Agence Lovecraft – T.1 — Jean-Luc Marcastel

Le roman dont je vais parler sortira début septembre mais il n’est jamais trop tôt pour préparer ses lectures de rentrée, surtout lorsqu’il s’agit d’aller faire une virée dans un univers lovecraftien en compagnie d’ados aux pouvoirs étranges poursuivis par des créatures monstrueuses…

Dans le premier tome de ce qui sera la trilogie de l’Agence Lovecraft, on suit Ryan, Marie et Sergueï, trois adolescents de différentes nationalités, qui ont à leurs trousses de mystérieux personnages qui visiblement ne leur veulent pas du bien ! Dès les premières lignes, nous sommes dans l’action : Ryan et son frère courent à perdre haleine dans les rues d’Innmousth. Si on est un peu familier des romans de Lovecraft, on frissonne déjà, en se demandant quelle horreur se cache derrière les secrets de cette ville. Avec Marie, le mystère s’épaissit : la jeune parisienne semble détenir un pouvoir très étrange et bien inquiétant. Quant à Sergueï, le jeune russe, il lutte pour s’échapper d’un lugubre laboratoire où des scientifiques ont voulu « étudier » sa soi-disant double personnalité. Les adolescents sont sauvés in extremis par un Terminator nouvelle version (« Viens si tu veux vivre », la référence est jolie) qui a les traits d’une jeune indienne…
Mais leurs ennuis sont loin d’être terminés. Le frère de Ryan ne peut les rejoindre. Il reste en arrière. Une fois hors de danger à bord d’un sous-marin très steampunk, le Nautilus V (et l’hommage à Jules Verne est là aussi bien placé) les jeunes gens découvrent que leurs sauveteurs constituent l’Agence Lovecraft, dirigé par le Dr. Sauvage.

De références à l’univers de Lovecraft ou à la pop culture, de scènes d’action en descriptions travaillées, porté par une écriture fine, le roman se lit presque d’une traite. Conseillé pour les plus de 13 ans, il est aussi très agréable pour les adultes, je confirme, surtout pour ceux et celles qui ont un jour lu Lovecraft et eut quelques (gros) frissons plus jeune. Cela a été le cas de l’auteur qui décrit comment lui est venue l’idée de ces romans. Et je dois dire que je me suis assez bien retrouvée dans cette description — sauf que je devais être un peu plus âgée quand j’ai abordé Cthulhu et Nyarlathotep (moi aussi, j’ai un faible pour le « Chaos Rampant »).

Un dernier point sur l’aspect purement livresque, cette fois, et non littéraire : l’objet est particulièrement beau. La couverture est soignée, ainsi que les dessins qui forment un magnifique décor. Les rabats sont illustrés et l’un deux contient un marque-page détachable ; les lettres ainsi que l’emblème de Cthulhu en rouge sont en relief.

Une idée de lecture fantastique que je recommande. Et j’ai assez hâte de lire les suivants.

Le roman sortira le 9 septembre 2021 chez Gulf Stream éditeur (mes voisins, puisqu’ils sont à Nantes 😉 ).
L’Agence Lovecraft. T. 1 – Le mal par le mal – Jean-Luc Marcastel

Résumé :

En des temps immémoriaux, d’effroyables formes de vie dominaient le monde. En sommeil lorsque l’espèce humaine est apparue sur Terre, elles n’attendent que l’alignement de certaines étoiles pour régner à nouveau…

Ryan, Marie et Sergueï ne se connaissent pas. Ils ont pourtant un point commun : ils sont dotés de pouvoirs effrayants convoités par de mystérieux individus. Pour leur échapper les trois adolescents acceptent l’aide d’une jeune fille qui travaille pour une obscure organisation : l’Agence Lovecraft. Dans la guerre secrète que ces membres se livrent contre un ennemi implacable et ses adorateurs, Ryan, Marie et Sergueï pourraient bien être les éléments décisifs qui feront pencher la balance… Mais de quel côté ?

Merci aux éditions Gulf Stream pour leur confiance.

Premières lignes – 13 juin

Il fait chaud et ces Premières lignes (admirablement bien écrites) sont là pour donner de la fraîcheur. Enfin, du frisson.

« Je ne voyais plus le plafond de ma chambre. La pièce s’était brusquement assombrie, comme si on m’avait jeté une couverture sur la tête. Je ne voyais même plus mon haleine monter dans l’air froid.
Pris de panique, je voulus me redresser mais j’étais comme paralysé. Soudain, je retrouvai la vue. Et je le regrettai aussitôt.

Le plafond émettait une faible lueur d’un jaune malsain, sur laquelle se dessinaient des ombres mouvantes. je crus d’abord que c’étaient celles de branches dénudées projetées par la lune. Mais elles prirent bientôt une forme identifiable : la silhouette d’un personnage sans visage.
La sueur me mouilla les paumes et mon coeur battit la chamade. Glacé d’effroi, je tentai en vain de détourner le regard.
Puis une voix s’éleva. « 

