Les dossiers de la pop : Vikings

Vikings : la série qu’on adore détester

Depuis quelques temps, je profite de Netchouette pour poursuivre le visionnage de la série Vikings que j’avais commencé il y a quelques années.
La première saison avait été diffusée sur une chaîne française gratuite (apparemment W9, me dit la wiki) mais je ne me souvenais plus de tout  où je m’étais arrêtée  (vers la deuxième saison ?). Après avoir revu un certain nombre d’épisodes, pour constater que finalement, ah, mais oui, j’avais déjà vu tout ça,  j’ai donc continué mon visionnage.  Hum et que dire ? Je suis un peu dingue de m’infliger ça ? 

Non. C’est complexe, ce que je ressens vis à vis de cette série. J’aimerais dire que rien ne va, que tout est bancal, qu’elle est trop violente, sexiste, très inexacte — et elle l’est —  mais on ne lui demande pas de remplir le rôle d’un documentaire… Et en fait, elle est parfois attachante, malgré tout ses défauts.
Un peu comme les Tudors, tiens…  
Voilà  en vrac ce que j’ai à en dire. 


Vikings se définit donc comme étant une série historique. Elle bénéficie des conseils d’un véritable historien pour aider le créateur et scénariste, Michael Hirst ; enfin, c’est ce qu’il clame partout et donc on va le croire. Michael Hirst est aussi le créateur des Tudors, une série basée sur les frasques d’un (beaucoup trop) sexy Henry VIII joué par Jonathan Rhys-Meyers, que l’on retrouve d’ailleurs à un moment dans Vikings en évêque tourmenté par « le péché de chair » (bah voyons). Car, Vikings, pour ne pas changer la formule, fonctionne un peu à la manière des Tudors avec du sexe (une bonne dose), de la violence (une très, très grosse louche cette fois) et des libertés avec la vérité historique ( la quoi ? ). 

Il reste que les premières saisons constituent un bon divertissement, de la première jusqu’au milieu de la quatrième si on n’est pas trop regardant du point de vue des errances scénaristiques, avec des personnages plutôt bien écrits et assez bien campés.  Bien sûr, il faut faire abstraction de la violence souvent inutile, même durant les combats, des scènes de sexe à répétition  qui ne servent pas à grand chose non plus et, pour finir, des anachronismes évidents car visiblement ils se sont emmêlés dans les dates. 

Mais Vikings, de quoi ça parle ?
La série se focalise dès le départ sur une figure principale, un fermier qui deviendra un héros légendaire  Ragnar Lothbrok « Ragnar aux braies-velues ». Ce Ragnar nous vient de plusieurs sources aussi bien légendaires qu’historiques. De même que le roi Arthur, il pourrait bien être issu  de  différents personnages ayant existé.  En tout cas, un  « Ragnarr Loðbrók » mène  des raids vikings et a  des fils avec plusieurs femmes, dans les récits comme dans la série.

Ragnar (Travis Fimmel) – le personnage central. 

 

Dans ce qui nous occupe, Vikings, Ragnar (Travis Fimmel) est un fermier, homme lige du jarl Haraldson, un vrai sale type autoritaire, contre qui notre héros se rebelle. Au lieu d’attaquer les païens slaves, il décide de se lancer vers les riches terres de l’Ouest, là où les monastères regorgent de trésors (donc l’Angleterre, pour faire court).  On assiste même au pillage de Lindisfarne , l’un des premiers raids qui marque souvent le début de  ce qu’on appelle « l’ère viking », date utilisée par les historiens. Bien évidemment, le reste ne suivra pas la chronologie. 

Mais Ragnar Lothbrok ne part pas seul en raid : il y emmène sa femme, Lagertha, une fameuse guerrière au bouclier, là aussi, tirée de la légende.
Les scientifiques ont trouvé ces dernières années des armes dans les tombes de femmes nordiques; on pense qu’il devait exister des combattantes. Dans quelles conditions ? C’est encore assez flou mais cela se tient.


 Ragnar est également accompagné par son fidèle ami Floki ( Gustaf Skarsgård)un païen convaincu qui veut tuer du chrétien à tout prix (ça en deviendra  même une obsession ridicule au fil des saisons). Le personnage de Floki, le génial constructeur de bateaux, est au départ bien trouvé, mais se perd complètement en route pour devenir une pitoyable caricature de lui-même, lors de la 4ème et 5ème saison (les saisons de trop, décidément). Dommage, le personnage est vraiment intéressant dès le départ. Il est, quant à lui, inspiré de  Flóki Vilgerðarson, qui aurait  posé le pied en terre islandaise, non pas en premier mais en troisième ainsi qu’il est relaté dans le « Landnámabók»,   saga islandaise,  qui décrit la colonisation par les  Scandinaves de l’ Islande au cours des IXe et Xe siècles. 

Vikings : que devient l'acteur Gustaf Skarsgård (Floki) ?

 

Ragnar a aussi un frère, un personnage ambivalent, toujours prêt à le trahir, Rollo (Clive Standen).  C’est assez amusant d’avoir fait le lien avec Rollo, le futur Rollon normand  même si c’est complètement improbable.

 

Thèmes, interactions, personnages marquants

Elle aborde même des thèmes comme celui du pouvoir, ce qu’on en fait quand on l’a ou qu’on le veut ; de la famille et de la transmission ; de la vengeance ; du destin, fabuleux ou pas, avec l’idée un peu plate que les « vikings » croyaient forcément en une sorte de destinée toute tracée, ce qu’on ignore ; du rapport au divin, avec l’opposition entre monothéisme et polythéisme, même si c’est souvent traité à la louche. A ce sujet, les dieux et déesses nordiques sont une fois de plus envisagés de façon grotesque, du genre « Odin, le dieu de la guerre » ou « Thor, dieu du tonnerre » . On confond avec Jupiter et cie. Odin est une entité complexe, un magicien, une divinité du savoir, de la sagesse, de la connaissance et de la poésie.
Quant aux rites de type « sacrifices humains » et autres éléments du même acabit, il n’y a aucune preuve non plus, dans ce sens. Les animaux étaient sacrifiés.

Par contre, les interactions entre Ragnar, païen intéressé par le christianisme et Athelstan, jeune moine enlevé et vivant comme un homme du nord, sont certainement les meilleures. D’ailleurs, Ragnar comme Athelstan font partie des personnages les mieux écrits de la série, les plus aboutis.

Athelstan effectue un incessant aller-retour entre deux spiritualités, partagé entre deux cultures. 

Il faut leur ajouter l’intéressant roi Ecbert (Linus Roach), un habile politique, joué tout en finesse. Les dialogues entre Athelsthan et Ecbert ou la relation Ecbert/Ragnar restent parmi ce qu’il y a de meilleur également. 
Puisqu’il est question de religion, on voit apparaître aussi l’évêque-guerrier.

jonathan rhys meyers vikings - Avant Vikings, Jonathan Rhys Meyers en 5 rôles iconiquesL’évêque Heahmund (Jonathan Rhys-Meyers) et son épée fidèle

Le personnage de l’évêque, prêtre guerrier, qui manie mieux l’épée que le livre de prières, aurait pu être mieux développé à mon sens. Là, on a du mal à croire à ses doutes, à sa dualité, à son histoire d’amour. Il est plutôt bien joué par Rhys-Meyers (même si ce n’est pas son meilleur rôle, loin de là), mais l’impression demeure : on dirait que le personnage a été écrit à la va-vite, comme pour combler un manque  à un moment où l’intrigue de la série plonge dans une routine. Il fallait un personnage auquel s’attacher, l’évêque a été créé. Cela sonne « faux » et c’est dommage. 

Et les personnages féminins, alors ?
Parmi les figures féminines, Lagertha est celle à qui on pense forcément mais je ne trouve pas son personnage très habilement développé ; elle fait vraiment partie des « femmes anachroniques » qu’on retrouve régulièrement dans les séries. A un moment, elle a un mari, ensuite, elle prend des amants, ensuite, une amante. On ne sait pas pourquoi puisqu’elle ne semblait pas apprécier les femmes plus que ça… C’est totalement gratuit. 

Autre exemple : Judith, la reine saxonne,  se met à étudier, et agit presque en féministe. Mais attention, sous la supervision de son beau-père, le roi Ecbert. C’est lui qui lui conseille de prendre sa liberté, de se comporter de telle façon (à condition de devenir sa maîtresse, quand même). Et Judith le remerciera, évidemment. 

Du coup, pour le féminisme, on repassera !
Car Vikings est une série de « mâles » où le « male gaze » (le regard des hommes ou vision masculine) est bien présent. (« ah, donc, c’était pour ça, la scène de sexe inutile entre femmes ? » se dit-on a posteriori). Sans commentaires. 

Siggy Vikings

 

Le scénariste a aussi mis en avant le personnage de Siggy,  veuve du jarl Haraldson. Il se trouve qu’elle devient une pseudo-manipulatrice, une sorte de femme fatale. Elle se contente de coucher avec des hommes pour obtenir … pas grand chose, au final.  La reine Kwenthrith de Mercie est à peu près logée à la même enseigne avec, en prime, un passé d’enfant abusé sexuellement. Décidément, l’imagination du scénariste est limitée…surtout quand il évoque les femmes. Elles sont également représentées par des esclaves qui passent de lit en lit puis, une fois affranchies (par amour du « mâle » guerrier, bah voyons), elles deviennent combattantes en pantalon. Puis, elles évoluent en  mères des enfants des mêmes guerriers ; bref, toujours le vieux thème de la putain et de la maman, rien de bien nouveau sous le soleil–même nordique. Lassant. 

