Premières lignes – 25 novembre

Quoi, moi, en retard ? Mais non, presque pas 😉

Voici mes premières lignes 

« Tour de Londres – mars 1554

Des courants d’air froid entraient par les fenêtres cruciformes de la tour Bell et les feux ne parvenaient guère à les combattre. la salle était éclairée par un soleil blafard qui seul filtrait à travers  les alcôves et par l’éclat tremblant des cheminées, qui baignaient les murs de pierre et le pauvre mobilier d’un désespoir grisâtre. Des lieux sans joie, mais la tour de Londres n’était pas conçue pour la joie. « 

Après avoir été un peu déçue par les aventures de Lady Trent (un schéma bien répétitif et une intrigue qui tire en longueur sans beaucoup de rythme malgré le thème des dragons), j’ai décidé de me lancer dans cet autre roman de Marie Brennan, Minuit jamais ne vienne, premier tome de La cour d’Onyx….et j’ai eu raison. Déjà, il y a la base historique, solide : l’action se déroule sous le règne d’Elisabeth 1ère ( la fille de Henry VIII d’Angleterre). C’est une période que j’affectionne et sur laquelle je me suis déjà bien renseignée. Pas de surprises, donc.
L’autre facette, c’est cette double cour, celle des faes (ah, le royaume de Faëry !), menée d’une main de fer par la reine Invidiana, la terrible reine fée qui a passé un pacte avec la reine humaine, Elisabeth. Le roman de Marie Brennan regorge de références au folklore  magique et aux créatures fantastiques. On y retrouve les brownies, les kelpies  mais aussi des créatures des eaux (et là, c’est un bonheur d’avoir lu Harry Potter et les animaux fantastiques, par ex). Le Père Tamise fait également son apparition, ce qui m’a fait penser à la Mère Tamise dans Les rivières de Londres de Ben Aaronovitch, un bon roman ado de fantasy urbaine où les créatures magiques côtoient les humains. Une fois de plus, la Chasse sauvage fait son apparition ( on ne compte plus les romans, les séries ou les jeux vidéos qui y font référence).
Tous ces éléments trouvent leur place dans l’histoire, étoffant l’intrigue de manière brillante sans la surcharger ni paraître inutiles.
Une autre élément, et non des moindres, à ajouter : la reine Invidiana tire son prénom de « invidia« , l’envie, une déesse romaine de l’envie et de la jalousie (invidere, en latin) qui devient plus tard l’un des sept péchés capitaux. Les révélations qui sont faites au sujet du personnage de la reine des faes prennent encore plus de sens – mais je n’en dirais pas plus sous peine de dévoiler une bonne partie de l’intrigue.  Le changement de son prénom lors de son accession au pouvoir, avec les autres conséquences liées au choix qu’elle a fait,  paraît également très logique (de :  suspiria :  le soupir, la respiration —  à invidia — l’envie).
Une intrigue qui est bien déroulée, d’ailleurs, sans baisse de rythme. La narration est parfois complexe : souvenirs de certains personnages et retours en arrière, il est plus prudent de bien faire attention aux dates qui sont données. Mais, en général, on ne s’y perd pas.
Les personnages, qu’il s’agisse des principaux ou des secondaires, sont suffisamment étoffés. Le roman se lit donc bien et est plus agréable que Lady Trent, à mon goût, avec des passages joliment poétiques.
Enfin, le titre fait référence au Faust de Christopher Marlowe, le contemporain de Shakespeare, espion, homosexuel, et hérétique, dont la mort est entourée de mystère. le personnage a souvent inspiré les auteurs ( on le voit apparaître par ex. dans le second tome  de Deborah Harkness : L’école de la nuit).

Les vers de Marlowe : 

 » Ô Faust !

Maintenant tu as à peine une heure à vivre sur terre,

Et après cette heure, tu seras damné peur toujours.

Arrêtez-vous, ô vous, sphères du ciel toujours mouvantes,

Oh ! que le temps cesse, et que minuit ne vienne jamais ! »
(monologue )

Un roman qui se lit donc comme une enquête, ou comme pour la reconstitution historique, ou pour le côté surnaturel — ou pour tout cela à la fois. Pour les personnes aussi qui ont aimé le Roi-Corbeau de Susanna Clarke dans Jonathan Strange et Mr.Norrell. (il y a des parallèles à faire avec les fées de Clarke et celles de Brennan).

Pour ma part, j’ai très envie de lire le suivant.
(il faut juste ignorer la mocheté de la couverture qui n’est vraiment pas une réussite).

La cour d'Onyx, tome 1 : Minuit jamais ne vienne par Brennan

Résumé :

« Fin du XVIe siècle, l’Angleterre prospère sous le règne d’Élizabeth, première du nom et dernière monarque de la lignée des Tudor. Sous Londres s’étend le palais tentaculaire d’Invidiana, la reine des fae, qu’elle gouverne en maîtresse inflexible. Son pouvoir est le reflet ténébreux de la gloire éclatante dont s’entoure la dernière des monarques Tudor. Dans ce palais d’Onyx, les fae n’ont pas à craindre le fer et la foi chrétienne que les mortels utilisent contre eux pour se protéger de leurs méfaits. Depuis trente ans, les affaires des deux cours sont toutefois étroitement liées. Un pacte mystérieux, tragique peut-être, unit les deux souveraines. Car si, chez les mortels, rois et amours sont éphémères, les fae les jalousent pour les passions qui animent leur vie. Un courtisan humain et une fae en disgrâce découvrent peu à peu les alliances et les trahisons qui gangrènent les deux trônes. Ensemble, ils ont une chance de révéler la source du pouvoir d’Invidiana et, peut-être, de rétablir un peu de justice, d’harmonie et de confiance dans une société de haine et de violence. « 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Lady Butterfly & Co
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les lectures de Val
• Le petit monde d’Elo

