Premières lignes – 4 octobre

  » Quand c’est pas la femme qui va chercher la paye de son homme, tout ce qu’elle a pour la semaine, c’est zéro franc parce qu’il va boire un coup avec ses collègues pour fêter l’arrivée du week-end et on  sait ce que ça veut dire, hein ? Tournée générale pour les copains ! Ensuite, il rentre à la maison les poches vides mais alors, heureux ! Il raconte à sa femme des histoires qui tiennent pas debout, pour la faire rire, mais elle n’a pas envie de rire du tout. elle est furieuse et elle préférerait qu’il la ferme.
Il finit par aller se coucher. Le lendemain il se réveille avec la gueule de bois et déclare qu’il aimerait bien deux ou tranches de rôti froid et de la citronnade.
Et bien Materena est fiu de tout ça ! « 

Ces premières lignes retranscrivent à merveille l’ambiance des Chroniques de Tahiti, dont j’avais déjà chroniqué le premier tome, L’arbre à pain.

Avec ce deuxième tome, Frangipanier (et encore le nom d’un arbre qui tiendra une grande importance), Célestine Hitiura Vaite poursuit son tableau de la vie des gens ordinaires de Tahiti. ici, elle commence par un retour en arrière dans la vie de nos deux personnages principaux, Materena, cette femme que nous avons suivie lors du premier tome, et Pito, son homme (tané, en tahitien), devenu son mari après bien des aventures.
Mais nous n’en sommes pas encore là au début de Frangipanier : Pito et Materena sont encore un jeune couple avec un seul enfant et Pito a la fâcheuse habitude de passer ses soirées au bar.
Rapidement, on comprend où l’autrice veut en venir : cette deuxième partie va se focaliser sur la naissance de Leilani, la fille de Materena et de Pito, et deuxième enfant du couple. Puis, peu à peu, on plonge à nouveau dans la vie de la famille : les trois enfants grandissent mais on s’attache surtout à Leilani, son éducation, ses relations avec sa mère. Leilani est brillante, éduquée. Elle ne suivra pas la route de nombreuses femmes tahitiennes de son milieu  :se marier jeune, renoncer aux études,  avoir beaucoup d’enfants, supporter un conjoint parfois violent comme le racontent les petites anecdotes au fil de l’eau narrées par les multiples interlocuteurs.rices de Materena. Leilani se montre indépendante, féministe,  et Materena l’y encourage. De même qu’elle pousse son plus jeune fils à choisir sa voie professionnelle (cuisinier) alors que Pito et son fils aîné se moquent continuellement de lui.

Même si j’ai trouvé le début un peu plus faible que L’arbre à pain, sans doute à cause de l’aspect redondant (je n’aime pas les redites dans un roman, je n’y peux rien), Frangipanier  m’a ensuite, au fil des chapitres, totalement emportée. Les expressions en tahitien (avec le lexique) sont un plus (je suis absolument fan).
Et j’ai, bien sûr, emprunté le suivant dans la foulée. 

Une lecture que je recommande vraiment. Célestine Hitiura Vaite vivant en Australie, elle écrit en anglais. C’est la traduction qui est donc disponible aux éditions Au vent des îles puis 10/18 (en poche). 

Chroniques de Tahiti, tome 2 : Frangipanier par Hitiura Vaite

Widjigo – Estelle Faye

 

 » Basse-Bretagne, mars 1793
A chaque pas, la vase accrochait les semelles cloutées des Bleus qui devaient libérer leurs pieds de son étreinte dans un concert de chuintements liquides évoquant des sanglots. Avec la marée descendante, la côte empestait l’algue et la pourriture, en accord avec ce printemps malade où la jeune Révolution s’enlisait dans la guerre civile et le sang. Au-delà des écueils laissés à découvert, l’océan moutonnait, fouetté par le noroît. le vent gerçait les lèvres des hommes et portait les embruns jusqu’à la colonne de soldats. A l’horizon, une barre de nuages d’encre tranchait entre le gris des vagues et celui du ciel. Une tempête approchait. « 

Le Wìdjigò est l’équivalent du Wendigo en algonquin .
 » Le windigo ou wendigo est un être surnaturel qui appartient à la tradition spirituelle des Premières nations de langue algonquienne en Amérique du Nord. On le décrit comme un monstre puissant animé du désir de tuer et de manger ses victimes. Dans la plupart des légendes, les humains se transforment en windigos à cause de leur cupidité ou d’une faiblesse. Différentes traditions autochtones considèrent les windigos comme dangereux en raison de leur soif de sang et de leur capacité à ensorceler des personnes ou des communautés autrement saines. La légende du windigo illustre principalement les dangers de l’isolement et de l’égoïsme, ainsi que l’importance de la communauté. » (source)