Judith et Kwenthrith — j’ai l’impression que leurs robes ressemblent à celles des Medicis, tiens. 

 

Les enfants de Ragnar : des personnages peu charismatiques et la fin de la série

Au fil des saisons, les intrigues deviennent de plus en plus filandreuses et la série perd de son intérêt. On se concentre sur les fils de Ragnar, qui, une fois adultes, prennent la relève de leur père . Ils sont amenés à occuper les rôles principaux une fois que l’histoire de Ragnar s’achève. Le seul souci, c’est qu’ils ne présentent pas le même magnétisme, le même charisme que Ragnar. Leurs querelles fraternelles sont plus lassantes qu’exaltantes.

Bjorn, l’aîné et fils de Lagertha, est plutôt insipide. Joué par Alexander Ludwig qui, pour moi incarne à jamais le brutal Cato de Hunger Games, il est de moins en moins inspiré au fil des saisons pour devenir insignifiant. De plus, il est constamment accaparé par des histoires  de femmes (et je me marie avec unetelle, ah non, c’est l’autre….). Le mec ne fait que ça : se marier, se séparer, se remarier. C’est la collection Harlequin version viking. 

Les autres ne sont guère plus intéressants, hélas. Mais ils auraient pu si le scénario avait été mieux écrit. J’ai tout de même une légère préférence pour Ubbe ( Jordan Patrick Smith ), plus fin, un peu plus développé.  Les autres frères ont des histoires plates ou carrément gâchées comme celle de Hvitserk (Marco Ilsø ).

Ubbe. Pas facile d’être le fils de Ragnar. 

Quant au dernier, le  vilain et machiavélique petit frère, Ivar le Désossé, je le trouve très peu crédible. Même la prestation d’Alex Høgh Andersen ne parvient pas à me convaincre (ce n’est pas avec des regards par en-dessous et des grimaces lugubres que le côté sombre et menaçant s’exprime le mieux chez un individu….). 
La série finit par se perdre dans des méandres dont on aurait préféré se passer avec les luttes et les diverses trahisons des frères. 

Ivar, pô content. 

Encore des anachronismes ? 
Il y a bon nombre d’anachronismes dans Vikings ; c’est même parfois un vrai défilé. Mais les épisodes qui se déroulent lors de la soi-disant prise de Paris (il y a plusieurs sièges de Paris, pas un seul), avec une église censée figurer Notre Dame à une époque où celle-ci n’existait pas encore puisqu’elle n’avait pas été construite, font tout de même fort dans le n’importe quoi. Je passe sur le  château planté sur une sorte de colline (?), je passe aussi sur les histoires SM du comte Eudes (inutiles, violentes).
Par exemple, il y avait des combattantes et des voyageuses nordiques, mais en pantalon presque moderne, vraiment  ? L’archéologie montre des figures de femmes en robe avec des casques et des boucliers. Idem : pas de cotte de mailles au 9ème siècle non plus.
Bref, je pourrais citer encore pas mal d’exemples mais je n’en finirais jamais.

Mais Vikings est avant tout une fantaisie, pas une série à prendre au pied de la lettre, pas une « réalité historique ».  Les personnages ont un côté très heroic fantasy, ils avancent face à la camera, couverts de terre et de (faux) sang, blonds mais aussi parfois bruns (Ivar, par ex.), les cheveux rasés sur les côtés, nattés, barbus, beaux et parfois/souvent torse nu. Les guerrières, elles, ont de longues chevelures blondes qui flottent au vent quand elles combattent (Lagertha, Torvi). Il y a toujours un semblant de réalité, un effort qui tend vers le réalisme sans toutefois l’atteindre tout à fait. A tout moment, le romanesque est accentué, histoire de titiller l’intérêt. Enfin, quand l’intrigue est suffisamment bien bouclée. Et elle l’est durant deux à trois saisons.

« Quand on arrive, on pille, 
Tout l’monde change de territoire
On a pas l’air virils mais on fait peur à voir
Des gars qui se maquillent…  » (
désolée)

Rollo en pleine bataille de Paris, je me demande encore pourquoi…. il avait chaud ? 

 Allez, je finis sur une note plus sympa ; en fait, ces Vikings, ce sont des rockstars.  Et ça tombe bien puisque, en fond sonore, on nous sert sur un plateau, non pas du metal, mais presque : le top du neo-folk avec Wardruna. 
Issu du black metal, Einar Selvik, le leader, fait même une apparition : 

On peut en visionner un peu.  On peut en prendre, en laisser. 
Sans tout croire. Il reste que c’est une série qui marque les esprits. Et qui a su susciter un réel enthousiasme pour la culture viking. 

Les dossiers de la pop : Lucifer

Issu de l’univers du comics pensé par Neil Gaiman, Lucifer Samael Morningtar (l’étoile du matin) est devenu le personnage principal d’une série TV bien connue habilement nommée …. « Lucifer » (pourquoi faire compliqué ?).
Si le Lucifer de la série s’inspire de celui du comics, c’est très librement (en gros : de loin, par temps de brouillard).

Lucifer, donc,   c’est une série créée par Tom Kapinos, adaptée du personnage de bandes dessinées créé par Neil GaimanSam Kieth et Mike Dringenberg,  chez Vertigo DC Comics —  adaptée du comics de Mike Carey, lui-même dérivé du Sandman de Neil Gaiman.

Lucifer16.jpg

Lucifer Morningstar, le personnage principal, est interprété par Tom Ellis. Lucifer est donc  l’ ange déchu, – jusque là, on suit –  qui, lassé de devoir garder l’Enfer,  décide d’aller s’installer parmi les humains, et pourquoi pas,  à Los Angeles (ah, ah, la ville des Anges, ce clin d’oeil ! ).
Là, il devient  propriétaire d’une boîte de nuit appelée  Le Lux  (Lucifer/Lux, tout est une question de lumière, et ça vient tout droit du comics).
Que fait-il ? Bah, il mène une jolie vie de débauche, parce qu’il est le diable, quand même. Et puis, il a entraîné avec lui dans sa sortie des Enfers, la démoniaque Mazikeen (raccourcie en Maze, dans la série mais beaucoup plus développée que dans la BD), excellement jouée par Lesley-Ann Brandt. 

Mazikeen.jpgLucifer saison 5: Maze très "vulnérable" dans la nouvelle saison !
Quoi d’autre ?  Lucifer a un certain  don, bien pratique : il peut contraindre les gens à révéler leurs désirs les plus profonds. Et le diable va être très persuasif  — surtout quand il se nomme Tom Ellis et qu’il a l’accent anglais, à mon avis, démonstration en vidéo :

Ceci posé, un jour,  Lucifer assiste au meurtre d’une chanteuse devant son club. Il décide donc d’aller à la recherche du coupable et croise une policière nommée Chloe Decker ( un personnage peu convaincant, souvent trop mièvre, parfois même larmoyant, joué par Lauren German ) qui résiste à son don. C’est très étrange et le diable est intrigué. Il arrive à faire équipe avec elle au sein de la police  — et ça, c’est totalement tiré par les cheveux, comme beaucoup d’éléments de cette série mais on va dire que cela fait partie du charme de ce show… jusqu’à un certain point.
Donc, alors que Lucifer Morningstar et Chloé Decker font équipe pour trouver le meurtrier, voilà que Dieu lui-même envoie un ange  sur Terre, son fils préféré (ou presque), le plus sage, du moins. Amenadiel ( joué par un D.B Woodside très en forme, très agréable ) doit convaincre Lucifer de revenir prendre sa place aux Enfers.

Parce que, enfin, qu’est-ce que c’est que ce bazar ? Le diable ne travaille plus ?
Et non ! Le diable joue les enquêteurs. Il est même de plus en plus intégré à l’équipe qu’on va apprendre à découvrir, avec l’ex-mari de Chloé, Daniel (Kevin Alejandro, qui en fait des tonnes, mais apporte la touche comique, surtout dans les premières saisons – et ça fonctionne), l’experte en médecine légale, Ella Lopez (Aimée Garcia, une autre touche comique en zébulon sautillant, hélas de plus en plus énervante au fil des saisons, jusqu’à en devenir insupportable vers les saisons 5 et 6). On suit aussi les déboires de Lucifer qui finit sur le divan de la psy, la très compétente Dr. Linda Martin (excellente Rachael Harris, qu’on ne voit sans doute plus assez vers les dernières saisons).
D’autres personnages célestes viendront jouer les trouble-fêtes dans la vie terrestre de Lucifer, démontrant qu’il est difficile de jouer au bon petit diable tranquille, à commencer par une certaine déesse de la Création, jouée par Tricia Helfer , la maman de Lucifer. Et là aussi, l’histoire est capillotractée, mais c’est Lucifer, on aime ça.
On va également trouver Caïn, un type complexe, Eve, une personnalité extravertie. Le personnage d’Eve, abordé dans la saison 4 (Inbar Lavi) sera développé plus longuement en saison 6. D’autres anges passeront, aussi. Et même le patron, je veux dire : le père de Lucifer, provoquant une réunion familiale houleuse.

Et donc ? Cette série ?