J’avais quitté l’univers de l’Epouvanteur avec le sentiment mitigé que ce cycle (celui de Tom Ward) se terminait de façon non concluante. J’attendais donc cette fameuse série avec Frère Wulf qui devait suivre Tom et Alice dans leur lutte contre les créatures de l’Obscur tout en déplaçant le point de vue. Je me demandais si cela aurait pour effet d’apporter un nouveau souffle à un cycle qui avait tendance à parfois s’essouffler. Ainsi, au fil des épisodes de l‘Epouvanteur, les disparitions successives de personnages importants de l’univers (Gregory, Grimalkin) même si elles s’expliquent tout à fait et s’inscrivent dans une certaine logique de l’histoire, sont quand même assez vite expédiées. C’est encore plus flagrant quand on voit que la sorcière emblématique, Grimalkin, réapparaît régulièrement pour donner un coup de main à nos deux héros, Tom et Alice.
Je passe sur l’idée intéressante de la jeune apprentie de Tom, Jenny, septième fille d’une septième fille. On n’a pas le temps de voir comment ce concept aurait pu se développer puisque le personnage disparaît aussi vite qu’il est apparu. Et là aussi, c’est dommage.
Pas mieux : l’épisode des Kobalos (derniers tomes de la série initiale), des ennemis tellement costauds que l’auteur a hâte de s’en débarrasser pour peut-être passer à autre chose (mais je ne suis pas dans la tête de l’auteur 😉 ). Du moins est-ce l’impression que j’en ai eu (L’héritage de l’Epouvanteur — pas vraiment une réussite).
Heureusement, ce premier tome de Frère Wulf ne comporte aucun des points faible que je viens de citer (je chipote mais j’aime beaucoup trop ce qu’écrit Delaney pour lui en vouloir longtemps, en fait).
On retrouve les ingrédients qui donnent le ton à la série — et oui, il faut avoir lu le reste sous peine de ne pas comprendre grand chose car l’auteur aborde, entre autres, la question de l’hérédité de Tom (sa maman), le passé d’Alice et sa spécificité en tant que sorcière. A nouveau, on suit Wulf dans un monde qui n’est ni celui des humains, ni l’Obscur. Quant à la menace, elle sera double : une nouvelle créature, ancienne, et une autre, fabriquée par les êtres humains, l’Eglise.
On frémit, on est surpris… Et on attend la suite 🙂

Un très bon tome que j’ai lu à l’occasion de la Masse Critique Babelio.

Frère Wulf, tome 1 : L'enlèvement de l'Épouvanteur par Delaney


Résumé : « Tu as pu constater à quel point il est dangereux de m’accompagner, et il te manque certaines compétences pour rester dans une relative sécurité face à l’obscur. Par chance, tu possèdes l’essentiel de ce qu’il faut à un apprenti épouvanteur. À l’époque où je cherchais un secrétaire, le prieur m’a assuré que c’était inscrit dans les archives du monastère : tu es le septième fils d’un septième fils. »

Frère Wulf, un jeune moine, doit espionner Johnson, un épouvanteur aux pratiques douteuses. Se faisant passer pour un scribe, Frère Wulf étudie le quotidien de son nouveau maître. Mais un jour, Johnson disparaît. Très inquiet, Wulf décide de chercher de l’aide.
C’est donc au milieu de la nuit qu’il frappe à la porte d’une étrange maison, dont le propriétaire n’est autre que Tom Ward. Ensemble, les deux hommes partent affronter une puissante créature de l’obscur… Mais le chemin est long, et les dangers, nombreux.

Un titre que j’ajoute au Challenge de l’Imaginaire.


Premières lignes – 4 mai

C’est le jour où je devrais plutôt dire « May the 4th be with you » mais je ne vais pas parler de Star Wars pour ces premières lignes :

« C’était le milieu de l’hiver.
Un vent froid soufflait dans la rue, fouettant les maisons et faisant branler les fenêtres. le ciel nocturne était couvert, la température proche de zéro. ‘était l’aube, et le brouhaha en provenance des bars et des boîtes de nuit s’était s’était peu à peu calmé pour n’être qu’un murmure lointain. le seul bruit parvenant jusqu’à nous était le gémissement puissant du vent.

Dans le salon, il faisait bon. Variam était assis sur le canapé. Anne s’occupait de ses blessures, Luna faisait les cent pas à côté de la table et j’étais adossé au mur près de la cheminée, bras croisés et tête baissée. « 

J’ai déjà parlé de la série Alex Verus et de mon coup de coeur pour cette fantasy urbaine qui se déroule à Londres, avec un perso principal devin ( Alex )qui se débat dans des intrigues bien pourries au sein d’un conseil de mages occupés à établir un ordre plus ou moins bancal entre la Lumière et l’Ombre. Mais les « bons » ne le sont jamais vraiment et il n’y est en aucun cas question d’opposition franche entre « méchants » et « gentils » sorciers ( ou « Lumière » contre « Ombre »), ce qui donne le sel de la série de livres qui en compte 6 traduits en français (bientôt 12, je crois, en anglais).

Voici donc le sixième, « Dissimulation » : l’intrigue reprend exactement après les événements du tome précédent (je ne dirais rien mais ce fut mouvementé !). Cette fois, Alex va se retrouver mêlé malgré lui à un imbroglio impliquant une organisation plus que sinistre, un artefact magique que tout le monde recherche ( mages de l’Ombre comme mages de la Lumière). Il y a de l’action, des scènes de combat magique bien écrites et bien sûr, de l’humour. Une fois de plus, Alex Verus s’est engouffré dans les ennuis jusqu’au cou… Quant au Conseil, il est plus corrompu que jamais.

Un plus : pour le développement de la mage de terre, Caldera et l’humour. Un petit moins : pour les autres amis de Verus, laissés en retrait cette fois (Luna, Anne, Variam) et le gros flou autour de son ancien mentor, le sinistre Richard Drakh ( on se demande vraiment comment un type aussi puissant peut rester aussi discret — mais que fait-il donc depuis si longtemps alors qu’on nous annonce son retour ?). Mais ce sont des détails.

Tellement bien qu’une fois la lecture entamée, on n’a plus envie de le lâcher… Et j’attends le 7 avec une certaine impatience. Une série dont on ne parle pas assez, décidément.

Alex Verus, tome 6 : Dissimulation par Jacka

résumé :

Alex Verus ne s’est jamais entendu avec le Conseil qui préside la communauté des magiciens. Mais alors que son ancien mentor est de retour en Angleterre, Alex a désespérément besoin d’alliés. Et il est prêt à tout pour en trouver, même si cela implique accepter une mission pour les Gardiens qui ont la tâche de faire appliquer la Loi magique.

