Premières lignes – 26 septembre

Premières lignes 

 » Les anciens dieux sont puissants, mais ils ne sont ni bienveillants ni indulgents. ils sont capricieux, aussi instables que le reflet de la lune à la surface de l’eau ou les ombres au sol par temps d’orage. Si tu persistes  à vouloir les invoquer, sois prudente : prends garde à ce que tu leur demandes et sois prête à en payer le prix. Et surtout, même si la situation est dramatique ou désespérée, ne prie jamais, au grand jamais, les dieux qui répondent à la nuit tombée.  » Estelle Magritte – 1642 – 1719

Elle était prévenue, Adeline. Elle le savait par cette femme étrange de son village natal en France, un peu guérisseuse, un peu prêtresse sauvage, Estelle : on ne doit jamais rien demander aux dieux anciens. Surtout à la nuit tombée. Et pourtant, Adeline LaRue ne veut pas se marier, elle ne veut pas rester dans ce petit bourg paumé de la Sarthe, mener la même vie que son amie d’enfance Isabelle. Car au XVIIIème, quand on est fille de villageois, artisans, ou paysans (et cela durera encore longtemps), à part le mariage et les enfants, une vie de labeur, qui y-a t’il d’autre à envisager ?
Mais Adeline a envie d’autre chose. Elle veut être Addie, une jeune femme qui dessine, qui apprend, qui va aller jusqu’au Mans, tiens pourquoi pas ? Et peut-être plus loin, Paris, peut-être ! Pour cela, elle est prête à tout. Même à passer un pacte avec une ancienne divinité, un être qui répond à son appel dans un moment de désespoir, le soir de ses noces, un mariage qu’elle fuit. Un ancien dieu ou un diable, peut-être, lui apparaît, avec les traits de celui qu’elle dessine dans son carnet. Il est charmant et il lui accorde ce qu’elle veut. Très luciférien (« mais que désires-tu vraiment ? »), le diable adorable exige un paiement en retour (Faust, nous voilà !). Quoi donc ? Mais son âme, bien sûr.
V.E Schwab revisite donc le pacte faustien, dans un long (trop long) roman qui s’étend sur trois cents ans, suivant la jeune Addie, condamnée à rester jeune, mais à être toujours oubliée, invisibilisée. L’idée est intéressante mais bancale car parfois, on se demande jusqu’à quel point elle peut rester en vie puisqu’elle est tellement invisible. Or, la jeune femme a besoin de se nourrir, de se vêtir, de dormir. Elle souffre, saigne, etc… C’est donc toujours légèrement casse-gueule comme idée.
L’autre fil conducteur, à part les « aventures invisibles », est une suite d’oeuvres d’art (imaginaires) dans lesquelles apparaissent plus ou moins Addie au fil du temps. Là aussi, le concept est malin mais très peu développé à la fin, tant et si bien qu’on se demande en refermant le livre en quoi il a servi l’intrigue.
A ce sujet, d’intrigue, il n’y en a guère : Addie se contente de traverser rapidement l’Histoire avec un grand H. Elle survit, laisse peu ou pas de traces, ne peut pas nouer de véritables relations puisque tout le monde l’oublie aussitôt. Elle-même est un personnage assez volatile, inconsistant — et cela est totalement compréhensible et en accord avec le propos.
Le fil du passé ( ce qui est arrivé à Addie au cours des siècles) se juxtapose avec le présent (2014). Ici, les chapitres sont habilement interposés. L’intrigue du présent repose essentiellement sur une romance entre Addie et Henry, un jeune homme atteint de mélancolie ( dépression chronique, peut-on supposer). Henry présente la particularité d’être le seul personnage à remarquer Addie et à ne jamais l’oublier. Là aussi, il y a une raison (assez facile à deviner).
Quant au pacte en lui-même, on le retrouve régulièrement, grâce aux rencontres avec le beau démon, nommé Luc (pour Lucifer). Le personnage est un brin convenu (« bad boy » de l’enfer brun aux yeux verts qui va s’attacher à la damnée….mouais….).
J’avoue que j’avais beaucoup entendu parler de ce roman, en bien, voire en très bien. Au final, il se lit bien car le style est très agréable ( de belles descriptions d’une grande poésie) et puis, on a envie de savoir. Mais il est beaucoup  trop long pour raconter ….pas grand chose, en fait. Ou alors, il s’agit peut-être d’un brillant exercice sur l’inconsistance et je ne m’en suis pas rendue compte, mince… (et alors, chapeau !).

La vie invisible d'Addie Larue par Schwab

Donc, pourquoi pas mais sans doute pas une priorité de lecture.