Lucifer, un gentil petit diable

La série, débutée en 2016,  aurait dû être annulée en 2018, après 3 saisons. Tollé général sur les réseaux sociaux… Donc, Netflix a repris le flambeau pour la quatrième saison.
Et, si vous voulez mon avis, Lucifer aurait très bien pu s’arrêter là. Cette quatrième saison n’était déjà pas géniale mais pouvait conclure la série, si elle avait été bien écrite, ce qui n’est pas réellement le cas, après l’avoir revue… Les saisons 5 et 6 sont des échecs pitoyables, une suite de plantages lamentables. Il y a des idées mais les scénaristes ont tout fait pour rallonger la sauce. Le pire étant la deuxième partie de la saison 5 et cette inutile saison 6 où, pour remplir le vide, on fait chanter pas (pas toujours de façon réussie), danser (hum, hum), où on place les personnages dans un dessin animé (moche et mal dessiné et, disons-le, carrément inutile), tout ça dans un fil dégoulinant de soi-disant bons sentiments qui ne sonnent pas sincères. En fait, on y trouve tous les ressorts utilisés dans les telenovelas d’Amérique latine, mais en moins bien faits : le jumeau (si possible maléfique), l’enfant caché, le personnage qui meurt, le voyage dans le temps… Je crois, mais je peux me tromper, qu’on n’a pas eu le personnage qui souffre d’amnésie. Bouh, quel gâchis. Comme je ne veux quand même pas divulgâcher, comme on ne dit pas en français puisqu’on parle franglais (spoiler), je ne parlerai pas de l’intrigue qui peut être intéressante (même si assez simple).

Lucifer, de toute façon, ce n’est pas la série où tu te tortures le cerveau. Les enquêtes sont une parodie d’investigation. La (les) romance(s) est(sont) mignonne(s), pas exceptionnelle(s), non plus.  L’histoire principale n’est pas compliquée. Non, je pense plutôt qu’on suit la série pour : les personnages qui sont sympas, bien construits, parfois plus complexes qu’on ne le pense et  amusants pour certains.  Ah, bien sûr,  certaines personnes vont ajouter  sexy, aussi. C’est vrai que beaucoup sont charmants et il y a le choix. Je crois que le fait d’avoir fait tourner Tom Ellis en petite tenue dans un bon nombre de scènes a dû ajouter au succès de la série… Un peu comme Henry Cavill dans The Witcher, quoi (le sorceleur prend son bain, etc, etc…).
Il y a également un bon côté décalé parfois qui, sans être trop poussé, est attractif. Les dialogues sont en général bien faits. Mais il faut l’admettre, non, ce n’est pas la série du siècle non plus.
C’est un peu le refuge qui fait qu’on passe un bon moment, sans trop se prendre la tête. Et bien sûr, il faut des séries comme ça. Après, je trouve dommage d’avoir noyé les dernières saisons sous des aspects à la fois dramatiques et larmoyants en se prenant trop au sérieux. Lucifer ne fonctionne pas ainsi. Tout fonctionne plutôt sur le quiproquo : « Oh, vous êtes vraiment diabolique, vous ! » (Lucifer, sans rire) : « Mais je le suis ! » (etc, etc…). Le décalage du début est le principal intérêt de la série, avec une façon légère d’aborder des aspects plus graves sans en rajouter trois louches (au pif : garder le contact avec son ex ; grandir dans une famille dysfonctionnelle ; aimer une personne du même sexe, etc…). Le registre du drame et du premier degré est vraiment à côté de la plaque et c’est aussi ce qui pêche dans les dernières saisons, avec des séances musicales plus ou moins réussies.

Comme j’ai regardé Lucifer depuis le début, dès que la série a été disponible, j’avais quand même envie de la terminer (un peu en m’arrachant les cheveux, j’avoue). Pour moi, les premières saisons valent le coup, les dernières, je passe mon tour.
Lucifer reste une série agréable à regarder.  Il y a de très bons moments, des personnages vraiment bien écrits, des dialogues pleins d’humour.

Description de cette image, également commentée ci-après

Et pour revenir à l’univers de Gaiman, la série The Sandman est annoncée – et j’ai hâte de savoir ce que ça va donner.

 

Les dossiers de la pop : un rattrapage Armitage

Je ne suis pas exactement ce qu’on pourrait qualifier de « fan de Richard Armitage ». En fait, je ne suis jamais une « très bonne fan ». Je suis des artistes depuis de longues, voire de très longues années, particulièrement des musiciens et aussi quelques acteurs et actrices. Gary Oldman étant ma référence absolue et à part avoir été un très gros/grand coup de coeur pendant longtemps, c’est vraiment quelqu’un que je trouve admirable.

Que puis-je donc dire au sujet du sieur Armitage ? Que j’ai dû le découvrir dans la série Robin Hood qui passait sur une chaîne française ( certainement sur France 4 ) dans les années 2010/2013. Il n’y a pas grand chose à ajouter : jouer un sale type en noir qui devient de plus en plus ambigu et sexy, franchement, qui dit mieux ? (ah, si, on en a un : Hook, dans Once Upon a Time, bien sûr).

A partir de là, on peut parler de « l’effet Hobbit » :
Armitage en Thorin, c’était, et ça l’est toujours en re-visionnant les films, d’ailleurs, un match parfait. Parce que le Thorin de Tolkien n’a vraiment pas grand chose à voir avec ce que Peter Jackson nous montre à l’écran, i.e une bande de nains rock’n’roll qui se baladent en Terre du Milieu pour aller botter des culs. Même si ça se termine mal, l’aventure est belle (et les films le sont tout autant).
Thorin devient un personnage complexe, bien plus que ne le laisse transparaître Tolkien. En même temps, le Hobbit de Jackson a bien changé et n’est plus ce petit conte moral destiné aux enfants. Il s’égare dans les méandres de la psyché et ne se contente plus de brosser le portrait de nains aux bonnets de couleurs sortis droit des légendes. Le Thorin de Tolkien est un être revanchard, qui aime l’or par-dessus tout ( ce vice qui le perdra) et se montre particulièrement grognon. Ceci dit, Armitage en Thorin a marqué les esprits.

Mais depuis le Hobbit, j’avoue que j’ai du mal à trouver un film ou même une série où Richard Armitage est crédible. Berlin Station, peut-être ? Seulement, la série a tendance à tourner en rond et à utiliser les mêmes ficelles au fil des saisons, donc mon intérêt a vite diminué. Je vais passer sur ce film inepte avec une tempête (Black Storm /Into the Storm)😕


Bref, j’en viens à ce qui m’occupe aujourd’hui : mon (gros) rattrapage Armitage via Netflix, avec The Stranger ; Brain on fire ; The Pilgrimage. J’en ressors pour l’instant avec un sentiment assez mitigé.

Je ne vais pas décortiquer les films et séries mais simplement dire ce que j’en ai pensé, assez rapidement. Je ne suis pas certaine que tout soit très bien argumenté dans ce petit fatras mais voilà en vrac un résumé de mon rattrapage :

Je commence par ce qui m’a le moins plu et qui, à mon avis, n’est pas vraiment une réussite (cette litote !) : The Pilgrimage.

 » ça parle de quoi ? » : Dans l’Irlande du XIIIème siècle, un groupe de moines entreprend une mission périlleuse pour livrer une précieuse relique à Rome.  Ils commencent un pèlerinage forcé à travers une île déchirée par des guerres tribales et devenue la proie des envahisseurs normands. Le point de vue adopté est celui d’un jeune novice accompagné par un affranchi muet, suite à un passé sombre. 

Les points forts :
un casting bien fichu : Tom Holland,  Jon Bernthal ( très crédible même sans un mot),  Stanley Weber (le Comte St Germain dans Outlander; et aussi le fils de Jacques Weber, d’ailleurs).
de superbes paysages
un effort pour varier les langues : on passe du gaélique au français (moderne, à l’époque, c’est assez peu crédible, mais bon, on n’aurait pas compris grand chose) et à l’anglais.

Les points faibles :
Mais où sont les femmes ? la réponse est : il n’y en a aucune. Et vraiment, c’est un point qui continue de me troubler…
Trop mais vraiment de tortures et de violence. Insoutenable parfois.
L’intrigue est vite bâclée.
La conclusion, de même.
Pas beaucoup de moyens et ça se voit.
Les personnages ont tendance à être presque tous caricaturaux, à commencer par Raymond De Merville (Richard Armitage).

pilgrimage_still


Au sujet de Richard Armitage, alors ?

On l’entend beaucoup crier en français, de façon assez compréhensible, je confirme. Pour l’anecdote, j’ai même souri en entendant hurler un « bâtard(s) !  » (singulier ou pluriel, je ne me souviens plus), très convaincant. Presque prononcé avec l’accent de nos quartiers.😂 Mais je suis mesquine…
J’ai été assez vite lassée de le voir vociférer. Un peu, ça va, trop, c’est caricatural. (mais le film l’est, de toute façon).
Donc, pas convaincue et assez dégoûtée par ce que j’avais vu sur l’écran.

J’ai persévéré et j’ai donc regardé Brain on fire

« ça parle de quoi? »

Une journaliste du New York Post, Susannah Cahalan (Chloë Grace Moretz), dit commencer à avoir de graves problèmes de santé, comme les convulsions et entendre des voix. Comme les semaines passent, son état se détériore et passe rapidement de la violence à la catatonie. Après de nombreux diagnostics erronés et un hôpital, un médecin donne enfin le diagnostic et l’espoir de reconstruire sa vie.

Le film est basé sur le livre de Susannah Cahalan qui relate sa propre expérience (et donc une maladie peu connue).

Les points forts :
La prestation de Chloe Grace Moretz : c’est simple, on ne voit qu’elle ou presque. Elle est vraiment formidable.
La mise en scène sobre.
Tout est centré autour du personnage principal.
Les explications médicales sont claires et jamais lourdes.