Alex forme une alliance improbable avec Caldera, sa nouvelle partenaire. Mais sa tentative de rentrer dans le rang se révèle dangereuse quand il se retrouve en possession d’un artefact que tout le monde convoite.

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Premières lignes – 12 avril

Des Premières lignes très efficaces :

« Le matin où les étrangers arrivèrent sur l’île, la Main de Sheltel fut la première à les voir.
Elle allait revêtir son masque quand, par la fenêtre, elle aperçut un point sombre à l’horizon. Un mirage, crut-elle ; un tremblement de la chaleur sur l’eau. La mer était vide, bien sûr. Rien ne venait jamais de l’océan.
Elle ne lança pas l’alerte. « 

Avant de commencer à parler de ce roman, je dois faire une petite digression. L’année dernière, quand j’ai appris que Folio SF lançait ce concours pour les 20 ans, j’ai — à peine — hésité et j’ai essayé de mettre les bouchées doubles pour peaufiner un des romans que j’avais mais qui nécessitait pas mal d’ajustements . Mais vu le confinement, les circonstances un peu exceptionnelles ( mon dos faisant des siennes aussi ), les choses ne se sont pas déroulées exactement comme prévu et je n’ai pas réussi à finaliser les corrections en temps et en heure. Un peu dépitée, je me suis donc résolue à leur faire parvenir un autre manuscrit, que j’aime aussi mais qui correspondait moins bien au concours, à mon avis. Moi aussi, j’ai patienté et malgré quelques rumeurs diffuses, je ne voyais rien venir… Jusqu’à ce que j’apprenne le nom de la personne puis du roman qui avait gagné le concours. Autant dire que j’avais hâte, dès les premiers retours, de lire cette histoire. — et non, je n’ai pas été déçue, suite plus bas 😉 —

Derniers jours d’un monde oublié par Vuklisevic

Édition: Folio SF

Parution: 01/04/2021

Résumé : Plus de trois siècles après la Grande Nuit, Sheltel, l’île du centre du monde, se croit seule rescapée de la catastrophe. Mais un jour, la Main, sorcière chargée de donner la vie et de la reprendre, aperçoit un navire à l’horizon. Il est commandé par une pirate impitoyable, bien surprise de trouver une île au milieu du Désert Mouillé.
Si la Main voit en ces étrangers une menace pour ses secrets, Arthur Pozar, commerçant sans scrupules, considère les intrus comme des clients potentiels, susceptibles d’augmenter encore, si possible, son immense fortune. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Qu’elle les mène à la gloire ou à la ruine, la sorcière, la pirate et le vieux marchand en seront les instigateurs, bien malgré eux.

Derniers jours d’un monde oublié se déroule sur une île, Sheltel ( en yiddish, un shtetl, c’est une petite ville ), une île totalement perdue sur l’océan ; un monde oublié. Ce monde fonctionne en circuit fermé depuis des siècles, basé sur un système bien huilé, même s’il est loin d’être parfait, sur des traditions et des rites fermement ancrés. La vie y est dure : certaines personnes ne peuvent survivre et doivent laisser leur place à d’autres. Mais tout a été pensé de longue date pour que cette société perdure.

L’île est ainsi dirigée par les Natifs, des êtres aux spécificités intéressantes; ce qui m’a fait penser parfois à La Cité des Anciens de Robin Hobb, dans les descriptions.
Deux autres communautés vivent sous la domination des Natifs et de leur Roi : les Dusties (inutile de préciser l’étymologie ) dans la ville de Dust, et les Ashim ( ashim ou hashim, en arabe « généreux, », entre autres, mais aussi « hashem » en hébreu), considérés comme les immigrés, sur l’île, qui ne font qu’emprunter un morceau de territoire. Les Dusties ont des droits plus importants que les Ashim.
Le Natif est censé être le souverain mais son pouvoir est contrebalancé par l’influence de la Bénie, une sorte de prêtresse qui veille sur les plus pauvres. Mais la Bénie se trouve elle-même sous la coupe d’un étrange personnage, un vieux marchand, du nom d’Arthur Pozar.

Et voilà qu’apparaît l’une des trois voix, des trois points de vue du roman qui se construit à la manière du Trône de Fer (par ex.) : un chapitre par point de vue (et oui, c’est efficace). Les deux autres appartiennent à la pirate ( qui aborde l’île, et espère enfin s’établir en paix à terre), Erika ; et à la sorcière, la Main. Cette dernière se nomme Nawomi et elle est certainement l’un des meilleurs personnages féminins, sinon le meilleur, de ce roman.

La sorcière, la pirate et le vieux marchand était le titre initial — et pourrait en constituer le sous-titre tellement il définit avec exactitude le récit de ces derniers jours. Ceci est la chronique de la chute d’un monde, et des atrocités qui vont y être attachées, fruits du désespoir ambiant et gestes de dernier recours de la part de certaines personnes. On accoste sur l’île et très vite, on y reste accroché, en haleine. Les pages défilent vite, sans une seule baisse de rythme. 350 pages qui ne se lâchent pas, entrecoupées d’extraits de journaux, de publicité très bien faits en guise d’incipits ( un peu à la Sanderson ou à la Hobb ). Le monde est riche et bien construit.

Les personnages sont, à mon avis, de très belles réussites.
J’ai particulièrement aimé le background de chacun et chacune, même celui des personnages secondaires (la capitaine Kreed, par ex. dont l’histoire donne un très bon éclairage sur l’univers auquel appartient l’île ).

C’est une belle découverte que j’ai faite, du genre coup de coeur, et s’il reste quelques petits points un peu faibles, ils sont mineurs ( ex: relater trop d’atrocités et de tortures accumulées desservent un peu le propos si bien qu’ on en arrive plus à l’écoeurement qu’à l’effet recherché.)

