Widjigo – Estelle Faye

 

 » Basse-Bretagne, mars 1793
A chaque pas, la vase accrochait les semelles cloutées des Bleus qui devaient libérer leurs pieds de son étreinte dans un concert de chuintements liquides évoquant des sanglots. Avec la marée descendante, la côte empestait l’algue et la pourriture, en accord avec ce printemps malade où la jeune Révolution s’enlisait dans la guerre civile et le sang. Au-delà des écueils laissés à découvert, l’océan moutonnait, fouetté par le noroît. le vent gerçait les lèvres des hommes et portait les embruns jusqu’à la colonne de soldats. A l’horizon, une barre de nuages d’encre tranchait entre le gris des vagues et celui du ciel. Une tempête approchait. « 

Le Wìdjigò est l’équivalent du Wendigo en algonquin .
 » Le windigo ou wendigo est un être surnaturel qui appartient à la tradition spirituelle des Premières nations de langue algonquienne en Amérique du Nord. On le décrit comme un monstre puissant animé du désir de tuer et de manger ses victimes. Dans la plupart des légendes, les humains se transforment en windigos à cause de leur cupidité ou d’une faiblesse. Différentes traditions autochtones considèrent les windigos comme dangereux en raison de leur soif de sang et de leur capacité à ensorceler des personnes ou des communautés autrement saines. La légende du windigo illustre principalement les dangers de l’isolement et de l’égoïsme, ainsi que l’importance de la communauté. » (source)

Estelle Faye nous entraîne donc dans un roman hanté par la figure du widjigo, dans les brumes glacées de Terre-Neuve, là où plusieurs personnages disparates se retrouvent, forcés de se serrer les coudes afin de ne pas perdre la vie ou ce qu’il leur reste de raison. L’autrice de fantasy entremêle deux histoires, présent et passé, liées entre elles par le personnage de Justinien de Salers, un nobliau breton retranché dans une tour biscornue battue par les vents. Quand en 1793, le jeune Jean Verdier, fraîchement promu lieutenant de l’armée républicaine nouvelle vient l’arrêter, il ne sait pas ce qui l’attend. Il va faire une rencontre d’une nuit plus qu’étonnante. Le vieux noble lui conte alors ce qui lui est arrivé en 1754, en Acadie, alors que, fuyant les dettes et des événements dont il n’est pas fier, sous l’emprise de l’alcool, déjà rincé et fini à 26 ans, il s’embarque pour une mystérieuse mission à Terre-Neuve. Il fera le voyage en compagnie d’une métisse, qu’il appelle souvent la Camarde, Marie (un très beau personnage féminin fort et inquiétant), du rescapé d’une ancienne exploration, le botaniste, Veneur, et d’un adolescent mutique, Gabriel. Après avoir fait naufrage, ils atteindront les côtes, mais ils ne sont plus que quelques survivants : leur petit groupe, incroyablement préservé, quelques autres personnages (coureur des bois, gabier, soldat anglais), un pasteur rigide, Ephraïm et sa fille adolescente, Pénitence. Alors qu’ils essaient de survivre, un prédateur inconnu s’en prend à eux, les tuant les uns après les autres.
On pourrait penser que l’histoire va tourner au récit d’horreur, cadavres déchiquetés, et bestiole se cachant dans les bois, attendant son heure jusqu’à la fin… Mais l’intrigue est bien plus maligne. Peu à peu, on découvre que le monstre en question n’est sans doute pas celui qu’on pense et que les personnages rassemblés sur cette terre désolée le sont peut-être à dessein. Que rien n’est dû au hasard. Qu’ils ont tous un lien.
La structure est habile, oscillant entre légendes ( à part le wendigo, les mythes liés aux Nations Premières, mais aussi la légende de la cité d’Ys), fantastique, quelques touches horrifiques et une vraie trame de thriller.
Quat aux personnages, ils sont tous finement dessinés, psychologiquement bien pensés (mention spéciale à Pénitence). La place de la nature, particulièrement le végétal, véritable force dans laquelle les enchantements semblent prendre vie, est un grand plus. Les thèmes varient entre la culpabilité, la rédemption, la justice, celui du monstre, bien sûr et tant d’autres encore…
Pour le reste, c’est une ambiance angoissante, brumeuse, mais captivante qui nous tient du début jusqu’à la fin du roman. Un récit hanté.

Note : j’ai été assez inspirée jusqu’à en faire une playlist  « bande son pour Widjigo » sur Y.T (avec des airs traditionnels de Terre Neuve, aussi mais pas que).

