Premières lignes #14juillet

Les premières lignes de la fête nationale n’ont rien à voir avec le 14 juillet (je ne suis pas très portée sur les feux d’artifice, la foule et le bal des pompiers, non merci), mais sont très en lien avec les livres et la magie, ce qui me correspond tout à fait !

« Certains prétendront que c’est une mauvaise idée d’amener une araignée-flamme dans une bibliothèque. Ils auront probablement raison, mais cela valait mieux que de la laisser seule chez moi pendant neuf heures d’affilée. J’avais essayé une fois, et Titache avait exprimé son déplaisir en brûlant le couvercle de son vivarium, se forant un terrier dans mon panier de linge sale et incendiant l’équivalent de deux semaines de vêtements. « 

C’est le genre de livres qui fait mouche : avoir le pouvoir magique de tirer des livres des objets ou des êtres puis les faire apparaître dans le monde réel.  Une potion de Narnia, le gâteau d’Alice, une épée, un sabre-laser…  C’est cela, être un.e bibliomancien.ne – et il faut avouer que lorsqu’on s’est suffisamment perdu dans les livres, on a tous rêvé d’avoir un don pareil !
Le héros de l’histoire a un penchant certain pour la SFFF, un côté geek prononcé et des ennuis en pagaille. Le voilà embarqué aux côtés d’une dryade et de son araignée-flamme fétiche dans une course-poursuite musclée au cours de laquelle il va se confronter à des vampires et d’autres  créatures sorties des livres. Les références sont plus qu’amusantes et jamais envahissantes, ce qui n’alourdit pas la lecture.
Certes, il y a beaucoup d’informations sur les lois qui régissent la bibliomancie mais elles sont nécessaires (c’est un premier tome). Tout n’est pas parfait (re-c’est un premier tome) mais le rythme est soutenu et maîtrisé.

Pour faire court:  si vous aimez la magie, les livres
Si vous avez toujours eu envie d’entrer dans un livre
Si vous attendez encore votre lettre pour Poudlard, si vous cherchez le passage pour le pays des Merveilles, l’armoire de Narnia, le TARDIS, l’entrée de la Terre du Milieu, etc
c’est pour vous.

Magie ex libris, tome 1 : Le bibliomancien par Jim C. Hines

Jim C. Hines – Le Bibliomancien – T.1
L’Atalante
trad. Lionel Davoust

Site de l’auteur

Résumé : Isaac Vainio est un bibliomancien. Membre de Die Zwelf Portenære, les Douze Gardiens des Portes, une organisation secrète fondée par Johannes Gutenberg, il dispose d’une magie très particulière : il peut puiser à volonté dans les livres et en tirer n’importe quel objet du récit. Et Isaac, en vrai fan de science-fiction et de fantasy, préfère par-dessus tout utiliser des pistolets laser, des ceintures-bouclier de Dune et des sabres laser de Star Wars quand les Gardiens l’envoient sur le terrain combattre les menaces magiques qui guettent la Terre.
Sauf que, deux ans plus tôt, manquant perdre la raison et la vie au cours d’une mission qui a mal tourné, Isaac a été mis au placard. Réduit au rang de simple catalogueur, il ne conserve de son ancienne vie d’agent de terrain que Titache, sa fidèle araignée-flamme, qui a la particularité de prendre feu en présence d’un danger.
Son existence rangée bascule le jour où trois vampires débarquent dans sa bibliothèque pour le tuer. Les Gardiens auraient déclaré la guerre aux morts-vivants…

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Premières lignes #7juillet

Des premières lignes consacrées à une autobiographie, et ça commence fort :

I – Masturbation
Jamais pratiqué. Jamais eu envie. aucune raison particulière de ne pas le faire, on ne m’a pas opprimée, on ne m’a pas dit que c’était mal et je n’estime pas que ça le soit. C’est juste que je n’y pensais pas du tout. Ce n’était pas pour moi une envie naturelle, alors je ne savais même pas que ça existait.