Premières lignes – 17 novembre

Premières lignes (en retard)

Je bois un café en attendant que la chimie se diffuse dans l’organisme du patient, jetant de rapides coups d’oeil aux écrans de monitoring entre deux aspirations de liquide bouillant. Tout semble normal, respiration, température, fréquence cardiaque…. D’un mouvement de tête, j’indique à François, mon assistant, qu’il peut installer la sonde respiratoire ainsi que le cathéter, au cas où nous aurions besoin d’administrer des médicaments en urgence. dès que le dispositif est mis en place, je me saisis d’un scalpel tout en regardant les radios affichées sur le mur lumineux, derrière la table d’opération.

J’ai lu beaucoup de romans de Didier Daeninckxun auteur que j’apprécie pour pas mal de raisons. Il écrit de très bons romans noirs et polars ( Le géant inachevé, , Le facteur fatal   , Le Der des ders, Métropolice), des romans historiques ( Meurtres pour mémoire  et le célèbre – et très étudié en cours dorénavant – Cannibale).  J’ai aussi une raison très personnelle d’aimer les livres de Daeninckx : ils racontent ce qui a été ma banlieue, la Seine-St-Denis, pendant un peu plus de 20 ans. Et rarement un écrivain en a parlé aussi bien. La précision des descriptions me ramène dans des lieux que je visualise aisément ; les gens qu’il décrit me sont familiers (la nostalgie, camarade).
C’est encore un fois le cas avec Artana ! Artana ! (le cri d’alerte des guetteurs dans les cités à l’approche de la police). On y voit un vétérinaire établi en Normandie revenir dans la banlieue où il a passé sa jeunesse pour enquêter sur la mort du fils d’une amie. La ville qu’il redécouvre a bien changé — c’est logique, cela fait des années qu’il a coupé les ponts. Or, la ville en question, c’est Courvilliers, un savant mélange d’Aubervilliers (pour la description des lieux, c’est Auber), La Courneuve (la ville mitoyenne), St Denis et Bagnolet (tout ça est très proche géographiquement, la banlieue dite de la petite couronne). On y retrouve aussi un certain Boisy-en-France qui ressemble étrangement à Noisy-le-Sec.
Toute la première partie du roman se lit avec attention, comme une enquête : on a envie de savoir ce qui se cache derrière le meurtre de Rayan, là-bas, en Thaïlande où il avait fait sa vie et quels sont les liens avec certains élus locaux pas très nets. Car on en apprend  des vertes et des pas très mûres, mais guère surprenantes en fait, sur la vie politique locale. Le roman est censé se dérouler en 2016 et il sonne de façon très actuelle, évidemment. Pour autant, tout ce que Daeninckx dénonce n’est pas nouveau quand on s’est intéressé à la vie publique locale.

 » Dans la fiction, les élus pactisent avec des caïds de la drogue pour conserver leur pouvoir. Si la démonstration n’était pas assez explicite, à la fin du « roman », il écrit : « En 2014, dans les villes comme Aubervilliers, Saint-Denis, Noisy-le-Sec, Bobigny, des têtes de liste aux municipales ont passé une alliance avec les bandits du secteur pour se faire élire ou se maintenir en place.
Il compose une galerie de personnages affublés de pseudo cousus de fil blanc. « Patrick Muletier », le maire de Courvilliers, « dont la plus grande des qualités a été d’épouser la fille du Commandeur », ressemble à s’y méprendre à l’ancien maire PCF d’Aubervilliers, Pascal Beaudet. Le Commandeur pourrait bien être le double de Jack Ralite.  » (source)

C’est sans doute ce qui m’a poussé à lire avec plus d’intérêt le roman qui s’effiloche un peu en cours de route. On perd de vue l’essentiel : la mort de Rayan, les retrouvailles avec sa famille et d’autres arcs plus intimistes qui auraient été intéressants à être développés. La fin est la plus décevante puisque tout paraît se « résoudre » en quelques pages  : une lettre de Rayan qui ne dit rien, finalement.

L’aspect documentaire a, à mon avis, trop pris le pas sur l’intrigue, ce qui donne un roman qui n’en est plus vraiment un. Il reste le style de Daeninckx que j’aime quand il veut se donner la peine d’écrire les gens et la cité, à la façon de Modiano : les énumérations de rues, l’importance de la géographie. Daeninckx est un vieux banlieusard : il habite le département depuis 65 ans, ça n’est pas rien. C’est un écrivain touché, ému, par ce qui se passe autour de lui. C’est ce qui rend son écriture sensible – et touchante.

Artana ! artana ! est un llivre qui parlera aux séquano-dionysiens, sûrement et aux curieux et curieuses mais qui ne tient pas toutes ses promesses quant à l’intrigue. Un bon documentaire, en fait. Pour les autres, mieux vaut se tourner vers se sautres oeuvres : il y a le choix, une bonne centaine.

