Premières lignes #24février

Tiens, pour une fois, je ne suis pas en retard pour les Premières Lignes ! Incroyable…

 » La tête lui faisait mal. Elle entendait crisser sous son crâne, un son discordant comme un froissement de papier. Quelqu’un s’était emparé d’un rire, l’avait chiffonné en une grosse boule grésillante et lui en avait bourré le cerveau. Une semaine, disait le rire. Une semaine. « 

Je pense que je vais prendre un abonnement chez Frances Hardinge tellement j’aime ce qu’écrit cette autrice. J’avais déjà évoqué La voix des ombres, ce roman jeunesse qui parle de fantômes  d’une manière très particulière (difficile d’en parler sans dévoiler le plus intéressant, allez le lire !). Or, on m’avait grandement conseillé de lire (hello mum!) Le chant du coucou paru à l’Atalante. Et je confirme, c’est une réussite.
Avec Le chant du coucou, nous nous retrouvons en Angleterre, juste après la Première Guerre mondiale. Triss est une petite fille de onze ans qui a l’air très malade. Tout juste rescapée d’une noyade, on ne comprend pas très bien ce qui lui arrive. Sa jeune soeur, Pen (-éloppe) ne lui ressemble en rien : elle est fougueuse, révoltée, entêtée et semble détester sa grande soeur. La famille est aisée, le père est un architecte célèbre de la ville. Très vite, on met un pied dans le fantastique…
Ce n’est pas seulement un roman horrifique mais parfois, comme pour La voix des ombres, cela en prend le chemin. Ce n’est pas un conte  populaire mais Hardinge en emprunte les codes et les repères. J’ai pensé au Roi Corbeau à certains moments, le souverain de toute magie de Susannah Clarke dans Jonathan Strange & Mr. Norrell ; et pour celles et ceux qui ont le roman de Clarke, ce n’est pas le seul point commun…
C’est aussi un roman d’apprentissage (les deux fillettes vont effectivement grandir en peu de temps) ; cela parle d’émancipation féminine, la période historique se prêtant bien au sujet (le personnage de Violet Parrish travaille, fume, et se déplace en motocyclette ! ). Et pour finir, il y a le thème sous-jacent du désenchantement du monde.

Un très bon roman qui va se joindre à ses potes pour le Challenge de l’Imaginaire

 

 

 

Résumé : Ce qui bougea en premier, ce furent les yeux, les yeux superbes de verre gris-vert. Ils pivotèrent lentement pour se fixer sur le visage de Triss. Puis la petite bouche frémit, s’ouvrit pour parler.
« Qu’est-ce que tu fais là ? Pour qui tu te prends ? C’est ma famille. »

Quand Triss se réveille à la suite d’une noyade dont elle a réchappé, elle comprend que quelque chose ne tourne pas rond : elle est prise de fringales incoercibles, elle se réveille la nuit des brindilles dans les cheveux, et sa sœur a peur d’elle.

 

Les autres premières lignes sont chez :

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Premières lignes #13janvier

Fantastiques, ainsi sont les premières lignes de cette semaine :

« Quand Makepeace se réveilla en criant, après un troisième cauchemar, sa mère se mit en colère :
– Je t’avais dit d’arrêter de rêver comme ça ! lança-t’elle en baissant la voix pour ne pas réveiller le reste de la maisonnée. Et si jamais ça t’arrive, il ne faut pas crier !
– Je n’ai pas pu m’en empêcher, chuchota Makepeace, effrayée par le ton féroce de sa mère. « 

Et voilà une histoire de cauchemars, de fantômes et d’autres phénomènes étranges qui commence…. Signé Frances Hardinge (L’île aux mensonges, Le chant du coucou, …), ce roman jeunesse installe dès le départ une atmosphère d’angoisse, parfois digne de L’épouvanteur.
Fantastique, étrange, La Voix des ombres nous emmène aussi dans une époque historique bien précise, l’Angleterre de Charles 1er ,ce roi qui sera décapité au moment de la Première Révolution anglaise . 

 

La voix des ombres par Hardinge

Résumé : Dans l’Angleterre du XVIIe siècle, l’esprit des morts se réfugie parfois dans le corps des vivants. La jeune Makepeace est envahie par l’un de ces fantômes, et s’aperçoit que la colère qu’il transporte avec lui lui permet d’affronter la famille de son père.