Résumé : Une nuit de 1714, dans un moment de désespoir, une jeune femme avide de liberté scelle un pacte avec le diable. Mais si elle obtient le droit de vivre éternellement, en échange, personne ne pourra jamais plus se rappeler ni son nom ni son visage. La voilà condamnée à traverser les âges comme un fantôme, incapable de raconter son histoire, aussitôt effacée de la mémoire de tous ceux qui croisent sa route.Ainsi commence une vie extraordinaire, faite de découvertes et d’aventures stupéfiantes, qui la mènent pendant plusieurs siècles de rencontres en rencontres, toujours éphémères, dans plusieurs pays d’Europe d’abord, puis dans le monde entier. Jusqu’au jour où elle pénètre dans une petite librairie à New York : et là, pour la première fois en trois cents ans, l’homme derrière le comptoir la reconnaît. Quelle peut donc bien être la raison de ce miracle ? Est-ce un piège ou un incroyable coup de chance ?Embarquée dans un voyage à travers les époques et les continents, poursuivie par un démon lui-même fasciné par sa proie… jusqu’où Addie ira-t-elle pour laisser sa marque, enfin, sur le monde ?

Premières lignes – 20 septembre

Allez, je peux le dire : c’est un Premières lignes qui tombe le jour de mon anniversaire — et hop, un an de plus. Pendant que je suis à « parle », je suis aussi allée voir « Dune » samedi, place gratuite pour l’occasion — autant dire que j’en ai profité.
Et …. c’est un excellent film. Mais ce ne sont pas les premières lignes Dune qui suivent, même si  je le relirais peut-être pour la énième fois, pourquoi pas.

 » — Tout est prêt ?
— Non. Figure-toi que tout cela est le fruit de ton imagination et que j’ai passé la journée à me tourner les pouces en me gavant de miel.
Tash était en train d’ajuster la corde pour que son extrémité nouée affleure pratiquement le fond de la fosse.
— Un peu plus bas, indiqua Gravell.
— Je ne suis pas aveugle !
— Il faut que tu vérifies.
Tash se tourna vers Gravell.
— Je sais très bien ce que j’ai à faire.
Gravell devenait toujours très pénible et pointilleux à ce stade et Tash se rendait compte seulement maintenant que c’était probablement dû à la peur. Tash n’en menait pas large non plus, mais savoir que Gravell était sur le point de se pisser dessus n’arrangeait pas les choses.
— T’es pas nerveux, quand même ? demanda-t’elle.
Gravell marmonna :
— Pourquoi je serais nerveux ? C’est toi qu’il chopera en premier. Lorsqu’il aura fini de te boulotter, je serai déjà loin.
C’était juste. Tash servait d’appât. Elle attirait le démon dans le piège et Gravell se chargeait de l’achever.
Tash avait treize ans et jouait le rôle d’appât depuis que Gravell l’avait achetée à sa famille, quatre ans plus tôt. « 

Les Voleurs de fumée, tome 1 par Green

Premier tome de la trilogie « The Smoke thieves », Les voleurs de fumée, ce roman éponyme introduit l’univers dans lequel vont évoluer les différents protagonistes. Sally Green, connue pour sa série Half Bad, adopte une technique efficace de points de vue alternés, jonglant avec ses cinq personnages, moins que dans le Trône de Fer de GRR Martin, auquel Les Voleurs de Fumée est très souvent comparé, ce qui me paraît un peu exagéré. Il reste que l’intrigue est elle aussi efficace et donc, prenante. On entre tout de suite dans l’action avec la scène de la chasse aux démons, qui produisent la fameuse fumée, quand ils meurent. Mais qui sont donc ces démons ? D’où viennent-ils ? La réponse ne se trouve pas dans ce premier tome mais à mon avis, on en saura beaucoup plus dans le second.
Ici, on s’attache aux destinées et aux parcours de personnages bien distincts qui ne sont pas amenés à se croiser, a priori. Sauf que, évidemment, tout va les rassembler.
L’histoire n’est pas hyper complexe mais bien addictive et très bien menée. Un bon story-telling, donc, doublé de personnages bien écrits, avec intelligence. Bref, les pages se tournent les unes après les autres à un rythme soutenu.
De la bonne fantasy. 
Et ensuite ? La suite, la suite !
(le deuxième tome vient de paraître en français, ça tombe bien).