De fringues, de musique et de mecs par Albertine

C’est en rentrant du concert de Midnight Oil et en cherchant une lecture pour le train – bizarrement, je n’avais rien à lire ! – que suis tombée sur l’autobiographie de Viv Albertine enfin sortie en poche. Forcément, je n’ai pas résisté. Viv Albertine, The Slits (les Fentes), les Sex Pistols au féminin, 1977, le punk, quoi !
Pour faire court, je suis un poil trop jeune pour avoir connu le mouvement punk de 76/78 originel – mais pas trop pour avoir vécu  le post-punk, Punk’s not dead, cold-wave et new-wave. The Clash (mes héros-bis!) s’est séparé en 83; j’ai eule temps de voir les Stranglers (line-up originel)  sur scène.
Le lien avec Viv Albertine ?
Viv Albertine était la guitariste des Slits, l’un des groupes punks féminins punks. Féminins, féministes. Elle a croisé le chemin de Johnny Rotten, Sid Vicious, Mick Jones, Johnny Thunders, j’en passe…
Et au-delà de sa courte carrière au sein du groupe, sa vie est un incroyable combat.
Je connaissais rapidement les étapes durant la période « Slits » puisque je suis un peu tombée dans la marmite Rock étant jeune: j’étais d’ailleurs assez fascinée par ce groupe de jeunes femmes qui osaient tout, dont la chanteuse Ari Up avait alors 15 ans…

Viv Albertine retrace des anecdotes émouvantes : sa rencontre avec Mick Jones alors qu’ils étaient tous les deux encore à l’école (cette photo d’un tout jeune Mick Jones !), leur histoire d’amour. D’autres histoires sont plutôt amusantes  (je ne verrai plus jamais Sid Vicious sous le même angle) ou effrayantes. Elle écrit bien et nous fait entrer dans sa vie.


La deuxième partie consacrée à l’après- Slits est peut-être encore plus prenant. Viv nous raconte ses épreuves pour avoir un enfant puis sa lutte contre le cancer. On est avec elle à chaque instant.
J’ai adoré et j’ai dévoré chaque page. Alors, est-ce destiné aux fans de punk-rock ? Non, pas spécialement : pas mal de lecteurs qui n’y connaissaient rien ont accroché facilement à l’écriture mordante de Viv Albertine et à son humour très anglais.
A lire, à lire !

Résumé : Itinéraire d’une véritable enfant du rock, l’autobiographie de Viv Albertine revient sur sa carrière de guitariste dans l’un des tout premiers groupes de punk exclusivement féminin Outre-manche, The Slits. Evocation candide et franche d’un mouvement musical et social qui allait changer l’histoire de la musique, De fringues, de musique et de mecs regorge d’anecdotes sur les Clash, les Sex Pistols, Vivienne Westwood, Johnny Thunders et tant d’autres.
Mais ce serait minimiser ce livre féroce et attachant que de le limiter à un énième document rock, car le propos de Viv Albertine va bien plus loin.

 

 

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Premières lignes #30juin spécial HMSFFF de juin

Dernière lecture consacrée au thème du mois de juin « Monstres et créatures  du challenge HMSFFF, ces premières lignes appartiennent à un célèbre auteur de fantasy:

« Depuis des temps immémoriaux, la Maison du Ver restait livrée à la corruption – ce qui allait de soi, car la corruption n’est autre qu’un des attributs du Ver blanc. Les yaga-la- bai, les enfants du Ver, se contentaient de sourire et de vivre leur vie, bien que les tentures pourrissent sur les parois de leurs tunnels interminables, que leurs effectifs se réduisent année après année, que la viande se fasse de plus en plus rare et que la roche qui les entourait tombe en poussière. « 

Nouvelle publiée en 1976, Dans la maison du ver a été rééditée récemment chez Pygmalion avec de belles illustrations – et est signée GRR Martin qui a aussi écrit de la SF.
Court récit initiatique, horrifique, descente (ça, on descend! ), rencontre avec l’autre, nous rappelant que les monstres ne sont toujours pas ceux auxquels pense, Dans la maison du ver aurait mérité d’être plus amplement développée – même si le fait de croiser de gros vers blancs est passablement un brin dégoûtant. Bah oui, que voulez-vous, je sais bien qu’ils sont utiles, n’empêche que je les trouve pas très ragoûtants…
A part ça, j’aurais bien aimé en savoir plus : que s’est-il passé ? Quel est ce monde ?
A noter en positif : l’ambiance dans ces tunnels. Tout se déroule dans le noir et on y est! On avance avec les personnages, à l’aveugle. L’atmosphère en devient pesante, irrespirable, terrifiante. C’est superbement bien fait. S’il fallait prouver une fois de plus que Martin est un très bon écrivain….