  • Broché : 512 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (24 janvier 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2075080585
  • ISBN-13 : 978-2075080583

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Il entre aussi dans mes lectures pour le challenge de l’Imaginaire 2020

Challenge de l’Imaginaire – 2020

2020, nouveaux projets et … allez, pourquoi pas un petit challenge ? (petit, pourquoi, petit? )

Celui-ci me convient bien : je ne vais pas m’appesantir sur ma prédilection pour la littérature de l’imaginaire ( comme dirait l’autre, je suis tombée dedans quand j’étais petite). C’est le moment d’en profiter avec ce très beau challenge : toutes les modalités sont clairement définies chez Ma Lecturothèque et pour s’inscrire, c’est aussi sur son blog que ça se passe. 

Je me suis inscrite dans une catégorie un peu au pif : je vais dire que je suis allée au plus simple en pensant surtout que je changerais tranquillement au fil de l’année selon mes lectures. Je n’avais pas spécialement envie de (re) lire des classiques en ce moment, donc  pas de « Catégorie D : Elfe de l’incontournable «  (j’ai hésité mais je ne suis pas très elfique moi-même, je suis plutôt Hobbit, chut.. 😁). Je vais donc opter pour la  catégorie A.

Voilà un challenge qui commence bien, avec de belles bannières.

Si ça vous tente, lancez-vous !

 

Mes lectures pour le challenge

  1. La voix des ombres – Frances Hardinge 
  2. L’enfant de poussière – Patrick K.Dewdney (Le Cycle de Syffe 1)
  3. La peste et la vigne – Patrick K.Dewdney (Le Cycle de Syffe 2)
  4. Feu et sang. T1 – GRR Martin
  5. Hazel Wood – Melissa Albert 
  6. Semiosis – Sue Burke 
  7. Le chant du coucou – Frances Hardinge
  8. L’ours et le rossignol – Katherine Arden 
  9. L’Héritage de l’Epouvanteur – t.16 – Jospeh Delaney 
  10. Pierre-de-vie – Jo Walton
  11. Soeur des cygnes 1 et 2 – Juliet Marillier
  12. la tempête des échos – Christelle Dabos

Premières lignes #5janvier

Premières premières lignes de l’année !
Et c’est là que je me rends compte que ça fait plus de 2 ans que je participe à ce rendez-vous, un format qui est idéal pour moi, me permettant de parler de lectures régulièrement, ni trop, ni pas assez, surtout depuis que je pense à inclure la chronique du livre en même temps (sinon, j’oublie totalement, et je n’ai aucune envie de revenir écrire par la suite🙄).

 

« La carriole était prête. Elle était lavée, graissée, et on y avait placé les trois sièges ; les rayons rouges des grandes roues brillaient comme des bâtons de sucre d’orge.
Clay Jefford s’installa et saisit les rênes. Dan grimpa sur le siège à côté de lui. Ils se tournèrent ensemble vers leur soeur, Vance, qui attendait à deux pas de la voiture pour leur dire au revoir. « 

C’est un western,  ce roman-là. Signé Niven Busch, un auteur qui a aussi écrit le scénario de Le facteur sonne toujours deux fois,  de La Vallée de la peur, dont le roman Duel au soleil est connu surtout pour son adaptation cinématographique. Ce n’est pas anodin : le roman a tout d’un film, avec des paysages grandioses, des personnages ancrés dans des époques troublées, développant des passions violentes. Ici, ce sont les personnages féminins qui sont les piliers de l’histoire, et en particulier la jeune Vance, une femme forte qui va bientôt déclarer la guerre à sa nouvelle belle-mère. Le père est une sorte de figure issue de l’Antiquité (le roman ne s’appelle pas Les Furies pour rien, ces divinités infernales  : Tisiphone, Mégère et Alecto).
Le drame plane sur le ranch… Et on en attend le dénouement ….
D’autres thèmes sont aussi abordés comme celui des questions raciales, et pour un roman de  1948, sans condescendance.

A lire aussi la postface de Bertrand Tavernier qui est une mine de renseignements.
Bref, une très belle découverte pour commencer l’année.

Le roman a été adapté à l’écran en 1950.

