365 jours d’écriture – Nain monstrueux

essais2

Nain monstrueux! Voilà un thème pour lequel j’ai déjà un personnage: oui, le fameux Biafin  que j’avais allègrement mis en scène (et en délire) ici .
Je dois dire que je n’avais pas grand chose de plus dans mes brouilons. Mais Lord Chours, mon très cher, après avoir lu la…chose, m’a dit : «  Tu vas écrire la suite? ».
Voilà une suite des aventures du Nain Biafin.

 

Où l’on retrouve le nain Biafin, et quelques monstruosités:(attention jeux de mots non testés avant usage)

Une forêt, visiblement enchantée, plantée de très beaux arbres ; ça étincelle, ça verdoie, en gros: ça sent l’elfe.

Biafin: (chevauchant son lapin géant, Pluche et tentant de s‘orienter):

Mouais, j’suis toujours pas convaincu par l’idée de Train d’Huile, sur ce coup-là… Balancer des lutins bleus en renfort, quand même, c’était…(il s’arrête. Pluche a freiné des quatre fers, des quatre pattes, plus exactement, et un lapin qui freine brutalement, c’est un nain qui, après cabriole avant, se retrouve par terre. Et rageur, qui plus est, et commotionné. Bref).

Grognements, insultes (en langage nain impossible à retranscrire ici, le blog n’admettant pas les runes)

Mais par ma barbe, et celle de mes ancêtres, Pluche! (Biafin se frotte le fondement).

Une voix s’élève ( assez mélodieuse)

N’est-ce pas hilarant, mon bon?  Un gnome qui grommelle le derrière dans l’herbe fraîche!

Biafin (après un coup d’œil assassin):

Z’êtes qui, vous? Oui, le grand dadais sur le dada!

Un chevalier paré d’une armure brillante car astiquée récemment fait volter son destrier. Il s’adresse à son compagnon, un petit être des forêts, vêtu de brun et de vert, aux oreilles fort pointues si on regarde bien.

Le Chevalier Luisant:

Oh, le gnome sait parler! Je te l’avais dit, Elphonce, c’est positivement désopilant!

L’elfe ne répond pas. Il se contente de hocher la tête du haut de son âne.

Bien, bien. Je vais contenter le rustre.

Biafin ( entre ses dents ou dans sa barbe, c’est au choix)
Gnome et rustre, quel mal embouché, ce cavalier à deux balles! Je vais lui faire avaler ma pioche et le manche avec! (à l’adresse du chevalier): Je suis un Nain, Môssieur le philistin! Mon nom est Biafin, fils de (nous connaissons la suite et elle n’est guère à l’avantage de notre nain).

Le Chevalier Luisant (s’étouffant presque de rire):
Mais…c’est….(entre deux hoquets)….écoute donc, Elphonce!  Vraiment as-tu entendu chose plus ….terrifiante, ridicule, ….que dis-je…monstrueuse!(calmé soudainement, le chevalier se redresse) Oui, c’est le mot! Vous êtes un nain monstrueux, Biafain!

 Elphonce: (approuvant avec moult hochements de tête)
Coin! Coin!

Biafin (ébahi et énervé)
C’est Bia-fi-nn, crétin, c’est pas anodin pourtant! Et il a quoi, votre elfe, là? Un canard dans le gosier?

Le Chevalier luisant: (un peu embarrassé du coup)
Hum… C’est que… Nous étions en quête… Et malheureusement n’avons point abouti, une malédiction avons pris..

Biafin:
Pouvez pas jacter comme tout le monde? Et puis, c’est bien beau mais c’est quoi, votre petit nom?

Le Chevalier Luisant:(digne)
Prosper. Je suis le chevalier Luisant. Comme le ver.

Biafin (se massant les tempes)
La migraine me guette, là. Prosper Le Luisant Ver? Chevalier de la Table Illuminée ou bien?

Le Chevalier Luisant:
Que nenni. Je veux dire : non. Prosper Mais Rimé.

Biafin (avec un cri de rage et de désespoir – oui, comme dans Corneille):
Que les dieux me foudroient! Je sais pas, n’importe lequel, celui en charge des éclairs et des jeux de mots capillotractés! Rahhh! Bon, et la créature aux oreilles pointues à dos d’âne, c’est Elphonce sur son baudet?

