Premières lignes — 29 mars

Premières lignes pour le Masse Critique Babelio (et sans traîner, je n’en reviens pas !)

« Le camp bourdonnait d’activité. Encore bien emmitouflés dans leurs manteaux en peau lainée, les enfants jouaient entre les habitations temporaires. ils imitaient leurs aînés et le bruit de leurs petites épées de bois se mêlait aux rires moqueurs des vainqueurs. Les perdants se retrouvaient à terre, dans la boue et se faisaient tirer les oreilles en regagnant leurs yourtes, moins pour leurs affaires crottées que pour les défaites qu’elles trahissaient. « 

Voilà des premières lignes parfaites qui illustrent assez bien la vie du peuple des steppes ( les Tstets ) : la guerre de conquête est leur quotidien. Leur chef, Khazan, est d’ailleurs un jeune homme qu’on imagine bien, quelques années en arrière, jouant dans le camp temporaire au milieu des yourtes avec ses futur.e.s meilleurs guerriers — et guerrières. Mais Khazan doit faire face à d’autres responsabilités alors que le roman s’ouvre : la perte d’une compagne, la naissance d’un fils et un combat à mener. Pour mener à bien sa conquête, il a besoin d’un apport : une technique que son peuple ne maîtrise pas mais qu’il sait trouver auprès de ceux de la Montagne, des êtres étranges qui vivent dans une Ruche.

L’histoire est carrée et fonctionne bien. On se bat, on aime, on découvre de nouveaux et nouvelles alliées. Les trahisons et les ennemis sont présents. Les rebondissements se situent au bond moment et le roman se lit de façon agréable. Les chapitres sont très courts — j’en ai même été surprise au départ mais je dois être habituée aux chapitres longs comme des boas, ce qui n’est pas forcément plus efficace, parfois.

Je dirais que ce qui fait la force de ce premier tome des Royaumes ennemis, ce sont les personnages. Je suis assez contente d’écrire cette ligne, d’ailleurs car je râle suffisamment sur les personnages laissés de côté et qui sont sans épaisseur dans bon nombre de romans en fantasy (particulièrement en fantasy Y.A, même si ce tome n’est pas du Y.A, ici — mais pourrait presque appartenir au genre).
Le peuple de la Ruche est vraiment bien trouvé, et les êtres humanoïdes qui ressemblent à des insectes sont parfaitement caractérisés ( je ne me suis pas demandée qui était qui ni emmêlée les pinceaux — ou les antennes, du coup ). Les propos qu’ils peuvent tenir au sujet des humains sont bien vus — tout cela avec humour.
Je dois aussi et surtout parler de la place des femmes dans ce livre qui est importante — et réussie. Toutes connaissent une évolution particulièrement intéressante et ne restent jamais en arrière.
Iridiane la guerrière et Lulaï la rêveuse sont deux personnages forts qui réservent de belles surprises. Et j’aurais bien applaudi durant une scène entre ces deux-là : le soutien d’une femme envers une autre, voilà qui est intéressant à lire!.

Tant que j’en suis à parler des scènes très bien faites : les conversations d’esprit à esprit, particulièrement en lien avec les magiciennes m’ont particulièrement plu ( je ne tiens pas à tout révéler non plus 😉 ). Il y a quelque chose du Bene Gesserit de Dune, un peu comme les voix des Révérendes Mères. (bonjour la Mémoire Seconde )
J’ai été un peu moins convaincue par les femmes tueuses et séductrices de Meri, même si elles suivent une logique imparable. Mais c’est un avis très personnel.
Autre petit bémol complètement lié à mon dégoût du sang : ça égorge et ça éclabousse un peu trop pour moi ( dit celle qui a lu Le Trône de Fer plusieurs fois🤨 🤣) Mais je comprends tout à fait que ce n’est pas un problème pour quelqu’un d’autre.

Je ne vais pas chercher des défauts là où il n’y en a pas. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture et je suis très contente d’avoir fait ce choix pour le Masse Critique ( merci les Editions du 38).

Pour finir, je conseille de le lire en écoutant The Hu ( on est fan ou on ne l’est pas). Je rappelle que the Hu est groupe de Mongolie qui joue une sorte de folk-metal en langue mongole et en chant diphonique (throat singing). Il y a d’ailleurs sur l’album « The Gereg » un excellent titre qui s’appelle « Song of women » , un hymne aux femmes. Ils l’ont ré-enregistré avec Lzzy Hale ( de Halestorm) qui a écrit sa propre partie en anglais.


Royaumes ennemis, tome 1 : Les magiciennes par Kaufhold

Résumé : L’hiver s’achève dans les steppes, laissant le Septentrion déchiré en deux territoires ennemis. Khazan, l’ambitieux seigneur des Tsets, est à la recherche d’une nouvelle technologie qui lui garantirait la victoire sur le chef des Araks et sa maîtresse sanguinaire. Il doit pour cela obtenir l’aide d’un peuple étrange, retiré dans les Montagnes de l’Ouest et miné par des conflits internes menaçant sa survie. Trois de ses meilleurs guerriers, dont la solaire Iridiane, le soutiennent dans sa quête. Mais d’autres dangers guettent le jeune chef de guerre, ne lui laissant aucun répit. Le jour, la reine magicienne d’un royaume pirate menace le sud de ses terres et la nuit, ses songes sont le terrain de jeu d’une jeune rêveuse boréale.

