Arts d’hiver — 27

Rowena Morrill est décédée récemment et, si vous lisez de la SF ( et si vous aimez les éditions un peu pas forcément récentes en poche, celles qui ont tout leur charme), vous connaissez sans le savoir ce qu’elle faisait.

Et elle a dessiné Asimov sur un trône aussi :

 

Rowena Morrill. Le gardien

Rowena Morrill. Jardin de pierre

Rowena Morrill. Temps de Bender

Rowena Morrill. Le sorcier

Sa vision de Tolkien ( oui….) — Beren et Luthien :

Rowena Morrill. Beren et luthien

Le cygne-bateau de Galadriel :

Rowena Morrill. Cygne bateau galadriel

Le Gondor :

Rowena Morrill. Dernier gouverneur du gondor

Rowena Morrill. Maître en général

Et Asimov :

Rowena Morrill. Opus 200

Premières lignes – 19 octobre

Premières lignes 

« Alors, finalement c’était bien la vérité de Dieu que Hasma niquait avec le
Kabyle du deuxième, notre palier à nous autres. Depuis trois nuits déjà,
Inna se tenait l’œil en planque à travers une fente de la porte… Inna a
brutalement ouvert la porte. Sur le palier, Hasma bégayait des
explications confuses, une lampe de poche serrée entre les doigts… »

 

Méchamment berbère par Sif

Résumé : Dans le vieux Marseille des années 1970, la chronique d’une famille d’immigrés marocains.
La mère qui assume le quotidien, le père qui abandonne le domicile conjugal, le frère qui devient fou, une culture où se mêlent pauvreté, tendresse, violence et sorcellerie… Un destin familial qui devient, sous le regard lucide et plein d’humour de la narratrice, une truculente leçon d’humanité.

 

Premier roman de Minna Sif, Méchamment berbère a été publié en 1997. Il est ici repris dans Les poches du  Diable ( Au Diable Vauvert). Le récit, narré par l’une des trois soeurs ( ce « nous » persistant ») est axé autour des femmes de la famille berbère : la mère, Inna (=maman en berbère) et les fameuses trois sœurs, « méchamment » surnommées le Chameau, le Tonneau et la Merguez par le père qui sait à peine les distinguer et les considère donc comme une entité. Tout l’immeuble dans lequel vit la famille de la narratrice repose sur une dynamique féminine puisque les pères et maris sont absents.    Fuyant devant les responsabilités, ils sont partis sans laisser d’adresse,  ils ont parfois une autre famille ailleurs et ne donneront plus ou si peu de nouvelles.   Ou bien,   ils sont décédés suite à des accidents de travail.   Les frères ne sont pas mieux. Ainsi, les deux frères aînés des narratrices : l’un a changé de vie, changé de nom, reniant sa culture berbère, dénigrant aussi sa famille,  l’autre souffre de troubles psychologiques et ne veut pas se faire soigner, restant un poids pour la mère.
Quant au père, le Vieux, il n’existe que par le souvenir de la narratrice  puisqu’il a
rapidement abandonné sa famille à Marseille pour s’en retourner au Maroc. Il symbolise l’ancrage dans la culture traditionnelle.
Les femmes, elles, se tournent vers l’extérieur, vers ce nouveau pays, cette nouvelle culture  — les enfants font le lien entre les deux cultures. Les femmes constituent l’ouverture.
L’immeuble peuplé de femmes et d’enfants est situé — et c’est amusant de le noter — au 15 bd des Dames à Marseille. Encore un élément féminin.
Inna (maman) est donc le pilier de la famille, celle qui intervient durant les bagarres. Elle jure, elle a une stature puissante, une force de caractère forgée par une vie qui ne fait pas rêver : « mariée à 13 ans à un homme de vingt ans son aîné, enceinte dès la première année, mère de cinq enfants, battue, abandonnée par son mari qui prend deux autres épouses encore plus jeunes qu’elle.  »
Pourtant, Inna, une fois seule avec ses enfants, va se débrouiller. Et plutôt bien.  Une fois le mari parti, une fois la violence disparue, elle va prendre les choses en mains, en femme indépendante, bataillant même avec la paperasse et l’administration française.
Il faut ajouter qu’elle ne sait pas lire, comme la plupart des femmes immigrées de cette époque, et que ce sont ses filles qui se chargent de toutes les traductions (dans la vidéo ci-dessous, Minna Sif relate ce que cette expérience lui a apportée). 