Résumé : Sous les ruines d’un monde ancien grouille la vie. Dans une ville croulante, sur une planète mourante et oubliée de tous, le jeune Annelyn profite de la fête organisée à l’occasion de la nouvelle Mascarade solaire. Superbe dans son costume de soie, son arrogance est à la hauteur de sa beauté. Quand il est moqué devant ses nobles amis par le Viandard, chasseur de grouns, il échafaude un plan de revanche. Mais la terrible vérité qui se cache derrière l’histoire de son ennemi va transformer sa tentative en une inexorable descente aux enfers

Prochain thème du challenge pour le mois de juillet :

 

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Premières lignes – spécial challenge HMSFFF #23juin

Pour ces Premières lignes, je continue avec mes lectures du challenge HMSFFF (tous les détails du  challenge chez Charmant Petit Monstre et  Pretty Rosemary). 

 

Cette fois, c’est  d’un Frankenstein un peu spécial que je vais parler.
Premières lignes :

« La folie de Winston » – extrait 1 (version non censurée et révisée) par Edmond Laroche-Voisin, professeur honoraire des Facultés de Paris et Berlin
Anvers fut l’endroit d’un tournant décisif dans l’évolution des combats qui conduisirent l’Europe, d’abord, puis le monde à la Guerre terminale, même  si bien peu parmi les influents décisionnaires politiques et militaires de l’époque en eurent l’intuition. »

 

Cet hommage au roman de Mary Shelley est avant tout une uchronie extrêmement bien pensée. Johan Heliot aime détourner  l’Histoire, et il le fait bien.
J’ai apprécié l’aspect « documents » basé sur l’imaginaire ainsi que le fait de jouer avec des personnages existants tels que : Hemingway, Marie Curie, Winston Churchill.
On ne s’ennuie pas et l’alternance des narrateurs apporte des éléments intéressants. Le rythme n’est sans doute pas effréné mais ce n’est pas ce que je recherche principalement.
Je note simplement un petit bémol pour l’intrigue qui se révèle finalement assez plate.

Je conseille ce roman, pour les fans d’uchronie, pour les fans – ou les déçus de Frankenstein de Mary Shelley aussi – un roman que, pour ma part, je ne le relirai pas, ayant eu une indigestion de ce roman pendant mes études.

Et, pour le challenge, niveau créatures, on est servi avec les fameux Frankies !

Résumé : 
Grande Guerre, 1914. Après un premier engagement désastreux, les Anglais décident l’opération Frankenstein : plutôt que de construire des chars, on créera de la chair à canon. À partir des archives du fameux docteur et grâce à la production d’électricité à présent industrialisée, des unités de soldats pouvant être sacrifiés sans remords seront fabriquées,  les champs de bataille du nord de la France fourniront la « matière première ». Winston Churchill est nommé responsable de l’unité de recherche sur la régénération. Les « frankies » vont faire leurs preuves sur le terrain, mais la société se partage entre pro et anti. L’opération finalement interrompue, l’un d’eux, Victor, échappe au massacre puis est secouru par Marie Curie qui le rend à la vie consciente grâce aux radiations. Réfugié dans les décombres de Londres, qui a été détruite et rendue inhabitable par un bombardement à l’arme chimique, Victor retrouve le laboratoire où il est né, y recueille Churchill et engage un combat pour l’émancipation des siens. C’est là qu’un jeune couple, elle, résistante à l’occupation, lui, historien, finit par le retrouver en 1958, dans l’espoir de lever le voile sur ce versant secret de l’Histoire que la censure en vigueur ne suffit pas à expliquer.

Je termine mes lectures concernant le challenge ; j’ai encore un court roman dont je parlerai bientôt. J’ai hâte de savoir ce que le mois de juillet nous réserve comme propositions de lectures…

Premières lignes – spécial challenge HMSFFF #16juin

La semaine dernière, je vous disais que j’étais en « pause de challenge HMSFFF ». La raison était principalement une première lecture mitigée… dont je vais parler ici aujourd’hui ! Et voici les premières lignes de la semaine :

« Le bruit des échanges radio m’emplit les oreilles. Des voix différentes qui parlent en même temps.
Est ce que ça y est ? Est-ce que je vais la trouver ?
 » Identification confirmée: VMAL New Haven. Il n’a pas donné signe de vie depuis trois ans. 
– Les boucliers énergétiques sont coupés. Vous pouvez approcher sans problème.  » « 