Elphonce (approuvant):

Coin!

Biafin:
Mais quel est le sorcier à la sauce d’andouille qui vous refilé une telle malédiction? Celui des sortilèges littéraires? Le Nec-Roman?

Le Chevalier Luisant: (un peu honteux, ou du moins, pas très fier)
Ma foi…Lui-même.

Biafin (d’un geste):
Non, pas de « coin »! Et pourquoi il cancane, celui-ci?

Le chevalier Luisant:
Disons que… le Nec-Roman en a eu assez de nous.

Biafin:
Pas étonnant! Il a dû vous virer de la Librairie En-T manu-militari, allez, zou, droit dans….(comprenant soudain). Ohhhh, non….(désespéré)

Le Chevalier Luisant:(intéressé)
Ah, vous connaissez les lieux?

Biafin:
Bien sûr. Tout le monde fuit l’affreux Nec-Roman comme la peste, lui et son étang maudit!

Le Chevalier Luisant:
Certes. Il en a eu marre…

Biafin:
La mare des Jeux de Mots-Dits. (se tournant vers son Pluche, le lapin géant): Et il a osé me traiter de monstre… Parfois, je me sens las, dans cette histoire, mais las….

Fin

Le « Coin, coin » est un clin d’oeil à un texte écrit à quatre mains avec Lord Chours où il était question d’elfe paumé, de fée délurée et de …canard.

365 jours d’écriture – Incipit

essais2Comme j’ai commencé joyeusement à parler de l’incipit (mécékoissa?) chez Girlkissedbyfire qui a eu la bonne idée de lancer ce défi écriture, je reprends.

Un incipit (dites : « in-ki-pi-te » ou « inssipite », c’est comme vous le voulez)  désigne les premiers mots voire les paragraphes d’une oeuvre littéraire, de tout texte, en fait. Donc, il s’agit du début, bingo!

On trouve des phrases célèbres  comme :

« Longtemps je me suis couché de bonne heure » (incipit de « Du côté de chez Swann  » Proust) . Celui-ci me vient systématiquement à l’esprit quand on parle d’incipit. (mes études littéraires ont finalement de beaux restes et ma mémoire aussi un peu – oui- quand même – mais quand je dors –  oui, j’ai décidé de me flatter un peu, visiblement, c’est clair! )

Il y  a aussi (je le cite en entier même si ce sont probablement les 2 premières phrases qui marquent):
« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. » ( « L ‘Etranger  » – Camus –) La suite donne ceci : « L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
J’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d’habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m’a dit : « On n’a qu’une mère. » Quand je suis parti, ils m’ont accompagné à la porte. J’étais un peu étourdi parce qu’il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques mois.
J’ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c’est à cause de tout cela sans doute, ajouté aux cahots, à l’odeur d’essence, à la réverbération de la route et du ciel, que je me suis assoupi. J’ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, j’étais tassé contre un militaire qui m’a souri et qui m’a demandé si je venais de loin. J’ai dit « oui » pour n’avoir plus à parler. »

 

« Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers » (La Gloire de mon père , Marcel Pagnol)
Mais l’incipit peut être de la taille d’un paragraphe comme d’un 1er chapitre. Tant que j’y suis, voici d’autres incipits célèbres:

En anglais:
In a hole in the ground there lived a hobbit. Not a nasty, dirty, wet hole, filled with the ends of worms and an oozy smell, nor yet a dry, bare, sandy hole with nothing in it to sit down on or to eat: it was a hobbit-hole, and that means comfort.” The Hobbit – JRR. Tolkien
Pour Le Hobbit, il existe à présent 2 traductions en français (1969 et 2012)

« I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills. The Equator runs across these highlands, a hundred miles to the north, and the farm lay at an altitude of over six thousand feet. In the day-time you felt that you had got high up; near to the sun, but the early mornings and evenings were limpid and restful, and the nights were cold. »
Karen Blixen Out of Africa (Une ferme africaine) traduction française

« Call me Ishmael. » (Moby Dick  H.Melville)

En allemand:

« Als Gregor Samsa eines Morgens aus unruhigen Träumen erwachte, fand er sich in seinem Bett zu einem ungeheueren Ungeziefer verwandelt. »
(« Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en véritable vermine« ) La Métamorphose – F.Kafka