Merci aux éditions Albin-Michel Imaginaire pour cette lecture

Widjigo par Faye

 

résumé : En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer. Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. À l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune officier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire. Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres…

Autrice : Estelle Faye

Édition: Albin Michel Imaginaire

Publication : 29 septembre 2021

 

Premières lignes – 26 septembre

Premières lignes 

 » Les anciens dieux sont puissants, mais ils ne sont ni bienveillants ni indulgents. ils sont capricieux, aussi instables que le reflet de la lune à la surface de l’eau ou les ombres au sol par temps d’orage. Si tu persistes  à vouloir les invoquer, sois prudente : prends garde à ce que tu leur demandes et sois prête à en payer le prix. Et surtout, même si la situation est dramatique ou désespérée, ne prie jamais, au grand jamais, les dieux qui répondent à la nuit tombée.  » Estelle Magritte – 1642 – 1719

Elle était prévenue, Adeline. Elle le savait par cette femme étrange de son village natal en France, un peu guérisseuse, un peu prêtresse sauvage, Estelle : on ne doit jamais rien demander aux dieux anciens. Surtout à la nuit tombée. Et pourtant, Adeline LaRue ne veut pas se marier, elle ne veut pas rester dans ce petit bourg paumé de la Sarthe, mener la même vie que son amie d’enfance Isabelle. Car au XVIIIème, quand on est fille de villageois, artisans, ou paysans (et cela durera encore longtemps), à part le mariage et les enfants, une vie de labeur, qui y-a t’il d’autre à envisager ?
Mais Adeline a envie d’autre chose. Elle veut être Addie, une jeune femme qui dessine, qui apprend, qui va aller jusqu’au Mans, tiens pourquoi pas ? Et peut-être plus loin, Paris, peut-être ! Pour cela, elle est prête à tout. Même à passer un pacte avec une ancienne divinité, un être qui répond à son appel dans un moment de désespoir, le soir de ses noces, un mariage qu’elle fuit. Un ancien dieu ou un diable, peut-être, lui apparaît, avec les traits de celui qu’elle dessine dans son carnet. Il est charmant et il lui accorde ce qu’elle veut. Très luciférien (« mais que désires-tu vraiment ? »), le diable adorable exige un paiement en retour (Faust, nous voilà !). Quoi donc ? Mais son âme, bien sûr.
V.E Schwab revisite donc le pacte faustien, dans un long (trop long) roman qui s’étend sur trois cents ans, suivant la jeune Addie, condamnée à rester jeune, mais à être toujours oubliée, invisibilisée. L’idée est intéressante mais bancale car parfois, on se demande jusqu’à quel point elle peut rester en vie puisqu’elle est tellement invisible. Or, la jeune femme a besoin de se nourrir, de se vêtir, de dormir. Elle souffre, saigne, etc… C’est donc toujours légèrement casse-gueule comme idée.
L’autre fil conducteur, à part les « aventures invisibles », est une suite d’oeuvres d’art (imaginaires) dans lesquelles apparaissent plus ou moins Addie au fil du temps. Là aussi, le concept est malin mais très peu développé à la fin, tant et si bien qu’on se demande en refermant le livre en quoi il a servi l’intrigue.
A ce sujet, d’intrigue, il n’y en a guère : Addie se contente de traverser rapidement l’Histoire avec un grand H. Elle survit, laisse peu ou pas de traces, ne peut pas nouer de véritables relations puisque tout le monde l’oublie aussitôt. Elle-même est un personnage assez volatile, inconsistant — et cela est totalement compréhensible et en accord avec le propos.
Le fil du passé ( ce qui est arrivé à Addie au cours des siècles) se juxtapose avec le présent (2014). Ici, les chapitres sont habilement interposés. L’intrigue du présent repose essentiellement sur une romance entre Addie et Henry, un jeune homme atteint de mélancolie ( dépression chronique, peut-on supposer). Henry présente la particularité d’être le seul personnage à remarquer Addie et à ne jamais l’oublier. Là aussi, il y a une raison (assez facile à deviner).
Quant au pacte en lui-même, on le retrouve régulièrement, grâce aux rencontres avec le beau démon, nommé Luc (pour Lucifer). Le personnage est un brin convenu (« bad boy » de l’enfer brun aux yeux verts qui va s’attacher à la damnée….mouais….).
J’avoue que j’avais beaucoup entendu parler de ce roman, en bien, voire en très bien. Au final, il se lit bien car le style est très agréable ( de belles descriptions d’une grande poésie) et puis, on a envie de savoir. Mais il est beaucoup  trop long pour raconter ….pas grand chose, en fait. Ou alors, il s’agit peut-être d’un brillant exercice sur l’inconsistance et je ne m’en suis pas rendue compte, mince… (et alors, chapeau !).

La vie invisible d'Addie Larue par Schwab

Donc, pourquoi pas mais sans doute pas une priorité de lecture.