Résumé : Une princesse visionnaire qui ne laissera personne lui dicter sa conduite.
Un soldat idéaliste déchiré entre son cœur et ses devoirs.
Une chasseuse intrépide traquant la plus dangereuse des proies.
Un traître déterminé à venger le sang de son peuple.
Un voleur insaisissable qui multiplie les faux-semblants.
Un monde immense et magique au bord du chaos, dont la clé se trouve peut-être au fond d’une bouteille de fumée…

 

Les voleurs de fumée – Sally Green

  • Éditeur : J’ai lu
  • Date de sortie : 6 janvier 2021
  • Prix éditeur : 16,90 €
  • Broché : 480 pages
  • ISBN-10 : 2 290 179 310
  • ISBN-13 : 978-2290179314

 

 

Premières lignes — 13 septembre

    » Couchée à plat ventre dans la boue, sous le caillebottis de bois contre les vieilles pierres du mur, Sancia Grado songeait que sa soirée ne se déroulait pas comme prévu.
Tout avait pourtant bien commencé. Grâce à ses faux identifiants, elle avait réussi à s’introduire dans le domaine des Michiel sans difficulté ; les gardes des premières portes lui avaient à peine accordé un regard.
Puis elle était arrivée au tunnel de drainage et…les difficultés étaient apparues. »

Je suis presque à jour dans mes chroniques et pour ces premières lignes .
Malgré une PAL qui ne fait que grossir (ça ne change pas), en voilà un aperçu, d’ailleurs (tout n’y est pas) :

Le roman dont je viens de citer les premières lignes se trouve en haut à gauche.
C’est un gros roman, le premier d’une trilogie, The Founders trilogy en VO, celle des Maîtres enlumineurs ici, que j’ai lu attentivement (je devais être fatiguée car je n’ai pas été rapide du tout dans ma lecture).
Rapidement, j’ai pensé à la comparaison assez facile avec les romans de Brandon Sanderson, à cause du système de « magie technique » mais au fil du roman, cette impression s’est quand même peu à peu dissipée. Oui, ça ressemble à du Sanderson, non, ça n’est pas du Sanderson. Mais c’est plutôt captivant (et j’ai quand même hâte de lire le tome 2).
Mais revenons à ces enlumineurs: l’action se déroule dans la cité de Tevanne, une grande ville d’inspiration Renaissance italienne revisitée (comme la série jeunesse de Mary Hoffman, Stravaganza, par ex.). Sancia est une jeune voleuse qui possède un don bien perturbant : elle peut ressentir les objets. Mieux : elle entend les enluminures. Mais que sont les enluminures ? C’est une technologie magique. Les maîtres enlumineurs codent les objets en quelque sorte, les programmant (=les enluminant) afin de leur donner des fonctions différentes. Ainsi une porte sera enluminée de façon à ne s’ouvrir que sous certaines conditions ;  l’enluminure d’ une flèche, la forcera à aller plus vite (la formule trichant avec la gravité). Mais les effets sont loin d’être utilisés infiniment car plus la formule est complexe, plus elle nécessite de nombreuses manipulations, avec des lignes et des lignes écrites dans d’énormes volumes — et malgré tout, le risque d’erreur est grand.
A Tevanne, quelques maisons marchandes regroupant quelques familles se partagent les richesses et le pouvoir. Elles cherchent à retrouver les vestiges de ceux qui ont disparu et qui, disent les légendes, maîtrisaient à merveille les enluminures : les hiérophantes. Ils auraient laissé derrière eux plusieurs formidables artefacts.
Un jour, Sancia est embauchée pour commettre un cambriolage. Elle ne sait pas du tout qu’elle va découvrir l’un de ces artefact et la clef – c’est le cas de le dire – de son avenir.
Car cet artefact se nomme Clef. C’est un objet…mais pas tout à fait.
A partir de cette découverte, elle va devoir s’allier avec d’autres, même les plus improbables. Elle va aussi devoir faire face à un passé douloureux (et je n’en dirais pas plus mais la construction du personnage de Sancia, sa psychologie, les thèmes abordés sont particulièrement bien menés).
Il y a d’excellents moments d’action, dans ce premier tome, de très bons personnages, pas seulement Sancia mais aussi tout le petit groupe qui l’épaule, autant des hommes que des femmes et même des « objets ». Certains passages ne connaissent aucun temps mort. Quant au système de technologie magique, il est vraiment captivant. Mon seul bémol vient des (trop) longs passages explicatifs qui viennent briser le rythme. je dirais qu’on a compris la première fois, je ne vois pas le bénéfice de répéter « alors ici, l’influence sur la masse permet de ….et c’est reparti, blablabla… »
C’est, sans aucun doute, ce qui m’a le plus agacé et qui a ralenti ma lecture, surtout vers la fin du roman (je n’arrivais pas à le terminer alors que je voulais à tout prix savoir!).
Mais ce n’est pas un très gros reproche car j’ai vraiment bien accroché à ces enlumineurs et j’ai vraiment envie de lire le deuxième tome : Le retour du hiérophante. 

