Premières lignes – 20 septembre

Allez, je peux le dire : c’est un Premières lignes qui tombe le jour de mon anniversaire — et hop, un an de plus. Pendant que je suis à « parle », je suis aussi allée voir « Dune » samedi, place gratuite pour l’occasion — autant dire que j’en ai profité.
Et …. c’est un excellent film. Mais ce ne sont pas les premières lignes Dune qui suivent, même si  je le relirais peut-être pour la énième fois, pourquoi pas.

 » — Tout est prêt ?
— Non. Figure-toi que tout cela est le fruit de ton imagination et que j’ai passé la journée à me tourner les pouces en me gavant de miel.
Tash était en train d’ajuster la corde pour que son extrémité nouée affleure pratiquement le fond de la fosse.
— Un peu plus bas, indiqua Gravell.
— Je ne suis pas aveugle !
— Il faut que tu vérifies.
Tash se tourna vers Gravell.
— Je sais très bien ce que j’ai à faire.
Gravell devenait toujours très pénible et pointilleux à ce stade et Tash se rendait compte seulement maintenant que c’était probablement dû à la peur. Tash n’en menait pas large non plus, mais savoir que Gravell était sur le point de se pisser dessus n’arrangeait pas les choses.
— T’es pas nerveux, quand même ? demanda-t’elle.
Gravell marmonna :
— Pourquoi je serais nerveux ? C’est toi qu’il chopera en premier. Lorsqu’il aura fini de te boulotter, je serai déjà loin.
C’était juste. Tash servait d’appât. Elle attirait le démon dans le piège et Gravell se chargeait de l’achever.
Tash avait treize ans et jouait le rôle d’appât depuis que Gravell l’avait achetée à sa famille, quatre ans plus tôt. « 

Les Voleurs de fumée, tome 1 par Green

Premier tome de la trilogie « The Smoke thieves », Les voleurs de fumée, ce roman éponyme introduit l’univers dans lequel vont évoluer les différents protagonistes. Sally Green, connue pour sa série Half Bad, adopte une technique efficace de points de vue alternés, jonglant avec ses cinq personnages, moins que dans le Trône de Fer de GRR Martin, auquel Les Voleurs de Fumée est très souvent comparé, ce qui me paraît un peu exagéré. Il reste que l’intrigue est elle aussi efficace et donc, prenante. On entre tout de suite dans l’action avec la scène de la chasse aux démons, qui produisent la fameuse fumée, quand ils meurent. Mais qui sont donc ces démons ? D’où viennent-ils ? La réponse ne se trouve pas dans ce premier tome mais à mon avis, on en saura beaucoup plus dans le second.
Ici, on s’attache aux destinées et aux parcours de personnages bien distincts qui ne sont pas amenés à se croiser, a priori. Sauf que, évidemment, tout va les rassembler.
L’histoire n’est pas hyper complexe mais bien addictive et très bien menée. Un bon story-telling, donc, doublé de personnages bien écrits, avec intelligence. Bref, les pages se tournent les unes après les autres à un rythme soutenu.
De la bonne fantasy. 
Et ensuite ? La suite, la suite !
(le deuxième tome vient de paraître en français, ça tombe bien).

Résumé : Une princesse visionnaire qui ne laissera personne lui dicter sa conduite.
Un soldat idéaliste déchiré entre son cœur et ses devoirs.
Une chasseuse intrépide traquant la plus dangereuse des proies.
Un traître déterminé à venger le sang de son peuple.
Un voleur insaisissable qui multiplie les faux-semblants.
Un monde immense et magique au bord du chaos, dont la clé se trouve peut-être au fond d’une bouteille de fumée…

 

Les voleurs de fumée – Sally Green

  • Éditeur : J’ai lu
  • Date de sortie : 6 janvier 2021
  • Prix éditeur : 16,90 €
  • Broché : 480 pages
  • ISBN-10 : 2 290 179 310
  • ISBN-13 : 978-2290179314

 

 

Premières lignes – 28 février

Premières lignes après un léger break

 » Pantalaimon, le daemon de Lyra Belacqua, devenue Lyra Parle-d’Or, était alllongé sur le bord de la fenêtre de la petite chambre-bureau de Lyra au collège Sainte-Sophia, dans un état aussi éloigné que possible de la réflexion. Il avait conscience du courant d’air froid qui entrait par la fenêtre à guillotine mal ajustée, de la douce chaleur de la lampe à naphte posée sur le bureau, sous la fenêtre, du grattement du stylo de Lyra sur le papier, et de l’obscurité au-dehors. « 

