L’automne en images et en musique -7

On va parler bestioles cette semaine avec les dessins de Stan Manoukian:

« En 2007, Stan Manoukian ressent soudain le besoin de créer un projet totalement personnel : il se lance alors un défi, dessiner un monstre par jour pendant un an. Ce défi a ensuite continué pour devenir un véritable projet artistique : En 2009, ses monstres sont rassemblés dans Diary of inhuman species édité par Ankama. Mais Stan continue le projet, créant des illustrations de plus en plus grandes et complexes, établissant un style graphique et un bestiaire unique : il expose d’abord ses œuvres dans des expositions collectives aux USA puis s’expose à Paris à la galerie Glénat en 2015 pour une grande exposition personnelle intitulée Species.
En 2017, l’exposition Oddities consacre 10 années de monstres à la galerie Glénat. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus : ici

Et ici

Son instagram 

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Premières lignes #4novembre

On change de destination pour ces Premières Lignes : direction le Nord de l’Europe, cette fois! On embarque pour un recueil de nouvelles avec Katarina Mazetti (Le mec de la tombe d’à côté; Mon doudou divin; Les larmes de Tarzan, etc…) :

 » Comment a-t’on pu se retrouver aussi nombreux pour le repas de Noël ? Je n’en reviens pas. On ne devait être que quatre cette année. Et voilà qu’en regardant ma table, je voyais neuf personnes, plus un nourrisson en train de jacasser ! « 

Le ton est donné dès cette première nouvelle (Au diable Dowton Abbey !) : on va parler familles recomposées, ex- , enfants des ex, belle-famille (ancienne et nouvelle), couple, fin de couple…

Et si la première nouvelle est menée tambour battant, toutes ont un ton différent, jamais dénué d’humour. Parfois, (souvent), la nostalgie est de mise, la tendresse, le rire, la tristesse aussi. Car, en parlant divorces, l’autrice n’oublie pas de nous rappeler que le deuxième traumatisme le plus aigu après la perte d’un proche  est justement le divorce.

On rit, on est ému mais surtout, on apprécie chacune de ses mini-histoires, dont certaines se suivent.
Que dire de plus ? J’aime l’écriture de Mazetti depuis que j’ai lu Les larmes de Tarzan, en 2007, à sa sortie. J’ai lu tout ce qui a été traduit en français, romans pour adultes comme pour les plus jeunes. (Je suis un peu fan, quand même….)
Ces Petites histoires… sont encore une fois une réussite.

 

Résumé :
« On a toujours mille et une raisons de divorcer… et de le regretter !
Ces Petites histoires croquent avec délices les travers de chacun, la difficulté d’avoir envie des mêmes choses AU-DELÀ de cinq ans de vie commune, l’exigence d’exister AUSSI comme individu. Quelques portraits au vitriol : homme ou femme, divorcés, enfin seuls ! enfin libres ! mais… libres de quoi, déjà ? Car la vie est cruelle : une fois seul(e), pourquoi faut-il que ce qui nous agaçait le plus nous manque soudain ? Comme si le divorce était le meilleur moyen de se retrouver à gérer l’emploi du temps de 8 personnes une semaine sur deux…
C’est caustique et gouleyant, c’est Katarina Mazetti. »  (Gaïa)

 

 

 

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L’automne en images et en musique #spécial Halloween

Et oui, c’est Halloween !

Sélection musicale spéciale cette année encore. Vous pouvez retrouver les Halloween précédents ici , ici ou bien ici, sans oublier la sélection de livres. 
Et, bien sûr, en photos, sur mon autre blog LeyArts Photos

La suivante, on  ne s’en lasse pas ….

Très vintage pour celle qui suit puisque elle date des années 1930 :

Et enfin, cette chanson à l’humour noir qui est aussi ancienne (écrite en 1934) et qui relate comment le fantôme d’Anne Boleyn hante la Tour de Londres, sa tête sous le bras:

La playlist en entier est à écouter ici. 

(Chris Dunn illustrations) 

Premières lignes #28octobre

Cap au sud, cette semaine pour ces Premières Lignes ! Filons vite vers des températures plus clémentes ( c’est un effet placebo, je crois, dû au fait que j’écris cet article sans chauffage, avec 5°c dehors…. Je vais bientôt devoir taper avec des moufles!)

