Les dossiers de la pop : Vikings

Vikings : la série qu’on adore détester

Depuis quelques temps, je profite de Netchouette pour poursuivre le visionnage de la série Vikings que j’avais commencé il y a quelques années.
La première saison avait été diffusée sur une chaîne française gratuite (apparemment W9, me dit la wiki) mais je ne me souvenais plus de tout  où je m’étais arrêtée  (vers la deuxième saison ?). Après avoir revu un certain nombre d’épisodes, pour constater que finalement, ah, mais oui, j’avais déjà vu tout ça,  j’ai donc continué mon visionnage.  Hum et que dire ? Je suis un peu dingue de m’infliger ça ? 

Non. C’est complexe, ce que je ressens vis à vis de cette série. J’aimerais dire que rien ne va, que tout est bancal, qu’elle est trop violente, sexiste, très inexacte — et elle l’est —  mais on ne lui demande pas de remplir le rôle d’un documentaire… Et en fait, elle est parfois attachante, malgré tout ses défauts.
Un peu comme les Tudors, tiens…  
Voilà  en vrac ce que j’ai à en dire. 


Vikings se définit donc comme étant une série historique. Elle bénéficie des conseils d’un véritable historien pour aider le créateur et scénariste, Michael Hirst ; enfin, c’est ce qu’il clame partout et donc on va le croire. Michael Hirst est aussi le créateur des Tudors, une série basée sur les frasques d’un (beaucoup trop) sexy Henry VIII joué par Jonathan Rhys-Meyers, que l’on retrouve d’ailleurs à un moment dans Vikings en évêque tourmenté par « le péché de chair » (bah voyons). Car, Vikings, pour ne pas changer la formule, fonctionne un peu à la manière des Tudors avec du sexe (une bonne dose), de la violence (une très, très grosse louche cette fois) et des libertés avec la vérité historique ( la quoi ? ). 

Il reste que les premières saisons constituent un bon divertissement, de la première jusqu’au milieu de la quatrième si on n’est pas trop regardant du point de vue des errances scénaristiques, avec des personnages plutôt bien écrits et assez bien campés.  Bien sûr, il faut faire abstraction de la violence souvent inutile, même durant les combats, des scènes de sexe à répétition  qui ne servent pas à grand chose non plus et, pour finir, des anachronismes évidents car visiblement ils se sont emmêlés dans les dates. 

Mais Vikings, de quoi ça parle ?
La série se focalise dès le départ sur une figure principale, un fermier qui deviendra un héros légendaire  Ragnar Lothbrok « Ragnar aux braies-velues ». Ce Ragnar nous vient de plusieurs sources aussi bien légendaires qu’historiques. De même que le roi Arthur, il pourrait bien être issu  de  différents personnages ayant existé.  En tout cas, un  « Ragnarr Loðbrók » mène  des raids vikings et a  des fils avec plusieurs femmes, dans les récits comme dans la série.

Ragnar (Travis Fimmel) – le personnage central. 

 

Dans ce qui nous occupe, Vikings, Ragnar (Travis Fimmel) est un fermier, homme lige du jarl Haraldson, un vrai sale type autoritaire, contre qui notre héros se rebelle. Au lieu d’attaquer les païens slaves, il décide de se lancer vers les riches terres de l’Ouest, là où les monastères regorgent de trésors (donc l’Angleterre, pour faire court).  On assiste même au pillage de Lindisfarne , l’un des premiers raids qui marque souvent le début de  ce qu’on appelle « l’ère viking », date utilisée par les historiens. Bien évidemment, le reste ne suivra pas la chronologie. 

Mais Ragnar Lothbrok ne part pas seul en raid : il y emmène sa femme, Lagertha, une fameuse guerrière au bouclier, là aussi, tirée de la légende.
Les scientifiques ont trouvé ces dernières années des armes dans les tombes de femmes nordiques; on pense qu’il devait exister des combattantes. Dans quelles conditions ? C’est encore assez flou mais cela se tient.


 Ragnar est également accompagné par son fidèle ami Floki ( Gustaf Skarsgård)un païen convaincu qui veut tuer du chrétien à tout prix (ça en deviendra  même une obsession ridicule au fil des saisons). Le personnage de Floki, le génial constructeur de bateaux, est au départ bien trouvé, mais se perd complètement en route pour devenir une pitoyable caricature de lui-même, lors de la 4ème et 5ème saison (les saisons de trop, décidément). Dommage, le personnage est vraiment intéressant dès le départ. Il est, quant à lui, inspiré de  Flóki Vilgerðarson, qui aurait  posé le pied en terre islandaise, non pas en premier mais en troisième ainsi qu’il est relaté dans le « Landnámabók»,   saga islandaise,  qui décrit la colonisation par les  Scandinaves de l’ Islande au cours des IXe et Xe siècles. 

Vikings : que devient l'acteur Gustaf Skarsgård (Floki) ?

 

Ragnar a aussi un frère, un personnage ambivalent, toujours prêt à le trahir, Rollo (Clive Standen).  C’est assez amusant d’avoir fait le lien avec Rollo, le futur Rollon normand  même si c’est complètement improbable.

 

Thèmes, interactions, personnages marquants

Elle aborde même des thèmes comme celui du pouvoir, ce qu’on en fait quand on l’a ou qu’on le veut ; de la famille et de la transmission ; de la vengeance ; du destin, fabuleux ou pas, avec l’idée un peu plate que les « vikings » croyaient forcément en une sorte de destinée toute tracée, ce qu’on ignore ; du rapport au divin, avec l’opposition entre monothéisme et polythéisme, même si c’est souvent traité à la louche. A ce sujet, les dieux et déesses nordiques sont une fois de plus envisagés de façon grotesque, du genre « Odin, le dieu de la guerre » ou « Thor, dieu du tonnerre » . On confond avec Jupiter et cie. Odin est une entité complexe, un magicien, une divinité du savoir, de la sagesse, de la connaissance et de la poésie.
Quant aux rites de type « sacrifices humains » et autres éléments du même acabit, il n’y a aucune preuve non plus, dans ce sens. Les animaux étaient sacrifiés.