The Founders trilogy, tome 1 : Les Maîtres enlumineurs par Bennett

Une très belle découverte (et je remercie les éditions Albin Michel Imaginaire pour le SP)

Résumé : Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés

Premières lignes — 30 août

 » Materena aime bien les films d’amour.
Quand il y a un film d’amour à la télévision, Materena s’installe sur le canapé, croise les mains, et ne quitte pas l’écran des yeux. Elle ne balaye pas, elle ne repasse pas, elle ne se coupe pas les ongles des pieds, elle ne range pas ses linges. Elle ne fait rien d’autre : elle regarde son film.
Les films d’amour chavirent le coeur de Materena et il lui arrive même d’imaginer qu’elle est l’héroïne. « 

Contrairement à ce que laissent penser ces premières lignes , L’arbre à pain n’est pas une romance. Il y est question de sentiments, et même de mariage, puisque c’est le fil rouge qui relie tous les chapitres, envisagés comme des tranches de vie tout au long du roman. Mais ici, rien n’est sirupeux ou mièvre. Bien au contraire.
Et pourtant en nous plongeant dans le quotidien de Materena, de sa famille (et elle est vaste, comme on pourra le constater), Célestine Hitiura Vaite réussit à nous transporter au sein de la société tahitienne.
C’est un roman particulièrement chaleureux, émouvant, teinté parfois de nostalgie, d’un brin de tristesse mais toujours amusant que signe l’autrice polynésienne. L’arbre à pain est aussi le premier d’une trilogie avec Frangipanier et Tiaré, tous parus aux éditions Au Vent des Iles Pacifique puis en poche chez 10/18.
J’ai adoré de bout en bout ce roman, truffé de vocabulaire tahitien (il y a un lexique à la fin).

Un gros coup de coeur, donc.

Chroniques de Tahiti, tome 1 : L'arbre à pain par Hitiura Vaite

Résumé : Vivez le quotidien d’une famille tahitienne drôle, attachante et haute en couleurs.
Chronique d’une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti, L’Arbre à pain nous plonge dans le quotidien de Materena, mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, au franc-parler  » local  » et aux rêves simples. Dans ce premier volet de la trilogie, la succession des récits, authentiques et tendrement drôles, est cousue de fil blanc… celui de la robe de mariée de Materena qui rêve d’une bague au doigt et d’un certificat de mariage encadré au mur. Son tane, Pito, en mâle primaire, entre bière et copains, ne veut rien entendre et résiste. Au risque de se voir réclamer à tout moment de rentrer chez sa mère… Un roman truculent, délicieux de vérité et d’émotion, qui décrit l’art de vivre au fenua et l’amour à la tahitienne dans un style vif et plein d’humour.

L’Arbre à Pain
(Chroniques de Tahiti – 1)
Célestine Hitiura Vaite
Henri Theureau (Traducteur)408 pages
Éditeur : 10-18 (20/05/2021)

 

 

Premières lignes – 23 août

Premières lignes d’un roman qui m’a totalement captivée :

 »

1

Commençons par la fin : je dégringole du pont du navire dans les ténèbres tempétueuses, le souffle coupé par l’effroi de la chute, ma caméra s’envolant sous la pluie…

2

Envolez-moi. Des mots griffonnés sur une vitre quand j’avais treize ans. je me suis reculée, laissant tomber le marqueur, et je me rappelle encore l’exubérance de cet instant, cette sensation dans ma poitrine, semblable à un reflet de lumière sur du verre brisé….

3

Suis-je remontée à la surface ? Le froid est paralysant, il n’y a rien d’autre que le froid… »

Emily St John Mandel a réalisé un formidable roman en le structurant de façon non linéaire et en multipliant les points de vue sans qu’à aucun moment on ne se sente perdu.e. L’hôtel de verre début donc par la fin puis va suivre pendant un temps la vie de Paul, étudiant souvent accro’ aux drogues, qui rejoint sa demi-soeur Vincent. Ensuite, l’autrice introduit Walter, gérant d’un somptueux hôtel de luxe perdu sur l’île de Vancouver. Peu à peu, nous faisons la connaissance de Leon, un cadre dans le transport maritime et de Jonathan Alkaitais, milliardaire (et propriétaire de l’hôtel) qui propose à Vincent, alors barmaid à l’hôtel, de partager sa vie. C’est à ce moment que tous les fils se relient et que le thème principal se met en place. Jonathan a en effet fait fortune de la même manière que Bernard Madoff , avec un système d’escroquerie de type pyramide de Ponzi . Il va entraîner dans sa chute les gens autour de lui (dont les personnages que nous avons déjà rencontrés) et des milliers de gens. Quant à lui, nous allons continuer à le suivre en prison. A cet instant, l’autrice joue avec l’imaginaire de Jonathan et les réalités alternatives, les « contrevies », dans lesquelles tous les personnages auraient pu mener d’autres vies….

C’est toujours habile, très bien écrit, jamais fouillis. On est scotché de la première page à la dernière. Emily St John Mandel boucle la narration avec une maîtrise impressionnante. J’ai envie de dire qu’on referme le livre avec regret.