Pas vraiment de suspense cette semaine : dès les premières lignes, nous savons que nous retrouvons le monde de Lyra, le personnage central de La croisée des mondes /His Darks materials. Dans ce deuxième tome de la Trilogie de la Poussière, commencé avec La Belle sauvage, une préquelle intéressante et bien menée, Lyra a vingt ans. Il s’agit donc d’évènements survenant après la première trilogie.  Il s’agit donc …d’une suite. ( et il vaut mieux avoir lu la première trilogie pour relier le tout).
Lyra est étudiante mais rien ne va comme : en effet, Pan et elle ne s’entendent plus, une chose rare entre un humain et son daemon, une chose quasiment impossible.
Mais on verra au fil du livre que cela peut arriver et que les daemons peuvent même quitter les personnes avec ils sont liés. Et là, rien ne va dans le monde de Pullman qui avait posé le fait que, dans ce monde, sans daemon, ou séparé de lui, tu meurs.
D’autres incohérences ou bizarreries, il y en a plus d’une dans ce tome.
Aura-t’on des éclaircissements avec le troisième ? J’ai envie d’espérer mais La Communauté des esprits ne m’a pas convaincue. Je l’aurais même abandonnée en cours de route si cela n’avait pas été l’histoire de Lyra, de Pan et de Malcolm aussi.
Le rythme est très inégal : il traîne sur une grande moitié du roman, se perdant en considérations qui n’apportent pas grand chose à l’histoire. Les thèmes sont abordés de façon peu subtils : la religion et le fanatisme avec une énorme caricature de l’Islam (encore ! c’est usant…) ; le manque de créativité avec l’arrivée de la rationalité surtout à l’âge adulte – comme si on ne pouvait pas concilier les deux ( c’est mal fait  et ça m’a fait bondir plus d’une fois). Ensuite, Pullman n’a pu s’empêcher d’aborder le problème des migrants : pourquoi pas ? Mais une fois de plus, c’est réalisé sans finesse aucune. Quant à la question des agressions sexuelles, on repassera : la scène de l’agression est particulièrement violente ( j’ai failli refermer le livre et pourtant… ). Tiens, je pensais que c’était un livre pour la jeunesse ? Gallimard jeunesse n’a pas trouvé judicieux de placer un petit avertissement quelque part ? . Mais le pire, c’est qu’elle est totalement gratuite ( sauf à dire : les méchants hommes orientaux, encore une fois). Le deuxième message que cela envoie, de façon étrange, n’est certainement pas désiré par l’auteur mais il est là :  quand on analyse la scène,  elle nous dit :  » pourquoi Lyra a-t’elle eu l’idée de rester dans un wagon plein de militaires alors qu’elle ne porte pas de voile ? « . Cela souligne sa stupidité et quelque part, la responsabilité  de la jeune femme  dans cette agression ( un refrain connu).  Très moyen, vraiment.
Je n’ai pas grand chose à dire après ça sauf que je n’ai pas passé un bon moment et que je trouve ce tome assez mal fait. Ce que j’ai préféré, ce sont les changements de points de vue ; particulièrement les passages avec Pan et Malcolm ( un très bon personnage, Malcolm, dont j’ai apprécié l’évolution). De nouveaux personnages rencontrés sont aussi très bien décrits et intéressants. Mais cela ne sauve pas le roman.
J’espère sincèrement que le troisième va rattraper le reste mais quand je vois la tournure que prend l’histoire, j’ai envie de dire : cette suite n’était vraiment pas utile.
Et je suis désolée d’avoir à le dire. Je suis une fan de La Croisée des Mondes (et je me régale avec la série, d’ailleurs).

La trilogie de la poussière, tome 2 : La communauté des esprits par Pullman

Résumé : Lyra a 20 ans. A Sainte-Sophia, où elle étudie, elle croise de nouveau le chemin de Malcolm, devenu enseignant. Animés par le mystère de la Poussière, ils s’aventurent au delà des frontières de l’Europe vers un désert hanté d’Asie centrale.

 

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Premières lignes — 2 février

Premières lignes

 » Un crépuscule de fin d’hiver, et deux hommes qui traversaient la cour d’un palais dévasté par le feu. Celle-ci n’était plus qu’une friche de terre foulée et de neige fondue ; ils s’y enfonçaient jusqu’aux chevilles. Mais leur discussion était animée, leurs têtes proches, et ils n’avaient cure de la boue (….) :
 » T’Cheli-Bey a profité de la confusion pour disparaître, énonça amèrement le premier des hommes. Nous étions trop occupés à sauver nos propres vies. Une tache de suie noircissait sa joue, des traînées de sang coagulé parsemaient sa barbe. de grandes traces bleues semblaient creuser les chairs sous ses yeux gris. il était jeune, avec un torse puissant et l’énergie d’un homme qui, pour être allé au-delà de l’épuisement, y avait trouvé une forme d’éveil irréel et tenace. Tous les regards dans la cour étaient tournés vers lui. Il était grand-prince de Moscou.  »