Par contre, les interactions entre Ragnar, païen intéressé par le christianisme et Athelstan, jeune moine enlevé et vivant comme un homme du nord, sont certainement les meilleures. D’ailleurs, Ragnar comme Athelstan font partie des personnages les mieux écrits de la série, les plus aboutis.

Athelstan effectue un incessant aller-retour entre deux spiritualités, partagé entre deux cultures. 

Il faut leur ajouter l’intéressant roi Ecbert (Linus Roach), un habile politique, joué tout en finesse. Les dialogues entre Athelsthan et Ecbert ou la relation Ecbert/Ragnar restent parmi ce qu’il y a de meilleur également. 
Puisqu’il est question de religion, on voit apparaître aussi l’évêque-guerrier.

jonathan rhys meyers vikings - Avant Vikings, Jonathan Rhys Meyers en 5 rôles iconiquesL’évêque Heahmund (Jonathan Rhys-Meyers) et son épée fidèle

Le personnage de l’évêque, prêtre guerrier, qui manie mieux l’épée que le livre de prières, aurait pu être mieux développé à mon sens. Là, on a du mal à croire à ses doutes, à sa dualité, à son histoire d’amour. Il est plutôt bien joué par Rhys-Meyers (même si ce n’est pas son meilleur rôle, loin de là), mais l’impression demeure : on dirait que le personnage a été écrit à la va-vite, comme pour combler un manque  à un moment où l’intrigue de la série plonge dans une routine. Il fallait un personnage auquel s’attacher, l’évêque a été créé. Cela sonne « faux » et c’est dommage. 

Et les personnages féminins, alors ?
Parmi les figures féminines, Lagertha est celle à qui on pense forcément mais je ne trouve pas son personnage très habilement développé ; elle fait vraiment partie des « femmes anachroniques » qu’on retrouve régulièrement dans les séries. A un moment, elle a un mari, ensuite, elle prend des amants, ensuite, une amante. On ne sait pas pourquoi puisqu’elle ne semblait pas apprécier les femmes plus que ça… C’est totalement gratuit. 

Autre exemple : Judith, la reine saxonne,  se met à étudier, et agit presque en féministe. Mais attention, sous la supervision de son beau-père, le roi Ecbert. C’est lui qui lui conseille de prendre sa liberté, de se comporter de telle façon (à condition de devenir sa maîtresse, quand même). Et Judith le remerciera, évidemment. 

Du coup, pour le féminisme, on repassera !
Car Vikings est une série de « mâles » où le « male gaze » (le regard des hommes ou vision masculine) est bien présent. (« ah, donc, c’était pour ça, la scène de sexe inutile entre femmes ? » se dit-on a posteriori). Sans commentaires. 

Siggy Vikings

 

Le scénariste a aussi mis en avant le personnage de Siggy,  veuve du jarl Haraldson. Il se trouve qu’elle devient une pseudo-manipulatrice, une sorte de femme fatale. Elle se contente de coucher avec des hommes pour obtenir … pas grand chose, au final.  La reine Kwenthrith de Mercie est à peu près logée à la même enseigne avec, en prime, un passé d’enfant abusé sexuellement. Décidément, l’imagination du scénariste est limitée…surtout quand il évoque les femmes. Elles sont également représentées par des esclaves qui passent de lit en lit puis, une fois affranchies (par amour du « mâle » guerrier, bah voyons), elles deviennent combattantes en pantalon. Puis, elles évoluent en  mères des enfants des mêmes guerriers ; bref, toujours le vieux thème de la putain et de la maman, rien de bien nouveau sous le soleil–même nordique. Lassant. 

Judith et Kwenthrith — j’ai l’impression que leurs robes ressemblent à celles des Medicis, tiens. 

 

Les enfants de Ragnar : des personnages peu charismatiques et la fin de la série

Au fil des saisons, les intrigues deviennent de plus en plus filandreuses et la série perd de son intérêt. On se concentre sur les fils de Ragnar, qui, une fois adultes, prennent la relève de leur père . Ils sont amenés à occuper les rôles principaux une fois que l’histoire de Ragnar s’achève. Le seul souci, c’est qu’ils ne présentent pas le même magnétisme, le même charisme que Ragnar. Leurs querelles fraternelles sont plus lassantes qu’exaltantes.

Bjorn, l’aîné et fils de Lagertha, est plutôt insipide. Joué par Alexander Ludwig qui, pour moi incarne à jamais le brutal Cato de Hunger Games, il est de moins en moins inspiré au fil des saisons pour devenir insignifiant. De plus, il est constamment accaparé par des histoires  de femmes (et je me marie avec unetelle, ah non, c’est l’autre….). Le mec ne fait que ça : se marier, se séparer, se remarier. C’est la collection Harlequin version viking. 

Les autres ne sont guère plus intéressants, hélas. Mais ils auraient pu si le scénario avait été mieux écrit. J’ai tout de même une légère préférence pour Ubbe ( Jordan Patrick Smith ), plus fin, un peu plus développé.  Les autres frères ont des histoires plates ou carrément gâchées comme celle de Hvitserk (Marco Ilsø ).

Ubbe. Pas facile d’être le fils de Ragnar. 