 » Ce matin, Rino m’a téléphoné, j’ai cru qu’il  voulait encore de l’argent et me suis préparée à le lui refuser. Mais le motif de son appel était tout autre : sa mère avait disparu.
– Depuis combien de temps ?
– Quinze jours.
– Et c’est maintenant que tu m’appelles ? « 

Nous voici à Naples, durant les années 50. Elena Ferrante (cette énigme littéraire)  a su captiver des millions de lecteurs depuis 2011.
J’entendais encore récemment, une dame demander à la libraire si elle pouvait lui trouver une saga aussi passionnante et dixit la lectrice « facile à lire ».
De là, est né un dialogue assez intéressant entre deux lectrices et la libraire pour savoir si, réellement, le cycle de « L’amie prodigieuse »était une « lecture facile » , une lecture accessible au grand public ou bien de la littérature plus « soutenue ». Je ne trancherai pas sur ce point car, pour l’instant, je m’imprègne de ce premier tome qui met en place lieux, personnages, liens entre les personnes…

Si j’ai trouvé le début un peu fastidieux, le roman prend rapidement son rythme. J’ai un peu l’impression de me plonger à nouveau dans une suite familiale du type « La symphonie du hasard « lue il y a peu. On retrouve de nombreux ingrédients communs.
Quant à savoir si ce cycle saura me plaire autant, il est encore trop tôt pour le dire (à suivre, donc).

 

Résumé : Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l’école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. Elena, elle, est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l’envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des familles aisées. Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s’entraident ou s’en prennent l’une à l’autre. Leurs chemins parfois se croisent et d’autres fois s’écartent, avec pour toile de fond une Naples en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, non sans ruptures ni souffrances, à l’aube de l’âge adulte.
Formidable voyage dans Naples et dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu’au plus profond de leur âme.

Gallimard 

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Comment t’écrire adieu – Juliette Arnaud

 

 

Premier roman adultes de la chroniqueuse-comédienne Juliette Arnaud, « Comment t’écrire adieu »  retrace le deuil d’une histoire d’amour, ponctué par des morceaux de musique qui ont marqué l’auteure.

« Et vous, quelles chansons vous ont sauvé la vie ?

À 45 ans, Juliette se retrouve face à elle-même, avec le cœur déchiré et l’envie de rire de tout. Elle se repasse alors les 14 titres de sa bande originale, d’Étienne Daho à Dolly Parton, sans oublier Bruce Springsteen, 14 pop songs qu’elle a écoutées religieusement et dont elle connaît les paroles par coeur. Pourquoi sa vie chante-t-elle tout à coup si faux ? Qu’est-ce qui a mal tourné ? Elle a pourtant suivi à la lettre ce que les refrains suggéraient. Elle a scrupuleusement appliqué les adages de chacun des couplets.

À défaut de réponse, puisque R. est parti sans un mot, Juliette va s’y coller, à écrire adieu. Elle essaiera d’être drôle et elle sera sincère, pour comprendre, peut-être, que tout ce qui mène à la fin d’une histoire d’amour, on le porte en soi. « 

Que dire ? Il s’agit d’un récit plus que d’un roman. C’est truffé de souvenirs, de références et d’anecdotes. Le ton est proche de celui de la conversation.  On a l’impression d’entrer dans un journal de bord, dans un carnet où les souvenirs sont posés là, sur le papier, sans tentative de cohérence. Bref, c’est vite lassant. Dommage, l’idée était intéressante, le ton aurait pu rendre le récit vivant. Bien sûr, cela convient bien à une chronique . Ici, au fil des pages, on s’ennuie vite des propos décousus, sans fluidité (je passe sur cette manie d’ajouter le code postal au lieu évoqué par l’auteure…).
La nostalgie fonctionne assez bien avec les nombreux titres évoqués. Mais la nostalgie quand elle est récurrente, sonne assez comme un « c’était mieux avant » dont on se passerait bien.

 

Comment t’écrire adieu – Juliette Arnaud

Éditions Belfond – Collection Pointillés

ISBN:9782714479938

6 Septembre 2018

17€ / 144 pages

(merci à NetGalley et aux éditions Belfond )

Premières lignes #21octobre

 » Le livre relié de cuir n’avait rien de remarquable. Pour un historien ordinaire, il était, comme des centaines d’autres manuscrits de la Bibliothèque Bodléienne d’Oxford, usé et ancien. Mais je sus qu’il avait quelque chose d’étrange dès l’instant où je l’eus entre les mains ».