Les points faibles :
A trop vouloir aborder le positif et à ne pas s’appesantir sur les côtés sombres, on a du mal, en tant que spectateur à éprouver de l’empathie parfois et on reste dans le détachement.
Idem pour le parti-pris de rester centré sur le personnage principal : les autres personnages sont assez effacés (les parents, le petit ami) et pas forcément intéressants.
Au sujet de Richard Armitage, alors ?
Je vais me répéter : il crie beaucoup, en père mécontent. A un moment, j’aimerais que la frustration et la méfiance (envers les médecins ou le petit ami — ce cliché… ) s’expriment autrement. 🙄Donc, non, pas convaincue. Heureusement, le film était bien.

Et donc, à ce stade, j’étais un peu fatiguée. Mais je suis tombée sur The Stranger.

En version française, le titre est Intimidation, comme pour le roman d’Harlan Coben, que je n’ai pas lu, Coben n’étant pas ma tasse de thé. D’après les avis des personnes qui connaissent le livre, ce serait l’un des moins bons romans de l’auteur : ouille, ça commence mal, ça. Et puis, on connaît plusieurs adaptations de Coben, en France qui ne sont pas brillantes ( Une chance de trop et Juste un regard, par ex.)

« ça parle de quoi? »
Adam Price (Richard Armitage) mène une vie confortable. Avocat, il a deux fils, et son mariage semble sans faille. Mais son bonheur va voler en éclats lorsque « l’étrangère » (Hannah John-Kamen) lui dévoile un secret choquant au sujet de sa femme, Corinne (Dervla Kirwan). Or, celle-ci disparaît peu après. Et Adam ne va pas être la seule cible de cette femme mystérieuse ; d’autres secrets sont révélés peu à peu.

Richard Armitage et Hannah John-Kamen dans Intimidation, série créée par Danny Brocklehurst, d’après Harlan Coben.

Les points forts :
Simple et efficace : le principe des différents arcs narratifs (et ici, c’est bien mené)
Le casting: Siobhan Finneran, Anthony Head, Jennifer Saunders, Stephen Rea
Des épisodes assez courts (42 mn, c’est bien)
Les personnages sont tous plutôt bien développés.
L’ambiance dans la ville ajoute au suspense.
Les secrets : j’ai bien aimé cette histoire de façon générale mais si elle ne brille pas forcément par l’originalité

photo, Intimidation, Richard Armitage

Les points faibles :
La surenchère : en plus des secrets et la menace de l’Etrangère, on assiste à tout un tas d’histoires parallèles ayant un lien plus ou moins ténu comme : les histoires des adolescents qui sont allés à une soirée ; la drogue ; la tête de l’alpaga coupé (mais non, pauvre alpaga !) Au bout d’un moment, ça en rajoute mais ça n’apporte pas grand chose.
Beaucoup de ficelles sont assez grossières et on peut s’interroger sur la cohérence (j’ai quelques doutes aussi sur la vraisemblance : les enquêtes de police, par ex. 🙄)
Finalement, pour un thriller, j’ai découvert assez vite qui faisait quoi (ce n’est pas très complexe). Et la fin est carrément évidente à mon avis.

Il reste que la série se regarde assez bien et qu’on a hâte de connaître la suite.

Au sujet de Richard Armitage, alors ?
Et bien… Il campe un personnage très juste, convaincant, sans en faire trop (enfin!). J’ai vraiment apprécié ce qu’il a fait avec son personnage. Et non, je n’ai pas été déçue. 😉


J’ai en réserve Space Sweepers, à regarder. un film qui me fait bien envie (coréen et SF, ça me va tout à fait, ça). Le rattrapage n’est donc pas fini.

Les dossiers de la pop : The Walking Dead

 

Voilà un article en lien avec le thème de la pop culture. Mes autres articles sur la pop sont rassemblés sous la thématique « T’as pas vu ma pop » sur ce blog.

 

C’est au moment où les fans de la première heure ont commencé à déserter la série que j’ai commencé à sérieusement m’y intéresser. Alors que la série TV s’éloigne considérablement de l’histoire initiale ( une refrain déjà connu et vu chez …. Game of Thrones, par ex. ), voilà un  article sur l’une des séries les plus marquantes de ces dernières années : The Walking Dead.
 Mon but n’est pas de spoiler mais je peux le faire puisque je parle de manière générale. Si vous avez envie de découvrir la série ou de la reprendre

 

Résumé rapide

« En 2003, Robert Kirkman s’ attelle avec Tony Moore au dessin à un nouveau projet de série : The Walking Dead. Il s’agit de l’histoire d’une communauté de survivants dans des États-Unis infestés par les zombies.  Au départ, le projet est fraîchement accueilli par les dirigeants d’Image Comics. Mais, année après année, ses ventes aux États-Unis augmentent régulièrement. En 2010, c’est même l’un des romans graphiques les plus vendus aux États-Unis. Un succès qui doit notamment à l’adaptation de la bande dessinée en série télévisée. »

Tout commence ainsi :
« T
he Walking Dead se déroule dans un monde envahi par les morts-vivants. L’origine du phénomène demeure inconnue. Rick Grimes, shérif adjoint, se réveille à l’hôpital après un long coma de plusieurs mois. Il découvre grâce à Morgan Jones que la population entière a été ravagée par une épidémie d’origine inconnue, qui est envahie par les morts-vivants. Parti sur les traces de sa femme Lori et de son fils Carl, Rick arrive à Atlanta où, avec un groupe de rescapés, il va devoir apprendre à survivre et à tuer tout en cherchant une solution ou un remède. »(source)

Le zombie est tout neuf et il a faim

C’est ce qui frappe dans les épisodes des saisons 1, 2 et même 3. Les zombies, rapidement appelés   » rôdeurs « (walkers) sont particulièrement actifs. Ils ont un aspect « frais »  et si cela semble un brin dégoûtant, c’est une réalité qui colle bien avec le déroulement de l’histoire : l’épidémie vient juste de frapper et les morts qui marchent sont de  » jeunes morts. L’évolution est visible au fil des saisons : leur aspect se détériore de plus en plus et pour les plus anciens, ils sont de plus en plus lents. Mais de plus en plus nombreux…


Les épisodes des premières saisons sont marqués par des scènes de cannibalisme, des moments bien gore qui peuvent s’expliquer par la faim des rôdeurs. De même que le nouveau vampire a un besoin impérieux de sang (cf. Anne Rice, Stephenie Meyer, Deborah Harkness), le zombie nouveau a la dalle et il a besoin de chair fraîche – et si possible humaine! Comme il cherche à tout prix à se nourrir, on voit des morts vivants s’en prendre aussi aux animaux – ce qui donne lieu à ce type de dialogue :   » Ce gros dégueulasse s’est fait une marmotte pour le déjeuner » (Daryl, en vérifiant le contenu de l’estomac d’un rôdeur). Si les rôdeurs ont faim, le spectateur, lui, beaucoup moins…

Les personnages attaqués par les rôdeurs dans les saisons 1 et 2 connaissent des morts violentes et peu ragoûtantes. Par la suite, ils seront préparés et combatifs, jusuqu’à devenir de véritables guerriers, pour certains, et sauront d’autant mieux se défendre.

La confusion: K.O dès le départ

L’apocalypse, à défaut du ciel,  est tombée sur la tête des personnages de The Walking Dead. Ils ne s’y attendaient pas. Tout est question de soudaineté. Et les personnages sont sonnés, en état de choc pour beaucoup d’entre eux. Ils fuient un monde qui n’a plus ni queue ni tête. Ceux qui ont pu survivre tentent de se rassembler mais peu d’entre eux sont prêts pour la survie. Ils ne savent pas se battre, ni prendre des décisions radicales.

Ce qui ressemble à un campement familial dans la première saison va vite changer d’atmosphère.
Ils s’aperçoivent alors que, pour survivre, il va leur falloir apprendre à vivre en groupe et changer leurs propres codes.

On le voit dès les deux premières saisons: rester isolé et survivre n’est pas donner à tout le monde. Seuls quelques uns ont l’expérience pour le faire (Daryl; Michonne, par ex.).



(Michonne)

Pour les autres, se retrouver seuls équivaut au suicide. De là naît l’importance du groupe, qui va se développer dans les saisons suivantes, de la famille au sens élargi du terme. Sans structure, les humains deviennent fragiles, désespérés, à la merci des rôdeurs et d’autres monstres qui sont eux aussi des humains.

Car les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Et c’est bien là le thème récurrent de la série (et de la BD) : les rôdeurs ne sont pas les pires monstres. La monstruosité est dans l’humanité.
Les personnalités violentes trouvent leur place dans ce nouveau désordre du monde. On voit  Merle Dixon, le grand frère de Daryl,  s’épanouir. Shane Walsh, le partenaire de Rick, n’hésite pas à tuer pour aboutir à ses fins.
Au fil des saisons, on tombe régulièrement sur des caractères psychopathes ou aussi tordus ; le Gouverneur, personnalité sadique et ambigü et bien sûr, Negan , l’un des meilleurs méchants de l’histoire des séries (un dossier très intéressant sur les Méchants de The Walking Dead). 

Le gouverneur

 

Où est notre humanité ? Où va notre civilisation ?

C’est à peu près le propos de Dale quand le groupe doit prendre une décision extrême face à un prisonnier: s’en débarrasser ou le laisser vivre.
Dale fait un réquisitoire émouvant en faveur de l’humanité à défendre, sur le fait de ne pas tomber dans la barbarie qui serait la fin de la civilisation

« [Andrea asks Dale how does he know they’re civilized people anymore]
Dale Horvath: You’re a civil rights lawyer. You fight with words, the power of ideas. Using a-a gun, that’s his way.
Andrea Harrison: You really want to debate about saving a guy who will lead his buddies right to our door?
Dale Horvath: That’s what a civilized society does.
Andrea Harrison: Who says we’re civilized anymore?  »

Dale Horvath: The world we knew is gone, but keeping our humanity? That’s a choice.