En italien:

« Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura,
ché la diritta via era smarrita.
Ahi quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura! »

Divine comédie – L’enfer – chant I –
Dante Alighieri

(« Au milieu de la course de notre vie, je perdis le véritable chemin, et je m’égarai dans une forêt obscure : ah ! il serait trop pénible de dire combien cette forêt, dont le souvenir renouvelle ma crainte, était âpre, touffue et sauvage.« )

En espagnol:

« Muchos años después, frente al pelotón de fusilamiento, el coronel Aureliano Buendía había de recordar aquella tarde remota en que su padre lo llevó a conocer el hielo. »

(« Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. ») Cien años de soledad – G.G Marquez (Cent ans de solitude)

Et après tout ça, ai-je un incipit?
Bonne question. Oui, plusieurs.
En voilà un: je suis allée le rechercher dans une mini fan-fiction sur mon autre blog.

« C’était une nuit de feu, hors-limites, hors contrôle.

C’était une nuit où l’imminence était palpable, l’imminence de ce qui pourrait ou allait arriver – et cette sensation en était si délicieusement dangereuse que rien n’aurait pu l’arrêter.

Il fallait vivre cet instant, ces minutes, ces heures pour enfin se sentir vivre – vivre oui ! cesser de se sentir prisonnière  d’un destin à chaque détour tracé –  vivre hors du carcan de ce monde qui n’en finissait plus de tracer des bornes, de placer des haltes.

Oui, c’était une nuit pour avoir l’illusion d’être  libre, de se sentir en dehors des barrières corporelles, d’un esprit si raisonnable. Il était là, à portée de main ce moment où tout était permis ou presque.  »

(et la suite est ici )

365 jours d’écriture – Mini scène de théâtre

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Un nain : Biafin
Un ours-garou: Grogn’h
Deux gobelins bandits: Oulôtre et Trossec

La scène se déroule dans la clairière d’une vaste forêt. On entend des bruits de bataille, des cris, des vociférations, des insultes, des armes de combat frappées les unes contre les autres.

Le Nain – Biafin (fils de Térébentin fils de Trod’cocahaine fils…)
(brandissant une pioche, 1,40m de fureur et de barbe en bataille)

-Tadah, tu es fait comme un rat, mon gars! Tu l’avais pas vue venir, celle-là!

1er Gobelin – Oulôtre (non, mais, Oulôtre est son prénom ; il n’y peut rien, le pauvre)

J’l’avais pas vue, tu peux parler! (il crache de façon malpropre) Sacrée foutue dent! M’en reste encore une p’tite dizaine pour croquer des p’tits nains bien tendres! Bah, ouais, ça s’bouffe aussi, pas vrai, Trossec?

2ème Gobelin – Trossec (s’esclaffant)
– Bien parlé, compère! Faut dire qu’on en a vu d’autres, nous autres! Le Gouffre de Helm, c’était d’la rigolade à côté de c’qu’on a fait….Ah, t’es mal tombé, mon pote! Tu vas goûter de ma rapière…

Biafin (Nain – en même temps, je ne vais pas vous le répéter à chaque fois)
-(murmurant) Bien, appelons à l’aide sinon je serais jamais à l’heure pour le goûter…(appelant d’une voix très puissante): Ô ami Ours, viens à la rescousse, montre-toi, ô change-peau des bois et à coup de pelle, assomme mes ennemis de ce pas!

Oulôtre (ricanant):
– Non? Il est sérieux, là? Il utilise cette vieille incantation des Magichiens? Cette formule toute moisie dont le père Merlaf lui-même n’ose plus se servir?

Trossec (sentencieux):

– Dumbeuldain, pas Merlaf!

Oulôtre:
– De quoi?

Trossec (insistant):

– Le Magichien, c’est Dumbeuldain, pas Merlaf.

Oulôtre (menaçant)
– Et ma main dans ta …

Bruits venant de la forêt derrière eux. Entre une créature immense, fort velue tenant dans son énorme main ce qui ressemble à s’y méprendre à une pelle à tarte (mais géante).

Trossec (interloqué)
– Tu vois ce que je vois? Mais c’est quoi, ce bestiau-là, le nain?