Et pour donner un peu de sens à ce début, le résumé, tout de suite :

CAPITAINE CONRAD HARRIS : DÉCÉDÉ Le voilà, le moment que je déteste. Me réveiller, c’est toujours pire que mourir. Et notre homme sait de quoi il parle ; il en a connu des missions suicides, incarné dans un « simulant », un clone aux capacités neurophysiologiques exceptionnelles. Ce n’est pas pour rien qu’on l’a surnommé Lazare, cet éternel ressuscité. Son équipe de SimOps et lui sont les soldats d’élite de l’Alliance, engagés dans la guerre impitoyable de l’humanité contre les Krells. À qui d’autre confier la mission « Clef-de-voûte » ? Elle les entraînera en territoire ennemi, vers une station de recherche secrète chargée d’étudier un mystérieux artefact qui n’est ni krell ni humain. Mais les meilleurs guerriers ne sont pas toujours préparés à ce qui les attend. Et Harris lui-même poursuit une autre quête qui le tourmente…

Lazare en guerre: l’artefact est donc le premier tome d’une trilogie (suivie d’une seconde trilogie : La guerre sans fin).
Premier point dont j’aurais dû me méfier: il s’agit de SF militaire. Je dois le dire tout de suite: ce qui se rapporte à l’armée n’est pas ma tasse de thé. Et cela s’est confirmé avec cette lecture.
Le roman débute par un premier chapitre percutant à la fin duquel il s’avère que notre personnage principal est décédé.
Enfin, pas tout à fait: son clone est mort.
Le principe fait d’ailleurs largement penser à Avatar, de James Cameron. Mais l’usage de ces super-clones n’est pas sans effet sur leurs utilisateurs: les soldats sont tous rongés psychologiquement, voire instables, souffrant de trouble de stress post-traumatique, le personnage principal Conrad Harris en tête !
Les scènes de bataille/baston sont bien décrites, ceci dit mais n’étant pas fan de déchaînement de violence/armes à feu, je ne peux pas dire que j’y ai été très sensible.
J’ai souvent eu l’impression de revoir Aliens (particulièrement le second film), avec les marines embarqués dans une mission suicide face aux vilaines bébêtes – sauf que je préfère regarder Alien !
D’ailleurs, qu’en est-il, des créatures ?
Pas grand chose, justement. Elles semblent être un prétexte, une justification de cette guerre. J’aurais aimé qu’on en apprenne plus, qu’elles soient plus présentes…

De même, j’aurais aimé que les personnages soient moins stéréotypés: le capitaine traumatisé, la seule femme, le latino, le bleu… Voilà, c’est sympa mais on a déjà vu/lu ça mille fois. Tout est un peu trop caricatural à mon goût (les flash-backs du capitaine, par ex.). J’ai eu l’impression de revoir des scènes de films de guerre, particulièrement ceux qui se passent durant la guerre du Vietnam ( Platoon, Full metal jacket, Apocalypse now , peut-être en ai-je trop vu, finalement ? ).
Le plus délectable est la big référence à Joseph Conrad (qui donne son nom au capitaine, en passant) et à Au coeur des ténèbres, qui inspira Coppola pour son Apocalypse Now (la connexion est très forte entre ces oeuvres).
Beaucoup de thèmes sont  abordés : la guerre, la mort, l’utilisation de drones et ce qui en découle,  la folie, le mysticisme…

Il reste que le livre n’est pas mauvais du tout: il se lit bien, on a envie d’avancer, de savoir. C’est solide, bien construit.
Malgré tout, je me suis ennuyée en le lisant et, non, je n’ai pas envie de connaître la suite. Je pense que je ne constitue simplement pas le bon public pour ce genre. 

Apocalypse Now – Kurtz:

26/01/2017
Editeur Atalante
Collection Sf Militaire

Une interview de l’auteur qui parle, entre autres, de la nouvelle trilogie et de ses influences.

Je vous parle bientôt de mes autres lectures pour le challenge (j’ai trouvé deux romans en lien avec le sujet à la médiathèque !).

Tous les détails du Hold My SFFF challenge sont à retrouver chez  Charmant Petit Monstre et Pretty Rosemary!

