La revanche des méchants – Fabien Clavel

Dans le cadre de l’opération Masse Critique Babelio – jeunesse,  j’ai reçu un étonnant petit roman intitulé : La revanche des méchants.
Je l’avais repéré il y a quelques mois en librairie et sur certains posts, la couverture étant signée par la talentueuse Noémie Chevalier (ici pour aller voir son travail ou  sur Insta).

La revanche des méchants par Clavel

Résumé :  Lycie a un problème : Hachem. Enfin, non, son premier problème, c’est qu’elle ne maîtrise pas ses crises de colère, mais Hachem arrive en seconde position : il passe son temps à la faire sortir de ses gonds. Ah ! et elle a un autre problème, aussi : ses poils repoussent à une vitesse vertigineuse ! Bref, ça fait beaucoup de problèmes pour cette ado de 5e B ! Alors, quand Lycie découvre une annonce promettant aux gens comme elle de les aider, elle n’hésite pas à se rendre à l’adresse indiquée. Et là, Lycie découvre qu’elle a un plus gros problème, encore… Mais la situation dérape carrément lorsque des clones de Prince Charmant se mettent à la pourchasser ! Car Lycie est une descendante de méchant des contes de fées, et les Gentils ne sont peut-être pas les gentils de cette histoire…

Nous allons donc suivre Lycie, une jeune ado qui est confrontée à des crises de rage inexpliquées et à une pilosité étrange, ainsi que son camarade de classe, Hachem qui, lui, ne tient pas en place. Tous les deux vont échapper de justesse aux Gentils, deux descendants de Blanche-Neige et de Riquet-à-la-Houppe, qui veulent à tout prix les « rendre normaux ».
Heureusement, Lycie et Hachem échappent à leurs griffes grâce à la descendante de la Reine de Coeur (celle d’Alice), tout cela sur un tapis volant magique (et non, pas de balais, dans cet univers). Les voilà tous les deux admis au sein d’une sorte d' »académie » pour descendants lointains de Méchants, un Poudlard en plus dark, comme le qualifie Hachem (j’ai bien aimé l’expression). Ici, les deux ados vont apprendre leur véritable nature et aussi, ce que sont les Méchants.
On pourrait croire à une histoire simpliste, voire à une simple réécriture de conte mais c’est plus subtil que cela. Plusieurs niveaux de lecture sont possibles , même si l’écriture est très simple (adaptée à l’âge du public visé, sans doute, même si je l’ai trouvée un brin simpliste/facile/peu innovante parfois, mon seul bémol).
Par contre, la richesse du contenu est à saluer, avec des références à Bourdieu (via le personnage intello de Cannelle qui fournit le vocabulaire et les nuances complexes qui sont ensuite expliqués) et des bases de génétique.
L’intrigue est carrée et se suit très bien de bout en bout. J’avais même envie d’en lire plus…
L’ode à la différence, à  l’acceptation de l’autre, est magnifique. Et il y a beaucoup d’humour, j’allais oublier.
Bref, j’ai passé un très bon moment avec ces Méchants qui ne le sont pas.
Un petit roman très bien fait bourré de bonnes idées. Chapeau !

256 pages – Fleurus – 13,90 €

Premières lignes – 7 février

 Premières lignes 

 » Il semblerait qu’il soit né le 4 février 1986.
Au Pays du Matin calme, l’enfant entre dans l’existence dès sa conception. Sans grande considération pour les lois de la science, il sera déclaré — non pas à l’état civil, mais à la famille — âgé d’un an le jour de sa naissance. Il gardera cet âge tout au long de l’année lunaire qui s’en suivra. Ainsi l’enfant comptera deux au nouvel an de l’année suivante — au Nouvel An lunaire appelé Seollal — qu’il soit né en décembre ou en juillet.
Au centième jour de sa naissance, une fête célèbrera la fin de la période suspecte de mortalité infantile, la victoire de sa survie au monde. « 

J’avais très envie de lire Idoles de Marianne Weller aux Ateliers du Cahier, un document sur le groupe de K-pop TVXQ!. 

