La pop culture en tableaux de Denver Balbaboco – L’été de l’art #31

De retour avec la troisième édition de L’été de l’art ! Pour retrouver les anciens articles, c’est ici.

On commence avec un artiste philippin, Denver Balbaboco. 

Une interview faite en 2016 par son cousin est à lire ici.

Olenna Tyrell of House Tyrell graphite sketch.

Après Game of thrones, Harry Potter, façon tableau classique :

Avengers 

 

 

Facebook – 

Instagram

Tumblr 

Le printemps de l’art – 4

Il s’agit d’une  jeune artiste ukrainienne, Anna Tuchina, illustratrice. C’est en tombant sur ses dessins des personnages de Harry Potter que j’ai découvert son travail.

Harry Potter :

Remus et Sirius,

Lily Evans :

Harry & Ginny :

Les soeurs Black, Narcissa, Andromeda, Bellatrix :

Ginny Weasley:

Rose Weasley-Granger :

Ron & Hermione:

Autres :

Sabrina Spellman

Clary Fray, Shadowhunters

Game of Thrones :

Cersei Lannister

Missandei

Anna Tuchina « Pandora Lefay » sur:
Tumblr
Instagram
YouTube

Relire : Harry Potter (5)

 

 

 » Chapter 1 – Dudley demented

The hottest day of the summer so far was drawing to a close and a drowsy silence lay over the large, square houses of Privet Drive. Cars that were usually gleaming stood dusty in their drives and lawns that were once emerald green lay parched and yellowing – for the use of hosepipes had been banned due to drought. « 

 

La dernière fois que j’ai compté le nombre de mes relectures de ce cinquième tome des Harry Potter, j’avais dépassé la douzaine. Dire que « L’ ordre du phénix » est l’un de mes romans préférés est une litote.
Et pourtant, ce gros pavé de presque 1000 pages est souvent inégal. Rien que l’intrigue, par exemple: il faut quand même avouer qu’elle est un peu boiteuse. tout au long du tome, on cherche Vous-Savez-Qui. Mais celui-ci ne se montre qu’à la fin, prouvant que, oui, il est bien de retour.
Mais ce n’est pas l’action en elle-même qui nous intéresse ici, car le livre entier instaure une ambiance, tisse peu à peu ce qui sera le décor des deux prochains tomes – jusqu’au dénouement constitué par « Les Reliques de la mort« . On voit la progression des partisans de Voldemort, dans l’ombre et surtout,  la montée d’un régime de terreur – qui n’est sans rappeler la montée du régime nazi, d’ailleurs – les lois injustes promulguées, toute une atmosphère délétère qui s’installe.

« L’ordre du phénix » est aussi l’un des tomes les plus intimistes de la série.  Ainsi, on entre dans le quotidien de Harry, dans ses tourments, sa frustration et sa colère. On ne l’a jamais autant vu de l’intérieur – et ce n’est pas fini.
Mais on découvre aussi d’autres facettes plus personnelles de certains personnages: Sirius et ses états d’âme; les souvenirs de Snape/Rogue, par ex.
Ainsi, pour la première fois, grâce au procédé de la Pensine – qui nous a déjà éclairés sur le passé dans « La coupe de feu », on visualise les parents de Harry alors qu’ils sont encore à Poudlard.
De même, on visite des lieux encore inconnus comme la maison des Black ou l’hôpital de Ste Mangouste, sans parler du Ministère de la Magie ( où nous retournerons dans le dernier tome).

Ce tome est aussi celui de l’adolescence, des questions (Harry au sujet des relations entre ses parents), de la notion de famille (Hagrid et son demi-frère; Ron et sa place au sein des Weasley), du bien et du mal des émotions, du deuil.
Les professeurs de Poudlard ne nous jamais parus aussi humains ( McGonagall en soutien invisible de Harry; la réaction des profs face à Ombrage) – et le monde des sorciers, jamais aussi proche du nôtre.

La grande force de Rowling réside dans ces touches d’humanité, que l’on retrouve depuis dans ses autres ouvrages (je pense aux descriptions plus « noires » d« Une place à prendre »  ; à Cormoran Strike). Elle égrène aussi les indices qui nous permettront à la fin, lors de certaines révélations, de relier tous les éléments (Snape et Lily; Harry et Voldemort). Rowling prend son temps pour peaufiner ses personnages et c’est tant mieux pour le lecteur. D’autre part, c’est exactement ce qui manque à l’adaptation cinématographique….
Tout cela est écrit de main de maître (des Potions) et vaut bien une lecture de plus de 900 pages – particulièrement en version originale, la traduction laissant de côté beaucoup trop de subtilités (je reste presque positive, cette fois).

