On pense plutôt à un désir de croire en une entité suprême, à un au-delà alors que le monde se trouve pris dans un chaos total.

 

Une fois de plus, on se trouve face à un désenchantement du monde, non pas avec la disparition de la magie ou son affaiblissement (comme dans Harry Potter, par ex.) mais avec la désertion et le recul du sacré (Max Weber le dit mieux que moi).

Dans la pop culture, on peut croiser Luke Skywalker  à la recherche du sens (la Force) dans un monde désenchanté, Bilbo, Frodon et les elfes de Tolkien fuyant la Terre du Milieu devenue terre des hommes. On peut aussi croiser un monde sans plus de sens, ni même d’humanité, un monde sur sa fin – ou en plein renouvellement. Car s’il y a une chose qui perdure et prend le dessus dans le monde de The Walking Dead, c’est la nature. 

 

Il y aurait encore bien des thèmes à développer mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui.
En espérant vous avoir donné envie de découvrir ou re-découvrir la série ou les comics!

 

Robert Kirkman : 

« Les bons films de zombies nous révèlent à quel point nous pouvons être déséquilibrés… ainsi que la situation de détresse dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui.
[…] Avec Walking Dead, j’ai voulu explorer comment des individus réagissent lorsqu’on les met face à des situations extrêmes et quel impact peuvent avoir les évènements sur leur comportement.
Chers lecteurs, tout au long de la série Walking Dead, vous allez découvrir comment Rick va s’affirmer et évoluer, au point que vous ne le reconnaîtrez pas.
.
Tout dans cette série est une tentative de montrer la progression naturelle des événements telle qu’ils pourraient survenir dans de telles circonstances.
Les personnages sont le véritable moteur du récit. La manière dont ils en sont arrivés là devient dès lors plus importante que le simple fait qu’ils y soient arrivés.
Je voudrais vraiment vous montrer comment vos amis, vos voisins, votre famille et vous-mêmes pourriez réagir dans de telles situations. (…)
.L’idée directrice de Walking Dead est de rester proche des personnages et en particulier de Rick Grimes, aussi longtemps que cela sera humainement possible.
Je vois Walking Dead comme la chronique de l’existence de Rick. »

(source)

 

Série diffusée sur AMC – saison 9 en cours (OCS)
Comics chez Delcourt 

Les dossiers de la pop : Girls (s.1 à 6)

les dossiers de la pop

Girls (saison 1 à 6) 

J’avais entendu parler de cette série pour diverses raisons, dont les polémiques auxquelles Lena Dunham, créatrice, réalisatrice et actrice de la série (à 31 ans, excusez du peu) a dû faire face.
Déclarations inappropriées (défendre un scénariste accusé de viol, c’est moyen), tendance au racisme hipster ( Lena serait victime de son milieu social : riche, parents influents, blanc….et c’est assez visible dans Girls, d »ailleurs). En fait, Dunham est plutôt une grande gueule  pro-femmes – elle a créé Lenny Letter – qui a le talent, la créativité de son côté et qui, de plus, ne rentre pas dans un moule « belle fille classiquement impeccable ».

« Avant même la diffusion du premier épisode de Girls, Lena Dunham déchaînait les passions. La créatrice de la série, 25 ans à l’époque, est portée au pinacle, descendue en flèche, adorée, méprisée. Selon les points de vue, la jeune femme est brillante, insupportable, intrépide, raciste, grosse, c’est un pur produit du népotisme ou la voix d’une génération –voire un mélange d’un peu tout ça. »

source

Girls, donc. C’est donc une série sur des « filles » qui deviennent des femmes.
Cela se passe à  New York, avec le lot qui accompagne cette partie de la vingtaine: travailler, trouver le job idéal, trouver l’amour, vivre une vie sexuelle passionnée ou épanouie, sortir, se cultiver…
Au début, le personnage de Hannah Horvath paraît indissociable de sa créatrice et Lena/Hannah semblent ne faire qu’un. On se demande à quel point la créatrice nous narre sa biographie.
Et puis, on se rend compte de l’importance de la satire derrière ce Friends féminin version 2010’s. Car la série a un véritable ton, malicieux, acerbe, bien vu, très bien pensé  et mis en scène,  qui s’accentue au fil des épisodes et des saisons. Et même si les reproches persistent (ils sont donc tous blancs et issus d’un milieu privilégié ? ), les personnages font mouche.

 

« Lena Dunham: Le débat sur la diversité ethnique dans la série, je le comprends complètement. Et dans la mesure où on peut approuver quelque chose qui est très, très critique à son égard, ben j’y ai totalement souscrit, tu vois ce que je veux dire?

(…)

C’est un peu les deux extrêmes. Il y en a d’autres comme: est-ce que c’est une série féministe, est-ce que c’est irresponsable de montrer la sexualité des femmes de cette façon-là, est-ce que ça sert ou dessert la cause des femmes– c’est le genre de trucs où je me dis «Bon, on se calme?».

 

Mais qui sont ces "dames"?