L’hiver revient ( et non « l’hiver vient » ) après l’incendie qui a ravagé Moscou à la fin du second tome ( « La fille dans la tour »). Vassia a vaincu le sorcier mais semé un beau désordre et, hélas, s’est attirée les pires ennuis, à savoir la colère du père Konstantin et de l’Eglise. Une chasse à la sorcière commence et c’est Vassia qui va en être la victime…
Mais elle n’a pas qu’un seul problème à affronter : la guerre se profile.
Ce troisième tome reprend les mêmes éléments des contes du folklore russe en y ajoutant des événements historiques tels que la bataille de Koulikovo ( 1380 ). Le mélange est une réussite et bien maîtrisé.
C’est, d’ailleurs, le tome le plus mâture des trois, le plus abouti. La relation entre Vassia et Morozko devient plus aboutie, plus adulte ( même si, à quelques reprises, les deux amoureux adoptent parfois encore un comportement digne d’adolescents boudeurs ).
Mais la grande force de Katherine Arden, c’est de ne pas tomber dans l’amourette gnan-gnan. Les personnages féminins gardent leur dignité, quels que soient leurs choix.
L’aventure se déroule et on s’y immerge avec délice.
Une conclusion de toute beauté.

 

 

L'hiver de la sorcière par Arden

 

Résumé : Un incendie vient de ravager la ville de Moscou. Le grand prince est fou de rage et les habitants exigent des explications. Tous cherchent un bouc émissaire et Vassia, dotée d’étranges pouvoirs, fait une coupable idéale. Le père Konstantin aiguillonne la vindicte populaire pendant que Vassia cherche à réconcilier le monde des humains et celui des créatures magiques.

 

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Premières lignes — 26 janvier

Premières lignes  :

 » Dans une forêt, en pleine nuit, une jeune fille chevauchait un cheval bai. La forêt n’avait pas de nom. Elle était située très loin de Moscou — très loin de tout — et l’on entendait que le silence de la neige et les bruissements des arbres gels.
Il était presque minuit, cette terrifiante heure magique, dans cette nuit que menaçaient le froid, la tempête et les profondeurs d’un ciel aveugle. Et pourtant, la jeune fille et son cheval progressaient à travers les arbres, obstinément. « 

L’année dernière, « L’ours et le rossignol » m’avait enchantée. Voilà le second tome de la série, « La fille dans la tour ». Le récit reprend là où s’était arrêtée l’histoire. La jeune fille des premières lignes est Vassia ( Vassilissa ), bien sûr, avec son cheval Soloveï ( = le rossignol, en russe, puisqu’il s’agit d’un animal magique : un rossignol transformé en cheval par le roi de l’hiver dans le premier tome). Cette fois, Vassia désire vivre sa vie et voyager, allant contre les coutumes de la Rus’ du XIVe siècle ( une époque un peu arrangée façon fantasy, quand même). Pour cela, elle va se vêtir en jeune homme. Très vite, elle va être confrontée à de nouveaux problèmes ; en effet, des bandits brûlent des villages et enlèvent des jeunes filles, causant des troubles et semant la désordre. Le grand-prince Dimitri, aidé par le propre frère de Vassia, Sacha devenu prêtre et un fameux combattant, tente d’y mettre de l’ordre.
Voilà comment Vassia retrouve son frère, très étonné de découvrir sa petite soeur, devenue une jeune femme, en habits d’homme, sur un cheval splendide.
Les soucis commencent pour Vassia… qui a également rencontré un étrange prince venu leur prêter main-forte, l’énigmatique Kassian, monté sur une magnifique jument de feu. La magie semble décidément en marche.
Une nouvelle fois, les événements du monde humain côtoient ceux du monde merveilleux. L’Ancien monde et ses esprits tente de survivre face à la montée de la foi chrétienne.
Quant à Vassia, elle essaie de défier le destin qui semble tout tracé pour elle : celui des femmes de son rang. Ce ne sera pas simple…
Les personnages secondaires sont bien développés, comme Sacha, le frère de Vassia, ou Olga, sa grande soeur. On découvre aussi la fille d’Olga, qui semble développer les mêmes dons que Vassia (celui de « voir » les esprits et les fantômes).
Avec plaisir, on assiste au développement de la relation ambigüe entre Morozko, le roi de l’hiver qui, sans surprise à ce stade de l’histoire, s’humanise et Vassia, qui devient une jeune femme. ( l’histoire d’amour est cousue de fils blancs, quand même).
Les allusions aux contes russes sont nombreuses mais jamais très développées et il faut aller chercher par soi-même qui est qui et dans quel conte. Je pense au magicien  Kochtcheï , par exemple ( (le conte de La princesse grenouille).
La nouvelle venue, Polounotchnitsa, la dame de minuit, est une référence à la mythologie slave d’avant l »évangélisation. Il existe plusieurs royaumes ou cieux, dont celui des zorias ( ou zarias ou zaryas), des déesses, gardiennes qui veillent à la succession des jours et des nuits. On parle parfois de deux, trois ou même quatre zorias, dont la fameuse Zorya Polunochnaya, la déesse de la nuit ou de minuit.
Dans le roman, cette dame est un peu différente, mais je n’en dis pas plus…