Résumé : Une nuit de 1714, dans un moment de désespoir, une jeune femme avide de liberté scelle un pacte avec le diable. Mais si elle obtient le droit de vivre éternellement, en échange, personne ne pourra jamais plus se rappeler ni son nom ni son visage. La voilà condamnée à traverser les âges comme un fantôme, incapable de raconter son histoire, aussitôt effacée de la mémoire de tous ceux qui croisent sa route.Ainsi commence une vie extraordinaire, faite de découvertes et d’aventures stupéfiantes, qui la mènent pendant plusieurs siècles de rencontres en rencontres, toujours éphémères, dans plusieurs pays d’Europe d’abord, puis dans le monde entier. Jusqu’au jour où elle pénètre dans une petite librairie à New York : et là, pour la première fois en trois cents ans, l’homme derrière le comptoir la reconnaît. Quelle peut donc bien être la raison de ce miracle ? Est-ce un piège ou un incroyable coup de chance ?Embarquée dans un voyage à travers les époques et les continents, poursuivie par un démon lui-même fasciné par sa proie… jusqu’où Addie ira-t-elle pour laisser sa marque, enfin, sur le monde ?

Premières lignes — 13 septembre

    » Couchée à plat ventre dans la boue, sous le caillebottis de bois contre les vieilles pierres du mur, Sancia Grado songeait que sa soirée ne se déroulait pas comme prévu.
Tout avait pourtant bien commencé. Grâce à ses faux identifiants, elle avait réussi à s’introduire dans le domaine des Michiel sans difficulté ; les gardes des premières portes lui avaient à peine accordé un regard.
Puis elle était arrivée au tunnel de drainage et…les difficultés étaient apparues. »

Je suis presque à jour dans mes chroniques et pour ces premières lignes .
Malgré une PAL qui ne fait que grossir (ça ne change pas), en voilà un aperçu, d’ailleurs (tout n’y est pas) :

Le roman dont je viens de citer les premières lignes se trouve en haut à gauche.
C’est un gros roman, le premier d’une trilogie, The Founders trilogy en VO, celle des Maîtres enlumineurs ici, que j’ai lu attentivement (je devais être fatiguée car je n’ai pas été rapide du tout dans ma lecture).
Rapidement, j’ai pensé à la comparaison assez facile avec les romans de Brandon Sanderson, à cause du système de « magie technique » mais au fil du roman, cette impression s’est quand même peu à peu dissipée. Oui, ça ressemble à du Sanderson, non, ça n’est pas du Sanderson. Mais c’est plutôt captivant (et j’ai quand même hâte de lire le tome 2).
Mais revenons à ces enlumineurs: l’action se déroule dans la cité de Tevanne, une grande ville d’inspiration Renaissance italienne revisitée (comme la série jeunesse de Mary Hoffman, Stravaganza, par ex.). Sancia est une jeune voleuse qui possède un don bien perturbant : elle peut ressentir les objets. Mieux : elle entend les enluminures. Mais que sont les enluminures ? C’est une technologie magique. Les maîtres enlumineurs codent les objets en quelque sorte, les programmant (=les enluminant) afin de leur donner des fonctions différentes. Ainsi une porte sera enluminée de façon à ne s’ouvrir que sous certaines conditions ;  l’enluminure d’ une flèche, la forcera à aller plus vite (la formule trichant avec la gravité). Mais les effets sont loin d’être utilisés infiniment car plus la formule est complexe, plus elle nécessite de nombreuses manipulations, avec des lignes et des lignes écrites dans d’énormes volumes — et malgré tout, le risque d’erreur est grand.
A Tevanne, quelques maisons marchandes regroupant quelques familles se partagent les richesses et le pouvoir. Elles cherchent à retrouver les vestiges de ceux qui ont disparu et qui, disent les légendes, maîtrisaient à merveille les enluminures : les hiérophantes. Ils auraient laissé derrière eux plusieurs formidables artefacts.
Un jour, Sancia est embauchée pour commettre un cambriolage. Elle ne sait pas du tout qu’elle va découvrir l’un de ces artefact et la clef – c’est le cas de le dire – de son avenir.
Car cet artefact se nomme Clef. C’est un objet…mais pas tout à fait.
A partir de cette découverte, elle va devoir s’allier avec d’autres, même les plus improbables. Elle va aussi devoir faire face à un passé douloureux (et je n’en dirais pas plus mais la construction du personnage de Sancia, sa psychologie, les thèmes abordés sont particulièrement bien menés).
Il y a d’excellents moments d’action, dans ce premier tome, de très bons personnages, pas seulement Sancia mais aussi tout le petit groupe qui l’épaule, autant des hommes que des femmes et même des « objets ». Certains passages ne connaissent aucun temps mort. Quant au système de technologie magique, il est vraiment captivant. Mon seul bémol vient des (trop) longs passages explicatifs qui viennent briser le rythme. je dirais qu’on a compris la première fois, je ne vois pas le bénéfice de répéter « alors ici, l’influence sur la masse permet de ….et c’est reparti, blablabla… »
C’est, sans aucun doute, ce qui m’a le plus agacé et qui a ralenti ma lecture, surtout vers la fin du roman (je n’arrivais pas à le terminer alors que je voulais à tout prix savoir!).
Mais ce n’est pas un très gros reproche car j’ai vraiment bien accroché à ces enlumineurs et j’ai vraiment envie de lire le deuxième tome : Le retour du hiérophante. 

