Les dossiers de la pop : Lucifer

Issu de l’univers du comics pensé par Neil Gaiman, Lucifer Samael Morningtar (l’étoile du matin) est devenu le personnage principal d’une série TV bien connue habilement nommée …. « Lucifer » (pourquoi faire compliqué ?).
Si le Lucifer de la série s’inspire de celui du comics, c’est très librement (en gros : de loin, par temps de brouillard).

Lucifer, donc,   c’est une série créée par Tom Kapinos, adaptée du personnage de bandes dessinées créé par Neil GaimanSam Kieth et Mike Dringenberg,  chez Vertigo DC Comics —  adaptée du comics de Mike Carey, lui-même dérivé du Sandman de Neil Gaiman.

Lucifer16.jpg

Lucifer Morningstar, le personnage principal, est interprété par Tom Ellis. Lucifer est donc  l’ ange déchu, – jusque là, on suit –  qui, lassé de devoir garder l’Enfer,  décide d’aller s’installer parmi les humains, et pourquoi pas,  à Los Angeles (ah, ah, la ville des Anges, ce clin d’oeil ! ).
Là, il devient  propriétaire d’une boîte de nuit appelée  Le Lux  (Lucifer/Lux, tout est une question de lumière, et ça vient tout droit du comics).
Que fait-il ? Bah, il mène une jolie vie de débauche, parce qu’il est le diable, quand même. Et puis, il a entraîné avec lui dans sa sortie des Enfers, la démoniaque Mazikeen (raccourcie en Maze, dans la série mais beaucoup plus développée que dans la BD), excellement jouée par Lesley-Ann Brandt. 

Mazikeen.jpgLucifer saison 5: Maze très "vulnérable" dans la nouvelle saison !
Quoi d’autre ?  Lucifer a un certain  don, bien pratique : il peut contraindre les gens à révéler leurs désirs les plus profonds. Et le diable va être très persuasif  — surtout quand il se nomme Tom Ellis et qu’il a l’accent anglais, à mon avis, démonstration en vidéo :

Ceci posé, un jour,  Lucifer assiste au meurtre d’une chanteuse devant son club. Il décide donc d’aller à la recherche du coupable et croise une policière nommée Chloe Decker ( un personnage peu convaincant, souvent trop mièvre, parfois même larmoyant, joué par Lauren German ) qui résiste à son don. C’est très étrange et le diable est intrigué. Il arrive à faire équipe avec elle au sein de la police  — et ça, c’est totalement tiré par les cheveux, comme beaucoup d’éléments de cette série mais on va dire que cela fait partie du charme de ce show… jusqu’à un certain point.
Donc, alors que Lucifer Morningstar et Chloé Decker font équipe pour trouver le meurtrier, voilà que Dieu lui-même envoie un ange  sur Terre, son fils préféré (ou presque), le plus sage, du moins. Amenadiel ( joué par un D.B Woodside très en forme, très agréable ) doit convaincre Lucifer de revenir prendre sa place aux Enfers.

Parce que, enfin, qu’est-ce que c’est que ce bazar ? Le diable ne travaille plus ?
Et non ! Le diable joue les enquêteurs. Il est même de plus en plus intégré à l’équipe qu’on va apprendre à découvrir, avec l’ex-mari de Chloé, Daniel (Kevin Alejandro, qui en fait des tonnes, mais apporte la touche comique, surtout dans les premières saisons – et ça fonctionne), l’experte en médecine légale, Ella Lopez (Aimée Garcia, une autre touche comique en zébulon sautillant, hélas de plus en plus énervante au fil des saisons, jusqu’à en devenir insupportable vers les saisons 5 et 6). On suit aussi les déboires de Lucifer qui finit sur le divan de la psy, la très compétente Dr. Linda Martin (excellente Rachael Harris, qu’on ne voit sans doute plus assez vers les dernières saisons).
D’autres personnages célestes viendront jouer les trouble-fêtes dans la vie terrestre de Lucifer, démontrant qu’il est difficile de jouer au bon petit diable tranquille, à commencer par une certaine déesse de la Création, jouée par Tricia Helfer , la maman de Lucifer. Et là aussi, l’histoire est capillotractée, mais c’est Lucifer, on aime ça.
On va également trouver Caïn, un type complexe, Eve, une personnalité extravertie. Le personnage d’Eve, abordé dans la saison 4 (Inbar Lavi) sera développé plus longuement en saison 6. D’autres anges passeront, aussi. Et même le patron, je veux dire : le père de Lucifer, provoquant une réunion familiale houleuse.

Et donc ? Cette série ?