 

Résumé :

À quinze ans, Harry s’apprête à entrer en cinquième année à Poudlard. Et s’il est heureux de retrouver le monde des sorciers, il n’a jamais été aussi anxieux. L’adolescence, la perspective des examens importants en fin d’année et ces étranges cauchemars… Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour et, plus que jamais, Harry sent peser sur lui une terrible menace. Une menace que le ministère de la Magie ne semble pas prendre au sérieux, contrairement à Dumbledore. Poudlard devient alors le terrain d’une véritable lutte de pouvoir. La résistance s’organise autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours

 

 

 

T’as pas vu ma pop – Viens du côté obscur

La semaine dernière, nous avons fait un détour chez les JediCette fois, nous allons aborder l’autre versant qui a certainement marqué le plus la pop culture: le côté obscur.

L’expression « être tombé du côté obscur« est devenue un classique dans le langage courant:

IAM signe « L’empire du côté obscur » en 1997 (dont il existe une version épique/Vador)

Autres exemples: 
« (…)nous allons parler des manipulateurs tombés du côté obscur de la force : ceux qu’on ne voit pas manipuler tellement il fait sombre…. — (Pauline Klein et ‎Olivier Bettach, Voilà ce que j’aurais dû dire !, page 61, Eyrolles, 2015)
« Quelle provocation l’a poussé à foncer sur Materazzi ? On ne sait, mais cela ne change rien. Zidane a été rattrapé par le côté obscur de la force qui sommeillait en lui » . — (Jean-Michel Normand, Le côté obscur de la force, Le Monde, 10/07/2006).

Pourtant, si ce « côté obscur de la Force » est devenu populaire, il est assez peu abordé dans  le premier épisode de la trilogie originelle ( Un Nouvel Espoir).  C’est même un concept qui a été zappé lors de la traduction française.
Ben Kenobi dit ainsi (en français): « Vador a été soudoyé par les adversaires de la force » alors que l’anglais parle de « seduced by the dark side of the Force »

Il reste que, dans l’idée de George Lucas, le côté sombre vient s’opposer au côté clair/lumineux des Jedi ( le terme n’étant pas employé). Dès la première version du scénario, il est question des Sith, une notion qui ne sera abordée que dans la prélogie. Les Sith possèdent cette facette typique des univers de fantasy: ils resurgissent d’un passé troublé et légendaire sans qu’on connaisse leur histoire. C’est un peu comme parler de faits ayant existé lors du Deuxième Age dans le  « Seigneur des Anneaux »  (qui est situé au Troisième Age):

Une fois de plus, Star Wars franchit les frontières de la fantasy.

Les Sith, incarnations du « Mal », tiennent leur nom de diverses étymologies dont:
– sith (pluralsiths)

A journey
One’s journey of life, experience, one’s lot, also by extension lifelifetime

–  aes sídhe : peuple surnaturel de la mythologie celte (mais en gaélique, on le prononce « chii », pas « sith ».

les Scythes: peuple d’Eurasie,nomade,  fameux pour ses cavaliers et ses raids (le côté « barbare » de Star Wars?)

Seth: rival d’Horus dans la mythologie égyptienne, assassin de son frère Osiris  – la facette obscure une fois de plus.

Les Sith ont plusieurs particularités: ils prennent un nom sith quand ils basculent dans l’ordre obscur et deviennent  « seigneurs Sith ». Le titre de « darth » (dark en français) leur est attribué.

Ainsi, Palpatine est-il Darth Sidious:

Les Sith ont souvent une apparence assez affreuse (le très moche Darth Maul):

Leur autre point commun est de se cacher derrière des capuchons noirs, voire des masques (cf. Darth Vader). Là aussi, on retrouve un des codes de la fantasy: la cape/le capuchon des sorciers malfaisants.
Personne n’a publié cette célèbre transformation:

Il y a un autre changement dû à l’usage de l’art noir (faire des Horcruxes n’est pas cool…),  celui de Voldemort:

 

L’image du sorcier se définit par ses vêtements souvent sombres, son chapeau ou sa cape et une apparence peu flatteuse. On remarque que plus le sorcier est mauvais (il a basculé du côté obscur), plus ces derniers éléments sont renforcés.

Pas très sympa, le sorcier de Mickey dans « L’apprenti sorcier « ( Fantasia):

Les Sith ont donc l’apparence des plus mauvais sorciers même s’ils ne sont pas considérés comme tels (à noter qu’il existe des sorciers dans l’univers Star Wars dans l’univers étendu ).