The Founders trilogy, tome 1 : Les Maîtres enlumineurs par Bennett

Une très belle découverte (et je remercie les éditions Albin Michel Imaginaire pour le SP)

Résumé : Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés

Les créatures étranges de Peter Morbacher – L’été de l’art

L’été de l’art  touche peu à peu à sa fin pour cette année.
Je voulais parler cette semaine des très belles illustrations de Peter Morbacher, un artiste qui vit en Floride et qui a travaillé, entre autres, sur les cartes Magic, The Gathering. 

Son projet, Angelarium, présente tout un univers centré autour des anges  : séraphins, les 12 anges du zodiaque   (à chaque ange correspond un signe du zodiaque), etc…

C’est vraiment un très beau projet — en voici quelques illustrations. Le reste est sur son site (dont j’ai mis le lien plus haut), sur Artstation 
et sur sa page FB 
Deviant art 

 

 

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The Master

 

 

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Tifiret_Emanation_Beauty_Balance_Mohrbacher

art by Peter Mohrbacher

 

art by Peter Mohrbacher

 

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Premières lignes – 9 août

Premières lignes

 » June Bourdoncle avait décidé que les barrières de sécurité ne la concernaient pas. de toute façon, il n’y avait personne pour la voir fouiller dans les décombres.
De l’Ecole des Allumettes Hurluberlu, il ne restait plus une pierre debout. Même la fontaine du Dragon au fond de la cour avait été détruite, ce qui était follement triste parce que c’était un vrai dragon, ainsi qu’elle avait pu le constater. « 

Cette suite de Magic Charly, je l’attendais avec impatience. Le premier tome met en place un univers magique habile et malin, bourré d’humour à la Pratchett et de tendresse, avec quelques petites références à Harry Potter bien placées.
Ici, on retrouve notre duo de choc, Charly et Sapotille, dans un beau pétrin (et ça ne va pas s’arranger…). Mais aussi : June et une flopée de personnages secondaires tous aussi bien caractérisés les uns que les autres. Côté nouveautés, c’est un vrai bonheur : licornes snobs, poulpiquets, petits poissards, duels d’épouvantails, courses de citrolles à la Mario Kart…
On en apprend un plus au sujet de certains personnages comme Maître Lin (et comme c’est bien vu et bien dit !), ou sur le background d’autres (la famille de Sapotille, quel twist…).

Le deuxième tome est donc aussi bien fait si ce n’est plus que le premier. Ici, Audrey Alwett en conteuse chevronnée boucle un peu plus de 500 pages au cours desquelles elle réussit à aborder des sujets sérieux ( harcèlement, pauvreté, injustice sociale, société inégalitaire, mais aussi sexisme, racisme, grossophobie, et d’autres encore) avec finesse sans jamais enfoncer le clou. C’est pour cette raison que le roman peut s’adresser, à la façon des Harry Potter,à un public plus jeune aussi bien qu’à des adultes, chacun/e y trouvera ce qu’il/elle veut.

J’ai vraiment savouré chaque page de ce deuxième tome et j’ai retardé le moment de le refermer.
Les dialogues sont succulents ; tout est bien trouvé…. Si, en plus, on me dit que Guérande est une cité à demie magicière, alors je ne peux qu’approuver ; je l’avais déjà remarqué… 😉

Un gros coup de coeur pour ce tome 2 après avoir eu un premier coup de coeur pour le premier, est-ce possible ? L’une des meilleures séries fantasy jeunesse françaises actuelles.

Résumé : Saint-Fouettard ! C’est dans cette sinistre institution pour jeunes magiciers indisciplinés que sont envoyés Charly et Sapotille. Alors que des forces malfaisantes œuvrent pour prendre le contrôle de la magie, les deux amis sont plus que jamais déterminés à agir. Mais comment lutter quand on n’a aucun sortilège sous la main ?

Et un de plus dans le Challenge de l’Imaginaire


Marc Simonetti, SF et fantasy – L’été de l’art

Je me demande encore comment j’ai oublié de consacrer un article à cet artiste.
Marc Simonetti est donc l’un des illustrateurs français les plus connus : Dune, Le nom du vent, Le Trône de Fer, le Disque-Monde, l’Assassin Royal, Shannara, ….