Une lecture que je conseille vraiment ( en plus, c’est un poche ! ) 👌❤️ 

Premières lignes – 6 avril

Premières lignes

« Tout au long de sa vie mouvementée de cavalière, Acquilon de Nordeau s’était demandé ce qu’il resterait de son empreinte dans le monde une fois la poussière des combats retombée. Arpenterait-on, comme elle-même à l’instant, ses quartiers de Matriarche ? Ses héritières feraient-elles le tour du propriétaire, cataloguant ses possessions, effleurant les boiseries fatiguées des meubles, caressant les tapisseries poussiéreuses ? S’arrêteraient-elles devant la fenêtre de sa chambre, celle qui surplombait la cour et permettait, en se tordant le cou, d’apercevoir des novices, le verger séculaire, la demeure de l’herboriste ? « 

Le Chant des cavalières suit Sophie Pendragon dont on note tout de suite la référence au cycle arthurien (et ça, c’est assez sympa), jeune novice dans l’Ordre des Cavalières de Sarda  à la citadelle de Nordeau, enfant au début du roman . Elle devient assez vite l’écuyère d’Éliane, la nouvelle  Matriarche suite au décès prématuré de la célèbre Acquilon. Sophie sera donc la prochaine Matriarche et doit apprendre tous les codes de remplir son rôle et accomplir son destin.
Sophie serait une Elue. En attendant, elle est une sorte de padawan sans maître(-sse) dans une académie de cavalières-Jedi. Car Eliane se désintéresse d’elle. Et c’est Frêne, l’herboriste qui se charge de sa formation….
Voilà un fil conducteur assez classique et pourquoi pas, après tout ?
Le schéma classique pourrait dérouler un récit très « Le voyage du héros » comme prévu mais il n’en sera rien. Là aussi, contrarier la destinée du héros ou de l’héroïne, est un ressort efficace.
S’il est bien mené.
Mais à de nombreuses reprises, je me suis vraiment posée la question :  » Mais où est l’histoire ? Quand entre-t’on dans l’intrigue ? Que veut Sophie ? Que désire vraiment Eliane ? « . Et je suis restée sur ma faim jusqu’à la fin.

En fait, l’histoire est assez plate. La mise en place est bien longue et au moment où on a d’assister à la formation de Sophie (après une baisse de rythme significative), voilà que…bonjour, c’est une ellipse de quatre ans ! Ah, loupé.


Je n’ai rien contre les ellipses, elles sont utiles quand elles sont bien placées. Mais à ce moment précis, alors que les personnages viennent à peine de se mettre en place ainsi que l’univers auxquels ils appartiennent, non.
La suite ne m’a beaucoup convaincue : beaucoup de flous, des personnages secondaires sortis de nulle part, des situations assez mal définies, bref, des défauts de premier roman qui auraient vraiment mérité d’être corrigés.
Je passe sur les coquilles trouvées dans l’édition que j’ai eue ( à la bibliothèque, la personne qui l’avait empruntée avant moi avait déjà tout souligné ).

Je n’ai cessé de penser que c’était dommage car, pour ma part, j’ai apprécié le style, la poésie certaine, le niveau de langue ( un langage recherché ).

Ainsi, le chant des cavalières qui donne le titre au roman :

 » La nuit m’appelle en son cercueil
Ainsi, commence ma veille, mon deuil.
Adieu ma soeur, je pars devant,
Pour éclairer tes jours restants.
Je t’attendrai sur la colline
Celle qui surplombe tous les abîmes.
Main dans la main, coeurs contre coeurs
Nous reprendrons notre chemin. « 

Quant à l’univers, c’est un point positif également. Les dragons qui sont des griffons m’ont fait penser soit aux Chocobos de Final Fantasy soit aux Dragodindes de Dofus. (les mêmes bestioles, au final). Mais les relations entre dragons et cavalières ne m’ont pas plus émue que ça. Il y a trop d’éléments restés en suspens.
Finalement, les références au cycle arthurien ne sont pas très utiles, le modèle du mythe suffisait sans les clins d’oeil à Pendragon et à Merlin (Myrddin). C’est toujours la quête et le voyage du héros/de l’héroïne dont il s’agit ; on aurait compris.
Le fait que le roman parle de femmes et, essentiellement, que de femmes, me plaît beaucoup ; leurs relations, leurs amours. L’articulation de l’ordre des Cavalières m’a fait penser à la wicca et à la figure de la Triple Déesse :

 » Comme l’Ancienne succède à la Mère qui succède à la Fille, l’Aînée succède à la Cavalière qui succède à l’Ecuyère »

J’ai eu l’impression de lire Marion Zimmer Bradley dans le cycle d’Avalon à ce moment. (et ce n’est pas un reproche).

J’aurais bien aimé accrocher à cette histoire mais il aurait fallu qu’elle soit plus efficace, mieux bordée. Même le retournement de l’Elue ne m’a pas paru hyper bien fait. En fait, ça ne va pas assez loin, on reste en surface. Comme avec les personnages…
Je sais : c’est un premier roman.
Mais le problème, c’est que je viens de commencer un autre premier roman, avec des personnages féminins forts, un univers bien fait mais surtout : on sent qu’il a été retravaillé. (et je vais en reparler bientôt ).

J’espère vraiment que lors de futurs romans, je pourrais retrouver la plume de Jeanne Mariem Corrèze avec une ou des histoires plus convaincantes.

Le chant des cavalières par Corrèze
Jeanne Mariem Corrèze
Éditeur : LES MOUTONS ELECTRIQUES (21/02/2020)

Résumé : Dragons, cavalières et herboristes !

Un royaume divisé, instable, des forces luttant pour le pouvoir. Un Ordre de femmes chevauchant des dragons. Des matriarches, des cavalières, des écuyères et, parmi elles, Sophie, qui attend. Le premier sang, le premier vol ; son amante, son moment ; des réponses à ses questions. Pour trouver sa place, elle devra louvoyer entre les intrigues de la cour et de son Ordre, affronter ses peurs et ses doutes, choisir son propre destin, devenir qui elle est vraiment.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

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Premières lignes — 29 mars

Premières lignes pour le Masse Critique Babelio (et sans traîner, je n’en reviens pas !)