(source)

 

Survivre aux dépens de la civilisation ? Au risque de se perdre soi-même ?
On a vu que les codes changeaient dans des conditions extrêmes.
Certains vont devoir puiser en eux-mêmes (Carol, Maggie, Glenn, par ex.) ou faire appel à leur côté obscur (Rick – et au fil des saisons, de plus en plus obscur).



Rick Grimes 

 

C’est ce qui va opposer les adeptes de ce nouveau mode de (sur-)vie aux résistants pro-humanistes (Hershel Greene, profondément croyant, souhaite soigner les morts qui marchent, par ex.).

Mais au final, qui est civilisé, qui est le barbare ?
Imposer sa loi pour le plus grand Bien n’est-ce pas frôler la dictature ? 
Voilà ce que Rick déclare à son groupe :

Rick GrimesMaybe you people are better off without me. Go ahead. I say there’s a place for us, but maybe… maybe it’s just another pipe dream. Maybe… maybe I’m fooling myself again. Why don’t you… Why don’t you go and find out yourself ? Send me a postcard ! .Go on, there’s the door. You can do better ? Let’s see how far you get.

 [the group remains silent] No takers? Fine. But get one thing straight… you’re staying. This isn’t a democracy anymore.

 

Croire ou ne pas croire

[Carol tries to tell Carl that they’ll see Sophia again in Heaven]

Carol Peletier: You know, we’ll see Sophia again in heaven some day. She’s in a better place.
Carl Grimes: No, she’s not. Heaven is just another lie, and if you believe it, you’re an idiot.

La foi et, bien sûr, la religion, a une place importante dans tout ce qu’écrit Robert Kirkman. J’en prends pour exemple la série Outcast (comics aussi adapté en série). On n’y parle plus de zombies, mais de possession démoniaque. Exorcisme, religion, croire ou ne pas croire, rédemption, voilà des thèmes qui semblent hanter Kirkman.

 

Outcast is similar to The Walking Dead in that it is, as you’ve said, a dramatic take on a horror concept. What other similarities would you say the two comics share?

I think that both of them strive to be very real examinations of a very fantastical and unreal kind of situation. Although I would argue that demonic possession is certainly something that there’s evidence to support the possibility that it could be a real phenomenon — much more so than zombies. I think zombies are probably definitely never going to happen (Laughs). I think people may wish that they would. But they’re both stories about very real people against these horrific backdrops. That’s something that I really enjoy doing. (source)

 

Ainsi, dans the Walking Dead, on s’aperçoit très vite que se réfugier dans une église (et on ne dira jamais assez à quel point elles sont nombreuses dans le sud des USA) n’est pas une bonne idée. En entrant dans la petite église, (saison 2 – ép.1), Rick et les autres ne trouveront que quelques rôdeurs…. Alors que Carol prie dans l’espoir de retrouver sa fille, Rick s’adresse à une statue de Jésus en croix de cette manière:

« [Rick prays to the Jesus Christ statue while in the church]
Rick Grimes: I don’t know if you’re looking at me with what?
[Rick looks at the Jesus statue] Sadness? Scorn? Pity? Love?
[Rick sighs] Maybe it’s just indifference. I guess you already know I’m not much of a believer. I guess I just chose to put my faith elsewhere. My family, mostly. My friends. My job. The thing is, we… I could use a little something to help keep us going. Some kind of… acknowledgment. Some indication I’m doing the right thing. You don’t know how hard that is to know. Well, maybe you do. Hey look, I don’t need all the answers. Just a little nudge. A sign. Any sign will do. »

Face à des morts en marche, même les plus croyants se mettent à douter :

« [Rick reminds Hershel that he’s a man of faith]
Rick Grimes: You’re a man of God. Have some faith.
Hershel Greene: I can’t profess to understand God’s plan, but Christ promised the resurrection of the dead. I just thought he had something a little different in mind. »

 

Même si on croise des prêtres (le père Gabriel, par ex.) dans The Walking Dead et des personnes qui ont la foi, il semble bien que le monde tel qu’il est décrit par Kirkman soit dépourvu d’un Dieu (et rien que cette idée fait référence à la vision d’un chrétien déçu, plutôt qu’à celle d’un réel athée). On pense plutôt à un désir de croire en une entité suprême, à un au-delà alors que le monde se trouve pris dans un chaos total.

 

Une fois de plus, on se trouve face à un désenchantement du monde, non pas avec la disparition de la magie ou son affaiblissement (comme dans Harry Potter, par ex.) mais avec la désertion et le recul du sacré (Max Weber le dit mieux que moi).

Dans la pop culture, on peut croiser Luke Skywalker  à la recherche du sens (la Force) dans un monde désenchanté, Bilbo, Frodon et les elfes de Tolkien fuyant la Terre du Milieu devenue terre des hommes. On peut aussi croiser un monde sans plus de sens, ni même d’humanité, un monde sur sa fin – ou en plein renouvellement. Car s’il y a une chose qui perdure et prend le dessus dans le monde de The Walking Dead, c’est la nature. 

 

Il y aurait encore bien des thèmes à développer mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui.
En espérant vous avoir donné envie de découvrir ou re-découvrir la série ou les comics!

 

Robert Kirkman : 

« Les bons films de zombies nous révèlent à quel point nous pouvons être déséquilibrés… ainsi que la situation de détresse dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui.
[…] Avec Walking Dead, j’ai voulu explorer comment des individus réagissent lorsqu’on les met face à des situations extrêmes et quel impact peuvent avoir les évènements sur leur comportement.
Chers lecteurs, tout au long de la série Walking Dead, vous allez découvrir comment Rick va s’affirmer et évoluer, au point que vous ne le reconnaîtrez pas.
.
Tout dans cette série est une tentative de montrer la progression naturelle des événements telle qu’ils pourraient survenir dans de telles circonstances.
Les personnages sont le véritable moteur du récit. La manière dont ils en sont arrivés là devient dès lors plus importante que le simple fait qu’ils y soient arrivés.
Je voudrais vraiment vous montrer comment vos amis, vos voisins, votre famille et vous-mêmes pourriez réagir dans de telles situations. (…)
.L’idée directrice de Walking Dead est de rester proche des personnages et en particulier de Rick Grimes, aussi longtemps que cela sera humainement possible.
Je vois Walking Dead comme la chronique de l’existence de Rick. »

(source)

 

Série diffusée sur AMC – saison 9 en cours (OCS)
Comics chez Delcourt 

Les dossiers de la pop : Girls (s.1 à 6)

les dossiers de la pop

Girls (saison 1 à 6) 

J’avais entendu parler de cette série pour diverses raisons, dont les polémiques auxquelles Lena Dunham, créatrice, réalisatrice et actrice de la série (à 31 ans, excusez du peu) a dû faire face.
Déclarations inappropriées (défendre un scénariste accusé de viol, c’est moyen), tendance au racisme hipster ( Lena serait victime de son milieu social : riche, parents influents, blanc….et c’est assez visible dans Girls, d »ailleurs). En fait, Dunham est plutôt une grande gueule  pro-femmes – elle a créé Lenny Letter – qui a le talent, la créativité de son côté et qui, de plus, ne rentre pas dans un moule « belle fille classiquement impeccable ».

« Avant même la diffusion du premier épisode de Girls, Lena Dunham déchaînait les passions. La créatrice de la série, 25 ans à l’époque, est portée au pinacle, descendue en flèche, adorée, méprisée. Selon les points de vue, la jeune femme est brillante, insupportable, intrépide, raciste, grosse, c’est un pur produit du népotisme ou la voix d’une génération –voire un mélange d’un peu tout ça. »

source

Girls, donc. C’est donc une série sur des « filles » qui deviennent des femmes.
Cela se passe à  New York, avec le lot qui accompagne cette partie de la vingtaine: travailler, trouver le job idéal, trouver l’amour, vivre une vie sexuelle passionnée ou épanouie, sortir, se cultiver…
Au début, le personnage de Hannah Horvath paraît indissociable de sa créatrice et Lena/Hannah semblent ne faire qu’un. On se demande à quel point la créatrice nous narre sa biographie.
Et puis, on se rend compte de l’importance de la satire derrière ce Friends féminin version 2010’s. Car la série a un véritable ton, malicieux, acerbe, bien vu, très bien pensé  et mis en scène,  qui s’accentue au fil des épisodes et des saisons. Et même si les reproches persistent (ils sont donc tous blancs et issus d’un milieu privilégié ? ), les personnages font mouche.

 

« Lena Dunham: Le débat sur la diversité ethnique dans la série, je le comprends complètement. Et dans la mesure où on peut approuver quelque chose qui est très, très critique à son égard, ben j’y ai totalement souscrit, tu vois ce que je veux dire?

(…)

C’est un peu les deux extrêmes. Il y en a d’autres comme: est-ce que c’est une série féministe, est-ce que c’est irresponsable de montrer la sexualité des femmes de cette façon-là, est-ce que ça sert ou dessert la cause des femmes– c’est le genre de trucs où je me dis «Bon, on se calme?».

 

Mais qui sont ces "dames"?

