Le printemps de l’art – 7

Changement de style avec l’artiste d’aujourd’hui : il signe La Mine , est namurois d’adoption, passionné de latin et de dessin de presse. Son blog  « les Oiseux » est justement une mine de dessins !

Vous pouvez aussi le retrouver sur Twitter     – là où je l’ai découvert – et FB.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est avec ce dessin que j’avais accroché à son univers :

 

 

 

 

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Le printemps de l’art – 6

Les illustrations qui suivent ont été souvent partagées sur les réseaux sociaux ces derniers jours, sortie d’Avengers Endgame oblige.

L’auteur, Takumi,  est un illustrateur japonais qui avait déjà créé il y a quelques années une version illustrée d’un hypothétique parc  Ghibli (un véritable parc à thème est annoncé pour 2022).

 

Cette fois, ce sont les Vengeurs qui sont adaptés en une version ukiyo-e  (une technique des estampes).

 

 

 

 

 

Le travail de Takumi est aussi visible sur FB 

D’autres illustrations :

Le printemps de l’art – 5

Cinquième volet du Printemps de l’art et nouvelle découverte,  grâce à twitter, cette fois !

 

Qistina Khalida est une artiste de 25 ans, originaire de Malaisie, qui travaille en freelance depuis quelques années. Elle dit elle-même être influencée par l’Art Nouveau, Klimt, les pré-Raphaëlites.

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The Widow's Tale by Qissus

 

Voice of Leto by Qissus

Red Dress by Qissus

 

Tangled Mind, Phantom Pains by Qissus

Le Silmarillion: Finwë et Miriel

 

Apollon et Artémis :

Apollo and Artemis by Qissus

 

Sidreic The Sightless by Qissus

 

Reverie by Qissus

 

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Arts d’hiver – 7

On change de style pour ce septième rendez-vous.
Cette semaine, place à une jeune illustratrice : Chantal Horeis

 

 

 

 

Son instagram 

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Sur Twitter

 

 

 »  As a child I always loved pretending. Pretending to live in magical worlds, to discover I had magical powers I had not known about before. I would go home at night and draw these worlds, bring the characters I met to life. These withdrawals were my treasure. I found them inside me and in the stories I loved.
And they are still a part of me today inspiring and enriching my creations.

My work can be described as dreamlike and quiet. It is tinkered with warm colors and a bunch of cute patterns and haptic textures celebrating little moments and everyday wonders.
Still somehow anchored in reality the beings in my drawings tend to escape into dreamlike worlds, giving the viewer a glimpse into their thoughts and feelings. I am excited to explore these dream worlds through my work and offer a calm and visually pleasing gate for people to enter. »

 

 

 

 

 

Illustrations : Tomi Ungerer

Nous avons appris aujourd’hui le décès de Tomi Ungerer, peintre, dessinateur, illustrateur et auteur, à l’âge de 87 ans. Des livres comme Les trois brigands ou Jean de la Lune font partie des classiques de la littérature enfantine. Ungerer était aussi l’auteur de dessins érotiques, des peintures satiriques et des affiches politiques.

 

 

 

Et l’Alsace de Tomi Ungerer (un très bon documentaire d’Arte) :

Amusant de constater que Tomi Ungerer parlait toujours français avec l’accent alsacien dans ses dernières interviews …. Quelques interviews (ici)

Tomi Ungerer vivait en Irlande depuis plus de quarante ans. S’amusant de parler « le français avec un accent allemand, l’allemand avec un accent français », cet ennemi des frontières a oeuvré à la réconciliation entre les deux pays en qualité de chargé de mission pour les échanges culturels franco-allemands. Il a été élevé au rang de commandeur de la Légion d’honneur le 1er janvier 2018.