« Né à Lyon en 1977, Marc Simonetti a fait ses études à l’école d’arts graphiques Emile Cohl.
Aujourd’hui artiste freelance, il partage son temps entre les illustrations de livres, de jeux de rôle et de cartes à jouer et la conception de paysages 3D pour jeux vidéos. »

Dune
Le messie de Dune
Dune , le messie
Le nom du vent – Patrick Rothfuss
Shannara – Terry Brooks
Les aventuriers de la mer – Robin Hobb
L’intégrale I qui sort bientôt

Lien pour lire la vidéo au sujet de la réalisation de la couverture

Game of Thrones
Game of Thrones

Fils de Brumes (Mistborn) – Brandon Sanderson

Instagram

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Premières lignes – 19 juillet

Premières lignes d’un deuxième tome assez attendu (je vous invite à relire les Premières Lignes du tome.1 tant la construction est intéressante)

 » Fie mettait trop de temps à trancher la gorge de la fille. Ce n’était pas le geste en sou ; depuis qu’elle avait pris la tête de sa bande de Corbeaux, voilà trois semaines, Fie avait accordé la charité à plusieurs reprises. Tavin lui avait dit, la lune précédente, que malheureusement tuer devenait plus facile à la longue. Trop de vies s’étaient achevées au bout de sa lame pour qu’elle le nie.

Non, si ça coinçait à présent, c’était à cause de la pécheresse elle-même. « 

Merciful Crows, tome 2 : L'aigle impitoyable par Owen
L’Aigle Impitoyable T.2

Résumé :

L’alliance improbable de la cheffe d’un clan de parias et d’un prince rebelle contre une reine impitoyable !
Désormais chef des Crows, Fie espère que le Prince Jasimir tiendra sa promesse en protégeant sa caste. Mais le jour où une fumée noire envahit le ciel pour annoncer la mort du roi Surimir, elle comprend que le pire est à venir. Car la Reine Rhusana est prête à tout pour s’emparer du trône laissé vacant, y compris à semer la mort. De nouveau menacés, les Crows sont forcés de se cacher ou de fuir le pays pour lui échapper.

Fie, elle, est déterminée à l’empêcher de nuire. Mais pour contrecarrer ses plans, elle doit plonger au cœur des secrets anciens des Crows, des secrets qui pourraient sauver son peuple… ou mettre le monde à feu et à sang.

Ce deuxième et dernier tome, (il s’agit d’une duologie et c’est très bien ainsi), L’Aigle Impitoyable débute trois semaines après la fin des événements du premier tome de Merciful Crows. La bande des Corbeaux bénéficie à présent d’une protection de la part d’Aigles (menée par une femme forte, Lakima). On retrouve Fie, devenue cheffe. Elle accompagne Pa dans l’un des sanctuaires afin qu’il y trouve une place… Et là, peu à peu, la vérité sur la réelle nature de Fie se dévoile peu à peu. Car qui est-elle ? L’autrice nous a bien fait sentir dès le premier tome que cette jeune personne avait des capacités un peu spéciales. Avec ce deuxième tome, elle nous révèle lentement de nouveaux éléments sur les dieux morts de Sabor ainsi que la naissance des castes (Hiboux, Grues, Moineaux, Aigles, Mouettes, Cygnes, Corbeaux, et j’en oublie puisque le nombre total est de 12, un beau chiffre magique). C’est donc un deuxième tome encore plus détaillé, plus intéressant, que nous livre Margaret Owen.
Et ce n’est pas tout : tout au long des pages, on va de rebondissements en rebondissements. Le jeu politique est assez présent avec le renversement du roi (le père de Jasimir, le prince rencontré dans le premier tome) et le coup d’état de la « sorcière » Rhusanna.
Et puis, il y a l’histoire d’amour entre Fie et Tavin, bien mise à mal au milieu de toutes ces péripéties. Même si on peut se douter de certains retournements, c’est extrêmement efficace… (chut, je me tais).
Malgré certaines scènes assez dures, comme dans le premier volume, l’humour est toujours bien présent. Les personnages gagnent en épaisseur et en maturité à l’exemple de Fie.
Une fois encore, il n’y a guère que le jeune âge des personnages qui empêchent de classer cette série dans la fantasy adulte tant les thèmes ou les scènes sont peu classées « jeunesse » (j’ai presque envie de dire « tant mieux » car cela évite certaines niaiseries qu’on peut lire ici et là).
Un deuxième tome particulièrement réussi, donc.
Si j’avais bien aimé le premier, celui-ci m’a convaincue du talent de Margaret Owen. Merciful Crows, une série fantasy YA à découvrir que je conseille !