Girls a bouclé sa sixième et dernière saison l’année dernière.
Girls est donc ce genre de séries que j’aurais tendance à éviter, a priori (ne me parlez pas de Sex and the city ! )

Déjà, ça s’appelle « girls » – et tout titre comprenant le mot « fille » (girl) me file largement une crise d’urticaire. C’est un peu comme essayer de me vendre un roman en me disant  » c’est bien, c’est léger c’est de la chick-lit feelgood » : je m’enfuis en courant.
Ensuite, je ne fais pas partie a priori du public visé.
Une fois ceci posé, je suis venue à cette série parce que, comme je le disais, j’en avais souvent entendu parler, polémiques incluses. La deuxième raison tient presque de l’anecdote: je voulais voir Adam Driver (Kylo Ren) dans un autre rôle que le post-ado énervé. J’ai eu raison: Adam joue  Adam, un comédien un rien branle-la-guiche et  décalé qui est au début de l’histoire le petit-ami d’Hannah.

 

Hormis Adam Driver, la série exerce un charme de plus en plus accentué. Les épisodes nous montrent autant de scènes amusantes, tristes, quasi-réelles, absurdes aussi. Et la magie opère. On a envie de connaître la suite. Mais au-delà de ça, certains épisodes sont de vrais pépites, très intelligemment conçus. C’est le cas du 3ème épisode de la saison 6 aborde le cas épineux de la culture du viol  de façon subtile

« L’épisode propose au fond un commentaire large et ambitieux sur les mécanismes d’une culture prompte à excuser les hommes de pouvoir et les artistes. Lena Dunham trouve un moyen implacable de répondre à tous ceux qui protègent ces hommes qui ne se posent pas la question du consentement: en décortiquant les rouages d’un système. Au-dessus du bureau de Chuck trône un tableau de Woody Allen se pointant un pistolet sur la tempe. Impossible de ne pas le voir, même s’il n’est jamais mis en avant. Ce détail fait écho à la phrase de l’écrivain expliquant qu’il n’avait pas forcé les filles en pointant un pistolet sur leur tempe. Pourtant, cet épisode démontre bien qu’un homme n’a pas besoin d’un pistolet pour forcer une femme. Il existe d’autres armes -moins tangibles- qui deviennent tout aussi dangereuses. » (source)

 

Que ce soit pour des épisodes de ce genre ou pour d’autres plus légers, la série Girls mérite largement d’être visionnée.

 

Les dossiers de la pop : Gary Oldman

 

Gary Oldman est un peu comme une vieille connaissance pour moi. Je suis fan depuis 1986, j’ai vu une grande partie de ses films, j’ai été abonnée à un nombre considérable de sites et autres de fans. Fan, donc.

Et depuis dimanche, Gary est oscarisé ! Youhou ! Grande nouvelle. Il faut avouer que, à l’instar de son collègue Daniel Day-Lewis (qui ne l’a toujours pas eu, lui, l’Oscar et qui arrête le cinéma) Gary a longtemps été boudé par la grande académie. Un comble pour l’un des plus grands acteurs de sa génération (avec, justement, Daniel Day-Lewis, le brit pack)

Pour beaucoup, Gary Oldman se résume à ceci:

Une suite de transformations, d’incarnations façon caméléon. C’est vrai mais il y a plus. Je ne pourrais pas être exhaustive (ma fille va me tuer en lisant une fois de plus cet adjectif ) mais voici ma vision du parcours du monsieur en quelques images.

1986 – Le punk rock est mort depuis presque 10 ans et Alex Cox décide de tourner un film sur l’histoire de Sid (Vicious) et Nancy (Spungen). Une drama véridique sur fond de drogues et de Sex Pistols.

Gary y campe un impressionnant Sid Vicious.
John Lydon (Johnny Rotten) le chanteur des Sex Pistols n’avait guère aimé le film (son portrait n’y est guère flatteur, ceci expliquerait aussi cela) et pourtant voilà ce qu’il en dit:

« Pour moi, ce film est d’une grande médiocrité. Je crois sincèrement qu’il célèbre l’addiction à l’héroïne. Il la glorifie clairement à la fin, lorsque ce stupide taxi roule droit vers le ciel. C’est d’une telle absurdité. Les scènes sordides dans l’hôtel à New York sont bien, sauf qu’elles auraient dû être encore plus sordides. Toutes les scènes à Londres avec les Pistols sont absurdes. Aucune d’entre elles n’est réaliste. Le type qui a joué Sid, Gary Oldman, je l’ai trouvé plutôt bon. Mais même lui n’a joué que l’homme de scène, et non celui qu’était vraiment Sid Vicious. Je ne pense pas que ce soit la faute de Gary Oldman, car c’est un sacré bon acteur. Si seulement il avait eu l’occasion de parler à quelqu’un qui connaissait ce type. Je ne pense pas qu’ils aient jamais eu l’intention de faire des recherches sérieuses afin de faire un film précis. Il a été fait tout simplement pour l’argent. Que l’on humilie la vie de quelqu’un comme ça – et avec grand succès – m’a beaucoup agacé. L’ironie, finalement, c’est qu’on me pose encore des questions à ce sujet. Je dois expliquer que tout est faux»

— John Lydon,

Prick up your ears – de Stephen Frears
En 1987, il interprète le dramaturge britannique Joe Orton:

Chattahoochee – en 1989
avec entre autres Frances McDormand qui a, elle aussi, gagné un Oscar cette année:

La même année, il est avec son collègue Tim Roth dans « Rosencrantz and Guildenstein are dead »  – une certaine version de Hamlet (je conseille vivement ce film, je l’adore)

Gary Oldman in Rosencrantz and Guildenstern are Dead

Puis Gary part pour les USA –  où il habite toujours.
Il joue dans « State of grace « (les Anges de la nuit en français!). A voir Gary dans ce film – et à revoir les images, je me suis dit que nous y avions un aperçu d’un Sirius Black jeune. Les extraits de State of Grace ont largement servi à des vidéos de fan sur les Maraudeurs.

1991 : Oliver Stone prépare son JFK , un film un brin longuet (je me suis endormie un peu en allant le voir à sa sortie) et bavard, sans mentionner le côté complotiste.  Gary incarne un excellent Lee Harvey Oswald. C’est l’un des rôles préférés de l’acteur « Oswald. He didn’t do it »:

1992 – Dracula de Coppola  – l’Oscar n’est toujours pas au rendez-vous. Et tout le monde connaît ce Dracula !

D’ailleurs, il existe un documentaire sur le Making of de Dracula dans lequel Gary se montre très touchant, expliquant à un moment qu’il n’avait qu’à regarder la photo de son fils (aîné, Alfie, le fils de Lesley Manville, son ex-1ère-femme) et à penser à son divorce (avec Uma Thurmann, mariage éclair) pour se sentir triste et pleurer à l’écran.  Or, le Dracula de Coppola regarde la photo de Mina….

1993True romance
Le film n’est pas forcément un must mais il vaut le coup rien que par la (courte) prestation de Gary :

Même année: c’est Romeo is bleeding, un polar bien noir que j’aime beaucoup, pour ma part.

Luc Besson lui donne un rôle époustouflant dans Leon — on ne peut pas oublier ce rôle. 

Honnêtement, je ne regarde Leon que pour le personnage qu’incarne Gary Oldman. Pourtant, l’acteur n’aime pas particulièrement ce rôle. Il raconte d’ailleurs que le fameux « Every one ! » était une improvisation totale, une sorte de blague que Besson a gardé.

On le retrouve quelques années plus tard chez Besson dans le « Cinquième élément » – ce fameux méchant.

Et il interprète Beethoven dans  » Ludwig van B. (Immortal Beloved) ». Un film moins connu mais à voir. Il rencontre alors Isabella Rossellini qui est sa partenaire à l’écran, en tombe amoureux, se fiance – avant que les problèmes d’alcool de Gary ne mette une fin à leur relation deux ans plus tard.

Rôle totalement différent dans Meurtre à Alcatraz (Murder in the First)  où il campe un directeur de prison sadique (tortures incluses) avec Kevin Bacon et Christian Slater qui y sont aussi excellents.

Les Amants du nouveau monde ou La lettre écarlate (The Scarlett Letter) intervient dans une période troublée de la vie de Gary (son addiction à l’alcool, donc). Il dit qu’il ne souvient même plus des scènes qu’il jouait puisqu’il était ivre tout le temps. Il reste que le film est une très belle romance. Et il joue très bien.

A propos de l’alcool:

« Il y a une chose étrange qui vous arrive physiologiquement lorsque vous êtes dans la phase chronique de l’alcoolisme. J’ai pu, en certaines occasions, avoir bu deux bouteilles de vodka et être toujours capable de parler à des gens. Ça m’a fait très peur. Par nature, je suis un solitaire, donc je me saoulais à la maison, Dieu merci. Je n’étais pas un noceur. Je veux dire que je ne buvais pas pour le goût et je ne voulais pas sociabiliser non plus. Quelqu’un a décrit les alcooliques comme des égocentriques ayant une faible estime d’eux-mêmes. C’est une définition parfaite. »

— Gary Oldman

Dans Basquiat, Gary retrouve son ami David Bowie avec qui il a chanté.

Gary passe derrière la caméra pour Ne pas avaler (Nil by mouth). Le film parle de l’alcool, de violence, de relations familiales.

Le film est basé sur l’expérience personnelle de Gary Oldman : la jeunesse qu’il a passé dans une banlieue du Sud-Est de Londres. La sœur de Gary Oldman, Laila Morse (plus connue pour interpréter le rôle de Mo Harris dans EastEnders) joue Janet, la mère de Valérie.