Royaumes ennemis – t. 1 Les magiciennes – Sylvie Kaufhold. Editions du 38

Royaumes ennemis, tome 1 : Les magiciennes par Kaufhold

Premières lignes — 23 mars

Premières lignes

 » Vos voisins se brûlent-ils vifs les uns les autres  » voilà comment fraa Orolo entama la conversation avec artisan Flec.
L’embarras me frappa. L’embarras est une chose que je ressens dans ma chair, comme une motte de boue chauffée au soleil s’écrasant sur ma tête.
 » Vos chamans se déplacent-ils sur des échasses ? » poursuivit fraa Orolo, en consultant une feuille, qui, à en juger par son aspect brunâtre, avait au moins cinq cents ans.

Anatèm, tome 1 par Stephenson

En commençant Anatèm, je me suis dit que je n’allais pas le terminer. Surtout qu’il s’agit du tome 1, l’oeuvre gigantesque de Neal Stephenson a été scindée en 2 tomes pour l’édition française.
Je me suis dit que je n’allais rien y comprendre. Mais, après tout, il y a longtemps, j’avais bien survécu à L’empereur-dieu de Dune (quand mes proches disaient que c’était insupportable). Et en fait, j’ai assez vite accroché, malgré les … 100 ou 200 premières pages assez raides, truffées de néologismes et de notions étranges qui sont explicitées lentement, grâce à des extraits d’un pseudo-dictionnaire. Mais, une fois ces pages franchies, j’ai été happée par l’histoire, les personnages. En fait, il se dégage de tout le livre un puissant magnétisme et je n’avais qu’une envie : en savoir plus sur ce monde qui n’est pas le nôtre mais qui pourrait l’être.

Nous suivons le jeune fraa Erasmas, une sorte de moine, dans sa concente ( plus ou moins un monastère, donc ), où vivent des fraa et des soor. Leur « religion » n’en est pas une : ils réfléchissent sur des concepts scientifiques, des idées, ils philosophent, ils étudient des théories. Les ordres sont différents : certains ont fait voeu de rester cloîtrés pour dix ans ; ce sont les dixies comme fraa Erasmas. Mais existe aussi des unitariens, des séculiers et des millénariens et eux, n’ont de contacts entre eux et avec le monde extérieur que lors des apertes (les ouvertures, donc) respectives de leurs ordres.

L’histoire est basée sur l’Histoire du monde de fraa Erasmas, Arbre (et non la Terre), un long passé riche et dense, sur la façon dont les idées ont évolué. L’intrigue, quant à elle, reste assez simple : un mystère est à résoudre. Fraa Erasmas se lance à l’aventure et embarque un groupe de personnes avec lui…
Le livre est truffé d’idées, de notions, parfois sans être vraiment utiles à l’histoire il faut le reconnaître, mais l’ensemble est splendide. Pas confortable, surtout au début, mais fascinant.

Et j’ai vraiment hâte de me lancer dans le second.

Résumé :

Fraa Erasmas est un jeune chercheur vivant dans la congrégation de Saunt-Edhar, un sanctuaire pour les mathématiciens et les philosophes.
Depuis des siècles, autour du sanctuaire, les gouvernements et les cités n’ont eu de cesse de se développer et de s’effondrer. Par le passé, la congrégation a été ravagée trois fois par la violence de conflits armés. Méfiante vis-à-vis du monde extérieur, la communauté de Saunt-Edhar ne s’ouvre au monde qu’une fois tous les dix ans. C’est lors d’une de ces courtes périodes d’échanges avec l’extérieur qu’Erasmas se trouve confronté à une énigme astronomique qui n’engage rien de moins que la survie de toutes les congrégations.
Ce mystère va l’obliger à quitter le sanctuaire pour vivre l’aventure de sa vie. Une quête qui lui permettra de découvrir Arbre, la planète sur laquelle il vit depuis toujours et dont il ignore quasiment tout.

Challenge de l’Imaginaire, évidemment !

Premières lignes – 9 mars

 Premières lignes (en retard, mais premières lignes quand même) 

« Aster retira de sa trousse deux scalpels pour les faire tremper dans une solution désinfectante. Ses doigts tremblaient à cause du froid, et elle peinait à tenir ses instruments ; ils lui échappèrent et tombèrent avec un ploc disgracieux dans l’épais liquide. dans dix minutes, elle allait amputer le pied grangréneux d’un enfant. « 