Fie – dessins de l’autrice sur son Tumblr
Rhusanna

Et bien sûr, il rejoint le Challenge de l’Imaginaire.

Premières lignes – 6 juin

Premières lignes

 » Paris 1910

Paul Andret se tenait debout, face à son bureau, hésitant entre la colère et l’agacement. Sn regard allait des piles de documents — soigneusement classés dans leurs chemises de papier kraft — aux fiches qui reposaient là depuis la veille. « Signalement : taille 1,62 m, cheveux et sourcils châtain foncé, front bas, yeux pâles, teint sanguin, nez cave, légèrement sinueux. Signe particulier : auriculaire de la main droite amputé…. ». Bon, songea-t’il avec agacement, dans quelle catégorie je vais bien pouvoir ranger ce lascar ? Il posa la feuille qu’il venait de parcourir rapidement, lissant distraitement le papier du dos de la main.
Etait-ce vraiment ça qu’ils attendaient de lui ? Qu’il supporte la charge de travail de cinq hommes ? Qu’il prenne continuellement des décisions dont lui seul comprenait les conséquences ? Il soupira en redressant sa longue silhouette. »

Les brigades du steam par Barillier
Les Brigades du Steam

Avec ce roman, on croirait avoir remonté le temps jusqu’au début du vingtième siècle au temps du Tigre (Clemenceau) et des célèbres Brigades. Sauf que…ce n’est pas tout à fait exact. Nous nageons dans le steampunk (bien dosé, d’ailleurs) et voici des brigades …assez intéressantes.

Auguste est un jeune mobilard, tout juste débutant à la brigade d’Aix-en- Provence. Il va se retrouver affecté en binôme avec une « ancienne », Solange, une dure à cuire qui a subi une grave blessure et a perdu son co-équipier dans ce qui va s’avérer être un complot. De là, les aventures, les scène d’action et les combats s’enchaînent crescendo…
Et comment dire ? simplement ceci : la construction du livre est une réussite.
Le rythme est lent pour la mise en place (prologue puis les premiers chapitres pour la présentation des personnages) ; c’est tout à fait ce qui convient, ni plus ni moins.
Dès que le duo est réuni, peu à peu l’action s’intensifie, les scènes de combats ou de poursuites sont très bien décrites et ne ressemblent jamais à un fouillis indescriptible (comme trop souvent….).
Quant aux personnages, rien à dire, non plus : c’est un duo classique. Lui est un peu naïf mais pas crétin non plus. Elle a vécu le pire et ne veut plus de contacts avec les autres humains, dirait-on ; elle a perdu son meilleur ami. De plus, elle a dû endurer le sexisme et les remarques déplacées au sein des Brigades, étant l’une des seules femmes à exercer ce métier (nous sommes en 1910, c’est tout à fait pertinent).
Pour le côté steampunk, il n’est pas envahissant, peut-être un brin léger. Mais cela ne m’a pas dérangée. Au contraire, je préfère qu’il soit utilisé de façon subtile, de cette façon. J’ai parfois lu des romans complètement farfelus qui finissaient par ruiner leur univers à force d’en rajouter sur le côté « cuivre/vapeur » et autres inventions. J’ai donc trouvé qu’ici, cela fonctionnait bien, de manière très cohérente.
Je pense que le seul point qui est, peut-être, un peu faible, est le côté « complot » qui m’a paru quand même très simple. J’avais envie que les choses soient un tantinet plus complexes. Disons que, puisqu’il y a enquête, pour réellement entrer dans le côté policier, il aurait fallu que l’intrigue soit un minimum plus touffue (oui, les lecteurs et lectrices de polar aiment que ça soit ardu, je sais 😉 ).
Mais cela n’enlève rien à la qualité : du style, de la construction du récit, des personnages, de l’univers. Il y a une vraie recherche historique, également.

Un roman réjouissant que l’on referme en se disant  » et la suite? ». L’avenir prochain nous dira si la suite est pour bientôt.

Je voulais ajouter que j’avais déjà lu Les Foulards rouges de Cécile Duquenne et que j’en gardais un bon souvenir. Et, surtout, je tiens à souligner son travail avec son école d’écriture. A titre personnel, ses masterclasses m’ont permis de lever bien des freins et d’avancer depuis 2019.

Résumé : Solange Chardon de Tonnerre, membres de la treizième Brigade mobile de la ville d’Aix-en-Provence, est une inspectrice coriace.

Mais quand elle perd son coéquipier dans une explosion et qu’on lui remplace son bras par un bras mécanique, sa vie bascule.

Il lui faudra surmonter ces épreuves pour relancer l’enquête et faire preuve de patience avec le jeune Auguste Genovesi, une nouvelle recrue avec qui elle doit faire équipe.

