Premières lignes – 25 octobre

Premières lignes qui commencent fort :

 » Fela, la fille sans tête, s’approcha d’Emmanuel. Le cou déchiqueté avec une sauvagerie sanguinaire. Elle ne faisait pas de bruit, mais il sentait qu’elle attendait qu’il fasse quelque chose, n’importe quoi.
Puis son téléphone sonna, et il se réveilla.
Il prit une grande inspiration et fit descendre le Degré de Noirceur de sa voix à 1,5 sur une échelle de 10.  » Bonjour, comment allez-vous ? Oui, oui, je voulais en savoir plus sur l’examen de ma candidature. Bon, très  bien, d’accord. Je m’en réjouis. J’y serai. Je vous souhaite une excellente journée. » Emmanuel se leva et alla se brosser les dents. La maison était plongée dans le silence. Ses parents étaient déjà partis au travail.
Ce matin-là, comme tous les matins, la première décision qu’il prit concernait son Degré de Noirceur. Sa peau était d’un noir profond et constant. En public, au milieu des gens, il lui était impossible de faire descendre son Degré de Noirceur aussi bas que 1,5. »

La première nouvelle de ce recueil paru chez Albin-Michel ( collection »Terres d’Amérique ») place la barre très haut. Avec « Les 5 de Finkelstein », le ton est donné : voici une voix, une écriture intéressante à suivre. C’est celle de Nana Kwame Adjel-Brenyah qui signe douze nouvelles, dystopies très réalistes, histoires fantastiques, contes glaçants, avec brio, dans ce Friday Black.
Je ne vais pas toutes les résumer, bien sûr, mais plutôt vous inciter à aller les lire. Dans la nouvelle que je viens de citer, un massacre a été perpétré sur cinq enfants noirs par un homme  blanc. Pourquoi ? Et bien, il s’est simplement senti menacé par leur présence. Il y a procès. La justice donne raison à… l’homme blanc. Un écho qui sonne terriblement familier à nos oreilles, poussé à l’extrême, car l’histoire continue, mais je n’en dirais pas plus. La nouvelle est une réussite de bout en bout
Adjei-Brenyah instille la tension, joue avec l’absurde, déstabilise, met en lumière la violence de notre société actuelle (et de son propre pays, les USA) par le biais de la dystopie.
Haine, humanité/déshumanisation, dominés/dominants, victimes/coupables, tout cela s’enchaîne et se mêle dans ce recueil.
A lire, donc.

Friday Black par Adjei-Brenyah

Premières lignes – 18 octobre

Premières lignes : 

 » La récolte est passée et l’été s’achève » déclara Anne Shirley en observant les champs ras d’un oeil rêveur. Diana Barry et elle étaient allées cueillir des pommes dans le verger de Green Gables mais se reposaient désormais de leur labeur dans un coin ensoleillé du Bois Hanté où une flotte aérienne de duvets de chardon se laissait porter par les ailes d’un vent encore chargé du parfum estival et sucré des fougères. Pourtant, tout dans le paysage autour d’elles évoquait l’automne. La mer s’ébrouait au loin en rugissements  caverneux, les champs nus et desséchés s’ourlaient  de bouquets de gerbes d’or, le vallon rayonnait d’asters d’un violet éthéré et le Lac scintillant était bleu, bleu, bleu ; pas le bleu indécis du printemps ni l’azur pâle de l’été , mais un bleu limpide, ferme et serein, comme si l’eau avait triomphé de toutes ses émotions et ses humeurs pour se glisser dans une tranquillité délestée de l’inconstance desves. « 

Je dois dire que je suis dorénavant une adepte des « Anne » : après avoir suivi les péripéties souvent comiques mais toujours émouvantes dans le premier tome de la jeune canadienne orpheline adoptée par les Cuthbert, j’ai continué avec son adolescence, dans le tome 2. Ce deuxième volume constituait une transition et ne présentait guère d’action. Il était surtout agréable à lire grâce à l’écriture empreinte de poésie de Lucy Montgomery.
Ce troisième tome reprend les aventures d’Anne qui a cessé d’enseigner et va poursuivre ses études à l’université ; nouvelle vie, nouvelles amies, et …nouvelles rencontres. La jeune femme va-t’elle changer ? Est-elle devenue plus sage ? Un peu, mais elle a toujours soif de rêves. Et si elle se montre moins bavarde et un peu plus réservée, elle n’a pas abandonné sa nature fantasque. Et tant mieux.
On partage avec elle sa colocation, son amitié avec Philippa un autre personnage haut en couleurs. Il y aura encore de nombreux voyages à Green Gables, bien sûr, ce qui permet de retrouver les habitué.es : Marilla, Madame Lynde, Mr.Harrison, les jumeaux Davy et Dora.
Sans compter un brin de romance.
Un tome très réussi, finalement qui se conclut… heureusement.