Girls a bouclé sa sixième et dernière saison l’année dernière.
Girls est donc ce genre de séries que j’aurais tendance à éviter, a priori (ne me parlez pas de Sex and the city ! )

Déjà, ça s’appelle « girls » – et tout titre comprenant le mot « fille » (girl) me file largement une crise d’urticaire. C’est un peu comme essayer de me vendre un roman en me disant  » c’est bien, c’est léger c’est de la chick-lit feelgood » : je m’enfuis en courant.
Ensuite, je ne fais pas partie a priori du public visé.
Une fois ceci posé, je suis venue à cette série parce que, comme je le disais, j’en avais souvent entendu parler, polémiques incluses. La deuxième raison tient presque de l’anecdote: je voulais voir Adam Driver (Kylo Ren) dans un autre rôle que le post-ado énervé. J’ai eu raison: Adam joue  Adam, un comédien un rien branle-la-guiche et  décalé qui est au début de l’histoire le petit-ami d’Hannah.

 

Hormis Adam Driver, la série exerce un charme de plus en plus accentué. Les épisodes nous montrent autant de scènes amusantes, tristes, quasi-réelles, absurdes aussi. Et la magie opère. On a envie de connaître la suite. Mais au-delà de ça, certains épisodes sont de vrais pépites, très intelligemment conçus. C’est le cas du 3ème épisode de la saison 6 aborde le cas épineux de la culture du viol  de façon subtile

« L’épisode propose au fond un commentaire large et ambitieux sur les mécanismes d’une culture prompte à excuser les hommes de pouvoir et les artistes. Lena Dunham trouve un moyen implacable de répondre à tous ceux qui protègent ces hommes qui ne se posent pas la question du consentement: en décortiquant les rouages d’un système. Au-dessus du bureau de Chuck trône un tableau de Woody Allen se pointant un pistolet sur la tempe. Impossible de ne pas le voir, même s’il n’est jamais mis en avant. Ce détail fait écho à la phrase de l’écrivain expliquant qu’il n’avait pas forcé les filles en pointant un pistolet sur leur tempe. Pourtant, cet épisode démontre bien qu’un homme n’a pas besoin d’un pistolet pour forcer une femme. Il existe d’autres armes -moins tangibles- qui deviennent tout aussi dangereuses. » (source)

 

Que ce soit pour des épisodes de ce genre ou pour d’autres plus légers, la série Girls mérite largement d’être visionnée.

 

Les dossiers de la pop : The end of the f***ing world

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De nouveaux articles

Aujourd’hui, je parle  d’une série britannique qui, non seulement fait parler d’elle en début 2018, mais vaut le détour.

«Bonjour,  je suis James, j’ai 17 ans, et je suis presque certain d’être un psychopathe… »
Alyssa, 17 ans, est nouvelle à l’école. Les deux adolescents se rencontrent et s’aiment bien. Elle veut sortir avec lui puis l’invite à partir en road trip avec elle pour retrouver son père.

La série est courte ( 8 épisodes d’une vingtaine de minutes),on a donc vite fait de la terminer…tout en se disant à la fin qu’on aimerait qu’elle dure un peu plus longtemps.

 

Diffusée sur Channel 4 en octobre 2017, disponible sur Netflix depuis le 5 janvier 2018,  The End of the F***ing World  est un peu un OVNI – comme seuls les anglais savent le faire, peut-être. 

 

 

Adaptée d’un roman graphique de 2011 signé Charles S. Forman, la série propose une bande son détonante : »Voilà » de Françoise Hardy aux côtés de Spencer Davies Group « Keep on Running« , de Timi Yuro « I Apologize« . Les deux jeunes acteurs Jessica Barden (=Alyssa)   et Alex Lawter(James)  vu dans la saison 3 de Black Mirror sont excellents. Petit clin d’oeil à une autre série: Gemma Wheelan (Yara Greyjoy dans Game of Thrones) campe une flic au coeur un peu brisé.

James n’éprouve plus de sentiment depuis son enfance et  rencontre  Alyssa, décalée et rebelle. Ils ont 17 ans, ils cachent leurs fêlures et s’enfuient ensemble dans un périple anglais, superbement filmé. On assiste alors à leurs multiples rencontres avec des adultes plus mal fichus les uns que les autres (pervers sexuel, démissionnaire, on en passe…).Jusqu’à la quête du père idéalisé par Alyssa qui finit par ressembler à une caricature de l’adulte faussement cool.

Road movie ? Oui, mais sur le sol britannique, un point que relève Alyssa dès le début lorsqu’ils plantent la voiture du papa de James dans un arbre:

(James)- Tu crois qu’elle va exploser?
(Alyssa) – C’est pas un film! ….Si c’était un film, nous serions sûrement américains.
(Musique – générique du début)

 

Il aurait été facile de basculer dans le gore mais même la scène la plus sanglante ne se complaît pas dans l’apologie de la violence. Le cynisme noir n’est pas non plus de mise. La série garde un ton décalée tout en insufflant des notes d’humour et beaucoup d’humanité.

The End of the F***king World est un roman graphique, à l’origine signé Charles Forsman   que je vous invite à découvrir.

 

Bande son impeccable ( à écouter): 

Pour les références, on pense à:
– Bonnie  & Clyde
– Thelma & Louise – pour le côté road movie
Paris-Texas: un Paris-Texas inversé où ce n’est plus le père qui cherche sa femme et son fils mais la fille qui recherche le père.

True romance – pour tout ce qui tourne mal (mais, en moins sanglant, ici)
Kalifornia
 Tueurs Nés (Natural born killers)