Ce premier roman de Rivers Solomon,  An Unkindness of Ghosts ( 2017) traduit en français par  Francis Guévremont  sous le titre L’Incivilité des fantômes ( Aux Forges de Vulcain ) a été remarqué et souvent salué favorablement, surtout en raison des thèmes qui y sont abordés :
la domination d’une partie de la population du vaisseau regroupée sur les « hauts ponts » sur une autre (les « bas-ponts), oppression liée à la couleur de peau ( pour résumer : la domination blanche, particulièrement celle des hommes) ; la violence et la ségrégation ; la notion de genre ; et la perception interne du handicap ( autisme Asperger ).
Le roman se déroule à bord d’un immense vaisseau spatial, une arche générationnelle, un thème bien connu en SF ( Croisière sans escale — Brian Aldiss ; Les orphelins du ciel — Robert Heinlein ;  et toutes ces représentations dans les séries TV  plus proches de nous). Le Matilda, nommé en référence au dernier bateau négrier le Clotilda à avoir accosté aux  USA, est en route depuis plus de 300 ans pour une planète qui accueillera enfin les rescapés d’une Terre mourante. Nous n’en saurons pas plus, ni des conditions de l’extinction de la Terre, ni de l’époque, ni de rien d’autre, d’ailleurs (et c’est là que ça commence à être faible mais j’y viens).
A bord, comme dans le Transperceneige, on trouve différents ponts répartis de A à Z :  une élite, sociale, politique, économique, religieuse et blanche se situe dans les « hauts ponts. Les ponts inférieurs sont occupés par ce qu’on pourrait appeler des esclaves, une population noire, exploitée, laissée sans soins médicaux, sans confort, violentée, etc…
Ponts, vaisseau, tout cela rappelle les navires négriers.
Petit aparté personnel (vous pouvez sauter le passage): je sais de quoi je parle, j’habite à Nantes, une ville dont une certaine « élite » riche et blanche a prospéré en affrétant des navires négriers. Enfant, j’ai été sensibilisée — et été horrifiée — par ce que je voyais/lisais à la section du musée qui est consacré au commerce triangulaire. Donc, les récits de torture, viols et autres atrocités commises durant cette période ne me sont pas (hélas)  inconnus. Sans oublier qu’une partie de ma famille  vient des Antilles françaises et pas de la partie des propriétaires blancs, au contraire.
Je clos la parenthèse pour dire que je n’ai rien lu de neuf, ici. Rien et surtout pas de fiction. Je ne dis pas qu’il ne faut pas l’écrire pour continuer à le dénoncer. Je dis simplement qu’il s’agit d’une transposition sans nuances et sans finesse. Même en voulant faire du « coup de poing », c’est à peine bien fait. C’est répétitif, et surtout, au bout du compte, on se demande : quel est l’intérêt pour l’intrigue ?
Mais voilà où se situe le principal défaut du livre : l’intrigue.
Je veux bien excuser de petites faiblesses si on me raconte une histoire.
Le personnage d’Aster, femme noire, rebelle, autiste, aux caractéristiques  transgenres, paria parmi les autres pourrait être intéressant. Sa recherche des origines, même si elle est un peu tirée par les cheveux, m’aurait intéressée, si l’auteur.ice ne l’avait pas laissée tomber au beau milieu du roman. Aster cherche ce qui est arrivé à sa mère, Lune, qui aurait découvert un grand secret.
Et, au final, tout retombe.
J’en ressors assez mitigée, au final.
Certains passages sont tout à fait bouleversants, d’autres carrément inutiles (et alors, j’ai décroché tellement c’était ennuyeux). Il n’y a pas assez de construction pour donner un semblant de cohérence, pas assez de SF non plus. On a l’impression d’avoir un brouillon entre les mains et non la version finale.
Bref, je me dis que ce roman n’est pas pour moi et qu’il profite sans doute mieux à d’autres. Mais, au moins, je l’aurais lu….

Résumé :
Aster est une jeune femme que son caractère bien trempé expose à l’hostilité des autres. Son monde est dur et cruel. Pourtant, elle se bat, existe, et aide autant qu’elle le peut, avec son intelligence peu commune, ceux et celles qu’elle peut aider. Mais un jour, un type la prend en grippe. Et Aster comprend qu’elle ne peut plus raser les murs, et qu’il lui faut se tenir grande. Sa rébellion est d’autant plus spectaculaire qu’elle est noire, dans un vaisseau spatial qui emmène les derniers survivants de l’humanité vers un éventuel Eden, un vaisseau où les riches blancs ont réduit en esclavage les personnes de couleur. Un premier roman qui prend pour prétexte la science-fiction pour inventer un microcosme de l’Amérique, et de tous les maux qui la hantent, tels des fantômes.

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Premières lignes – 28 février

Premières lignes après un léger break

 » Pantalaimon, le daemon de Lyra Belacqua, devenue Lyra Parle-d’Or, était alllongé sur le bord de la fenêtre de la petite chambre-bureau de Lyra au collège Sainte-Sophia, dans un état aussi éloigné que possible de la réflexion. Il avait conscience du courant d’air froid qui entrait par la fenêtre à guillotine mal ajustée, de la douce chaleur de la lampe à naphte posée sur le bureau, sous la fenêtre, du grattement du stylo de Lyra sur le papier, et de l’obscurité au-dehors. « 