Une fois de plus, l’objet en lui-même est magnifique : couverture, reliure…

Anne de Green Gables, tome 3 : Anne de Redmond par Montgomery

Anne de Redmond – Lucy Maud Montgomery

Nouvelle traduction de l’anglais (Canada) par Laure-Lyn Boisseau-Axmann. Illustration de couverture par Midori Kusano. Format 13 x 19,5 cm. Cartonné. 344 pages. Monsieur Toussaint Louverture

Le quatrième volume, Anne de Windy Willows, à paraître en 2022.

« La traduction de cette série a pour but de revenir au plus près de l’écriture de Lucy Maud Montgomery. Une écriture dense, musicale, parfois lyrique, mais aussi créative et fulgurante. C’est ce qui fait la force de ces romans et leur a permis de traverser les âges. Ainsi, raviver cette essence a été notre priorité pour que ces livres magnifiques rayonnent encore pendant des décennies.

C’est aussi la raison pour laquelle nous avons choisi de revenir au titre initialement souhaité par Lucy Maud Montgomery pour ce troisième volume des aventures d’Anne Shirley, Anne of Redmond. En effet, à l’époque, sous la pression de son éditeur et contre son gré, l’autrice accepte de publier le roman sous le titre Anne of the Island (Anne de l’île ou Anne quitte son île).

Lucy Maud Montgomery aimait les livres, aimait les mots. Nous, nous aimons aussi les livres et les mots, et nous aimons aussi Lucy Maud Montgomery. Ça fait beaucoup d’amour, certes, mais la littérature en demande beaucoup pour en rendre infiniment. » (source éditeur)

Premières lignes – 4 octobre

  » Quand c’est pas la femme qui va chercher la paye de son homme, tout ce qu’elle a pour la semaine, c’est zéro franc parce qu’il va boire un coup avec ses collègues pour fêter l’arrivée du week-end et on  sait ce que ça veut dire, hein ? Tournée générale pour les copains ! Ensuite, il rentre à la maison les poches vides mais alors, heureux ! Il raconte à sa femme des histoires qui tiennent pas debout, pour la faire rire, mais elle n’a pas envie de rire du tout. elle est furieuse et elle préférerait qu’il la ferme.
Il finit par aller se coucher. Le lendemain il se réveille avec la gueule de bois et déclare qu’il aimerait bien deux ou tranches de rôti froid et de la citronnade.
Et bien Materena est fiu de tout ça ! « 

Ces premières lignes retranscrivent à merveille l’ambiance des Chroniques de Tahiti, dont j’avais déjà chroniqué le premier tome, L’arbre à pain.

Avec ce deuxième tome, Frangipanier (et encore le nom d’un arbre qui tiendra une grande importance), Célestine Hitiura Vaite poursuit son tableau de la vie des gens ordinaires de Tahiti. ici, elle commence par un retour en arrière dans la vie de nos deux personnages principaux, Materena, cette femme que nous avons suivie lors du premier tome, et Pito, son homme (tané, en tahitien), devenu son mari après bien des aventures.
Mais nous n’en sommes pas encore là au début de Frangipanier : Pito et Materena sont encore un jeune couple avec un seul enfant et Pito a la fâcheuse habitude de passer ses soirées au bar.
Rapidement, on comprend où l’autrice veut en venir : cette deuxième partie va se focaliser sur la naissance de Leilani, la fille de Materena et de Pito, et deuxième enfant du couple. Puis, peu à peu, on plonge à nouveau dans la vie de la famille : les trois enfants grandissent mais on s’attache surtout à Leilani, son éducation, ses relations avec sa mère. Leilani est brillante, éduquée. Elle ne suivra pas la route de nombreuses femmes tahitiennes de son milieu  :se marier jeune, renoncer aux études,  avoir beaucoup d’enfants, supporter un conjoint parfois violent comme le racontent les petites anecdotes au fil de l’eau narrées par les multiples interlocuteurs.rices de Materena. Leilani se montre indépendante, féministe,  et Materena l’y encourage. De même qu’elle pousse son plus jeune fils à choisir sa voie professionnelle (cuisinier) alors que Pito et son fils aîné se moquent continuellement de lui.

Même si j’ai trouvé le début un peu plus faible que L’arbre à pain, sans doute à cause de l’aspect redondant (je n’aime pas les redites dans un roman, je n’y peux rien), Frangipanier  m’a ensuite, au fil des chapitres, totalement emportée. Les expressions en tahitien (avec le lexique) sont un plus (je suis absolument fan).
Et j’ai, bien sûr, emprunté le suivant dans la foulée. 

Une lecture que je recommande vraiment. Célestine Hitiura Vaite vivant en Australie, elle écrit en anglais. C’est la traduction qui est donc disponible aux éditions Au vent des îles puis 10/18 (en poche). 

Chroniques de Tahiti, tome 2 : Frangipanier par Hitiura Vaite

Widjigo – Estelle Faye

 

 » Basse-Bretagne, mars 1793
A chaque pas, la vase accrochait les semelles cloutées des Bleus qui devaient libérer leurs pieds de son étreinte dans un concert de chuintements liquides évoquant des sanglots. Avec la marée descendante, la côte empestait l’algue et la pourriture, en accord avec ce printemps malade où la jeune Révolution s’enlisait dans la guerre civile et le sang. Au-delà des écueils laissés à découvert, l’océan moutonnait, fouetté par le noroît. le vent gerçait les lèvres des hommes et portait les embruns jusqu’à la colonne de soldats. A l’horizon, une barre de nuages d’encre tranchait entre le gris des vagues et celui du ciel. Une tempête approchait. « 

Le Wìdjigò est l’équivalent du Wendigo en algonquin .
 » Le windigo ou wendigo est un être surnaturel qui appartient à la tradition spirituelle des Premières nations de langue algonquienne en Amérique du Nord. On le décrit comme un monstre puissant animé du désir de tuer et de manger ses victimes. Dans la plupart des légendes, les humains se transforment en windigos à cause de leur cupidité ou d’une faiblesse. Différentes traditions autochtones considèrent les windigos comme dangereux en raison de leur soif de sang et de leur capacité à ensorceler des personnes ou des communautés autrement saines. La légende du windigo illustre principalement les dangers de l’isolement et de l’égoïsme, ainsi que l’importance de la communauté. » (source)

Estelle Faye nous entraîne donc dans un roman hanté par la figure du widjigo, dans les brumes glacées de Terre-Neuve, là où plusieurs personnages disparates se retrouvent, forcés de se serrer les coudes afin de ne pas perdre la vie ou ce qu’il leur reste de raison. L’autrice de fantasy entremêle deux histoires, présent et passé, liées entre elles par le personnage de Justinien de Salers, un nobliau breton retranché dans une tour biscornue battue par les vents. Quand en 1793, le jeune Jean Verdier, fraîchement promu lieutenant de l’armée républicaine nouvelle vient l’arrêter, il ne sait pas ce qui l’attend. Il va faire une rencontre d’une nuit plus qu’étonnante. Le vieux noble lui conte alors ce qui lui est arrivé en 1754, en Acadie, alors que, fuyant les dettes et des événements dont il n’est pas fier, sous l’emprise de l’alcool, déjà rincé et fini à 26 ans, il s’embarque pour une mystérieuse mission à Terre-Neuve. Il fera le voyage en compagnie d’une métisse, qu’il appelle souvent la Camarde, Marie (un très beau personnage féminin fort et inquiétant), du rescapé d’une ancienne exploration, le botaniste, Veneur, et d’un adolescent mutique, Gabriel. Après avoir fait naufrage, ils atteindront les côtes, mais ils ne sont plus que quelques survivants : leur petit groupe, incroyablement préservé, quelques autres personnages (coureur des bois, gabier, soldat anglais), un pasteur rigide, Ephraïm et sa fille adolescente, Pénitence. Alors qu’ils essaient de survivre, un prédateur inconnu s’en prend à eux, les tuant les uns après les autres.
On pourrait penser que l’histoire va tourner au récit d’horreur, cadavres déchiquetés, et bestiole se cachant dans les bois, attendant son heure jusqu’à la fin… Mais l’intrigue est bien plus maligne. Peu à peu, on découvre que le monstre en question n’est sans doute pas celui qu’on pense et que les personnages rassemblés sur cette terre désolée le sont peut-être à dessein. Que rien n’est dû au hasard. Qu’ils ont tous un lien.
La structure est habile, oscillant entre légendes ( à part le wendigo, les mythes liés aux Nations Premières, mais aussi la légende de la cité d’Ys), fantastique, quelques touches horrifiques et une vraie trame de thriller.
Quat aux personnages, ils sont tous finement dessinés, psychologiquement bien pensés (mention spéciale à Pénitence). La place de la nature, particulièrement le végétal, véritable force dans laquelle les enchantements semblent prendre vie, est un grand plus. Les thèmes varient entre la culpabilité, la rédemption, la justice, celui du monstre, bien sûr et tant d’autres encore…
Pour le reste, c’est une ambiance angoissante, brumeuse, mais captivante qui nous tient du début jusqu’à la fin du roman. Un récit hanté.

Note : j’ai été assez inspirée jusqu’à en faire une playlist  « bande son pour Widjigo » sur Y.T (avec des airs traditionnels de Terre Neuve, aussi mais pas que).

Merci aux éditions Albin-Michel Imaginaire pour cette lecture

Widjigo par Faye

 

résumé : En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer. Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. À l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune officier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire. Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres…

Autrice : Estelle Faye

Édition: Albin Michel Imaginaire

Publication : 29 septembre 2021

 

Premières lignes – 26 septembre

Premières lignes 

 » Les anciens dieux sont puissants, mais ils ne sont ni bienveillants ni indulgents. ils sont capricieux, aussi instables que le reflet de la lune à la surface de l’eau ou les ombres au sol par temps d’orage. Si tu persistes  à vouloir les invoquer, sois prudente : prends garde à ce que tu leur demandes et sois prête à en payer le prix. Et surtout, même si la situation est dramatique ou désespérée, ne prie jamais, au grand jamais, les dieux qui répondent à la nuit tombée.  » Estelle Magritte – 1642 – 1719

Elle était prévenue, Adeline. Elle le savait par cette femme étrange de son village natal en France, un peu guérisseuse, un peu prêtresse sauvage, Estelle : on ne doit jamais rien demander aux dieux anciens. Surtout à la nuit tombée. Et pourtant, Adeline LaRue ne veut pas se marier, elle ne veut pas rester dans ce petit bourg paumé de la Sarthe, mener la même vie que son amie d’enfance Isabelle. Car au XVIIIème, quand on est fille de villageois, artisans, ou paysans (et cela durera encore longtemps), à part le mariage et les enfants, une vie de labeur, qui y-a t’il d’autre à envisager ?
Mais Adeline a envie d’autre chose. Elle veut être Addie, une jeune femme qui dessine, qui apprend, qui va aller jusqu’au Mans, tiens pourquoi pas ? Et peut-être plus loin, Paris, peut-être ! Pour cela, elle est prête à tout. Même à passer un pacte avec une ancienne divinité, un être qui répond à son appel dans un moment de désespoir, le soir de ses noces, un mariage qu’elle fuit. Un ancien dieu ou un diable, peut-être, lui apparaît, avec les traits de celui qu’elle dessine dans son carnet. Il est charmant et il lui accorde ce qu’elle veut. Très luciférien (« mais que désires-tu vraiment ? »), le diable adorable exige un paiement en retour (Faust, nous voilà !). Quoi donc ? Mais son âme, bien sûr.
V.E Schwab revisite donc le pacte faustien, dans un long (trop long) roman qui s’étend sur trois cents ans, suivant la jeune Addie, condamnée à rester jeune, mais à être toujours oubliée, invisibilisée. L’idée est intéressante mais bancale car parfois, on se demande jusqu’à quel point elle peut rester en vie puisqu’elle est tellement invisible. Or, la jeune femme a besoin de se nourrir, de se vêtir, de dormir. Elle souffre, saigne, etc… C’est donc toujours légèrement casse-gueule comme idée.
L’autre fil conducteur, à part les « aventures invisibles », est une suite d’oeuvres d’art (imaginaires) dans lesquelles apparaissent plus ou moins Addie au fil du temps. Là aussi, le concept est malin mais très peu développé à la fin, tant et si bien qu’on se demande en refermant le livre en quoi il a servi l’intrigue.
A ce sujet, d’intrigue, il n’y en a guère : Addie se contente de traverser rapidement l’Histoire avec un grand H. Elle survit, laisse peu ou pas de traces, ne peut pas nouer de véritables relations puisque tout le monde l’oublie aussitôt. Elle-même est un personnage assez volatile, inconsistant — et cela est totalement compréhensible et en accord avec le propos.
Le fil du passé ( ce qui est arrivé à Addie au cours des siècles) se juxtapose avec le présent (2014). Ici, les chapitres sont habilement interposés. L’intrigue du présent repose essentiellement sur une romance entre Addie et Henry, un jeune homme atteint de mélancolie ( dépression chronique, peut-on supposer). Henry présente la particularité d’être le seul personnage à remarquer Addie et à ne jamais l’oublier. Là aussi, il y a une raison (assez facile à deviner).
Quant au pacte en lui-même, on le retrouve régulièrement, grâce aux rencontres avec le beau démon, nommé Luc (pour Lucifer). Le personnage est un brin convenu (« bad boy » de l’enfer brun aux yeux verts qui va s’attacher à la damnée….mouais….).
J’avoue que j’avais beaucoup entendu parler de ce roman, en bien, voire en très bien. Au final, il se lit bien car le style est très agréable ( de belles descriptions d’une grande poésie) et puis, on a envie de savoir. Mais il est beaucoup  trop long pour raconter ….pas grand chose, en fait. Ou alors, il s’agit peut-être d’un brillant exercice sur l’inconsistance et je ne m’en suis pas rendue compte, mince… (et alors, chapeau !).

La vie invisible d'Addie Larue par Schwab

Donc, pourquoi pas mais sans doute pas une priorité de lecture.

Résumé : Une nuit de 1714, dans un moment de désespoir, une jeune femme avide de liberté scelle un pacte avec le diable. Mais si elle obtient le droit de vivre éternellement, en échange, personne ne pourra jamais plus se rappeler ni son nom ni son visage. La voilà condamnée à traverser les âges comme un fantôme, incapable de raconter son histoire, aussitôt effacée de la mémoire de tous ceux qui croisent sa route.Ainsi commence une vie extraordinaire, faite de découvertes et d’aventures stupéfiantes, qui la mènent pendant plusieurs siècles de rencontres en rencontres, toujours éphémères, dans plusieurs pays d’Europe d’abord, puis dans le monde entier. Jusqu’au jour où elle pénètre dans une petite librairie à New York : et là, pour la première fois en trois cents ans, l’homme derrière le comptoir la reconnaît. Quelle peut donc bien être la raison de ce miracle ? Est-ce un piège ou un incroyable coup de chance ?Embarquée dans un voyage à travers les époques et les continents, poursuivie par un démon lui-même fasciné par sa proie… jusqu’où Addie ira-t-elle pour laisser sa marque, enfin, sur le monde ?

Premières lignes — 13 septembre

    » Couchée à plat ventre dans la boue, sous le caillebottis de bois contre les vieilles pierres du mur, Sancia Grado songeait que sa soirée ne se déroulait pas comme prévu.
Tout avait pourtant bien commencé. Grâce à ses faux identifiants, elle avait réussi à s’introduire dans le domaine des Michiel sans difficulté ; les gardes des premières portes lui avaient à peine accordé un regard.
Puis elle était arrivée au tunnel de drainage et…les difficultés étaient apparues. »

Je suis presque à jour dans mes chroniques et pour ces premières lignes .
Malgré une PAL qui ne fait que grossir (ça ne change pas), en voilà un aperçu, d’ailleurs (tout n’y est pas) :

Le roman dont je viens de citer les premières lignes se trouve en haut à gauche.
C’est un gros roman, le premier d’une trilogie, The Founders trilogy en VO, celle des Maîtres enlumineurs ici, que j’ai lu attentivement (je devais être fatiguée car je n’ai pas été rapide du tout dans ma lecture).
Rapidement, j’ai pensé à la comparaison assez facile avec les romans de Brandon Sanderson, à cause du système de « magie technique » mais au fil du roman, cette impression s’est quand même peu à peu dissipée. Oui, ça ressemble à du Sanderson, non, ça n’est pas du Sanderson. Mais c’est plutôt captivant (et j’ai quand même hâte de lire le tome 2).
Mais revenons à ces enlumineurs: l’action se déroule dans la cité de Tevanne, une grande ville d’inspiration Renaissance italienne revisitée (comme la série jeunesse de Mary Hoffman, Stravaganza, par ex.). Sancia est une jeune voleuse qui possède un don bien perturbant : elle peut ressentir les objets. Mieux : elle entend les enluminures. Mais que sont les enluminures ? C’est une technologie magique. Les maîtres enlumineurs codent les objets en quelque sorte, les programmant (=les enluminant) afin de leur donner des fonctions différentes. Ainsi une porte sera enluminée de façon à ne s’ouvrir que sous certaines conditions ;  l’enluminure d’ une flèche, la forcera à aller plus vite (la formule trichant avec la gravité). Mais les effets sont loin d’être utilisés infiniment car plus la formule est complexe, plus elle nécessite de nombreuses manipulations, avec des lignes et des lignes écrites dans d’énormes volumes — et malgré tout, le risque d’erreur est grand.
A Tevanne, quelques maisons marchandes regroupant quelques familles se partagent les richesses et le pouvoir. Elles cherchent à retrouver les vestiges de ceux qui ont disparu et qui, disent les légendes, maîtrisaient à merveille les enluminures : les hiérophantes. Ils auraient laissé derrière eux plusieurs formidables artefacts.
Un jour, Sancia est embauchée pour commettre un cambriolage. Elle ne sait pas du tout qu’elle va découvrir l’un de ces artefact et la clef – c’est le cas de le dire – de son avenir.
Car cet artefact se nomme Clef. C’est un objet…mais pas tout à fait.
A partir de cette découverte, elle va devoir s’allier avec d’autres, même les plus improbables. Elle va aussi devoir faire face à un passé douloureux (et je n’en dirais pas plus mais la construction du personnage de Sancia, sa psychologie, les thèmes abordés sont particulièrement bien menés).
Il y a d’excellents moments d’action, dans ce premier tome, de très bons personnages, pas seulement Sancia mais aussi tout le petit groupe qui l’épaule, autant des hommes que des femmes et même des « objets ». Certains passages ne connaissent aucun temps mort. Quant au système de technologie magique, il est vraiment captivant. Mon seul bémol vient des (trop) longs passages explicatifs qui viennent briser le rythme. je dirais qu’on a compris la première fois, je ne vois pas le bénéfice de répéter « alors ici, l’influence sur la masse permet de ….et c’est reparti, blablabla… »
C’est, sans aucun doute, ce qui m’a le plus agacé et qui a ralenti ma lecture, surtout vers la fin du roman (je n’arrivais pas à le terminer alors que je voulais à tout prix savoir!).
Mais ce n’est pas un très gros reproche car j’ai vraiment bien accroché à ces enlumineurs et j’ai vraiment envie de lire le deuxième tome : Le retour du hiérophante. 

The Founders trilogy, tome 1 : Les Maîtres enlumineurs par Bennett

Une très belle découverte (et je remercie les éditions Albin Michel Imaginaire pour le SP)

Résumé : Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés

Premières lignes – 23 août

Premières lignes d’un roman qui m’a totalement captivée :

 »

1

Commençons par la fin : je dégringole du pont du navire dans les ténèbres tempétueuses, le souffle coupé par l’effroi de la chute, ma caméra s’envolant sous la pluie…

2

Envolez-moi. Des mots griffonnés sur une vitre quand j’avais treize ans. je me suis reculée, laissant tomber le marqueur, et je me rappelle encore l’exubérance de cet instant, cette sensation dans ma poitrine, semblable à un reflet de lumière sur du verre brisé….

3

Suis-je remontée à la surface ? Le froid est paralysant, il n’y a rien d’autre que le froid… »

Emily St John Mandel a réalisé un formidable roman en le structurant de façon non linéaire et en multipliant les points de vue sans qu’à aucun moment on ne se sente perdu.e. L’hôtel de verre début donc par la fin puis va suivre pendant un temps la vie de Paul, étudiant souvent accro’ aux drogues, qui rejoint sa demi-soeur Vincent. Ensuite, l’autrice introduit Walter, gérant d’un somptueux hôtel de luxe perdu sur l’île de Vancouver. Peu à peu, nous faisons la connaissance de Leon, un cadre dans le transport maritime et de Jonathan Alkaitais, milliardaire (et propriétaire de l’hôtel) qui propose à Vincent, alors barmaid à l’hôtel, de partager sa vie. C’est à ce moment que tous les fils se relient et que le thème principal se met en place. Jonathan a en effet fait fortune de la même manière que Bernard Madoff , avec un système d’escroquerie de type pyramide de Ponzi . Il va entraîner dans sa chute les gens autour de lui (dont les personnages que nous avons déjà rencontrés) et des milliers de gens. Quant à lui, nous allons continuer à le suivre en prison. A cet instant, l’autrice joue avec l’imaginaire de Jonathan et les réalités alternatives, les « contrevies », dans lesquelles tous les personnages auraient pu mener d’autres vies….

C’est toujours habile, très bien écrit, jamais fouillis. On est scotché de la première page à la dernière. Emily St John Mandel boucle la narration avec une maîtrise impressionnante. J’ai envie de dire qu’on referme le livre avec regret.

J’avais déjà beaucoup apprécié Station eleven (lu il y a juste 1 an ) qui relate l’histoire d’une pandémie mais celui-ci, très différent, me semble un roman encore mieux maîtrisé.

Je recommande fortement cette autrice, un vrai coup de coeur.

Emily St. John Mandel, trad. Gérard de Chergé – L’hôtel de verre – Payot-Rivages – 9782743651657 – 22 €

Premières lignes – 16 août

 » Depuis plusieurs jours, je suis hanté par la montagne ou plus exactement le souvenir de mon été dans les montagnes. un été norvégien, c’est ainsi que je l’ai baptisé. Chaque fois que ce lieu et cette saison me reviennent en mémoire, je pense aussitôt à Pan, le roman de Knut Hamsun, et je pense également à l’amour. « 

Avec ces premières lignes, l’auteur donne exactement le ton de ce roman qui s’apparente d’ailleurs plus à un recueil de souvenirs (quasi une autobiographie sans le dire) qu’à une oeuvre de fiction.
Nous sommes transportés à l’été 1978. Haraldur (Halli) est islandais et, avec un ami à lui, il se fait embaucher e, Norvège, pour travailler sur un chantier, dans les montagnes. Chaque week-end, les deux compères vont faire la fête à Oslo, se saouler, faire des rencontres…
Haraldur écrit déjà des poèmes et songe sérieusement à faire de l’écriture son métier. Il est impliqué en politique, comme le sont beaucoup de jeunes gens à cette époque ( communisme, anarchistes, etc…). Il pense économiser son salaire gagné en Norvège et voyager. Il fait alors une rencontre impromptue : Inga dont il tombe amoureux.