Estelle Faye nous entraîne donc dans un roman hanté par la figure du widjigo, dans les brumes glacées de Terre-Neuve, là où plusieurs personnages disparates se retrouvent, forcés de se serrer les coudes afin de ne pas perdre la vie ou ce qu’il leur reste de raison. L’autrice de fantasy entremêle deux histoires, présent et passé, liées entre elles par le personnage de Justinien de Salers, un nobliau breton retranché dans une tour biscornue battue par les vents. Quand en 1793, le jeune Jean Verdier, fraîchement promu lieutenant de l’armée républicaine nouvelle vient l’arrêter, il ne sait pas ce qui l’attend. Il va faire une rencontre d’une nuit plus qu’étonnante. Le vieux noble lui conte alors ce qui lui est arrivé en 1754, en Acadie, alors que, fuyant les dettes et des événements dont il n’est pas fier, sous l’emprise de l’alcool, déjà rincé et fini à 26 ans, il s’embarque pour une mystérieuse mission à Terre-Neuve. Il fera le voyage en compagnie d’une métisse, qu’il appelle souvent la Camarde, Marie (un très beau personnage féminin fort et inquiétant), du rescapé d’une ancienne exploration, le botaniste, Veneur, et d’un adolescent mutique, Gabriel. Après avoir fait naufrage, ils atteindront les côtes, mais ils ne sont plus que quelques survivants : leur petit groupe, incroyablement préservé, quelques autres personnages (coureur des bois, gabier, soldat anglais), un pasteur rigide, Ephraïm et sa fille adolescente, Pénitence. Alors qu’ils essaient de survivre, un prédateur inconnu s’en prend à eux, les tuant les uns après les autres.
On pourrait penser que l’histoire va tourner au récit d’horreur, cadavres déchiquetés, et bestiole se cachant dans les bois, attendant son heure jusqu’à la fin… Mais l’intrigue est bien plus maligne. Peu à peu, on découvre que le monstre en question n’est sans doute pas celui qu’on pense et que les personnages rassemblés sur cette terre désolée le sont peut-être à dessein. Que rien n’est dû au hasard. Qu’ils ont tous un lien.
La structure est habile, oscillant entre légendes ( à part le wendigo, les mythes liés aux Nations Premières, mais aussi la légende de la cité d’Ys), fantastique, quelques touches horrifiques et une vraie trame de thriller.
Quat aux personnages, ils sont tous finement dessinés, psychologiquement bien pensés (mention spéciale à Pénitence). La place de la nature, particulièrement le végétal, véritable force dans laquelle les enchantements semblent prendre vie, est un grand plus. Les thèmes varient entre la culpabilité, la rédemption, la justice, celui du monstre, bien sûr et tant d’autres encore…
Pour le reste, c’est une ambiance angoissante, brumeuse, mais captivante qui nous tient du début jusqu’à la fin du roman. Un récit hanté.

Note : j’ai été assez inspirée jusqu’à en faire une playlist  « bande son pour Widjigo » sur Y.T (avec des airs traditionnels de Terre Neuve, aussi mais pas que).

Merci aux éditions Albin-Michel Imaginaire pour cette lecture

Widjigo par Faye

 

résumé : En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer. Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. À l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune officier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire. Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres…

Autrice : Estelle Faye

Édition: Albin Michel Imaginaire

Publication : 29 septembre 2021

 

Premières lignes – 4 mai

C’est le jour où je devrais plutôt dire « May the 4th be with you » mais je ne vais pas parler de Star Wars pour ces premières lignes :

« C’était le milieu de l’hiver.
Un vent froid soufflait dans la rue, fouettant les maisons et faisant branler les fenêtres. le ciel nocturne était couvert, la température proche de zéro. ‘était l’aube, et le brouhaha en provenance des bars et des boîtes de nuit s’était s’était peu à peu calmé pour n’être qu’un murmure lointain. le seul bruit parvenant jusqu’à nous était le gémissement puissant du vent.

Dans le salon, il faisait bon. Variam était assis sur le canapé. Anne s’occupait de ses blessures, Luna faisait les cent pas à côté de la table et j’étais adossé au mur près de la cheminée, bras croisés et tête baissée. « 

J’ai déjà parlé de la série Alex Verus et de mon coup de coeur pour cette fantasy urbaine qui se déroule à Londres, avec un perso principal devin ( Alex )qui se débat dans des intrigues bien pourries au sein d’un conseil de mages occupés à établir un ordre plus ou moins bancal entre la Lumière et l’Ombre. Mais les « bons » ne le sont jamais vraiment et il n’y est en aucun cas question d’opposition franche entre « méchants » et « gentils » sorciers ( ou « Lumière » contre « Ombre »), ce qui donne le sel de la série de livres qui en compte 6 traduits en français (bientôt 12, je crois, en anglais).

Voici donc le sixième, « Dissimulation » : l’intrigue reprend exactement après les événements du tome précédent (je ne dirais rien mais ce fut mouvementé !). Cette fois, Alex va se retrouver mêlé malgré lui à un imbroglio impliquant une organisation plus que sinistre, un artefact magique que tout le monde recherche ( mages de l’Ombre comme mages de la Lumière). Il y a de l’action, des scènes de combat magique bien écrites et bien sûr, de l’humour. Une fois de plus, Alex Verus s’est engouffré dans les ennuis jusqu’au cou… Quant au Conseil, il est plus corrompu que jamais.