En 1997, Gary a commencé à se désintoxiquer. Il a rencontré Donya Fiorentino aux réunions des AA. Ils tombent amoureux, se marient et en 1997 naît Gulliver, suivi de Charlie en 1999. Les choses ne tardent pas à s’envenimer entre les époux.
C’est cette histoire qui a été ressortie par des journalistes heureux de faire le buzz après l’Oscar.
Donya avait accusé Gary de l’avoir frappée avec le combiné téléphonique alors qu’elle appelait les secours. Elle  s’était plainte que son mari se droguait devant les enfants et avait demandé la garde exclusive. Une enquête démontra alors qu’elle avait menti. Gary obtint la garde complète de ses deux fils  en 2001. Nul ne sait ce qui s’est réellement passé mais à l’époque, l’affaire fait  beaucoup de bruit dans la presse.
Donya a repris la parole ces derniers jours pour accuser Gary à nouveau. Finalement, c’est Gulliver qui a écrit une lettre ouverte dans laquelle il défend son père et dit qu’il était là et qu’il sait ce qui s’est passé.

Monsieur le Président — Photo

Le début des années 2000 marque une période de doublages, d’apparitions plus ou moins réussies.
Celle-ci est mémorable (Friends):

En 2004, c’est Harry Potter – et le rôle de Sirius Black.
Comme beaucoup d’autres dans le casting de HP, il est plus âgé que le rôle: Sirius est censé avoir 33 ans quand il s’évade d’Azkaban, Gary en a 45. Mais la magie opère une fois de plus

A présent vraiment connu par le grand public, il participe aux Batman de Nolan.

Entre temps, il tourne cette pub:

Il participe aussi au film japonais Rainfall:

Puis ce sera La taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy, film pour lequel il est nommé aux Oscars:

Côté coeur, Gary est alors marié à la chanteuse de jazz Alexandra Edenborough. Leur union dure 6 ans.
Puis, il fréquente Gisele Schmidt (on le voit régulièrement à ses côtés sur les réseaux sociaux). Ils partagent la même passion pour la photo et se marient en 2017. Depuis, Gisele met régulièrement en ligne des photos de Gary sur Instagram, montrant son soutien à sa famille (les enfants de Gary; ses soeurs, sa mère).
On a pu voir beaucoup de clichés durant le tournage de the Darkest Hour, par exemple.
C’est avec ce rôle (Winston Churchill) que Gary rafle un nombre considérables de récompenses cinématographiques dont l’Oscar.

Gary et Kathleen Oldman (mum):

Encore mieux: (de g.à d) Lucie Andrews (compagne d’Alfie), Charlie, Gisele, Gary, Gulliver et Alfie (papa d’un petit Ozzy)

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De Sid Vicious à Churchill, ça mérite un petit God Save the Queen:

Les dossiers de la pop : The end of the f***ing world

les dossiers de la pop

De nouveaux articles

Aujourd’hui, je parle  d’une série britannique qui, non seulement fait parler d’elle en début 2018, mais vaut le détour.

«Bonjour,  je suis James, j’ai 17 ans, et je suis presque certain d’être un psychopathe… »
Alyssa, 17 ans, est nouvelle à l’école. Les deux adolescents se rencontrent et s’aiment bien. Elle veut sortir avec lui puis l’invite à partir en road trip avec elle pour retrouver son père.

La série est courte ( 8 épisodes d’une vingtaine de minutes),on a donc vite fait de la terminer…tout en se disant à la fin qu’on aimerait qu’elle dure un peu plus longtemps.

 

Diffusée sur Channel 4 en octobre 2017, disponible sur Netflix depuis le 5 janvier 2018,  The End of the F***ing World  est un peu un OVNI – comme seuls les anglais savent le faire, peut-être. 

 

 

Adaptée d’un roman graphique de 2011 signé Charles S. Forman, la série propose une bande son détonante : »Voilà » de Françoise Hardy aux côtés de Spencer Davies Group « Keep on Running« , de Timi Yuro « I Apologize« . Les deux jeunes acteurs Jessica Barden (=Alyssa)   et Alex Lawter(James)  vu dans la saison 3 de Black Mirror sont excellents. Petit clin d’oeil à une autre série: Gemma Wheelan (Yara Greyjoy dans Game of Thrones) campe une flic au coeur un peu brisé.

James n’éprouve plus de sentiment depuis son enfance et  rencontre  Alyssa, décalée et rebelle. Ils ont 17 ans, ils cachent leurs fêlures et s’enfuient ensemble dans un périple anglais, superbement filmé. On assiste alors à leurs multiples rencontres avec des adultes plus mal fichus les uns que les autres (pervers sexuel, démissionnaire, on en passe…).Jusqu’à la quête du père idéalisé par Alyssa qui finit par ressembler à une caricature de l’adulte faussement cool.

Road movie ? Oui, mais sur le sol britannique, un point que relève Alyssa dès le début lorsqu’ils plantent la voiture du papa de James dans un arbre:

(James)- Tu crois qu’elle va exploser?
(Alyssa) – C’est pas un film! ….Si c’était un film, nous serions sûrement américains.
(Musique – générique du début)

 

Il aurait été facile de basculer dans le gore mais même la scène la plus sanglante ne se complaît pas dans l’apologie de la violence. Le cynisme noir n’est pas non plus de mise. La série garde un ton décalée tout en insufflant des notes d’humour et beaucoup d’humanité.

The End of the F***king World est un roman graphique, à l’origine signé Charles Forsman   que je vous invite à découvrir.

 

Bande son impeccable ( à écouter): 

Pour les références, on pense à:
– Bonnie  & Clyde
– Thelma & Louise – pour le côté road movie
Paris-Texas: un Paris-Texas inversé où ce n’est plus le père qui cherche sa femme et son fils mais la fille qui recherche le père.

True romance – pour tout ce qui tourne mal (mais, en moins sanglant, ici)
Kalifornia
 Tueurs Nés (Natural born killers)

T’as pas vu ma pop #3

En évoquant le style camp la semaine dernière, j’ai parlé de l’une des icônes pop; j’ai nommé Lady Gaga.

Icône pop

L’icône pop telle qu’incarnée par  Stefani Germanotta (Lady Gaga) pose la question de l’authenticité dans la pop culture.
A une époque où copier/emprunter équivaut à se réapproprier,  voire à se réinventer une identité, on peut se demander: « Mais où passé l’authentique? La pop culture ne serait-elle qu’un fake?  »

Quand Gaga écrit « Born this way » (dont j’ai déjà parlé la semaine passée), elle déclare l’avoir fait en une dizaine de minutes. Et nous, pas complètement idiots, de nous exclamer: « Forcément…quand on copie… c’est facile ! »

En effet, on entend dans « Born this way » , le « Express yourself «  de Madonna (autre icône pop) mais aussi un peu de « Libertine » de Mylène Farmer (encore une icône pop !) et même quelque chose du « When love takes over » de David Guetta; les deux morceaux commençant de façon très similaire :

Alors copie ou pas ? Lorsqu’on lui en fait la remarque, Gaga a préféré citer Pablo Picasso :« Les bons artistes copient, les grands artistes volent ». Une citation déjà utilisée par le monsieur à la pomme, Steve Jobs.

L’artiste pop est donc un voleur d’idées, mieux, un ré-inventeur. Aussi est-il logique qu’il utilise le travestissement ( et l’incarnation de personnages, merci Mr.Bowie) afin  de s’exprimer pleinement.
Ce n’est pas pour rien que je parlais de David Bowie, l’homme aux multiples avatars (Ziggy Stardust, Halloween Jack, The Thin White Duke,etc ….) et à l’androgynie revendiquée puisqu’il incarne parfaitement l’icône pop:

Sans oublier Iggy :

Ou les New York Dolls – des icônes que des séries TV comme Vinyl sauront très bien exploiter

Come on, vogue

Le travestissement emprunte ses codes aux drags. Il est intéressant de noter que l’influence de la communauté gay est majeure pour les artistes et icônes pop.

Dans les années 70 et 80, les gay balls (autrement dit: les bals gays) font émerger un mouvement qui sera repris par Madonna des années plus tard : le vogueing ou voguing. 

« Apparu dans les années 1970 parmi la communauté transgenre et gay des afro et latino-américains le voguing est caractérisé par la pose-mannequin, telle que pratiquée dans le magazine américain Vogue durant les années 60 et lors des défilés de mode, intégrée avec des mouvements angulaires, linéaires et rigides du corps, des bras et des jambes.

Les danseurs se regroupent en équipes appelées « house »1. Ces équipes se retrouvent, et s’affrontent en chorégraphie, lors d’événements, les « balls » ou « balls de voguing ». Les« houses » (maisons) portent le nom de maisons de couture ou marques de luxe. »

wiki

Je vous conseille ce documentaire : Paris is burning qui parle de ces bals.(il dure 1h et est disponible sur YT)

S’en inspirant, la série Pose parle très bien de cet univers. Elle contient 3 saisons.

 « Vogue » avait mis à la mode le voguing – (la série revient d’ailleurs sur cet épisode). 

Un aspect intéressant: le défilé de mannequins a déjà été utilisé dans « Funny face » – avec Audrey Hepburn (icône pop, sûrement!) en 1957 :

Pourtant, ce que l’on juge dans le voguing, c’est la realness, ce qu’on traduirait par « authenticité ». Etre « real » n’est pas seulement être vrai, réel; c’est atteindre ce point d’authenticité afin de pouvoir devenir ce qu’on ne fait que faire semblant d’être. 

RuPaul, célèbre drag-queen américain.e, a même sorti une chanson sur le sujet. Les paroles disent ceci :

« If real is what you feel
Feelings aren’t real
Put your money down
Place your bet and spin the wheel« 

N’oublions pas non plus l’utilisation de cette realness mise en avant dans la série d’émissions de RuPaul. 