Roman initiatique, un peu, L’été norvégien oscille entre le passé et le présent, les réflexions de l’auteur sur sa jeunesse, sur la littérature aussi. Parfois, ses interventions m’ont semblé un peu intrusives ; je veux dire par là que j’aurais préféré qu’il déroule le récit de son personnage (lui-même en Haraldur) plutôt que d’intervenir de façon un peu brusque et parfois, quelque peu artificielle (du genre : « attention, je reviens vers le passé, je vous en parle tout de suite mais …blablabla… »). Beaucoup de digressions, donc, qui donnent parfois un côté brouillon (peut-être pour accentuer la nostalgie, le regard du narrateur du présent sur celui du passé….) Bien sûr, il s’agit du choix narratif de l’auteur mais je l’ai trouvé un peu fastidieux. Pour le reste, tout est intéressant. On assiste à quelques anecdotes assez amusantes de la part de ces Islandais mi-hippies mi-punks (j’ai quand même trouvé qu’ils étaient quand même assez proches encore de l’esprit de 1968 plus que de celui des Sex Pistols).

Une lecture que j’ai appréciée, malgré le point délicat dont j’ai parlé et qui peut désorienter si on ne s’accroche pas. Peut-être pas le meilleur roman dEinar Már Guðmundsson, mais à découvrir.

Résumé :

Été 1978 : Haraldur et Jonni prennent la route. Ils sont jeunes, islandais, pétris d’idéaux, poètes en devenir, fêtards et amateurs de Bob Dylan. Leur voyage doit les mener jusqu’en Inde, en passant par Taormine, où Halldór Laxness a écrit son premier roman. Jonni a été clair : il faut s’arrêter en Norvège, le temps de rassembler un bon pécule. Embauchés dans les montagnes, les deux amis squattent chaque fin de semaine à Oslo, où la bière est en vente libre.

En cet été norvégien, Woodstock résonne encore, on s’affronte toujours entre maoïstes et trotskistes, le punk rock fait ses débuts, Haraldur lit Kerouac, disserte sur Chet Baker et John Coltrane, écrit ses premiers textes… et tombe amoureux d’Inga.

Premières lignes – 9 août

Premières lignes

 » June Bourdoncle avait décidé que les barrières de sécurité ne la concernaient pas. de toute façon, il n’y avait personne pour la voir fouiller dans les décombres.
De l’Ecole des Allumettes Hurluberlu, il ne restait plus une pierre debout. Même la fontaine du Dragon au fond de la cour avait été détruite, ce qui était follement triste parce que c’était un vrai dragon, ainsi qu’elle avait pu le constater. « 

Cette suite de Magic Charly, je l’attendais avec impatience. Le premier tome met en place un univers magique habile et malin, bourré d’humour à la Pratchett et de tendresse, avec quelques petites références à Harry Potter bien placées.
Ici, on retrouve notre duo de choc, Charly et Sapotille, dans un beau pétrin (et ça ne va pas s’arranger…). Mais aussi : June et une flopée de personnages secondaires tous aussi bien caractérisés les uns que les autres. Côté nouveautés, c’est un vrai bonheur : licornes snobs, poulpiquets, petits poissards, duels d’épouvantails, courses de citrolles à la Mario Kart…
On en apprend un plus au sujet de certains personnages comme Maître Lin (et comme c’est bien vu et bien dit !), ou sur le background d’autres (la famille de Sapotille, quel twist…).

Le deuxième tome est donc aussi bien fait si ce n’est plus que le premier. Ici, Audrey Alwett en conteuse chevronnée boucle un peu plus de 500 pages au cours desquelles elle réussit à aborder des sujets sérieux ( harcèlement, pauvreté, injustice sociale, société inégalitaire, mais aussi sexisme, racisme, grossophobie, et d’autres encore) avec finesse sans jamais enfoncer le clou. C’est pour cette raison que le roman peut s’adresser, à la façon des Harry Potter,à un public plus jeune aussi bien qu’à des adultes, chacun/e y trouvera ce qu’il/elle veut.

J’ai vraiment savouré chaque page de ce deuxième tome et j’ai retardé le moment de le refermer.
Les dialogues sont succulents ; tout est bien trouvé…. Si, en plus, on me dit que Guérande est une cité à demie magicière, alors je ne peux qu’approuver ; je l’avais déjà remarqué… 😉

Un gros coup de coeur pour ce tome 2 après avoir eu un premier coup de coeur pour le premier, est-ce possible ? L’une des meilleures séries fantasy jeunesse françaises actuelles.