« Le camp bourdonnait d’activité. Encore bien emmitouflés dans leurs manteaux en peau lainée, les enfants jouaient entre les habitations temporaires. ils imitaient leurs aînés et le bruit de leurs petites épées de bois se mêlait aux rires moqueurs des vainqueurs. Les perdants se retrouvaient à terre, dans la boue et se faisaient tirer les oreilles en regagnant leurs yourtes, moins pour leurs affaires crottées que pour les défaites qu’elles trahissaient. « 

Voilà des premières lignes parfaites qui illustrent assez bien la vie du peuple des steppes ( les Tstets ) : la guerre de conquête est leur quotidien. Leur chef, Khazan, est d’ailleurs un jeune homme qu’on imagine bien, quelques années en arrière, jouant dans le camp temporaire au milieu des yourtes avec ses futur.e.s meilleurs guerriers — et guerrières. Mais Khazan doit faire face à d’autres responsabilités alors que le roman s’ouvre : la perte d’une compagne, la naissance d’un fils et un combat à mener. Pour mener à bien sa conquête, il a besoin d’un apport : une technique que son peuple ne maîtrise pas mais qu’il sait trouver auprès de ceux de la Montagne, des êtres étranges qui vivent dans une Ruche.

L’histoire est carrée et fonctionne bien. On se bat, on aime, on découvre de nouveaux et nouvelles alliées. Les trahisons et les ennemis sont présents. Les rebondissements se situent au bond moment et le roman se lit de façon agréable. Les chapitres sont très courts — j’en ai même été surprise au départ mais je dois être habituée aux chapitres longs comme des boas, ce qui n’est pas forcément plus efficace, parfois.

Je dirais que ce qui fait la force de ce premier tome des Royaumes ennemis, ce sont les personnages. Je suis assez contente d’écrire cette ligne, d’ailleurs car je râle suffisamment sur les personnages laissés de côté et qui sont sans épaisseur dans bon nombre de romans en fantasy (particulièrement en fantasy Y.A, même si ce tome n’est pas du Y.A, ici — mais pourrait presque appartenir au genre).
Le peuple de la Ruche est vraiment bien trouvé, et les êtres humanoïdes qui ressemblent à des insectes sont parfaitement caractérisés ( je ne me suis pas demandée qui était qui ni emmêlée les pinceaux — ou les antennes, du coup ). Les propos qu’ils peuvent tenir au sujet des humains sont bien vus — tout cela avec humour.
Je dois aussi et surtout parler de la place des femmes dans ce livre qui est importante — et réussie. Toutes connaissent une évolution particulièrement intéressante et ne restent jamais en arrière.
Iridiane la guerrière et Lulaï la rêveuse sont deux personnages forts qui réservent de belles surprises. Et j’aurais bien applaudi durant une scène entre ces deux-là : le soutien d’une femme envers une autre, voilà qui est intéressant à lire!.

Tant que j’en suis à parler des scènes très bien faites : les conversations d’esprit à esprit, particulièrement en lien avec les magiciennes m’ont particulièrement plu ( je ne tiens pas à tout révéler non plus 😉 ). Il y a quelque chose du Bene Gesserit de Dune, un peu comme les voix des Révérendes Mères. (bonjour la Mémoire Seconde )
J’ai été un peu moins convaincue par les femmes tueuses et séductrices de Meri, même si elles suivent une logique imparable. Mais c’est un avis très personnel.
Autre petit bémol complètement lié à mon dégoût du sang : ça égorge et ça éclabousse un peu trop pour moi ( dit celle qui a lu Le Trône de Fer plusieurs fois🤨 🤣) Mais je comprends tout à fait que ce n’est pas un problème pour quelqu’un d’autre.

Je ne vais pas chercher des défauts là où il n’y en a pas. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture et je suis très contente d’avoir fait ce choix pour le Masse Critique ( merci les Editions du 38).

Pour finir, je conseille de le lire en écoutant The Hu ( on est fan ou on ne l’est pas). Je rappelle que the Hu est groupe de Mongolie qui joue une sorte de folk-metal en langue mongole et en chant diphonique (throat singing). Il y a d’ailleurs sur l’album « The Gereg » un excellent titre qui s’appelle « Song of women » , un hymne aux femmes. Ils l’ont ré-enregistré avec Lzzy Hale ( de Halestorm) qui a écrit sa propre partie en anglais.


Royaumes ennemis, tome 1 : Les magiciennes par Kaufhold

Résumé : L’hiver s’achève dans les steppes, laissant le Septentrion déchiré en deux territoires ennemis. Khazan, l’ambitieux seigneur des Tsets, est à la recherche d’une nouvelle technologie qui lui garantirait la victoire sur le chef des Araks et sa maîtresse sanguinaire. Il doit pour cela obtenir l’aide d’un peuple étrange, retiré dans les Montagnes de l’Ouest et miné par des conflits internes menaçant sa survie. Trois de ses meilleurs guerriers, dont la solaire Iridiane, le soutiennent dans sa quête. Mais d’autres dangers guettent le jeune chef de guerre, ne lui laissant aucun répit. Le jour, la reine magicienne d’un royaume pirate menace le sud de ses terres et la nuit, ses songes sont le terrain de jeu d’une jeune rêveuse boréale.

Royaumes ennemis – t. 1 Les magiciennes – Sylvie Kaufhold. Editions du 38

Royaumes ennemis, tome 1 : Les magiciennes par Kaufhold

Premières lignes — 23 mars

Premières lignes

 » Vos voisins se brûlent-ils vifs les uns les autres  » voilà comment fraa Orolo entama la conversation avec artisan Flec.
L’embarras me frappa. L’embarras est une chose que je ressens dans ma chair, comme une motte de boue chauffée au soleil s’écrasant sur ma tête.
 » Vos chamans se déplacent-ils sur des échasses ? » poursuivit fraa Orolo, en consultant une feuille, qui, à en juger par son aspect brunâtre, avait au moins cinq cents ans.