Ils reprennent les codes de la pop culture, dans les légendes, les mythes et les contes de fées.  Ce sont des êtres qui avancent masqués, comme si le capuchon (Dooku, Palaptine/Sidious),le masque (Vader; Kylo Ren?) la détérioration du visage (Darth Maul), offraient la possibilité de mieux se dissimuler, de dissimuler le côté lumineux peut-être, afin de se livrer à des actes qu’ils n’auraient pas commis quand ils étaient à découvert.
C’est un univers très manichéen que nous livre George Lucas, qui oppose l’ombre à la lumière. C’est ce côté manichéen qu’exprime également Yoda quand il dit « des êtres de lumière nous sommes(…) et pas cette matière grossière ». Yoda n’a rien inventé: le manichéisme est né au 3ème siècle, chez les Perses.
Quant à l’adjectif « manichéen », il est régulièrement utilisé. Rien ne se perd, décidément…

Pour aller plus loin avant le prochain article:
(je vais tâcher de penser à lister les ouvrages dont je me suis servie bientôt)

Intéressant article sur la relation gnostiques/manichéisme/pop culture

Le livre de Gilles Vervish  qui m’a beaucoup aidée: Star Wars, la philo contre-attaque.

 

Relire : Harry Potter (1)

« Mr and Mrs.Dursley, of number four, Privet Drive, were proud to say that they were perfectly normal, thank you very much. They were the last people you’d expect ti be involved in anything strange or mysterious, because they just didn’t hold with such nonsense »

Ce qui est notable avec cet incipit, c’est que Rowling donne d’entrée de jeu le ton de ce qui va suivre

Harry Potter et la pierre philosophale –  Harry Potter and the sorcerer’s stone aux USA –  Harry Potter à l’école des sorciers, en français est sorti il y a donc 21 ans en anglais, 20, en version française (Gallimard étant le premier éditeur étranger à le publier).

Roman d’apprentissage, « Harry Potter » introduit dès le premier tome les éléments qui seront développés par la suite. Le point de vue adopté, sauf pour le premier chapitre, est celui du jeune Harry, orphelin, abandonné. Le thème des « enfants abandonnés » est récurrent dans Harry Potter avec S.Rogue, Voldemort, et le jeune Harry, sans oublier son parrain, Sirius. Tous trouveront leur « famille », leur maison à Poudlard où ils n’auront de cesse de retourner.

Classique de la littérature de jeunesse, Harry Potter va au-delà du public enfantin. Et si beaucoup ont grandi avec (bonjour les trentenaires!), beaucoup d’autres l’ont découvert à l’âge adulte; quand d’autres encore le découvrent via les films.
Etre fan de Harry Potter, ce n’est pas seulement accumuler les chapeaux pointus et les bibelots sur les étagères (ça l’est aussi!), cela va au-delà: c’est réenchanter le monde.

C’est bien pour cette raison que j’ai pris tout mon temps cette semaine pour apprécier chaque ligne, chaque phrase d’un livre que j’ai dû lire des dizaines de fois, même si le premier et deuxième tome ne comptent pas parmi mes favoris.
Je suis certaine d’avoir commencé à mieux les apprécier lorsque j’ai fait l’effort il y a un peu plus de dix ans de les acheter en anglais… pour me rendre compte que je redécouvrais un cycle – et une auteure. Malheureusement, la traduction a voulu se faire très proche des enfants mais est souvent moche, voire tronquée. Parfois, les noms de lieux, de sorts et de personnages  sont traduits, parfois non.
Il y a bon nombre de  choix bizarres.
Bref, peu importe que vous le lisiez en anglais ou en français, la magie est là.

T’as pas vu ma pop #6

Continuons notre exploration de la pop culture avec, cette semaine, l’importance des prophéties.

Dans Matrix, nous avons un Elu (Néo) qui, pour répondre aux critères pop, n’a pas conscience de ce qu’il est; en gros, Néo n’est pas Oedipe.
L’Oracle, dans Matrix, ne prédit pas. Elle pousse les personnages – et non pas, un seul personnage (Trinity: « tomber amoureuse de l’Elu »; Morpheus: « trouver l’Elu »).

Chez Harry Potter, on retrouve le même schéma narratif que dans Matrix:

il y a une prophétie autoréalisatrice/autodestructrice (« et l’un devra mourir de la main de l’autre car aucun d’eux ne peut vivre tant que l’autre survit… « ).

puis, une phase de coopération (« je me repose sur les autres même si je comprends pas tout » : c’est ce que fait Harry Potter)

pour enfin aboutir au grand triomphe de l’amour, comme dans Matrix.