Quant au dernier, le  vilain et machiavélique petit frère, Ivar le Désossé, je le trouve très peu crédible. Même la prestation d’Alex Høgh Andersen ne parvient pas à me convaincre (ce n’est pas avec des regards par en-dessous et des grimaces lugubres que le côté sombre et menaçant s’exprime le mieux chez un individu….). 
La série finit par se perdre dans des méandres dont on aurait préféré se passer avec les luttes et les diverses trahisons des frères. 

Ivar, pô content. 

Encore des anachronismes ? 
Il y a bon nombre d’anachronismes dans Vikings ; c’est même parfois un vrai défilé. Mais les épisodes qui se déroulent lors de la soi-disant prise de Paris (il y a plusieurs sièges de Paris, pas un seul), avec une église censée figurer Notre Dame à une époque où celle-ci n’existait pas encore puisqu’elle n’avait pas été construite, font tout de même fort dans le n’importe quoi. Je passe sur le  château planté sur une sorte de colline (?), je passe aussi sur les histoires SM du comte Eudes (inutiles, violentes).
Par exemple, il y avait des combattantes et des voyageuses nordiques, mais en pantalon presque moderne, vraiment  ? L’archéologie montre des figures de femmes en robe avec des casques et des boucliers. Idem : pas de cotte de mailles au 9ème siècle non plus.
Bref, je pourrais citer encore pas mal d’exemples mais je n’en finirais jamais.

Mais Vikings est avant tout une fantaisie, pas une série à prendre au pied de la lettre, pas une « réalité historique ».  Les personnages ont un côté très heroic fantasy, ils avancent face à la camera, couverts de terre et de (faux) sang, blonds mais aussi parfois bruns (Ivar, par ex.), les cheveux rasés sur les côtés, nattés, barbus, beaux et parfois/souvent torse nu. Les guerrières, elles, ont de longues chevelures blondes qui flottent au vent quand elles combattent (Lagertha, Torvi). Il y a toujours un semblant de réalité, un effort qui tend vers le réalisme sans toutefois l’atteindre tout à fait. A tout moment, le romanesque est accentué, histoire de titiller l’intérêt. Enfin, quand l’intrigue est suffisamment bien bouclée. Et elle l’est durant deux à trois saisons.

« Quand on arrive, on pille, 
Tout l’monde change de territoire
On a pas l’air virils mais on fait peur à voir
Des gars qui se maquillent…  » (
désolée)

Rollo en pleine bataille de Paris, je me demande encore pourquoi…. il avait chaud ? 

 Allez, je finis sur une note plus sympa ; en fait, ces Vikings, ce sont des rockstars.  Et ça tombe bien puisque, en fond sonore, on nous sert sur un plateau, non pas du metal, mais presque : le top du neo-folk avec Wardruna. 
Issu du black metal, Einar Selvik, le leader, fait même une apparition : 

On peut en visionner un peu.  On peut en prendre, en laisser. 
Sans tout croire. Il reste que c’est une série qui marque les esprits. Et qui a su susciter un réel enthousiasme pour la culture viking. 

Alphabet musical – W à Z

Et voici la fin de la liste.

On commence par un titre dansant où il est question de faire pleuvoir des hommes…

The Weather Girls – It’s raining men 

 

Un autre style : Within Temptation – Entertain you

Et encore différent : Washington Dead Cats – Punkabilly rumble

Classique : the WhoBaba O’Riley 

Une autre référence : Wu-Tang Clan  – C.R.E.A.M

Sans oublier : Kim Wilde – Kids in America (j’avais un faible pour Kim, étant ado)

XTCMaking plans for Nigel 

Un groupe punk trop souvent oublié : X Ray SpexOh Bondage ! Up yours ! 

Classique : The YarbirdsFor your love

Pour celles qui suivent, désolée, je n’ai pas pu m’empêcher….

YelleBa$$in 

Ylvis – The Fox (What does the fox say?)

Et je vais conclure avec ces dingues et talentueux ZZ Top 

 

Voilà, ici, c’est bouclé. A noter que la playlist est à peu près terminée sur YouTube et pas encore complètement (mais c’est en bonne voie) sur Spotify .

Alphabet musical – R

Pour le R, y a du monde. Petite sélection :

R comme

Rammstein « Deutschland » 

Et forcément : RATM  » Killing in the name…. »

Ram Jam – connus pour le hit « Black Betty » – ici avec « Pretty poison »

Rancid« Time bomb »

Run Dmc « It’s tricky » 

En espagnol : Rata Blanca « La leyenda del hada y el mago « 

Français : Raoul Petite «  Comme ça » 

Et bien sûr : les Rita Mitsouko « Andy »

Et sans oublier les boss : The Rolling Stones  – « Mother’s little helper »

Playlist sur YT à jour

Alphabet musical – P

Et voilà les

Playlist YT 
Playlist Spotify 

Je vais jouer aux séries aujourd’hui et  je commence avec   : dans la série « immossible de faire un choix » :  Pink Floyd. Pour ne pas prendre un morceau trop long, j’ai préféré « Wish you were here ». Mais sinon, « Shine on you crazy diamond » est l’un de mes préférés.