Le récit est riche et malicieux, parfois drôle. La langue est habile, maîtrisée et agile. J’ai adoré l’utilisation par petites touches des termes en arabe dialectal et en berbère (il y a un lexique pour les personnes qui ne comprennent pas — et surtout, le texte n’en abuse pas si cela fait peur).  

Note perso : 

Je vais ajouter ma touche personnelle en disant simplement que ce récit m’en a rappelé bien d’autres, réels aussi, non écrits mais oraux. Ceux de personnes que je connais ou que j’ai connues. Il m’a rappelé des moments passés avec des gens que j’ai côtoyés, une part de ma vie, de mes amitiés, de mes galères aussi. Et c’est sûrement ce qui fait que j’ai refermé le livre avec un mélange de nostalgie et de tendresse. Je comprends qu’il n’en sera sûrement pas de même pour une personne n’ayant pas la même expérience. Mais selon les parcours de vie, Méchamment berbère est un récit passionnant, souvent poignant.

 

Et je remercie Babelio-Masse Critique et les éditions Au Diable Vauvert pour cette lecture, bien sûr.

 

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Premières lignes – 11 octobre

Premières lignes

« Introduction — Hiver
Il va sans doute bientôt neiger. elle regardera cette première neige par la fenêtre de sa chambre d’hôpital.
Je peux l’imaginer quittant son lit, glissant ses pieds dans ses pantoufles et s’approchant lentement de la fenêtre. je vois son petit visage pâle, le front qu’elle appuie contre la vitre froide, son visage sans expression ; elle aura enfoncé ses mains aux poignets fragiles dans les poches de son pyjama d’hôpital trop grand pour elle. Et quand elle se penchera vers la fenêtre en clignant des yeux, abaissant ses longs cils brillants qu’on dirait humides, le pendentif orné d’un griffon, suspendu à une chaîne d’argent fine effleurera sa clavicule. « 

Encouragez donc les garçons ! par Eun

 

Avec ce roman de Eun Hee-kyung  direction la Corée du Sud. Publié en 2010, 소년을 위로해줘, « Console le jeune garçon » (on voit déjà qu’il y a un problème de traduction mais je vais y revenir) est un beau roman sur l’adolescence, sur le fait de grandir, de trouver sa place dans la société la pression sociale, sur le fait d’être différent.e, sur l’amour, l’amitié, le manque de repères et comment s’en créer, la paternité, la maternité aussi, ….
On a là un roman d’apprentissage avec beaucoup de thèmes abordés au travers de l’histoire Yeonwu qui vit seul avec sa mère. Ce n’est pas fréquent en Corée et il en souffre. Il n’a pas connu son père. La mère et le fils accompagnés de leurs deux chats emménagent dans un nouvel appartement. Yeonwu va intégrer un nouveau lycée avec la pression que cela comporte : les examens, les heures de classes supplémentaires et obligatoires pour les préparer — nous n’avons aucune idée de la charge que cela représente, ici, en France. Lorsque les lycéens s’y soustraient, ils reçoivent des punitions qui peuvent être des châtiments physiques (oui, on les frappe et ceci est considéré comme « normal » dans la mesure où le prof ne frappe pas trop fort) ou bien des humiliations (porter une pancarte toute une journée indiquant que vous avez séché le cours et marquant votre honte – ce qui est particulièrement insupportable en Asie). Chaeyeong, la jeune fille dont Yeonwu va devenir l’ami, va subir ces punitions. Taesu, le troisième larron de la petite bande, revient des USA où ses parents ont vécu. Il a étudié là-bas et émaille ses phrases d’expressions américaines. Il a du mal à se réadapter aux critères coréens au grand désespoir de sa jeune soeur et de sa famille. En gros, il devient le vilain petit canard. Taesu et Yeonwu partagent le même goût pour la musique et surtout pour le rap. Ils vivent sur ce rythme.