Dès les premières lignes, on voit apparaître l’intérêt de ce livre — et son ambigüité.  D’une part , il nous éclaire si bien sur la société coréenne que c’est un plaisir d’apprendre des détails que, parfois, on ignore et, de l’autre, il n’est ni un essai sur la Corée, ni une biographie du groupe TVXQ! même s’il s’en a tous les aspects.
Voilà donc son gros défaut : à force d’hésiter entre les genres, il n’en a aucun. Et à force de n’être pas une biographie, il ressemble à un fouillis qui mériterait vraiment une relecture (une vraie ) afin de raconter une histoire qui ait un véritable sens ou qui se dirige vers un essai qui soit structuré correctement.
Mais ce n’est pas le cas.
Et donc, on oscille entre une partie fictionnelle et une autre très documentée, se mixant sans réel habileté.
La première partie du récit ressemble quand même terriblement à une biographie puis, étrangement, on passe à une seconde, très confuse et brouillonne où il faut pêcher les informations. L’autrice dit qu’elle a tenté de mêler le vrai et le faux puisque « ceci n’est pas une biographie ». Même si j’ai tout à fait entendu l’intention, je dois dire que le résultat n’est pas concluant. malgré tout, j’ai lu entièrement, retenant ce qui m’intéressait, pestant contre les maladresses ( ex : dans un paragraphe, subitement apparaît une formulation à la première personne du singulier alors qu’à aucun moment il n’a été mentionné un quelconque « je » ;  défaut de narration ou oubli malencontreux 😫).
Par contre, j’ai vraiment apprécié à sa juste valeur toute la documentation. Les anecdotes sur le groupe, qu’elles soient connues (car réelles) ou pas ( car inventées mais bien trouvées) sont excellentes. C’est vraiment dommage que ce récit ne soit pas une fiction car l’autrice avait trouvé son sujet et est particulièrement à l’aise pour entrer dans la vie des « idoles » dont elle parle avec une grande humanité.
A ce sujet, j’ai appris un tas de détails sur ce groupe que je ne connaissais que superficiellement ( merci  » Mirotic » — la vidéo et le titre qui firent scandale en Corée du Sud :

TVXQ, c’est aussi le  groupe qui a fait les frais des méthodes honteuses d’une très grosse maisons de disques,  la SM entertainment, qui a fait ses dents sur eux — avant de lancer EXO... ( on ne va pas rappeler les dégâts que causent l’industrie musicale en Corée, le problème étant plus vaste, sociétal, ce qui me rappelle une lecture récente ).

Pour finir, Idoles a été une lecture en demi-teinte : j’aurais aimé que le récit soit dans la continuité de la première partie. A mon avis, l’autrice aurait dû être encouragée à développer cette partie sur toute la longueur car elle a un réel talent pour la fiction ( et je viens de lire une interview d’elle où elle confirme mon doute sur son processus d’écriture…). La seconde partie reste, à mon sens, du remplissage et c’est dommage.

Note perso : Oui, Marianne Weller, écrivez de la fiction !
( et en plus, elle aime Big Bang et G-Dragon ! 😍 )

 

Idoles par Weller

Résumé : En 2004, un nouveau groupe de cinq chanteurs fait ses débuts en Corée du Sud. Le plus jeune a quinze ans, le plus âgé dix-sept. Ils se sont rencontrés par hasard, réunis par la plus grosse agence de production du pays. Ils vont devenir le groupe le plus célèbre de toute l’Asie, battant tous les records de popularité. Et les meilleurs amis du monde. Mais, pour trois d’entre eux, la liberté compte plus encore. En 2009, entouré d’une pression médiatique énorme, le groupe vole en éclat et les ennuis commencent. Procès, déchirements, l’industrie musicale coréenne ne compte pas laisser s’envoler ainsi la poule aux œufs d’or…
​Un récit inspiré de l’histoire du groupe TVXQ!, stars incontestées de la deuxième génération de K-pop, éternellement regrettés, longtemps pris pour modèles par la génération d’aujourd’hui.