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Premières lignes #9juin

Je fais une pause dans le challenge SFFF et le thème du mois . Juin n’étant pas fini, j’ai le temps encore pour quelques livres qui entreront dans le thème. Ma première lecture  pour le challenge n’avait pas été concluante (j’en reparlerai) mais j’en ai d’autres à venir. J’avais donc bien besoin de me changer les idées :

 » 5 ans plus tôt
– Kaladin, tu as vu  cette pierre ? demanda Tien. Elle change de couleur quand tu l’observes sous différents angles.
Kaladin se détourna de la fenêtre pour regarder son frère. A treize ans désormais, le garçon enthousiaste qu’avait été Tien s’était transformé en un adolescent qui ne l’était pas moins. « 

De retour  à la fantasy (et le top de la fantasy) avec  La voie des Rois. T.2  de Brandon Sanderson.
Voyant que je pouvais me procurer la suite de la Voie des Rois, sortie en 2 tomes en France, je me suis replongée dans la lecture du second tome que j’avais un peu oublié avant d’attaque Le livre des Radieux (Les archives de Roshar). Et j’ai bien fait car l’oeuvre est dense ! J’avais oublié pas mal de détails …
De Sanderson, on connaît souvent Fils-des-Brumes. Mais, avec les Archives de Roshar, on touche à un niveau rarement atteint en fantasy. Autant le dire tout de suite: c’est un chef d’oeuvre : écriture maîtrisée très bien rendue par la traduction de Mélanie Fazi, des points de vue différents qui permettent de développer les personnages (Kaladin, Shallan, un univers riche (les peuples, leurs légendes, les coutumes, etc..).
Je dois dire que j’ai rarement été déçue avec Sanderson (Elantris, Fils-des-Brumes, Warbreaker). J’avais simplement trouvé le troisième tome de Fils-des-Brumes un peu plus faible (Le Héros des siècles) ; Elantris , premier roman de l’auteur, n’était sans doute pas assez abouti mais j’avais alors découvert Sanderson. Et je ne l’ai jamais regretté…
Dire qu’il faut le lire ?
Oui, mille fois oui !

La Voie des Rois, Volume 2 (Les Archives de Roshar, Tome 1)

Résumé : Roshar, monde de pierres et d’orages.
D’étranges tempêtes de pouvoirs balaient les terres accidentées tellement souvent, qu’elles ont influencé l’écologie et la civilisation. Les animaux se cachent dans des coquillages, les arbres rentrent leurs branches et l’herbe se rétracte dans le sol. Les cités sont construites uniquement où la topographie offre une protection.
Des siècles ont passé depuis la chute des dix ordres consacrés connus sous le nom de Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers quasi invincibles, sont toujours là. Des royaumes sont échangés contre ces objets, des guerres sont menées en leur nom et gagnées grâce à eux.
Une de ces guerres se déroule sur le paysage dévasté qu’on appelle les Plaines Brisées. Là, Kaladin, qui a abandonné ses études de médecine contre une arme pour protéger son petit frère, a été réduit en esclavage. Dans une guerre insensée, où dix armées combattent séparément contre un unique ennemi, il lutte pour sauver ses hommes et pour apaiser les chefs qui les considèrent comme quantité négligeable.
Le Clarissime Dalinar Kholin commande une de ces armées et, comme son frère feu le roi, il est fasciné par un texte ancien appelé La Voie des Rois. Hanté par des visions des temps anciens et par les Chevaliers Radieux, il commence à douter de sa santé mentale.
De l’autre côté de l’océan, une jeune femme appelée Shallan cherche à devenir apprentie de l’éminente et hérétique Jasnah Kholin, la nièce de Dalinar.

 

ShallanPainting

 

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Premières lignes #26mai

Aujourd’hui, les Premières lignes sont tirées d’un roman que j’ai lu il y a déjà quelques semaines :

« La vieille maison est tapie sur sa colline, avec sa peinture blanche écaillée, ses baies vitrées, ses frêles balustrades en bois envahies de sumac vénéneux et de rosiers grimpants. Leurs tiges puissantes ont délogé les bardeaux qui s’entremêlent désormais parmi les joncs. L’allée de graviers est jonchée de douilles vides tachées de vert-de-gris. martin Alveston descend du pick-up et ne regarde pas Turtle qui reste assise derrière lui dans l’habitacle, il gravit le porche, ses chaussures militaires un son creux sur les planches, un homme robuste en jean Levi’s qui ouvre la porte vitrée coulissante. Turtle attend, elle écoute les cliquetis du moteur avant de lui emboîter enfin  le pas. « 