Mais on ne suit pas que les adolescents ; les soucis d’adaptation concernent aussi la mère de Yeonwu, Mina,  et son petit-ami, Jaeuk, plus jeune qu’elle. Voilà une situation qui n’est pas correcte : elle est une femme divorcée qui ne « rentre pas dans les cases » , et elle sort avec un homme plus jeune, sans vouloir se marier. Absolument pas coréen. Sans parler du fait que Jaeuk n’a pas d’emploi respectable dans une grande entreprise !
Pour autant, la génération des parents ne comprend pas celle des enfants. Mina, déjà en rupture avec la tradition a du mal avec Yeonwu. Et même Jaeuk qui essaie d’être ami avec lui, l’entraînant à la course à pied, se révèle être un grand moralisateur. Tout le monde cherche ses repères et a bien du mal à les trouver dans une Corée qui est tiraillée constamment entre le passé rigide, les exigences de performance et ce qui se profile. C’est vraiment très intéressant. Et comme je m’intéresse à l’Asie ; au Japon depuis longtemps ( les années 80 grâce à mes parents ) et à la Corée du Sud depuis quelques années seulement (merci la K-pop, je n’ai pas honte de le dire) , je n’ai pas été surprise.
J’ai aimé aussi les personnages, les touches délicates pour entrer dans l’histoire, la poésie qui se dégage.
Par contre, le roman souffre d’un très gros problème que j’évoquais dès le début : la traduction est une catastrophe de même que la mise en page à certains moments (les dialogues délimités n’importe comment). Il y  a aussi des fautes de frappe, des erreurs de français qui rendent la lecture difficile. Parfois, j’ai dû relire plusieurs fois le même passage pour comprendre le sens. On sent que la traduction est très littérale. Je sais que le coréen n’est pas facile à traduire, à la base (pour un aperçu de la structure de la phrase coréenne, c’est par ici).  Parfois cela donne de drôles d’interprétations, voire plusieurs nuances quand on le passe dans notre langue mais ce n’est pas une raison. C’est compliqué de lire un texte qui n’a pas vraiment de sens… Sans cela, Encouragez donc les garçons — le titre ne correspond d’ailleurs à rien puisqu’il est inexact — serait un très bon roman. Et c’est pourquoi il est à lire. En tout cas, j’ai découvert une autrice à suivre.

Résumé : Yeonwu vit seul avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Après leur déménagement, il fait la connaissance de Taesu, futur camarade de classe. La musique qui s’échappe du casque de ce dernier, son cœur qui bat sur ce rythme, c’est le début de tout. Nouvelle amitié, rencontre avec Chaeyeong, fille craintive, premiers émois, premier amour, séparation forcée, retrouvailles… De l’été à l’hiver, puis de l’hiver au printemps… À travers ce roman d’apprentissage dans l’hyper-modernité sud-coréenne, l’auteure dresse un portrait sans complaisance de la génération des parents des protagonistes, dont certains ont rompu avec les traditions familiales et d’autres  se satisfont de leur rôle social, tandis que leurs enfants, n’ayant plus de repères solides, sont à la recherche d’eux-mêmes. Portait d’une jeunesse qui communie dans la même musique et le même rêve d’un monde autre, rêve qui peut conduire aussi à des choix dramatiques.

Publié en 2010 en Corée du Sud. Editions Atelier des Cahiers 

Lire ce roman m’a fait énormément penser au manhwa de Park Hee-Jung, qui date de 2004/2005 et qui parle d’adolescents coréens à la dérive (harcèlement, etc…). La série s’appelle Fever — on ne la trouve que d’occasion.

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Premières lignes – 14 septembre

Premières lignes 

« Il virevolte à travers le cabinet, mon volumineux dossier à la main. J’appréhende l’examen. « Asseyez-vous. Attendez-moi. venez par ici. Passez-moi les derniers champs visuels. Non, dans l’ordre chronologique. Arrêtez de parler.  » J’obéis à tout, servile, comme s’il s’agissait d’obtenir une bonne note ou une assurance de guérison. Je me laisse guider par un médecin réputé qui veut voir, de ses yeux voir, ce qui fait que les miens ne voient plus la nuit, et de moins en moins le jour. « 