Merci à Babelio Masse Critique 

 

 

 

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On ne coupe pas les pieds d’une jeune fille — Taï-Marc Le Thanh

On ne coupe pas les pieds d'une jeune fille par Le Thanh

 

Résumé : À quoi ça tient l’existence ? À une bulle d’air. Une note de musique. Aux amis et aux compagnons d’infortune. À l’imagination. Au combat de chaque jour. Ce combat, Nola le mène depuis qu’à la suite d’une opération à l’hôpital ses jambes ne répondent plus correctement. Mais elle n’est pas seule : dans sa tête, il y a un clown, un avion avec un pilote, et un Soldat. Ensemble, à l’assaut de la vie !

C’est le titre qui m’avait attirée. Puis la photo de couverture, c’est vrai ( une vraie réussite). En lisant le résumé, je m’étais dit que l’histoire avait l’air vraiment intrigante. Du même auteur, j’ai dû lire un roman ou deux, pas plus.

J’ai donc profité du Masse Critique (merci les éditions de l’Ecole des Loisirs) pour faire cette lecture qui est un joli voyage.

Tout commence en 1977 à l’hôpital Broussais : le  pavillon des enfants malades n’est certainement pas un lieu de réjouissances. Et pourtant, la première scène s’accompagne d’une fanfare !
Mais pour le personnage principal, Nola, 11 ans au début, rien ne va : obligée de subir une opération au coeur, elle ressort de l’intervention guérie mais…. non, en fait. Car quelque chose est allé de travers et Nola ne sent plus ses jambes ! Elle ne peut plus s’ne servir.
De là, commence  un récit touchant, émouvant et souvent loufoque, découpé en scènes à la façon d’une pièce de théâtre. Une histoire sensible pleine d’humour et de résilience.
Je ne le savais pas mais le roman s’est inspiré  librement des jeunes années de Natalie Tual, autrice nantaise et compositrice.

 

A partir de 12 ans

317 pages

Paru le 14 octobre 2020

Editions ECOLE DES LOISIRS

Premières lignes : La fileuse d’argent

Je n’ai pas un rythme de lecture très soutenu en ce moment. Ou autrement dit : je rame pour terminer ce que je commence 😆. Parfois, je laisse le livre de côté pour le reprendre un peu plus tard. Bref, ça me fait cet effet depuis la fin du confinement (je vais accuser le confinement, ça sera plus rapide mais il y a pas mal de fatigue, aussi).

J’ai bouclé un roman assez long récemment dont voici tout de suite les premières lignes : 

« La véritable histoire est loin d’être aussi belle que celle que vous avez entendue. La véritable histoire, la voici : la fille du meunier aux longs cheveux d’or veut séduire un seigneur, un prince, le fils d’un notable, aussi se rend-elle chez le prêteur et y emprunte-t’elle une bague, un collier, qui la feront paraître à son avantage à la fête du village. Et comme elle est resplendissante, le seigneur, le prince, le fils d’un notable la remarque, danse avec elle et la culbute dans un grenier à foin quand l’heure n’est plus à la danse. Après quoi, il rentre chez lui et épouse la riche héritière que sa famille a choisie pour lui. Puis la fille du meunier, spoliée, raconte à tous que le prêteur est en affaires avec le diable et les villageois le chassent, lui jettent même quelques pierres, ainsi peut-elle au moins garder les bijoux pour se constituer une dot et donner sa main au forgeron, avant que naisse son premier enfant au terme d’une grossesse un peu courte. « 

C’est sous forme de conte que débute « La fileuse d’argent » un roman que j’ai reçu grâce à Masse critique (Babelio) :ma participation datait d’avant le confinement, et les circonstances ont fait que tout a été bloqué pour l’envoi du livre pendant un bon moment.