Pour conclure, j’ai trouvé que le rythme était un peu inégal sur l’ensemble même si toute la partie qui se déroule à Moscou est particulièrement haletante. Le début, par contre, traîne un peu en longueur puisque l’effet de nouveauté et découverte ne fonctionne plus par rapport au premier roman.
A nouveau, le roman se conclue par un épisode marquant mais qui appelle une suite… que j’ai lue dans la foulée. ( et qui est, à mon avis, meilleure ).

 

La Fille dans la Tour (trilogie Winternight 2)-  Katherine Arden

La Fille dans la tour par Arden

Résumé : La cour du grand-prince, à Moscou, est gangrenée par les luttes de pouvoir. Mais pendant ce temps, dans les campagnes, des bandits inconnus et invisibles incendient les villages, tuent les paysans et kidnappent les fillettes. Le prince Dimitri Ivanovitch n’a donc d’autre choix que de partir à leur recherche s’il ne veut pas que son peuple finisse par se rebeller. En chemin, sa troupe croise un mystérieux jeune homme chevauchant un cheval digne d’un empereur. Le seul à reconnaître le garçon est un prêtre, Sacha. Et il ne peut révéler ce qu’il sait : le cavalier n’est autre que sa plus jeune soeur, qu’il a quittée des années plus tôt, alors qu’elle n’était encore qu’une fillette, Vassia.

 

Premières lignes – 27 décembre

 

Premières lignes et dernières de 2020

« Crafty s’arrêta, la bouche sèche, la peur au ventre : des pattes griffues avaient laissé dans la neige blanche des empreintes écarlates.
s’efforçant de maîtriser sa peur, le garçon s’avança jusqu’à la tombe — une stèle entourée d’arbres dénudés. Il n’y avait pas de vent ; pourtant, les branches oscillaient vaguement, agitées d’une vie propre.
La terre noire avait été remuée. Pas de doute : c’était bien le logis de la sorcière morte, son refuge secret. C’était là qu’elle venait dormir quand elle était repue.
Son nom était gravé sur la pierre tombale :
Vieille Nell »

C’est d’une suite dont je vais parler, d’un deuxième tome, plus précisément, un roman que j’attendais avec pas mal d’impatience. ( vous trouverez ma chronique enthousiaste du premier tome ici)
Que dois-je dire ? Que Joseph Delaney répète ce qu’il a déjà commis pendant le cycle de l’Epouvanteur ? Des tomes inégaux, faisant passer les lecteurs et les lectrices par des ascenseurs émotionnels assez désagréables ? C’est, du moins, ce que j’en ai conclu en refermant ce deuxième opus de la série Aberrations : L’avertissement de la sorcière.
On retrouve notre personnage principal, le jeune Colin, dit Crafty (parce qu’il est futé), son collègue et ami Lucky et Click. Les trois compagnons sont à nouveau face à la menace du Shole qui progresse de plus en plus rapidement. Crafty est en proie à des cauchemars…. ou plutôt à des avertissements ( le titre le dit, n’est-ce pas ? cela provient de la sorcière, la vieille Nell qui a été pendue lors du premier tome ).
Cette fois, tout est encore plus sombre, si c’est possible : l’angoisse s’amplifie. Mais finalement, on perd pas mal de temps en résumé des événements précédents ( c’est bien quand on a un peu oublié le tome 1 mais ça casse le rythme). Ensuite, les rebondissements ont tendance à être un peu répétitifs : une rencontre avec une aberration, un combat, des blessés, une solution ; une nouvelle rencontre, etc… La solution est généralement apportée par l’amie de Crafty, l’aberration qui n’obéit pas aveuglément aux ordres du shole : Bertha. C’est peut-être la seule nouveauté : on apprend que le shole est une sorte d’entité et non un simple brouillard apportant son lot de monstres. Et donc, le shole est lui-même « vivant ».
L’univers reste intéressant mais me semble légèrement sous-exploité.

Un deuxième tome un peu en demi-teinte. J’espère seulement que la suite sera plus concluante et que, surtout, la série ne s’éternisera pas ( non, pas dix ou quinze tomes encore !).

Résumé : Le combat de Crafty et de ses amis ne fait que commencer. Le Shole avance inéluctablement, et le château de Lancaster dans lequel ils se sont réfugiés est sur le point d’être englouti. Des aberrations terrifiantes se montrent de plus en plus souvent, et certaines semblent même pouvoir s’aventurer hors du brouillard. Pire, les créatures semblent toujours savoir où frapper…
Alors, quand une vieille ennemie apparaît dans les cauchemars de Crafty pour l’avertir des dangers à venir, le garçon ne sait plus à qui se fier. Troublé, il doit se préparer au pire, car le temps presse, et les monstres approchent…

Aberrations – tome 2 – L’avertissement de la sorcière 
Joseph Delaney – Bayard

Un roman qui vient s’ajouter à mon challenge de l’Imaginaire, bien sûr (et je ne sais plus où j’en suis, je suis pitoyable dans mes comptes !)

 

 

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Premières lignes – 13 décembre

 Premières lignes
( de la semaine, pas en retard, motivée, incroyable, tout arrive )

 » — Ce coup-ci, c’est différent, dit Saï. C’est beaucoup plus gros.
— C’est vrai ça, renchérit Mo. C’est gros.
— Mais ça ne coule pas au fond comme d’habitude, s’étonna Vish.
—Ah ben non, ça coule pas, opina Mo après un temps.
Au-dessus de leurs têtes, la Chose flottait comme un malentendu à la surface de l’eau. Les trois pieuvres ondulèrent autour. Lentement. Prudemment.
Ici, au beau milieu du grand ventre bleu de la mer, loin, très loin de toute terre, loin, très loin de toute île ou de tout atoll, le ciel crachait souvent  des choses. Des choses rondes, des choses carrées, des choses triangulaires, des choses pointues, des choses tordues, des choses coniques, des brics, des brocs, des tubes, des tiges, mais une chose était sûre, le ciel ne crachait que des choses à moitié digérées et à moitié brûlées — bref, que des morceaux de choses. Et les morceaux finissaient toujours par s’enfoncer dans la mer.
Mais pas cette Chose-là.
Cette Chose-là flottait.
Et cette Chose-là semblait bel et bien entière, ni mâchouillée, ni carbonisée. »

C’est un joli roman, court et, apparemment destiné aux plus jeunes qui commence ainsi. Il a aussi un titre dont on ne se remet pas ( allez le commander en librairie, histoire de faire rigoler un peu 😉 ) : La Chose du MéHéHéHé.
Il est de Sigrid Baffert, avec de superbes illustrations de Jeanne Macaigne. 
L’histoire ? trois petites pieuvres découvrent un jour un drôle de truc, tombé du ciel (et non la couleur, merci Lovecraft). Elles vont en référer aux instances de leur peuple, au fond de l’océan, l’assemblée de l’Antre. Il y a là bon nombre d’animaux marins qui vont et doivent fixer le sort de cette Chose. Est-ce dangereux, comme l’orque KrakenKo ? Un véritable croque-mitaine, ce Krakenko. Il surgit n’importe quand et est toujours affamé.
On assiste aux délibérations des bestioles marines qui sont plutôt amusantes tant les dialogues sont bien écrits :

« Le compte rendu de Mo à l’Assemblée de l’Antre pour clarifier la Chose déclencha une déferlante de remarques lumineuses.
− Si elle n’a pas de bouche en haut, c’est qu’elle a une bouche en bas, remarqua un oursin inspiré. Il faut bien une bouche quelque part.
− Et un cul aussi, approuva le crabe cornu avec philosophie.
Ce point souleva un débat animé au sein de la congrégation des concombres de mer, très éclairée, comme chacun sait, sur les questions d’anatomie.
− Elle a une coquille mobile, c’est peut-être une espèce inconnue de bernard-l’hermite géant. Redoublons de méfiance, les bernard-l’hermite sont des voleurs de coquille. »

© Images Jeanne Macaigne éditions MeMo 2019

On plonge dans un univers foisonnant, un univers à la Lewis Caroll, proche du merveilleux, de l’enfance. On est carrément dans l’univers du conte, un espace symbolique. C’est pour cette raison que je ne classerais pas ce livre dans la « fable écologique » qui donne des leçons ( je dirais que c’est de la fantasy animalière).   Ici, les animaux parlent, s’agitent. Ils construisent de drôles de machines, des instruments. Ils sont proches du monde des rêves, ils font partie du Merveilleux, de l’imaginaire.  Ils ont même un côté farfelu digne du chat du Cheschire (le poulpe yogi m’a bien fait rigoler, je dois dire), un aspect décalé.
Et ce désir de communiquer… Même avec cette Chose qui ne semble rien comprendre…
La musique les y aidera et ce dernier élément est certainement le plus sympa et le plus beau du livre.

A lire, petits et grands. Ou à offrir.

C’est aux éditions Memo

La chose du MéHéHéHé par Baffert

 

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La Belgariade – T. 1 – David et Leigh Eddings

J’avais déjà lu des romans de David Eddings il y a bien longtemps ; sans me tromper, je suis quasiment sûre qu’il s’agissait de la trilogie des joyaux. Je n’en garde pas de souvenir particulier ( ni en bien, ni en mal ). Par contre, je n’avais jamais lu ce classique de la fantasy qu’est la Belgariade. L’opération Masse Critique m’a permis de remédier à cela. Me voilà donc avec  « Le pion blanc des présages« , le premier des cinq tomes. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée : il y a de l’aventure, de l’humour, des péripéties, une prophétie, des dieux, un artefact magique, des sorciers, un élu, des personnages à la longévité exceptionnelle, une guerre en perspective. Tiens, tiens, cela me rappelle assez le Seigneur des Anneaux. Le début, particulièrement, avec une création du monde très tolkienesque.
Par la suite, l’histoire reste assez classique ( mais ce n’est pas un reproche, les formules éprouvées sont souvent les plus efficaces ) . On se déplace pas mal (vive les cartes), on rencontre d’autres personnages et peu à peu, on voit que le jeune homme promis à un destin prestigieux, Garion, est, pour l’instant, un benêt. Il continue à ne rien comprendre alors qu’il a tous les éléments en main. C’est sympa mais à la longue, cela peut être un peu lassant (ce running gag, il court, il court). 

Les dialogues sont bien fichus et plutôt amusants (je ne me suis pas non plus écroulée de rire, j’ai vu mieux, quand même). Les personnages sont également bien définis et leurs caractères se dessinent très vite. On en a besoin car ils sont assez nombreux mais on ne s’y perd pas pour autant. Le rythme est soutenu. C’est difficile de s’endormir sur le livre. J’ai très vite eu envie de savoir ce qui se passait ensuite.
Pourtant, peut-être parce que la Belgariade reste de la fantasy terriblement convenue, classique, qu’il y a eu tellement de romans plus originaux depuis sa création (les années 80), je n’ai pas non plus été emballée. Peut-être l’aurais-je été beaucoup plus si j’avais lu la série à sa sortie, c’est certain. En refermant le livre, je me suis dit que cela me plairait d’aller emprunter un jour les autres tomes à la bibliothèque, un jour, mais je ne suis pas pressée. Et je ne vois pas l’intérêt d’avoir la série chez moi non plus. C’est sympa, ça se lit bien. Mais on on touche les limites de la high fantasy, à mon sens. Malgré l’humour, ça reste manichéen. Et surtout, j’ai eu cette impression de déjà-lu sans ce petit quelque chose en plus (après, pour être franche, je préfère lire 10 fois la Belgariade que le Sorceleur/Witcher, particulièrement indigeste, à mon goût, mais ça c’est une autre histoire😉).
En gros, si vous aimez le Seigneur des Anneaux, ou La Roue du Temps  ça devrait passer, à mon avis.

 

La Belgariade, tome 1 : Le pion blanc des présages par Eddings

Résumé : Et les dieux créèrent l’homme, et chaque dieu choisit son peuple. Mais Torak, le dieu jaloux, vola l’Orbe d’Aldur, le joyau vivant; façonné par l’aîné des dieux, et ce fut la guerre. Le félon fut châtié; à Cthol Mishrak, la Cité de la Nuit, il dort toujours d’un long sommeil hanté par la souffrance. Le fleuve des siècles a passé sur les royaumes du Ponant. Les livres des présages sont formels : Torak va s’éveiller. Et justement l’Orbe disparaît pour la seconde fois. Que le maudit la trouve à son réveil et il établira son empire sur toutes choses. Belgarath le sorcier parviendra-t-il à conjurer le sort ? Dans cette partie d’échecs cosmique, il a réussi à préserver une pièce maîtresse : le dernier descendant des Gardiens de l’Orbe, désigné par les présages, mais qui n’est encore qu’un petit garçon. Un simple pion, et si vulnérable…

Premières lignes – 30 juin

En retard encore, pour mes premières lignes. Les voilà tout de suite :

« Gemmen Effrida s’agenouilla sur les dalles froides du temple, parmi ses compagnes Robes Grises, qui chantaient les louanges de la Déesse et contemplaient le Coeur de la Puissance, représentation matérielle de la Déesse Radieuse, centre efficace de tout culte rendu en ce lieu. Elle se sentait autant chez elle dans le Grand Temple de Merina qu’en tout autre endroit de la terre et n’éprouva aucune difficulté à se plonger dans la transe-prière. « 

« Tigre, feu et flamme, voilà un titre étrange pour ce roman de fantasy signé par trois grandes autrices du genre  : Marion Zimmer Bradley ( Ténébreuse ; les Dames du lac)  Mercedes Lackey (Les Hérauts de Valdemar) et Andre Norton ( Les aventuriers du monde magique). En fait,  « Tiger, tiger, burning bright » se réfère à un célèbre poème de William Blake  » The tyger » .