Pour tous les lecteurs assidus de Harry Potter, il est évident que c’est cette magie, une magie inconnue du monde sorcier, nous suggère Rowling (parce qu’elle est très maligne) qui protège Harry et ceci, depuis le début.

Pour résumer, Ms. Rowling nous balade pendant sept tomes en nous sortant de son chapeau pointu une nouvelle loi magique à chaque fois que Harry se tire sain et sauf d’une rencontre avec le Seigneur des Ténèbres (vous croyiez que j’allais écrire son nom, en plus? en fait, …pourquoi pas…).

Allez, elle se joue bien de nous: un coup, c’est « 2 baguettes avec un élément commun qui les constituent, disons…une plume de phénix? ça sera un Priori Incantatum et hop, dans les choux, Voldy! » Puis, lorsque  la baguette de Harry se souvient de sa magie et lance un sort toute seule? Très fort! Une baguette qui se souvient de la magie. Oui. quand même.

Il reste que c’est la prophétie initiale dont Harry doit se débarrasser. Souvenez-vous: dans le tome 3, quand Remus Lupin enseigne à ses élèves comment neutraliser un Épouvantard une créature qui ne possède ni existence ni forme propre mais qui se nourrit exclusivement des peurs les plus profondes dont il revêt l’apparence dans les moindres détails. Le professeur Lupin craint que l’Epouvantard ne prenne la forme du Grand Vilain (Vous-Savez-Qui). Or, non.
C’est donc avec justesse que Rowling place ses mots dans la bouche de Lupin (l’un de ses personnages préférés, au passage) : « Voilà qui voudrait dire que ce dont vous avez le plus peur, c’est… la peur elle-même. »
Ce que  sous-entend l’auteure, c’est : « ce dont tu as le plus peur, c’est l’Epée de Damoclès suspendue au -dessus de toi (=prophétie), Harry; apprends à canaliser tes peurs, à sortir du monde de l’enfance (= du monde magique) et ensuite…. »
Je vais insister mais c’est malin. Et ce n’est pas pour rien que Harry Potter reste l’une des sagas les plus abouties, l’une des mieux ficelées de la pop culture.

Mais, revenons à cette fameuse prophétie énoncée par une voyante catastrophique.
Harry n’est pas désigné comme étant l’Elu. Jusqu’à la fin, rien ne prouve qu’il l’était. Neville ne l’est pas plus. Ni Harry ni Neville ne sont l’Elu. Ou bien , ils le sont tous les deux. Mais Voldemort comme Dumbledore ont fait un choix: celui d’y croire.

Ils interprètent de manière forcée cette prédiction, tous deux par soif de magie, de puissance, de drames ( à croire que leur vie était bien triste sans toute cette mise en scène). C’est Voldy comme Dumby qui recherche des artefacts magiques, pas Harry.

Voldemort croit qu’il est menacé – par un enfant! et un enfant sorcier même pas doué, qui plus est… Il croit qu’il doit affronter Harry Potter à la fin. Il rend possible la prophétie.

Dumbledore sait que le seigneur des Ténèbres et Harry ne peuvent pas s’entretuer, mais au lieu de calmer tout le monde, il fait croire que Harry doit être sacrifié, comme il le dira très froidement à Severus Rogue – qui en sera dégoûté

« You have used me. [¦] I have spied for you and lied for you, put myself in mortal danger for you. Everything was supposed to be to keep Lily Potter’s son safe. Now you tell me that you have been raising him like a pig for slaughter” »

Mais, au final, les prophéties se dissolvent. Harry s’est fait manipuler. Il n’y a qu’une voie: c’est l’amour. Et tant pis si l’épilogue est, tout de même, un peu cucul (papa/maman/enfants – 17 ans plus tard).

Harry Potter ne prend pas le chemin messianique à la Néo: il se marie, il a trois enfants, etc…D’ailleurs, c’est tout le mal qu’on lui souhaitait après une enfance et adolescence aussi dingues. Quoique…cette partie de sa vie ne nous fait plus rêver (cet épilogue a déçu bien des fans, si j’ai bonne mémoire). La preuve? Quand on retrouve un Harry devenu père de famille, en proie à une crise de la quarantaine sévère, il nous ennuie un peu quand même. Prenez « L’enfant maudit« .