Les furies par Busch

Résumé : Nouveau-Mexique, fin XIXe siècle. Temple Caddy Jefford, qui élève des bovins sur des centaines d’hectares, a perdu sa femme et s’absente de plus en plus de ses terres. Sa fille Vance et ses fils gèrent le domaine et attendent son retour avec impatience. Mais lorsqu’il revient, c’est avec une nouvelle compagne, qui entend évincer Vance du domaine…

Un western captivant, à la fois oedipien et shakespearien, qui entraîne son lecteur sur les traces de deux êtres remarquables, dans une cavalcade effrénée à travers les immenses étendues américaines et les passions inassouvies.

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Premières lignes #10décembre

Voilà des Premières lignes qui se font attendre mais j’étais captivée par le roman en question (c’est bien d’un roman dont il s’agit cette semaine) :

 » Grise sentit une boule se former dans son ventre dès qu’elle ouvrit les yeux. Aujourd’hui était le dernier jour des vacances d’hiver, le dernier jour passé à la maison avant le retour à la fois attendu et tant redouté à l’Académie. « 

Engrenages et sortilèges par Tomas

Mécanique et magie, ou pour reprendre le vocabulaire des protagonistes « gratte-rouille ou gigote-doigts » ? Les deux s’opposent mais restent des privilèges d’une certaine classe sociale aisée dont sont issus nos deux jeunes héros, Grise et Cyrus. Il leur faudra connaître un enlèvement et la vie dans les bas-fonds de la ville pour comprendre que rien n’est comme ils se l’imaginaient (et ça s’appelle aussi grandir). Ce roman est une petite pépite, très bien écrit, émouvant, plein d’humour. L’univers est bien trouvé et on a envie de lire d’autres romans se passant dans le même monde (mais, selon l’auteur, c’est d’actualité, donc, patience). Les dialogues sont excellents. Et les personnages, chapeau ! (une mention spéciale pour les familiers dont le chat Quint).

A lire ! C’est un vrai coup de coeur.

Résumé : Grise et Cyrus sont élèves à la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Une nuit, l’apprentie mécanicienne et le jeune mage échappent de justesse à un enlèvement. Alors qu’ils se détestent, ils doivent fuir ensemble et chercher refuge dans les Rets, sinistre quartier aux mains des voleurs et des assassins. S’ils veulent survivre, les deux adolescents n’ont d’autre choix que de faire alliance…

 

L’auteur nous parle de son livre :

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Premières lignes #1erdécembre

Premières « Premières lignes » du mois de décembre et une année 2019 qui se termine dans un mois ! je vous épargne le refrain sur le temps qui passe, bla bla bla  et j’entre dans le vif du sujet avec une autobiographie pour changer cette semaine :

« L’avant-propos du précédent volume de mon autobiographie, Né au bon moment 1935-1975, paru en 2016, se concluait ainsi :
Ces mémoires décrivent comment je suis devenu auteur, essentiellement de romans et de critiques littéraires, à commencer par les expériences qui ont nourri mon oeuvre.  Elles couvrent ce qui constituent, au moment où j’écris, la première moitié de ma vie, jusqu’à l’âge de quarante ans. J’espère écrire un autre livre à propos de la seconde, si j’en ai le temps. »

Au premier abord, on peut se dire que c’est un peu sec : une autobiographie, ce n’est pas forcément la lecture la plus enthousiasmante du monde. Sauf si on aime beaucoup celui ou celle qui l’écrit. Et c’est mon cas puisque que David Lodge est certainement mon écrivain anglais préféré. Je l’avais découvert comme pas mal de lecteurs et lectrices français.e.s lors de sa publication chez Rivages (il y est toujours édité) dans les années 90. C’est, d’ailleurs un point que l’on découvre dans ce livre : le succès que Lodge rencontre en France alors qu’il commence à décliner dans son propre pays au milieu et à la fin des années 90.

Ici, on découvre l’envers du décor : la vie universitaire qu’il décrit avec tant d’humour dans ses romans, sa quête du Booker prize et ses déceptions, ses voyages, les adaptations de ses romans à la télé ( j’ai trouvé un extrait que je mets ici, en dessous), mais aussi sa vie quotidienne, sa famille, ses enfants, ses doutes, sa surdité…

Bien sûr, il peut être rébarbatif quand il aborde le sujet de la critique littéraire pour les personnes qui ne sont pas intéressées par le sujet mais il conseille carrément de sauter le passage en question. Je ne suis pas dans ce cas car c’est un élément qui m’a toujours passionnée ( études littéraires, Barthes, Genette, post-structuralisme, etc…, ceci explique cela) et que j’ai toujours aimé retrouver chez Lodge. Mais on peut très bien lire en diagonale les passages en question.