Pour finir :

Une vidéo de Daeninckx qui parle des artistes d’Aubervilliers, de la créativité du 93 à Aubervilliers ; il y parle aussi de Norek, ex-flic et écrivain de polars ; on voit à quel point Daeninckx est passionné, ça fait du bien)

Un entretien avec Daeninckx

 

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Lady Butterfly & Co
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les lectures de Val
• Le petit monde d’Elo

Premières lignes – 9 novembre

Je vais peut-être réussir à bloguer à nouveau régulièrement, mon mal de dos affreux ayant tendance à se calmer (même si je dois faire gaffe et profiter de l’heure de sortie sous peine de crispation musculaire et autres blocages). Voilà pour cette semaine mes premières lignes

« Oural s’accouda aux créneaux de la forteresse, ses avnt-bras tatoués appuyés contre la pierre ocre et rugueuse, chaude de soleil. Le désert s’étalait depuis les remparts jusqu’à l’horizon tremblotant de chaleur. Difficile de s’imaginer qu’il y a encore quinze ans de cela une mosaïque de prés salés et de prairies inondées bordées de roseaux entourait la citadelle. La disparition des mers et des océans, par ricochets climatiques, avait métamorphosé cette région marécageuse en un chaos de roches basses, strié de crevasses, de sable fauve parfois vitrifié en coulures noires, et d’éboulis de terre rouge. »

Voilà un roman dont j’ai beaucoup entendu parler et que j’avais vraiment envie de lire. Le propos est très intéressant. On le comprend dès les premières lignes : les océans et les mers ont disparu suite à la catastrophe climatique. Les terres sont désolées, surchauffées et les pays sont incapables d’accueillir  des millions de réfugiés. C’est plus que du post-apo : c’est très actuel. La dimension fantastique s’installe alors : car les mers reviennent mais sous forme de marées fantômes accompagnées par tous les spectres des animaux marins avides de vengeance qui s’en prennent aux âmes des humains retranchés dans des bastions. Que faire ? Comment se protéger ? Certaines personnes ont développé des pouvoirs psi qui permettent de déployer de repousser ces revenants au moyen de « boucliers ». Considérés comme des êtres à part, ils sont précieux. Oural est l’un de ces exorcistes. Il a même tissé un lien spécial avec un dauphin fantôme.  La vingtaine, il mène une vie de privilégié et veille sur les habitants d’une citadelle comme un prince. Jusqu’au jour où un étrange navire pirate attaque le bastion et l’enlève. Son capitaine, Bengale, se révèle être un nécromancien. Il a un plan: sacrifier des âmes à un étrange Léviathan sous la banquise et rétablir les mers.

De là commence un long voyage et une histoire, celle des membres de l’équipage, mais aussi celle de Bengale et d’Oural à bord de ce Hollandais Volant d’un nouveau genre, mené par un capitaine Nemopost-apo. Mais les références sont nombreuses et l’image qui m’est revenue le plus souvent est celle du vaisseau de Day Jones dans Pirates des Caraïbes, un vaisseau qui, justement, guide les morts (le bateau de Bengale, le Naglfar transporte des âmes emprisonnées dans des cages).

D’ailleurs, le Naglflar est directement emprunté à la mythologie nordique. Il s’agit du « bateau des ongles »  et on retrouve cette notion dans « Mers mortes » –  qui est utilisé durant le Ragnarök (je me souviens qu’on en parle dans la Völuspa ).
Je pourrais encore citer d’autres références ; le Léviathan occuperait une large place (cachalot à la Moby Dick, créature à la Lovecraft ou serpent du Ragnarök comme Jörmungand ). 
A mon avis, tout ceci est très bien utilisé. L’histoire est bien faite, d’ailleurs et l’univers intéressant. On a vraiment envie de s’y plonger même si les créatures-fantômes sont effrayantes. L’aventure qui s’annonce dès les début paraît palpitante. Les deux personnages-clé, Oural et Bengale, sont plutôt bien définis et même si on sent immédiatement où l’autrice veut nous mener (ils vont être attirés l’un par l’autre  en dépit de leurs différences, de leur soi-disant répulsion etc, etc….), on n’a qu’une envie : savoir ce qui va se passer durant leur périple.
Sauf que….
(Et là déception.)
Le rythme retombe vite. Les récits des différents personnages qui viennent entrecouper l’action sont trop longs, bizarrement placés et franchement, mal agencés. Parfois, je me suis posée la question :  » A quoi servent-ils ? Pour le contexte ? Pour raconter le monde tel qu’il est devenu ?« . Le problème, c’est qu’il s’agit de monologues, et longs. Et, je vais le dire : ennuyeux. On en rajoute dans la souffrance humaine, dans la violence, dans la misère. Une fois, je veux bien, mais c’est encore et toujours les mêmes horreurs répétées à chaque récit.
Ensuite…
Les personnages :
ce n’est pas la première fois que je pointe le même point faible chez des romans Scrinéo, comme par hasard (j’ai eu  le même souci avec Rouille). Au départ, le roman a tout ce qu’il faut : l’histoire, l’univers. Le style est passable ou moyen. Mais les personnages ! A un moment, ce serait judicieux de donner de la cohérence dans leurs comportements, leurs actions. A un moment, il serait intéressant d’injecter un peu de maturité aux récits Young Adult et fantasy. Ce n’est pas parce que ce sont des romans qui s’adressent à un public plus jeune, qui mettent en avant des personnages plus jeunes qu’il faut bâcler l’écriture et la construction psychologique. Ici, le capitaine Bengale est censé avoir la trentaine, Oural la vingtaine, pourtant,  ils ont des attitudes immatures. On voit mal comment leur histoire d’amour peut évoluer aussi vite (le roman est malheureusement trop court pour bien développer une intrigue aussi riche).
Je ne parle pas du fait que le plus âgé ( Bengale) frappe le plus jeune (Oural) et que cela semble déclencher la fameuse attirance — je ne fais plus de commentaires, à ce stade. 😤🥴
J’ai failli refermer le livre lors de ce passage, d’ailleurs.