Dans la série « Hit des années 80, on l’a oubliée » : Ph.D. – I Won’t Let You Down

Dans la série « punk mais la chanson date du début du XXème »  : Parabellum  « Cayenne » 

Dans la série : « on ne souvient jamais du titre de cette chanson parce qu’on pense qu’elle s’appelle « Je ne veux pas travailler »  et aussi « chanson française par un groupe qui lui, ne l’est pas » – Pink Martini « Sympathique » 

Dans la série « le titre est en anglais mais l’artiste est français », Petit Biscuit « Sunset lover »

Dans la série  » années 80 – New Wave allemande  » Propaganda « P- machinery » ( pour lex curieux et curieuses, il existe une reprise en espagnol de  2020 nommée « Automatas »)

Dans la série « post punk », Public Image Limited (PIL) « This is not a love song »

Dans la série « disco, on danse » : the Pointed Sisters « I’m so excited »

Dans la série « ils chantent en anglais mais ils sont français et ils sont même nantais, alors je ne vais pas me priver  » Pony Pony Run Run « Hey you »

Dans la série « mais qu’est-ce qu’elle est douée ! », Pomme  » Je sais pas danser » 

Dans la série « artiste surdoué qui me manque énormément », Prince « 1999″

Alphabet musical – J

Suite en J 

Pour commencer, un groupe que j’ai dû écouter (presque) autant que the Clash : the Jam (et on remarquera au passage où les Pistols ont pompé le riff de « Holidays in the sun », pour ne pas changer…. – de grands recycleurs avant l’heure, les Sex Pistols 🤣 )

Changement mais on reste dans les mêmes années avec Joy Division 
« Love will tear us apart » (je n’allais pas la louper)

 Joan Jett, on connaît « I love rock’n’roll »  (qui est une reprise, d’ailleurs) – voilà pourquoi vous aurez droit à « Bad reputation » :

 

Simplement pour danser 

Frenchy, récent, c’est Justice 

J -sans Jackson, ça ne va vraiment pas !

Au début des années 80 (81 ou 82?) on n’arrêtait pas d’entendre ce titre, très dansant :
Junior « Mama used to say » 

Et pour terminer dans la même veine, mais une décennie plus tard  – Jamiroquai 

L’automne en séries

Comme chaque année, l’automne est synonyme de : nouvelles saisons pour certaines séries et nouvelles séries !

Voilà ce que j’ai vu récemment ( ou un peu moins récemment) : on dira que c’est un automne étendu…

Des nouveautés plus ou moins nouvelles

Carnival Row

Carnival Row est une série qui se déroule dans un univers fantasy très steampunk complètement inventé puisque le scénario est original ne se basant pas sur un roman – ce qui est à souligner dans une période où tout est adapté de Shannara (bof) à The Witcher, en passant par The Magicians (sans commentaires, je suis trop fan des livres pour apprécier ce qu’ils en ont fait à l’écran…).
Carnival Row a de nombreux points positifs : des décors somptueux, de bonnes idées, des personnages intéressants. Le story-telling est plutôt bien fait. Les acteurs sont corrects, pas géniaux non plus. ( je ne suis toujours pas très convaincue par Cara Delevingne mais elle fait une bonne fée).
Le message en lien avec notre actualité est un peu lourd (les réfugiés, la tolérance, etc…). L’enquête policière est cousue de fils blancs (de câbles !). Disons que ça manque un peu de finesse.
Finalement, même si la première saison se regarde bien, on en attend plus ; et le petit « plus » n’est pas là. Mais c’est une première saison. La seconde est en cours de tournage, donc pourquoi pas ? J’attends vraiment de voir le développement….

Résumé : Dans une cité où des créatures féériques doivent cohabiter avec des humains, le détective Rycroft Philostrate (Orlando Bloom)  et une fée réfugiée du nom de Vignette Stonemoss (Carla Delevingne) vivent une dangereuse relation au cœur d’une société de plus en plus intolérante. Des meurtres violents sont commis…

Carnival Row

 

Dark Crystal : l’âge de la résistance

Celle-ci n’est plus si nouvelle mais, puisque je n’en ai pas parlé, c’est le bon moment de le faire !
La série se déroule avant le film, pour replacer dans l’ordre (et pour tous ceux et celles qui aiment le film).
Ce qui est formidable, c’est que toute la série a été faite avec des marionnettes, des vraies, plantes, objets, animaux, etc… Du coup, pour les plus vieux qui se souviennent du film de 82, c’est un peu  une injection de nostalgie. Pour les plus jeunes, une découverte.

Le scénario est bien sombre, l’univers, très riche et on est vite happé par l’histoire. Les personnages sont très attachants et doublés par un tas d’acteurs et d’actrices connus. A regarder en VOSTFR, surtout.
C’est une vraie réussite et c’est à voir !

Résumé : Le monde de Thra se meurt. Le Cristal est le cœur de Thra, une source de pouvoirs mystérieux endommagée par les Skeksès. Lorsque des Gelfling découvrent l’horrible vérité qui se cache derrière le pouvoir des Skeksès, les feux de la rébellion s’allument et une bataille épique pour la planète commence.

 

Des séries qui débutent

His Dark Materials

Résumé Lyra se retrouve embarquée dans une folle aventure dans les contrées du Nord, à la recherche de son meilleur ami disparu. Pourquoi cette jeune fille orpheline, élevée dans l’atmosphère austère et confinée du prestigieux Jordan College, fait-elle l’objet de tant d’attentions ? Serait-elle investie d’une mystérieuse mission ? Sur les traces de ravisseurs d’enfants aux motivations obscures, Lyra va faire d’étonnantes rencontres et surmonter de multiples dangers…

Celle-ci, je l’attendais et je n’étais pas la seule pour la simple raison que c’est l’adaptation en série de la trilogie de Philip Pullman appelée en français A la croisée des mondes. Une première adaptation avait été faite au cinéma en 2007 et n’avait pas été concluante, même si l’esthétique était superbe. Trop d’éléments avaient été changés – dont la fin du livre. D’ailleurs, les deux livres suivants n’ont jamais été adaptés …(heureusement!)
Cette fois, le format série convient mieux à l’univers de Pullman .
L’esthétisme est très différent du film, certes, mais je n’y vois pas de quoi crier à la déception ( j’ai lu ça quelque part dans un article qui m’a fait lever les yeux au ciel🙄).
Le casting me paraît bon. Ruth Wilson campe une bien meilleure Mme. Coulter que Nicole Kidman, bien plus proche du livre. D’ailleurs, les dialogues sont incroyablement fidèles à ceux de Pullman. Pour avoir relu la trilogie récemment, j’ai été époustouflée.
Mon reproche tient au fait qu’on voit très peu de daemons, surtout dans le scènes de foule.  Sachant que chaque être humain dans cet univers ne peut être séparé de son daemon, une expression de l’âme humaine extérieure au corps, qui adopte une apparence animale, où sont-ils donc passés ? 🤔
A suivre puisque la série est en cours.