Lodge sait toujours alterner l’humour et l’émotion même quand il parle de sa propre vie, conscient qu’il n’écrira peut-être pas de dernier tome (il a 84 ans).

La chance de l’écrivain est le second tome de son autobiographie, commencée avec Né au bon moment. 

Je conseille à celles et ceux qui voudraient le découvrir de lire ses romans, en particulier, ceux qui se passent dans la ville fictive de Rummidge (la « trilogie de Rummidge) : Changement de décor; Un tout petit mondeJeu de société.

La chance de l'écrivain par Lodge

Jeu de société (Nice work) adapté en série pour la TV anglaise (délicieusement kitsch):

David Lodge à propos de la littérature américaine et la littérature anglaise (VOSTFR)

 

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Premières lignes #24novembre

Premières lignes cette semaine après un petit break pour causes de NaNo (le NaNo avançant pas trop mal, j’ai le temps d’écrire un peu sur le blog).
Attention, on s’accroche dès les premières lignes (j’explique ensuite) :

« J’étais une fille autrefois, c’est fini. Je pue. Couverte de croûtes de sang, mon pagne en lambeaux. Mes entrailles, un bourbier. Emmenée en trombe à travers cette forêt que j’ai vue, cette première nuit d’effroi, quand mes amies et moi avons été arrachée à l’école. « 

Je ne vais pas continuer le récit d’horreur de cette jeune fille (fictive) mais qui reprend celui de ces lycéennes enlevées par Boko Haram au Nigéria. Car c’est le propos de Girl, le roman basé sur de vrais faits, écrit pas la grande écrivaine irlandaise Edna O’Brien. 

Girl

 

Quand je suis allée chercher le roman, réservé à la médiathèque ( à cause de son succès) j’ai vu le visage de la bibliothécaire se décomposer un peu : nous le cherchions toutes les deux, nous le trouvions pas dans les réservations,  et soudain, elle me dit « Ah… « Girl, c’est ce roman… « . En rentrant, j’ai regardé le livre en me demandant bien ce qu’il avait de spécial.
En fait, il fait partie des romans difficiles, si je peux dire ça comme ça. Difficile pour deux raisons : la première partie est consacrée au rapt des lycéennes et aux violences et viols, souvent racontés en détail. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché… Mais j’ai envie de dire que si on a eu envie d’ouvrir le livre, on ne s’attendait sûrement pas à avoir de la chick-lit ou de la romance. Ou alors, on a mal lu le résumé….
Difficile aussi, en ce qui concerne le style, particulièrement dans la seconde partie du roman où le personnage principale, Maryam, s’échappe et survit. A ce moment commence pour elle une longue période d’errance, de confusion. Elle tente de retrouver les siens, de reprendre sa vie là où elle l’avait laissée. Et, forcément, ce n’est pas possible. Edna O’Brien restitue le trauma vécu en cassant la temporalité, en hachant le rythme, en brouillant les temps de narration – et je peux vous dire que pour le lecteur, la tâche devient compliquée !
Car, si le but est atteint : on est vraiment plongé dans la parfaite confusion, il en résulte aussi beaucoup d’exaspération.
Cette seconde partie aborde d’autres thèmes comme le rejet, la honte, la culpabilité, toute la complexité de la nature humaine….

Le livre est puissant, incroyablement documenté (l’autrice est allée sur place, à plus de 80 ans). Il n’est pas facile, il n’est pas agréable mais il est fort et il mérite que l’on prenne le temps de le lire.