Résumé : Saint-Fouettard ! C’est dans cette sinistre institution pour jeunes magiciers indisciplinés que sont envoyés Charly et Sapotille. Alors que des forces malfaisantes œuvrent pour prendre le contrôle de la magie, les deux amis sont plus que jamais déterminés à agir. Mais comment lutter quand on n’a aucun sortilège sous la main ?

Et un de plus dans le Challenge de l’Imaginaire


Premières lignes – 2 août

Premières lignes pour ce début août

 » Beth apprit la mort de sa mère de la bouche d’une femme qui tenait un bloc-notes. Le lendemain, son portrait parut dans le Herald-Leader. La photo, prise sur la terrasse de la maison grise de Mapplewood Drive, montrait Beth vêtue d’une robe de coton toute simple. A l’époque déjà, elle était tout à fait quelconque. « 

De même que pour « Mon amie Adèle », j’ai commencé par regarder la série — qui est à la hauteur de sa réputation et qui vaut vraiment le visionnage — et j’ai trouvé le roman récemment à la bibliothèque.

Pour rappel, « Le jeu de la dame » (The Queen’s gambit ») est sorti en 1983. La première traduction française date de 1990. Avec le succès de la série TV, les éditions Gallmeisteir proposent donc cette année une nouvelle traduction avec une très belle couverture, comme toujours chez cet éditeur (heureusement, mon exemplaire n’avait pas le bandeau « série trucmuche… »).
On découvre donc dès le début la petite Elisabeth, dite Beth, Harmon, qui devient orpheline. Placée dans une institution, elle reçoit sa dose de calmants par jour : l’intrigue se situe dans les années 1950, et pour que les enfants placés à l’orphelinat restent calmes, on leur prescrit différents médicaments qui ne sont pas détaillés dans le roman. Très vite, Beth, comme ses camarades développe une addiction à ce que le personnel et les enfants appellent « les vitamines ». A huit ans, elle tombe par hasard sur l’homme à tout faire qui joue à un jeu étrange et fascinant. Peu à peu, il lui permet d’apprendre… Et tout s’enchaîne. Beth apprend les échecs et se prend d’une passion pour le jeu. Jeune prodige, elle ne vit que pour cela. Sauf que… A un moment, les pilules magiques cessent.
Le roman suit Beth au fil de son enfance et surtout de son adolescence, de sa difficulté à se passer de béquilles comme les médicaments ou l’alcool, que ce soit pour jouer aux échecs ou simplement pour vivre. De partie d’échecs en tournois, de victoires en difficultés accrues, le livre de Walter Tevis est lui aussi terriblement addictif. Et il n’y a pas besoin de connaître les échecs pour suivre ce qui s’y passe, même si, à mon avis et pour connaître des joueurs, ça doit aider. Disons qu’en sachant à peu près le déplacement des pièces et le principe du jeu, ça passe amplement. Les gens qui jouent aux échecs ont noté plusieurs invraisemblances et quelques erreurs.
Par contre, les parties sont tellement bien décrites que tout se lit comme un thriller.

En comparant le livre à la série, il existe quelques petites différences ( le début de sa relation avec Jolene ; l’importance de Townes qui disparaît assez vite du paysage dans le roman ; la description de Benny ; quelques détails à la fin, par ex.) mais l’ensemble reste très fidèle. Je pense également que le côté addiction a été vraiment mis en avant dans la série alors que, même s’il est présent et réel, il n’est pas toujours décrit avec autant de netteté dans le livre.

Pour revenir au roman, malgré mon visionnage qui datait d’il y a quelques mois à peine, j’ai été complètement absorbée par ma lecture que j’ai bouclé en un week-end sans souci (quelques 400 pages). Cela ne m’arrive pas tous les jours, surtout en ce moment où j’ai tendance à prendre mon temps, ou même à traîner quand les livres me lassent…

De là à dire que ça se lit tout seul, c’est presque ça 😉

Résumé : Kentucky, 1957. Après la mort de sa mère, Beth Harmon, neuf ans, est placée dans un orphelinat où l’on donne aux enfants de mystérieuses ”vitamines” censées les apaiser. Elle y fait la connaissance d’un vieux gardien passionné d’échecs qui lui en apprend les règles. Beth commence alors à gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond où les pièces se bousculent à un rythme effréné. Plus rien n’arrêtera l’enfant prodige pour conquérir le monde des échecs et devenir une championne. Mais, si Beth prédit sans faute les mouvements sur l’échiquier, son obsession et son addiction la feront trébucher plus d’une fois dans la vie réelle.

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