J’avais déjà beaucoup apprécié Station eleven (lu il y a juste 1 an ) qui relate l’histoire d’une pandémie mais celui-ci, très différent, me semble un roman encore mieux maîtrisé.

Je recommande fortement cette autrice, un vrai coup de coeur.

Emily St. John Mandel, trad. Gérard de Chergé – L’hôtel de verre – Payot-Rivages – 9782743651657 – 22 €

Premières lignes – 16 août

 » Depuis plusieurs jours, je suis hanté par la montagne ou plus exactement le souvenir de mon été dans les montagnes. un été norvégien, c’est ainsi que je l’ai baptisé. Chaque fois que ce lieu et cette saison me reviennent en mémoire, je pense aussitôt à Pan, le roman de Knut Hamsun, et je pense également à l’amour. « 

Avec ces premières lignes, l’auteur donne exactement le ton de ce roman qui s’apparente d’ailleurs plus à un recueil de souvenirs (quasi une autobiographie sans le dire) qu’à une oeuvre de fiction.
Nous sommes transportés à l’été 1978. Haraldur (Halli) est islandais et, avec un ami à lui, il se fait embaucher e, Norvège, pour travailler sur un chantier, dans les montagnes. Chaque week-end, les deux compères vont faire la fête à Oslo, se saouler, faire des rencontres…
Haraldur écrit déjà des poèmes et songe sérieusement à faire de l’écriture son métier. Il est impliqué en politique, comme le sont beaucoup de jeunes gens à cette époque ( communisme, anarchistes, etc…). Il pense économiser son salaire gagné en Norvège et voyager. Il fait alors une rencontre impromptue : Inga dont il tombe amoureux.

Roman initiatique, un peu, L’été norvégien oscille entre le passé et le présent, les réflexions de l’auteur sur sa jeunesse, sur la littérature aussi. Parfois, ses interventions m’ont semblé un peu intrusives ; je veux dire par là que j’aurais préféré qu’il déroule le récit de son personnage (lui-même en Haraldur) plutôt que d’intervenir de façon un peu brusque et parfois, quelque peu artificielle (du genre : « attention, je reviens vers le passé, je vous en parle tout de suite mais …blablabla… »). Beaucoup de digressions, donc, qui donnent parfois un côté brouillon (peut-être pour accentuer la nostalgie, le regard du narrateur du présent sur celui du passé….) Bien sûr, il s’agit du choix narratif de l’auteur mais je l’ai trouvé un peu fastidieux. Pour le reste, tout est intéressant. On assiste à quelques anecdotes assez amusantes de la part de ces Islandais mi-hippies mi-punks (j’ai quand même trouvé qu’ils étaient quand même assez proches encore de l’esprit de 1968 plus que de celui des Sex Pistols).

Une lecture que j’ai appréciée, malgré le point délicat dont j’ai parlé et qui peut désorienter si on ne s’accroche pas. Peut-être pas le meilleur roman dEinar Már Guðmundsson, mais à découvrir.

Résumé :

Été 1978 : Haraldur et Jonni prennent la route. Ils sont jeunes, islandais, pétris d’idéaux, poètes en devenir, fêtards et amateurs de Bob Dylan. Leur voyage doit les mener jusqu’en Inde, en passant par Taormine, où Halldór Laxness a écrit son premier roman. Jonni a été clair : il faut s’arrêter en Norvège, le temps de rassembler un bon pécule. Embauchés dans les montagnes, les deux amis squattent chaque fin de semaine à Oslo, où la bière est en vente libre.

En cet été norvégien, Woodstock résonne encore, on s’affronte toujours entre maoïstes et trotskistes, le punk rock fait ses débuts, Haraldur lit Kerouac, disserte sur Chet Baker et John Coltrane, écrit ses premiers textes… et tombe amoureux d’Inga.

Premières lignes – 9 août

Premières lignes

 » June Bourdoncle avait décidé que les barrières de sécurité ne la concernaient pas. de toute façon, il n’y avait personne pour la voir fouiller dans les décombres.
De l’Ecole des Allumettes Hurluberlu, il ne restait plus une pierre debout. Même la fontaine du Dragon au fond de la cour avait été détruite, ce qui était follement triste parce que c’était un vrai dragon, ainsi qu’elle avait pu le constater. « 

Cette suite de Magic Charly, je l’attendais avec impatience. Le premier tome met en place un univers magique habile et malin, bourré d’humour à la Pratchett et de tendresse, avec quelques petites références à Harry Potter bien placées.
Ici, on retrouve notre duo de choc, Charly et Sapotille, dans un beau pétrin (et ça ne va pas s’arranger…). Mais aussi : June et une flopée de personnages secondaires tous aussi bien caractérisés les uns que les autres. Côté nouveautés, c’est un vrai bonheur : licornes snobs, poulpiquets, petits poissards, duels d’épouvantails, courses de citrolles à la Mario Kart…
On en apprend un plus au sujet de certains personnages comme Maître Lin (et comme c’est bien vu et bien dit !), ou sur le background d’autres (la famille de Sapotille, quel twist…).