Interview d’Edna O’Brien 

 

Résumé : S’inspirant de l’histoire des lycéennes enlevées par Boko Haram en 2014, l’auteure irlandaise se glisse dans la peau d’une adolescente nigériane.
Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle, comme en apnée, le rapt, la traversée de la jungle en camion, l’arrivée dans le camp, les mauvais traitements, et son mariage forcé à un djihadiste – avec pour corollaires le désarroi, la faim, la solitude et la terreur.
Le plus difficile commence pourtant quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s’évader, avec l’enfant qu’elle a eue en captivité. Celle qui, à sa toute petite fille, fera un soir dans la forêt un aveu déchirant – « Je ne suis pas assez grande pour être ta mère « 

 

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Premières lignes #11novembre

Les premières lignes de cette semaine entrent très bien dans le thème du mois de novembre du HMSFFF challenge : des héroïnes.

 

 » J’essaie de ne pas penser à elle.
Mais quand ça m’arrive, je pense au riz.
Lorsque Mama était parmi nous, une odeur de riz wolof flottait toujours dans notre ahéré.
Je pense aussi à sa peau sombre, dont l’éclat était pareil au soleil d’été. (….)
J’entends les légendes qu’elle me racontait le soir. (…)

Les pleurs de Baba quand les soldats ont enroulé une chaîne autour de son cou. Ses cris à elle, quand ils l’ont traînée dans le noir.
Ses incantations, vomies comme de la lave. La magie de la mort qui l’a mise en transe.
Je pense à son corps sans vie, pendu à cet arbre.
Je pense au roi qui nous l’a enlevée. « 

Avec le premier tome d’une série nommée « Legacy of Orisha », Tomi Adeyemi ne nous fait  pas seulement le portrait d’une héroïne, mais de plusieurs femmes fortes. Les deux personnages centraux sont deux jeunes femmes dont les chemins vont rapidement se croiser : Zélie est l’héritière de son peuple, les « maji » persécutés,  une combattante un peu rebelle qui aura la lourde tâche de faire revenir les arts magiques dans son monde ; Amari, elle, est la princesse, la fille du roi qui a ordonné les persécutions et les massacres. A ces deux points de vue féminins, s’ajoute celui du fils du roi, le propre frère d’Amari, un jeune homme plus ambigü qu’on n’y songerait au premier abord.

L’évolution des  différents personnages est intéressante et bien faite. On ne peut pas dire ici que les personnages sont sans épaisseur et c’est agréable pour un roman de fantasy Y.A. 

On progresse vite dans l’intrigue : beaucoup d’action, de combats, mais aussi du temps pour planter le décor. Car c’est un monde riche et dense, que cette Afrique revisitée qui à aucun moment ne flirte avec un faux exotisme de pacotille.
Les systèmes de magie auraient sans doute besoin d’être un peu plus développés ainsi que d’autres détails de cet univers. Mais un tome 2 s’annonce pour la fin de l’année….

Mon seul bémol tient au grand nombre de combats et de morts (je dois dire que je suis arrivée assez vite à saturation avec le sang versé, mais c’est personnel). Mais malgré quelques petites maladresse, j’ai beaucoup aimé cette lecture. C’est fort, intense…et prometteur pour la suite.

Un très bon premier roman, dont le succès n’est pas usurpé.

Tomi Adeyemi est claire au sujet de son roman :
« Pour faire simple c’est Black Panther avec de la magie », sur le plateau du « Tonight show » de Jimmy Fallon en 2018, pour indiquer la résonance sociale de son œuvre de fantasy, écrite à l’heure du mouvement Black Lives Matter.

 

Résumé : Ils ont tué ma mère.

Ils ont pris notre magie.

Ils ont voulu nous éliminer.

À présent, dressons-nous.

Il fut un temps où la terre d’Orïsha était baignée de magie. Mais une nuit, tout a basculé, le roi l’a fait disparaître et a asservi le peuple des majis. Zélie Adebola n’était alors qu’une enfant. Aujourd’hui, elle a le moyen de ramener la magie et de rendre la liberté à son peuple – même si face à elle se dresse le prince héritier du trône, prêt à tout pour la traquer.