Ici, la Maison du tigre est la maison régnante de Mérina, centrée autour de trois personnages féminins  qui vont lutter contre un envahisseur, un empereur aidé par un terrible nécromancien. Pour cela, le trio va s’appuyer sur les pouvoirs de la magie et de la religion. Elles trouveront  un allié  chez le propre fils de l’empereur …

Si le thème est classique, les personnages et les points de vue sont assez bien définis. Par contre, il ne faut pas s’attendre à être surprise :  la plupart des « rebondissements »  sont prévisibles  à l’avance. Ceci dit, le roman se lit assez bien avec un gros bémol à cause des points de suspension placés étrangement un peu partout (et n’importe comment). De même, certaines tournures de phrases paraissent assez bancales parfois (la traduction  peut-être ?).
Mais on ne s’ennuie pas ; il y a de l’action.
Je suis toujours un peu mitigée à propos des collaborations de Bradley avec d’autres collègues ; il en ressort rarement des oeuvres bien faites — comme pour  le Cycle du Trillium co-écrits par Bradley et Norton (entre autres), une saga bien inégale, par ex.

Tigre, feu et flamme par Zimmer Bradley

 

Résumé :   Merina est gouvernée avec sagesse par les trois femmes de la Maison du Tigre : la reine Lydana ; Adèle sa mère ; et Shelyra, sa nièce. A part quelques conflits avec contrebandiers et pirates, la cité n’a jamais connu la violence. Aussi, devant l’armée toujours victorieuse d’un empereur avide de conquêtes, Lydana décide de se soumettre. Hélas, malgré de belles promesses, la ville est bientôt livrée aux mercenaires d’un général sadique et aux serviteurs d’un mage monstrueux qui veut s’emparer des trois souveraines… Amours, combats, suspense et sortilèges : Merina va devenir le théâtre d’une guerre sans merci entre Lumières et Ténébres.

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Premières lignes – 26 mai

Ah, je n’étais pas inspirée, mais vraiment pas inspirée ! il est temps que les bibliothèques rouvrent ! Car elles rouvrent : j’ai pu rendre mes livres dans la boîte de retour. Il y a un service de commande par drive dans l’une des bibliothèques et dans l’autre, un service similaire va se mettre en place. Tout ça dans la métropole nantaise, bien sûr… J’espère que je  vais trouver de la lecture fraîche parce qu’après avoir fait un peu le tour de mes étagères, j’ai fini par me décider pour ces premières lignes (le résultat juste après 🤔):

 » Ça commençait à se dissiper, mais après ce qui me parut une éternité.
J’essayai de remuer les orteils. J’y réussis.  J’étais dans un lit d’hôpital, les jambes dans le plâtre. C’étaient bien mes jambes.
Je fermai les yeux avec force et je les rouvris. Trois fois.
La chambre reprit son aplomb.
Où diable étais-je ?
Les brumes se déchirèrent lentement et la mémoire me revint. je me souvins de nuits d’infirmières et d’aiguilles. Chaque fois que je commençais à reprendre mes esprits, quelqu’un entrait et me piquait avec quelque chose. C’était exactement ce qui s’était passé. Exactement ça. Mais maintenant, j’étais à peu près conscient. Ils allaient bien être obligés d’arrêter leur petit jeu.
Non ?
Une pensée jaillit : Peut-être pas ?  »

(et parce que j’ai eu un réel problème avec la traduction qui date de 1975) : 

« It was starting to end, after what seemed most of eternity to me.

I attempted to wriggle my toes, succeeded. I was sprawled there in a hospital bed and my legs were done up in plaster casts, but they were still mine.

I squeezed my eyes shut, and opened them, three times.

The room grew steady.

Where the hell was I?

Then the fogs were slowly broken, and some of that which is called memory returned to me. I recalled nights and nurses and needles. Every time things would begin to clear a bit, someone would come in and jab me with something. That’s how it had been. Yes. Now, though, I was feeling halfway decent. They’d have to stop.

Wouldn’t they?

The thought came to assail me: Maybe not. »

 

Résumé : Carl Corey, un amnésique, s’échappe d’une clinique privée où il était détenu depuis un accident de voiture et part à la recherche de son identité et de son passé avec pour tout indice le nom et l’adresse de sa sœur supposée : Evelyn. Il se rend chez elle et réussit à lui soutirer de nombreuses informations en bluffant habilement et en cachant son amnésie, mais ces révélations sont bien difficiles à décoder et pour cause : Carl s’appelle en réalité Corwin, et s’il ne s’en souvient pas encore, il est en fait l’un des princes du royaume d’Ambre, seul monde réel, tous les autres n’étant que des « ombres », des univers parallèles tous plus ou moins différents de leur modèle original. En l’absence de sa sœur, elle-même princesse d’Ambre sous le nom de Flora, Corwin découvre en outre un étrange paquet de cartes. Les atouts de ce tarot mystérieux représentent, entre autres, les neuf princes d’Ambre en costume de cour ; en les parcourant Corwin reconnaît ses huit frères et lui-même, Recouvrant peu à peu la mémoire, Corwin entame un périlleux voyage en direction d’Ambre, glissant d’ombre en ombre dans le but de disputer au prestigieux Éric, le plus brillant des princes, le trône du royaume.