Héros de la pop culture, ai-je écrit. Mais qui sont ces héros?

Je vais réussir à mettre en ligne la suite – sans bug informatique, cette fois – dès la semaine prochaine si tout va bien.

 

T’as pas vu ma pop #4

 

Cette semaine, il y sera question de mythe (avec le « yth », bien sûr).
Plus précisément, je vais vous parler du monomythe, qui a considérablement influencé les scénarios hollywoodiens, ces grands pourvoyeurs de pop culture.

Monomythe et pop culture

Monomythe?

Si je dis: « Star Wars »? Vous voyez à peu près de quoi je veux parler – oui, ce tout petit film, un truc obscur…

Maintenant, si je dis: Joseph Campbell?
Pour nous autres, européens, le monsieur est moins connu et moins étudié que Claude Lévi-Strauss ou Mircéa Eliade, par exemple. Depuis « Star Wars », nous sommes un peu plus familiers de ses théories, et pour cause.

Joseph Campbell:

Joseph Campbell, né le 26 mars 1904 à White Plains (New York)et mort le 30 octobre 1987 à Honolulu, est un mythologueaméricain, professeur, écrivain et conférencier, connu pour ses ouvrages portant sur la mythologie comparée et la religion comparée. Son apport principal est sa théorie du monomythe qui postule que les mythes, légendes et contes du monde entier, à de nombreuses époques, sont des expressions d’un schéma narratif unique, lui-même lié aux structures de la psyché humaine. Les théories de Campbell s’inscrivent en partie dans la lignée de celles du psychologue analytique Carl Gustav Jung. Peu influent et souvent critiqué dans le domaine des études mythologiques lui-même, Campbell devient cependant populaire grâce à ses ouvrages, conférences et émissions, et ses ouvrages sont employés par la suite comme guides d’écriture par les scénaristes

C’est avec  « The hero with a thousand faces » (Le héros aux mille visages)  – 1949 que Campbell se fait connaître hors des universités et enchante Hollywood.  Dans l’introduction du « Héros… » désormais célèbre, Campbell définit ainsi  le monomythe:

« Un héros s’aventure à quitter le monde du quotidien pour un territoire aux prodiges surnaturels : il y rencontre des forces fabuleuses et y remporte une victoire décisive. Le héros revient de cette mystérieuse aventure avec la faculté de conférer des pouvoirs à ses proches. »

Il s’agit donc d’une histoire simple, partagée par toutes les cultures qui peut être résumée de cette façon : le Voyage du héros.
On peut découper ce voyage en plusieurs étapes (17 dans la version originale de Campbell) mais les principales sont les suivantes:

  • 1 – Le Départ: le Héros connaît l’appel vers l’Aventure
  • 2 – l’Initiation: Il est transformé par ce qu’il vit
  • 3- Le Retour: Le Héros revient dans le monde, changé, et voulant partager ce qu’il a connu/gagné avec la communauté.

 

En images, les 17 étapes détaillées selon Campbell:

 

 

Et version Star Wars:

 

Quelques exemples d’étapes:

 

On peut constater qu’avec le modèle campbellien, on voit se dessiner un héros bien connu: celui qui se voue à la communauté (le type mort/renaissance) tandis que son antagoniste (l’Ennemi ultime!) est celui qui refuse  ce destin (je pense à Voldemort, soudainement) ou bien qui accapare le bien commun (Saroumane ).

« Le talent de Campbell est de dire tout ça avec une histoire de mythe bien juteuse par page avec en plus de nombreuses références à Nietzsche … » R.Mèmeteau – Pop culture p.94

Et Star Wars dans tout ça?
Il se trouve que George Lucas avait lu Campbell quand il était à la fac puis relu quand il finissait le script du 4 (1er volet de la trilogie originelle – 1977). Il en parle très bien dans le documentaire « The mythology of Star Wars » durant l’entretien avec Bill Moyers:

Lucas rencontre Campbell une fois la première trilogie terminée. Tout ce petit monde se retrouve dans le ranch de George et visionne les trois premiers épisodes (nous sommes en 1983 – heureusement, il n’existe que cette trilogie – oups, ai-je dit « heureusement »? ). Joseph Campbell est enchanté. Il devient fan. Il dit alors qu’il y a vu  » sa matière ».

A partir de cet instant, Campbell est littéralement découvert par le grand public américain.
Christopher Vogler, story consultant (consultant en histoires – je sais, ça fait étrange) chez Disney  connaît les livres de Campbell. Il écrit un mémo et le diffuse à ses collègues. Le mémo est lu et devient une référence en la matière. Très vite, Vogler est chargé de l’écriture du Roi-Lion (même si on voit plutôt l’inspiration du Roi-Lion chez Shakespeare, »Hamlet » mais bon…) et tant d’autres. En 1992, il publie le « Guide du scénariste ». Une recette du scénario à succès est née…

 

Depuis, Shrek effectue bon nombre de voyages avant de retourner dans son marais. Avant lui Bilbo (et Frodon) auront participé à des aventures, Néo a reçu l’appel via une pilule rouge, Harry Potter via une lettre portée par un hibou et j’en passe…Les mentors se nomment Gandalf, Dumbledore, Prof.Xavier, Yoda, Obiwan Kenobi, (toujours prêts à corrompre la jeunesse, ces pervers ^^).
Monomythe et pop culture, mythe et pop, croyances et pop?
Je continue avec vous cette exploration de la pop culture la semaine prochaine!

 

 

Le Conte des 3 Frères

Si vous connaissez Harry Potter, vous connaissez  » Le Conte des 3 frères ».

Il est  illustré dans le film  de cette façon :

En faisant du rangement sur mon autre blog, je suis retombée sur un passage d’une ancienne fan fiction que j’avais écrite il y a 8 ou 9 ans.
A un moment, le personnage principal chante une ballade qui reprend le Conte des Trois Frères. je me souviens avoir été inspirée par une autre auteur (autrice), Marion Zimmer Bradley dans le Cycle de Ténébreuse (« Reine des Orages », par exemple) qui cite une ballade qui porte malheur lorsqu’elle est chantée devant son frère.

J’avais à l’époque entendu des jeunes femmes chanter dans la rue en s’accompagnant à la harpe celtique et troubadour; de ce mélange est né ce qui suit:

A l’aube sur un chemin
Trois frères magiciens
Devisaient mais soudain
Ils virent un torrent malin.

« O frères, n’allons pas traverser
Au risque de nous noyer
Faisons un pont enchanté
Car nous sommes bons sorciers »    

 La Mort sur la berge opposée
Rageuse de se voir trompée
Et ses victimes lui échapper,
Tricheuse, se mit à parler.

« Messires, ce fut bien belle magie
Ma foi, elle mérite un prix
Parlez et vous obtiendrez
Le présent que vous désirez »

L’Aîné des frères dit « je vous crois, La Mort »
« Pour moi, vous parlez d’or »
« Je suis un homme vaillant
« Et je voudrais un Bâton puissant »

La Mort au bord du ruisseau
S’en fut quérir la branche d’un sureau
La transforma, l’enchanta
Et lui donna la baguette terrible
d’un sorcier invincible.

Le second frère avait le dessein
D’humilier la mort et obtint
D’elle, une pierre pour rappeler
A lui tous les trépassés.

Quant au dernier, le plus gentil,
Il se méfiait de la Mort et de sa perfidie
Il demanda l’objet qui le cacherait
Aux yeux de la Faucheuse à Jamais.

Réticente, elle était par pacte liée
Et lui tendit une Cape d’Invisibilité
Puis les trois frères laissa aller
Chacun d’eux leurs destinées.

Une semaine, voyagea le premier
Dans un hameau rencontra un sorcier
Il se querella, et avec la Baguette le tua
Puis à la taverne but et se vanta.

La nuit venue, il fut assassiné
Sa baguette puissante dérobée
Ainsi La Mort eut sa vengeance
Et eut le premier frère en récompense.

Le second frère rentra chez lui
Seul, il appela vite à lui
Celle qu’il avait aimée
Et qui s’en était trop tôt allée.

Hélas, il était trop tard pour sa belle
Les séparait un voile éternel
Le second déchiré de douleur cruelle
Préféra le repos éternel.

Ainsi la Mort eut sa seconde vengeance
et eut le second frère en récompense.

Puis la Mort chercha et fouilla
La terre entière et au-delà
Le troisième frère, point ne le trouva
Car caché à sa vue, il demeura.


Il vécut longue vie
A ses enfants la Cape transmit
Puis alla rejoindre la Mort
A son heure seulement
Et la Mort ne lui en voulut
nullement.

Ainsi finit l’histoire des frères
Antioch, Cadmus et Ignotus
Qui ne furent point sages, sauf l’un des trois. »

Animaux fantastiques #Harry Potter

 

 

Amis potteriens, soeurs potteriennes, l’heure est grave!