Anatèm, tome 1 par Stephenson

En commençant Anatèm, je me suis dit que je n’allais pas le terminer. Surtout qu’il s’agit du tome 1, l’oeuvre gigantesque de Neal Stephenson a été scindée en 2 tomes pour l’édition française.
Je me suis dit que je n’allais rien y comprendre. Mais, après tout, il y a longtemps, j’avais bien survécu à L’empereur-dieu de Dune (quand mes proches disaient que c’était insupportable). Et en fait, j’ai assez vite accroché, malgré les … 100 ou 200 premières pages assez raides, truffées de néologismes et de notions étranges qui sont explicitées lentement, grâce à des extraits d’un pseudo-dictionnaire. Mais, une fois ces pages franchies, j’ai été happée par l’histoire, les personnages. En fait, il se dégage de tout le livre un puissant magnétisme et je n’avais qu’une envie : en savoir plus sur ce monde qui n’est pas le nôtre mais qui pourrait l’être.

Nous suivons le jeune fraa Erasmas, une sorte de moine, dans sa concente ( plus ou moins un monastère, donc ), où vivent des fraa et des soor. Leur « religion » n’en est pas une : ils réfléchissent sur des concepts scientifiques, des idées, ils philosophent, ils étudient des théories. Les ordres sont différents : certains ont fait voeu de rester cloîtrés pour dix ans ; ce sont les dixies comme fraa Erasmas. Mais existe aussi des unitariens, des séculiers et des millénariens et eux, n’ont de contacts entre eux et avec le monde extérieur que lors des apertes (les ouvertures, donc) respectives de leurs ordres.

L’histoire est basée sur l’Histoire du monde de fraa Erasmas, Arbre (et non la Terre), un long passé riche et dense, sur la façon dont les idées ont évolué. L’intrigue, quant à elle, reste assez simple : un mystère est à résoudre. Fraa Erasmas se lance à l’aventure et embarque un groupe de personnes avec lui…
Le livre est truffé d’idées, de notions, parfois sans être vraiment utiles à l’histoire il faut le reconnaître, mais l’ensemble est splendide. Pas confortable, surtout au début, mais fascinant.

Et j’ai vraiment hâte de me lancer dans le second.

Résumé :

Fraa Erasmas est un jeune chercheur vivant dans la congrégation de Saunt-Edhar, un sanctuaire pour les mathématiciens et les philosophes.
Depuis des siècles, autour du sanctuaire, les gouvernements et les cités n’ont eu de cesse de se développer et de s’effondrer. Par le passé, la congrégation a été ravagée trois fois par la violence de conflits armés. Méfiante vis-à-vis du monde extérieur, la communauté de Saunt-Edhar ne s’ouvre au monde qu’une fois tous les dix ans. C’est lors d’une de ces courtes périodes d’échanges avec l’extérieur qu’Erasmas se trouve confronté à une énigme astronomique qui n’engage rien de moins que la survie de toutes les congrégations.
Ce mystère va l’obliger à quitter le sanctuaire pour vivre l’aventure de sa vie. Une quête qui lui permettra de découvrir Arbre, la planète sur laquelle il vit depuis toujours et dont il ignore quasiment tout.

Challenge de l’Imaginaire, évidemment !

Premières lignes – 9 mars

 Premières lignes (en retard, mais premières lignes quand même) 

« Aster retira de sa trousse deux scalpels pour les faire tremper dans une solution désinfectante. Ses doigts tremblaient à cause du froid, et elle peinait à tenir ses instruments ; ils lui échappèrent et tombèrent avec un ploc disgracieux dans l’épais liquide. dans dix minutes, elle allait amputer le pied grangréneux d’un enfant. « 

Ce premier roman de Rivers Solomon,  An Unkindness of Ghosts ( 2017) traduit en français par  Francis Guévremont  sous le titre L’Incivilité des fantômes ( Aux Forges de Vulcain ) a été remarqué et souvent salué favorablement, surtout en raison des thèmes qui y sont abordés :
la domination d’une partie de la population du vaisseau regroupée sur les « hauts ponts » sur une autre (les « bas-ponts), oppression liée à la couleur de peau ( pour résumer : la domination blanche, particulièrement celle des hommes) ; la violence et la ségrégation ; la notion de genre ; et la perception interne du handicap ( autisme Asperger ).
Le roman se déroule à bord d’un immense vaisseau spatial, une arche générationnelle, un thème bien connu en SF ( Croisière sans escale — Brian Aldiss ; Les orphelins du ciel — Robert Heinlein ;  et toutes ces représentations dans les séries TV  plus proches de nous). Le Matilda, nommé en référence au dernier bateau négrier le Clotilda à avoir accosté aux  USA, est en route depuis plus de 300 ans pour une planète qui accueillera enfin les rescapés d’une Terre mourante. Nous n’en saurons pas plus, ni des conditions de l’extinction de la Terre, ni de l’époque, ni de rien d’autre, d’ailleurs (et c’est là que ça commence à être faible mais j’y viens).
A bord, comme dans le Transperceneige, on trouve différents ponts répartis de A à Z :  une élite, sociale, politique, économique, religieuse et blanche se situe dans les « hauts ponts. Les ponts inférieurs sont occupés par ce qu’on pourrait appeler des esclaves, une population noire, exploitée, laissée sans soins médicaux, sans confort, violentée, etc…
Ponts, vaisseau, tout cela rappelle les navires négriers.
Petit aparté personnel (vous pouvez sauter le passage): je sais de quoi je parle, j’habite à Nantes, une ville dont une certaine « élite » riche et blanche a prospéré en affrétant des navires négriers. Enfant, j’ai été sensibilisée — et été horrifiée — par ce que je voyais/lisais à la section du musée qui est consacré au commerce triangulaire. Donc, les récits de torture, viols et autres atrocités commises durant cette période ne me sont pas (hélas)  inconnus. Sans oublier qu’une partie de ma famille  vient des Antilles françaises et pas de la partie des propriétaires blancs, au contraire.
Je clos la parenthèse pour dire que je n’ai rien lu de neuf, ici. Rien et surtout pas de fiction. Je ne dis pas qu’il ne faut pas l’écrire pour continuer à le dénoncer. Je dis simplement qu’il s’agit d’une transposition sans nuances et sans finesse. Même en voulant faire du « coup de poing », c’est à peine bien fait. C’est répétitif, et surtout, au bout du compte, on se demande : quel est l’intérêt pour l’intrigue ?
Mais voilà où se situe le principal défaut du livre : l’intrigue.
Je veux bien excuser de petites faiblesses si on me raconte une histoire.
Le personnage d’Aster, femme noire, rebelle, autiste, aux caractéristiques  transgenres, paria parmi les autres pourrait être intéressant. Sa recherche des origines, même si elle est un peu tirée par les cheveux, m’aurait intéressée, si l’auteur.ice ne l’avait pas laissée tomber au beau milieu du roman. Aster cherche ce qui est arrivé à sa mère, Lune, qui aurait découvert un grand secret.
Et, au final, tout retombe.
J’en ressors assez mitigée, au final.
Certains passages sont tout à fait bouleversants, d’autres carrément inutiles (et alors, j’ai décroché tellement c’était ennuyeux). Il n’y a pas assez de construction pour donner un semblant de cohérence, pas assez de SF non plus. On a l’impression d’avoir un brouillon entre les mains et non la version finale.
Bref, je me dis que ce roman n’est pas pour moi et qu’il profite sans doute mieux à d’autres. Mais, au moins, je l’aurais lu….