Je vais le dire tout de suite : je parle d’un cycle classique de la fantasy et culte, paraît-il. Je parle de Zelazny et du cycle des Princes d’Ambre. Quelque chose que j’ai déjà essayé de lire il y a fort, fort longtemps sans y arriver, soit parce que je n’avais pas le temps, soit parce que je ne trouvais pas le premier tome, soit parce que le premier tome me tombait des mains… Visiblement, j’ai toujours eu du mal avec ce cycle. 😏
Mais puisque je n’avais plus rien de frais à lire et que les deux premiers tomes traînent sur mes étagères, je me suis dit qu’il était enfin temps …
Bon. Je suis fixée. Ce n’est décidément pas pour moi.
Déjà, ça a mal vieilli. Je ne suis pas fan du tout de la traduction qui donne des résultats très étranges….
Le traitement des personnages féminins ? Aïe… il est minable, il faut le noter. Je sais que le roman est paru en 1970 mais quand même. A ce point, c’est affligeant : les femmes pleurnichent, sont inutiles ou intriguent et couchent pour obtenir des faveurs. Grrr….
J’ai dit plus haut que j’avais eu un mal fou avec la traduction. Effectivement, c’est truffé de vieilles expressions qui auraient besoin d’être dépoussiérées ; la mise en page a aussi besoin d’un bon coup de balai aussi.
Car, il faut le dire : s’embarquer dans cette lecture, c’est partir pour des paragraphes incompréhensibles « mais de quoi parle-t’il ? de qui parle-t’on ?  (et dans quel état j’erre, au final ? 🤣).

Exemple du grand bazar :

– Pourquoi ? Il t’a contacté ?
– J’aimerais mieux ne pas en parler. » J’espérais trouver une issue quelconque. Je connaissais maintenant à quel genre grammatical appartenait Bleys : « S’il l’avait fait, je lui aurais répondu la même chose qu’à Eric : je réfléchirai.
– Bleys », répéta-t-elle. (Bleys, dis-je en moi-même, Bleys, je t’aime bien. Je ne sais plus pourquoi, et pour certaines raisons je ne devrais pas t’aimer, mais je t’aime bien, je le sais.)

J’ai donc jeté un coup d’oeil au texte original. Je n’ai pas retrouvé la lourdeur ni les phrases laborieuses. Le style est un peu sec, parfois répétitif mais on comprend beaucoup mieux ce qui se passe. Il n’y a que dans les combats/batailles où c’est plus flou. En français, ça devient le grand n’importe quoi, par contre.

Quant à l’idée, certes pas neuve ni innovante, de suivre la progression du personnage principal amnésique, pourquoi pas ? C’est toujours une bonne ficelle. Oui, si c’est utile. Mais quand celui-ci a l’air de très bien se débrouiller en bluffant tout le monde pendant des pages et des pages, on comprend ses raisons. On entre même dans son jeu. Par contre, à quoi cela est-il utile si c’est pour pour révéler à ceux qui veulent sa peau qu’il ignore totalement de quoi il parle, où il va, ce qu’il fait au bout d’une centaine de pages? Qu’il se fasse démasquer, je veux bien. Qu’il le révèle très vite, ça aussi, j’accepte. Mais qu’il passe du monde réel  à un monde imaginaire sans sourciller et que tout d’un coup, il balance qu’il ignore ce qui se passe, en fait, ça ne tient pas debout.
Et c’est le début de la fin. Le personnage de Corwin qu’on suit depuis le début, est assez désagréable mais cela aurait pu devenir intéressant. On a envie de mieux connaître cette famille où tous les frères ou presque et leurs soeurs cherchent à se nuire et à s’assassiner. Finalement, ils restent en retrait, comme des fantoches, sans consistance.
Il en est de même de ce royaume d’Ambre brièvement décrit : un peu de ciel par là, une forêt par ici.
C’est creux, mal ficelé et carrément décevant.

note : Vous voulez lire l’histoire d’un personnage amnésique qui apprend qu’on lui a volé son trône, avec un univers  bien fait (et pas de personnages féminins neuneus)? Alors, c’est Majipoor et Lord Valentin qu’il faut lire. C’est autre chose… et c’est passionnant.

 

Le cycle des Princes d'Ambre, Tome 1 : Les neuf princes d'Ambre par Zelazny

 

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