Lucifer, un gentil petit diable

La série, débutée en 2016,  aurait dû être annulée en 2018, après 3 saisons. Tollé général sur les réseaux sociaux… Donc, Netflix a repris le flambeau pour la quatrième saison.
Et, si vous voulez mon avis, Lucifer aurait très bien pu s’arrêter là. Cette quatrième saison n’était déjà pas géniale mais pouvait conclure la série, si elle avait été bien écrite, ce qui n’est pas réellement le cas, après l’avoir revue… Les saisons 5 et 6 sont des échecs pitoyables, une suite de plantages lamentables. Il y a des idées mais les scénaristes ont tout fait pour rallonger la sauce. Le pire étant la deuxième partie de la saison 5 et cette inutile saison 6 où, pour remplir le vide, on fait chanter pas (pas toujours de façon réussie), danser (hum, hum), où on place les personnages dans un dessin animé (moche et mal dessiné et, disons-le, carrément inutile), tout ça dans un fil dégoulinant de soi-disant bons sentiments qui ne sonnent pas sincères. En fait, on y trouve tous les ressorts utilisés dans les telenovelas d’Amérique latine, mais en moins bien faits : le jumeau (si possible maléfique), l’enfant caché, le personnage qui meurt, le voyage dans le temps… Je crois, mais je peux me tromper, qu’on n’a pas eu le personnage qui souffre d’amnésie. Bouh, quel gâchis. Comme je ne veux quand même pas divulgâcher, comme on ne dit pas en français puisqu’on parle franglais (spoiler), je ne parlerai pas de l’intrigue qui peut être intéressante (même si assez simple).

Lucifer, de toute façon, ce n’est pas la série où tu te tortures le cerveau. Les enquêtes sont une parodie d’investigation. La (les) romance(s) est(sont) mignonne(s), pas exceptionnelle(s), non plus.  L’histoire principale n’est pas compliquée. Non, je pense plutôt qu’on suit la série pour : les personnages qui sont sympas, bien construits, parfois plus complexes qu’on ne le pense et  amusants pour certains.  Ah, bien sûr,  certaines personnes vont ajouter  sexy, aussi. C’est vrai que beaucoup sont charmants et il y a le choix. Je crois que le fait d’avoir fait tourner Tom Ellis en petite tenue dans un bon nombre de scènes a dû ajouter au succès de la série… Un peu comme Henry Cavill dans The Witcher, quoi (le sorceleur prend son bain, etc, etc…).
Il y a également un bon côté décalé parfois qui, sans être trop poussé, est attractif. Les dialogues sont en général bien faits. Mais il faut l’admettre, non, ce n’est pas la série du siècle non plus.
C’est un peu le refuge qui fait qu’on passe un bon moment, sans trop se prendre la tête. Et bien sûr, il faut des séries comme ça. Après, je trouve dommage d’avoir noyé les dernières saisons sous des aspects à la fois dramatiques et larmoyants en se prenant trop au sérieux. Lucifer ne fonctionne pas ainsi. Tout fonctionne plutôt sur le quiproquo : « Oh, vous êtes vraiment diabolique, vous ! » (Lucifer, sans rire) : « Mais je le suis ! » (etc, etc…). Le décalage du début est le principal intérêt de la série, avec une façon légère d’aborder des aspects plus graves sans en rajouter trois louches (au pif : garder le contact avec son ex ; grandir dans une famille dysfonctionnelle ; aimer une personne du même sexe, etc…). Le registre du drame et du premier degré est vraiment à côté de la plaque et c’est aussi ce qui pêche dans les dernières saisons, avec des séances musicales plus ou moins réussies.

Comme j’ai regardé Lucifer depuis le début, dès que la série a été disponible, j’avais quand même envie de la terminer (un peu en m’arrachant les cheveux, j’avoue). Pour moi, les premières saisons valent le coup, les dernières, je passe mon tour.
Lucifer reste une série agréable à regarder.  Il y a de très bons moments, des personnages vraiment bien écrits, des dialogues pleins d’humour.

Description de cette image, également commentée ci-après

Et pour revenir à l’univers de Gaiman, la série The Sandman est annoncée – et j’ai hâte de savoir ce que ça va donner.

 

Le printemps de l’art – 3

Voici un artiste qui s’est tourné vers le mashup pictural. Xavier Marabout mélange des univers artistiques souvent éloignés  (mouvement artistique baptisé Strip Art). Hergé/Hopper ou Tex Avery/Picasso, par exemple !

 

 

 

 

Série super héros/Art nouveau : 

 

 

 

 

 

Et d’autres ….

Candy déjeune sur l’herbe

Manga Olympia

 

 

Les dossiers de la pop : The Walking Dead

 

Voilà un article en lien avec le thème de la pop culture. Mes autres articles sur la pop sont rassemblés sous la thématique « T’as pas vu ma pop » sur ce blog.

 

C’est au moment où les fans de la première heure ont commencé à déserter la série que j’ai commencé à sérieusement m’y intéresser. Alors que la série TV s’éloigne considérablement de l’histoire initiale ( une refrain déjà connu et vu chez …. Game of Thrones, par ex. ), voilà un  article sur l’une des séries les plus marquantes de ces dernières années : The Walking Dead.
 Mon but n’est pas de spoiler mais je peux le faire puisque je parle de manière générale. Si vous avez envie de découvrir la série ou de la reprendre

 

Résumé rapide

« En 2003, Robert Kirkman s’ attelle avec Tony Moore au dessin à un nouveau projet de série : The Walking Dead. Il s’agit de l’histoire d’une communauté de survivants dans des États-Unis infestés par les zombies.  Au départ, le projet est fraîchement accueilli par les dirigeants d’Image Comics. Mais, année après année, ses ventes aux États-Unis augmentent régulièrement. En 2010, c’est même l’un des romans graphiques les plus vendus aux États-Unis. Un succès qui doit notamment à l’adaptation de la bande dessinée en série télévisée. »