My absolute darling fait partie de ces livres qui déboulent comme des OVNI dans la littérature. Il est fort, doté d’une écriture originale et, surtout, il dérange.
Les premières lignes contiennent déjà tous les indices de la relation entre Turtle (Julia) et son père, Martin.
Julia (Turtle ou Croquette, pour son père) est une adolescente qui mène une vie particulière: elle ne parle à presque personne, a des difficultés à l’école. Mais, une fois dans la nature, elle sait survivre, construire un abri, chasser….
Son père, un survivaliste qui vit à l’écart de tous depuis la mort de la mère de Julia, l’entraîne dans des exercices militaires qui parfois touchent à la torture. Il est aussi un père abusif, incestueux qui pense affirmer son emprise sur sa fille pour leur bien à tous les deux.

On ne sort pas indemne de ce livre.
Et pas  seulement parce qu’il contient des passages violents, parce qu’il est brillamment écrit, qu’il bouleverse, qu’il décrit la nature de manière sublime comme il montre les comportements humains de toutes sortes sans porter de jugement.
J’ai eu souvent des instants d’hésitation: l’auteur va-t’il verser dans la complaisance, voire le voyeurisme ? Comment parler, montrer, l’inceste sans tomber dans le glauque, le voyeurisme (si jamais vous avez lu Christine Angot, vous voyez de quoi je veux parler…)?

Voilà la réponse de l’auteur quand on l’interroge sur les scènes difficiles à lire :
Certaines scènes sont presque insupportables à lire, comme celle où le père de Turtle l’oblige à faire des tractions en maintenant un couteau entre ses cuisses ou bien l’opération improvisée d’un doigt. Était-ce aussi insupportable de les écrire?

Oui, mais j’ai toujours su que ça allait être un livre douloureux. Je pensais savoir des choses vraies à propos de la douleur et j’espérais pouvoir les retranscrire dans la fiction. Alors, je rendrais à Turtle sa dignité et son innocence, si je parvenais à montrer clairement au lecteur qui elle était. J’espérais que ce serait une consolation pour quelqu’un. Des gens souffrent. Si nous n’écrivons pas pour cette raison, je ne sais pas ce que nous faisons.

(source)

Il reste que My absolute darling est un roman fort, intense, à l’écriture magistrale (il y a longtemps que je n’ai pas été scotchée par une telle puissance).
Je pense que c’est un livre à lire, vraiment ; parce que la littérature n’est pas pour nous conforter, nous cocooner, ni même fabriquer des personnages auxquels il faudrait par je-ne-sais quel tour de passe-passe avoir à  s’identifier forcément. Lire, c’est aussi et surtout,  prendre des risques, découvrir des territoires inconnus, se mettre en danger.  Et ce livre le confirme.

Résumé :
A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

 

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Premières lignes #12mai

Les Premières lignes de cette semaine ne sont pas tirées d’un roman mais d’un ouvrage documentaire :

 » L’ère des rock stars, comme celle des cow-boys, appartient au passé.
L’idée de la rock star, comme celle du cow-boy, continue de se perpétuer. Bien sûr, certains se donnent toujours ce qu’ils interprètent comme un look ou une attitude de rock star, comme d’autres enfilent un faux holster pour reconstituer la fusillade d’Ok Corral, même s’il devient de plus en plus difficile de garder son sérieux en faisant cela » (à lire ici) 

 

David Hepworth brosse le portrait année par année d’une quarantaine de rock stars, pris à un moment de leurs vies. Et voilà un livre rempli d’infos dont certaines sont connues, d’autres, moins qui relate une bonne partie de l’histoire du rock – et ça, c’est réjouissant !
J’ai trouvé certains de ses choix un peu discutables; des moments-clés qui semblent pas si importants que cela et, bien sûr, des oublis, par exemple. Mais, dans l’ensemble, c’est une pépite consacrée à la culture rock.
Je suis très fan de ce genre d’ouvrages. Beaucoup ont été édités chez Rivages rouge, justement, la collection consacrée à la musique… Quand je vois le catalogue, j’ai envie de lire presque tous les titres !

Une belle découverte que j’avais envie de partager ici, cette semaine même si, à l’origine, je pensais parler de « My absolute darling » de Gabriel Tallent. Mon seul souci est que j’ai tellement été sonnée par ce roman que j’ai le plus grand mal à trouver les mots pour m’exprimer….