The Mandalorian

La première série Star Wars, donc.
Je ne m’attendais à rien de spécial, avec ce Mandalorian et pourtant, j’ai plutôt apprécié les deux épisodes déjà diffusés. Ils sont courts, efficaces, complètement dans l’esprit de la première trilogie (la trilogie originale, j’entends), totalement dans l’humeur des films de 77 et 83. Car, Star Wars, on l’oublie un peu trop vite, avant d’en faire des théories sur la Force et tutti quanti, c’est surtout de l’action, l’application du voyage du héros, et basta. Il n’y a rien de super original, de foncièrement génial, dans Star Wars. Ce qui était génial, c’était simplement d’avoir su réunir les bons ingrédients au bon moment dans un même film alors que personne ne s’y attendait – d’où la surprise. Et nous avons été surpris – et là, je parle surtout pour les gens qui ont pu voir les premiers films à leur sortie, et tant pis si ça fait vieux croûton –😂

Pour l’instant, rien à redire. A suivre aussi….

Pour finir, les nouvelles saisons de séries en quelques mots 

The Crown 

Saison 3, pour la famille royale et changement de casting. Il faut un temps d’adaptation pour se faire aux « nouveaux » qu’on connaît tous et qui sont très bons. Olivia Colman est excellente en reine plus mûre, même si on n’oublie pas Claire Foy.  Idem pour Tobias Menzies, que j’avais adoré dans Outlander (un terrible Jack Randall !) et Helena Bonham-Carter.

The Walking Dead – saison 10

Allez, pas d’automne sans une horde de walkers et une bonne dose de post- apocalypse, voyons ! Si pas mal de fans de la première heure se sont lassés et se plaignent du manque de rythme (saison 7 et 8), d’autres sont d’accord pour dire qu’il y a un certain nouveau souffle dans The Walking Dead, surtout avec l’apparition des terrifiants Chuchoteurs (The Whisperers), ces gens qui se glissent parmi les walkers, revêtus de peaux humaines (oui, oui) afin de passer inaperçus. C’est un concept peu ragoûtant…
Et ça ne s’arrange pas dans cette saison 10 où les Chuchoteurs semblent vraiment pouvoir s’infiltrer comme ils le veulent… Toujours de bons personnages, des retournements de situations inattendus, beaucoup d’humour (merci Negan/Jeffrey Dean Morgan pour ces phrases!). Et, bien sûr, c’est toujours aussi bien filmé (ces plans avec la lumière…). Il y a beaucoup plus que du gore et du zombie dans The Walking Dead.

Saison 10 en cours – (et en pause hivernale)

C’est à peu près tout pour aujourd’hui ! 👌🏽

 

Premières lignes #21juillet

Premières lignes consacrées à un roman qui se situe dans les années 60/70  aujourd’hui

« Son prénom se prononçait « Jack-ah-ran-dah », évoquant ces lampions-citrouilles nommés « jack-‘o’-lantern », sur le même rythme. Le nom d’un arbre fleuri, flamboyant, d’Amérique Centrales, qui pousse à Los Angeles, et en espagnol on disait à l’origine : » Hawk-ah-rahn-dah ». C’était ses parents tout craché, d’appeler leur fille Jacaranda. « 

Sex & Rage par Babitz

Eve Babitz est une figure de la scène artistique des années 60/70. Son roman, Sex & rage, publié en 1979 est son deuxième livre traduit en France (seulement).
Derrière le personnage de Jacarandah, on devine sans peine le sien, celui d’une jeune femme qui posa nue à 20 ans pour une célèbre photo de Julian Wasser, sur laquelle elle affronte Marcel Duchamp aux échecs. 

Duchamp Playing Chess with a Nude (Eve Babitz), Duchamp Retrospective, Pasadena Art Museum, 1963

Mais ce n’est pas pour cette anecdote, ni pour ses relations avec Jim Morrison ou Harrison Ford, que Sex & Rage est un livre intéressant. C’est, avant tout, unroman d’apprentissage, écrit de façon nette et sans ornementation, servi par une très bonne traduction. Eve Babitz va à l’essentiel et on se prend au jeu. Intéressant.

 

A lire

  • si vous aimez les romans d’apprentissage, les années 60/70, les grandeurs et décadences diverses, la pop culture.
  • si vous avez aimé « Daisy Jones & The Six » ou si vous avez très envie de le lire

 

Les blogueurs et blogueuses qui  participent aussi  aux Premières Lignes : 

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Les dossiers de la pop : The Walking Dead

 

Voilà un article en lien avec le thème de la pop culture. Mes autres articles sur la pop sont rassemblés sous la thématique « T’as pas vu ma pop » sur ce blog.