Tout commence ainsi :
« T
he Walking Dead se déroule dans un monde envahi par les morts-vivants. L’origine du phénomène demeure inconnue. Rick Grimes, shérif adjoint, se réveille à l’hôpital après un long coma de plusieurs mois. Il découvre grâce à Morgan Jones que la population entière a été ravagée par une épidémie d’origine inconnue, qui est envahie par les morts-vivants. Parti sur les traces de sa femme Lori et de son fils Carl, Rick arrive à Atlanta où, avec un groupe de rescapés, il va devoir apprendre à survivre et à tuer tout en cherchant une solution ou un remède. »(source)

Le zombie est tout neuf et il a faim

C’est ce qui frappe dans les épisodes des saisons 1, 2 et même 3. Les zombies, rapidement appelés   » rôdeurs « (walkers) sont particulièrement actifs. Ils ont un aspect « frais »  et si cela semble un brin dégoûtant, c’est une réalité qui colle bien avec le déroulement de l’histoire : l’épidémie vient juste de frapper et les morts qui marchent sont de  » jeunes morts. L’évolution est visible au fil des saisons : leur aspect se détériore de plus en plus et pour les plus anciens, ils sont de plus en plus lents. Mais de plus en plus nombreux…


Les épisodes des premières saisons sont marqués par des scènes de cannibalisme, des moments bien gore qui peuvent s’expliquer par la faim des rôdeurs. De même que le nouveau vampire a un besoin impérieux de sang (cf. Anne Rice, Stephenie Meyer, Deborah Harkness), le zombie nouveau a la dalle et il a besoin de chair fraîche – et si possible humaine! Comme il cherche à tout prix à se nourrir, on voit des morts vivants s’en prendre aussi aux animaux – ce qui donne lieu à ce type de dialogue :   » Ce gros dégueulasse s’est fait une marmotte pour le déjeuner » (Daryl, en vérifiant le contenu de l’estomac d’un rôdeur). Si les rôdeurs ont faim, le spectateur, lui, beaucoup moins…

Les personnages attaqués par les rôdeurs dans les saisons 1 et 2 connaissent des morts violentes et peu ragoûtantes. Par la suite, ils seront préparés et combatifs, jusuqu’à devenir de véritables guerriers, pour certains, et sauront d’autant mieux se défendre.

La confusion: K.O dès le départ

L’apocalypse, à défaut du ciel,  est tombée sur la tête des personnages de The Walking Dead. Ils ne s’y attendaient pas. Tout est question de soudaineté. Et les personnages sont sonnés, en état de choc pour beaucoup d’entre eux. Ils fuient un monde qui n’a plus ni queue ni tête. Ceux qui ont pu survivre tentent de se rassembler mais peu d’entre eux sont prêts pour la survie. Ils ne savent pas se battre, ni prendre des décisions radicales.

Ce qui ressemble à un campement familial dans la première saison va vite changer d’atmosphère.
Ils s’aperçoivent alors que, pour survivre, il va leur falloir apprendre à vivre en groupe et changer leurs propres codes.

On le voit dès les deux premières saisons: rester isolé et survivre n’est pas donner à tout le monde. Seuls quelques uns ont l’expérience pour le faire (Daryl; Michonne, par ex.).



(Michonne)

Pour les autres, se retrouver seuls équivaut au suicide. De là naît l’importance du groupe, qui va se développer dans les saisons suivantes, de la famille au sens élargi du terme. Sans structure, les humains deviennent fragiles, désespérés, à la merci des rôdeurs et d’autres monstres qui sont eux aussi des humains.

Car les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Et c’est bien là le thème récurrent de la série (et de la BD) : les rôdeurs ne sont pas les pires monstres. La monstruosité est dans l’humanité.
Les personnalités violentes trouvent leur place dans ce nouveau désordre du monde. On voit  Merle Dixon, le grand frère de Daryl,  s’épanouir. Shane Walsh, le partenaire de Rick, n’hésite pas à tuer pour aboutir à ses fins.
Au fil des saisons, on tombe régulièrement sur des caractères psychopathes ou aussi tordus ; le Gouverneur, personnalité sadique et ambigü et bien sûr, Negan , l’un des meilleurs méchants de l’histoire des séries (un dossier très intéressant sur les Méchants de The Walking Dead). 

Le gouverneur

 

Où est notre humanité ? Où va notre civilisation ?

C’est à peu près le propos de Dale quand le groupe doit prendre une décision extrême face à un prisonnier: s’en débarrasser ou le laisser vivre.
Dale fait un réquisitoire émouvant en faveur de l’humanité à défendre, sur le fait de ne pas tomber dans la barbarie qui serait la fin de la civilisation

« [Andrea asks Dale how does he know they’re civilized people anymore]
Dale Horvath: You’re a civil rights lawyer. You fight with words, the power of ideas. Using a-a gun, that’s his way.
Andrea Harrison: You really want to debate about saving a guy who will lead his buddies right to our door?
Dale Horvath: That’s what a civilized society does.
Andrea Harrison: Who says we’re civilized anymore?  »

Dale Horvath: The world we knew is gone, but keeping our humanity? That’s a choice.

(source)

 

Survivre aux dépens de la civilisation ? Au risque de se perdre soi-même ?
On a vu que les codes changeaient dans des conditions extrêmes.
Certains vont devoir puiser en eux-mêmes (Carol, Maggie, Glenn, par ex.) ou faire appel à leur côté obscur (Rick – et au fil des saisons, de plus en plus obscur).