Dans une Afrique imaginaire où rôdent les léopardaires blancs et où les esprits ont soif de vengeance, Zélie s’élance dans une quête périlleuse…

 

Children of Blood and Bone, tome 1 : De sang et de rage par Adeyemi

De sang et de rage – Tomi Adeyemi
traduit de l’anglais par Sophie Lamotte d’Argy, éditions Nathan, 560 pages,

 

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Premières lignes #29septembre

Les premières lignes de cette semaine nous entraînent dans les grands espaces :

 « C’est étrange, d’écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d’un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l’eau – tout petit et se présentant sous un angle si  inhabituel que je suis surprise de constater qu’il s’agit de mon reflet. après tout ce temps, un stylo a quelque chose de raide et d’encombrant dans ma main. « 

Dans la forêt par Hegland

Enfin, j’arrive à mettre la main sur ce roman dont j’entends parler depuis pas mal de temps. Et, pour info, il existe aussi un film datant de 2015,  avec Ellen Page et Evan Rachel Wood (ça, c’est un casting bien trouvé), Into the forest. 

Jean Hegland avait commencé son roman dans les années 80. Dans la forêt a finalement été édité en 1996 et seulement en 2017, aux éditions Gallmeister, en France.
Pourtant, le propos est tout à fait d’actualité – il faudrait simplement y ajouter l’urgence du réchauffement climatique pour expliquer ce qui a pu provoquer le grand désastre. Car s’il s’agit d’un roman d’anticipation, Dans la forêt est un peu comme La route de  Cormac McCarthy. On ne sait pas ce qui est arrivé exactement. On ne sait pas non plus comment c’est arrivé. On n’est pas là pour connaître les détails.
On  suit le parcours des deux adolescentes Eva et Nell via le prisme de Nell, ses lectures (principalement l’encyclopédie)  et son journal intime. Ce point de vue est forcément biaisé mais c’est le seul dont on dispose – un habile truc (et classique) pour entourlouper les lecteurs mais qui fonctionne bien.

Mais si les deux adolescentes suivent un chemin quasi-initiatique tout au long de l’oeuvre (vie, mort, deuil, naissance), elles ne sont finalement pas les personnages centraux de l’histoire. Le seul personnage principal, c’est bien la forêt elle-même, entité poétique et véritablement vivante qui permet aux humains survivants de (re)trouver leur place dans un monde en profond changement.
La symbolique du végétal est partout (la grande souche du séquoia, par ex.). Végétal comme élément onirique et vital en opposition à un monde industriel sur le déclin. Cela est particulièrement flagrant avec la description de la ville de Redwood abandonnée et du supermarché pillé.

Dans la forêt m’a souvent fait penser à un autre roman qui n’est ni post-apocalyptique, ni américain mais qui joue avec les mêmes codes (renaissance, attente, végétal fortement symbolique) : Un balcon en forêt de Julien Gracq. 

Résumé : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle

Elles en ont parlé dans le cadre du HMSFFF challenge (thème du mois d’août) : 
June and cie 
Pretty Rosemary 
Alberte Bly

Interview de Jean Hegland 
Jean Hegland parle de la naissance de Dans la forêt (en anglais)

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 Mille rêves en moi

Premières lignes #2 septembre

Les premières lignes de la rentrée !
( ou bien : youpi, c’est septembre, au choix )

« Brouillard. Brume. Ou même bruine. Un nuage épais s’enroule comme uné charpe autour du réverbère de la gare, assourdit sa lueur. Sortis de nulle part, des rails jumeaux émergent de la purée de pois, tandis que le néant avale doucement le bout du quai. « 

Il y a deux semaines, j’étais plongée dans les aventures foldinguesques d’Agatha Raisin, cette fois, je suis  retournée en Angleterre, dans le Yorkshire, pour changer. En compagnie  de Samson et Delilah (ça ne s’invente pas ) j’ai donc pris  un Rendez-vous avec le crime  tout droit sorti de la veine des cosy mysteries  (ou cozies,  catégorie de romans policiers où la violence et le meurtre sont traités avec humour et minimisés; les enquêtes se déroulent souvent dans des petits villages et le ou les enquêteurs est souvent amateur ).

J’ai passé un très bon moment dans ce village malgré les secrets, les rancoeurs et les rancunes accumulés par les protagonistes (oh, ces histoires de famille !). 
Trouver le véritable meurtrier ne m’a pas paru trop difficile malgré la volonté de l’autrice de semer le doute.  Je suis donc une assez bonne détective et c’est avec plaisir que je suivrais à nouveau si j’en ai l’occasion des tribulations de nos détectives du Yorshire.

Résumé : » Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à

Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson? et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne ! Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah ! »

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi au RDV Premières Lignes de Ma Lecturothèque:

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• Light & Smell
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