C’est un livre original que j’ai terminé : pas un roman mais un récit. Et totalement autobiographique, puisqu’il s’agit de « La nuit se lève » dans lequel la journaliste Élisabeth   Quin  ( 28 minutes sur Arte ) raconte sa vie depuis qu’on lui a diagnostiqué un glaucome.
Dit comme ça, on pourrait penser que c’est plutôt….glauque et pas franchement folichon. Ce n’est pas le cas : déjà, parce qu’Elisabeth Quin est aussi brillante à l’écrit qu’à l’oral. Si ça en énerve certains ( comme d’habitude quand une femme se montre intelligente, belle, cultivée, etc… on connaît le refrain….), cela suscite mon admiration au contraire. J’ai particulièrement apprécié son humour, ses tournures de phrases. Il y a aussi beaucoup d’émotion : que faire quand on sait que la cécité est certainement inévitable ? Comment faire alors lorsqu’on aime lire ? Voir ? Apprécier la beauté visuelle?
Elle raconte aussi son parcours médical, les effets indésirables des médicaments, la possibilité d’une opération, sa peur face à cette nuit qui se lève.
On y trouve aussi la figure de l’aveugle, dans l’art, dans la littérature : des peintres, des artistes, le lien qu’elle cherche à tisser avec ces gens, des compagnons de non-voyance, en quelque sorte.

Petit livre truffé d’anecdotes, bijou d’écriture, sensible et plein d’auto-dérision, « La nuit se lève » vaut vraiment la peine d’être lu.

La nuit se lève par Quin

 

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Premières lignes – 31 août

 

Premières lignes ( un roman dont j’ai failli oublié de parler)

« Elle est déjà vieille pour faire ça.
Elle est vieille à 23 ans parce que les garçons à ses côtés en ont 17. Ils ont l’allure des jeunes qui jouent au rock. Des boutons d’acné rouge et blanc, quelques poils duveteux et des blousons de faux cuir, des jeans troués, des baskets blanches. Leur guitare et leur basse et leur batterie démesurément grandes. « 

C’est pour le rock, la référence à Debbie Harry et tout ce qui va avec que j’ai choisi ce roman, bien sûr. Il y est question d’un vieil écrivain qui, bien des années plus tôt, a rencontré et aimé Platine. Il était alors un jeune écrivain  qui traînait ses guêtres à New York. Il en a tiré un roman qui a eu un immense succès. Jean a même reçu le prix Goncourt. Bref, c’est une légende.
Aujourd’hui, il vit en reclus dans un ancien couvent. Il tombe sur Marie, une chanteuse blonde qui lui rappelle Platine. Elle veut une chanson, il veut écrire un livre. Commence ce qui pourrait être une histoire intéressante … Sauf que, malgré les retours en arrière dans les années soixante-dix, le Palace, le punk, son histoire d’amour avec Platine, rien n’est très passionnant. Et on s’y ennuie. Le présent avec Marie n’est guère mieux.
Pourtant, le style est là ; tout est réuni pour passer un bon moment littéraire et rock. Mais l’intrigue reste fade.

C’est dommage, je n’en suis pas ressortie convaincue.

Ou pour rester dans le thème, voilà ce que j’avais  à l’esprit : non pas Debbie Harry mais John Lydon répétant à l’infini  : «  We’re so pretty vacant (and  we don’t care) » 

( —  dans le même ordre d’idées, « Boredom » des Buzzcocks, autre groupe punk, même époque,  fait bien le job aussi — )

Platines par Decoin

Résumé : Jean, un écrivain âgé, vit retiré dans un ancien couvent, pas très loin de Paris. Un soir, revenu par le train, il s’arrête dans le bar PMU du village. Pour boire un verre. Pour être seul au milieu des autres. La vision d’une jeune femme blonde, chanteuse d’un groupe amateur, va réveiller le passé.

C’était en 1976. Le jeune romancier est alors en résidence d’écriture aux États-Unis et cherche à s’encanailler. Dans le couloir d’un bar, il croise Platine, rock star déjantée du New York underground. De cette furtive rencontre, il tire un livre qui paraît en 1978 et remporte le prix Goncourt. Quelques mois plus tard, elle accepte, contre toute attente, de jouer son propre rôle dans l’adaptation du roman qu’il doit réaliser lui-même. C’est le début de leur aventure, mais il demeure le petit  » Frenchie  » dans les vertiges de Manhattan. Et les histoires d’amour ont souvent une fin. Celle-ci le fracassera.