Biafin (tranquille)

– C’est mon ami Grogn’h.C’est  un ours-garou. Enfin, ça saute aux yeux, messieurs.
Bon, reprenons-nous?

Oulôtre: (à son comparse Trossec)
– Non, mais, t’as vu le …truc? Il manque plus qu’un dragon et on serait dans une sacrée daube, m’est avis.

Trossec:
– Ferme ton bec, toi. Des dragons, des dragons ! on en rajoute pas mal à leur sujet mais on n’en voit jamais la queue d’un, façon de causer, j’entends. Alors, la ramène pas à cause que tu sais tout passque  ton langage est une plaie pour la grammaire!

Oulôtre:
– C’est la caverne qui se fout de la cavité, là! Tu t’es entendu? Même un orque sait mieux sa syntaxe que toi, ignorant!

Les deux gobelins se font face. Mais un grognement mêlé d’un feulement les arrête.

Oulôtre (tremblant)
C’est le dragon, ça y est!

Trossec:
– Triple buse d’abruti de gobelin! C’est le grand machin, là! L’ours-grogneur!

L’ours -garou (vers Biafin)
– Grogne, grogne….! Grrrrr!Groummmpf!

Biafin:
– Par ma barbe, j’ai oublié le manuel de décryptage de l’oursique version garou…. (il agite les mains, tentant de communiquer). Taper? Non. Boire? …Non….
Trossec (impatient):
– Bon, on y va? On attend quoi, là? L’hiver?

Biafin (continuant ses gestes ):
– Il vient. Non, on fait un temps mort. Une pause quoi.
Ours-garou:
-Groummmmpfffff! Grrrrrouuuuu!

Oulôtre (s’asseyant par terrre):
– Temps mort, on a dit, le Velu!

Trossec soupire et s’assied aussi. L’Ours-Garou fait de même sur une souche, sort un pot de miel de l’une de ses poches cachées dans sa fourrure et se met à manger.

Biafin (ravi):
– Voilà! Il avait besoin de se nourrir! J’ai trouvé!

Trossec (grognon):
– T’as trouvé walou! Ton poilu, il sait pas quoi faire et toi, tu sais pas lui causer. Bon, et pendant ce temps-là, y a pas de goûter pour nous.

Oulôtre (rêveur):
– On aurait dû faire « hobbit », non, parce que ça mange bien, le hobbit, ça festoie, ça petit-déjeune, tout ça, tout ça. Mais « gobelin », « bandit« , c’est le comble du naze. Tu crèves la dalle. A la limite, change-peau, comme çui-là, c’est pas mal aussi. Tu te tapes du miel mais c’est mieux que « elfe » où t’as droit à la verdure jusqu’à te rendre herbivore…

Trossec (pince-sans-rire):
– Genre « licorne » aussi.

Oulôtre :
– Je vois pas le rapport, là.
Biafin (depuis 5mn, essayant de passer un appel téléphonique sur son portable):
– Au lieu de partir dans des blagues tellement vaseuses qu’il va bientôt falloir des bottes pour avancer, vous pourriez pas vous rendre utiles? Pour une fois? Vous savez pas pourquoi y a si peu de réseau?

Oulôtre:
– Ah, mais là, tu vas galérer. Faut que tu chopes le réseau de Poudlard, direct, mon pote. C’est une question d’ondes et de co-existence des mondes magiques….

Trossec (qui se lève et l’interrompt):
– N’importe quoi! Faut pas écouter ce béotien! Le relais le plus proche est à Minas…

Oulôtre:
– Turlututu! J’en reviens pas, quel boulet! J’suis au bout d’ma vie, là! Depuis quand tu sais ça? Hein?

Trossec:
Môssieur sait mieux que moi, mais bien sûr, t’as raison, mec. Je tiens mes infos de Pikachu lui-même alors ….pouêt, pouêt

Biafin:

Silence! Je capte! (au téléphone): Oui? Votre Elfinesse? Votre Hautaine Elfique? Monsieur Train d’Huile? Oui, bien, merci, vous de même, votre Hauteur. Dites-moi, vous pourriez m’envoyer un traducteur d’oursique version garou à la Forêt interdite? Par magiréseau ou portail, c’est vous qui voyez. Non, pas tous…non….pas eux, s’il  vous….Oh. Il a raccroché.