A un moment, en fantasy, en YA, il faut se poser les bonnes questions. Et quand on écrit des romances, aussi.

J’aurais aimé apprécier complètement cette histoire qui partait très bien — et dont j’ai adoré la fin, d’ailleurs. J’aurais aimé croire à ce lien entre Bengale et Oural. J’aurais aimé que les personnages aient une véritable épaisseur, que l’intrigue ne retombe pas comme des oeufs en neige mal battus. J’aurais aimé que tout le roman soit mieux développé.
Dommage.

Je le mets dans le challenge de l’Imaginaire.

 

Résumé : Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

 

Mers mortes par Wellenstein

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume

 

Premières lignes – 26 octobre

Premières lignes 

 « Ilya traversa la zone de transit de l’aérogare d’un pas décidé au milieu d’une foule bigarrée indifférente à ses préoccupations. habitué à fréquenter les aéroports du monde entier, lui-même ne prêtait en général que peu d’attention aux autres voyageurs. mais cette fois-ci dérogeait à la règle. « 

J’ai failli oublié de mentionner ce roman jeunesse que j’ai lu il y a quelques semaines. A relire les premières lignes, je suis encore plus mitigée, à vrai dire. Je trouve que le style n’est quand même pas terrible : cette accumulation d’adjectifs dès le début ;  » un pas décidé – une foule bigarrée, indifférente » – et tout ça dans la même phrase – et la première. Ouille !
Bref, je n’avais pas remarqué cela en lisant, concentrée sur l’intrigue qui, elle, est plutôt sympa. On suit Ilya venu vivre en Grande-Bretagne  chez une grand-mère qu’il n’a jamais rencontré. Il va fréquenter au lycée des adolescents qui ont certaines particularités, comme lui. Ils ont tous des pouvoirs spécifiques.
Tout ceci n’est pas un hasard et les péripéties s’enchaînent à un rythme soutenu.
Ce premier tome de Thunder fait penser aux X-men mais aussi à des séries comme Heroes, Misfits ou Alphas. L’auteur sème également de multiples références (aux Monty Python, par exemple : Palin, Cleese, Gilliam, j’ai souri…), à la mythologie grecque. Tout ça est très bien fait. L’humour est aussi présent.
Ce qui m’a moins enthousiasmée, et je l’ai souligné, c’est l’écriture, pas fantastique.
Avec un gros bémol : l’auteur emploie  l’expression passablement vieillie (et usante à la longue) :  « le jeune black » pour désigner un adolescent d’origine africaine. Dans ce cas, je rappelle qu’on peut simplement appeler les personnages par leurs prénoms, tout simplement, au lieu de faire des périphrases à la noix – et non, ce n’est pas redondant. (une parenthèse pour ajouter que c’est un peu une  spécialité française : à ce sujet, j’avais suivi une masterclass d’écriture et j’avais gagné en efficacité en supprimant les « la jeune femme au manteau vert dit alors » ou « le grand homme brun prit la parole » ☺️)

L’auteur fait aussi tenir un discours anti-raciste à l’une des ados (blanche) qui n’est pas non plus très utile. Disons que je voyais l’intention qui sous-tendait le propos mais tout ceci reste fort maladroit. Sans compter que cela n’a pas grand chose à faire dans l’histoire. Bref, des points faibles un peu gênants mais une histoire efficace. Du coup, cela donne envie de savoir la suite.

Thunder T1

 

Résumé : L’adolescence d’Ilya tournait autour de vacances au soleil, cours d’aïkido, d’écoles privées… et d’un père absent. Lorsque celui-ci meurt dans d’étranges conditions, le jeune Russe est entraîné dans un tourbillon trouble : qui est donc cette grand-mère avec qui il doit désormais vivre, et qu’il n’a jamais vue ? Alors qu’il essaie de s’intégrer et de trouver sa place dans cette nouvelle vie, lui et quatre autres élèves sont agressés par des étrangers masqués dans l’enceinte même du lycée. Conspiration ? Ennemi commun ? Assassins de son père ? Les réponses sont peut-être plus proches qu’il ne le pense…

 

Un roman qui entre dans le Challenge de l’Imaginaire

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume

 

Premières lignes – 19 octobre

Premières lignes 

« Alors, finalement c’était bien la vérité de Dieu que Hasma niquait avec le
Kabyle du deuxième, notre palier à nous autres. Depuis trois nuits déjà,
Inna se tenait l’œil en planque à travers une fente de la porte… Inna a
brutalement ouvert la porte. Sur le palier, Hasma bégayait des
explications confuses, une lampe de poche serrée entre les doigts… »

 

Méchamment berbère par Sif

Résumé : Dans le vieux Marseille des années 1970, la chronique d’une famille d’immigrés marocains.
La mère qui assume le quotidien, le père qui abandonne le domicile conjugal, le frère qui devient fou, une culture où se mêlent pauvreté, tendresse, violence et sorcellerie… Un destin familial qui devient, sous le regard lucide et plein d’humour de la narratrice, une truculente leçon d’humanité.