Pas vraiment de suspense cette semaine : dès les premières lignes, nous savons que nous retrouvons le monde de Lyra, le personnage central de La croisée des mondes /His Darks materials. Dans ce deuxième tome de la Trilogie de la Poussière, commencé avec La Belle sauvage, une préquelle intéressante et bien menée, Lyra a vingt ans. Il s’agit donc d’évènements survenant après la première trilogie.  Il s’agit donc …d’une suite. ( et il vaut mieux avoir lu la première trilogie pour relier le tout).
Lyra est étudiante mais rien ne va comme : en effet, Pan et elle ne s’entendent plus, une chose rare entre un humain et son daemon, une chose quasiment impossible.
Mais on verra au fil du livre que cela peut arriver et que les daemons peuvent même quitter les personnes avec ils sont liés. Et là, rien ne va dans le monde de Pullman qui avait posé le fait que, dans ce monde, sans daemon, ou séparé de lui, tu meurs.
D’autres incohérences ou bizarreries, il y en a plus d’une dans ce tome.
Aura-t’on des éclaircissements avec le troisième ? J’ai envie d’espérer mais La Communauté des esprits ne m’a pas convaincue. Je l’aurais même abandonnée en cours de route si cela n’avait pas été l’histoire de Lyra, de Pan et de Malcolm aussi.
Le rythme est très inégal : il traîne sur une grande moitié du roman, se perdant en considérations qui n’apportent pas grand chose à l’histoire. Les thèmes sont abordés de façon peu subtils : la religion et le fanatisme avec une énorme caricature de l’Islam (encore ! c’est usant…) ; le manque de créativité avec l’arrivée de la rationalité surtout à l’âge adulte – comme si on ne pouvait pas concilier les deux ( c’est mal fait  et ça m’a fait bondir plus d’une fois). Ensuite, Pullman n’a pu s’empêcher d’aborder le problème des migrants : pourquoi pas ? Mais une fois de plus, c’est réalisé sans finesse aucune. Quant à la question des agressions sexuelles, on repassera : la scène de l’agression est particulièrement violente ( j’ai failli refermer le livre et pourtant… ). Tiens, je pensais que c’était un livre pour la jeunesse ? Gallimard jeunesse n’a pas trouvé judicieux de placer un petit avertissement quelque part ? . Mais le pire, c’est qu’elle est totalement gratuite ( sauf à dire : les méchants hommes orientaux, encore une fois). Le deuxième message que cela envoie, de façon étrange, n’est certainement pas désiré par l’auteur mais il est là :  quand on analyse la scène,  elle nous dit :  » pourquoi Lyra a-t’elle eu l’idée de rester dans un wagon plein de militaires alors qu’elle ne porte pas de voile ? « . Cela souligne sa stupidité et quelque part, la responsabilité  de la jeune femme  dans cette agression ( un refrain connu).  Très moyen, vraiment.
Je n’ai pas grand chose à dire après ça sauf que je n’ai pas passé un bon moment et que je trouve ce tome assez mal fait. Ce que j’ai préféré, ce sont les changements de points de vue ; particulièrement les passages avec Pan et Malcolm ( un très bon personnage, Malcolm, dont j’ai apprécié l’évolution). De nouveaux personnages rencontrés sont aussi très bien décrits et intéressants. Mais cela ne sauve pas le roman.
J’espère sincèrement que le troisième va rattraper le reste mais quand je vois la tournure que prend l’histoire, j’ai envie de dire : cette suite n’était vraiment pas utile.
Et je suis désolée d’avoir à le dire. Je suis une fan de La Croisée des Mondes (et je me régale avec la série, d’ailleurs).

La trilogie de la poussière, tome 2 : La communauté des esprits par Pullman

Résumé : Lyra a 20 ans. A Sainte-Sophia, où elle étudie, elle croise de nouveau le chemin de Malcolm, devenu enseignant. Animés par le mystère de la Poussière, ils s’aventurent au delà des frontières de l’Europe vers un désert hanté d’Asie centrale.

 

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Premières lignes – 16 février

Premières lignes

 

 » Seuls les morts ont droit à une statue, mais on m’en élevé une de mon vivant. Me voici pétrifiée avant l’heure.
cette statue constituait un modeste témoignage de reconnaissance pour mes multiples contributions, pour reprendre la citation qu’a lue Tante Vidala à haute voix. Cette tâche que nos supérieurs lui avaient confiée était loin de lui plaire. J’ai remercié Tante Vidala avec toute l’humilité que j’ai pu mobiliser, puis j’ai tiré sur la corde et dégagé le drap qui me dissimulait ; il est tombé à terre en tourbillonnant, et je me suis dressée devant tous. Ici, à Ardua Hall, nous ne pratiquons pas les acclamations , mais j’ai eu droit à quelques applaudissements discrets. j’ai incliné la tête en guise de salut. « 

35 ans après  » La servante écarlate » ( « The Handmaid’s tale » ), Margaret Atwood donne une suite qui se déroule 15 ans après la premier tome. Et si les deux romans sont différents, » La servante écarlate » étant un livre-coup de poing,  « Les testaments » reste très bon. Ici, on ne suit plus June, on en a fini avec le huis-clos et son point de vue. Cette fois, Margaret Atwood tisse habilement un récit fait de trois points de vue, véritables témoignages qui finissent par s’entrelacer quand les personnages se croisent.
Les chapitres alternent donc entre les récits de trois femmes : celle qu’on connaît — et ce, de mieux en mieux, au travers de la série et des saisons — Tante Lydia. Je crois qu’on n’aura jamais fini de s’intéresser à ce personnage qui est à la fois complexe et terrifiant. En tout cas, par la finesse psychologique que lui accord Atwood, l’importance que lui donne également la série récemment, on sent que Tante Lydia constitue un personnage-clé. Et ses parties sont parmi les plus intéressantes à lire. C’est aussi grâce à son récit, à son regard, à sa voix ( qui en appelle directement à ses futures lectrices ou potentiels lecteurs ) que nous en apprenons le plus sur ce qui s’est réellement passé à Gilead ( traduit par Galaad en français — je l’ignorais, ayant lu le premier tome en anglais ).
Les deux autres personnages, on les « connaît » si on a regardé la série. Car, si elles ne sont pas vraiment développées ( ou dois-je dire « encore »?), on sait leur parcours, leurs prénoms, leur origine. Il s’agit de Jemima Agnes, la première fille de June qui a été adoptée par l’Epouse d’un Commandant (et destinée à devenir une Epouse) et élevée dans la pure tradition des enfants de Gilead.
La dernière est Daisy, élevée au Canada, par des parents adoptifs — et dont on devine très vite la véritable identité ( en même temps, ce n’est pas si compliqué 😉 ).
Très vite, on comprend que ces trois personnages sont amenés à se rencontrer et à entrer en résistance. Car la fin de Gilead semble si proche…

Une fois de plus, Margaret Atwood m’a embarquée, comme elle l’avait fait avec des dystopies comme Le dernier homme ou MadAddam.
Un livre fort, narrativement maîtrisé ( mais Atwood, n’est-ce pas ? ), qui n’est pas qu’une suite de La servante écarlate sinon son pendant ; là où La servante… nous laissait dans l’angoisse, et gardait un ton pessimiste, Les Testaments apporte une note de combativité et, pourquoi pas, d’espoir.

Les Testaments par Atwood

Résumé : Quinze ans après les événements de La Servante écarlate, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais des signes ne trompent pas : il est en train de pourrir de l’intérieur.
À cet instant crucial, les vies de trois femmes radicalement différentes convergent, avec des conséquences potentiellement explosives. Deux d’entre elles ont grandi de part et d’autre de la frontière : l’une à Galaad, comme la fille privilégiée d’un Commandant de haut rang, et l’autre au Canada, où elle participe à des manifestations contre Galaad tout en suivant sur le petit écran les horreurs dont le régime se rend coupable. Aux voix de ces deux jeunes femmes appartenant à la première génération à avoir grandi sous cet ordre nouveau se mêle une troisième, celle d’un des bourreaux du régime, dont le pouvoir repose sur les secrets qu’elle a recueillis sans scrupules pour un usage impitoyable. Et ce sont ces secrets depuis longtemps enfouis qui vont réunir ces trois femmes, forçant chacune à s’accepter et à accepter de défendre ses convictions profondes.

Et, bien sûr, c’est une lecture qui va dans le :

 

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Premières lignes — 26 janvier

Premières lignes  :

 » Dans une forêt, en pleine nuit, une jeune fille chevauchait un cheval bai. La forêt n’avait pas de nom. Elle était située très loin de Moscou — très loin de tout — et l’on entendait que le silence de la neige et les bruissements des arbres gels.
Il était presque minuit, cette terrifiante heure magique, dans cette nuit que menaçaient le froid, la tempête et les profondeurs d’un ciel aveugle. Et pourtant, la jeune fille et son cheval progressaient à travers les arbres, obstinément. « 

L’année dernière, « L’ours et le rossignol » m’avait enchantée. Voilà le second tome de la série, « La fille dans la tour ». Le récit reprend là où s’était arrêtée l’histoire. La jeune fille des premières lignes est Vassia ( Vassilissa ), bien sûr, avec son cheval Soloveï ( = le rossignol, en russe, puisqu’il s’agit d’un animal magique : un rossignol transformé en cheval par le roi de l’hiver dans le premier tome). Cette fois, Vassia désire vivre sa vie et voyager, allant contre les coutumes de la Rus’ du XIVe siècle ( une époque un peu arrangée façon fantasy, quand même). Pour cela, elle va se vêtir en jeune homme. Très vite, elle va être confrontée à de nouveaux problèmes ; en effet, des bandits brûlent des villages et enlèvent des jeunes filles, causant des troubles et semant la désordre. Le grand-prince Dimitri, aidé par le propre frère de Vassia, Sacha devenu prêtre et un fameux combattant, tente d’y mettre de l’ordre.
Voilà comment Vassia retrouve son frère, très étonné de découvrir sa petite soeur, devenue une jeune femme, en habits d’homme, sur un cheval splendide.
Les soucis commencent pour Vassia… qui a également rencontré un étrange prince venu leur prêter main-forte, l’énigmatique Kassian, monté sur une magnifique jument de feu. La magie semble décidément en marche.
Une nouvelle fois, les événements du monde humain côtoient ceux du monde merveilleux. L’Ancien monde et ses esprits tente de survivre face à la montée de la foi chrétienne.
Quant à Vassia, elle essaie de défier le destin qui semble tout tracé pour elle : celui des femmes de son rang. Ce ne sera pas simple…
Les personnages secondaires sont bien développés, comme Sacha, le frère de Vassia, ou Olga, sa grande soeur. On découvre aussi la fille d’Olga, qui semble développer les mêmes dons que Vassia (celui de « voir » les esprits et les fantômes).
Avec plaisir, on assiste au développement de la relation ambigüe entre Morozko, le roi de l’hiver qui, sans surprise à ce stade de l’histoire, s’humanise et Vassia, qui devient une jeune femme. ( l’histoire d’amour est cousue de fils blancs, quand même).
Les allusions aux contes russes sont nombreuses mais jamais très développées et il faut aller chercher par soi-même qui est qui et dans quel conte. Je pense au magicien  Kochtcheï , par exemple ( (le conte de La princesse grenouille).
La nouvelle venue, Polounotchnitsa, la dame de minuit, est une référence à la mythologie slave d’avant l »évangélisation. Il existe plusieurs royaumes ou cieux, dont celui des zorias ( ou zarias ou zaryas), des déesses, gardiennes qui veillent à la succession des jours et des nuits. On parle parfois de deux, trois ou même quatre zorias, dont la fameuse Zorya Polunochnaya, la déesse de la nuit ou de minuit.
Dans le roman, cette dame est un peu différente, mais je n’en dis pas plus…

Pour conclure, j’ai trouvé que le rythme était un peu inégal sur l’ensemble même si toute la partie qui se déroule à Moscou est particulièrement haletante. Le début, par contre, traîne un peu en longueur puisque l’effet de nouveauté et découverte ne fonctionne plus par rapport au premier roman.
A nouveau, le roman se conclue par un épisode marquant mais qui appelle une suite… que j’ai lue dans la foulée. ( et qui est, à mon avis, meilleure ).