 

C’est au moment où les fans de la première heure ont commencé à déserter la série que j’ai commencé à sérieusement m’y intéresser. Alors que la série TV s’éloigne considérablement de l’histoire initiale ( une refrain déjà connu et vu chez …. Game of Thrones, par ex. ), voilà un  article sur l’une des séries les plus marquantes de ces dernières années : The Walking Dead.
 Mon but n’est pas de spoiler mais je peux le faire puisque je parle de manière générale. Si vous avez envie de découvrir la série ou de la reprendre

 

Résumé rapide

« En 2003, Robert Kirkman s’ attelle avec Tony Moore au dessin à un nouveau projet de série : The Walking Dead. Il s’agit de l’histoire d’une communauté de survivants dans des États-Unis infestés par les zombies.  Au départ, le projet est fraîchement accueilli par les dirigeants d’Image Comics. Mais, année après année, ses ventes aux États-Unis augmentent régulièrement. En 2010, c’est même l’un des romans graphiques les plus vendus aux États-Unis. Un succès qui doit notamment à l’adaptation de la bande dessinée en série télévisée. »

Tout commence ainsi :
« T
he Walking Dead se déroule dans un monde envahi par les morts-vivants. L’origine du phénomène demeure inconnue. Rick Grimes, shérif adjoint, se réveille à l’hôpital après un long coma de plusieurs mois. Il découvre grâce à Morgan Jones que la population entière a été ravagée par une épidémie d’origine inconnue, qui est envahie par les morts-vivants. Parti sur les traces de sa femme Lori et de son fils Carl, Rick arrive à Atlanta où, avec un groupe de rescapés, il va devoir apprendre à survivre et à tuer tout en cherchant une solution ou un remède. »(source)

Le zombie est tout neuf et il a faim

C’est ce qui frappe dans les épisodes des saisons 1, 2 et même 3. Les zombies, rapidement appelés   » rôdeurs « (walkers) sont particulièrement actifs. Ils ont un aspect « frais »  et si cela semble un brin dégoûtant, c’est une réalité qui colle bien avec le déroulement de l’histoire : l’épidémie vient juste de frapper et les morts qui marchent sont de  » jeunes morts. L’évolution est visible au fil des saisons : leur aspect se détériore de plus en plus et pour les plus anciens, ils sont de plus en plus lents. Mais de plus en plus nombreux…


Les épisodes des premières saisons sont marqués par des scènes de cannibalisme, des moments bien gore qui peuvent s’expliquer par la faim des rôdeurs. De même que le nouveau vampire a un besoin impérieux de sang (cf. Anne Rice, Stephenie Meyer, Deborah Harkness), le zombie nouveau a la dalle et il a besoin de chair fraîche – et si possible humaine! Comme il cherche à tout prix à se nourrir, on voit des morts vivants s’en prendre aussi aux animaux – ce qui donne lieu à ce type de dialogue :   » Ce gros dégueulasse s’est fait une marmotte pour le déjeuner » (Daryl, en vérifiant le contenu de l’estomac d’un rôdeur). Si les rôdeurs ont faim, le spectateur, lui, beaucoup moins…

Les personnages attaqués par les rôdeurs dans les saisons 1 et 2 connaissent des morts violentes et peu ragoûtantes. Par la suite, ils seront préparés et combatifs, jusuqu’à devenir de véritables guerriers, pour certains, et sauront d’autant mieux se défendre.

La confusion: K.O dès le départ

L’apocalypse, à défaut du ciel,  est tombée sur la tête des personnages de The Walking Dead. Ils ne s’y attendaient pas. Tout est question de soudaineté. Et les personnages sont sonnés, en état de choc pour beaucoup d’entre eux. Ils fuient un monde qui n’a plus ni queue ni tête. Ceux qui ont pu survivre tentent de se rassembler mais peu d’entre eux sont prêts pour la survie. Ils ne savent pas se battre, ni prendre des décisions radicales.

Ce qui ressemble à un campement familial dans la première saison va vite changer d’atmosphère.
Ils s’aperçoivent alors que, pour survivre, il va leur falloir apprendre à vivre en groupe et changer leurs propres codes.

On le voit dès les deux premières saisons: rester isolé et survivre n’est pas donner à tout le monde. Seuls quelques uns ont l’expérience pour le faire (Daryl; Michonne, par ex.).



(Michonne)

Pour les autres, se retrouver seuls équivaut au suicide. De là naît l’importance du groupe, qui va se développer dans les saisons suivantes, de la famille au sens élargi du terme. Sans structure, les humains deviennent fragiles, désespérés, à la merci des rôdeurs et d’autres monstres qui sont eux aussi des humains.

Car les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Et c’est bien là le thème récurrent de la série (et de la BD) : les rôdeurs ne sont pas les pires monstres. La monstruosité est dans l’humanité.
Les personnalités violentes trouvent leur place dans ce nouveau désordre du monde. On voit  Merle Dixon, le grand frère de Daryl,  s’épanouir. Shane Walsh, le partenaire de Rick, n’hésite pas à tuer pour aboutir à ses fins.
Au fil des saisons, on tombe régulièrement sur des caractères psychopathes ou aussi tordus ; le Gouverneur, personnalité sadique et ambigü et bien sûr, Negan , l’un des meilleurs méchants de l’histoire des séries (un dossier très intéressant sur les Méchants de The Walking Dead). 

Le gouverneur

 

Où est notre humanité ? Où va notre civilisation ?

C’est à peu près le propos de Dale quand le groupe doit prendre une décision extrême face à un prisonnier: s’en débarrasser ou le laisser vivre.
Dale fait un réquisitoire émouvant en faveur de l’humanité à défendre, sur le fait de ne pas tomber dans la barbarie qui serait la fin de la civilisation

« [Andrea asks Dale how does he know they’re civilized people anymore]
Dale Horvath: You’re a civil rights lawyer. You fight with words, the power of ideas. Using a-a gun, that’s his way.
Andrea Harrison: You really want to debate about saving a guy who will lead his buddies right to our door?
Dale Horvath: That’s what a civilized society does.
Andrea Harrison: Who says we’re civilized anymore?  »

Dale Horvath: The world we knew is gone, but keeping our humanity? That’s a choice.