 

Premier roman de Minna Sif, Méchamment berbère a été publié en 1997. Il est ici repris dans Les poches du  Diable ( Au Diable Vauvert). Le récit, narré par l’une des trois soeurs ( ce « nous » persistant ») est axé autour des femmes de la famille berbère : la mère, Inna (=maman en berbère) et les fameuses trois sœurs, « méchamment » surnommées le Chameau, le Tonneau et la Merguez par le père qui sait à peine les distinguer et les considère donc comme une entité. Tout l’immeuble dans lequel vit la famille de la narratrice repose sur une dynamique féminine puisque les pères et maris sont absents.    Fuyant devant les responsabilités, ils sont partis sans laisser d’adresse,  ils ont parfois une autre famille ailleurs et ne donneront plus ou si peu de nouvelles.   Ou bien,   ils sont décédés suite à des accidents de travail.   Les frères ne sont pas mieux. Ainsi, les deux frères aînés des narratrices : l’un a changé de vie, changé de nom, reniant sa culture berbère, dénigrant aussi sa famille,  l’autre souffre de troubles psychologiques et ne veut pas se faire soigner, restant un poids pour la mère.
Quant au père, le Vieux, il n’existe que par le souvenir de la narratrice  puisqu’il a
rapidement abandonné sa famille à Marseille pour s’en retourner au Maroc. Il symbolise l’ancrage dans la culture traditionnelle.
Les femmes, elles, se tournent vers l’extérieur, vers ce nouveau pays, cette nouvelle culture  — les enfants font le lien entre les deux cultures. Les femmes constituent l’ouverture.
L’immeuble peuplé de femmes et d’enfants est situé — et c’est amusant de le noter — au 15 bd des Dames à Marseille. Encore un élément féminin.
Inna (maman) est donc le pilier de la famille, celle qui intervient durant les bagarres. Elle jure, elle a une stature puissante, une force de caractère forgée par une vie qui ne fait pas rêver : « mariée à 13 ans à un homme de vingt ans son aîné, enceinte dès la première année, mère de cinq enfants, battue, abandonnée par son mari qui prend deux autres épouses encore plus jeunes qu’elle.  »
Pourtant, Inna, une fois seule avec ses enfants, va se débrouiller. Et plutôt bien.  Une fois le mari parti, une fois la violence disparue, elle va prendre les choses en mains, en femme indépendante, bataillant même avec la paperasse et l’administration française.
Il faut ajouter qu’elle ne sait pas lire, comme la plupart des femmes immigrées de cette époque, et que ce sont ses filles qui se chargent de toutes les traductions (dans la vidéo ci-dessous, Minna Sif relate ce que cette expérience lui a apportée). 

Le récit est riche et malicieux, parfois drôle. La langue est habile, maîtrisée et agile. J’ai adoré l’utilisation par petites touches des termes en arabe dialectal et en berbère (il y a un lexique pour les personnes qui ne comprennent pas — et surtout, le texte n’en abuse pas si cela fait peur).  

Note perso : 

Je vais ajouter ma touche personnelle en disant simplement que ce récit m’en a rappelé bien d’autres, réels aussi, non écrits mais oraux. Ceux de personnes que je connais ou que j’ai connues. Il m’a rappelé des moments passés avec des gens que j’ai côtoyés, une part de ma vie, de mes amitiés, de mes galères aussi. Et c’est sûrement ce qui fait que j’ai refermé le livre avec un mélange de nostalgie et de tendresse. Je comprends qu’il n’en sera sûrement pas de même pour une personne n’ayant pas la même expérience. Mais selon les parcours de vie, Méchamment berbère est un récit passionnant, souvent poignant.

 

Et je remercie Babelio-Masse Critique et les éditions Au Diable Vauvert pour cette lecture, bien sûr.

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Lady Butterfly & Co
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les lectures de Val
• Le petit monde d’Elo

 

 

 

Premières lignes – 11 octobre

Premières lignes

« Introduction — Hiver
Il va sans doute bientôt neiger. elle regardera cette première neige par la fenêtre de sa chambre d’hôpital.
Je peux l’imaginer quittant son lit, glissant ses pieds dans ses pantoufles et s’approchant lentement de la fenêtre. je vois son petit visage pâle, le front qu’elle appuie contre la vitre froide, son visage sans expression ; elle aura enfoncé ses mains aux poignets fragiles dans les poches de son pyjama d’hôpital trop grand pour elle. Et quand elle se penchera vers la fenêtre en clignant des yeux, abaissant ses longs cils brillants qu’on dirait humides, le pendentif orné d’un griffon, suspendu à une chaîne d’argent fine effleurera sa clavicule. « 

Encouragez donc les garçons ! par Eun

 