Un plus : pour le développement de la mage de terre, Caldera et l’humour. Un petit moins : pour les autres amis de Verus, laissés en retrait cette fois (Luna, Anne, Variam) et le gros flou autour de son ancien mentor, le sinistre Richard Drakh ( on se demande vraiment comment un type aussi puissant peut rester aussi discret — mais que fait-il donc depuis si longtemps alors qu’on nous annonce son retour ?). Mais ce sont des détails.

Tellement bien qu’une fois la lecture entamée, on n’a plus envie de le lâcher… Et j’attends le 7 avec une certaine impatience. Une série dont on ne parle pas assez, décidément.

Alex Verus, tome 6 : Dissimulation par Jacka

résumé :

Alex Verus ne s’est jamais entendu avec le Conseil qui préside la communauté des magiciens. Mais alors que son ancien mentor est de retour en Angleterre, Alex a désespérément besoin d’alliés. Et il est prêt à tout pour en trouver, même si cela implique accepter une mission pour les Gardiens qui ont la tâche de faire appliquer la Loi magique.

Alex forme une alliance improbable avec Caldera, sa nouvelle partenaire. Mais sa tentative de rentrer dans le rang se révèle dangereuse quand il se retrouve en possession d’un artefact que tout le monde convoite.

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Premières lignes – 28 février

Premières lignes après un léger break

 » Pantalaimon, le daemon de Lyra Belacqua, devenue Lyra Parle-d’Or, était alllongé sur le bord de la fenêtre de la petite chambre-bureau de Lyra au collège Sainte-Sophia, dans un état aussi éloigné que possible de la réflexion. Il avait conscience du courant d’air froid qui entrait par la fenêtre à guillotine mal ajustée, de la douce chaleur de la lampe à naphte posée sur le bureau, sous la fenêtre, du grattement du stylo de Lyra sur le papier, et de l’obscurité au-dehors. « 

Pas vraiment de suspense cette semaine : dès les premières lignes, nous savons que nous retrouvons le monde de Lyra, le personnage central de La croisée des mondes /His Darks materials. Dans ce deuxième tome de la Trilogie de la Poussière, commencé avec La Belle sauvage, une préquelle intéressante et bien menée, Lyra a vingt ans. Il s’agit donc d’évènements survenant après la première trilogie.  Il s’agit donc …d’une suite. ( et il vaut mieux avoir lu la première trilogie pour relier le tout).
Lyra est étudiante mais rien ne va comme : en effet, Pan et elle ne s’entendent plus, une chose rare entre un humain et son daemon, une chose quasiment impossible.
Mais on verra au fil du livre que cela peut arriver et que les daemons peuvent même quitter les personnes avec ils sont liés. Et là, rien ne va dans le monde de Pullman qui avait posé le fait que, dans ce monde, sans daemon, ou séparé de lui, tu meurs.
D’autres incohérences ou bizarreries, il y en a plus d’une dans ce tome.
Aura-t’on des éclaircissements avec le troisième ? J’ai envie d’espérer mais La Communauté des esprits ne m’a pas convaincue. Je l’aurais même abandonnée en cours de route si cela n’avait pas été l’histoire de Lyra, de Pan et de Malcolm aussi.
Le rythme est très inégal : il traîne sur une grande moitié du roman, se perdant en considérations qui n’apportent pas grand chose à l’histoire. Les thèmes sont abordés de façon peu subtils : la religion et le fanatisme avec une énorme caricature de l’Islam (encore ! c’est usant…) ; le manque de créativité avec l’arrivée de la rationalité surtout à l’âge adulte – comme si on ne pouvait pas concilier les deux ( c’est mal fait  et ça m’a fait bondir plus d’une fois). Ensuite, Pullman n’a pu s’empêcher d’aborder le problème des migrants : pourquoi pas ? Mais une fois de plus, c’est réalisé sans finesse aucune. Quant à la question des agressions sexuelles, on repassera : la scène de l’agression est particulièrement violente ( j’ai failli refermer le livre et pourtant… ). Tiens, je pensais que c’était un livre pour la jeunesse ? Gallimard jeunesse n’a pas trouvé judicieux de placer un petit avertissement quelque part ? . Mais le pire, c’est qu’elle est totalement gratuite ( sauf à dire : les méchants hommes orientaux, encore une fois). Le deuxième message que cela envoie, de façon étrange, n’est certainement pas désiré par l’auteur mais il est là :  quand on analyse la scène,  elle nous dit :  » pourquoi Lyra a-t’elle eu l’idée de rester dans un wagon plein de militaires alors qu’elle ne porte pas de voile ? « . Cela souligne sa stupidité et quelque part, la responsabilité  de la jeune femme  dans cette agression ( un refrain connu).  Très moyen, vraiment.
Je n’ai pas grand chose à dire après ça sauf que je n’ai pas passé un bon moment et que je trouve ce tome assez mal fait. Ce que j’ai préféré, ce sont les changements de points de vue ; particulièrement les passages avec Pan et Malcolm ( un très bon personnage, Malcolm, dont j’ai apprécié l’évolution). De nouveaux personnages rencontrés sont aussi très bien décrits et intéressants. Mais cela ne sauve pas le roman.
J’espère sincèrement que le troisième va rattraper le reste mais quand je vois la tournure que prend l’histoire, j’ai envie de dire : cette suite n’était vraiment pas utile.
Et je suis désolée d’avoir à le dire. Je suis une fan de La Croisée des Mondes (et je me régale avec la série, d’ailleurs).