Rick Grimes 

 

C’est ce qui va opposer les adeptes de ce nouveau mode de (sur-)vie aux résistants pro-humanistes (Hershel Greene, profondément croyant, souhaite soigner les morts qui marchent, par ex.).

Mais au final, qui est civilisé, qui est le barbare ?
Imposer sa loi pour le plus grand Bien n’est-ce pas frôler la dictature ? 
Voilà ce que Rick déclare à son groupe :

Rick GrimesMaybe you people are better off without me. Go ahead. I say there’s a place for us, but maybe… maybe it’s just another pipe dream. Maybe… maybe I’m fooling myself again. Why don’t you… Why don’t you go and find out yourself ? Send me a postcard ! .Go on, there’s the door. You can do better ? Let’s see how far you get.

 [the group remains silent] No takers? Fine. But get one thing straight… you’re staying. This isn’t a democracy anymore.

 

Croire ou ne pas croire

[Carol tries to tell Carl that they’ll see Sophia again in Heaven]

Carol Peletier: You know, we’ll see Sophia again in heaven some day. She’s in a better place.
Carl Grimes: No, she’s not. Heaven is just another lie, and if you believe it, you’re an idiot.

La foi et, bien sûr, la religion, a une place importante dans tout ce qu’écrit Robert Kirkman. J’en prends pour exemple la série Outcast (comics aussi adapté en série). On n’y parle plus de zombies, mais de possession démoniaque. Exorcisme, religion, croire ou ne pas croire, rédemption, voilà des thèmes qui semblent hanter Kirkman.

 

Outcast is similar to The Walking Dead in that it is, as you’ve said, a dramatic take on a horror concept. What other similarities would you say the two comics share?

I think that both of them strive to be very real examinations of a very fantastical and unreal kind of situation. Although I would argue that demonic possession is certainly something that there’s evidence to support the possibility that it could be a real phenomenon — much more so than zombies. I think zombies are probably definitely never going to happen (Laughs). I think people may wish that they would. But they’re both stories about very real people against these horrific backdrops. That’s something that I really enjoy doing. (source)

 

Ainsi, dans the Walking Dead, on s’aperçoit très vite que se réfugier dans une église (et on ne dira jamais assez à quel point elles sont nombreuses dans le sud des USA) n’est pas une bonne idée. En entrant dans la petite église, (saison 2 – ép.1), Rick et les autres ne trouveront que quelques rôdeurs…. Alors que Carol prie dans l’espoir de retrouver sa fille, Rick s’adresse à une statue de Jésus en croix de cette manière:

« [Rick prays to the Jesus Christ statue while in the church]
Rick Grimes: I don’t know if you’re looking at me with what?
[Rick looks at the Jesus statue] Sadness? Scorn? Pity? Love?
[Rick sighs] Maybe it’s just indifference. I guess you already know I’m not much of a believer. I guess I just chose to put my faith elsewhere. My family, mostly. My friends. My job. The thing is, we… I could use a little something to help keep us going. Some kind of… acknowledgment. Some indication I’m doing the right thing. You don’t know how hard that is to know. Well, maybe you do. Hey look, I don’t need all the answers. Just a little nudge. A sign. Any sign will do. »

Face à des morts en marche, même les plus croyants se mettent à douter :

« [Rick reminds Hershel that he’s a man of faith]
Rick Grimes: You’re a man of God. Have some faith.
Hershel Greene: I can’t profess to understand God’s plan, but Christ promised the resurrection of the dead. I just thought he had something a little different in mind. »

 

Même si on croise des prêtres (le père Gabriel, par ex.) dans The Walking Dead et des personnes qui ont la foi, il semble bien que le monde tel qu’il est décrit par Kirkman soit dépourvu d’un Dieu (et rien que cette idée fait référence à la vision d’un chrétien déçu, plutôt qu’à celle d’un réel athée). On pense plutôt à un désir de croire en une entité suprême, à un au-delà alors que le monde se trouve pris dans un chaos total.

 

Une fois de plus, on se trouve face à un désenchantement du monde, non pas avec la disparition de la magie ou son affaiblissement (comme dans Harry Potter, par ex.) mais avec la désertion et le recul du sacré (Max Weber le dit mieux que moi).

Dans la pop culture, on peut croiser Luke Skywalker  à la recherche du sens (la Force) dans un monde désenchanté, Bilbo, Frodon et les elfes de Tolkien fuyant la Terre du Milieu devenue terre des hommes. On peut aussi croiser un monde sans plus de sens, ni même d’humanité, un monde sur sa fin – ou en plein renouvellement. Car s’il y a une chose qui perdure et prend le dessus dans le monde de The Walking Dead, c’est la nature. 

 

Il y aurait encore bien des thèmes à développer mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui.
En espérant vous avoir donné envie de découvrir ou re-découvrir la série ou les comics!