(source)

 

Survivre aux dépens de la civilisation ? Au risque de se perdre soi-même ?
On a vu que les codes changeaient dans des conditions extrêmes.
Certains vont devoir puiser en eux-mêmes (Carol, Maggie, Glenn, par ex.) ou faire appel à leur côté obscur (Rick – et au fil des saisons, de plus en plus obscur).



Rick Grimes 

 

C’est ce qui va opposer les adeptes de ce nouveau mode de (sur-)vie aux résistants pro-humanistes (Hershel Greene, profondément croyant, souhaite soigner les morts qui marchent, par ex.).

Mais au final, qui est civilisé, qui est le barbare ?
Imposer sa loi pour le plus grand Bien n’est-ce pas frôler la dictature ? 
Voilà ce que Rick déclare à son groupe :

Rick GrimesMaybe you people are better off without me. Go ahead. I say there’s a place for us, but maybe… maybe it’s just another pipe dream. Maybe… maybe I’m fooling myself again. Why don’t you… Why don’t you go and find out yourself ? Send me a postcard ! .Go on, there’s the door. You can do better ? Let’s see how far you get.

 [the group remains silent] No takers? Fine. But get one thing straight… you’re staying. This isn’t a democracy anymore.

 

Croire ou ne pas croire

[Carol tries to tell Carl that they’ll see Sophia again in Heaven]

Carol Peletier: You know, we’ll see Sophia again in heaven some day. She’s in a better place.
Carl Grimes: No, she’s not. Heaven is just another lie, and if you believe it, you’re an idiot.

La foi et, bien sûr, la religion, a une place importante dans tout ce qu’écrit Robert Kirkman. J’en prends pour exemple la série Outcast (comics aussi adapté en série). On n’y parle plus de zombies, mais de possession démoniaque. Exorcisme, religion, croire ou ne pas croire, rédemption, voilà des thèmes qui semblent hanter Kirkman.

 

Outcast is similar to The Walking Dead in that it is, as you’ve said, a dramatic take on a horror concept. What other similarities would you say the two comics share?

I think that both of them strive to be very real examinations of a very fantastical and unreal kind of situation. Although I would argue that demonic possession is certainly something that there’s evidence to support the possibility that it could be a real phenomenon — much more so than zombies. I think zombies are probably definitely never going to happen (Laughs). I think people may wish that they would. But they’re both stories about very real people against these horrific backdrops. That’s something that I really enjoy doing. (source)

 

Ainsi, dans the Walking Dead, on s’aperçoit très vite que se réfugier dans une église (et on ne dira jamais assez à quel point elles sont nombreuses dans le sud des USA) n’est pas une bonne idée. En entrant dans la petite église, (saison 2 – ép.1), Rick et les autres ne trouveront que quelques rôdeurs…. Alors que Carol prie dans l’espoir de retrouver sa fille, Rick s’adresse à une statue de Jésus en croix de cette manière:

« [Rick prays to the Jesus Christ statue while in the church]
Rick Grimes: I don’t know if you’re looking at me with what?
[Rick looks at the Jesus statue] Sadness? Scorn? Pity? Love?
[Rick sighs] Maybe it’s just indifference. I guess you already know I’m not much of a believer. I guess I just chose to put my faith elsewhere. My family, mostly. My friends. My job. The thing is, we… I could use a little something to help keep us going. Some kind of… acknowledgment. Some indication I’m doing the right thing. You don’t know how hard that is to know. Well, maybe you do. Hey look, I don’t need all the answers. Just a little nudge. A sign. Any sign will do. »

Face à des morts en marche, même les plus croyants se mettent à douter :

« [Rick reminds Hershel that he’s a man of faith]
Rick Grimes: You’re a man of God. Have some faith.
Hershel Greene: I can’t profess to understand God’s plan, but Christ promised the resurrection of the dead. I just thought he had something a little different in mind. »

 

Même si on croise des prêtres (le père Gabriel, par ex.) dans The Walking Dead et des personnes qui ont la foi, il semble bien que le monde tel qu’il est décrit par Kirkman soit dépourvu d’un Dieu (et rien que cette idée fait référence à la vision d’un chrétien déçu, plutôt qu’à celle d’un réel athée). On pense plutôt à un désir de croire en une entité suprême, à un au-delà alors que le monde se trouve pris dans un chaos total.

 

Une fois de plus, on se trouve face à un désenchantement du monde, non pas avec la disparition de la magie ou son affaiblissement (comme dans Harry Potter, par ex.) mais avec la désertion et le recul du sacré (Max Weber le dit mieux que moi).

Dans la pop culture, on peut croiser Luke Skywalker  à la recherche du sens (la Force) dans un monde désenchanté, Bilbo, Frodon et les elfes de Tolkien fuyant la Terre du Milieu devenue terre des hommes. On peut aussi croiser un monde sans plus de sens, ni même d’humanité, un monde sur sa fin – ou en plein renouvellement. Car s’il y a une chose qui perdure et prend le dessus dans le monde de The Walking Dead, c’est la nature. 

 

Il y aurait encore bien des thèmes à développer mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui.
En espérant vous avoir donné envie de découvrir ou re-découvrir la série ou les comics!