Un grand roman steampunk dans le sud de la France, haut en couleur !

Collection Les Trois Souhaits
Actu SF

Livre papier
978-2-36629-478-1
Parution : 25 octobre 2019
Prix de vente : 19,90 €

Premières lignes – 4 mai

C’est le jour où je devrais plutôt dire « May the 4th be with you » mais je ne vais pas parler de Star Wars pour ces premières lignes :

« C’était le milieu de l’hiver.
Un vent froid soufflait dans la rue, fouettant les maisons et faisant branler les fenêtres. le ciel nocturne était couvert, la température proche de zéro. ‘était l’aube, et le brouhaha en provenance des bars et des boîtes de nuit s’était s’était peu à peu calmé pour n’être qu’un murmure lointain. le seul bruit parvenant jusqu’à nous était le gémissement puissant du vent.

Dans le salon, il faisait bon. Variam était assis sur le canapé. Anne s’occupait de ses blessures, Luna faisait les cent pas à côté de la table et j’étais adossé au mur près de la cheminée, bras croisés et tête baissée. « 

J’ai déjà parlé de la série Alex Verus et de mon coup de coeur pour cette fantasy urbaine qui se déroule à Londres, avec un perso principal devin ( Alex )qui se débat dans des intrigues bien pourries au sein d’un conseil de mages occupés à établir un ordre plus ou moins bancal entre la Lumière et l’Ombre. Mais les « bons » ne le sont jamais vraiment et il n’y est en aucun cas question d’opposition franche entre « méchants » et « gentils » sorciers ( ou « Lumière » contre « Ombre »), ce qui donne le sel de la série de livres qui en compte 6 traduits en français (bientôt 12, je crois, en anglais).

Voici donc le sixième, « Dissimulation » : l’intrigue reprend exactement après les événements du tome précédent (je ne dirais rien mais ce fut mouvementé !). Cette fois, Alex va se retrouver mêlé malgré lui à un imbroglio impliquant une organisation plus que sinistre, un artefact magique que tout le monde recherche ( mages de l’Ombre comme mages de la Lumière). Il y a de l’action, des scènes de combat magique bien écrites et bien sûr, de l’humour. Une fois de plus, Alex Verus s’est engouffré dans les ennuis jusqu’au cou… Quant au Conseil, il est plus corrompu que jamais.

Un plus : pour le développement de la mage de terre, Caldera et l’humour. Un petit moins : pour les autres amis de Verus, laissés en retrait cette fois (Luna, Anne, Variam) et le gros flou autour de son ancien mentor, le sinistre Richard Drakh ( on se demande vraiment comment un type aussi puissant peut rester aussi discret — mais que fait-il donc depuis si longtemps alors qu’on nous annonce son retour ?). Mais ce sont des détails.

Tellement bien qu’une fois la lecture entamée, on n’a plus envie de le lâcher… Et j’attends le 7 avec une certaine impatience. Une série dont on ne parle pas assez, décidément.

Alex Verus, tome 6 : Dissimulation par Jacka

résumé :

Alex Verus ne s’est jamais entendu avec le Conseil qui préside la communauté des magiciens. Mais alors que son ancien mentor est de retour en Angleterre, Alex a désespérément besoin d’alliés. Et il est prêt à tout pour en trouver, même si cela implique accepter une mission pour les Gardiens qui ont la tâche de faire appliquer la Loi magique.

Alex forme une alliance improbable avec Caldera, sa nouvelle partenaire. Mais sa tentative de rentrer dans le rang se révèle dangereuse quand il se retrouve en possession d’un artefact que tout le monde convoite.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Lady Butterfly & Co
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
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• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
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• Les lectures de Laurine
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• Claire Stories 1, 2, 3
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• Read For Dreaming
• Ju lit les mots
• Illie’z Corner
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les lectures de Val

Premières lignes – 12 avril

Des Premières lignes très efficaces :

« Le matin où les étrangers arrivèrent sur l’île, la Main de Sheltel fut la première à les voir.
Elle allait revêtir son masque quand, par la fenêtre, elle aperçut un point sombre à l’horizon. Un mirage, crut-elle ; un tremblement de la chaleur sur l’eau. La mer était vide, bien sûr. Rien ne venait jamais de l’océan.
Elle ne lança pas l’alerte. « 