 

Robert Kirkman : 

« Les bons films de zombies nous révèlent à quel point nous pouvons être déséquilibrés… ainsi que la situation de détresse dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui.
[…] Avec Walking Dead, j’ai voulu explorer comment des individus réagissent lorsqu’on les met face à des situations extrêmes et quel impact peuvent avoir les évènements sur leur comportement.
Chers lecteurs, tout au long de la série Walking Dead, vous allez découvrir comment Rick va s’affirmer et évoluer, au point que vous ne le reconnaîtrez pas.
.
Tout dans cette série est une tentative de montrer la progression naturelle des événements telle qu’ils pourraient survenir dans de telles circonstances.
Les personnages sont le véritable moteur du récit. La manière dont ils en sont arrivés là devient dès lors plus importante que le simple fait qu’ils y soient arrivés.
Je voudrais vraiment vous montrer comment vos amis, vos voisins, votre famille et vous-mêmes pourriez réagir dans de telles situations. (…)
.L’idée directrice de Walking Dead est de rester proche des personnages et en particulier de Rick Grimes, aussi longtemps que cela sera humainement possible.
Je vois Walking Dead comme la chronique de l’existence de Rick. »

(source)

 

Série diffusée sur AMC – saison 9 en cours (OCS)
Comics chez Delcourt 

T’as pas vu ma pop: les origines #2 Comics

 

Dans cette deuxième partie des origines de la pop culture, je vais m’intéresser aux comics. Je ne tenais pas en rédigeant cet article à faire un énième historique des comics  mais plutôt à continuer à répondre à cette question:

« Pop culture, pop art, pop music: tout ce qui fait émerge (en anglais : « to pop up », émerger, pousser, surgir) est-il soluble dans la culture? »

 

Les comic strips sont nés aux USA à la fin du XIXème siècle. Ces bandes (strips) composées en général de 3 cases racontent des histoires ou reposent sur des gags avant de se diriger vers la satire et l’humour: « comic strips ». On considère « The Yellow kid » comme la première BD américaine :

Très vite, les héros sont à l’honneur, avec, par exemple, Mandrake le Magicien:

Ou Buck Rogers le pilote:

Descendant direct de Tarzan, de Zorro ou Buck Rogers, Superman est inventé en 1933. Au début, il s’agit d’un méchant, doté de pouvoirs psychiques. Mais les histoires de vilain ne se vendent pas. Fu Manchu, par exemple, le « méchant asiatique », a eu du mal à trouver son public.

Il faudra encore quelques années aux deux créateurs de Superman pour peaufiner le héros et en arriver à ce résultat en 1938:

 

Action comics a réussi son coup. Peu après, c’est DC    qui réussit un second coup de maître  avec Detective Comics #27 et la première apparition de Batman, créé comme un opposé de Superman, la star:

Les éditeurs concurrents ne sont pas en reste, comme Timely Comics  (le futur Marvel) avec  Captain America (merci Jack Kirby). De plus, des scénaristes et des dessinateurs se multiplient. On voit un certain Stanley Leiber (Stan Lee) chez Timely Comics.

Après la seconde guerre mondiale, un autre éditeur  EC comics fait parler de lui car il publie des histoires plus adultes, violentes ou tournées vers l’horreur.

Vault of Horror (1950 E.C. Comics) 15

 

Mais cette période qu’on peut qualifier d’âge d’or  va connaître un revers. Frederic Wertham, un psychiatre publie en 1954 « Seduction Of The Innocents »,  dans lequel il se montre très  virulent envers les comics, responsables selon lui,de la délinquance des jeunes (c’est un refrain qu’on n’a pas fini d’entendre…. ex:  les jeux vidéos, la télé, la musique pop, tout et n’importe quoi) , de l’homosexualité et du communisme .  On craint la censure chez les éditeurs de comics . De là, naît une forme d’auto-censure: le Comics Code

Dans sa forme d’origine, le code impose entre autres les règles suivantes :

  • Toute représentation de violence excessive et de sexualité est interdite.
  • Les figures d’autorité ne doivent pas être ridiculisées ni présentées avec un manque de respect.
  • Le bien doit toujours triompher du mal.
  • Les personnages traditionnels de la littérature d’horreur (vampires, loup-garous, goules et zombies) sont interdits.
  • Les publicités pour le tabac, l’alcool, les armes, les posters et cartes postales de pin-ups dénudées sont interdites dans les comic books.
  • La moquerie ou les attaques envers tout groupe racial ou religieux sont interdits.

Face à ces interdictions, les comics underground vont peu à peu naître dans les années 60 en même temps que les mouvements contestataires. Ils reprennent des thèmes liés à la contre-cultures (amour et sexualité libres, usage des drogues) et offrent une critique de la société. En anglais, on les nomme les « underground comix », le X représentant ….le même X que pour nous. C’est en réaction au Comics Code que se propagent les comix (de 68 à 75, particulièrement).

On peut parler de :Zap Comix (auquel Robert Crumb participe)

Zap Comix 4, cover by Victor Moscoso

Art Spiegelman qu’on connaît bien en France (Maus) de même que Crumb, d’ailleurs:

Sans oublier le magazine MAD:

Si on peut dire que le mouvement s’essouffle dès 1975,   les comixs continuent jusque dans les années 1980. L’underground est une notion de contre-culture, une contestation de l’ordre établi, sa diffusion se fait sur des circuits parallèles. (bande-dessinée alternative, chez nous en France).

On  y aborde ce dont on ne parle pas ailleurs : féminisme, crimes commis par les grandes sociétés, l’homosexualité… Par exemple, WonderWoman (créée dans les années 40 par William Marston, un monsieur très féministe )   est nommée « symbole de la révolte féministe ». Un exemple de son évolution en images:

 

 

Marston disait en 1943:
« Même les filles ne voudront pas être des filles tant que nos archétypes féminins manqueront de force, de vigueur et de puissance. Comme elles ne veulent pas être des filles, elles ne veulent pas être tendres, soumises, pacifiques comme le sont les femmes bonnes. Les grandes qualités des femmes ont été méprisées à cause de leur faiblesse. Le remède logique est de créer un personnage féminin avec toute la force de Superman plus l’allure d’une femme bonne et belle. « 

Les comics mûrissent et deviennent plus adultes au fil des années 70/80.