Etre real, c’est savoir s’imposer, sans devenir ce qu’on prétend être.
C’est à peu près ce que dit Gaga :

 » Lady Gaga est ce que les autres pensent qu’elle est. Ce n’est pas nécessaire ce que je suis réellement »

« Même si je me sens Gaga, c’est-à-dire cette individualité très forte que j’ai découverte quand j’étais jeune à New York, aimais la musique, rencontrais de jeunes talents, travaillais avec des musiciens, des auteurs, quand j’étudiais cette scène et que j’ai embrassé ce style de vie, j’ai commencé à m’appeler moi-même Gaga après que les autres m’ont appelé comme ça »

(interview ici)

Et la boucle est bouclée quand Gaga rend hommage à David Bowie aux Grammys 2016:

« You’re born naked and the rest is drag » (RuPaul)

« Tu es né nu, » dit l’un. « Tu es né comme ça« , fait Gaga. Alors, quoi de mieux que d’incarner une persona pour mieux être soi-même ?

My mama told me when I was young
Ma maman me disait quand j’étais jeune
We are all born superstars
Que nous sommes tous nés superstars
She rolled my hair and put my lipstick on
Elle brossait mes cheveux et me mettait mon rouge à lèvres
In the glass of her boudoir
Dans le miroir de son boudoir

Born this way

La persona (du latin : per-sonare = parler à travers; le masque que portaient les   comédiens au théâtre pour prendre la parole; rien d’anodin, en fin de compte) n’est qu‘un prétexte pour devenir ce que l’on est, en gardant à l’esprit que la vie peut être parodie, jeu, trouble, mais qu’il est nécessaire de la vivre maintenant.

Je ne peux m’empêcher de penser à une autre icône pop, Jim Morrison, en écrivant ces mots.
Dans « When the music is over », Morrison lance: »We want the world and we want it now« . Le roi Lézard (persona de Morrison, on y revient) avait déjà jeté bien des bases de la pop culture et, a fortiori, de l’icône pop.  Le mythe était en marche…

Je reviendrais sur cette notion de « mythe » la semaine prochaine. Merci de me suivre dans ce voyage dans le monde de la pop !

N.B  pour écrire ces articles, je me sers, entre autres : 

  • Pop Culture – Réflexions sur les industries du rêve et l’invention des identités – Richard Mèmeteau – (Zones)
  • Life – Keith Richards & JamesFox -(Points)
  • Apathy for the devilLes Seventies. Voyage au coeur des ténèbres–  Nick Kent (Rivages rouges)
  • Et de mes propres notes

T’as pas vu ma pop? #2

Pop culture, pop art, pop music: tout ce qui fait émerge (en anglais : « to pop up », émerger, pousser, surgir) est-il soluble dans la culture?

La Pop culture ne se réduit pas à une vulgaire marchandise destinée aux masses consuméristes. Cette culture populaire demeure traversée par des contradictions et peut alimenter un imaginaire de révolte

CAMP et AUTOTUNE 

Aujourd’hui, je vais m’intéresser à ce qui pourrait définir la pop en la comparant au style camp, une notion que nous n’employons pas ou peu en France. Il existe des similitudes entre les deux, même si l’un n’est pas synonyme de l’autre.

Le camp  englobe une esthétique et une attitude kitsch distanciées, pensées. Aux États-Unis, la culture camp est liée à la culture gay masculine et à l’art du travestissement.

Toutefois, un nombre important d’œuvres, d’artistes et de pratiques culturelles françaises exprime une sensibilité camp telle qu’elle a été décrite par les critiques culturels anglo-saxons.

Le camp repose sur le kitsch, le démodé, sur la création d’un personnage, sur l’absurdité de la morale et une vision comique du monde. Le camp semble incarné par des artistes homosexuels qui assument leur décalage avec les normes et le conformisme.

(wiki etc)

C’est Susan Sontag (romancière, écrivain, essayiste américaine; 1933-2004) qui en parle le mieux.En 1964, elle publie un article sur le « Camp » appelé à devenir le texte de référence. Alors,  Sontag elle-même faisait  cette distinction :

« Le « Pop Art » est plus sec et plus plat, plus sérieux, plus détaché de son objet, nihiliste en fin de compte. »

Notes on camp 

Il est intéressant avec le recul de pouvoir trouver plus de points de convergence que de différences, finalement. Car, depuis les années 60,  le camp a gagné en visibilité.  On peut citer de grands réalisateurs associés à cette sensibilité (John Waters, Pedro Almodóvar, par ex.) qui ont fait preuve d’une démarche délibérée dans ce sens.

Le pop art et le glam rock, avec Andy Warhol pour le 1er et David Bowie -pour le 2nd, ont élargi le champ d’investigation du camp.

1. Pour commencer par des généralités: « Camp » est un certain modèle d’esthétisme. C’est une façon de voir le monde comme un phénomène esthétique. Dans ce sens — celui du Camp — l’idéal ne sera pas la beauté; mais un certain degré d’artifice, de stylisation.

Camp? 

« Le « Camp » est fondamentalement ennemi du naturel, porté vers l’artifice et l’exagération. »
Susan Sontag, L’œuvre parle, p.307

On pense assez rapidement à Lady Gaga (avant elle, Madonna; dans une moindre mesure; Britney Spears). Mais Gaga fait plus fort, parodiant même Madonna (« Born this way » et « Express yourself » se ressemblent furieusement, quand même). Gaga serait-elle le summum de l’icône pop?  Même Britney et Mylène (chez nous) n’ont pas réuni autant de critères pop.

Lady Gaga affirme que sa seule ambition a toujours été de devenir une star. La musique et la dance ne sont que des moyens. Mais Lady Gaga s’adresse aux exclus et aux marginaux en leur proposant de devenir également des stars à travers elle. (Born this way)

La culture pop comme le style camp aime ce qui est populaire (et non ce qui est « élitiste », la culture dite « savante » qu’elle conteste). D’où les séries (Game of Thrones) , les comics, les blockbusters (Star Wars, en 1er).

« Camp », c’est un art qui se prend au sérieux, mais qui ne peut pas être pris tout à fait au sérieux car il en fait trop. On retrouve cette démesure, cette outrance dans la culture pop.

Gaga et ses tenues improbables car too much 

Bien vu aussi chez 2ne1 :

G-Dragon (Kwon Ji-yong), le Lady Gaga coréen ou presque, androgynie et confusion des genres à l’appui:

« L’élément essentiel du « Camp », naïf ou pur, c’est le sérieux, un sérieux

qui n’atteint pas son but. »

« En un sens il est tout à fait correct de dire: « C’est trop bon pour que ce soit « camp », ou « c’est trop important », c’est-à-dire pas assez en marge. »

Extravagance, décalage, quand je vois ceci

je pense étrangement à cela:

Le mauvais, le raté devient  un canon camp. Et de là, le moche, le kitsch, à la limite du mauvais goût.

 » it’s good because it’s awful »

John Waters, réalisateur, dit ceci:

 »Whatever was camp has mutated into plain mainstream American humor . . . Kitsch, or camp, means something so bad it’s good. But what is so bad it’s good anymore? »

« Quoi qu’il ait été, le camp est maintenant totalement intégré à l’humour grand public américain»

Nous y sommes. John Waters…

John Waters et Divine, « Pink Flamingos » en 1972 (je ne raconterais pas la fameuse scène de la crotte de chien) John Waters est l’illustration parfaite (ici, Hairspray-1988); Mauvais goût, outrance, et film-culte.

On se moque de la vérité, de la sincérité. Rien de plus insincère en musique que l’usage de l’auto-tune ?

Le son est uniforme, métallique et surtout, impersonnel.

Doit-on remercier Andy Hildebrand,  l‘inventeur? 
Les précurseurs tels que Cher en 1998

T.Pain, peut-être (et depuis, on a de l’auto-tune  dans beaucoup de rap )

Et pourtant, Kanye West remercie ici « Dieu et l’auto-tune »; signe des temps.

« On est séduit par le « Camp » quand on s’aperçoit que la sincérité ne suffit pas. La sincérité peut être ignorante, et prétentieuse, et d’esprit étroit. »
ibid, p.323

Ce qui compte, c’est la naïveté. « Le pur camp est toujours naïf ». La pop est naïve. Tellement 1er degré qu’on pense souvent que c’est du second!

Finalement, 2nd ou 1er, on s’aperçoit que la culture pop est surtout  efficace.
Ce qui compte, c’est l’intensité.

Se nourrir de kitsch, du has-been, du décalage qui s’impose.

Le camp ne jure que par le personnage. Merci, nous sommes à l’ère des télé-réalités, où il est si important de paraître, d’incarner un personnage et non pas d’être, d’évoluer (et je ne suis pas sûre que cette réalité aurait pu s’imaginer dans les 60’s sinon sous forme de récit de SF).

Autrement dit, l’attitude, le style, le décalage -malgré lui, j’ai envie dire, (la pop est naïve) sont autant de points qu’on retrouve dans la pop culture.  (ou comment la culture punk est une culture pop…- la culture, hein, pas la musique!).
 Désormais, la star n’est plus la vedette au-dessus de tous,  mais la personnalité dans laquelle chacun doit s’identifier pour changer la culture, la pop, le monde.
« Une race dépourvue de préjugés, sans discrimination, mais dotée d’une liberté sans bornes », propose Lady Gaga.

Finalement, la pop culture est-elle celle de la masse ? De l’uniformité ? Ou bien a-t’elle une tendance  à intégrer les contre-culture ? Les différences ? N’a t’elle pas absorbé le style camp, entre autres ?

Je vous invite à me suivre au pays de la pop la semaine prochaine.

J’ai un tableau consacré à la  pop culture sur pinterest.