 

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Premières lignes #5mai

Changement de registre avec les Premières lignes de cette semaine:

 » 13 février 1944

Je viens d’avoir treize ans. je suis née un 13, un vendredi 13.  Ági est très superstitieuse, mais elle en a honte, et c’est le premier anniversaire où elle ne sera pas là. Je sais bien qu’elle va être opérée, mais elle aurait tout de même pu venir. Il y a aussi de bons médecins à Oradea. « 

L’adolescente qui s’exprime s’appelle Éva Heyman. Elle vit à  Oradea, en Transylvanie (en   Hongrie à cette période) avec ses grands-parents. Ses parents, Ágnes (Ági) et Béla Heyman ont divorcé alors qu’elle était toute petite.
Sa mère, remariée à l’écrivain socialiste Béla Zsolt, récupère le journal de sa fille après  guerre et le fait publier.

A l’instar d’Anne Frank, Éva  n’a pas survécu aux camps de concentration. Elle livre dans ce court journal ses impressions, son désir de vivre, l’inquiétude grandissante face à la brutalité. Passionnant, poignant, « J’ai vécu si peu » est un récit sensible et vivace que je conseille de lire.

 

 » Résumé : Eva Heyman est née à Oradea, en Transylvanie (la Roumanie actuelle, la Hongrie à l’époque), en 1931. En juin 1944, Eva a été déportée. Elle est arrivée à Auschwitz le 6 juin, où elle est morte dans la chambre à gaz le 17 octobre 1944. Elle avait treize ans. « 

Publié aux éditions des Syrtes

J’ai vécu si peu.. (2013)

Le mémorial à Oradea :

 

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Premières lignes #28avril

Me voici de retour avec les Premières Lignes  après un léger break londonien. C’est un roman qui oscille entre la SF et la fantasy que je vous propose aujourd’hui :

« A l’âge de six ans, Patricia trouva un oiseau blessé. Le moineau se débattait, agitant ses ailes brisées au sommet d’un tas de feuilles rouges et humides, à la jonction de deux racines. Il criait, d’une voix presque trop aiguë pour que Patricia l’entende. »

 

« Tous les oiseaux du ciel » (All the Birds in the Sky, 2016) aurait pu être un coup de coeur. La première partie, centrée sur l’enfance des deux personnages principaux, leurs compétences et déboires au sein de leurs familles est courte et plante un univers intéressant :  Patricia comprend qu’elle  est capable de parler aux animaux, Laurence se découvre une passion pour les nouvelles technologies. L’amitié se noue et connaîtra un nouveau développement lors de la seconde partie qui aborde leur passage difficile au lycée (harcèlement, harcèlement encore, mauvais traitements …). Cette partie commence déjà à introduire des personnages qui, malheureusement, sont de peu d’utilité pour l’intrigue.

Mais tout se complique dans la dernière partie: Patricia et Laurence sont de jeunes adultes. Ils se retrouvent après des années de séparation pendant lesquelles chacun a suivi sa voie: la technologie pour Laurence, une sorte « de formation magique » pour Patricia. Et c’est là que les problèmes se posent: des personnages secondaires débarquent un peu comme des cheveux sur la soupe, les éléments s’enchaînent sans vraiment de logique, même l’évolution des sentiments des deux protagonistes manque de logique (ils se tournent autour, ils se croisent et, tout à coup, bing ! ils sont en couple!). La fin est aussi expédiée, malheureusement.

Pour conclure, les aspects attractifs (le croisement magie/technologie) sont dilués dans une intrigue qui manque de cohérence et le côté décousu donne un sentiment de frustration au lecteur. Vraiment dommage… Je m’attendais à beaucoup mieux.

Résumé : Patricia Delfine, sorcière philanthrope qui parle le langage des animaux, et Laurence Armstead, génie de l’informatique qui déteste qu’on l’appelle Larry, étaient faits pour se rencontrer. Tous deux sont des parias, incompris de leurs familles et méprisés par la société, mais l’un comme l’autre sont appelés à connaître un destin exceptionnel. Alors que la fin du monde approche, ils vont devenir à leur corps défendant les champions d’un conflit qui les dépasse et dont dépend le sort de l’humanité. À moins que le lien indéfectible qui les unit ne porte en lui les clés d’une troisième voie…

 

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