En 1975, ce sont les Uncanny X-Men repris par Chris Claremont:

Mais les années 80 marquent aussi une période d’interminables cross-over, de morts de personnages (qu’on fera revivre par la suite).

« En 1992, sept artistes superstars décident de claquer la porte de Marvel pour fonder leur propre maison d’édition. Les meneurs de cette fronde sont Rob LiefeldTodd McFarlaneJim Lee et Marc Silvestri. La raison de leurs départs : ils en ont assez de voir Marvel gagner des millions grâce à leur travail et de ne toucher que des miettes. Alors ils lancent Image Comics pour y créer leurs personnages creator-owned, c’est-à-dire dont les droits appartiendront en intégralité à leurs créateurs.  »

Le site comicsblog 

Image comics, c’est The Walking Dead, les tortues Ninja, Saga, The Wicked + The Divine

 Le début des années 1990 semblent voir un regain d’intérêt pour la bande-dessinée mais cela est dû à une phénomène de collection: les collectionneurs se mettent à  acheter des comics, parfois en plusieurs exemplaires, en pensant que leur valeur va s’envoler. Ce n’est pas le cas et  les ventes s’effondrent. Les conséquences? des maisons d’éditions et des magasins de comics disparaissent.

Suite à cela, des scénaristes de cinéma ou de  télé,  des romanciers parfois sont appelés  à collaborer aux scénarios qui en  deviennent plus réalistes   – et la psychologie des personnages est mieux développée.

Il n’est plus question de Comics Code. Et grâce aux adaptations au cinéma et en séries, les comics envahissent aussi la culture « grand public ». Pop, pop, pop culture….

 

 

The Walking Dead blues

 

De mon côté, j’ai mis du temps à accrocher à    The Walking Dead. J’avais lu le début des comics, puis je me suis lancée complètement à retardement dans la série.

Et d’ailleurs, j’avais une question en suspens à propos de Negan : « mais pourquoi cette batte s’appelle-t’elle Lucille ? (Loussile) 

Un instrument de mort

 

Même si on connaît la réponse car Negan est un vrai romantique, en fait.

 

On peut aussi y voir un clin d’oeil à une chanson de BB King, un très beau blues qui parle de sa moitié,  de sa guitare – et non de sa batte. Il se trouve que toutes les  guitares de King étaient surnommées…. Lucille. Pourquoi ? Très simple.
Voilà comment le musicien l’expliquait :
En 1949,  BB King jouait dans un « dance hall » de Twist, dans l’ Arkansas  lorsqu’une bagarre éclata. Elle fut tellement violente qu’un poêle qui chauffait la pièce fut renversé. Le bar prit feu. Paniqué, tout le monde prit la fuite tandis que les deux bagarreurs essayaient d’éteindre les flammes.
BB King, une fois dehors,  se rendit compte qu’il avait laissé sa guitare à l’intérieur. Sachant qu’il lui faudrait plusieurs mois pour réunir la somme nécessaire pour la remplacer, le futur roi du blues retourna dans le bar en flammes pour retrouver sa guitare .Il en ressortit in extremis. Il apprit par la suite que la bagarre avait été déclenchée à cause d’une fille prénommée Lucille et que les deux hommes avaient été retrouvés morts le lendemain dans les décombres. Il décida alors d’appeler sa guitare Lucille afin de toujours se souvenir de ne pas agir stupidement dans la vie.

Un album porte le nom « Lucille ». Une chanson aussi. La voilà avec les paroles aussi fidèles qu’il est possible quand il s ‘agit de blues…

« My Lucille »

The sound that you’re listening to is from my guitarThat’s named Lucille. I’m very crazy about Lucille.Lucille took me from the plantation. Oh you might say,Brought me fame.I don’t think I could just talk enough about Lucille.Sometime when I’m blue seem like Lucille try to helpMe call my name.I used to sing spirituals and I thought that this was
The thing that I wanted to do. But somehow or other
When I went in the army I picked up on Lucille, and
Started singing blues.

Well, now when I’m paying my dues, maybe you don’t
Know what I mean when I say paying dues, I mean when
Things are bad with me. I can always, I can always,
You know like, depend on Lucille.

Sort of hard to talk to you myself. I guess I’ll let
Lucille say a few words and then.

You know, I doubt if you can feel it like I do. But
When I think about the things that I’ve gone through,
Like, well for instance, if I have a girlfriend and
She misuses me, and I go home at night, maybe I’m
Lonely, well not maybe, I am lonely, I pick up Lucille
And it bring out those funny sounds that sound good to
Me, you know. Sometime I get to the place where I
Can’t even say nothing.

Look out.

Sometime I think it’s crying.

You know, if I could sing pop tunes like Frank Sinatra
Or Sammy Davis Junior, I don’t think I still could do
It, ’cause Lucille don’t wanna play nothing but the
Blues. I think I’m, I think I’m pretty glad about
That. Cause don’t nobody sing to me like Lucille.
Sing, Lucille.