Presque aussitôt, on voit apparaître un vieux bus à double étage peint en jaune dans lequel des voix s’élèvent des voix pointues :«  Lala, la schtroumpf la la, c’est le schtroumpf…. ». Le conducteur a des oreilles pointues d’elfe et un sourire brillant.

Trossec:
– Par le pouvoir du troll sidéral…Des lutins bleus? Et quoi d’autre? Un conducteur elfe?
Oulôtre:

– Sidéré je suis. Manquerait plus que le dragon, m’est avis.

Biafin (dépité):
– M’est avis aussi.

Fin de la scène

Note: Biafin et les autres sont nés de ma énième lecture du « Hobbit » (merci professeur Tolkien) et de mon imagination.

1191ppu

365 jours d’écriture – Drame

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Un roi raconte un drame:

Aujourd’hui, je suis mort
Ou bien, était-ce hier?

Je ne sais pas. J’erre parmi les âmes, pâle ombre grise. Dans les Enfers du dieu Hadès et de sa si belle épouse Perséphone,

Moi qui fus roi, chef, vaillant conquérant, respecté de tous, craint de mes ennemis , moi, fils d’Atrée, égorgé tel un animal. O Hadès, entends ma plainte !
Je ne suis pas le héros accédant aux Champs Élyséens, comme les bienheureux.
Je n’ai pas subi une mort honorable, moi qui pensais périr au combat, l’épée et la lance à la main!

Non, non, hélas, mon destin était tracé. Issu d’une lignée maudite, je paie les fautes de mes ancêtres, et les miennes aussi.

Oui, je suis Agamemnon, d’Argos, le puissant roi de Mycènes.

Savez-vous mon histoire? Connaissez-vous mon drame?
Je ne suis point conteur, ni rhapsode qui narre les épopées.

Avec mon frère Ménélas, nous avions épousé les deux plus belles femmes après les déesses.
Mon épouse, Clytemnestre – qu’elle soit mille fois maudite ! –  avait le teint lumineux et l’esprit le plus vif. Digne d’un roi, j’en fis ma reine. Elle me donna quatre enfants.

Sa sœur Hélène était d’une si grande beauté qu’on dit qu’elle la tenait de la déesse Aphrodite elle-même. Je ne le sus jamais. Je ne faisais pas de sacrifices à Aphrodite mais à Arès pour la guerre, et à Poséidon, le dieu de la mer et l’Ebranleur du Sol. Les déesses ne m’importaient guère. Quel sot je fus.

Que disais-je? Je ne sais plus.

Je ne peux plus penser comme un vivant. Mon âme flotte et mes pensées s’éparpillent.

C’était avant. Avant que tout commence… J’avais un frère,  le faible Ménélas. J’ai bien essayé de le rendre dur et inflexible mais il n’a jamais eu ma poigne. Il fut choisi par Hélène pour devenir son époux.

Les prétendants s’étaient bousculés auprès de la belle reine de Sparte.

Ulysse aux mille ruses conseilla avec habileté que les célibataires fassent un pacte: protéger la vie et soutenir les droits de celui qui obtiendrait Hélène comme épouse.

O rusé Ulysse! Il n’était pas marié, alors, et pensait que les yeux de la belle se tourneraient vers lui. Ce ne fut pas le cas.

Mais nous étions tous liés. A la vie, à l’amour, à la guerre, à la mort.
Le jour où mon frère serait en danger, à l’instant même où l’on bafouerait son honneur,  les rois et leurs armées s’engageraient à ses côtés.

Mon frère gouvernait Sparte. J’étais roi de Mycènes. Nous étions puissants, mais une cité nous narguait, riche et prospère sur les rives orientales.
Cette cité s’appelait Troie. Son roi était un puissant monarque.

Et bientôt, le destin tissa ses liens. Le drame se nouait dans l’ombre.
Nous allions tous nous y précipiter.

Mais j’en perds le fil.

L’histoire se déroule encore et encore. Sans fin.
Tant de guerriers sont ici, à errer.

Sommes-nous devenus des héros? Personne ne sait. Nous sommes oubliés.

C’était une époque, de fureur et de guerre.

Mais à quoi bon…..

Je suis chez Hadès, tué par l’amant de ma femme.