Résumé :
Aster est une jeune femme que son caractère bien trempé expose à l’hostilité des autres. Son monde est dur et cruel. Pourtant, elle se bat, existe, et aide autant qu’elle le peut, avec son intelligence peu commune, ceux et celles qu’elle peut aider. Mais un jour, un type la prend en grippe. Et Aster comprend qu’elle ne peut plus raser les murs, et qu’il lui faut se tenir grande. Sa rébellion est d’autant plus spectaculaire qu’elle est noire, dans un vaisseau spatial qui emmène les derniers survivants de l’humanité vers un éventuel Eden, un vaisseau où les riches blancs ont réduit en esclavage les personnes de couleur. Un premier roman qui prend pour prétexte la science-fiction pour inventer un microcosme de l’Amérique, et de tous les maux qui la hantent, tels des fantômes.

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Premières lignes – 28 février

Premières lignes après un léger break

 » Pantalaimon, le daemon de Lyra Belacqua, devenue Lyra Parle-d’Or, était alllongé sur le bord de la fenêtre de la petite chambre-bureau de Lyra au collège Sainte-Sophia, dans un état aussi éloigné que possible de la réflexion. Il avait conscience du courant d’air froid qui entrait par la fenêtre à guillotine mal ajustée, de la douce chaleur de la lampe à naphte posée sur le bureau, sous la fenêtre, du grattement du stylo de Lyra sur le papier, et de l’obscurité au-dehors. « 

Pas vraiment de suspense cette semaine : dès les premières lignes, nous savons que nous retrouvons le monde de Lyra, le personnage central de La croisée des mondes /His Darks materials. Dans ce deuxième tome de la Trilogie de la Poussière, commencé avec La Belle sauvage, une préquelle intéressante et bien menée, Lyra a vingt ans. Il s’agit donc d’évènements survenant après la première trilogie.  Il s’agit donc …d’une suite. ( et il vaut mieux avoir lu la première trilogie pour relier le tout).
Lyra est étudiante mais rien ne va comme : en effet, Pan et elle ne s’entendent plus, une chose rare entre un humain et son daemon, une chose quasiment impossible.
Mais on verra au fil du livre que cela peut arriver et que les daemons peuvent même quitter les personnes avec ils sont liés. Et là, rien ne va dans le monde de Pullman qui avait posé le fait que, dans ce monde, sans daemon, ou séparé de lui, tu meurs.
D’autres incohérences ou bizarreries, il y en a plus d’une dans ce tome.
Aura-t’on des éclaircissements avec le troisième ? J’ai envie d’espérer mais La Communauté des esprits ne m’a pas convaincue. Je l’aurais même abandonnée en cours de route si cela n’avait pas été l’histoire de Lyra, de Pan et de Malcolm aussi.
Le rythme est très inégal : il traîne sur une grande moitié du roman, se perdant en considérations qui n’apportent pas grand chose à l’histoire. Les thèmes sont abordés de façon peu subtils : la religion et le fanatisme avec une énorme caricature de l’Islam (encore ! c’est usant…) ; le manque de créativité avec l’arrivée de la rationalité surtout à l’âge adulte – comme si on ne pouvait pas concilier les deux ( c’est mal fait  et ça m’a fait bondir plus d’une fois). Ensuite, Pullman n’a pu s’empêcher d’aborder le problème des migrants : pourquoi pas ? Mais une fois de plus, c’est réalisé sans finesse aucune. Quant à la question des agressions sexuelles, on repassera : la scène de l’agression est particulièrement violente ( j’ai failli refermer le livre et pourtant… ). Tiens, je pensais que c’était un livre pour la jeunesse ? Gallimard jeunesse n’a pas trouvé judicieux de placer un petit avertissement quelque part ? . Mais le pire, c’est qu’elle est totalement gratuite ( sauf à dire : les méchants hommes orientaux, encore une fois). Le deuxième message que cela envoie, de façon étrange, n’est certainement pas désiré par l’auteur mais il est là :  quand on analyse la scène,  elle nous dit :  » pourquoi Lyra a-t’elle eu l’idée de rester dans un wagon plein de militaires alors qu’elle ne porte pas de voile ? « . Cela souligne sa stupidité et quelque part, la responsabilité  de la jeune femme  dans cette agression ( un refrain connu).  Très moyen, vraiment.
Je n’ai pas grand chose à dire après ça sauf que je n’ai pas passé un bon moment et que je trouve ce tome assez mal fait. Ce que j’ai préféré, ce sont les changements de points de vue ; particulièrement les passages avec Pan et Malcolm ( un très bon personnage, Malcolm, dont j’ai apprécié l’évolution). De nouveaux personnages rencontrés sont aussi très bien décrits et intéressants. Mais cela ne sauve pas le roman.
J’espère sincèrement que le troisième va rattraper le reste mais quand je vois la tournure que prend l’histoire, j’ai envie de dire : cette suite n’était vraiment pas utile.
Et je suis désolée d’avoir à le dire. Je suis une fan de La Croisée des Mondes (et je me régale avec la série, d’ailleurs).