Le deuxième tome est donc aussi bien fait si ce n’est plus que le premier. Ici, Audrey Alwett en conteuse chevronnée boucle un peu plus de 500 pages au cours desquelles elle réussit à aborder des sujets sérieux ( harcèlement, pauvreté, injustice sociale, société inégalitaire, mais aussi sexisme, racisme, grossophobie, et d’autres encore) avec finesse sans jamais enfoncer le clou. C’est pour cette raison que le roman peut s’adresser, à la façon des Harry Potter,à un public plus jeune aussi bien qu’à des adultes, chacun/e y trouvera ce qu’il/elle veut.

J’ai vraiment savouré chaque page de ce deuxième tome et j’ai retardé le moment de le refermer.
Les dialogues sont succulents ; tout est bien trouvé…. Si, en plus, on me dit que Guérande est une cité à demie magicière, alors je ne peux qu’approuver ; je l’avais déjà remarqué… 😉

Un gros coup de coeur pour ce tome 2 après avoir eu un premier coup de coeur pour le premier, est-ce possible ? L’une des meilleures séries fantasy jeunesse françaises actuelles.

Résumé : Saint-Fouettard ! C’est dans cette sinistre institution pour jeunes magiciers indisciplinés que sont envoyés Charly et Sapotille. Alors que des forces malfaisantes œuvrent pour prendre le contrôle de la magie, les deux amis sont plus que jamais déterminés à agir. Mais comment lutter quand on n’a aucun sortilège sous la main ?

Et un de plus dans le Challenge de l’Imaginaire


Premières lignes – 2 août

Premières lignes pour ce début août

 » Beth apprit la mort de sa mère de la bouche d’une femme qui tenait un bloc-notes. Le lendemain, son portrait parut dans le Herald-Leader. La photo, prise sur la terrasse de la maison grise de Mapplewood Drive, montrait Beth vêtue d’une robe de coton toute simple. A l’époque déjà, elle était tout à fait quelconque. « 

De même que pour « Mon amie Adèle », j’ai commencé par regarder la série — qui est à la hauteur de sa réputation et qui vaut vraiment le visionnage — et j’ai trouvé le roman récemment à la bibliothèque.

Pour rappel, « Le jeu de la dame » (The Queen’s gambit ») est sorti en 1983. La première traduction française date de 1990. Avec le succès de la série TV, les éditions Gallmeisteir proposent donc cette année une nouvelle traduction avec une très belle couverture, comme toujours chez cet éditeur (heureusement, mon exemplaire n’avait pas le bandeau « série trucmuche… »).
On découvre donc dès le début la petite Elisabeth, dite Beth, Harmon, qui devient orpheline. Placée dans une institution, elle reçoit sa dose de calmants par jour : l’intrigue se situe dans les années 1950, et pour que les enfants placés à l’orphelinat restent calmes, on leur prescrit différents médicaments qui ne sont pas détaillés dans le roman. Très vite, Beth, comme ses camarades développe une addiction à ce que le personnel et les enfants appellent « les vitamines ». A huit ans, elle tombe par hasard sur l’homme à tout faire qui joue à un jeu étrange et fascinant. Peu à peu, il lui permet d’apprendre… Et tout s’enchaîne. Beth apprend les échecs et se prend d’une passion pour le jeu. Jeune prodige, elle ne vit que pour cela. Sauf que… A un moment, les pilules magiques cessent.
Le roman suit Beth au fil de son enfance et surtout de son adolescence, de sa difficulté à se passer de béquilles comme les médicaments ou l’alcool, que ce soit pour jouer aux échecs ou simplement pour vivre. De partie d’échecs en tournois, de victoires en difficultés accrues, le livre de Walter Tevis est lui aussi terriblement addictif. Et il n’y a pas besoin de connaître les échecs pour suivre ce qui s’y passe, même si, à mon avis et pour connaître des joueurs, ça doit aider. Disons qu’en sachant à peu près le déplacement des pièces et le principe du jeu, ça passe amplement. Les gens qui jouent aux échecs ont noté plusieurs invraisemblances et quelques erreurs.
Par contre, les parties sont tellement bien décrites que tout se lit comme un thriller.

En comparant le livre à la série, il existe quelques petites différences ( le début de sa relation avec Jolene ; l’importance de Townes qui disparaît assez vite du paysage dans le roman ; la description de Benny ; quelques détails à la fin, par ex.) mais l’ensemble reste très fidèle. Je pense également que le côté addiction a été vraiment mis en avant dans la série alors que, même s’il est présent et réel, il n’est pas toujours décrit avec autant de netteté dans le livre.