 

 

365 jours d’écriture – « saveur framboise d’un solstice sans fin » F.Cheng

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Sous la lune d’encre
glissent les enfants de l’Equinoxe
Les héritiers du paradoxe

Descendants du ventre
Fertile de l’été
En finitude exquise
Vers l’automne
Saison indécise
D’état d’adolescence

Ils usent leur lassitude latente
Dans la lumière dorée
Négligeant leur paresse forcenée
Les larmes au creux des yeux
Et les paupières marbrées de bleu
En perpétuels amoureux
De l’ailleurs éventuel

Au pli des reins, un grain de sel.

Enfants nés du Solstice,
A la terre, mêlés à jamais

reliés,
Finalement à la réalité
Vivez, vivez!
Ressentez , goûtez,
écoutez, agissez!

Et sachez apprécier.

Dans l’incertitude du monde, la vie garde cette saveur éternelle de framboise
de noisettes et d’amandes, de menthe froissée.

A portée.

 

(2010- revu 2016)

365 jours d’écriture – Libellule

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Où comment débuter avec une libellule, continuer avec une libellule et un papillon et finir avec des lucioles

 

 

Dame Libellule
Alentie dans son vol
Huma les corolles
Les pétales
Et laissa,
La limpidité de l’air
L’envahir.
– Ô Papillon, écoute-moi!

Bientôt ou déjà
le bal des lucioles
Résonnera en sourdine
Pas encore

Chhhut

-Papillon,
Où sont mes vertes ailes
Mes libres membranes
Ma belle légèreté?
Du matin, je suis née
A midi, j’étais jeune
Qui suis-je, vieille, déjà?

Il n’y a pas de vieille libellule!
D’un vert émeraude
Tu resplendissais
Tu étais la beauté colorée
D’un printemps à faire.
Mais, nous autre éphémères,
Notre tour dans l’air
Est si vite achevé.

Il me paraît si loin, ce matin
Où j’étais vive et vigoureuse
Agile, gracieuse.
Je voletais, je vibrais
Je vrombissais!
Et tout me paraissait facile.

Il fait presque noir à présent
Et je sens mes forces se tarir
Mes ailes se flétrir
J’ai volé, j’ai vu tant de choses,
Entendu tant de bruits,
Virevolté autour de tant de fleurs et de nectars
Il est tard
Mon énergie se fait rare.

 

Il est l’heure des lucioles
Et la chevêche hulule.
Il est temps de partir
Dame Libellule.

 

 

Niess – 2016

la photo de la libellule est ici

 

365 jours d’écriture – Masques, mascarade

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Dans la pénombre
Comme des navires échoués
Les lueurs sombres
Retombent en drapés
sur le luxe du velours.
L’encens de l’amour
Diffusent
leurs vapeurs moirées.

 

Un éclat de pirate à l’oeil,
il est temps.
Il est l’heure de

La Galante.

Elle pose un pied sur une barque en dentelle
Une galère sans chandelles
Le sitar résonne
La guitare frissonne.

 

La Galante danse
sur des cordes poivrées
Les épices lancent
des éclairs parfumés.
Une fausse reine
tient la tiare précieuse
La Galante enchaîne
les turquoises défectueuses.

 

La Galante sensualise
la nuit de mascarade
La Galante
agite la nuit qui s’enlise.

 

derrière son loup 
la tête lourde,
elle disparaît.

Il est temps, avant l’aurore
Il est l’heure – « elle est prête »-
de la Coquette.

 

Parée de chiffons
De soie et de splendeur,
elle avance à tâtons
au bord de l’humeur

 

Tendre est la gondole
Qui la berce
sur l’eau traîtresse

Du canal s ‘envolent
les rires des jeunes gens
Insolents.

 

Sous leurs masques,
les traits durcis
Sous leurs masques,
l »amertume aguerrie

 

La fête n’est pas finie

 

La Galante
se décline en alexandrins.
Elle est Hator, Néfertiti
Hatchepsout, la reine Tiyi,
Quelque impératrice lointaine
Une byzantine aérienne
Une femme-parfums.

 

La Coquette emménage
dans un tableau
de Watteau
Un nuage de Gainsborough
Deux gouttes d’Agrippine,
Une courtisane chagrine
Une Scarlet à facettes,
Une femme-images.

 

Les félons et les poisons

sautillent au carnaval

La liesse triste s’encanaille

La fête se poursuit…

Un réverbère s’éteint
Une bougie est soufflée
Un accordéon claque
Et retombe

Les lampions, les flonflons
s’estompent.
Un gant troué
d’un geste, le masque
est jeté.

 

Le masque tournoie sur l’eau noire

 La fête est finie

 

Note : illustrations et texte original (ou presque…) ici 

 

365 jours d’écriture – Voyage en train

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Quand reviendra l’équinoxe,
sur une mappemonde enchantée
nous ferons des voyages.

 

Oui, nous irons là
où l’astrolabe nous mènera
vers des aurores embellies
au milieu de villes boréales
loin sur la ligne d’horizon.

 

Et de gare en gare,

roulent nos vies,

parlent nos envies.

Nous repartirons en quête
des Pégases et
des licornes argentés
autour de la pleine lune;
leurs colliers de clochettes
tintinnabulant.

 

Je te dirai mon orient,
et puis, les mythes ondoyant.
Nous dînerons avec Mélusine,
et ses naïades vertes et limpides
aux fontaines moussues.

 

Dans chaque gare,

un destin, un dessein,

un hasard, un départ.

Nous dessinerons les ourses douces,
danseuses des chariots du ciel.
Dans un autre wagon, nous verrons
le feu de Wotan, la barbe de Merlin,
les anneaux perdus et la Terre du Milieu.

 

Pour enrouler les rondes
et enchanter le monde,
nous irons parler
aux mille sages
là-bas aux antipodes.

 

 

De longues heures aux lentes journées,

de locos en cahots

De trains à grande vitesse

aux anciens tortillards

sans hâte, arrivée – départ. 

Nous la verrons,  la sphère bleue,
L’orange, a dit le poète.
Nous roulerons dans nos rêves
Dans nos mots
Sur nos pages
Et puis
Nous inventerons le reste.

 

« Un train qui roule »

 

Nous ferons des voyages

Peu importe notre âge

Il est temps, partons

 

« la vie s’écoule »

 

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Note : entre guillemets, tirés de « Automne malade », Guillaume Apollinaire (Alcools, 1913).

365 jours d’écriture – Souvenirs, souvenirs

Souviens-toi de ces instants
sur l’aquarelle esquivée
de nos intrépides
escapades
en inégales portions.
Chaque retouvaille
brouillait nos matins.

Tu te souviens,
Les murailles blanches
le ciel
en pure brillance
s’entrouvrait
sur le roulis sans fin –
une perdition unanime.

Friandisant
sous le même coup du sort,
nos deux vies
sans attaches,
à l’abri de l’oubli – ou presque.

La vague, d’un bleu Mogador
récitait des rêveries sur
nos rivages sans promesses.

Ce furent les gestes
vers le voyage
encore.

La chaleur
traversée par les embruns
l’océanique marque
en corps
tant qu’il était possible,
alors.

Souviens-toi Essaouira de mon coeur.

 

365 jours d’écriture – Acrostiche

Un acrostiche, du grec akrostikhos (akros, haut, élevé et stikhos, le vers), est un poème, une strophe ou une série de strophes, fondés sur une forme poétique de façon à ce que lus verticalement de haut en bas, la première lettre ou, parfois, les premiers mots d’une suite de vers composent un mot ou une expression en lien avec le poème.(parfois un prénom).

 

I.nfini élan tendre et lent

L.es deux hommes s’entrelacèrent doucement

S.implement, les mots au bord du souffle manquant

S.uavité de leurs peaux prêtes à s’apaiser

A l’unisson, en résonance, leurs lèvres mêlées

I.ls s’allongèrent, les yeux en espérance

M.on cœur, encore, mon âme, ma douceur

E.n harmonie de partage et de désir intense

N.aissant à eux-mêmes sous leurs caresses toujours

T.otale beauté de leurs gestes d’amour.

 

Note: Ce poème est né en 2008, en réponse à celui d’une autre blogueuse qui avait posté la photo suivante (dont je ne connais pas l’auteur, malheureusement). Nos deux poèmes se correspondaient tout à fait bien que de forme différente.

 

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