La trilogie de la poussière, tome 2 : La communauté des esprits par Pullman

Résumé : Lyra a 20 ans. A Sainte-Sophia, où elle étudie, elle croise de nouveau le chemin de Malcolm, devenu enseignant. Animés par le mystère de la Poussière, ils s’aventurent au delà des frontières de l’Europe vers un désert hanté d’Asie centrale.

 

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Premières lignes – 7 février

 Premières lignes 

 » Il semblerait qu’il soit né le 4 février 1986.
Au Pays du Matin calme, l’enfant entre dans l’existence dès sa conception. Sans grande considération pour les lois de la science, il sera déclaré — non pas à l’état civil, mais à la famille — âgé d’un an le jour de sa naissance. Il gardera cet âge tout au long de l’année lunaire qui s’en suivra. Ainsi l’enfant comptera deux au nouvel an de l’année suivante — au Nouvel An lunaire appelé Seollal — qu’il soit né en décembre ou en juillet.
Au centième jour de sa naissance, une fête célèbrera la fin de la période suspecte de mortalité infantile, la victoire de sa survie au monde. « 

J’avais très envie de lire Idoles de Marianne Weller aux Ateliers du Cahier, un document sur le groupe de K-pop TVXQ!. 

Dès les premières lignes, on voit apparaître l’intérêt de ce livre — et son ambigüité.  D’une part , il nous éclaire si bien sur la société coréenne que c’est un plaisir d’apprendre des détails que, parfois, on ignore et, de l’autre, il n’est ni un essai sur la Corée, ni une biographie du groupe TVXQ! même s’il s’en a tous les aspects.
Voilà donc son gros défaut : à force d’hésiter entre les genres, il n’en a aucun. Et à force de n’être pas une biographie, il ressemble à un fouillis qui mériterait vraiment une relecture (une vraie ) afin de raconter une histoire qui ait un véritable sens ou qui se dirige vers un essai qui soit structuré correctement.
Mais ce n’est pas le cas.
Et donc, on oscille entre une partie fictionnelle et une autre très documentée, se mixant sans réel habileté.
La première partie du récit ressemble quand même terriblement à une biographie puis, étrangement, on passe à une seconde, très confuse et brouillonne où il faut pêcher les informations. L’autrice dit qu’elle a tenté de mêler le vrai et le faux puisque « ceci n’est pas une biographie ». Même si j’ai tout à fait entendu l’intention, je dois dire que le résultat n’est pas concluant. malgré tout, j’ai lu entièrement, retenant ce qui m’intéressait, pestant contre les maladresses ( ex : dans un paragraphe, subitement apparaît une formulation à la première personne du singulier alors qu’à aucun moment il n’a été mentionné un quelconque « je » ;  défaut de narration ou oubli malencontreux 😫).
Par contre, j’ai vraiment apprécié à sa juste valeur toute la documentation. Les anecdotes sur le groupe, qu’elles soient connues (car réelles) ou pas ( car inventées mais bien trouvées) sont excellentes. C’est vraiment dommage que ce récit ne soit pas une fiction car l’autrice avait trouvé son sujet et est particulièrement à l’aise pour entrer dans la vie des « idoles » dont elle parle avec une grande humanité.
A ce sujet, j’ai appris un tas de détails sur ce groupe que je ne connaissais que superficiellement ( merci  » Mirotic » — la vidéo et le titre qui firent scandale en Corée du Sud :

TVXQ, c’est aussi le  groupe qui a fait les frais des méthodes honteuses d’une très grosse maisons de disques,  la SM entertainment, qui a fait ses dents sur eux — avant de lancer EXO... ( on ne va pas rappeler les dégâts que causent l’industrie musicale en Corée, le problème étant plus vaste, sociétal, ce qui me rappelle une lecture récente ).

Pour finir, Idoles a été une lecture en demi-teinte : j’aurais aimé que le récit soit dans la continuité de la première partie. A mon avis, l’autrice aurait dû être encouragée à développer cette partie sur toute la longueur car elle a un réel talent pour la fiction ( et je viens de lire une interview d’elle où elle confirme mon doute sur son processus d’écriture…). La seconde partie reste, à mon sens, du remplissage et c’est dommage.