 

La Fille dans la Tour (trilogie Winternight 2)-  Katherine Arden

La Fille dans la tour par Arden

Résumé : La cour du grand-prince, à Moscou, est gangrenée par les luttes de pouvoir. Mais pendant ce temps, dans les campagnes, des bandits inconnus et invisibles incendient les villages, tuent les paysans et kidnappent les fillettes. Le prince Dimitri Ivanovitch n’a donc d’autre choix que de partir à leur recherche s’il ne veut pas que son peuple finisse par se rebeller. En chemin, sa troupe croise un mystérieux jeune homme chevauchant un cheval digne d’un empereur. Le seul à reconnaître le garçon est un prêtre, Sacha. Et il ne peut révéler ce qu’il sait : le cavalier n’est autre que sa plus jeune soeur, qu’il a quittée des années plus tôt, alors qu’elle n’était encore qu’une fillette, Vassia.

 

Premières lignes – 10 janvier

Mais oui, ce sont les premières lignes de 2021 !

« Parvenu au sommet de la pente herbeuse, le cerf géant brama. Puis il inclina la tête vers le sol pour permettre à sa cavalière, alourdie par la maternité, de glisser de son dos en s’accrochant aux bois de sa ramure immense.
Kerridwen esquissa quelques pas, ses mains soutenant sa cambrure. Sous le drapé de lin tissé, ses pauvres reins la lançaient. Qu’importait la monture : chevaucher si près du terme s’avérait source de douleur. « 

C’est dans la mythologie celte que ce roman nous plonge avec Kerridwen (l’un des aspects de la déesse-mère, pour résumer). Cette femme, une grande sorcière, nous dit le mythe, habite une île avec son époux (une résurgence de l’ancien dieu cornu Cernunnos) et a plusieurs enfants  (deux ou trois selon les versions ) :  une fille très belle, Creirwy  qui veut dire « le joyau », un fils, très laid, Morvran « le corbeau de mer ». 
Et enfin, un troisième, enfant,  un autre garçon, plus horrible encore que Morvran nommé Affang Du (« le castor noir » ou le « monstre noir »), aussi bête et méchant que laid.  Kerridwen décide alors de préparer pour Affang Du une potion magique qui devrait lui donner  la beauté de l’esprit à défaut de celle du corps, une potion pleine de connaissance. Comme elle est sorcière, elle  rassemble les herbes appropriées, les jette dans son chaudron,  saison après saison. Mais le  chaudron doit bouillir sans interruption durant un an et un jour  pour que la potion fonctionne et Kerridwenn ne peut pas  le surveiller jour et nuit. Elle en confie donc  la garde à deux personnages mystérieux : l’aveugle Morda et l’enfant Gwyon.  Tout se passe bien. Mais quelques jours avant la fin du délai de un an et un jour, trois gouttes de la mixture viennent  brûler le doigt de Gwyon. Pour apaiser la douleur, celui-ci porte le doigt à sa bouche.  Le voilà investi de toute la magie du chaudron ! Il a absorbé la connaissance destinée à Affang Du.
Or,  à part ces  trois gouttes, le chaudron ne contient rien d’autre que du poison (ah, oui, c’est dommage).
Une fois que ces trois gouttes sont bues, l’action du poison fait exploser le chaudron qui est brisé.  A présent, Gwyon est clairvoyant. Kerridwen, furieuse de la perte de son travail et du tort fait à Affang Du, va le poursuivre de sa rancune. Gwyon décampe au plus vite. Elle le suit.
La légende décrit alors une succession de quatre couples de métamorphoses, comme souvent,  chaque couple évoquant une saison. Gwyon devient lièvre, elle se change en lévrier. Il se transforme en poisson, elle prend la forme d’une loutre. Alors, Gwyon devient oiseau, et Kerridwenn se transforme en un faucon. Finalement, Gwyon se change en grain de blé,  caché dans un tas de grains de blé ordinaires. Kerridwenn, elle, prend  l’apparence d’une poule puis picore tout le grain, avalant Gwyon en même temps. Alors, le grain-Gwyon la féconde. Neuf mois plus tard, Kerridwen met au monde un enfant.
C’est un enfant sans père et elle ne peut se résoudre à le tuer, comme elle aurait dû car il est très beau : elle l’abandonne à l’océan. L’enfant est recueilli par un roi qui s’émerveille de sa beauté, le baptise Taliésin (Front Brillant) et l’élève à sa cour. Taliésin devient l’un des bardes sacrés du Pays de Galles.