Avec ce roman de Eun Hee-kyung  direction la Corée du Sud. Publié en 2010, 소년을 위로해줘, « Console le jeune garçon » (on voit déjà qu’il y a un problème de traduction mais je vais y revenir) est un beau roman sur l’adolescence, sur le fait de grandir, de trouver sa place dans la société la pression sociale, sur le fait d’être différent.e, sur l’amour, l’amitié, le manque de repères et comment s’en créer, la paternité, la maternité aussi, ….
On a là un roman d’apprentissage avec beaucoup de thèmes abordés au travers de l’histoire Yeonwu qui vit seul avec sa mère. Ce n’est pas fréquent en Corée et il en souffre. Il n’a pas connu son père. La mère et le fils accompagnés de leurs deux chats emménagent dans un nouvel appartement. Yeonwu va intégrer un nouveau lycée avec la pression que cela comporte : les examens, les heures de classes supplémentaires et obligatoires pour les préparer — nous n’avons aucune idée de la charge que cela représente, ici, en France. Lorsque les lycéens s’y soustraient, ils reçoivent des punitions qui peuvent être des châtiments physiques (oui, on les frappe et ceci est considéré comme « normal » dans la mesure où le prof ne frappe pas trop fort) ou bien des humiliations (porter une pancarte toute une journée indiquant que vous avez séché le cours et marquant votre honte – ce qui est particulièrement insupportable en Asie). Chaeyeong, la jeune fille dont Yeonwu va devenir l’ami, va subir ces punitions. Taesu, le troisième larron de la petite bande, revient des USA où ses parents ont vécu. Il a étudié là-bas et émaille ses phrases d’expressions américaines. Il a du mal à se réadapter aux critères coréens au grand désespoir de sa jeune soeur et de sa famille. En gros, il devient le vilain petit canard. Taesu et Yeonwu partagent le même goût pour la musique et surtout pour le rap. Ils vivent sur ce rythme.

Mais on ne suit pas que les adolescents ; les soucis d’adaptation concernent aussi la mère de Yeonwu, Mina,  et son petit-ami, Jaeuk, plus jeune qu’elle. Voilà une situation qui n’est pas correcte : elle est une femme divorcée qui ne « rentre pas dans les cases » , et elle sort avec un homme plus jeune, sans vouloir se marier. Absolument pas coréen. Sans parler du fait que Jaeuk n’a pas d’emploi respectable dans une grande entreprise !
Pour autant, la génération des parents ne comprend pas celle des enfants. Mina, déjà en rupture avec la tradition a du mal avec Yeonwu. Et même Jaeuk qui essaie d’être ami avec lui, l’entraînant à la course à pied, se révèle être un grand moralisateur. Tout le monde cherche ses repères et a bien du mal à les trouver dans une Corée qui est tiraillée constamment entre le passé rigide, les exigences de performance et ce qui se profile. C’est vraiment très intéressant. Et comme je m’intéresse à l’Asie ; au Japon depuis longtemps ( les années 80 grâce à mes parents ) et à la Corée du Sud depuis quelques années seulement (merci la K-pop, je n’ai pas honte de le dire) , je n’ai pas été surprise.
J’ai aimé aussi les personnages, les touches délicates pour entrer dans l’histoire, la poésie qui se dégage.
Par contre, le roman souffre d’un très gros problème que j’évoquais dès le début : la traduction est une catastrophe de même que la mise en page à certains moments (les dialogues délimités n’importe comment). Il y  a aussi des fautes de frappe, des erreurs de français qui rendent la lecture difficile. Parfois, j’ai dû relire plusieurs fois le même passage pour comprendre le sens. On sent que la traduction est très littérale. Je sais que le coréen n’est pas facile à traduire, à la base (pour un aperçu de la structure de la phrase coréenne, c’est par ici).  Parfois cela donne de drôles d’interprétations, voire plusieurs nuances quand on le passe dans notre langue mais ce n’est pas une raison. C’est compliqué de lire un texte qui n’a pas vraiment de sens… Sans cela, Encouragez donc les garçons — le titre ne correspond d’ailleurs à rien puisqu’il est inexact — serait un très bon roman. Et c’est pourquoi il est à lire. En tout cas, j’ai découvert une autrice à suivre.

Résumé : Yeonwu vit seul avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Après leur déménagement, il fait la connaissance de Taesu, futur camarade de classe. La musique qui s’échappe du casque de ce dernier, son cœur qui bat sur ce rythme, c’est le début de tout. Nouvelle amitié, rencontre avec Chaeyeong, fille craintive, premiers émois, premier amour, séparation forcée, retrouvailles… De l’été à l’hiver, puis de l’hiver au printemps… À travers ce roman d’apprentissage dans l’hyper-modernité sud-coréenne, l’auteure dresse un portrait sans complaisance de la génération des parents des protagonistes, dont certains ont rompu avec les traditions familiales et d’autres  se satisfont de leur rôle social, tandis que leurs enfants, n’ayant plus de repères solides, sont à la recherche d’eux-mêmes. Portait d’une jeunesse qui communie dans la même musique et le même rêve d’un monde autre, rêve qui peut conduire aussi à des choix dramatiques.

Publié en 2010 en Corée du Sud. Editions Atelier des Cahiers 

Lire ce roman m’a fait énormément penser au manhwa de Park Hee-Jung, qui date de 2004/2005 et qui parle d’adolescents coréens à la dérive (harcèlement, etc…). La série s’appelle Fever — on ne la trouve que d’occasion.