Note perso : Oui, Marianne Weller, écrivez de la fiction !
( et en plus, elle aime Big Bang et G-Dragon ! 😍 )

 

Idoles par Weller

Résumé : En 2004, un nouveau groupe de cinq chanteurs fait ses débuts en Corée du Sud. Le plus jeune a quinze ans, le plus âgé dix-sept. Ils se sont rencontrés par hasard, réunis par la plus grosse agence de production du pays. Ils vont devenir le groupe le plus célèbre de toute l’Asie, battant tous les records de popularité. Et les meilleurs amis du monde. Mais, pour trois d’entre eux, la liberté compte plus encore. En 2009, entouré d’une pression médiatique énorme, le groupe vole en éclat et les ennuis commencent. Procès, déchirements, l’industrie musicale coréenne ne compte pas laisser s’envoler ainsi la poule aux œufs d’or…
​Un récit inspiré de l’histoire du groupe TVXQ!, stars incontestées de la deuxième génération de K-pop, éternellement regrettés, longtemps pris pour modèles par la génération d’aujourd’hui.

Merci à Babelio Masse Critique 

 

 

 

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La Belgariade – T. 1 – David et Leigh Eddings

J’avais déjà lu des romans de David Eddings il y a bien longtemps ; sans me tromper, je suis quasiment sûre qu’il s’agissait de la trilogie des joyaux. Je n’en garde pas de souvenir particulier ( ni en bien, ni en mal ). Par contre, je n’avais jamais lu ce classique de la fantasy qu’est la Belgariade. L’opération Masse Critique m’a permis de remédier à cela. Me voilà donc avec  « Le pion blanc des présages« , le premier des cinq tomes. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée : il y a de l’aventure, de l’humour, des péripéties, une prophétie, des dieux, un artefact magique, des sorciers, un élu, des personnages à la longévité exceptionnelle, une guerre en perspective. Tiens, tiens, cela me rappelle assez le Seigneur des Anneaux. Le début, particulièrement, avec une création du monde très tolkienesque.
Par la suite, l’histoire reste assez classique ( mais ce n’est pas un reproche, les formules éprouvées sont souvent les plus efficaces ) . On se déplace pas mal (vive les cartes), on rencontre d’autres personnages et peu à peu, on voit que le jeune homme promis à un destin prestigieux, Garion, est, pour l’instant, un benêt. Il continue à ne rien comprendre alors qu’il a tous les éléments en main. C’est sympa mais à la longue, cela peut être un peu lassant (ce running gag, il court, il court). 

Les dialogues sont bien fichus et plutôt amusants (je ne me suis pas non plus écroulée de rire, j’ai vu mieux, quand même). Les personnages sont également bien définis et leurs caractères se dessinent très vite. On en a besoin car ils sont assez nombreux mais on ne s’y perd pas pour autant. Le rythme est soutenu. C’est difficile de s’endormir sur le livre. J’ai très vite eu envie de savoir ce qui se passait ensuite.
Pourtant, peut-être parce que la Belgariade reste de la fantasy terriblement convenue, classique, qu’il y a eu tellement de romans plus originaux depuis sa création (les années 80), je n’ai pas non plus été emballée. Peut-être l’aurais-je été beaucoup plus si j’avais lu la série à sa sortie, c’est certain. En refermant le livre, je me suis dit que cela me plairait d’aller emprunter un jour les autres tomes à la bibliothèque, un jour, mais je ne suis pas pressée. Et je ne vois pas l’intérêt d’avoir la série chez moi non plus. C’est sympa, ça se lit bien. Mais on on touche les limites de la high fantasy, à mon sens. Malgré l’humour, ça reste manichéen. Et surtout, j’ai eu cette impression de déjà-lu sans ce petit quelque chose en plus (après, pour être franche, je préfère lire 10 fois la Belgariade que le Sorceleur/Witcher, particulièrement indigeste, à mon goût, mais ça c’est une autre histoire😉).
En gros, si vous aimez le Seigneur des Anneaux, ou La Roue du Temps  ça devrait passer, à mon avis.

 

La Belgariade, tome 1 : Le pion blanc des présages par Eddings

Résumé : Et les dieux créèrent l’homme, et chaque dieu choisit son peuple. Mais Torak, le dieu jaloux, vola l’Orbe d’Aldur, le joyau vivant; façonné par l’aîné des dieux, et ce fut la guerre. Le félon fut châtié; à Cthol Mishrak, la Cité de la Nuit, il dort toujours d’un long sommeil hanté par la souffrance. Le fleuve des siècles a passé sur les royaumes du Ponant. Les livres des présages sont formels : Torak va s’éveiller. Et justement l’Orbe disparaît pour la seconde fois. Que le maudit la trouve à son réveil et il établira son empire sur toutes choses. Belgarath le sorcier parviendra-t-il à conjurer le sort ? Dans cette partie d’échecs cosmique, il a réussi à préserver une pièce maîtresse : le dernier descendant des Gardiens de l’Orbe, désigné par les présages, mais qui n’est encore qu’un petit garçon. Un simple pion, et si vulnérable…