 

Robert Kirkman : 

« Les bons films de zombies nous révèlent à quel point nous pouvons être déséquilibrés… ainsi que la situation de détresse dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui.
[…] Avec Walking Dead, j’ai voulu explorer comment des individus réagissent lorsqu’on les met face à des situations extrêmes et quel impact peuvent avoir les évènements sur leur comportement.
Chers lecteurs, tout au long de la série Walking Dead, vous allez découvrir comment Rick va s’affirmer et évoluer, au point que vous ne le reconnaîtrez pas.
.
Tout dans cette série est une tentative de montrer la progression naturelle des événements telle qu’ils pourraient survenir dans de telles circonstances.
Les personnages sont le véritable moteur du récit. La manière dont ils en sont arrivés là devient dès lors plus importante que le simple fait qu’ils y soient arrivés.
Je voudrais vraiment vous montrer comment vos amis, vos voisins, votre famille et vous-mêmes pourriez réagir dans de telles situations. (…)
.L’idée directrice de Walking Dead est de rester proche des personnages et en particulier de Rick Grimes, aussi longtemps que cela sera humainement possible.
Je vois Walking Dead comme la chronique de l’existence de Rick. »

(source)

 

Série diffusée sur AMC – saison 9 en cours (OCS)
Comics chez Delcourt 

La dernière mouche avant la fin du monde – Fred Marty & Rachel Cade

C’est à quelques jours de la rentrée scolaire que je m’aperçois à quel point je suis en retard sur mes chroniques de livres. Trop de choses se bousculent en ce moment… Je sais bien que je vais finir par surmonter ces difficultés mais parfois, il faut un peu de temps.

Du temps, j’en ai trouvé pour lire « La dernière mouche avant la fin du monde » , gentiment envoyé par Fred Marty dont j’avais apprécié le Sherona .
Cette fois, il s’agit d’un récit écrit à quatre mains avec Rachel Cade, qui se rapproche de la novella (72 pages).

 

Résumé : Que se passe-t-il lorsqu’un expert en informatique et une manager du service client d’une boîte internationale de téléphonie se retrouvent en possession d’une machine capable d’arrêter le temps ?
Entre deux morceaux de tarte aux pommes, nos improbables héros devront affronter le pire du pire pour rattraper le coup.

Néo et L.A échangent par mail, pour le travail, à l’origine, puis pour le fun quand soudain, le monde se fige. Le monde entier sauf… eux deux. On assiste alors à une course étonnante et improbable truffée d’énigmes et de références à la culture pop.
Je n’en dis pas plus afin de vous laisser le suspense.
Autant dire que ça se lit bien et que ça se lit vite.

Format court et fin du monde

Le format court ne me dérange pas dans un récit, en général mais je dois avouer que je suis restée sur ma faim. J’ai rapidement accroché à cette situation à la Twilight Zone (la fameuse quatrième dimension) et j’ai apprécié les clins d’oeil, jusqu’à un certain point.
Car, soyons honnêtes, si la novella se lit facilement, elle laisse un sentiment d’inachevé, au point que le lecteur en vient  à se demander si un format plus long, avec plus de développements et de travail sur les personnages (par ex) ne serait pas plus approprié. C’est une question que je me suis posée tout au long de ma lecture et, si je ne détiens pas la réponse, j’ai tendance à penser que la novella, retravaillée, affinée et débarrassée de certains tics (voir au paragraphe ci-dessous) gagnerait à passer au format «roman». Il y a vraiment du potentiel mais on a l’impression que celui-ci n’est pas exploité. (D’où l’importance de travailler avec un éditeur ou une éditrice qui pointerait ce genre de points faibles, peut-être ?)

Humour et références

Si les échanges et l’humour sont présents, tout se précipité rapidement. Certes, on parle ici d’une situation décalée et improbable (enfin, sans doute improbable ). Mais il ne suffit pas de farcir un récit de multiples références ( Buffy, Kaamelott, Naheulbeuk, j’en passe) agrémenté de détails techniques pour boucler une histoire qui se tient. Les personnages sont peut-être dépassés par les événements, ils sont quand même assez light en consistance (le personnage féminin qui s’agite en tous sens est rapidement fatigant).
Quant aux références, je suis la première à les apprécier, quand elles sont dosées. Dans La dernière Mouche…., il y en a à la pelle.
Je peux dire qu’une fois arrivée à A la volette, j’avais atteint mes limites. Décidément, trop de références tuent le principe. Et cela rejoint ma réflexion du paragraphe précédent.

Une lecture divertissante

Je suis assez ennuyée de ne pas être plus enthousiaste parce que les deux auteurs ont fourni un bon travail; l’écriture à quatre mains est loin d’être facile et ici, elle fonctionne bien.
Je me faisais la réflexion en relisant les premières pages que quelqu’un qui ne travaille pas dans le milieu du digital aura bien du mal à appréhender  ce genre de détails (je cite):

 » Je l’avais rencontrée en ligne, au détour d’une question technique anodine sur l’interopérabilité des différents CRM du marché avec le protocole SIP. « 

J’ai souri en lisant cette phrase mais je doute que cela soit le cas de tout le monde.

Par contre, j’ai réellement aimé le passage des énigmes à résoudre, en particulier parce que cela concerne la musique.

Finalement, si je devais conclure par une formule digne d’un bulletin scolaire, ce serait: « sympa, peut mieux faire, du travail, encore du travail.» 💪


Je  vous laisse découvrir cette courte lecture et vous faire votre avis en commandant « La dernière mouche avant la fin du monde ».

A conseiller aux : 

  • geeks et amateurs de pop culture
  • lecteurs de SF à la recherche d’une narration courte
  • si vous aimez Doctor Who, Buffy et Twilight Zone
  • lecteurs curieux

Note – Je ne préfère pas développer mes idées sur la couverture au risque de devenir un brin désagréable. Ce genre d’illustrations ne donne pas envie d’ouvrir le livre, au contraire… Tant qu »il s’agit d’un e-book, cela ne pose aucun problème. En version papier, c’est une autre histoire car c’est peu attractif – et donc peu vendeur. 🙄
(j’ai testé sur plusieurs personnes de mon entourage pour connaître leurs avis mais il n’en ressort pas plus de positif).