 

Ainsi débute une fantastique trilogie (All Souls trilogy) signée Deborah Harkness. Je ne vais pas vous mentir: pour ces Premières Lignes, c’est d’une relecture dont je vous parle aujourd’hui, puisque j’ai déjà lu la trilogie entièrement au fil des sorties des différents tomes. J’ai beaucoup d’affection pour cette trilogie même si je trouve que le rythme au sein des 3 livres est assez inégal, donnant parfois un sentiment de frustration au lecteur. Chaque roman est un beau pavé qui aurait souvent le mérite d’aller un peu plus à l’essentiel.

Ici, pas de gros bouleversement dans l’univers : il y a des vampires, des démons et des sorcières (les créatures) essayant de se fondre dans la masse des humains. 

Mais, malgré ses défauts, l’histoire inventée par Deborah Harkness reste fascinante.
J’en suis venue à relire Le Livre perdu des Sortilèges en regardant l’adaptation en série (A Discovery of Witches). Il est à noter que cette adaptation est particulièrement réussie, se concentrant de manière intelligente sur les points importants de l’histoire et nous évitant ces passages qui font lever les yeux au ciel (la relation entre Diana et Matthew : l’historienne devient complètement idiote quand elle tombe amoureuse du séduisant vampire….).

A la relecture, malgré les points faibles que je viens d’évoquer, j’ai trouvé la lecture plus fluide, peut-être parce que j’ai su me concentrer sur le principal, sachant lire en diagonale les passages niaiseux (Matthew/Diana). Je dois dire que je ne suis absolument pas fan des créatures vampiriques. Si je reconnais un talent évident à Anne Rice et à ses romans, je suis facilement dégoûtée par tout ce qui ressemble à un buveur de sang (et pourtant, oui, j’ai lu Twilight). Je suis plus intéressée par les sorcières et ce concept des démons.

Le roman de Deborah Harkness a su me séduire – et il continue à le faire, renforcé par le visionnage de la série que je ne peux que conseiller. Certes, ce n’est pas le roman du siècle, ni la trilogie qui révolutionne la fantasy mais cela reste une lecture plaisante.

 

Résumé : « Voici l’histoire d’un livre perdu.

Celui qu’une jeune femme emprunte un jour à la bibliothèque bodléienne d’Oxford, par une fin d’après-midi de septembre. Diana est une brillante universitaire, une historienne spécialisée dans l’alchimie au 17e. Lorsqu’elle demande à consulter un manuscrit médiéval, l’Ashmole 782, dans le cadre de ses recherches, elle ignore que le livre contient un grand secret capable de changer le monde, et qu’il est… ensorcelé. Mais Diana ne veut rien avoir à faire avec la magie. En dépit de ses origines : elle est la dernière d’une longue et puissante lignée de sorcières – un héritage qu’elle tient farouchement à distance, n’aspirant qu’à une vie ordinaire, une vie humaine.

Diana rend le livre sans l’avoir vraiment examiné. Pourtant il est trop tard. Sa découverte a réveillé tout un monde souterrain fantastique, et la jeune femme se retrouve bientôt confrontée aux membres des trois espèces qui convoitent de puis des siècles l’Ashmole782 et son secret : sorcières, démons et vampires. Parmi ces derniers, Matthew Clairmont, un énigmatique et éminent généticien. Un tueur, lui a-t-on dit.

Voici l’histoire d’un manuscrit maudit et d’un amour impossible. »

 

 

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Camilla et compagnie – Christina Hesselholdt

 

 

« Camilla, Charles, Alma, Edward, Alwilda et Kristian forment un groupe d’amis entre quarantaine et cinquantaine rugissante – et surtout bouleversante – au cœur de l’œuvre de Christina Hesselholdt depuis plus de dix ans. Car Camilla et compagnie regroupe quatre petits livres publiés de 2008 à 2014, irrésistibles de drôlerie et de justesse, célébrés au Danemark comme une exceptionnelle performance littéraire.

 

Sous forme de monologues intérieurs alternés, comme si le lecteur sautait d’une conscience à l’autre, Christina Hesselholdt nous invite à un voyage au pays des angoisses et des ambitions ordinaires, des amours et des rencontres, comme un portrait intime, éclaté, de la vie quotidienne – de la vie tout court – en ce début de XXIe siècle.