Premières lignes – 31 août

 

Premières lignes ( un roman dont j’ai failli oublié de parler)

« Elle est déjà vieille pour faire ça.
Elle est vieille à 23 ans parce que les garçons à ses côtés en ont 17. Ils ont l’allure des jeunes qui jouent au rock. Des boutons d’acné rouge et blanc, quelques poils duveteux et des blousons de faux cuir, des jeans troués, des baskets blanches. Leur guitare et leur basse et leur batterie démesurément grandes. « 

C’est pour le rock, la référence à Debbie Harry et tout ce qui va avec que j’ai choisi ce roman, bien sûr. Il y est question d’un vieil écrivain qui, bien des années plus tôt, a rencontré et aimé Platine. Il était alors un jeune écrivain  qui traînait ses guêtres à New York. Il en a tiré un roman qui a eu un immense succès. Jean a même reçu le prix Goncourt. Bref, c’est une légende.
Aujourd’hui, il vit en reclus dans un ancien couvent. Il tombe sur Marie, une chanteuse blonde qui lui rappelle Platine. Elle veut une chanson, il veut écrire un livre. Commence ce qui pourrait être une histoire intéressante … Sauf que, malgré les retours en arrière dans les années soixante-dix, le Palace, le punk, son histoire d’amour avec Platine, rien n’est très passionnant. Et on s’y ennuie. Le présent avec Marie n’est guère mieux.
Pourtant, le style est là ; tout est réuni pour passer un bon moment littéraire et rock. Mais l’intrigue reste fade.

C’est dommage, je n’en suis pas ressortie convaincue.

Ou pour rester dans le thème, voilà ce que j’avais  à l’esprit : non pas Debbie Harry mais John Lydon répétant à l’infini  : «  We’re so pretty vacant (and  we don’t care) » 

( —  dans le même ordre d’idées, « Boredom » des Buzzcocks, autre groupe punk, même époque,  fait bien le job aussi — )

Platines par Decoin

Résumé : Jean, un écrivain âgé, vit retiré dans un ancien couvent, pas très loin de Paris. Un soir, revenu par le train, il s’arrête dans le bar PMU du village. Pour boire un verre. Pour être seul au milieu des autres. La vision d’une jeune femme blonde, chanteuse d’un groupe amateur, va réveiller le passé.

C’était en 1976. Le jeune romancier est alors en résidence d’écriture aux États-Unis et cherche à s’encanailler. Dans le couloir d’un bar, il croise Platine, rock star déjantée du New York underground. De cette furtive rencontre, il tire un livre qui paraît en 1978 et remporte le prix Goncourt. Quelques mois plus tard, elle accepte, contre toute attente, de jouer son propre rôle dans l’adaptation du roman qu’il doit réaliser lui-même. C’est le début de leur aventure, mais il demeure le petit  » Frenchie  » dans les vertiges de Manhattan. Et les histoires d’amour ont souvent une fin. Celle-ci le fracassera.

Accepter de voir Marie, la jeune chanteuse sans grand talent, à la même blondeur platinée, c’est courir le risque de remuer des souvenirs douloureux dont l’isolement est censé le protéger. C’est aussi s’ouvrir une chance : celle d’écrire à nouveau.

 

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Premières lignes – 27 juillet

Premières lignes de cette semaine

 » J’oublie tout après chaque pas.
Je finis par crier « Anna » et referme brusquement la bouche de surprise.
Mon esprit est vide. Je ne sais qui est Anna ni pourquoi j’appelle son nom. Je ne sais même pas comment je suis arrivé ici. Je me tiens dans une forêt, protégeant mes yeux du crachin. Mon coeur cogne, j’empeste la transpiration et mes jambes trembent. J’ai dû courir mais je ne me souviens pas pourquoi.
« Comment… »
Je suis interrompu par la vision de mes mains. Elles sont osseuses, laides. Les mains d’un inconnu. je ne les reconnais absolument pas.
Eprouvant la première point de panique, j’essaie de me rappeler autre chose me concernant : un membre de ma famille, mon adresse, mon âge, n’importe quoi, mais rien ne vient. Je n’ai même pas de nom. Chaque souvenir que j’avais il y a quelques secondes a disparu. « 

Les sept morts d'Evelyn Hardcastle par Turton

Ces premières lignes sont à déguster. Parce qu’elles constituent ce qu’il y a de meilleur dans le roman. Avec la couverture.
Le reste, quant à lui… Et bien, le reste, malheureusement n’est pas à la hauteur.
C’est rare que je fasse ce genre de commentaires mais parfois, il est difficile de faire autrement. (Je vais essayer de faire soft sachant qu’un être humain a écrit ce livre et a fourni des efforts pour cela donc inutile de tout dézinguer sans raisons )