Le site web 

Le texte des Trois Brigands

 

 

 

 

L’automne en images et en musique -7

On va parler bestioles cette semaine avec les dessins de Stan Manoukian:

« En 2007, Stan Manoukian ressent soudain le besoin de créer un projet totalement personnel : il se lance alors un défi, dessiner un monstre par jour pendant un an. Ce défi a ensuite continué pour devenir un véritable projet artistique : En 2009, ses monstres sont rassemblés dans Diary of inhuman species édité par Ankama. Mais Stan continue le projet, créant des illustrations de plus en plus grandes et complexes, établissant un style graphique et un bestiaire unique : il expose d’abord ses œuvres dans des expositions collectives aux USA puis s’expose à Paris à la galerie Glénat en 2015 pour une grande exposition personnelle intitulée Species.
En 2017, l’exposition Oddities consacre 10 années de monstres à la galerie Glénat. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus : ici

Et ici

Son instagram 

WIKI

Félinement vôtre – L’été de l’art #3

Queen Victoria (Franz Xaver Winterhalter) by Susan Herbert:

Les chats de Susan Herbert se sont amusés à prendre la pose et à remplacer les humains dans des tableaux célébrissimes. 

Maddalena Doni (Raphaël) » par Susan Herbert

La naissance de Venus  -Botticelli

Le docteur Gachet – Van Gogh

 

If you’re a cat lady with a penchant for art and history, chances are you have already heard of Susan Herbert.

 

Proserpine (Dante Gabriel Rossetti) by Susan Herbert

 

Susan Herbert – Waterhouse – la Dame de Shalott

T’as pas vu ma pop? #2

Pop culture, pop art, pop music: tout ce qui fait émerge (en anglais : « to pop up », émerger, pousser, surgir) est-il soluble dans la culture?

La Pop culture ne se réduit pas à une vulgaire marchandise destinée aux masses consuméristes. Cette culture populaire demeure traversée par des contradictions et peut alimenter un imaginaire de révolte

Aujourd’hui, je vais m’intéresser à ce qui pourrait définir la pop en la comparant au style camp, une notion que nous n’employons pas ou peu en France. Il existe des similitudes entre les deux, même si l’un n’est pas synonyme de l’autre.

Le camp  englobe une esthétique et une attitude kitsch distanciées, pensées. Aux États-Unis, la culture camp est liée à la culture gay masculine et à l’art du travestissement.

Toutefois, un nombre important d’œuvres, d’artistes et de pratiques culturelles françaises exprime une sensibilité camp telle qu’elle a été décrite par les critiques culturels anglo-saxons.

Le camp repose sur le kitsch, le démodé, sur la création d’un personnage, sur l’absurdité de la morale et une vision comique du monde. Le camp semble incarné par des artistes homosexuels qui assument leur décalage avec les normes et le conformisme.

(wiki etc)

C’est Susan Sontag (romancière, écrivain, essayiste américaine; 1933-2004) qui en parle le mieux.En 1964, elle publie un article sur le « Camp » appelé à devenir le texte de référence. Alors,  Sontag elle-même faisait  cette distinction :

« Le « Pop Art » est plus sec et plus plat, plus sérieux, plus détaché de son objet, nihiliste en fin de compte. »

Notes on camp 

Il est intéressant avec le recul de pouvoir trouver plus de points de convergence que de différences, finalement. Car, depuis les années 60,  le camp a gagné en visibilité.  On peut citer de grands réalisateurs associés à cette sensibilité (John Waters, Pedro Almodóvar, par ex.) qui ont fait preuve d’une démarche délibérée dans ce sens.

Le pop art et le glam rock, avec Andy Warhol pour le 1er et David Bowie -pour le 2nd, ont élargi le champ d’investigation du camp.

 

 

1. Pour commencer par des généralités: « Camp » est un certain modèle d’esthétisme. C’est une façon de voir le monde comme un phénomène esthétique. Dans ce sens — celui du Camp — l’idéal ne sera pas la beauté; mais un certain degré d’artifice, de stylisation.

Camp? 

« Le « Camp » est fondamentalement ennemi du naturel, porté vers l’artifice et l’exagération. »
Susan Sontag, L’œuvre parle, p.307

 

On pense assez rapidement à Lady Gaga (avant elle, Madonna; dans une moindre mesure; Britney Spears). Mais Gaga fait plus fort, parodiant même Madonna (« Born this way » et « Express yourself » se ressemblent furieusement, quand même). Gaga serait-elle le summum de l’icône pop?  Même Britney et Mylène (chez nous) n’ont pas réuni autant de critères pop.

Lady Gaga affirme que sa seule ambition a toujours été de devenir une star. La musique et la dance ne sont que des moyens. Mais Lady Gaga s’adresse aux exclus et aux marginaux en leur proposant de devenir également des stars à travers elle. (Born this way)

 

La culture pop comme le style camp aime ce qui est populaire (et non ce qui est « élitiste », la culture dite « savante » qu’elle conteste). D’où les séries (Game of Thrones) , les comics, les blockbusters (Star Wars, en 1er).

« Camp », c’est un art qui se prend au sérieux, mais qui ne peut pas être pris tout à fait au sérieux car il en fait trop. On retrouve cette démesure, cette outrance dans la culture pop.

Gaga et ses tenues improbables car too much :

Bien vu aussi chez 2ne1 :

G-Dragon (Kwon Ji-yong), le Lady Gaga coréen ou presque, androgynie et confusion des genres à l’appui:

 

 

« L’élément essentiel du « Camp », naïf ou pur, c’est le sérieux, un sérieux

qui n’atteint pas son but. »

« En un sens il est tout à fait correct de dire: « C’est trop bon pour que ce soit « camp », ou « c’est trop important », c’est-à-dire pas assez en marge. »

 

Extravagance, décalage, quand je vois ceci: (les lits au milieu du pré, j’imagine)

je pense étrangement à cela:

 

Le mauvais, le raté devient  un canon camp. Et de là, le moche, le kitsch, à la limite du mauvais goût…

 » it’s good because it’s awful »

John Waters, réalisateur, dit ceci:

 »Whatever was camp has mutated into plain mainstream American humor . . . Kitsch, or camp, means something so bad it’s good. But what is so bad it’s good anymore? »

« Quoi qu’il ait été, le camp est maintenant totalement intégré à l’humour grand public américain»

Nous y sommes. John Waters… John Waters et Divine, « Pink Flamingos » en 1972 (je ne raconterais pas la fameuse scène de la crotte de chien) John Waters est l’illustration parfaite (ici, Hairspray-1988); Mauvais goût, outrance, et film-culte.

 

On se moque de la vérité, de la sincérité. Rien de plus insincère en musique que l’usage de l’auto-tune? Le son est uniforme, métallique et surtout, impersonnel.

Doit-on remercier Andy Hildebrand,  l‘inventeur? 
Les précurseurs tels que Cher en 1998:

T.Pain, peut-être (et depuis, on a de l’auto-tune ans tous les raps…):

Et pourtant, Kanye West remercie ici « Dieu et l’auto-tune »; signe des temps…

 

« On est séduit par le « Camp » quand on s’aperçoit que la sincérité ne suffit pas. La sincérité peut être ignorante, et prétentieuse, et d’esprit étroit. »
ibid, p.323

 

Ce qui compte, c’est la naïveté. « Le pur camp est toujours naïf ». La pop est naïve. Tellement 1er degré qu’on pense souvent que c’est du second!

Finalement, 2nd ou 1er, on s’aperçoit que la culture pop est surtout  efficace.
Ce qui compte, c’est l’intensité.

Se nourrir de kitsch, du has-been, du décalage qui s’impose.

Le camp ne jure que par le personnage. Merci, nous sommes à l’ère des télé-réalités, où il est si important de paraître, d’incarner un personnage et non pas d’être, d’évoluer (je ne suis pas sûre que cette réalité aurait pu s’imaginer dans les 60’s sinon sous forme de récit de SF).

Autrement dit, l’attitude, le style, le décalage -malgré lui, j’ai envie dire (la pop est naïve)– sont autant de points qu’on retrouve dans la pop culture.  (ou comment la culture punk est une culture pop…- la culture, hein, pas la musique!).
 Désormais, la star n’est plus la vedette au-dessus de tous,  mais la personnalité dans laquelle chacun doit s’identifier pour changer la culture, la pop, le monde.
« Une race dépourvue de préjugés, sans discrimination, mais dotée d’une liberté sans bornes », propose Lady Gaga.

 

Finalement, la pop culture est-elle celle de la masse? De l’uniformité? Ou bien a-t’elle une tendance  à intégrer les contre-culture? Les différences? N’a t’elle pas absorbé le style camp, entre autres?

Je vous invite à me suivre au pays de la pop la semaine prochaine…

J’ai un tableau consacré à la  pop culture sur pinterest.