Pour revenir au roman, malgré mon visionnage qui datait d’il y a quelques mois à peine, j’ai été complètement absorbée par ma lecture que j’ai bouclé en un week-end sans souci (quelques 400 pages). Cela ne m’arrive pas tous les jours, surtout en ce moment où j’ai tendance à prendre mon temps, ou même à traîner quand les livres me lassent…

De là à dire que ça se lit tout seul, c’est presque ça 😉

Résumé : Kentucky, 1957. Après la mort de sa mère, Beth Harmon, neuf ans, est placée dans un orphelinat où l’on donne aux enfants de mystérieuses ”vitamines” censées les apaiser. Elle y fait la connaissance d’un vieux gardien passionné d’échecs qui lui en apprend les règles. Beth commence alors à gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond où les pièces se bousculent à un rythme effréné. Plus rien n’arrêtera l’enfant prodige pour conquérir le monde des échecs et devenir une championne. Mais, si Beth prédit sans faute les mouvements sur l’échiquier, son obsession et son addiction la feront trébucher plus d’une fois dans la vie réelle.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Lady Butterfly & Co
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• Le parfum des mots
• Claire Stories 1, 2, 3
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les lectures de Val
• Le petit monde d’Elo
• Les paravers de Millina
• Mon P’tit coin de lectures
• Critiques d’une lectrice assidue
• sir this and lady that
• Livres en miroir


Premières lignes – 26 juillet

Premières lignes

« Assise à l’intérieur d’un salon de thé londonien, deux élégantes regardent avec un léger dédain une silhouette plantée sous la pluie.  » C’est ce vieux minable avec son sifflet ! » dit l’une. un feutre cabossé rabattu sur les yeux, l’homme tente de se faire entendre : « J’suis un antéchrist! ».

Cet essai, je voulais le lire depuis longtemps. (et voilà Masse Critique et Babelio qui me permettent de le lire). Pourquoi ? parce que j’en avais entendu parler encore et encore. Pop culture, musique, histoire du XXème siècle, Sex Pistols etc…

C’est donc avec plaisir que j’ai ouvert « Lispstick traces – une histoire secrète du vingtième siècle » de Greil Marcus, un essai qui mêle des éléments historiques, sociologiques, culturels et du rock dans une tentative qui se veut originale.
Mais — car il y a un « mais » dans l’affaire » tenant surtout au sous-titre, la fameuse « histoire secrète du vingtième » — le résultat n’est pas réellement à la hauteur des ambitions de l’auteur.
Le livre démarre avec mouvement punk , la première vague originelle de 75/77 en Angleterre, et en particulier la figure de Johnny Rotten/John Lydon, leader des Sex Pistols. De fil en aiguille, l’auteur en vient à le relier de manière plus ou moins limpide, à des différents courants intellectuels européens ou comme le dadaïsme, la pensée de Karl Marx, les situationnistes, Guy Debord… Greil Marcus développe ensuite l’idée qu’il existe un rapport invisible entre ces différents mouvements qui partirait de certaines hérésies du Moyen Age telles que l’Anabaptisme de Jean de Leyde à Munster, une secte protestante.
En gros, c’est le fil conducteur qui est développé tout au long du livre. Pourquoi pas même si c’est, je dois dire, un peu tiré par les cheveux et surtout, très souvent, peu convaincant. A la limite, cela pourrait être intéressant, car l’auteur est très documenté : le livre est bourré de références (livres, anecdotes, etc…)…. malheureusement souvent obscures, et répétitives.
Ce qui concerne la musique (la pop, le punk), est assez connu (du moins, je n’ai pas appris grand chose, pour ma part, mais je connais assez bien le sujet). Par contre, tout est entremêlé de digressions philosophiques, vaguement sociologiques (de loin, de très loin), sans qu’une structure nette ne s’en dégage. En fait, il n’est pas si facile d’écrire un essai clair… Et à cet exercice, Greil Marcus est à côté de la plaque ; il se noie dans des paragraphes qui, parfois, n’ont pas de sens.
Bref, une jolie déception au bout du compte. Comment disait Malcolm McLaren au sujet des Sex Pistols, qu’il avait largement créés, déjà ? The great rock’n’r roll swindle ? Je ne pense pas que les Pistols étaient une grande escroquerie mais ce livre, « Lipstick Traces », par contre…. 😭