On retrouve ce conte dans  Les Quatre branches du Mabinogi et autres contes gallois, (traduit, présenté et annoté par Pierre-Yves Lambert, Gallimard l’aube des peuples, Paris, 1993), un ouvrage que je conseille à toutes les personnes qui apprécient les légendes celtes. C’est aussi cette mythologie qui a inspiré le roman de Nathalie Dau, Le chaudron brisé. On y suit à la fois l’histoire des divinités, Kerridwenn et Kernunnnos, dans un temps hors du temps et, en parallèle, on découvre ce qui arrive à la lignée du couple, dans une série de chapitres assez courts (peut-être un peu trop, d’ailleurs). Les deux pans de la l’histoire (le couple de divinités et les « descendants ») vont finir par se rejoindre de manière plutôt habile. La construction est bien faite, la narration est agréable. C’est un roman court, bien écrit, agréable à lire, sans doute un peu bref. Mais, après, je ne pense pas qu’il y avait non plus matière, sur cette intrigue à développer énormément…. Un roman plaisant, avec une poésie certaine par moments.
A lire, donc, si vous aimez les légendes.

Le chaudron brisé par Dau

Nathalie Dau

100 pages
Éditeur : LES MOUTONS ELECTRIQUES (01/02/2018)

Et ce sera mon premier roman pour le challenge de l’Imaginaire 2021.

Premières lignes :Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les lectures de Val
• Le petit monde d’Elo

Challenge de l’imaginaire -2021

Salut 2020, hello 2021 !

En 2020  ( l’année dernière, donc ), j’ai réussi à boucler ce challenge organisé par et chez Ma Lecturothèque.
Je recommence cette année.
Je rappelle que le but du  challenge est de : (je cite)

 de lire et de chroniquer des ouvrages appartenant à la littérature de l’Imaginaire, à savoir :
– la Science-Fiction
– la Fantasy
– le Fantastique
(avec leurs sous-genres comme la dystopie, la bit-lit etc.).

Les ouvrages peuvent être des romans, des nouvelles (anthologies complètes), des essais, des mangas, des bandes dessinées, des comics (super-héros ou non, tant que ça reste dans le domaine de l’Imaginaire), des magazines spécialisés comme Bifrost qui propose un contenu textuel (par exemple je ne tiendrai pas compte de Neverland qui est plus un magazine de promotion des titres de l’éditeur Bragelonne)…, le tout en format papier ou numérique.

Démarrage du challenge : 1er janvier 2021
Fin du challenge : 31 décembre 2021
Fin des inscriptions : 1er avril 2021

( tous les détails )

Pour ma part, je ne sais pas ce qui nous attend en 2021 mais l’année dernière, j’ai parfois eu du mal à lire autant que je le voulais. J’y vais donc tranquillement, pour l’instant, toujours en catégorie A ( je réviserais peut-être le nombre de livres à lire en cours de route mais je veux me laisser du temps ). En 2020, j’ai lu pas mal de mangas en lien avec le thème ; un coup de chance, en fait. J’ai déjà un peu entamé le challenge mais je n’ai absolument pas eu le temps d’écrire les chroniques pour le moment. 2021, ça commence… étrangement.
Ah, les bannières sont à nouveau superbes !

Mes lectures pour le challenge 2021

  1. Le chaudron brisé – Nathalie Dau 
  2. La fille dans la tour – Katherine Arden 
  3. L’hiver de la sorcière – Katherine Arden 
  4. Les testaments – Margaret Atwood 
  5. La communauté des esprits – Philip Pullman 
  6. L’incivilité des fantômes – Rivers Solomon 
  7. Anatèm – Neal Stephenson
  8. Royaume ennemis – T. 1 : Les Magiciennes – Sylvie Kaufhold
  9. Le chant des cavalières – Jeanne Mariem Corrèze 
  10. Derniers jours d’un monde oublié – Chris Vuklisevic
  11. Dissimulation – Alex Verus T. 6 – Benedict Jacka 
  12. Les brigades du Steam – Etienne Barillier – Cécile Duquenne 
  13. Frère Wulf – T.1 – L’enlèvement de l’Epouvanteur – Joseph Delaney
  14. Mon amie Adèle — Sarah Pinborough
  15. L’agence Lovecraft T.1 — Jean-Luc Marcastel 
  16. L’aigle impitoyable — Merciful Crows T.2 — Margaret Owen 
  17. Magic Charly T.2 — Audrey Alwett 
  18. Les Maîtres enlumineurs – T.1 — Robert Jackson Bennett 
  19. La Nuit du faune – Romain Lucazeau 
  20. Les Voleurs de fumée – T.1 – Sally Green 
  21. Fondation – T.1 – Isaac Asimov 
  22. Fondation et empire (t.2) – Isaac Asimov 
  23. Widjigo – Estelle Faye 
  24. Friday Black – Nana Kwame Adjei Brenyah 
  25. Seconde Fondation (T.3) – Isaac Asimov 
  26. Le Jardin de Suldrun – Jack Vance 
  27. Les portes perdues — Seanan McGuire

La lanterne de Nyx (T.1 et 2) — Kan Takahama

 

Cela fait plusieurs semaine que j’ai envie de parler de ce manga. C’est le moment !

La Lanterne de Nyx – Tome 01

Résumé : 1878, Nagasaki. Poussée par sa tante, Miyo franchit la porte d’un magasin d’importation pour y postuler. Très peu qualifiée, mais capable de deviner à qui appartenait ou sera destiné un objet, elle est recrutée contre toute attente par l’étonnant patron, Momotoshi. Sous la houlette de ce dernier et de Ganji, son homme à tout faire, la jeune fille apprend l’alphabet et découvre les merveilleuses marchandises venues d’Occident que les notables s’arrachent. Un monde inconnu et combien fascinant s’ouvre à elle.