Accepter de voir Marie, la jeune chanteuse sans grand talent, à la même blondeur platinée, c’est courir le risque de remuer des souvenirs douloureux dont l’isolement est censé le protéger. C’est aussi s’ouvrir une chance : celle d’écrire à nouveau.

 

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Premières lignes : La fileuse d’argent

Je n’ai pas un rythme de lecture très soutenu en ce moment. Ou autrement dit : je rame pour terminer ce que je commence 😆. Parfois, je laisse le livre de côté pour le reprendre un peu plus tard. Bref, ça me fait cet effet depuis la fin du confinement (je vais accuser le confinement, ça sera plus rapide mais il y a pas mal de fatigue, aussi).

J’ai bouclé un roman assez long récemment dont voici tout de suite les premières lignes : 

« La véritable histoire est loin d’être aussi belle que celle que vous avez entendue. La véritable histoire, la voici : la fille du meunier aux longs cheveux d’or veut séduire un seigneur, un prince, le fils d’un notable, aussi se rend-elle chez le prêteur et y emprunte-t’elle une bague, un collier, qui la feront paraître à son avantage à la fête du village. Et comme elle est resplendissante, le seigneur, le prince, le fils d’un notable la remarque, danse avec elle et la culbute dans un grenier à foin quand l’heure n’est plus à la danse. Après quoi, il rentre chez lui et épouse la riche héritière que sa famille a choisie pour lui. Puis la fille du meunier, spoliée, raconte à tous que le prêteur est en affaires avec le diable et les villageois le chassent, lui jettent même quelques pierres, ainsi peut-elle au moins garder les bijoux pour se constituer une dot et donner sa main au forgeron, avant que naisse son premier enfant au terme d’une grossesse un peu courte. « 

C’est sous forme de conte que débute « La fileuse d’argent » un roman que j’ai reçu grâce à Masse critique (Babelio) :ma participation datait d’avant le confinement, et les circonstances ont fait que tout a été bloqué pour l’envoi du livre pendant un bon moment.

« La fileuse d’argent » est un roman que j’attendais avec impatience de lire car j’avais beaucoup apprécié « Déracinée » de la même autrice, Naomi Novik.
Cette fois encore, nous nous embarquons pour l’univers des légendes, un peu à la façon de « L’ours et le rossignol«  de Katherine Arden (j’ai trouvé pas mal de ressemblances, entre le monde slave, le roi de l’hiver, etc…. ). Nous suivons ici principalement (mais pas que…) trois jeunes femmes, la fille du prêteur, Miryem, Wanda qui viendra l’aider et tiendra un rôle important par la suite de « lien » entre deux mondes, et Irina, la jeune noble qui va épouser le nouveau tsar. Ces trois points de vue restent les principaux car l’intrigue tournent surtout autour d’elles mais l’autrice s’intéresse  avec beaucoup d’habileté aux points de vue secondaires comme celui de la nounou d’Irina ou du jeune frère de Wanda, ce qui apporte une richesse dans le développement des personnages. J’ai trouvé que le procédé était très bien maîtrisé 👍

La dimension fantastique apparaît en premier lieu avec les Staryk, dont on ne comprend pas au début l’origine. Leur monde, leur culture, tout sera développé un peu plus au fur et à mesure. Et je dis : « chic, on ne nous balance tout ça en même temps »  — l’autrice prend son temps et c’est un point fort.  Il y a également un autre personnage fantastique, un être du feu qui particulièrement réussi.

C’est d’ailleurs une réussite. Mais il faut savoir être patient.e. Comme pour « Déracinée », j’ai eu l’impression d’avancer doucement dans le roman au début, de devoir progresser à petite vitesse avant que l’histoire ne se déploie pleinement — mais avec quelle force ! (et je ne parle pas ici du dénouement ! ). Un enchantement, un de plus.