« La fileuse d’argent » est un roman que j’attendais avec impatience de lire car j’avais beaucoup apprécié « Déracinée » de la même autrice, Naomi Novik.
Cette fois encore, nous nous embarquons pour l’univers des légendes, un peu à la façon de « L’ours et le rossignol«  de Katherine Arden (j’ai trouvé pas mal de ressemblances, entre le monde slave, le roi de l’hiver, etc…. ). Nous suivons ici principalement (mais pas que…) trois jeunes femmes, la fille du prêteur, Miryem, Wanda qui viendra l’aider et tiendra un rôle important par la suite de « lien » entre deux mondes, et Irina, la jeune noble qui va épouser le nouveau tsar. Ces trois points de vue restent les principaux car l’intrigue tournent surtout autour d’elles mais l’autrice s’intéresse  avec beaucoup d’habileté aux points de vue secondaires comme celui de la nounou d’Irina ou du jeune frère de Wanda, ce qui apporte une richesse dans le développement des personnages. J’ai trouvé que le procédé était très bien maîtrisé 👍

La dimension fantastique apparaît en premier lieu avec les Staryk, dont on ne comprend pas au début l’origine. Leur monde, leur culture, tout sera développé un peu plus au fur et à mesure. Et je dis : « chic, on ne nous balance tout ça en même temps »  — l’autrice prend son temps et c’est un point fort.  Il y a également un autre personnage fantastique, un être du feu qui particulièrement réussi.

C’est d’ailleurs une réussite. Mais il faut savoir être patient.e. Comme pour « Déracinée », j’ai eu l’impression d’avancer doucement dans le roman au début, de devoir progresser à petite vitesse avant que l’histoire ne se déploie pleinement — mais avec quelle force ! (et je ne parle pas ici du dénouement ! ). Un enchantement, un de plus.

La fileuse d'argent par Novik

Résumé : Petite-fille et fille de prêteur, Miryem ne peut que constater l’échec de son père. Généreux avec ses clients mais réticent à leur réclamer son dû, il a dilapidé la dot de sa femme et mis la famille au bord de la faillite… jusqu’à ce que Miryem reprenne les choses en main. Endurcissant son coeur, elle parvient à récupérer leur capital et acquiert rapidement la réputation de pouvoir transformer l’argent en or. Mais, lorsque son talent attire l’attention du roi des Staryk – un peuple redoutable voisin de leur village -, le destin de la jeune femme bascule. Obligée de relever les défis du roi, elle découvre bientôt un secret qui pourrait tous les mettre en péril…

 

 

 

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Transbordeur : photographie, histoire, société

Transbordeur photographie, histoire, société est une très belle revue consacrée à la photographie dotée d’une iconographie très bien mise en valeur et d’articles techniques richement documentés.

« Les images existent par l’effet cumulé des dispositifs d’enregistrement et de visionnage, d’exposition en petit et grand format, de stockage, de flux et de masse, d’encodage et de surcodage, des mécanismes économiques et juridiques de leur valorisation, des agences, des archives, des institutions patrimoniales ou pédagogiques qui leur donnent leur utilité en tant que technique culturelle » (p. 5).

 

Au fil de plus de 230 pages, cette revue, dont le titre s’inspire du pont transbordeur, présente au lecteur un éventail choisi  des études photographiques de notre époque tout en axant ses articles sur le côté technique, faisant le lien entre passé et présent.
Il s’agit non seulement d’un très bel objet mais aussi d’une mine de renseignements et d’études.

« Les éditions Macula ont conçu un objet de haute qualité esthétique et magnifiquement illustré grâce au soutien de plusieurs institutions et mécènes. Cette première livraison a pour objet les Musées de photographies documentaires. Elle est issue d’un colloque organisé par les universités de Lausanne et de Genève. En une quinzaine de textes, elle propose un panorama des principaux projets et institutions européennes consacrés à l’archivage photographique depuis le XIXe siècle, ainsi que quelques essais sur des thèmes particuliers comme « Fasciner l’attention. Le chromatrope et le pouvoir suggestif de la couleur en France au XIXe siècle » (p. 134-149) d’Alessandra Ronetti, ou « Frank Bunker Gilbreth : La normalisation comme art de vivre » (p. 150-165) de Bernd Stiegler. »

(source)

 

 

Revue Transbordeur. Photographie, histoire, société, éditions Macula, 2017, numéro 1, 236p  

Site des éditions Macula

Merci à Babelio Masse critique