Pourtant, le pitch avait tout pour me plaire :

 » Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée.
Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?
Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.
Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.
Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Mixez Agatha Christie, Downton Abbey et Un jour sans fin… « 

Pour ce qui est de « mixer Agatha Christie Downton Abbey et Un jour sans fin, c’est autre chose. On est déjà très loin de l’habileté et de la clarté d’Agatha Christie.  Après un long (très long) début bien laborieux pour tenter de mettre en place les personnages et les lieux à la façon Cluedo ( pourtant, il y a un plan en début de livre, ça n’est pas compliqué), l’intrigue avance lentement. Puis plus on avance dans le roman, plus on sent où l’auteur va nous mener. Ce que je veux dire, sans dévoiler le dénouement (qui n’est vraiment pas extraordinaire) si  certain.e.s veulent le lire, c’est que lorsqu’on est habitué à lire des romans à énigmes, des thrillers bien ficelés, des polars et du fantastique, « Les sept morts d’Evelyn Hardcastle » est cousu de fils blancs — et de gros. Le côté fantastique est vraiment grossier. Ou alors, il ne faut pas chercher de la finesse ( ou peut-être quand on n’en a pas beaucoup ou jamais lu ? ). 
Si le côté Un jour sans fin est présent, je cherche encore la référence à Donwton Abbey… Voyons, parce qu’il y a la présence de domestiques dans un manoir ? D’ailleurs, au sujet des serviteurs, j’ai eu la surprise de voir le mot » servant » tel quel en français (au masculin) à un moment. Pourtant, ça n’a vraiment  pas le même sens.
Bref, au fil des pages, on a hâte de savoir ce qui va enfin se passer, tout étant un peu fouillis. Mais cela reste long, fastidieux et un peu ennuyeux.
Quand j’ai refermé le livre, j’ai fait : « Ah, et c’est tout ?  c’était simplement cela, le twist final » 😂. Oui. Tout ça pour ça. Et il y a 500 pages. Longues. 🤔
Je sais que le livre connaît un  beau succès, et tant mieux pour son auteur mais je le trouve faible. Par contre, je me demande s’il ne serait pas intéressant une fois adapté en mini-série par exemple . On éviterait ainsi les longueurs, les descriptions inutiles, les retours en arrière sans intérêt et les personnages creux.
Sinon, c’est quand même une lecture dont on peut se dispenser car assez indigeste.

Edit décembre 2020 : il va être adapté en série et ce sera intéressant. Surtout si c’est bien fait.

Comme ce roman est aussi un roman fantastique, je le classe dans le challenge de l’Imaginaire

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Premières lignes – 20 juillet

Ayant enfin pu renouveler mon stock de livres à la bibliothèque, j’ai ramené entre autres celui qui suit. Premières lignes percutantes.

« Pa mettait trop de temps à trancher les gorges des garçons.
Près de dix minutes s’étaient écoulées depuis qu’il avait disparu dans la cabane de quarantaine et fie avait passé les sept dernières à en fixer furieusement la porte dorée tout en s’empêchant d’arracher un fil qui pendait de sa tunique noire en lambeaux. Si Pa revenait au bout d’une minute, cela signifiait que les garçons étaient déjà morts de la peste des pécheurs ; au bout de trois, qu’il avait dû mettre à leurs jours. « 

Puisque ça paraît un peu étrange, cette histoire de gorges coupées, je mets tout de suite le résumé, histoire de donner du contexte :

 » Fie fait partie des Corbeaux, la dernière des castes de Sabor. Les intouchables. Avec son clan, elle écume les routes, prenant en charge les pestiférés pour les brûler. En tant que sorcière, elle dirigera un jour son clan et sera responsable de la survie des siens. Son destin semble tout tracé. Jusqu’au jour où, lors d’une mission, elle aide le prince de Sabor à s’évader du palais pour le soustraire à une énième tentative d’assassinat. Fie négocie alors avec lui un pacte sacré : si elle conduit le prince en lieu sûr, il promet, une fois roi, de protéger les Corbeaux. Mais il faudra pour cela déjouer bien des pièges et des trahisons…