Avant de commencer à parler de ce roman, je dois faire une petite digression. L’année dernière, quand j’ai appris que Folio SF lançait ce concours pour les 20 ans, j’ai — à peine — hésité et j’ai essayé de mettre les bouchées doubles pour peaufiner un des romans que j’avais mais qui nécessitait pas mal d’ajustements . Mais vu le confinement, les circonstances un peu exceptionnelles ( mon dos faisant des siennes aussi ), les choses ne se sont pas déroulées exactement comme prévu et je n’ai pas réussi à finaliser les corrections en temps et en heure. Un peu dépitée, je me suis donc résolue à leur faire parvenir un autre manuscrit, que j’aime aussi mais qui correspondait moins bien au concours, à mon avis. Moi aussi, j’ai patienté et malgré quelques rumeurs diffuses, je ne voyais rien venir… Jusqu’à ce que j’apprenne le nom de la personne puis du roman qui avait gagné le concours. Autant dire que j’avais hâte, dès les premiers retours, de lire cette histoire. — et non, je n’ai pas été déçue, suite plus bas 😉 —

Derniers jours d’un monde oublié par Vuklisevic

Édition: Folio SF

Parution: 01/04/2021

Résumé : Plus de trois siècles après la Grande Nuit, Sheltel, l’île du centre du monde, se croit seule rescapée de la catastrophe. Mais un jour, la Main, sorcière chargée de donner la vie et de la reprendre, aperçoit un navire à l’horizon. Il est commandé par une pirate impitoyable, bien surprise de trouver une île au milieu du Désert Mouillé.
Si la Main voit en ces étrangers une menace pour ses secrets, Arthur Pozar, commerçant sans scrupules, considère les intrus comme des clients potentiels, susceptibles d’augmenter encore, si possible, son immense fortune. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Qu’elle les mène à la gloire ou à la ruine, la sorcière, la pirate et le vieux marchand en seront les instigateurs, bien malgré eux.

Derniers jours d’un monde oublié se déroule sur une île, Sheltel ( en yiddish, un shtetl, c’est une petite ville ), une île totalement perdue sur l’océan ; un monde oublié. Ce monde fonctionne en circuit fermé depuis des siècles, basé sur un système bien huilé, même s’il est loin d’être parfait, sur des traditions et des rites fermement ancrés. La vie y est dure : certaines personnes ne peuvent survivre et doivent laisser leur place à d’autres. Mais tout a été pensé de longue date pour que cette société perdure.

L’île est ainsi dirigée par les Natifs, des êtres aux spécificités intéressantes; ce qui m’a fait penser parfois à La Cité des Anciens de Robin Hobb, dans les descriptions.
Deux autres communautés vivent sous la domination des Natifs et de leur Roi : les Dusties (inutile de préciser l’étymologie ) dans la ville de Dust, et les Ashim ( ashim ou hashim, en arabe « généreux, », entre autres, mais aussi « hashem » en hébreu), considérés comme les immigrés, sur l’île, qui ne font qu’emprunter un morceau de territoire. Les Dusties ont des droits plus importants que les Ashim.
Le Natif est censé être le souverain mais son pouvoir est contrebalancé par l’influence de la Bénie, une sorte de prêtresse qui veille sur les plus pauvres. Mais la Bénie se trouve elle-même sous la coupe d’un étrange personnage, un vieux marchand, du nom d’Arthur Pozar.

Et voilà qu’apparaît l’une des trois voix, des trois points de vue du roman qui se construit à la manière du Trône de Fer (par ex.) : un chapitre par point de vue (et oui, c’est efficace). Les deux autres appartiennent à la pirate ( qui aborde l’île, et espère enfin s’établir en paix à terre), Erika ; et à la sorcière, la Main. Cette dernière se nomme Nawomi et elle est certainement l’un des meilleurs personnages féminins, sinon le meilleur, de ce roman.

La sorcière, la pirate et le vieux marchand était le titre initial — et pourrait en constituer le sous-titre tellement il définit avec exactitude le récit de ces derniers jours. Ceci est la chronique de la chute d’un monde, et des atrocités qui vont y être attachées, fruits du désespoir ambiant et gestes de dernier recours de la part de certaines personnes. On accoste sur l’île et très vite, on y reste accroché, en haleine. Les pages défilent vite, sans une seule baisse de rythme. 350 pages qui ne se lâchent pas, entrecoupées d’extraits de journaux, de publicité très bien faits en guise d’incipits ( un peu à la Sanderson ou à la Hobb ). Le monde est riche et bien construit.

Les personnages sont, à mon avis, de très belles réussites.
J’ai particulièrement aimé le background de chacun et chacune, même celui des personnages secondaires (la capitaine Kreed, par ex. dont l’histoire donne un très bon éclairage sur l’univers auquel appartient l’île ).

C’est une belle découverte que j’ai faite, du genre coup de coeur, et s’il reste quelques petits points un peu faibles, ils sont mineurs ( ex: relater trop d’atrocités et de tortures accumulées desservent un peu le propos si bien qu’ on en arrive plus à l’écoeurement qu’à l’effet recherché.)

Une lecture que je conseille vraiment ( en plus, c’est un poche ! ) 👌❤️