La fileuse d'argent par Novik

Résumé : Petite-fille et fille de prêteur, Miryem ne peut que constater l’échec de son père. Généreux avec ses clients mais réticent à leur réclamer son dû, il a dilapidé la dot de sa femme et mis la famille au bord de la faillite… jusqu’à ce que Miryem reprenne les choses en main. Endurcissant son coeur, elle parvient à récupérer leur capital et acquiert rapidement la réputation de pouvoir transformer l’argent en or. Mais, lorsque son talent attire l’attention du roi des Staryk – un peuple redoutable voisin de leur village -, le destin de la jeune femme bascule. Obligée de relever les défis du roi, elle découvre bientôt un secret qui pourrait tous les mettre en péril…

 

 

 

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Premières lignes – 22 juin

Premières lignes tout de suite :

« Samedi 6 avril
Je les rencontre une fois par semaine dans une rue en pente. Je les ramène chez moi et je les regarde vivre. Apparemment, ce sont des fleurs. Apparemment. Les choses ne sont jamais seulement des choses. « 

Dans ce livre, il  est beaucoup question de beauté, d’amour, de lumière, de Dieu, de vie et de  mort. De fleurs aussi.  La femme aimée, la « Plus que vive »,  est présente plus que jamais. Son absence est omniprésente. Il y est aussi question de musique (Mozart et Bach qui accompagnent l’auteur), de livres lus (de la poésie avec Höderlin ; les livres de Jünger,Bernanos et …Thérèse d’Avila — l’auteur est croyant ). Et d’écriture, bien sûr :

« Je me suis fait écrivain ou plus exactement je me suis laissé faire écrivain pour disposer d’un temps pur, vidé de toute occasion sérieuse. »

Tout à coup, en plein centre,  à la date du 4 septembre, on trouve un long paragraphe, un  autoportrait tracé  en moins de cent lignes, étonnant. avec un radiateur.  L’auteur change de ton, s’adresse aux lecteurs. C’est une vraie cassure dans ce journal au fil des jours aux phrases qui paraissent simples mais qui me semblent surtout bien pensées, ciselées. L’autoportrait accroche l’attention. Puis le discours intérieur que nous livre l’écrivain reprend, comme un chant, presque hypnotique. On se laisse bercer. Parfois, il y a ces phrases qui surprennent, saisissent le lecteur ou simplement l’envoûtent :

 » Ces gens qui font la roue à la télévision, experts en économie ou animateurs de variétés, accomplissent la même besogne. On leur a confié le soin de nourrir l’imaginaire et la pensée d’un peuple. Ils le font maigrir et l’insultent.  (…)  Car il en va des sociétés comme des individus : le réel est toujours du côté du réfractaire, du fugitif, du résistant, de tout ce qu’on cherche à calmer, ordonner faire taire et qui revient quand même, et qui revient encore , et qui revient sans cesse — incorrigible. L’écriture est de ce côté- là. Tout ce qui s’entête à vivre est de ce coté-là. »

Ou simplement :

 » L »ombre est venue. En été, elle descend des arbres et glisse sur les épaules. En hiver, elle monte de la terre, rentre dans le corps par les pieds. « 

Ou encore :

« Vouloir plaire — c’est mettre sa vie dans la dépendance de ceux à qui l’on veut plaire et de cette part en eux, infantile, qui veut être sans fin être comblée. « 

C’est un livre qui m’a permis de faire une pause alors que j’essaie de terminer une autre lecture qui s’essouffle (mais j’aimerais en venir à bout). Lire Bobin, c’est s’accorder une grande respiration, une bouffée d’air.

Autoportrait au radiateur par Bobin

Résumé : « A la question toujours encombrante : qu’est-ce que tu écris en ce moment, je réponds que j’écris sur des fleurs, et qu’un autre jour je choisirai un sujet encore plus mince, plus humble si possible. Une tasse de café noir. Les aventures d’une feuille de cerisier. Mais pour l’heure, j’ai déjà beaucoup à voir : neuf tulipes pouffant de rire dans un vase transparent. Je regarde leur tremblement sous les ailes du temps qui passe. Elles ont une manière rayonnante d’être sans défense, et j’écris cette phrase sous leur dictée : « Ce qui fait événement, c’est ce qui est vivant, et ce qui est vivant, c’est ce qui ne se protège pas de sa perte. » »

Les autres premières lignes sont aussi chez :

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