Lanterne de nyx visual 1

La Lanterne de Nyx est un manga au style très doux, très BD occidentale, en fait.
Miyo, le personnage principal, est une très jeune femme qui va peu à peu prendre ses marques et s’affirmer.
Les deux autres personnages, Momo, propriétaire de la boutique où Miyo va travailler et Gandji, sont aussi des excentriques. Ils ont des secrets que nous allons peu à peu découvrir. La rencontre du Japon et de l’Occident (la France en particulier) est plutôt intéressante et bien menée. D’autres personnages secondaires vont intervenir, avec des histoires qui ne sont jamais négligées.
La dimension fantastique tient surtout au don extraordinaire de Miyo qui peut « lire » les objets et deviner qui sera leur destinataire ( ou d’autres détails). Bonjour la Passe-Miroir ! 😉
De nombreuses références à Alice au Pays des Merveilles émaillent le manga et sont tout à fait bien trouvées. En quelque sorte, Miyo passe par le trou du lapin d’Alice quand elle entre dans la boutique de Momo. Elle y découvre un autre monde, très différent de celui auquel elle était habitué jusqu’alors.
Les objets et les oeuvres d’art, tout est très documenté. Il y a là un travail de recherche excellent.
C’est un beau voyage dans le passé et une belle histoire, aussi.
Vraiment, j’ai fait une belle découverte avec ce manga. Et j’ai hâte de lire les autres tomes.

Lanterne de nyx visual 2

 

Lanterne de Nyx (la) Vol.1

Lanterne de Nyx (la) Vol.2

 

Takahama, Kan

03/2019 (Parution le 06/03/2019)

Glénat

En raison de son aspect merveilleux, du « pouvoir » de Miyo, je le classe dans le challenge de l’Imaginaire.

Premières lignes – 27 décembre

 

Premières lignes et dernières de 2020

« Crafty s’arrêta, la bouche sèche, la peur au ventre : des pattes griffues avaient laissé dans la neige blanche des empreintes écarlates.
s’efforçant de maîtriser sa peur, le garçon s’avança jusqu’à la tombe — une stèle entourée d’arbres dénudés. Il n’y avait pas de vent ; pourtant, les branches oscillaient vaguement, agitées d’une vie propre.
La terre noire avait été remuée. Pas de doute : c’était bien le logis de la sorcière morte, son refuge secret. C’était là qu’elle venait dormir quand elle était repue.
Son nom était gravé sur la pierre tombale :
Vieille Nell »

C’est d’une suite dont je vais parler, d’un deuxième tome, plus précisément, un roman que j’attendais avec pas mal d’impatience. ( vous trouverez ma chronique enthousiaste du premier tome ici)
Que dois-je dire ? Que Joseph Delaney répète ce qu’il a déjà commis pendant le cycle de l’Epouvanteur ? Des tomes inégaux, faisant passer les lecteurs et les lectrices par des ascenseurs émotionnels assez désagréables ? C’est, du moins, ce que j’en ai conclu en refermant ce deuxième opus de la série Aberrations : L’avertissement de la sorcière.
On retrouve notre personnage principal, le jeune Colin, dit Crafty (parce qu’il est futé), son collègue et ami Lucky et Click. Les trois compagnons sont à nouveau face à la menace du Shole qui progresse de plus en plus rapidement. Crafty est en proie à des cauchemars…. ou plutôt à des avertissements ( le titre le dit, n’est-ce pas ? cela provient de la sorcière, la vieille Nell qui a été pendue lors du premier tome ).
Cette fois, tout est encore plus sombre, si c’est possible : l’angoisse s’amplifie. Mais finalement, on perd pas mal de temps en résumé des événements précédents ( c’est bien quand on a un peu oublié le tome 1 mais ça casse le rythme). Ensuite, les rebondissements ont tendance à être un peu répétitifs : une rencontre avec une aberration, un combat, des blessés, une solution ; une nouvelle rencontre, etc… La solution est généralement apportée par l’amie de Crafty, l’aberration qui n’obéit pas aveuglément aux ordres du shole : Bertha. C’est peut-être la seule nouveauté : on apprend que le shole est une sorte d’entité et non un simple brouillard apportant son lot de monstres. Et donc, le shole est lui-même « vivant ».
L’univers reste intéressant mais me semble légèrement sous-exploité.

Un deuxième tome un peu en demi-teinte. J’espère seulement que la suite sera plus concluante et que, surtout, la série ne s’éternisera pas ( non, pas dix ou quinze tomes encore !).

Résumé : Le combat de Crafty et de ses amis ne fait que commencer. Le Shole avance inéluctablement, et le château de Lancaster dans lequel ils se sont réfugiés est sur le point d’être englouti. Des aberrations terrifiantes se montrent de plus en plus souvent, et certaines semblent même pouvoir s’aventurer hors du brouillard. Pire, les créatures semblent toujours savoir où frapper…
Alors, quand une vieille ennemie apparaît dans les cauchemars de Crafty pour l’avertir des dangers à venir, le garçon ne sait plus à qui se fier. Troublé, il doit se préparer au pire, car le temps presse, et les monstres approchent…

Aberrations – tome 2 – L’avertissement de la sorcière 
Joseph Delaney – Bayard

Un roman qui vient s’ajouter à mon challenge de l’Imaginaire, bien sûr (et je ne sais plus où j’en suis, je suis pitoyable dans mes comptes !)

 

 

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

 

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Lady Butterfly & Co
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Claire Stories 1, 2, 3
• Tales of Something
• Read For Dreaming
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