Canalblog Manga Fever012

 

Canalblog Manga Fever011

 

Canalblog Manga Fever014

Canalblog Manga Fever003

Canalblog Manga Fever002

 

Canalblog Manga Fever Couverture04

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les lectures de Val
• Le petit monde d’Elo

Premières lignes – 4 octobre

 

Premières lignes

« J’aime le jeudi soir.
un moment à part, hors du temps.
Pour nous trois, c’est une petite tradition — la soirée familiale.
Mon Charlie est déjà attablé. il griffonne sur son carnet de croquis. Proche des quinze ans, il a pris six centimètres cet été. Il est aussi grand que moi, désormais. (…)
Debout, dans ma cuisine, heureux et légèrement saoul, je n’ai pas conscience que tout s’achève ce soir. La fin. Tout ce que je connais, tout ce que j’aime. « 

Un peu de SF cette semaine avec Dark matter qui reprend le principe des univers parallèles. Et si ? Et si Jason avait un autre choix, ne s’était pas marié, avait continué sa brillante carrière de scientifique et poursuivi ses recherches, qu’aurait-il découvert ? Il va y être confronté un soir : kidnappé, il se retrouve dans un monde où il est un autre.
L’idée est sympa (on pense à Replay de Ken Grimwood) mais pas non plus super originale. Par contre, le roman comporte de nombreux défauts. Les personnages ont à peu près zéro complexité, l’écriture….d’accord, on ne va pas en parler, ça fait trop mal. Il y a des raccourcis simplistes qui font qu’on en reste bouche bée (« ah, et c’est tout ? » ou «  tiens, mais quelle coïncidence ? » — du coup, une coïncidence, je veux bien mais à ce stade, cela fait beaucoup). Dès le début, on sent que rien ne va : l’enlèvement par « l’autre Jason » n’a pas de sens. Quant aux  multiples Jason qui veulent s’entretuer pour la simple raison qu’ils convoitent tous la même femme, ça en devient risible — faites des rencontres, les gars, sortez, voyez d’autres personnes …
J’oubliais la théorie scientifique sur laquelle est basée l’intrigue, tout à fait bancale une fois appliquée. Il aurait mieux fallu inventer quelque chose de toutes pièces, à mon avis car cela ne tient pas la route. Et le titre ? Il n’y a pas de relation avec la matière noire, à aucun moment. Est-ce pour faire vendre ? Mystère…
Bref, ce n’est pas brillant mais ça se lit sans problèmes, c’est bien le paradoxe. On sourit assez souvent devant les bêtises accumulées mais on a envie de savoir où tout cela mène (pas très loin, c’est bien le problème).
Un livre que je rajoute  pour le Challenge de l’Imaginaire


J’ai appris qu’une adaptation était en projet depuis des années (le roman est sorti en 2014 ) mais tout est au point mort. Je ne sais pas si on doit en attendre grand chose.

 

Dark Matter par Crouch

résumé : Un soir, en rentrant chez lui, Jason Dessen, professeur de physique, est agressé et kidnappé par un inconnu masqué. Quand il reprend connaissance, tout a changé : Daniela n’est plus sa femme, leur fils Charlie n’est jamais né, et Jason lui-même est un physicien de premier plan à l’aube d’une découverte fondamentale. Que lui est-il arrivé? Qui lui a volé sa vie, et pourquoi? Les réponses à ces questions entraîneront Jason sur les multiples chemins d’un voyage extraordinaire, au cours duquel il devra se confronter à son plus dangereux ennemi : lui-même.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les lectures de Val
• Le petit monde d’Elo

Premières lignes – 28 septembre

Premières lignes

« Derrière un rideau d’arbres, au fond de la forêt, un lac noir sous le ciel noir. Et le froid. un chuintement, une plainte. Un cri de douleur qui signe la fin de la nuit. Lentement, le noir du ciel se griffe d’or et d’argent, le cobalt fond sous l’indigo. Le gémissement à nouveau, résonne sans que personne ne soit là pour l’entendre. Un trait, un éclair nacré dans le blanc pur de la glace, et un soupir, le dernier, un son à lacérer  le coeur quand la plaque se scinde en deux. Le morceau de glace hésite, il tangue en suivant le clapot des eaux du lac. Le vent tombe, la plaque dérive. « 

C’est un roman jeunesse dont il s’agit qui oscille entre roman d’apprentissage et fantastique. L’écriture est particulièrement agréable et j’ai envie de dire : belle, ce qui est vraiment un point fort. L’ambiance de cette presqu’île, la forêt, le froid, les paysages, tout est admirablement décrit avec une grande poésie. Les personnages ne sont pas en reste et on suit sans trop de peine l’histoire entre le passé et le présent — et l’importance de l’un sur l’autre. De la même façon, on passe sans souci  de l’intrigue de Nanna/Soriane à celle de Albaan et sa famille. Les liens et les échos entre les deux histoires paraissent assez évidents à la lecture et tout fonctionne habilement.

La dimension fantastique reste légère mais toujours présente, renforcée par un climat anxiogène généré par la montée de la haine dans le village. Là aussi, j’ai trouvé que tout était bien mené et j’ai vraiment aimé cette lecture.