La trilogie de la poussière, tome 2 : La communauté des esprits par Pullman

Résumé : Lyra a 20 ans. A Sainte-Sophia, où elle étudie, elle croise de nouveau le chemin de Malcolm, devenu enseignant. Animés par le mystère de la Poussière, ils s’aventurent au delà des frontières de l’Europe vers un désert hanté d’Asie centrale.

 

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Premières lignes – 16 février

Premières lignes

 

 » Seuls les morts ont droit à une statue, mais on m’en élevé une de mon vivant. Me voici pétrifiée avant l’heure.
cette statue constituait un modeste témoignage de reconnaissance pour mes multiples contributions, pour reprendre la citation qu’a lue Tante Vidala à haute voix. Cette tâche que nos supérieurs lui avaient confiée était loin de lui plaire. J’ai remercié Tante Vidala avec toute l’humilité que j’ai pu mobiliser, puis j’ai tiré sur la corde et dégagé le drap qui me dissimulait ; il est tombé à terre en tourbillonnant, et je me suis dressée devant tous. Ici, à Ardua Hall, nous ne pratiquons pas les acclamations , mais j’ai eu droit à quelques applaudissements discrets. j’ai incliné la tête en guise de salut. « 

35 ans après  » La servante écarlate » ( « The Handmaid’s tale » ), Margaret Atwood donne une suite qui se déroule 15 ans après la premier tome. Et si les deux romans sont différents, » La servante écarlate » étant un livre-coup de poing,  « Les testaments » reste très bon. Ici, on ne suit plus June, on en a fini avec le huis-clos et son point de vue. Cette fois, Margaret Atwood tisse habilement un récit fait de trois points de vue, véritables témoignages qui finissent par s’entrelacer quand les personnages se croisent.
Les chapitres alternent donc entre les récits de trois femmes : celle qu’on connaît — et ce, de mieux en mieux, au travers de la série et des saisons — Tante Lydia. Je crois qu’on n’aura jamais fini de s’intéresser à ce personnage qui est à la fois complexe et terrifiant. En tout cas, par la finesse psychologique que lui accord Atwood, l’importance que lui donne également la série récemment, on sent que Tante Lydia constitue un personnage-clé. Et ses parties sont parmi les plus intéressantes à lire. C’est aussi grâce à son récit, à son regard, à sa voix ( qui en appelle directement à ses futures lectrices ou potentiels lecteurs ) que nous en apprenons le plus sur ce qui s’est réellement passé à Gilead ( traduit par Galaad en français — je l’ignorais, ayant lu le premier tome en anglais ).
Les deux autres personnages, on les « connaît » si on a regardé la série. Car, si elles ne sont pas vraiment développées ( ou dois-je dire « encore »?), on sait leur parcours, leurs prénoms, leur origine. Il s’agit de Jemima Agnes, la première fille de June qui a été adoptée par l’Epouse d’un Commandant (et destinée à devenir une Epouse) et élevée dans la pure tradition des enfants de Gilead.
La dernière est Daisy, élevée au Canada, par des parents adoptifs — et dont on devine très vite la véritable identité ( en même temps, ce n’est pas si compliqué 😉 ).
Très vite, on comprend que ces trois personnages sont amenés à se rencontrer et à entrer en résistance. Car la fin de Gilead semble si proche…

Une fois de plus, Margaret Atwood m’a embarquée, comme elle l’avait fait avec des dystopies comme Le dernier homme ou MadAddam.
Un livre fort, narrativement maîtrisé ( mais Atwood, n’est-ce pas ? ), qui n’est pas qu’une suite de La servante écarlate sinon son pendant ; là où La servante… nous laissait dans l’angoisse, et gardait un ton pessimiste, Les Testaments apporte une note de combativité et, pourquoi pas, d’espoir.

Les Testaments par Atwood

Résumé : Quinze ans après les événements de La Servante écarlate, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais des signes ne trompent pas : il est en train de pourrir de l’intérieur.
À cet instant crucial, les vies de trois femmes radicalement différentes convergent, avec des conséquences potentiellement explosives. Deux d’entre elles ont grandi de part et d’autre de la frontière : l’une à Galaad, comme la fille privilégiée d’un Commandant de haut rang, et l’autre au Canada, où elle participe à des manifestations contre Galaad tout en suivant sur le petit écran les horreurs dont le régime se rend coupable. Aux voix de ces deux jeunes femmes appartenant à la première génération à avoir grandi sous cet ordre nouveau se mêle une troisième, celle d’un des bourreaux du régime, dont le pouvoir repose sur les secrets qu’elle a recueillis sans scrupules pour un usage impitoyable. Et ce sont ces secrets depuis longtemps enfouis qui vont réunir ces trois femmes, forçant chacune à s’accepter et à accepter de défendre ses convictions profondes.

Et, bien sûr, c’est une lecture qui va dans le :

 

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