Résumé : Il y a une figure qui apparaît et réapparaît tout au long de ce livre. Ses instincts sont fondamentalement cruels ; sa manière est intransigeante. Il propage l’hystérie, mais il est immunisé contre elle. Il est au-delà de la tentation, parce que, malgré sa rhétorique utopiste, la satisfaction est le cadet de ses soucis. Il est d’une séduction indicible, semant derrière lui des camarades amers comme Hansel ses miettes de pain, seul chemin pour rentrer chez soi à travers un fourré d’excuses qu’il ne fera jamais. C’est un moraliste et un rationaliste, mais il se présente lui-même comme un sociopathe ; il abandonne derrière lui des documents non pas édifiants mais paradoxaux. Quelle que soit la violence de la marque qu’il laissera sur l’histoire, il est condamné à l’obscurité, qu’il cultive comme un signe de profondeur. Johnny Rotten/John Lydon en est une version ; Guy Debord une autre. Saint-Just était un ancêtre, mais dans mon histoire, Richard Huelsenbeck en est le prototype.»
Lispstick traces – Greil Marcus – Folio

Premières lignes – 19 juillet

Premières lignes d’un deuxième tome assez attendu (je vous invite à relire les Premières Lignes du tome.1 tant la construction est intéressante)

 » Fie mettait trop de temps à trancher la gorge de la fille. Ce n’était pas le geste en sou ; depuis qu’elle avait pris la tête de sa bande de Corbeaux, voilà trois semaines, Fie avait accordé la charité à plusieurs reprises. Tavin lui avait dit, la lune précédente, que malheureusement tuer devenait plus facile à la longue. Trop de vies s’étaient achevées au bout de sa lame pour qu’elle le nie.

Non, si ça coinçait à présent, c’était à cause de la pécheresse elle-même. « 

Merciful Crows, tome 2 : L'aigle impitoyable par Owen
L’Aigle Impitoyable T.2

Résumé :

L’alliance improbable de la cheffe d’un clan de parias et d’un prince rebelle contre une reine impitoyable !
Désormais chef des Crows, Fie espère que le Prince Jasimir tiendra sa promesse en protégeant sa caste. Mais le jour où une fumée noire envahit le ciel pour annoncer la mort du roi Surimir, elle comprend que le pire est à venir. Car la Reine Rhusana est prête à tout pour s’emparer du trône laissé vacant, y compris à semer la mort. De nouveau menacés, les Crows sont forcés de se cacher ou de fuir le pays pour lui échapper.

Fie, elle, est déterminée à l’empêcher de nuire. Mais pour contrecarrer ses plans, elle doit plonger au cœur des secrets anciens des Crows, des secrets qui pourraient sauver son peuple… ou mettre le monde à feu et à sang.

Ce deuxième et dernier tome, (il s’agit d’une duologie et c’est très bien ainsi), L’Aigle Impitoyable débute trois semaines après la fin des événements du premier tome de Merciful Crows. La bande des Corbeaux bénéficie à présent d’une protection de la part d’Aigles (menée par une femme forte, Lakima). On retrouve Fie, devenue cheffe. Elle accompagne Pa dans l’un des sanctuaires afin qu’il y trouve une place… Et là, peu à peu, la vérité sur la réelle nature de Fie se dévoile peu à peu. Car qui est-elle ? L’autrice nous a bien fait sentir dès le premier tome que cette jeune personne avait des capacités un peu spéciales. Avec ce deuxième tome, elle nous révèle lentement de nouveaux éléments sur les dieux morts de Sabor ainsi que la naissance des castes (Hiboux, Grues, Moineaux, Aigles, Mouettes, Cygnes, Corbeaux, et j’en oublie puisque le nombre total est de 12, un beau chiffre magique). C’est donc un deuxième tome encore plus détaillé, plus intéressant, que nous livre Margaret Owen.
Et ce n’est pas tout : tout au long des pages, on va de rebondissements en rebondissements. Le jeu politique est assez présent avec le renversement du roi (le père de Jasimir, le prince rencontré dans le premier tome) et le coup d’état de la « sorcière » Rhusanna.
Et puis, il y a l’histoire d’amour entre Fie et Tavin, bien mise à mal au milieu de toutes ces péripéties. Même si on peut se douter de certains retournements, c’est extrêmement efficace… (chut, je me tais).
Malgré certaines scènes assez dures, comme dans le premier volume, l’humour est toujours bien présent. Les personnages gagnent en épaisseur et en maturité à l’exemple de Fie.
Une fois encore, il n’y a guère que le jeune âge des personnages qui empêchent de classer cette série dans la fantasy adulte tant les thèmes ou les scènes sont peu classées « jeunesse » (j’ai presque envie de dire « tant mieux » car cela évite certaines niaiseries qu’on peut lire ici et là).
Un deuxième tome particulièrement réussi, donc.
Si j’avais bien aimé le premier, celui-ci m’a convaincue du talent de Margaret Owen. Merciful Crows, une série fantasy YA à découvrir que je conseille !

Fie – dessins de l’autrice sur son Tumblr
Rhusanna

Et bien sûr, il rejoint le Challenge de l’Imaginaire.