Well, I’ll put it like this. Take it easy, Lucille. I
Like the way Sammy sings and I like the way Frank
Sings, but I can get a little Frank, Sammy, a little
Ray Charles, in fact all the people with soul in
This.

A little Mahalia Jackson in there.

One more, Lucille!

Take it easy now.

You know, I imagine a lot of you wanna know, a lot of
You wanna know why I call the guitar Lucille. Lucille
Has practically saved my life two or three times. No
Kidding, it really has.

I remember once I was in an automobile accident, and
When the car stopped turning over, it fell over on
Lucille, and it held it up off me, really, it held it
Up off me. So that’s one time it saved my life.

The way, the way I came by the name of Lucille, I was
Over in Twist, Arkansas, I know you’ve never heard of
That one, have you? And one night the guys started a
Ball over there, you know, they started brawling, you
Know what I mean. And the guy that was mad with his
Old lady, when she fell over on this gas tank that was
Burning for heat, the gas ran all over the floor.

And when the gas ran all over the floor, the building
Caught on fire, and almost burned me up trying to save
Lucille. Oh I, I imagine you’re still wondering why I
Call it Lucille, the lady that started that brawl that
Night was named Lucille.

And that’s been Lucille ever since to me. One more
Now, Lucille.

Sounds pretty good to me. Can I do one more?

Look out, Lucille.

Sounds pretty good. I think I’ll try one more. All
Right.

Je trouve le parallèle entre la batte de Negan et la guitare de BB King assez approprié.

Le Club des Damnés/Hellfire Club (Earth 10005) #1

Origine / histoire:

Années 50: Fondation et suite

Fondé par Sébastian Shaw à la fin des années 50 à Las Vegas, le but du premier Club des Damnés était de déclencher une guerre nucléaire entre les grandes puissances de la guerre froide, dans l’optique d’accélérer les mutations, pour construire un nouveau monde puis d’en prendre le contrôle. Confronté aux X-Men lors de l’affaire des missiles de Cuba qu’il avait orchestré, le Club des Damnés fut plus ou moins dissous à la mort de son chef Sébastian Shaw, tué par vengeance par Magnéto. Après le meurtre de Shaw, Eric Lensherr (Magneto) proposa aux membres restants du Club de le rejoindre et fonda ainsi, avec l’aide de Mystique, la première incarnation de la Confrérie des Mutants, en 1962. Le groupe accueillit par la suite un nouveau membre : Tempête.

Sebastian Shaw

Années 1960 – Project: Wideawake
Cependant, durant la décennie suivante, de nombreux membres de la Confrérie furent arrêtés puis assassinés. Azazel et Tempête furent tués en juillet 1963 dans un tir croisé, lors d’une embuscade des membres du Project : Wideawake. Il s’agissait d’un programme de la CIA autorisé par le président J.F. Kennedy et créé en réponse à l’assassinat d’Edwin Partridge, un activiste anti-mutants.

Azazel –
Azazel/Emma

Après l’assassinat du président Kennedy en novembre 1963, le Project : Wideawake participa aux investigations de la Commission Warren. Le P.W. aida à appréhender certains leaders de mouvements mutants impliqués dans l’évènement. Deux semaines avant que la Commission Warren ait même rendu son rapport sur l’assassinat de Kennedy, la CIA déploya les membres du P.W. pour trouver et capturer Eric Lensherr, qui fut impliqué dans la conspiration – bien qu’en réalité, il désirait sauver le président Kennedy, lui-même mutant. Alors que le P.W. cherchait Magnéto dans une zone rurale de New York, Lensherr préféra se rendre de lui-même, sans aucun incident, le 4 février 1964. Le Project : Wideawake fut bientôt officiellement démantelé.
Officieusement, le colonel William Stryker, anti-mutant notoire, récupéra une partie des fonds et des ressources du projet pour continuer ses propres recherches et activités.
Les derniers membres de la Confrérie connurent aussi un sort tragique : Angel, Riptide et Emma furent capturées, tuées et disséquées par les Industries Trask, dans leur quête d’une arme anti-mutante. Seule Mystique sembla s’en sortir. Enfin, c’est ce qu’il apparut…

En réalité, Emma Frost fut capable de s’échapper des Industries Trask en utilisant ses pouvoirs mutants. Elle libéra même Sean Cassidy, mais arriva trop tard pour ses anciens compagnons Angel et Riptide. Elle créa même de faux dossiers informatiques, pour faire croire à sa mort et à celle de Sean. Puis, utilisant ce qui lui restait de ressources, elle déménagea en Europe, tout en permettant à Sean de rentrer en Irlande, son pays natal. Elle décida alors de restaurer le Club des Damnés avec un seul but : faire des mutants la race dominante de la terre, quitte à exterminer les Scan-plats.

 

 

 

 

Le Conseil des Elus

Pour cela, elle se rapprocha de plusieurs industriels et personnalités politiques incluant : Edward Buckman, un riche et puissant homme d’affaires new-yorkais ; Paris Seville, une riche héritière franco-canadienne avec des connexions dans la finance et la politique ; Lourdes Chantel, une mutante issue de la noblesse espagnole au pouvoir téléporteur et proche de la monarchie espagnole ; Harry Leland, un avocat et juriste anglais, conseiller du pouvoir britannique sur les questions mutantes et lui-même mutant capable de manipuler la masse des objets ; Shinobi Shaw, un homme d’affaire sino-britannique et lui-même mutant capable de manipuler sa densité moléculaire ; et Sir Gordon Phillips, un noble et industriel anglais, magnat des médias. Ensemble, ils créèrent le Conseil des Elus, avec pour but de faire renaître le Club des Damnés au niveau mondial, chacun s‘occupant d‘une branche géographique précise du Club. Pour consolider sa position au sein du Club, Emma se maria avec Sir Phillips qui fut à son tour nommé Lord Impérial du Club tandis qu‘elle devenait responsable de la liaison et de la communication entre les différentes branches du Club.

Emma Frost – Carlo Barberi

 

Années 70 – Manipulations

Durant les années 70, le Club manipula plusieurs évènements au niveau international comme la chute du franquisme et la transition démocratique en Espagne, le coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili ou encore le choc pétrolier de 1973-74 et celui de 1979. Son but était d’asseoir progressivement son pouvoir et son influence dans la politique et la finance internationales, pour étendre son réseau au planmondial.
Mais, si extérieurement les membres du Club semblaient partager des buts communs et semblaient unis, intérieurement les tensions étaient fortes. En effet, Edward Buckman et Paris Seville étaient des anti-mutants notoires, supportant mal la présence et la domination des mutants au sein du Conseil des Elus.
Ainsi, lors du démantèlement officiel des Industries Trask en 1973, Edward Buckman récupéra les projets de recherches sur des armes anti-mutantes tandis que Paris se rapprochait de plusieurs personnalités militaires et politiques, dont le colonel William Stryker. Tous deux supportèrent le Projet Armageddon, un projet de développement d’armes anti-mutantes cherchant à recréer des sentinelles durant la deuxième moitié des années 1970 et mené par Stephen Lang, un ingénieur et physicien anti-mutant. En se rapprochant, Edward et Paris finirent par se marier – un évènement mal vu par les autres membres du Conseil.

 

Années 80 – Troubles et conflits au sein du Club

Le 5 juin 1983, alors que le Conseil des Elus se réunissait à Madrid pour célébrer plusieurs de ses succès de la décennie passée, Edward et Paris passèrent à l’attaque. Ayant réuni une petite armée et l’équipant d’armes anti-mutantes, ils attaquèrent le manoir de Lourdes Chantel où étaient réunis les autres membres du Conseil. Ils lâchèrent également deux sentinelles contre eux. Emma, Lourdes, Harry, Shinobi et Sir Gordon se défendirent comme ils purent, utilisant leurs pouvoirs mutants respectifs et les ressources à leur disposition. S’ils gagnèrent de justesse, tous ne s’en sortirent pas. En effet, Lourdes s’épuisa à force de téléporter des morceaux des sentinelles pour les démanteler tandis que Sir Gordon fut tué dans l’explosion qui résulté de la destruction des sentinelles – et qui rasa le manoir Chantel.


Edward Buckman
Leurs pouvoirs permirent cependant à Emma Phillips-Frost, Shinobi Shaw et Harry Leland de s’en sortir vivants. Ensemble, ils ripostèrent. Emma s’introduisit chez Edward et Paris tandis que Harry et Shinobi conduisirent une attaque commando contre certains entrepôts des Buckman Industries où étaient entreposées les sentinelles restantes. Emma utilisa ses pouvoirs psychiques pour pousser Edward à assassiner Paris puis à se suicider ; en parallèle, Harry et Shinobi utilisèrent les leurs pour détruire les dernières sentinelles et mettre fin au Projet Armageddon. Emma profita également de la présence de Stephen Lang chez Edward et Paris pour lui voler son savoir en matière d’ingénierie et de physique, puis le tua froidement d’une attaque télépathique.

 

Une nouvelle forme du Club (80 – 90)

Finalement, Emma, Shinobi et Harry décidèrent de refonder le Club des Damnés sur des nouvelles bases, créant le Triumvirat, le Conclave des Lords Cardinaux et les Magistrats Impériaux. À l’aide de ses nouveaux savoirs scientifiques, Emma développa de nouvelles technologies, utilisant les ressources héritées à la mort de son mari pour bâtir son propre empire industriel : Frost Technology Corporation qui deviendra au milieu des années 90 Frost International Corporation ou juste Frost-Inc. Quant aux Buckmand Industries, elles furent peu à peu absorbées par la Shaw Compagny et Shinobi Shaw, qui renomma son entreprise : Shaw International.

 

Depuis les années 80, le Club n’a cessé d’étendre son influence à travers le monde. Il a su profiter ou manipuler toute sorte d’évènement (comme la chute de l’URSS ou la crise pétrolière de 2008) pour étendre son pouvoir. Si la composition interne du Club a changé, l’organisation définie en 1983, elle, n’a que peu changé et le pouvoir principal se partage toujours entre les mains du Triumvirat.
À noter parmi les dates importantes du Club :
Le mariage d’Emma et Shinobi en 1985.
Le départ à la retraite de Harry en 2005 et son remplacement par sa fille au Triumvirat.

 

Shinobi Shaw

 

A suivre : Organisation du Club des Damnés (Terre 10005 )- Hellfire Club -Xmen
Traduction, réécriture, recherches: LORD CHOURS

(Recherches d’illustrations – mise en ligne Lady Butterfly )