L’idée de cette société matriarcale (basée sur une véritable communauté comme je l’explique plus bas) m’a évidemment beaucoup plu.
J’ai peut-être regretté la romance un peu trop rapide qui ne m’a pas parue essentielle ni franchement très intéressante mais cela reste mon point de vue. Elle n’est pas non plus centrale mais m’a légèrement ennuyée, peut-être parce qu’elle plombe trop aisément la relation entre Albaan et Lilijann. Cela reste mon seul bémol.
Un beau roman jeunesse, dont j’ai vraiment apprécié l’écriture (je dois le redire une fois encore car ce n’est pas si fréquent). ❤️

Filles de la Walïlü par Roumiguière

Pour son roman, Cécile Roumiguière s’est inspirée d’une région de l’Estonie. Je vous invite à aller voir le reportage en photos ici L’île de Kihnu est une micro-société matriarcale. De là, elle a développé son histoire et les problématiques (comment grandit-on dans une telle société ? etc…). Elle l’explique dans son post consacré aux Filles de la Walïlü. 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume

 

 

Premières lignes – 21 septembre

Premières lignes 

« Mon père était roi et fils de rois. De petite taille comme la plupart des nôtres, il était bâti à la manière d’un taureau, tout en épaules. Ma mère avait quatorze ans lorsqu’il l’épousa, dès que la prêtresse eut confirmé sa fécondité. C’était un bon parti : de par sa condition de fille unique, la fortune de son père reviendrait à son époux. »

C’est avec grand plaisir que je me suis plongée dans ce roman qui revisite l’Iliade. Après avoir lu Circé il y a quelques mois, c’est donc Le chant d’Achille de Madeline Miller  (en traduction française, cette fois) que j’ai dégusté. Et une fois encore, c’est une réussite.
Le point de vue adopté est celui de Patrocle et c’est un choix judicieux. Car si l’on « connaît » Achille, on en sait peu sur Patrocle ( il n’y a pas tant d’informations que cela, d’ailleurs dans la mythologie et selon les auteurs, son histoire diffère).

Mais la grande force de Madeline Miller, c’est de montrer la vie quotidienne, l’intimité, les troubles et les doutes d’Achille et de Patrocle ; de décrire des scènes qui nous semble si proches, si vivantes qu’on a l’impression de se trouver au siège de Troie, près d’Ulysse et des autres. Un petit mot sur Ulysse en passant : comme j’ai lu Circé avant Le Chant d’Achille, j’ai remarqué que l’autrice avait une grande tendresse pour le personnage ( un petit faible 😉 ). Tous les autres personnages de l’Iliade sont ici bien présents, humains : ils paraissent agir devant nous (Agamemnon, pas vraiment sympathique ; Briséis, une figure féminine très intéressante ; Ménélas, plus consistant que dans certaines réécritures où il est parfois négligé ou décrit comme faible, Diomède et Ulysse, un sacré duo, etc etc…). J’allais oublier les personnages plus fantastiques comme le centaure Chiron absolument passionnant (je n’ose pas en dire plus). Et Thétis, la mère d’Achille, seul élément divin à être réellement présente parmi tous ces mortels.
Car Madeline Miller ne s’attarde pas sur la dimension divine : les dieux et les déesses sont bien là mais ils n’occupent pas la première place. L’invulnérabilité d’Achille (le fameux talon) n’est jamais évoqué. Il est seulement très rapide et voué à un destin exceptionnel. Cela lui confère un aspect plus accessible. Son histoire d’amour avec Patrocle — qui n’est pas laissée dans l’ombre mais totalement assumée — contribue à le rendre encore plus humain.
Un livre passionnant qu’il est difficile de lâcher une fois commencé !

Le chant d'Achille par Miller

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume

Premières lignes – 14 septembre

Premières lignes 

« Il virevolte à travers le cabinet, mon volumineux dossier à la main. J’appréhende l’examen. « Asseyez-vous. Attendez-moi. venez par ici. Passez-moi les derniers champs visuels. Non, dans l’ordre chronologique. Arrêtez de parler.  » J’obéis à tout, servile, comme s’il s’agissait d’obtenir une bonne note ou une assurance de guérison. Je me laisse guider par un médecin réputé qui veut voir, de ses yeux voir, ce qui fait que les miens ne voient plus la nuit, et de moins en moins le jour. « 

C’est un livre original que j’ai terminé : pas un roman mais un récit. Et totalement autobiographique, puisqu’il s’agit de « La nuit se lève » dans lequel la journaliste Élisabeth   Quin  ( 28 minutes sur Arte ) raconte sa vie depuis qu’on lui a diagnostiqué un glaucome.
Dit comme ça, on pourrait penser que c’est plutôt….glauque et pas franchement folichon. Ce n’est pas le cas : déjà, parce qu’Elisabeth Quin est aussi brillante à l’écrit qu’à l’oral. Si ça en énerve certains ( comme d’habitude quand une femme se montre intelligente, belle, cultivée, etc… on connaît le refrain….), cela suscite mon admiration au contraire. J’ai particulièrement apprécié son humour, ses tournures de phrases. Il y a aussi beaucoup d’émotion : que faire quand on sait que la cécité est certainement inévitable ? Comment faire alors lorsqu’on aime lire ? Voir ? Apprécier la beauté visuelle?
Elle raconte aussi son parcours médical, les effets indésirables des médicaments, la possibilité d’une opération, sa peur face à cette nuit qui se lève.
On y trouve aussi la figure de l’aveugle, dans l’art, dans la littérature : des peintres, des artistes, le lien qu’elle cherche à tisser avec ces gens, des compagnons de non-voyance, en quelque sorte.

Petit livre truffé d’anecdotes, bijou d’écriture, sensible et plein d’auto-dérision, « La nuit se lève » vaut vraiment la peine d’être lu.

La nuit se lève par Quin

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume