Vintage art – 2

Autre artiste et autre roi de l’aérographe durant les années 80 : Syd Brak. Originaire d’Afrique du Sud où il s’était fait un nom dans la pub, il avait été obligé de s’exiler avec sa femme  car tous deux s’opposaient au système de l’apartheid alors en vigueur. Syd Brak trouva sa place à Londres et le succès. On le connaît surtout au travers des posters, dont le fameux « Long distance kiss » :

Long Distance Kiss

 

Vintage 1980s illustration of a female dancer

 

Vintage airbrush illustration of a jukebox

Vintage airbrush illustration movie poster

Vintage painting of a woman crying

 

Primary

Syd Brak

 

Primary

La passion brûle toujours – Midnight Oil

Il est bientôt 22 h et il fait déjà nuit en ce mois de janvier 84.
J’attends. J’ai 16 ans.
C’est annoncé, c’est sur le programme télé , là, entre les pages en noir et blanc, mal imprimées, mal fichues : Houba Houba présenté par Antoine de Caunes, spécial Australie. Comme toujours, je suis impatiente.
Depuis que sur la 2 (Antenne 2),  il y a une émission consacrée au rock, un fait incroyable en France ;  ça date seulement de deux ans, et  je suis totalement accro. ENFIN ! Il y a réellement eu un changement depuis que Mitterrand est arrivé au pouvoir en 81. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, mais ça m’arrange fortement . Tiens,  j’ai même vu « Rude boy », le film des Clash, à la TV.,  tard (je me demande si ce n’était pas en semaine, mais je n’ai plus les dates en tête, j’avoue). 
Même si tout ne me plaît pas toujours, il y a des programmes pour moi qui suis tombée dans le rock quand j’étais petite comme un autre est dégringolé dans la potion magique. 
Enfin,  je découvre des groupes, enfin, je respire. 

ce soir-là, ce sont des groupes australiens – et j’ai encore le programme, ô merveille avec la date (et mon écriture d’ado) : 

J’attends et bientôt, ça démarre.

Générique de Houba Houba en 1984

L ’Australie fascine, en 1984, à cause de « Mad Max », principalement. (le 3ème, « Au-delà du dôme du tonnerre » s’annonce pour 85 et on en parle déjà)
Et puis, il y a tous ces groupe, pas seulement les plus « anciens » comme AC/DC , Rose Tattoo ou les Bee Gees (dont je me fiche carrément) mais Men at work, Inxs qui commence à bien cartonner avec « Original sin ». J’aime déjà assez INXS. 
Et ce soir-là, pour beaucoup d’entre nous, ados des années 80, ça va être l’occasion d’une belle découverte musicale – mais surtout….

d’une sacrée claque ! 

Houba Houba – 21/01/1984
Interview
 par Antoine de Caunes

Une claque dont 35 ans plus tard nous ne nous sommes pas remis – enfin, moi, toujours pas. 
C’est une histoire de passion, en fait.

Ce n’est pas pour rien que les Oils chantent depuis tout ce temps « Power and the passion », d’ailleurs. Et c’est avec ce titre que nous, les Frenchies, nous les avons découverts, un rien béats devant nos téléviseurs, pour certains, encore en noir et blanc. Pas si souvent qu’un groupe concentrait autant d’atouts. Le feu, la rage.  La Cause. Pas depuis… le Clash, non ?
Oui, il y avait tout ça : l’énergie, la musicalité, la technique, l’engagement écologique et anti-nucléaire, pacifiste, en faveur des premières nations (aborigènes pour l’Australie) et quoi encore ? Un chanteur plus que charismatique d’1, 93 m (et chauve de surcroît) qui bougeait comme un dingue ; deux guitaristes tranquilles qui assuraient ; un bassiste solide et un batteur surdoué qui savait tout aussi bien être une gravure mode qu’un fou furieux derrière ses fûts – ah, et qui parlait français aussi.
Excusez du peu mais cette huile de minuit, on voulait la consommer là, tout de suite !

Et les Oils n’ont pas tardé pas à venir faire un tour par chez nous : leur premier concert est donné en France à l’Eldorado (maintenant le Comedia) , à Paris en Septembre 84 puis c’est le festival breton Elixir, avec le Clash entre autres, en 85. Ce n’était que le début… Comme le début d’une longue histoire d’amour. 

Les albums se succèdent. J’achète alors 10, 9….. 1 (appelé 10 to one) que je me mets à écouter en boucle (c’est le cas de le dire : je l’ai écouté surtout en K7 sur mon baladeur) puis très vite, sort celui qui est, je crois, mon préféré de loin, Red Sails in the Sunset. 

Midnight Oil à leurs débuts,Peter Garrett portait les cheveux longs 
- le groupe s'appelait Farm

Red sails … leur permet de faire une grande tournée. Et puis, et puis…  ils enregistrent l’album que tout le monde connaît puisqu’il contient LE hit, le tube: Beds are burning. 
Et là, le passé rejoint le présent. Je vous mets le lien vers la version live du concert de jeudi dernier, à Paris, où j’étais.

Le Grand Rex – jeudi 27 juin 2019. Saut dans le temps. 

35 ans ont passé. Il fait chaud en France. Il fait très chaud à Paris; c’est la canicule. Une température australe.
J’ai pris le TGV  ce matin et j’ai simplement l’impression de fondre. Je vais finir par devenir une flaque, à ce rythme. Mais je m’en fiche. Si je suis revenue dans la région parisienne que j’ai quittée il y a 10 ans cette année, c’est pour une (très) bonne cause.
J’ai 51 ans  et je ne regarde plus les émissions de rock à la télé le soir pour la bonne raison qu’il y en a très peu, sauf sur Arte, parfois, qui a l’heureuse idée de passer de bonnes choses, dont des concerts. 

J’ai eu la chance de voir pas mal de groupes sur scène, pas tous ceux que j’aurais voulu, bien sûr: certains, comme The Clash,  se sont séparés avant que je puisse les voir, certains artistes ont eu l’idée saugrenue de décéder prématurément (Kurt Cobain était né la même année que moi et m’a déchiré le coeur en disparaissant aussi tôt) ;  d’autres se sont un peu perdus en cours de route.
Mais, généralement, allez, je ne suis pas une aigrie du tout, au contraire,  je suis plutôt satisfaite de mon parcours musical. 
Je me dirige vers le Grand Rex, une salle que je ne connais pas (encore). 
Je vois des fans — on les reconnaît aux T.shirts avec de grandes mains jaunes. Allez, je vais vers eux !

Nous avons attendu et l’ambiance devant le Grand Rex était formidable. J’ai rencontré des gens vraiment sympas. Et, cerise sur le gâteau, j’ai vu trois membres du groupe (dont mon ex- crush, Rob Hirst, à qui je n’ai pas réussi à ,parler clairement, bah voyons, c’est bien la 1ère fois que ça m’arrive). Mais pour le reste, tout bonus ! Je n’ai jamais recherché les autographes, je suis nulle avec ça. Du coup, j’en ai. 

Bones Hillman, bassiste

Bones Hillman -- concert juin 2019

— Le concert — 

Le concert de jeudi confirme que les Oils sont toujours un groupe avec autant d’énergie, de créativité. Et de lien avec son public.
D’accord, le son n’était pas au top : les aigus, à gauche, vrillaient carrément les oreilles, dommage. Mais les Oils ont toujours joué fort, rien de nouveau ! Par contre,  ce jeudi soir, il aura suffi d’un mauvais réglage et voilà… 
Après, malgré ce bémol, tout a été magique : trop court, oui, mais intense. La setlist était quasi-parfaite (ce rappel, quel kiff!  ).

J’ai réussi presque à rester tranquille. Enfin, sans sauter partout, à cause de la chaleur. Ou presque.  Disons que vers la fin j’étais quand même en roue libre.
Tout s’est terminé vite. Les bonnes choses ont une fin.
Mais puisque le groupe entre en studio en fin d’année pour enregistrer un nouvel album, on peut se dire qu’une tournée suivra logiquement derrière, non ?
L’huile de minuit n’a pas fini de brûler.

MIDNIGHT OIL

 

Midnight Oil - Grand Rex 2019

Midnight Oil - Grand Rex 2019

Midnight Oil - Grand Rex 2019

Music is might #3

 

Music is might: est une série d’articles qui relient des chansons, des vidéos qui, a priori, n’ont rien à voir entre elles. Le titre est une référence à JK Rowling qui dans Harry Potter utilise le  slogan « Magic is might« . En français, l’allitération en « m » est malheureusement perdue (la traduction est « la magie est puissance », chap. 12 des « Reliques de la mort« .

Qu’y a t’il de commun entre cette vidéo….

 

Et cette vidéo? : 

 

Réponse: 

Perri Lister

On la voit danser dans la 1ère (Fade to grey). C’est sa voix qui fait le « Les yeux sans visage » (en français) dans la 2nde (Eyes without a face).

  • Et là, j’entends: mais qui est Perri Lister?

 

Anglaise, née en 1959, danseuse, modèle, chanteuse, actrice, chorégraphe, elle a fait partie des Blitz kids, ces jeunes gens qui fréquentaient le Blitz club à Londres dans les années 78/80.

C’est au Blitz qu’on a entendu parler pour la 1ère fois des Nouveaux Romantiques (une partie de la new wave des années 80)

 

Je reviens à Perri. Elle a eu un petit-ami célèbre, Billy Idol (ils ont un fils ensemble, né en 1988):

Elle a dansé dans une vidéo de Duran Duran :

(c’est bien elle, topless)

Perri Lister fait la jeune mariée dans « White wedding »:

On peut la voir danser avec Steve Strange de Visage à la tv allemande:

Elle a fait partie de Boomerang avec deux anciennes Coconuts (de Kid Creole & the coconuts):

Une beauté très eighties:

 

Perri de nos jours (à 58 ans):

 

Thème : LGBT +

Aujourd’hui, le thème en est: LGBT +
(Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres…)

J’ai choisi d’illustrer ce thème avec des photos d’Olivier Ciappa dont j’admire le travail (« Couples Imaginaires »).

 

Je vais être franche: tant les auteur(e)s LGBT que les romans qui traitent de personnages LGBT me touchent particulièrement. C’est donc un thème que j’aime et qui m’inspire. J’avais l’embarras du choix, cette fois encore.
Finalement, il se trouve que j’ai terminé il y a quelques jours un livre qui entre justement dans cette catégorie –  un très bon et beau livre, qui plus est.
fairyland

Ce dont il s’agit:

« En 1973, après la mort de sa femme, Steve Abbott, écrivain et militant homosexuel, déménage à San Francisco. Avec sa fille de deux ans, Alysia, il s’installe dans le quartier de Haight-Ashbury, le centre névralgique de la culture hippie. Là où Joan Baez a pris le micro dix ans plus tôt pour appeler à lutter contre la censure et en faveur de la liberté d’expression. Là où les représentants officiels de la Beat Generation – William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, Neal Cassidy – annoncèrent l’avènement de la révolution psychédélique. Steve Abbott découvre une ville en pleine effervescence dans laquelle la communauté gay se bat pour ses droits, il rejoint la scène littéraire de l’époque et fréquente cette génération de jeunes gens bien décidés à tout vivre, tout expérimenter. Commence pour le duo père-fille une vie de bohème, ponctuée de déménagements, de fêtes et de lectures de poésie a` l’arrière des librairies. Alysia Abbott revient sur les aventures de son enfance alors que le virus du sida ronge peu a` peu la ville. »

 

D’autres photos de la fille et du père, merveilleuses de complicité,illustrent le livre. La référence s’impose d’elle-même: on songe à Armistead Maupin et à ses Chroniques de San Francisco.

L’histoire est touchante, drôle, triste – à l’image de la vie. Alysia Abbott fait preuve d’une grande sincérité en revenant sur son enfance, son adolescence sans enjoliver le tableau. Je me suis arrêtée un moment sur cette citation de Steve Abbott dans son journal :(au sujet de sa fille ):“Espérons que lorsqu’elle sera adulte, nous vivrons dans une société où les dichotomies homo-hétéro et homme-femme ne seront pas si importantes. »
C’était en 1975…

« J’adore Fairyland. C’est une histoire d’amour à la fois unique et merveilleuse entre un père et sa fille qui ont grandi côte à côte dans le San Francisco des années 1970. Je pense que ce livre fera un film aussi touchant qu’engagé. » – Sofia Coppola (projet en développement)

Complicité: 
 photo datant de 1983 montrant Steve Abbott et sa fille Alysia

 

Fairyland, d’Alysia Abbott est publié aux éditions Globe. Il vient de paraître dans la collection de poche 10/18.

Vous pouvez en écouter  une chronique ici

Bonne lecture!


 

Retour vers le passé: 12/1986

Un autre bond de 10 ans et nous voilà à la station:  décembre 1986. Bienvenue dans les Eighties!

Décembre 1986 : une déferlante musicale nous tombe dessus et c’est un décompte final.. N°1 dans les charts français ( 8 semaines à la 1ère place, je confirme que ce fut long!)  « Pourtant je suis friande de metal, mais non, ça, c’est de la pâté pour chats ! »je cite mon carnet de bord de jeune étudiante encore lisible.

Europe -The Final countdown:

 

Outre-Manche ainsi qu’outre-Atlantique, marchons comme des Egyptiens avec  les Bangles :

Suivent:

Wang Chung:

Et …Duran Duran (ô les années 80 ^^…) avec Notorious:

Robbie Nevil : C’est la vie:

Question mode:

Dans l’actualité: Les manifestations étudiantes – la mort de Malik Oussekine:

Je rappelle le contexte: décembre 86:
Les étudiants ont été en grève en opposition à la loi dite Devaquet (une loi qui visait à selectionner les étudiants à l’entrée des universités et à mettre celles-ci en concurrence…). Le projet sera retiré le 8/12/86 suite à la mort de Malik Oussekine, en marge des manifestations.(j’étais en 1ère année de fac en 1986 – je m’en souviens donc très bien).

Sur le blog ci-dessous (que je recommande), j’ai trouvé ( retrouvé) des références aux 70-et 80’s :

dont la pub de 1986 « Et hop! »:

 

Au cinéma, en décembre, nous sommes allés voir Le nom de la rose : 

Sid & Nancy – sorti en France en novembre – vu en décembre pour ma part (avec mon chouchou, Gary Oldman):

Down by law – 

la 1ère fois que je voyais un  film de Jim Jarmusch -mais pas la dernière –

Stephen King et « It » (« ça » en français)

 

Nous avions Alf à la télé:(ok,  l’inspecteur Derrik avait juste fait ses débuts, aussi…)

http://dai.ly/xcbaex

 

Le  15 décembre 1986 : Lancement à Paris de la chaîne locale « Paris Première »(la chaîne locale…^^)

 

 

Le 1er décembre 1986, François Mitterrand, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac inauguraient ce nouveau musée consacré aux artistes de la seconde moitié du XIXe siècle. (Il aura fallu 9 ans pour transformer l’ancienne gare d’Orsay en musée).

Fin décembre (30 ans jour pour jour), le  titre de Sade « Is it a crime » sort en single (album « Promises »):

C’est un hit pour Chrissie Hynde et les Pretenders:

Avec la sortie du film, le titre « Stand by me  » du même nom est diffusé en masse:

 

Décembre 86, c’est aussi bon pour ce titre de Bon Jovi (« You give love a bad name »):

Le Boss nous livre sa version de  « War » (même si je préfère la version d’Edwin Starr, perso) mais Springsteen ….le Boss, quand même!

Voilà, la fin de l’année approche.
Pour le réveillon 86, je me souviens d’une fête chez une amie de fac (qui est toujours une amie, 30 ans plus tard).
Nous avons dansé sur Niagara, sur les Rita Mitsouko et d’autres titres que je n’écoutais pas forcément -Jeanne Mas et moi, ça a toujours fait 2 ainsi que  cette variété française dont tout le monde semble si nostalgique actuellement, les Gold et autres Image que je fuyais.Ce soir-là, j’ai aussi croisé sans le savoir le Grand Amour de mes 10 ou12 années à venir. Amusant …

 

 

 

 

Ces trésors du net si kitschounets

Grâce à un collègue (en fait, je ne sais pas si je dois dire « grâce » ou « à cause » de lui, vous allez bientôt comprendre pourquoi), j’ai découvert un trésor de kitscherie 80’s et en musique, SVP!

Un mot avant de lancer la vidéo (pardon , la chose – « that », dirait-on en anglais):

L’auteur s’avère être le fils de Patachou (ok, récapitulatif:  Patachou était une chanteuse française et une actrice, qui a chanté avec Brassens, entre autres. Pour complément, cliquez sur le lien).

Donc, Patachou a un fils, Pierre Billon en 1946.
Michel Sardou et Pierre Billon, qui se sont connus en 1963 dans les coulisses de l’ABC où jouaient leurs parents respectifs (Patachou, Fernand et Jackie Sardou), se retrouvent au printemps 1968.

A partir de là, effectivement, la carrière de Pierre va réellement commencer. Non seulement , il sera un des auteurs- compositeurs de Michel Sardou, arrangera de nombreuses chansons et réalisera des albums pour le chanteur, mais il va devenir chanteur à son tour. Première partie de Michel, il l’accompagnera aussi parfois à la guitare sur scène.Pierre Billon sera auteur-compositeur de nombreuses chansons (compositeur de « Etre une femme », par exemple).

En 1981, Pierre Billon va rejoindre l’équipe de leur ami commun : Johnny Hallyday.

Mais il écrit pour lui (paroles et musiques) et sort dès 1973 un album de compositions originales dont deux titres vont émerger  » La Groupie  » et surtout  » La Creuse « .
Il compose également des génériques de jeux télévisés (Le Juste Prix, Le Bigdil…- et oui….)
Et en 1984, il sort cette chanson qui ressort en 2009, visionnée plus de 1,5 million de fois et qui rencontre enfin , son succès!

La voici :
avec ses paroles
« J’me sens, comme une Bamba triste,
Comme une Marseillaise en mineur jouée par un flûtiste autodidacte, sans tact.
Comme un producteur gros cigare qui lit le score à l’envers, et en plus qui a perdu son chien policier celui qui lui touche le pied chaque fois que c’est le premier temps.

J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste.
J’me sens
comme un accord yougoslave auquel on aurait cruellement interdit l’entrée de la Belle Ferronnière
J’me sens
comme Pierre le preneur de son qui rit sans envie parce que le client lui dit « écoutons hydrophilement »

J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste.

J’me sens
comme un publiciste à Range Loden qui se dit plutôt mourir que Pluto Mickey.
J’me sens
comme un clip muet,
où les seuls mots intelligents viennent d’un académicien qui dit
« je flippe, je flashe, je suis cool et j’ai les moules ainsi que les boules maman »

J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste.
You feel definitly comme une bamba triste.
You feel definitly como una bamba triiiiiste.

J’me sens
comme un vendeur d’instruments de musique auquel on vient
de rapporter une guitare parce qu’elle sonne pas comme celle de Van Halen
J’me sens
comme les 4 saisons de Vivaldi après un compte donné très fort et en Allemand
« ein zwei drei vier »

J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste.
J’me sens définitivement comme une bamba triste.
définitivement comme une bamba triste »

 

Mais il y a une histoire derrière tout ça:

Pierre Billon raconte que la chanson a été inspirée par sa tristesse après son licenciement par Johnny Halliday. «Je me suis fais lourder avec une lâcheté sans comparaison: on m’amène une lettre comme quoi je ne faisais plus partie de l’équipe. Donc je m’en vais. Et je m’en vais franchement comme une bamba triste. Généralement les gens qui partent de chez Hallyday — les maîtresses, les femmes officielles ou les producteurs — se sentent revanchards et certainement amers de cette séparation, moi je me suis dit que j’allais faire un disque».

Voilà, voilà.

J’ai donc appris quelque chose aujourd’hui (enfin, en dehors de la somme de connaissances que je m’efforce d’ingurgiter chaque jour, et c’est du costaud).

Comme douce vengeance, j’ai filé à mon collègue le lien de « J’aime les licornes« ? Quoi, vous ne connaissez-pas ce monument de …folie et de …heu…créativité? (éloignez les enfants du PC): kitscherie bis:

 

Niess « Lady Butterfly » – 2016

(en remerciant Gaël, la chanson me tourne en boucle dans la tête).

 

I fought the law and…. the law won (or I won) #music is might

« I fought the law » fait partie de mes titres préférés. J’ai connu la chanson  grâce à un groupe qui a marqué une grande partie de ma vie (rien que ça…), je veux parler de: The Clash. La voici: (paroles et video ci-dessous)

Breakin’ Rocks In The Hot Sun
I Fought The Law And The Law Won (Twice)
I Needed Money ‘Cause I Had None
I Fought The Law And The Law Won (Twice)

I Left My Baby And It Feels So Bad
Guess My Race Is Run
She’s The Best Girl That I Ever Had
I Fought The Law And The Law Won
I Fought The Law And The

Robbin’ People With A Six-Gun
I Fought The Law And The Law Won (Twice)
I Lost My Girl And I Lost My Fun
I Fought The Law And The Law Won (Twice)

I Left My Baby And It Feels So Bad
Guess My Race Is Run
She’s The Best Girl That I Ever Had
I Fought The Law And The Law Won
I Fought The Law And The

I Fought The Law And The Law Won (7 Times)

 

 

Flashback (ou analepse en français) : Je n’ai pas découvert le groupe (The Clash) dès leur formation (1976/77) puisque j’étais alors enfant (et que je n’écoutais certainement pas du punk rock…pas encore).
Les Clash me sont tombés dessus – du moins, un album m’est tombé entre les mains et entre les oreilles, ça fait moins mal –  à l’adolescence vers 15 ans ( avec ceux des: Sex Pistols, Damned,  Stranglers et j’en passe). Nous étions au début des années 80 en pleine période New Wave et en plein  rockabilly revival  (The Stray Cats, quel bon groupe…) mais aussi en plein mouvement punk’s not dead. 

Avec la sortie de l’album des Exploited (Punk’s not dead), les coupes à l’iroquoise firent soudain leur (ré)apparition (et les épingles de nourrice, etc…).
Punk, donc.
Et parmi les titres des Clash, un jour, j’ai entendu « I fought the law« . Pas sur un album. A la radio. Coup de foudre. Très vite, j’ai appris que le titre n’était pas l’une de leurs compositions;à 15 ans, il y a beaucoup de choses qu’on ignore…même quand on tente d’écrire de petites critiques de disques – et je faisais vraiment mes débuts. Je me suis donc plongée dans l’histoire de cette chanson sans internet à disposition à cette période (ça, c’était rock’n’roll et long, aussi).

Et me voilà, plus de 30 ans plus tard, avec autant d’enthousiasme vis à vis de cette chanson, de la musique en général. Retour en 2016, donc, avec internet, youtube et j’en passe.

Ce qui est cool  avec « I fought the law« , c’est que l’une des meilleures reprises a été faite par un autre de mes groupes favoris: the Stray Cats.

(live, Tokyo 1990) La voici tout de suite:

Mais je reviens à l’origine de la chanson:
Sonny Curtis, guitariste de Buddy Holly (« That’ll Be the Day ») , écrit et compose « I fought the law« . Il la joue avec The Crickets, le groupe dont il fait alors partie, après le décès prématuré de Buddy Holly en 1959. (les rock stars ont la fâcheuse tendance à mourir jeune: 22 ans pour Buddy Holly) et dans des circonstances stupides (un accident d’avion).

En 1960, Sonny Curtis and the Crickets l’enregistre.

 

La 1ère reprise ne tarde pas. Elle est faite par Paul Stefen and The Royal Lancers en 1962 :

Et en 1964, Sammy Masters nous livre cette reprise:

Bobby Fuller, grand admirateur de Buddy Holly, reprend avec son Bobby Fuller Four « I fought the law » en 66. Ce sera un hit aux USA. Pour la petite histoire, six mois après l’entrée du titre dans les charts, on retrouve Bobby Fuller sans vie, dans la voiture de sa mère. Suicide par asphyxie, concluent les services de police de Los Angeles. D’autres disent qu’il a été assassiné. (le musicien avait 23 ans…)

 

Roy Orbison a lui aussi donné sa version de « I fought the law » en 1972 .Je pouvais difficilement passer outre Roy Orbinson, Mr. »Oh, Pretty Woman » par exemple, une voix inimitable:

En 78, c’est donc la version des Clash, bien sûr

En 1979, sur l’album d’Hank Williams Jr. apparaît cette version country :

Un autre excellente version voit le jour en 79 lorsque Lester Bangs, journaliste et critique musical légendaire américain ( – je me suis gavée de ses recueils d’articles -)  entre aux Studios Electric Lady (LE studio conçu par Hendrix à l’origine) avec Mickey Leigh, frère de Joey Ramone.  Les bandes furent égarées puis retrouvées par Leigh qui publia l’album des années plus tard, le finançant par des publicités au dos de pochette.

 

Parmi les reprises les plus connues, et elles sont nombreuses,je n’oublie pas celle des Dead Kennedys, avec des paroles réécrites (voir la vidéo) et un refrain qui fait: « I fought the law, and I won »

 

Mike Ness de Social Distortion en 1999:

2009, celle de Bruce Springsteen: (parce que c’est le Boss):

 

 

Sans oublier celle de La Mano Negra :

 

Pour la TV: la reprise de Mary’s Danish en 1992 dans la série (allez, je vous laisse deviner? …) : « Buffy the vampire slayer » , une cover très 90’s:

 

 

 

C’est même  pas mal du tout quand on écoute celle de Green Day…  qui n’est pas ce qu’ils ont fait de mieux, malheureusement. C’est la raison pour laquelle je la mets en dernier. Attention, je me garderais bien de dire que leur version est nulle, loin de là. Mais je pense que le groupe s’est un peu loupé (je n’ai rien contre eux, au contraire!):

 

Mais je vais vous laisser avec le regretté Joe Strummer ( ex-chanteur, ex-guitariste de The Clash, décédé en 2002), pour revenir à  mes 1ères amours.  Cette fois il la joue en compagnie de son groupe, les Mescaleros :