(d’autres disent: Potterheads, c’est vous qui voyez)

Voilà,  je viens de lire chez nos confrères anglophones que:

  • Nous allons voir Dumbledore (alors âgé d’une 40taine d’années)
  • Dans la suite des « Animaux…. », nous verrons Gellert Grindelwald qui sera joué par…(j’en avale ma baguette): Johnny Depp
  • Le second film sera tourné à Paris

Par les caleçons en dentelle de Merlin, elle nous fait un grand numéro, Mrs. Rowling!

Je cite:

« Yates revealed at the Global Fan Event that while Grindelwald is mainly just in the background of the first movie, he’s a prominent character throughout the franchise. I saw the first 10 minutes of Fantastic Beasts and – avert your eyes for spoilers – it sets up Grindelwald’s attacks across Europe via newspaper headlines. So it makes sense for the sequel to travel back to Europe and catch up with whatever Grindelwald is up to, likely finding him in hiding. » (screencrush)

Et:

« Depp will be making a cameo in Fantastic Beasts, but his character is being kept under wraps so audiences will have to keep an eye out.

David Yates will return to the director’s chair for the follow-up, which has already been dated for Nov. 16, 2018.

During a fan event earlier this month in Hollywood, J.K. Rowling made a surprise announcement that she has finished the plot for five films in the Fantastic Beast franchise. (The franchise was previously reported as a trilogy.)

The world of witchcraft and wizardry seems like a perfect fit for the actor who is known for such fantastical cinematic roles as Edward Scissorhands and Captain Jack Sparrow » (source The Hollywood Reporter)

Et il y a ça:une édition limitée du magazine The Empire

Et dois-je parler de ..ça?

Posté par JK Rowling sur twitter, le scénario des Animaux Fantastiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag : Harry Potter

Voilà un Tag que j’ai repris chez Petit Pingouin Vert. Connaissant mon amour pour l’univers potterien, forcément, je ne peux pas le louper celui-ci.

Quel est ton tome préféré ?

Question difficile. J’ai longtemps aimé « Le Prisonnier d’Azkaban » car il est le 1er des « tomes sombres » mais je pense que « L’Ordre du Phénix » est mon favori.(j’en suis à plus de 12 relectures; je devrais prendre mon tome en photo tellement il est usé)

Quel est le tome que tu as le moins aimé ?

Au fil du temps, à force de les relire, je trouve le 2nd un peu faible. Mais juste un peu.Vraiment un tout petit peu. Sinon, il s’agit de passages : par ex, l’ épilogue du 7.

Je viens de terminer « The Cursed Child » et, effectivement, il contient quelques points faibles, même si je pense qu’il faut beaucoup extrapoler. Ce n’est pas formidable.

Quels sont les moments où tu as pleuré ?

Ah. Les morts. Surtout les morts.
Celle de Sirius, une horreur. Oui, j’en ai pleuré en lisant et en voyant  le film la 1ère fois

Et dans le dernier « Les Reliques de la Mort« , je n’ai pas pleuré , mais le chapitre 33 m’a particulièrement émue, entre autres ( pour mémoire : il s’agit de celui où Harry découvre la véritable histoire de Severus).

“You’ve got loads of magic,” said Snape. “I saw that. All the time I was watching you…” His voice trailed away; she was not listening, but had stretched out on the leafy ground and was looking up at the canopy of leaves overhead. He watched her as greedily as he had watched her in the playground. »

J’ai été très émue par cette révélation : l’histoire de Severus et Lily.

Quel est ton ressenti sur la fin de la saga ?

Comme à la fin de quelque chose, un sentiment mêlé : à la fois heureuse de voir que tout est très bien relié et bien sûr, cette sensation de perte inévitable. (« Vraiment, il ne va pas y avoir un petit bonus? »).

Et il y a eu un bonus. (août 2016)

Quelles sont les choses que tu changerais dans les livres ?

Pas grand chose. Peut-être un peu plus d’éclairage sur les pourquoi et les comment . Non, en fait, il me faudrait : des histoires sur la vie des fondateurs de Poudlard, par exemple. Ah, si, j’oubliais: une nouvelle traduction française sans interprétation bizarre ni coupes dans le récit. Ni mots stupides. La traduction française est terrible.

Quel est ton film préféré ?

Malgré tous ses défauts, le 3ème (admirable réalisation) Puis, le 5ème qui mériterait sa version longue car il zappe trop d’éléments.

Quel personnage as-tu perçu différemment que dans le film ?

Ils sont nombreux, à mon avis mais il y en a toujours une qui me choque : Narcissa Malfoy.
Je n’ai rien contre la comédienne. D’ailleurs, à la base, Helen McCrory (Narcissa) devait jouer Bellatrix mais étant enceinte, c’est donc Helena Bonham-Carter qui l’a remplacée (j’ignore quel genre de Bellatrix nous aurions eue — peut-être plus proche du livre et moins « folle » )
Pour en revenir à Narcissa, c’est vraiment l’un des personnages que je ne « voyais » pas comme ça. Mais nous avons tous nos idées entête et j’en ai bien conscience.

Y a-t-il un film que tu as préféré au livre ?

Non. Alors, ça, ça n’est pas possible.

Un moment qui n’apparaît pas dans les films et que tu regrettes ?

Il y a énormément de moments qui n’apparaissent pas dans les films et effectivement, ça m’ennuie.  Déjà, pour la fluidité de l’histoire, dans certains, c’est un vrai casse-tête. je connais des gens qui ont perdu le fil parce qu’ils n’avaient pas lu les livres. Donc, le coup de  » ça se regarde sans se lire », j’ai beaucoup de réticences avec ça. Oui, ça se regarde mais ça se suit mal.

Le 4 est complètement loupé alors que le livre est un vrai bonheur (s’il avait une bonne traduction, j’entends). Le 5 méritait 2 films (il en avait été question mais à sa sortie, ce n’était pas dans l’air du temps). Dommage et pourtant, je l’aime beaucoup. Mais il est tellement dense que c’est compliqué (975 pages, quand même….). Le 6 passe à côté du propos. De peu. Alors, oui, le 7 découpés en   deux  a été développé mais est-ce dans le sens de l’histoire ou sous prétexte d’effets spéciaux ? Je m’ennuie dans la deuxième partie avec presque 20 minutes d’un combat crétin entre Voldy et Harry qui n’a aucun sens.

Finalement, ça ne m’empêche pas de les regarder. Mais je rêve un jour de voir une série se développer, avec du temps pour explorer les éléments jamais mis à l’écran, de nouveaux et nouvelles interprètes. Je rêve peut-être….

Quels sont tes personnages favoris ?

Dans le désordre :Sirius, Remus, Hermione, Luna, Minerva, Severus.

Mes personnages féminins ont toujours été Luna et Hermione. Je suis aussi une grande fan de Minerva.
Mes persos masculins sont de loin Sirius et Remus.

Quels sont les personnages que tu n’aimes pas ?

C’est marrant mais je n’apprécie que modérément James Potter. J’ai mis du temps à accrocher à Lily aussi.

Quel est ton Weasley favori ?

Qui est ton méchant favori ?

En dehors de  Voldemort ?Aucun goût pour Bellatrix et sa clique.

Le seul favori, c’est Gellert Grindelwald (très intrigant…)

Qui est ton professeur favori ?

McGonagall bien sûr!

Avec quel personnage serais-tu amie ?
Avec Luna, sûrement. Hermione (j’ai un côté Luna et un côté Hermione)

Génération des Maraudeurs : Remus

Si tu pouvais ressusciter un personnage, quel serait-il ?

Sirius, Tonks et Remus. Oh, Dobby bien sûr !

Quel serait ton Patronus ?

Un chat sûrement. Ou une chèvre !

 

Si tu devais choisir une Relique de la Mort, quelle serait-elle ?
La cape, évidemment.

Quelle serait ta maison ?


En général je suis Serdaigle. avec une tendance Poufsouffle et une pointe Gryffondor. Je suis très loin de Serpentard.

Quel serait ton cours préféré ?

La métamorphose – ou la botanique.

Quel est, selon toi, le sortilège le plus utile ?

Accio!  Sinon, en termes de magie, pouvoir transplaner.

Que représente Harry Potter pour toi ?

 

Harry Potter a su m’embarquer alors que j’étais déjà adulte.
Un univers qui ne cesse de m’émerveiller, qui m’inspire et avec lequel j’aime jouer.

Il y a autre chose.

A la fin de la saga, j’avais senti le besoin d’écrire une petite fan fic’. Nous étions en 2007.
Jusqu’alors, c’est un genre auquel je n’avais jamais touché.
De petite fan fic, je suis passée à une plus longue.
Puis, j’ai embrayé sur une seconde.

C’est ce que m’a apporté Harry Potter : la possibilité de revenir à l’écriture alors que je me sentais complètement bloquée, que je n’écrivais plus que des petits trucs mais aucune grande histoire. En me lançant dans la fan fiction, j’ignorais que quelques années plus tard, j’allais commencer et terminer un roman. C’était le premier pas.