Merciful crows dont c’est le premier tome : La voleuse d’os ( deuxième à paraître en VO cet été) est donc une série fantasy jeunesse/Y.A  (je dirais plus Y.A que jeunesse) signée Margaret Owen.  L’intrigue en elle-même est basique — et efficace : emmener deux protagonistes à un certain endroit après avoir conclu un pacte malgré les nombreux dangers et surtout échapper à des poursuivants toujours de plus en plus actifs. Le principe du voyage du héros.
Sauf qu’il s’agit d’une héroïne et que lors de sa quête, elle va tomber amoureuse.
L’univers de Merciful Crows (Sabor) est intéressant. Le système des castes n’a rien de nouveau mais comme toujours, je préfère un processus bien rôdé et habilement utilisé que quelque chose de soi-disant innovant qui ne tient pas debout. Ces castes hiérarchisées selon le mode « oiseau » sont vraiment bien faites : à chaque caste est liée un don (désir, traque, sang, ….). La magie est donc présente aussi.
Côté personnages, on suit essentiellement Fie, l’héroïne et les deux protégés, le prince Jasimir et son garde du corps Tavin. Les personnages secondaires sont brièvement décrits et mériteraient parfois d’être un peu développés : Pa, Hangdog (l’ex de Fie).
Puisque j’en suis à parler des points faibles, j’ai remarqué également que les scènes d’action restaient souvent imprécises dans leur description. On en vient à se demander qui se trouve où et comment il ou elle en est arrivé.e là…  C’est un peu gênant dans la mesure où le reste est particulièrement agréable à lire. Il y a des dialogues percutants, sur le pouvoir, l’oppression…. Et il y a de l’humour.
J’en viens à la romance qui tient une part importante dans le livre. Il est vrai qu’au début, j’ai levé les yeux au ciel en voyant la jeune Fie s’amouracher du (beau) noble en fuite. Stéréotypes, nous voilà ! Ce qui paraît étrange car l’autrice ne donne pas du tout dans le cliché : elle place un personnage non-genré (Madcap – un bel emploi du « iel » ). Elle évoque ouvertement la bisexualité du prince et de son garde du corps sans compter les mariages entre personnes de même sexe (la tante du prince, par ex. qui a des époux et des épouses). D’ailleurs, l’histoire d’amour n’est pas si neuneu que cela ; elle est plutôt intense. Il s’agit plutôt de quelques passages un peu mièvres qui affaiblissent l’ensemble. Ou alors, peut-être s’agit-il d’ajouter un ton plus doux dans un univers particulièrement sombre ? Ce serait alors bien trouvé de la part de Margaret Owen. A ce sujet, il y a des scènes qui relèvent de la fantasy pour adultes…. Bien glauques.

J’ai passé un bon moment et j’aimerais volontiers connaître la suite des aventures de Fie et des autres. Voilà un roman qui va aller droit dans le Challenge de l’Imaginaire.

Illustrations réalisées  par l’autrice :

Merciful Crows, tome 1 : La Voleuse d'os par Owen

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Premières lignes #03mars

J’ai bien commencé ce mois de mars, avec une autrice (Mars est au féminin). Voici tout de suite les premières lignes 

« L’hiver était déjà bien avancé en Rus’ septentrionale et l’air lourd d’une humidité qui n’était ni la pluie ni la neige. Les  paysages resplendissants de février avaient fait place à la morne grisaille de mars, et tous dans la maisonnée de PiotrVladimirovitch avaient la goutte au nez et la maigreur de qui s’est sustenté six semaines de pain noir et de chou fermenté. Mais personne ne pensait aux engelures ou aux reniflements ni même n’avait la nostalgie des bouillies et des viandes rôties parce que Dounia allait raconter une histoire. « 

Et des histoires, dans L’ours et le rossignol, il y en a beaucoup ; des contes qui se mêlent au réel, tant et si bien que les vieilles légendes deviennent réelles (ou l’ont-elles toujours été ?). Mais voilà… les mythes et les anciennes coutumes sont menacés par la montée fulgurante d’un christianisme qui ne supporte plus la concurrence.
Katherine Arden nous emmène dans une Russie semi-imaginaire, basée sur celle du 14ème (sous le règne d‘Ivan Kalita, pour info) quand la Russie était sous domination mongole (la Horde d’or et les différents khanats).
Le récit suit le schéma traditionnel et la jeune héroïne aurait pu être un peu ennuyeuse mais ça n’est pas le cas ! Il y a déjà une ribambelle de créatures fantastiques toutes plus attachantes les unes que les autres  : l’esprit de la maison, le domovoï en russe ; l’esprit des eaux, une sorte de naïade assez vorace, la roussalka; l’esprit des forêts, le liéchi .
Sans compter les membres de la famille de la jeune Vassia, qui sont autant d’atouts pour mettre en valeur un protagoniste féminin passionnant.
Le récit gagne en intensité (et même en horreur) au fil des pages pour se terminer sur un final impressionnant.
On referme le livre avec une seule envie, celle de poursuivre la suite des aventures de Vassia et des autres. Et ça tombe bien car il s’agit du premier tome d’une trilogie, dont le deuxième La fille dans la tour, est sorti et la troisième L’hiver de la sorcière  paraîtra ce mois-ci.

 

 

Titre : L’ours et le rossignol
Cycle/Série : Trilogie d’une nuit d’hiver, tome 1
Auteur : Katherine Arden
Éditeur : Denoël
Date de publication : 2017
(paru en poche en Folio SF)

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L’ours et le rossignol entre dans le thème du mois de mars du HMSFFF Challenge Women in charge 

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Et dans le challenge de l’Imaginaire

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