 

De Berlin à Lisbonne, de Belgrade au Mozambique via New York, le Danemark, la poésie de Wordsworth, les romans de Virginia Woolf ou de Samuel Beckett, les personnages de Camilla et compagnie sont tour à tour nous-mêmes et les autres : inoubliables. »

Camilla et compagnie  fait partie des livres exigeants, des récits déroutants, qui, à juste titre, demandent un effort de la part du lecteur – et c’est tant mieux. Le livre est découpé en tranches de pensée, plus que de vie ; celles des six différents personnages.
Et on y voit alors une inspiration évidente : celle de Virginia Woolf avec « Les Vagues ».
Au sujet des « Vagues« , Virginia Woolf écrivait dans son Journal que ces six  parties n’étaient pas  destinées à représenter des  personnages séparés, mais plutôt des facettes de conscience.
Ici, on explore plutôt les liens et les connexions entre les êtres ainsi que l’impossibilité de la permanence (la relation de couple d’Alma et Kristian; la maladie de Charles ).
Si on ajoute à ceci les différentes références à la littérature (Woodworth, Coleridge, Emily Brontë, Woolf…), on aboutit à un livre brillant, parfois grave, parfois léger, parfois un peu absurde qui se démarque nettement de la production actuelle.
Déroutant, oui, mais inventif !

  • Littérature étrangère
  • Date de parution : 06/09/2018
  • Format : 14 x 20,5 cm, 464 p., 24,00 EUR €
  • ISBN 978-2-7529-1101-8

 

Merci pour cette lecture à Masse Critique Babelio et aux éditions Phébus. 

L’automne en images et en musique #4

L’artiste que je vous présente cette semaine se nomme Djamila Knopf. Elle est  allemande (Leipzig) et travaille en indépendant depuis 2017. Elle dit elle-même qu’elle tire son inspiration de ses souvenirs d’enfance, en particulier de promenades dans les  bois autour du jardin de ses grands-parents ainsi que des anime japonais.

Interview de l’artiste : 

Je connaissais son travail que j’apprécie beaucoup  mais je suis comblée par sa participation à Inktober 2018 avec ses sorcières :

 

 

 

 

 

 

 

D’autres oeuvres :

 

 

 

Son site web

Sur Twitter

Sur Deviant art

Sur Instagram

Sur YouTube

Premières lignes #14octobre

On reste aux Etats-Unis pour les Premières Lignes de cette semaine:

« For a long time, my mother wasn’t dead yet. Mine could have been a more tragic story. My father could have given in to the bottle or the needle or a woman and left my brother and me to care for ourselves—or worse, in the care of New York City Children’s Services, where, my father said, there was seldom a happy ending. But this didn’t happen. I know now that what is tragic isn’t the moment. It is the memory. » (source)

 

Résumé :  « La première fois que j’ai vu Sylvia, Angela et Gigi, ce fut au cours de cet été-là. Elles marchaient dans notre rue, en short et débardeur, bras dessus dessous, têtes rejetées en arrière, secouées de rire. Je les ai suivies du regard jusqu’à ce qu’elles disparaissent, me demandant qui elles étaient, comment elles s’y étaient prises pour … devenir. »

August, Sylvia, Angela et Gigi sont quatre adolescentes, quatre amies inséparables qui arpentent les rues du Brooklyn des années 1970, se rêvant un présent différent et un futur hors du commun. Mais un autre Brooklyn, où le danger rôde à chaque coin de rue, menace les espoirs et les promesses de ces jeunes filles aux dernières heures de l’enfance.

Le roman de Jacqueline Woodson a plusieurs points communs avec celui dont je parlais la semaine dernière et pourtant,  il est totalement différent. Car si certains thèmes se retrouvent, ils sont ici abordés de manière plus subtile, plus profonde – j’ai envie de dire: moins spectaculaire et plus réfléchie.

Pour autant, le roman ne perd pas en sensibilité ni même en force. L’autrice a eu le temps d’aiguiser sa plume sur de nombreux romans jeunesse (c’est son premier livre destiné à un public adulte). Le style est mature, abouti et c’est un plaisir de suivre l’expérience d’August et de ses amies.

 

Si vous êtes intéressé.es par :

  • les années 70
  • les romans d’apprentissage
  • le New York des années 70
  • la littérature américaine

 

Un autre Brooklyn – Jacqueline Woodson
trad.  Sylvie Schneiter

  • Broché: 176 pages
  • Editeur : Stock (3 janvier 2018)
  • Collection : La cosmopolite
  • Langue : Français

Site de l’autrice

 

Note: la semaine dernière, je faisais allusion à l’influence de Tupac sur le titre choisi.  Et là,  je vois que la romancière de cette semaine a écrit ceci :

« I think Tupac was an amazing activist and I wanted to create a story around his story. The more I wrote, the more there was to say – about Tupac and about the girls. »

 

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